Catégories du récit en littérature
Catégories du récit en littérature
Catégories du récit
Département Langue et Littérature Française
Filière Etudes Françaises
Semestre 2
Année universitaire : 2018 / 2019
Prise de notes :
OUBERKA Imane
V- Contemporains XX
- Formalistes russe (cercle de Moscou et
cercle de Prague)
Définitions
La terminologie :
• Un terme est un mot technique qui appartient à une science.
• Il y’a plusieurs terminologie : judiciaire, médicale (comme « rragie ==> hémorragie »,
etc.)
Analyser :
• Lyse = destruction
• D’où « analyser » signifie : détruire par la pensée / Réduire quelque chose.
La catégorie :
Qui dit catégorie dit classe, ensemble, système indiquant une appartenance plus ou moins
commune. En littérature, la catégorie relève l’esthétique (des genres, des registres [tragiques,
comiques, bourgeois, avant-gardistes, classiques, etc.]) dans un temps donné. En philosophie,
Emmanuel Kant défini la catégorie comme le rapport entre l’entendement et la
connaissance.
Professeur : M. WAHBI Mhamed
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Le récit :
1. Usuellement : c’est le fait de relater, raconter, dire un fait des événements. Ex :
conversation entre amis.
2. Discours oral et parfois écrit, d’événements réels ou fictifs. Ex : un roman, un
article de journal.
3. C’est aussi l’action de raconter, ça renvoie donc à la narration.
Ex : un personnage qui parle à un autre dans un roman.
4. C’est aussi l’objet littéraire, c.-à-d. une œuvre, un ouvrage, un texte complet. Mais
ça peut aussi être un fragment dans une œuvre.
Le discours :
Dans « discours », il y’a cursus. Au sens commun (usuel), il est un développement oratoire
sur un sujet donné (discours royal par exemple). En littérature, un discours est la version
écrite d’un élément oral.
Ça peut être un genre (ouvrage) qui peut être un traité, un essai sur un thème ou une
question. Ex : DESCARTES, le discours de la méthode. BOSSUET a utilisé aussi le genre du
discours.
La narratologie :
C’est la science de la narration. Ce mot vient de Tzvetan TODOROV (premier en 1969), il
est défini par Gérard GENETTE (1972) en « nouveau discours du récit ».
La narrativité textuelle :
= isotopes répétables, constitutifs d’un texte narratif.
Ex : il: M.
Professeur était une fois,
WAHBI veut dire qu’on est dans l’ordre du conte.
Mhamed
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Longtemps je me suis couché de bonne heure = autobiographie de Marcel
PROUST « A la recherche du temps perdu ».
Structuralisme :
Théorie, méthodologie, praxis, pour laquelle des faits divers deviennent une structure, un
tout, un bloc. Il a été d’abord linguistique (qui a pour origine la linguistique saussurienne).
Puis il diffuse en science humaine. Ex : ethnologie avec Claude LEVI-STRAUSS. Aussi en
psychanalyse avec Jacques LACAN, en critique littéraire, sociologue, etc. le plus important
étant la forme plus que le fond.
L’esthétique :
Vient du latin « estetis » (sensation) a pour origine le XVIIIème siècle, mais ça vient de
l’antiquité, qui signifie la prévention à la sensation. C’est aussi une science qui vise à
produire la théorie du Beau et à analyser les mécanismes de production. En littérature, c’est
rechercher ce qui fait sens.
Dans la critique d’art, elle sert à désigner l’ensemble des critères et des principes pouvant
caractériser une œuvre (tableau, texte, etc.) La critique de l’art donne le mot de l’esthète,
c’est celui qui apprécie les belles choses.
Herméneutique :
C’est l’art d’interpréter chez les grecs. En XIXème siècle, philologie = tout texte littéraire
fourni des clés, des signes aux lecteurs, qui permettent de donner une idée du sens. C’est
une science particulière.
Exégèse :
C’est l’interprétation philologique d’un texte en général religieux (faisant autorité). C’est
une interprétation qui s’attache à des faits linguistiques, idéologiques, socioculturels,
politiques, etc. Par extension, est aussi toute activité de lecture qui va essayer de détacher un
sens (qui s’appuie sur une explication minutieuse et un commentaire approfondi).
La sémiologie :
Science des signes, c.-à-d. des conventions et des codes rendant un élément plus ou moins
arbitraire comme un signifiant puis un signifié. Ex : le blanc peut signifier la pureté, la paix, le
bonheur chez les occidentaux au contraire aux orientaux.
La sémiotique :
Professeur : M. WAHBI Mhamed
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Par extension, elle étudie des signes dans un domaine particulier. Ex : cinéma, peinture,
littérature, etc.
La focalisation du récit :
L’organisation du récit autour d’un point de vue spatial privilégié. Elle peut être
interne, externe, zéro. Au fond c’est répondre à la question « qui voit ? ».
L’instance de l’énonciation :
Degré de présence du narrateur. Au fond c’est répondre à la question « qui parle ? ».
Synchronie :
Désigne le caractère d’un état de fait à un moment donné. Méthodologie mobilisant
des moyens pour étudier un ensemble, un système, une structure dans leur constitution et
leur fonctionnement.
Diachronie :
• Une critique littéraire qui s’applique à une étude historique.
• Concept hérité de SAUSSURE considérant les faits d’un point de vue
évolutif.
• Dans la pratique, elle s’attacher à l’évolution, la transformation, le
changement, les causes/conséquences, la chronologie, le
déterminisme, etc.
Sens et signification :
Sens : éléments sémantiques d’un texte, souvent indiscutables. C.-à-d. les intentions
de l’auteur vérifiables, critiquables. Ex : Le sens de ‘’Mme Bovary’’ : mort du romantisme et
émergence du réalisme.
Poétique et rhétorique :
On les doit à Aristote.
La Poétique est :
Synopsis :
Point de vue global sur une science ou un de ses chapitres.
I- prologue :
On doit à CHATEAUBRIAND la notion des défauts et critiques des beautés. Avec
l’émergence d’un dualisme, d’une bipolarité dans la notion de critique.
Au XVIIème siècle, la critique était l’art de juger des œuvres de l’esprit. Le critique c’est
celui qui trouve à redire à tout.
c- la critique moderne
Paul VALERY a ouvert une 3ème voie de la critique aristotélicienne, comme
analyse du texte en profondeur, détermination de règles structurantes et contre tout
parti pris arbitraire. Cette critique revient à étudier le texte en lui-même dans ses
aspects intérieurs et non plus extérieurs (biographie de l’auteur, contexte social, etc.).
C’est une critique héritée du XIXème siècle avec le scientisme et le positivisme.
II - Les latins
1- Socrate :
(470-399) avant J.C. Frugal dans sa manière d’être, il n’a pas laissé de traces
écrites de sa pensée, mais ses réflexions nous sont connues par ses disciples. Il a
fondé la maïeutique (l’art de faire accoucher les esprits). C’est une méthode
didactique et dialectique (on pousse progressivement l’apprenant à acquérir le
savoir par l’interaction). Socrate va mal finir (condamnation à mort), il va être
accusé de pervertir la jeunesse (il a été très proche de ses disciples). Il a essayé de
trouver une relation entre la science et la vertu.
2- Platon :
Philosophe grec d’une famille aristocratique, disciple de Socrate. On lui doit la
formation d’une école qui professe un enseignement ésotérique. Il a rédigé des
dialogues qui sont regroupés en classe et en période. Il a exercé la maïeutique en
philosophie. On lui doit une méthode dialectique (le savoir c’est le voir).
3- Aristote :
Disciple de Platon, on lui doit une œuvre sur le savoir épistémologique,
encyclopédique de son époque (physique, métaphysique, rhétorique, etc.). Il a été
un observateur. On doit l’héritage aristotélicien à deux personnes qui sont :
Averroès et Saint Thomas d’Aquin. On lui doit ‘’Poétique’’ et la ‘’Rhétorique’’
(voir la page 4/5).
La scolastique :
L’ensemble de la philosophie et de la théologie, dispensé entre le IX ème et le XVIIème
siècle. Il vient d’Aristote, et utilise la logique formelle et le syllogisme (manière d’arrivée à
une conclusion par deux propositions), ainsi que la mémoire, comme méthode de savoir et
d’apprentissage.
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C’est la synthèse de la théologie chrétienne, révélée, biblique avec une recherche de la
raison, cela a abouti au dogmatisme réducteur, répétitif, limitatif.
Chez les latins, toute la pensée Antique tournera autour d’Aristote, de la rhétorique et de
la poétique.
Ces deux philosophes se sont opposés sur la création artistique du point de vue de sa
stabilité.
Pour Platon, cette création est un bruit, un délire, une fureur mystérieuse divine. A la
différence d’Aristote qui dit que l’écrivain est l’interpréteur de quelque chose de divinité. En
tragédie, pour l’un (Platon), elle est négative parce qu’elle provoque des passions alors que le
philosophe doit savoir se tenir. Pour Aristote, elle est positive car elle est collective,
objective, universelle (la vie-l’amour-la mort). Elle permet la catharsis, l’expurgation et la
purification.
IV - XIX « modernes »
Romantisme :
Le romantisme est une révolution esthétique et épistémologique.
=> Sainte-Beuve :
Ecrivain, critique (1804-1869), membre du groupe romantique. Ce qui lui a donné
ses lettres de noblesse c’est une méthode de type historique intégrante : les rapports
entre biographie et littérature. Sa critique est dogmatique, partiale.
V – Les contemporains
(19001950)
1- Les formalistes russes (cercle de Moscou) :
o Des linguistes, littéraires, artistes voulant créer une science de la langue et du
discours littéraire.
o Les pionniers de la méthodologie syntonie (1915-1926/1930).
➔ S’opposer à la tradition d’une critique littéraire antérieur qui était fondé sur
l’histoire, la psychologie, la biographie, (c.-à-d. sur tout ce qui n’est pas le texte). Pour eux le
texte est parlant (dit et se dit), il est autoréférentiel et gouverné par des lois.
Ex :
« Hamlet », Shakespeare.
Thématique : « Hamlet apprend que son père est assassiné est entreprend une
vengeance ».
2- Le structuralisme :
o Il est hérité des formalistes qui viennent de l’URSS, et de Saussure. o Il est lié à la
diffusion des recherches des russes (Ex : V. Propp).
o L’œuvre c’est quelque chose de totale, entière, parlante, liée à la littérarité
(propre de ce qui est littéraire). Ex : un code pénal, civique n’est pas littéraire.
Le genre littéraire visé par cette critique est le récit, car c’est un genre qui échappe à la
dimension historique et culturelle (transhistorique, transculturelle). Le récit _par cette
critique_ est un métagenre.
Les structuralistes :
Ils développent et approfondissent les méthodes des formalistes russes, en y ajoutant
des éléments de la sémiologie dans leurs études littéraires.
Ex : Umberto Eco, un sémiologue italien, a écrit en 1966 : ‘’ James Bond : une combinatoire
narrative’’. ➔ Que signifie James Bond ?
Pour d’autres structuralistes, la construction du récit importe plus, on les appelle les
mécaniciens.
❖ Les mécaniciens :
Ils s’intéressent à la mécanique du récit.
Ex :
➢ Roland BARTH
Dans son essai ‘’S/Z’’, Roland Barth a déterminé trois codes :
Le code proaïrétique.
Le code culturel.
Le code herméneutique.
_ Roland Barth a écrit en 1966 ‘’introduction à l’analyse structurale des récits ’’ dans la revue
communication. C’est un texte fondateur de la narratologie structuraliste.
_ Il parle aussi des fonctions cardinales qui sont des faits essentiels du récit. Opposées aux
fonctions complétives, secondaires (catalyse). Ex : Mme Bovary
❖ Les logiciens :
Ils s’intéressent au fil directeur du texte. Ils ne s’opposent pas au sens et à la structure
sémantique qui supporte le récit mais vise plutôt sa dynamique, sa logique.
➢ Tzvetan Todorov
➢ Algirdas Julien Greimas
➢ Gérard genette
T. Todorov (1939-2017) : _ En 1960, on lui doit la connaissance des thèses des formalistes
russes.
_ Il a écrit ‘’catégorie du récit’’ (analyse structurale du récit qui est
la somme de la sémiologie et l’herméneutique).
_ Il aborde : le sens et l’interprétation de l’œuvre en entier ou d’un
de ses éléments.
_ La notion du récit + discours (histoire racontée et la manière par
laquelle elle est racontée).
A.J Greimas (1917-1992) : _ Sémioticien. Etudiant, enseignant à l’EHESS (L'École des hautes
études en sciences sociales).
_ On lui doit, ‘’sémantique structurale’’ et ‘’du sens 1&2’’.
_ Il applique la méthode d’analyse structurale aux problèmes
sémantiques posés pour les œuvres littéraires. Il s’inspire du
danois Louis Hjelmslev.
_ Il distingue le sens et la signification.
_ Il cherche toute structure sémantique réparable dans une
œuvre avec une dimension intellectuelle, affective plutôt que
sensitive, subjective, psychologique.
Eléments de narratologie
Chapitre 2
I- Définition
• Structuralisme
• généticiens
IV- La méthode
narratologique III- Critique
contemporaine
V- Les éléments structurants
1- Focalisation
3- Personnage 2- Actants
4- Narrataire
5- Le diégétique
6- Le temps
VI- Divers
I- Définitions :
Narratologie :
C’est une science et/ou discipline ayant pour objet d’étudier tout à la fois et
conjointement les diverses structures narratives sous-jacentes dans les textes littéraires.
L’école génétique :
_ L’école ou l’appareillage génétique est un cercle d’études littéraires promouvant
l’aspect historique dans la construction du texte littéraire.
2- Les actants :
a- Personnage
C’est celui qui participe à l’histoire. C’est le héros, les personnages principaux,
les personnages secondaires.
b- Narrateur
Celui qui raconte l’histoire.
c- L’auteur
Celui qui écrit l’histoire.
Ne pas confondre le narrateur et l’auteur qui ne sont pas toujours identiques sauf dans le
roman personnel, où ils assument la fonction d’instance unique à l’aide d’un ’’je’’.
d- Ecrivain :
d- L’écrivain :
Celui qui assume l’écriture du roman.
e- Narrataire :
Il est tantôt un ou plusieurs personnages, déterminé ou non, insaisissable
parce qu’il est multiple, caché, en retrait, etc.
f- Destinateur :
C’est le narrateur, l’émetteur et aussi quelque fois l’auteur implicite.
g- Destinataire : Narrataire, récepteur, lecteur.
3- Personnage :
Globalement, la narratologie genetienne appréhende le personnage selon 2
modes opératoires :
• L’angle psychologique :
Le personnage renvoie à une personne.
Ex :
Mme Bovary renvoi à Mme d’Alembert, mais aussi à toutes les femmes mal
mariées.
• L’angle fonctionnel :
Le personnage se trouve soumis à un schéma narratif dont il est
l’instrument, le prétexte, le model.
Ex :
Ulysse est un instrument d’une aventure humaine voulue par les dieux / Un
moyen détourné par Homère pour démontrer une réalité entre les dieux et les hommes / Un
modèle d’une humanité soumise aux caprices des divinités. ➔ De l’Antiquité au Moyen Âge,
le personnage est tragique parce que il est soumis à un déterminisme, une destinée, une
finalité.
Ex : La Phèdre de l’Antiquité (et classique) était punie par les divinités.
➔ Le personnage du Moyen Âge à la renaissance, joue un rôle et assume une fonction à
travers ce qu’il est, ce qu’il dit et ce qu’il fait.
➔ Au XVIIème siècle, avec la princesse de Clèves, Mme de Lafayette brosse le portrait
d’un caractère (une psychologie, un profil, un comportement, etc.) = Emergence du roman
moderne de type psychologique.
➔ Au XXème siècle, il y’avait une multiplicité des profils avec l’individualisation, la
personnification, la substitution (Freud), mais aussi :
_ Une fonctionnalité, car le plus important n’est pas vraiment ce qu’il est mais ce qu’il
fait. Ex : l’étranger de Camus.
_ Une structuralité : Dans le nouveau roman, le personnage est dépassé, inutile,
secondaire. (Avec Michel Butor, Claude Simon, Nathalie Sarraute, etc.). Avec les
sémioticiens, il y’a une remise en cause du personnage.
4- Narrataire :
Selon le roman, ce dernier peut posséder des caractéristiques particulières et
prendre la forme :
• De celui qui assume la fonction essentielle de l’histoire. On l’appelle le
narrataire personnage, on le trouve souvent dans le roman épistolaire.
• Celui où le lecteur est inconnu, indéterminé, interpelé par le narrateur dans
une partie du récit sans être un personnage. C’est ce qu’on appelle le
narrataire invoqué.
Ex : Diderot, Jacques le Fataliste.
• Celui sur lequel le roman va se fondre dans l’énonciation à travers des valeurs
et un savoir que le narrataire prête au destinataire. C’est ce qu’on appelle le
narrataire effacé.
5- Le diégétique :
La fiction est un balancement, un aller/retour, une intermittence entre le
diégésis et le mimésis.
C’est Aristote qui a établi le premier le ‘’distinguo’’ entre montrer et raconter.
Pour lui la mimesis est la simple imitation alors que la diégésis, elle, est le fait de
raconter, c’est la récitation.
Chez les latins on a 2 structures narratives :
• La mimesis chez eux, c’est le fait de reprendre les propos des personnages
au style direct. C’est ce qu’on appelle le dithyrambe.
• La diégésis, c’est utilisé les propos directes du narrateur. Et ça nous a donné
le théâtre.
A l’époque moderne, des romans optent pour une dimension soit diégétique (discours
direct du narrateur, expressions du narrateur en vue d’orienter le narrataire).
Ex : Le roman à thèse / Le roman à clés.
➔ Le narrateur détient les codes et les clés de la finalité.
Ou mimétique, pour souci principal est de faire de l’auteur _à travers le narrateur_ l’illusion
d’un effet de réel. Ce qu’on appelle aussi la fonction référentielle.
Cf. Philippe Hamon
Ex : les romans réalistes et naturalistes.
6- Le temps :
Sur le plan narratologique, l’étude du temps renvoie au questionnement du narrateur à
propos de trois éléments :
a- le moment de la narration
Il est l’ordre dans lequel les événements sont sensés se succéder.
La narratologie admet au moins quatre moments narratifs qui sont :
_ Le fait de narrer à postériori un événement s’étant déroulé a priori (raconter après,
une action d’avant). Ce qu’on appelle une analepse.
_ Narrer a priori un événement à venir (c.-à-d. anticiper) = prolepse.
Ex : Le roman d’anticipation
_ Une narration en direct (en time) = récit simultané.
_ Le regroupement d’éléments tout à la fois du passer et du présent = récit intercalé.
Depuis l’antiquité jusqu’au nouveau roman, le mode narratif spécifique, privilégié est resté
celui de l’antériorité du récit par rapport à l’action.
Au XXème siècle, la narration devient simultanée, au présent, subjective, confondant plus
au moins narrateur/acteur/auteur.
Ex : Jean Marie Gustave, le Clézio dans ‘’désert ‘’.
b- La vitesse de défilement du récit
Le récit peut selon les cas, les circonstances, les besoins soit se contracter ou bien se
dilater.
_ La narration qui fait taire les actions = l’ellipse
_ Des événements longs et/ou complexes sont concentrés de façon schématique = récit
sommaire.
_ Des événements sont narrés de manière conforme à leurs déroulement = la scène.
_ Le récit se déroule avec, cependant, une suspension de l’histoire = la pause.
Divers
La scène : c’est l’alternance de sommaire non ‘’dramatique’’ destiné à une fonction
d’attente, rattaché à des scènes dramatiques, actives, décisives.
Pour Genette, elle est une sorte de pôle d’attraction de toute sorte d’information
(digression, explication, interpellation, etc.).
L’altération : modification, changement, une destruction progressive en narratologie
correspond à un changement de focalisation. Son rôle est celui de créer une
rupture voulue par rapport au code sans remettre ce dernier en question.
Trois éléments d’altération existent :
▪ La paralipse : le narrateur choisi de dissimuler une information
_volontairement_ importante aux lecteurs (une action, une pensée, un
fait d’un personnage focal). Ex : Roman policier.
▪ La paralèpse : c’est la délivrance de pensée autre que celle du
personnage focal où la description d’un spectacle ne pouvant être vu
par le personnage.
▪ Les annonces : genre de prolepses excédants les capacités de
connaissance du héros. Ça peut être aussi des scènes qui auront plus
tard une influence déterminante. C’est ce que Roland Barth appelle ‘'
code herméneutique’’.
Elle est le fait du narrateur. Ex : Indice dans un roman policier au
début de l’histoire.
Les anachronies : portent selon les cas sur le passé ou dans le futur. Elles peuvent être plus
au moins lointaines vis à vis du ‘‘présent’’ de la narration. C.-à-d. à celui du
moment de l’histoire. Elle vient rompre et perturber l’histoire et ainsi
prendre sa place, elle induit deux variables :
_ La portée : c’est la distance temporelle d’une anachronie.
_ L’amplitude : la durée de l’histoire peut être plus ou moins longue sur le
plan de la rupture.
Les achronies : Référer des événements sans détermination d’âges ou de dates. Ex : une
prolepse de 2ème degré = une anticipation double.
L’amorce au niveau narratologique : Faire apparaître un personnage au début qui
interviendra plus tard.
Exemples :
Le récit itératif : les premières lignes de ‘’Du côté de chez Swann’’ de Marcel Proust : «
Longtemps, je me suis couché de bonne heure ».
Ellipse implicite : Marcel avec sa grand-mère en été / des dimanches d’automne.
➔ On passe brusquement et sans explication.
Ellipse simple : Un épisode où A n’a jamais invité B dans une soirée, puis B et A dînent
ensemble.
Ellipse explicite : Illusion temporelle : ‘’quelques années de bonheur’’.
La fréquence : soit le récit suivant « les dimanches de l’été 1988 ».
_ La détermination : on commence et on finit l’été (fin juin/fin septembre 1988).
_ La spécification : un jour sur 7 / un jour par semaine / tous les dimanches.
_ L’extension : la durée d’une journée (24/24).
Récit de parole : C’est un récit qui n’est pas raconté mais mimé ➔ style indirect.
Ex : ‘’il faut que j’épouse Albertine’’.
Histoire racontée/
stratégie discursive
I-prologue :
Cf. La parabole de Platon, cité par T. Todorov (poétique de la prose).
L’important n’est pas la vérité mais bien plutôt la vraissemblabilité.
II-lois narratifs :
Toute narration se doit d’obéir :
• Un récit de type textuel ou oral structuré avec des lois propres sur le
plan organisationnel et fonctionnel.
• La vraissemblabilité : la soumission à un système rationnalisé, structuré
en vue d’organiser la représentation.
Qu’est-ce qu’interpréter ?
➔C’est donner du sens, cibler une logique.
Ça signifie que tout récit est un discours adressé, une communication
émise, une organisation selon un axe dialogique (Bakhtine), un système de
renvoi que le narrateur conçoit, une formule anticipé en direction du
récepteur.
Ex : 1- Les fables : la stratégie discursive de Lafontaine.
Qu’est-ce qu’allégorie ?
➔ C’est une description recourant _ pour examiner une idée générale ou
abstraite _ à une représentation particulière ou concrète de la réalité qui figure
cette idée et y renvoi.
X- Conclusion :
Si un acte de discours peut dire vrai, il possède aussi la capacité de mentir
(de dire faux ou de dire autre). Donc le langage se fonde d’abord dans la
relation, mais peut se perpétuer aussi dans son échec permanent
(l’incompréhension, le refus, l’impossibilité) à pouvoir établir une sorte
de fusion. Ex :
I-
Représentation et persuasion
II- Dimension chronologique
III- Dimension configurationnelle du récit
IV- Conclusion
I-Représentation et persuasion :
Nous parlons ici des récits scripturaux (Romans, articles de journal, etc.) mais aussi oraux
(radio, langagier) et parfois iconique (publicité, etc.) Par définition, on ne peut pas ni ne doit
parler de récit sans existence d’événements antérieurs sensés devoir être ainsi représentés.
De même que pour la perception, la narration repose sur deux éléments à savoir :
➢ Le déni (refus) des opérations de montage, de productions qui la sous-tendre
(codage, montage, syntaxe, etc.) opérées par un auteur en amont.
➢ L’oubli de la présence et de l’existence d’un metteur en scène réglait l’harmonie,
la cohésion de l’objectif produit. Derrière tout acte narratif se tient un sujet
parlant, écrivant alors même que les événements semblent se raconter de
même.
Donc dans tout énoncé narratif soit inclus, de fait ou par nature, une série de failles
(manquements qui poncture le déroulé discursif)
Ex :
Paradoxe de focalisation (faille énonciative de la part du narrateur.) qui existe à un
moment donné.
Si l’émetteur produit un discours, il reste à déterminer pour qui ? Pour quoi (Raisons, motifs,
objectifs) en direction de récepteur. Ainsi cela suppose que tout récit ne trouve son sens
qu’une fois accomplie cette finalité par rapport au destinataire selon un mode opératoire
d’où la notion d’intelligibilité, lisibilité, donc contrat narratif à la base de toute stratégie
discursive.
Cela détermine l’existence d’un fonds commun et d’un savoir partagé seuls garants d’un
échange possible, productif, euphorique, heuristique.
Un récit ne trouve son sens qu’à accomplir un certains effet sur celui, ou ceux à qui ou
auxquels il est destiné.
De ce fait raconter quelque chose a quelqu’un égale :
II-dimension chronologique.
Pour qu’un récit succède un événement, ce dernier doit apparaitre selon une dimension
temporelle ordonnée formant une histoire.
Ex :
L’enfant a pleuré, la maman l’a pris dans ses bras.
PN1 PN2 (PN = prédicat/proposition narrative)
‘’ L’enfant a pleuré, alors la maman l’a pris dans ses bras pour le consoler.’’
Ex :
‘’ L’enfant a pleuré, mais lorsque sa maman l’a pris dans ses bras, il s’est aussitôt calmé. ‘’
Ex :
Ex :
‘’ L’enfant a pleuré, la maman a pris la télécommande du téléviseur.’’
Ce discours produit une incertitude plus grande du fait de la disparition de l’acteur dans PN2.
Mais si on reconstruit la logique de la réception, l’acceptabilité peut redevenir. Ex : ‘’La
maman a pris la télécommande du téléviseur pour changer de chaine ou augmenter le
volume ou frapper l’enfant, etc.
Pour qu’il y soit un récit, il faut que l’on puisse postuler un enchainement de propositions du
type.
• Des balises temporelles chargées de marquer la succession des faits (T1, T2, T3…TN).
• Un cours événementiel, manifeste au moyen deux prédicats opposés ( X et X’)
décrivant l’état de l’acteur constant a des moments différents.
T1 T2 T3
A et X A fait Y Ou Y A et X’
arrive à A
En plus d’une jonction temporelle, fondatrice, première, tout récit doit inclure les
permanences d’un acteur et la logique des rapports entre les prédicats.
Un texte narratif rendu logique dépend de 3 éléments :
• La constance des participants.
• La logique des prédicats.
• La succession dans le processus
‘’La maman a pris l’enfant dans ses bras dès que / parce que / alors qu’il pleurait ‘’
KALYAIYEF : il avait rendez-vous dans la steppe avec dieu lui-même, et il se hâtait lorsqu’il
rencontrera un paysan dont la voiture était embourbée. Alors saint Dimitri l’aida, la boue
était épaisse … il fallut batailler pendant une heure. Et quand se fut fini, saint Dimitri couru
au rendez-vous. Mais dieu n’était plus là. Foka : et alors ?
➔ Cette réponse analysée par William Labov, constitue une rupture, une déception, un
appel à clôture. C’est le risque de toute interprétation, incomplète, inexacte dont l’émetteur
doit à l’origine se garder.
Cette parabole tire son intérêt sur le plan cognitif (savoir, comprendre pour agir). Ce double
savoir à un faire comprendre et un faire connaître, c’est-à-dire un rapport entre la justice et
dieu selon chaque interlocuteur. (Ce rapport non évident, inexistant, imperceptible chez
KALYAIYEF, mais évident pour FOKA sera démontrer avec la parabole.)
L’histoire narrée non convaincante sera reprise, relue de façon plus explicite, en passant
pour se faire du symbolique a l’évènementiel, du dire au faire, de la cognition à la morale.
_ L’épisode du paysan est ici une péripétie, une difficulté mais surtout une épreuve
(agrographie = la vie de saints).
_ Aussi deux programmes narratifs s’opposent : le sacral et le profane (sacré ≠ séculier) L’un
excluant l’autre directement.
Selon Weiriche, le recourt à une temporalité binaire du type passé simple, passé antérieure
VS imparfait se justifie dans ce texte et dans l’autre selon une double focale à savoir :
• Imparfait : était, étaient (fait d’être).
• Passé simple : décrit des évènements, des actions (statique ou mobile).
Tout l’argumentaire narratif se constitue autour d’une utilisation ciblé parfois inhabituelle de
la valeur des temps convoqués. Tout changement de temps impliquant une dimension autre
dans le rapport action / description.
Que se soit sur le plan métaphysique, philosophique, théologique ou idéologique, il existe une
impossibilité à maintenir le schéma idéal, idéel institué à l’origine (pour saint Dimitri, c’est un
rendez-vous divine, le bien-fondé révolutionnaire).
Tout narrataire peut et doit ainsi se prémunir d’une finalité non attendue, non désirée,
imprévue à partir d’un faisceau d’hypothèses en donnant au discours un thème dominant
(séduction, achat, etc.) Ces hypothèses sont des indices, des faisceaux de présomption,
appelés aussi inférences globales (suppositions générales) donnant au texte et à la parole, une
cohérence, une signifiance. Le risque étant l’échec de la communication par l’énonciateur et
l’absence d’action chez l’énonciataire (pas de feed-back).
Cette prémonition sera suivie d’une prémunition dans une action de signifiance narrative
appelée ‘’macrostructure sémantique organisationnelle du récit‘’.
Afin de maintenir constant, la diffusion du message, ainsi que sa bonne réception, les
interlocuteurs agiront par :
• L’introjection du narrateur d’éléments isotopiques, réflexifs (langagiers, gestuels,
corporels).
• Le narrataire signalera sa disponibilité, son ouverture, son acceptation par une série
appropriée de renvois expressifs (acquiescement, hochement tête, mimique).
Dans le cas particulier de notre corpus, un double paradoxe, affleure tout à la fois sur le plan
métaphysique, théologique, qui est que l’entrave mis sur le chemin de saint Dimitri prend la
forme d’un acte caritatif qui éloignera ce dernier de la finale sublimée, désirée, attendue.
Dans les deux cas, nous avons émergence d’une vacuité tragique, d’un enfermement fort clos,
La première acception est la plus courante dans les romans du XVIIIème (les romans à
tiroirs). Elle est rare de nos jours, cependant.
Même chez les spécialistes, théoriciens, analystes il semblerait qu’il y est une certaine
confusion au niveau de l’appréhension de la notion du récit, car :
• Le récit peut être le contenu de l’énoncé (= un signifié transmis par
l’émetteur comme étant vécu).
• Le récit renvoie aussi à l’acte énonciatif (= signifiant littéraire que Roland
Barth appelle la lexis).
a- Une vie :
Dans ce schéma romanesque, classique, l’actant A devient A’.
(Transformation minimaliste).
Ex : La princesse de Clèves, de Mme de La Fayette.
c- Une variante :
Ici l’opposition actancielle devient inversement proportionnelle en termes
d’échec, de succès, d’amélioration et de dégradation.
Ex : Mme Bovary, Flaubert.
A => épreuve => succès (A’ supérieur à A).
V- La composition :
Dans la mesure où un récit construit et composé de manière variable, alors il est
possible de déterminer les formes suivantes :
Le découpage en parties :
Tout récit est généralement structuré en différentes parties/chapitres
afin d’en faciliter l’accession, la compréhension et la signification.
Ex :
‘’Cette étrange tendresse’’, de Guy Des Cars est structuré en
trois parties qui sont : l’emprise, l’évasion et la blessure.
C’est trois parties = trois états d’âme, trois évolutions
rationnelles (triptyque amoureux).
La division en parties peut être chronologique, météorologique. Ex
:
• La clôture du chapitre :
Est aussi un des lieux privilégiés permettant un découpage narratif
avec des variantes comme telles :
_ La dernière phrase : elle signale une rupture thématique
permettant une ellipse spatiale, temporelle,
conduisant au chapitre suivant.
_ Une notation en fin de chapitre : évocation, digression par
chapelle. Le récit est interrompu selon un
effet suspensif.
Ex : Camus, la Peste.
• La rupture brutale :
Interruption subite au milieu d’un paragraphe. Procédés rare et
marginal.
VI- La narrativité :
Les différents types du montage :
Si nous admettons encore et toujours l’antériorité (réel dans le récit historique,
mais conceptuel dans le récit fictif) des événements narrés, vis-à-vis de l’acte narratif
proprement dit.
De ce fait, le roman sera admis comme tout acte de communication autre (presse,
audiovisuel). L’objet livre devient ici canal de communication. Alors, il serait donc
possible d’étudier les rapports existants entre l’énoncé (ce qui est dit) et l’énonciation (la
manière de dire) (cf. Boris Tomashevsky dans son ouvrage : théorie de la littérature =
opposition fable/sujet).
Ce qui revient à dire que l’énoncé = l’histoire et l’énonciation = la narration permettant
de prendre connaissance de cette histoire.
De ce fait, il devient possible selon les cas :
• De mimer leurs successions chronologiques (des événements).
• De disjoindre ou de regrouper ces mêmes événements selon une
progression logique à travers un plan affectif, intellectuel, cognitif. On
appelle ainsi le mimétique (montage narratif), le disjonctif associatif
(montage expressif).
a- Le montage chronologique :
Ex : Le roman de Grimbosq d’Henri Troyat.
• Grimbosq = artisan => tâcheron reconnu => disgracié => existence de
malfaçon => chute finale.
• La femme de Grimbosq = une épouse modèle => maitresse du client
riche => multiplication d’amants => mère d’un enfant illégitime =>
meurt assassinée.
Ici, intrigue dépouillée de tout artifice avec le caractère inéluctable de la
fatalité, dans un mouvement linéaire, stéréotypé.
b- Le montage affectif :
Ex : Balzac, La Duchesse de Langeais.
Résumé :
Après son mariage : 1- Entretien une liaison.
2- S’absente pendant 5 ans.
3-Retrouvée par son amant dans un
monastère en Espagne.
4-Son amant retourne en France.
5-A son arrivée, la Duchesse meurt.
(1, 2, 3, 4 et 5) : Balzac commence par l’action puis la genèse de la passion.
Enfin l’intrigue reprend en conjuguant l’action et la passion pour aboutir à l’apothéose
Réalité et réalisme
I- Terminologie
Réalité :
Le caractère de ce qui a une existence réelle, de ce qui existe comme chose et non pas
seulement comme idée, illusion, apparence. (= chose réelle).
Réalisme :
Renvoie à la littérature et aux beaux-arts. C’est l’attachement à représenter le monde, les
hommes tels qu’ils sont et non tels que peuvent les concevoir ou les styliser l’imagination et
l’intelligence de l’auteur et de l’artiste.
La vérité :
C’est la qualité de ce qui est vrai, de ce qui traduit la conformité de l’idée à son projet.
La motivation :
C’est l’ensemble des facteurs conscients ou inconscients déterminants un acte ou une
conduite.
La vraisemblance et le vraisemblable :
Ce qui paraît vrai. Qui a l’apparence de la vérité.
Transposition
Code de représentation ➔➔➔ Code de représentation
textuelle de l’auteur symbolique du lecteur
Artificialité, Naturalité
artefact Invisibilité
Voir : Claude Duchet pour plus d’information dans la revue poétique no 16 « une
écriture de la sociabilité ».
La description
I- Approche théorico-méthodologique
A- Position du problème :
Souvent la description est perçue comme évidente, inutile à définir. Elle serait une instance
du récit romanesque opposée, comparée à la narration (dialogue, monologue, etc.).
C’est pourquoi cette distinction reposerait sur :
✓ Une autonomie thématique repérable, identifiable.
✓ Un trait typographique classificatoire, formel (paragraphe, aligna, etc.).
➔Cela est –il, cependant, suffisant pour pouvoir établir une spécifité descriptive ?
Il semblerait que les difficultés des écueils surgissent car :
✓ Les artifices typographiques bornant le récit, isolant la description peuvent être mis en
doute. (parfois absence de séparation volontaire, accidentelle, éditoriale, inconsciente).
✓ La frontière entre description et narration prend des contours, des formes inhabituelles
marginales.
L’unique référent matériel pertinent pouvant attester d’une présence descriptive serait la longueur
du corpus considéré. (généralement, plus d’une page c’est peut-être une description).
La description renvoie généralement à la métaphore picturale du tableau, à la mise en scène.
Paradoxalement, la simple présence des blancs typographiques, alinéas, paragraphes, longueur, etc.,
ne suffit pas pour autant à attester d’une description. Parce qu’il existe le style indirect libre, les
libertés avec la ponctuation et des énoncés horizontaux.
Si la description existe parfois sous forme de marques isolables, isolées relativement autonomes au
moment de leurs élaborations et de l’ordre rhétorique. Cf. Roland Barth.
Il n’empêche que ces dernières restent le plus souvent insaisissables en dehors de leurs relations
phrastiques et/ou de leurs échos thématiques. Echappant ainsi à toute procédure d’analyse
linguistique.
A la question de savoir qu’est-ce qu’une description, Philippe Hamon a répondu dans ‘’poétique nº
12’’ que :
✓ Elle forme un tout autonome en une sorte de bloc sémantique.
✓ Elle est introductive au récit, comme un « hors d’œuvre » (amorce). ✓ Elle
s’insère librement dans le récit.
Malgré tout, ces caractéristiques restent vagues, imprécises, non exhaustives en renvoyant au champ
de l’interprétation, l’intuition, de l’action du lecteur moyen.
B- Théorie formaliste :
Si Boris Tomashevsky oppose la fable (=chronologie réelle = ce qui s’est vraiment passé)
contre le sujet (esthétique, disposition). (Fable = action / Sujet = Narration, prise de
connaissance).
S’il oppose de même motifs associés (ceux nécessaire à la compréhension de l’histoire) aux
motifs libres (les embellissements, les descriptifs). Ce postulat hétérogène demeure cependant
critiquable, plus ou moins fondé.
C’est pourquoi rien ne permet d’affirmer une quelconque supériorité du narratif au descriptif. Si
on parlé des motifs dynamique (description de la nature, du lieu, de la situation, du personnage
et de leurs caractères de manière dynamique, cinétique) de la fable, opposé aux motifs
statiques (ceux de la mimesis, d’une copie de la réalité, d’une inflation, degré zéro, reflet
neutre).
Alors toute description serait redondante, une sur en chaire, un écart vis-à-vis de la réalité.
Ex :
Elle le regarda : expression non marqué purement objective du récit collant à la réalité.
Elle le dévisagea : nuance descriptive marquée. Et surtout, la possibilité d’une appréciation
subjective.
Dans cet exemple l’opposition entre récit et description si elle existe, n’apparait pas
formellement sur le plan sémiologique. C’est une simple nuance sémiotique.
B- Frontières de récit
Pour Gérard Genette dans figures II, la description est dans son opposition avec la narration
un des traits majeurs de notre conscience littéraire.
Cependant Gérard Genette ne précise pas où se situerait le niveau d’opposition (s’agit-il de
l’impression du lecteur « fonction esthétique » ou bien alors du travail du lecteur « fonction «
poétique ? »).
Si Gérard Genette reconnait de la même façon que les arts classiques et que la description est «
Ancilla Narrationis », il n’en admet pas moins qu’elle omniprésente et qu’elle déborde en tout
part.
Métaphore : c’est une figure de style = comparaison implicite et/ou indirecte. Elle peut
être selon les cas motivée ou non motivée.
Ex : _ Elle fond en larmes.
_ Le printemps de la vie.
Elle peut être dite in praesentia ou in absentia. Il existe aussi une
métaphore filée.
La catachrèse est une métaphore dont on a oublié l’origine. Ex : Les bras
d’un fauteuil.
III- Conclusion
Historiquement parlant, la description peut être envisagée sous plusieurs angles en allant de
‘’Homère jusqu’à Mme Lafayette’’.
➢ Chez les réalistes, il y’a un réserve par rapport à celle-ci entre les partisans (Balzac,
Flaubert) et le détracteur (Stendhal).
➢ On doit à Walter Scott l’avènement qualitatif et quantitatif de la description.
➢ Les surréalistes au début des siècles y étaient opposées. (Exploration du moi inconscient =
description subjective, introspective de l’inconscient).
➢ Chez les modernes, il y’a un rejet de celle-ci par Henry de Montherlant et André Gide.
Le personnage de l’antiquité à la
modernité
_ Chez Aristote le personnage est un vecteur parce qu’il est agent de l’action.
_ Dans le roman occidental du Moyen Age. Le personnage a une dimension socio-psychologique,
c.-à-d. qu’il a une existence en plus du rôle qu’il joue. Ex : Lancelot ou le Chevalier de la charrette.
_ Pour les formalistes russes (1920-1960) (de Jakobson à Barth) ; le personnage a un rôle
d’agent. Il exécute une fonction. Négation de sa dimension socio-psychologique, mais existence
d’un rôle.
_ Pour les structuralistes de 1960 à 1970. Ils systématisent les recherches des formalistes russes
en les intégrant à divers modèles. Ils réfutent l‘immanentisme du personnage et le réduisent au
seul signe textuel.
En 1960 : opposition du courant des néoromanciers vis-à-vis du réalisme,
traditionnel, etc.
_ Todorov, a saisi le personnage dans ses rapports interactifs (opposition, aide, séduction, etc.).
Divers :
o Lev Vygotski (1896-1934): Russe, pédagogue, rattaché à la psychologie du développement.
o Victor Chklovski (1893-1984) : théoricien de la littérature, fondateur du cercle de Moscou. Il
a développé le concept de la défamiliarisation.
o Gottlob Frege (1895-1985) : philosophe allemand, logicien. Il a inventé « l’idéographie ».
o Étienne Souriau (1892-1979) : philosophe français, spécialiste de l’esthétique. Il a développé
une philosophie esthétique. Il a aussi définit des composantes de la situation dramatique
(littéraire).