« Une Charogne » Le narrateur s’adresse à la femme qu’il aime
Bref résumé de l’extrait : Le narrateur rappelle à la femme qu’il aime le souvenir d’une charogne qu’ils avaient rencontrée sur
le bord de la route à l’occasion d’une balade. Promenade interrompue par une vision d'horreur avec l'apparition d'un cadavre
en décomposition. La femme est tellement choquée qu’elle manque de s’évanouir à cause de la vision et de l’odeur qu’elle
perçoit. Lorsqu’elle mourra, elle ressemblera à ce cadavre en décomposition.
EXPLICATION LINÉAIRE vers par vers : -Le poème commence par une invitation au souvenir dans le vers 1 « rappelez-vous ».
Cette discussion peut être personnelle notamment avec « mon âme ».
-Le vers 2, exprime le cadre dans lequel cet objet a été vu, c'est un cadre propice pour une balade amoureuse.
-La charogne est vu comme une chose terrible et difficile à tolérer par Baudelaire dans le troisième vers, et le terme « infâme »
est exagéré, c'est une amplification. -Le vers suivant peut être interprété par une idée d'inconfort avec « lit semé de cailloux »,
cette charogne qui gâche cette balade amoureuse (v. 2) et rend également le lecteur dans une posture inconfortable. -Cette
première strophe montre le contraste des rimes qui sont rapprochées avec des mots de sens contraire et contradictoire
notamment les rimes « mon âme/ infâme » et « doux/ cailloux ».
-Dans la deuxième strophe il y a également le même procédé, une juxtaposition violente de deux réalités contraires ainsi
qu'une comparaison avec un érotisme cru « vers5 ». Il y a également la rime entre « poisons » synonyme de la mort et « ventre
pleins d'exhalaisons » qui signifie la vie en rapport avec un ventre plein, porteur d'un enfant, d'une vie. Le mot « exhalaisons »
renforce l'idée de puanteur. Cette strophe compare cette charogne à une femme.
-Dans le vers 9 il y a un rapprochement antithétique entre le « soleil » et la « pourriture ».
-Dans le vers 10 la charogne est comparée à un bout de viande en train de cuire sous les rayons solaires « vers10 ». -Dans le
vers 11, les éléments naturels sont mis en mouvement et en animations avec la « Nature ».
-Ces trois premières strophes traitent d'une balade en amoureux interrompu par la surprenante présence d'une charogne en
pleine putréfaction durant leur promenade qui rappelle la mort. Le vers 12 clôt le premier mouvement, une rencontre
surprenante.
-Le « ciel » est personnifié, il lui donne une caractéristique humaine, la vue, « le ciel regardait » dans le vers 13. Dans ce vers il
y a un oxymore, « Carcasse superbe » car c'est une alliance de deux mots contradictoires, « carcasse » qui est un mot plutôt
négatif et « superbe » qui est un mot positif.
-Le vers suivant compare la « carcasse » de cette charogne avec « une fleur », ceci est un rappel des Fleurs du Mal, l'idée
d'extraire la beauté du mal. « S’épanouir » montre que la fleur fane. La fleur qui fane est une façon élégante d'exprimer ce que
la charogne montre de façon provocante, la charogne est bien une fleur du mal.
- Les vers 15 et 16 traitent sur la puanteur de cette charogne en putréfaction. Cette puanteur donne un retour à la réalité. «
Les vers 15 et 16 », phrase dont la volonté de Baudelaire est de faire rire, phrase humoristique avec un langage précieux pour
désigner ce qui peut être un vomissement. On ne sait pas à qui Baudelaire s'adresse vraiment mais au début, il s'adressait à
son âme (vers 1). S’agit-il de Jeanne Duval ?
-Une description presque naturaliste de ce qui se passe, avec une métaphore du sens de « larves » avec « de noirs bataillons »
dans les vers 17, 18 et 19.
-Le vers 20 traite de cette « épais liquide » qui coule le long de « ces vivants haillons », animation du non-humain avec «
vivants haillons ». -Le vers 21 présente une rêverie artistique et métaphysique avec le présentatif. Ce vers et le vers 23 sont
une rime riche « vague/ vague », avec la répétition de « vague ». Cette sixième strophe porte sur le cadavre qui est réanimé en
« corps » par le poète, il reprend vie.
-Les vers 25,26 et 27 font référence à la musique, la charogne est comparée à la musique dans un premier temps. Cette
musique est comparée à des éléments naturels comme l’« eau » et le « vent ». Dans un second temps, la charogne est
comparée aux éléments de l'industrie humaine comme le « van » d'un « vanneur ».
-Les vers 29 à 32 portent sur la charogne qui ici est comparée à la peinture (l'art pictural). « Les formes s'effaçaient » peut
désigner l'effacement des frontières entre la vie et la mort.
-Le quatrain suivant (strophe 9) repart sur une description réaliste et sur la réalité de la scène.
-Ces six strophes traitent de la transfiguration du cadavre et de la scène pour Baudelaire. Il nous fait quitter la réalité pour nous
transformer l'horreur en moment sublimé. Le vers 36 clôt ainsi le second mouvement, une résurrection artistique.
-Dans le vers 37 et 38 (enjambement/ horrible infection : anaphore) on ne peut pas vraiment savoir à qui il s'adresse mais
peu importe puisque son message reste le même : lui-même, ou la femme avec qui il est, sont des futurs cadavres en
décomposition. Ce flou sur qui il s'adresse paraît intentionnelle par Charles Baudelaire. Dans cette même strophe, il y a une
succession d'adjectifs épithètes laudatifs (qui contiennent un éloge) qui coïncide avec d'autres adjectifs qui eux sont péjoratifs.
Dans les vers 39 et 40 la femme aimée est comparée à « Étoile de mes yeux, soleil de ma nature » et à son « ange et ma
passion ».
-Le vers 41 montre l'insistance du destin de son âme ou celui de la femme aimée (selon à qui il s'adresse).
-Les vers 42, 43 et 44 représentent un euphémisme par l'atténuation d'une expression qui risquerait de choquer avec « les… ».
-La dernière strophe (mangera de baisers :oxymore/vermine : allégorie) correspond à la réconciliation entre ces deux réalités
contraires et contradictoires, la vie et la mort par l'intermédiaire d'un souhait énoncé du vers 45 au vers 48.