0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
38 vues16 pages

Races Bovines de l'Adamaoua

Le document présente une étude sur les races bovines de l'Adamaoua au Cameroun, estimant la population à environ un million de zébus, principalement les races Foulbé et M'bororo. Il décrit les caractéristiques zootechniques de ces races, ainsi que les tentatives d'introduction de races étrangères et leurs résultats. Enfin, des observations sur les performances pondérales des zébus lors d'un concours agricole en 1968 sont également mentionnées.

Transféré par

ulrichntsassou
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
38 vues16 pages

Races Bovines de l'Adamaoua

Le document présente une étude sur les races bovines de l'Adamaoua au Cameroun, estimant la population à environ un million de zébus, principalement les races Foulbé et M'bororo. Il décrit les caractéristiques zootechniques de ces races, ainsi que les tentatives d'introduction de races étrangères et leurs résultats. Enfin, des observations sur les performances pondérales des zébus lors d'un concours agricole en 1968 sont également mentionnées.

Transféré par

ulrichntsassou
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

519

CE-FL n °36
Sec. ; 5

LES RACES BOVINES DE L'ADAMAOUA (Cameroun)

par

P. LHOSTE
Ingénieur agronome - Zootechnicien
Chargé de Recherches à ('O.R.S.T.O.M.
Détaché à l'I.E.M.V.T.

Centre de Recherches Zootechniques de Wakwa N'Gaoundéré


(République du Cameroun)

INTRODUCTION

La population bovine des plateaux de l'Adamaoua camerounais est estimée à environ un million de têtes de
zébus. Il n'existe pas de recensement récent et précis à ce propos, mais ce chiffre avancé par le Service de l'Elevage
paraît assez proche de la réalité.

La superficie de la zone d'élevage est d'environ 7 millions d'hectares; la densité moyenne de bétail n'est donc
pas très élevée pour une région où l'activité pastorale est très largement dominante. Il faut cependant noter que la
distribution des animaux est très variable suivant les régions du plateau, et que certaines zones sont pratiquement dé-
sertées par les éleveurs en raison surtout des risques de trypanosomose.

La totalité des bovins de cette région est composée de zébus (Bos indicus) que l'on rattache classiquement
à deux races principales :
- Zébus Foulbé,
- Zébus M'bororo.

Nous nous proposons de fournir ci-après quelques éléments sur la valeur zootechnique des différents types
de bovins de l'Adamaoua :

a) - Tout d'abord, nous rappellerons sommairement les caractéristiques des races et types rencontrés.
b) - Nous proposerons ensuite quelques résultats chiffrés établis à partir des observations effectuées à l'occasion du
Concours Agricole Bovin de N'gaoundéré (novembre 1968).
c) - Enfin, nous apporterons quelques précisions sur les performances du zébu Foulbé "type N'gaoundéré " dont
la sélection a été entreprise depuis quatre ans à la station de Wakwa.
520

cliché Lhoste

TAUREAU " FOU L BE" TYPE NGAOUNDERE


521

: - RACES ET TYPES BOVINS DE L'ADAMAOUA (DESCRIPTION SOMMAIRE)

La population bovine de l'Adamaoua est assez complexe et tout essai de classification demeure indicatif ;
en effet, d'une part il existe une grande variabilité phénotypique à l'intérieur d'un type donné (critères variables ou
inexistants de sélection sur l'extérieur) et d'autre part, on observe des groupes intermédiaires entre deux types diffé..
rents, dus le plus souvent à du métissage effectué à des degrés divers.

Il est possible toutefois de proposer une classification simple des races et types bovins dominants de l'Ada-
maoua.

Parmi les races locales, nous décrirons les types rattachés à la race "Foulbé" et à la race "M'bororo". Au ti-
tre des races importées, nous rappellerons les introductions de races étrangères effectuées en Adamaoua (Montbéliarde,
Salers, Brahma) :

1.1 - LA RACE FOULBE DE L'ADAMAOUA:

Il nous paraît intéressant de maintenir le nom de Zébu Foulbé de l'Adamaoua qui précise le nom des éle-
veurs traditionnels (les Foulbé) et la localisation (Adamaoua) pour définir un premier groupe de zébus de cette ré-
gion.

Il s'agit d'un zébu de taille moyenne dont la bosse est en général assez développée et tombante. La tête est
assez longue et étroite, le profil légèrement convexe. L'encolure est assez courte, le cornage court et plutôt fin (mo-
yen dans la variété de Banvo), Le fanon est assez développé, le fourreau pendant en général. La conformation pour
la viande est assez satisfaisante grâce à un bon développement des masses musculaires de l'arrière-main. Le squelette
est en général assez léger.

La robe est le plus souvent tachetée de rouge; le noir se rencontre rarement. La répartition du rouge est vari-
able depuis des types presque blancs avec seulement quelques mouchetures jusqu'à des types uni-rouge ou brun (Les
animaux de ce groupe sont parfois appelés '''Pulfuli'')

On distingue en général trois variétés parmi cette race :

- La variété" Foulbé- N'gaoundéré",


- La variété" Foulbé-Banyo" ,
- La variété" Foulbé-Yola".

1.1.1. - La variété "Foulbé" de N'GAOUNDERE :

Les zébus Foulbé de type N'Gaoundéré[Link] principalement dans le centre du Département de


l'Adamaoua (Arrondissement de N'Gaoundéré).

C'est le type le mieux conformé pour la production de viande: animal assez musclé, plutôt ramassé, au
squelette léger. La robe typique est tachetée rouge.

Nous présenterons ci-contre une photographie qui présente un taureau caractéristique du type "Foulbé-N'ga-
oundéré". (Ce type de bétail est parfois appelé Goudali, mais ce terme prête à confusion avec la terminologie des
pays anglophones pour lesquels le "Goudali" est le zébu de Sokoto).
522

Cliché Lhoste

TAUREAU "FOULBE" TYPE BANYO


523

1.1.2 - La variéte "Foulbé de BANVO" :

Les zébus Foulbé de type Banyo sont représentés dans l'Ouest du Département, dans l'Arrondissement du
même nom.

Ils se caractérisent par une stature, un squelette et un cornage plus forts que pour le type N'gaoundéré.

la robe typique est pie-rouge oubrun, En général la bosse est plus ferme et souvent dressée, Certains au-
teurs admettent que le type Banyo résulterait d'une infusion de sang Zébu M'bororo dans une population de zébus
Foulbé.

Nous présentons ci-contre une photographie d'un taureau caractéristique du type "Foulbé-banyo",

1.1.3 - La variété "Foulbé de VOLA" :

Les zébus Foulbé du type Yola ont été décrits en Nigéria: Au Cameroun, on rencontre des animaux qui peu-
vent ê.tre rattachés à ce groupe dans l'arrondissement de Tignère.

Il s'agit d'un zébu d'un format moyen inférieur à celui des deux autres types. Les cornes sont courtes, la
bosse plus légère et le fanon en général moins développé.

la robe est variable mais le plus souvent tachetée rouge.

1.2 - LA RACE M'BORORO :

Les zébus, M'bororo sont des animaux de grand format, de grande taille, aux membres longs. la tête est
longue et le cornage, long et puissant, présente en général une forme de lyre haute. L'encolure est longue et peu mus-
clée; la croupe est inclinée et peu couverte. la poitrine est étroite, mais profonde.

Il s'agit donc d'animaux de conformation bouchère médiocre; leurs qualités essentielles sont la rusticité et
une excellente adaptation à la marche et aux longs déplacements à pied. la précocité des jeunes est médiocre dans
les conditions de l'élevage traditionnel.

la productivité en viande de ce type de bétail peut sans doute être largement améliorée si l'éleveur se sé-
dentarise; les méthodes possibles seraient soit la sélection d'un "type à viande" de conformation plus ramassée, soit
le croisement d'absorption par la race Foulbé- N'gaoundéré; ce croisement produit dès la première génération des mé-
tis dont la conformation est bien améliorée.

On distingue classiquement deux variétés parmi les animaux M'bororo du Cameroun :

- Les Zébus M'bororo rouges ou variété "Djafoun";


- Les zébus M'bororo blancs ou variété "Akou".

1.2.1,- ZébusM'bororo rouges: Variété "Djafoun" :

Les animaux de ce type se rencontrent essentiellement dans l'est du Département de l'Adamaoua (Arron-
dissement de Meiganga) et épisodiquement dans l'ouest. Il s'agit essentiellement d'éleveurs nomades dont la lo-
calisation demeure très variable malgré les efforts des Gouvernements concernés pour tenter de les sédentariser.

La variété "Djafoun" est caractérisée par une robe acajou uniforme et par les caractères extérieurs décrits
ci-dessus. Le cornage et le squelette sont forts.
524

Cliché Lhoste

TAUREAU "M'BORORO" TYPE DJAFOUN

Cliché Lhoste

BOEUF "M'BORORO" TYPE AKOU


525

Nous présentons ci-contre la photographie d'un taureau typique "M'bororo-Djafoun". (En région anglo-
phone, Cameroun Occidental et Nigéria, ces animaux sont connus sous les noms de "Rahadji" ou "Red-Longhorn").

1.2.2. - Zébus M'bororo blancs: Variété "Akou":

Les animaux de ce type se caractérisent par une robe blanche pigmentée de noir. Le mufle et les oreilles
sont en général noirs, mais la robe peut aussi être à mouchetures noires plus ou moins nombreuses. Ce type de bé-
tail se rencontre dans l'est et dans l'ouest du département de l'Adamaoua; les zébus Akou sont souvent associés
dans les mêmes troupeaux à des zébus Djafoun; dans d'autres cas, ce sont des animaux de type Foulbé qui sont
introduits dans des troupeaux de zébus Akou; ce dernier type de métissage LlOUS parait souhaitable du point de vue
économique, si l'éleveur se sédentarise en abandonnant le nomadisme.

Nous présentons ci-contre la photographie d'un boeuf du type "M'bororo-Akou".

(Ces animaux ne sont pas sans rapport avec la race connue en Nigéria et au Cameroun occidental sous le
nom de "White Fulani" ou "Bunadji").

1.3 - RACES INTRODUITES EN ADAMAOUA:

Certaines tentatives d'introduction bovine ont été effectuées en Adamaoua, mais il n'a jamais été essayé
d'entretenir une race pure d'origine étrangère; les croisements d'absorption n'ont pas été entrepris non plus, ce qui
explique qu'aucune race importée n'ait laissé de traces pures; les importations se sont faites par des géniteurs mâles
qui ont été utilisés' en croisement.
Nous distinguerons sous ce titre :

- Les importations de races taurines;


- L'opération de croisement Brahma (Station de Wakwa).

1.3.1. - Les importations de taurins:

Historiquement, certaines introductions de sang taurin français (Bos taurus) peuvent être rapportées, à sa-
voir :

- Race Montbéliarde importée à la Station de W:akwa il y a plus de vingt ans, avec diffusion de métis dans le
milieu d'élevage traditionnel;

- [Link]éliarde importée dans le cadre de la Compagnie Pastorale Africaine (Elevage de Goungel) avec
diffusion accidentelle parmi les troupeaux du voisinage.;

- Race Salers importée dans le passé par la Compagnie d'Elevage et de Culture du Cameroun (Elevage de Sadol)
et réimportée récemment avec trois taureaux Salers (1967).

Dans l'ensemble, nous pouvons résumer ces opérations en rappelant les faits suivants qui ont été constatés
dans tous les cas :

a) - Difficultés d'adaptation des géniteurs importés.

Les taureaux de race française avaient, en effet, besoin pour survivre, de soins particuliers, d'une surveillan-
ce vétérinaire constante et d'une complémentation alimentaire en saison défavorable.

Nous pouvons citer, à ce propos, les résultats obtenus avec les trois taureaux Salers importés récemment en
526

Cliché Lhoste

TAUREAU "WAKWA" (Métis Brahma x Foulbé)


527

Adamaoua : peu après l'arrivée, mort de l'un des taureaux pour cause pathologique ("maladie des transports" 'il Pas-
teurellose.•.); au cours de la première saison de monte, frigidité de l'un des deux taureaux restant; au cours de la se-
conde année, mort d'un second taureau. Il est donc évident que si toutes les conditions favorables ne sont pas réunies;
ces importations restent hasardeuses.

b) - Résultats de croisement satisfaisants du point de vue zootechnique.

En règle générale, les métis taurin-zébu alliaient une précocité améliorée à une bonne conformation bouchère.

Les accidents de vêlage rapportés ne semblent pas excessivement nombreux.

En revanche, la sensibilité des métis demi-sang taurin à diverses maladies locales, parmi lesquelles la strepto-
thricose, demeure inquiétante,

Il est évident que les métis, plus productifs, présentaient aussi des exigences supérieures qu'il leur. était dif-
ficile de satisfaire en saison défavorable.

c) - Ces introductions de sang taurin qui n'ont pas été poursuivies ensuite ont toutes abouti à une dilution du sang
arnéliorateur dans la population locale. Il est possible, après 20 ans environ, de retrouver quelques traces de ces intro-
. ductions, mais il s'agit toujours d'animaux présentant un niveau de sang taurin très bas (huitième ou seizième de
sang) et qui continue de diminuer au fll des générations.

1.3.2. - L'opération de Métissage Brahma x Foulbé:

Nous n'insisterons pas sur cette opération qui a fait.l'objet d'études complètes présentées dans nos rapports
annuels (Rapports 1965,66,67 et 68 du Centre de Recherches zootechniques de Wakwa), si ce n'est pour enrap-
peler le principe.

Cette opération, débutée en 1952 par l'importation de taureaux Brahma des Etats-Unis, était basée sur un mé-
lissage continu au niveau demi-sang; c'est-à-dire que les métis de première génératioru'{appelés "Préwakwa") obtenus
par croisement d'un taureau Brahma avec une vache Foulbé, ont été recroisés entre eux pour donner un produit ap-
pelé"Wakwa" (Mâle PW x Femelle PW ~"W axwa" ).

L'élevage de la population demi-sang Brahma (environ 800 têtes) se poursuit à la Station de Wakwa pour
sélectionner un type de bétail qui allie la rusticité et l'adaptation au milieu de la race locale à la productivité de la
race importée.

20 à 40 de ces géniteurs demi-sang Brahma sont diffusés hors de la Station chaque année.

NOliS présentons ci-contre, la photographie d'un animal caractéristique du type "Wakwa ".

*
* *
"528

Il - PERFORMANCES PONDERALES DES ZEBUS DE L'ADAMAOUA (CONCOURS AGRICOLE BOVIN DE


N'GAOUNDERE') :

A l'occasion du Concours Agricole Bovin qui s'est tenu en novembre 1968 à N'gaoundéré, nous avons
pu effectuer quelques observations zooteèhniques objectives sur les animaux présentés au concours. Avant d'aborder
ces résultats chiffrés, nous préciserons quelques points relatifs à l'organisation du concours.

2.1 - OPERATIONS DE SELECTION ET DE CONTROLE,:

Des opérations de sélection, organisées dans tous les postes d'élevage du département, ont permis de réunir
des animaux de toute provenance. .

Parmi les troupeaux pré-sélectionnés par les représentants du service de l'Elevage, les animaux les plus re-
présentatifs ont été retenus pour concourir à N'gaoundérê. .

Les animaux retenus ont ensuite été acheminés vers la Station de Wakwa où au cours de la semaine qui
a précédé le concours, les opérations de contrôle suivantes ont été effectuées :

- Repérage des animaux par marquage léger au feu;


-- Evaluation de fige par abouchement;
- Pesée en kg;
- Mensuration (périmètre thoracique en cm).

Ces renseignements ont été récapitulés pour permettre au Jury de disposer d'éléments objectifs d'apprécia-
tion. Ces données nous permettent également de présenter quelques résultats moyens sur les animaux .du concours.

2.2 - RACES - CATEGORIES - REPRESENTATION:

Pour tenir compte de la diversité des animaux et pour simplifier les comparaisons, il a été convenu de faire
concourir les animaux en trois séries distinctes correspondant à des types relativement homogènes :
a) - Les zébus Foulbé de type N'gaoundéré,
b) - Les zébus M'bororo,
c) - Les zébus de l'Ouest (essentiellement Foulbé de type Banyo et Yola),
Trois catégories ont été retenues pour chaque série précitée: .
a) - Géniteurs mâles : Taureaux 'présentés individuellement;
b) - Génisses: Femelles de 2à 4 ans n'ayant-pas vêlé, présentées par lot de 5 à 10 têtes.
c) - Boeufs: Animaux castrés adultes présentés par lot de 5 à 10 têtes.

Au total 789 animaux ont été présentés suivant la répartition produite au tableau 1 ci-dessous, par catégo-
rie et par origine géographique;
Tableau, 1- Répartition des animaux présentés. au concours agricole bovin de N'gaoundéré (novembre 1968)

Arrondissement d'origine
Catégories Total
Ngaoundéré Meiganga Tignere Tibati Banyo

Géniteurs mâles 38 8 2 8 2 58
Génisses 304 40 29 34 - 407
Boeufs 162 56 9 25 15 267

Total "concours". 504 104 40 67 17 732 "

"Hors concours" 57 - - - - 57
Total général 561 \04 40 67 17 789
529

Parmi les animaux présentés par les éleveurs traditionnels (animaux hors-concours exclus), la répartition
est donc inégale suivant les arrondissements : ' ,

N'gaoundéré 504 soit 69 p.100 du total présenté.


Meiganga 104 " 14 p.100 du " ".
Tdgnere 40 " 5 p.100 du " "
Tibati 67 " 9 p.100 du " "
,Banyo 17 " 3 p.100 du " "
Ces effectifs représentent des participations relatives assezminimes (comparées à l'effectif total estimé par
arrondissement) :

Participa~ion relative
Arrondissement Effectif total estimé (p. 1000)

Ngaoundéré 400.000 1,26


, Meiganga 300.000 0;35
Tignère 40.000 1
Tibati - 50.000 1,34
Banyo 170.000 0,1
,

Les animaux contrôlés.â l'occasion de ce concours ne représentent donc qu'une faible proportion (inférieu-
re à 1 pour mille) du cheptel bovin de l'Adamaoua; toutefois, ils constituent un échantillon intéressant des trou-
peaux de la région, sachant qu'il s'agit d'une sélection parmi l'élite de ces troupeaux.

2.3 - PERFORMANCES PONDERALES:

Nous présentons ci-dessous les performances pondérales moyennes et extrêmes enregistrées par categorie
et par provenance géographique à l'occasion du concours:

2.3.1 - Géniteurs Mâles:

Au tableau 2 ci-dessous, nous présentons les résultats observés pour les taureaux :

Tàbleau Il

Poids observés chez les taureàùx (concours bovin)

Provenance - Ngaoundéré Meiganga Ouest Total


\

Effectif présenté 38 8 10 56

Poids (kg) Maximum 669 591 558 669


Mi«[Link] 436 477 412 412
Moyen 551,3 552,3 493,6 541,1

Cette représentation n'est donc pas très significative, sauf pour les taureaux de N'gaoundéré au nombre de
38. il semble qu'en règle générale, les éleveurs aient montré quelque- réticence à déplacer et à présenter leurs géni-
teurs les plus lourds.
530

Nous remarquons cependant que :

- Les éleveurs M'bororo '(Meiganga) ont présenté des géniteurs aussi lourds en moyenne que ceux présentés par
, les éleveurs Foulbé de N'gaoundéré;-

- Les taureaux présentés par les éleveurs de l'Ouest étaient en moyenne les moins lourds. Il faut noter à ce propos,
que les quelques géniteurs de type Foulbé de Banyo étaient d'un format et d'un poids supérieurs à la moyenne de
l'Ouest.

2.3.2 .- Catégories Génisses:

Les génisses ayant été "abouchées", ont pu être classées par groupe d'âge. Nous présentons au tableau 3
"ci-dessous, les résultats moyens observés dans cette catégorie par provenance et par groupe d'âge ~

Tableau III

Poids moyens observés chez les génisses (concours bovin)

Provenance
l, Groupes d'âge Total
(d'après les incisives) , Tignère
Ngaoundéré Mei'ganga
Tibati

8 dents
Nombre 48 '7 9 64
Poids moyen 400,7 406,6 356,2 395',1

6 dents
Nombre 124 10 24 158
Poids moyen 361,2 349,9 323,6 354,8

4 dents
Nombre 103 9 24 136
Poids moyen' 336,8 322,2 296,1 328,6

o et 2 dents
Nombre 29 14 6 49
Poids moyen 323,8 289,5 290 309,9

(Nombre - 304 40 63 407


Total 332,5 314,6 347
(Poids mOYEm 355,6

Nous remarquons donc que, pour cette catégorie, les animaux Foulbé de type Ngaoundéré étaient les plu')
lourds (355,6 kg en moyenne); les génisses M'bororo venaientensuite avec 332,5 kg en moyenne.

Les génisses de l'Ouest étaient les plus légères. Ces résultats reflètent également une meilleure précocité chez
les zébus Foulbé du type N'gaoundéré. '

2.3.3. - Gatégories boeufs:

Pour lés boeufs-présentés, les résultats observés (poids moyen et poids extrêmes) sont 'reproduits au tableau 4.

(Voir Tableau 4 page suivante)


531

Tableau IV

Poids moyens observés chez les baw'fs (concours bovin)

Provenance Ngaoundéré Meiganga Ouest Total -

Effectif présenté 183 56 39 278

Po Ld.s (kg) Maximum 693 680 623 693


Minimum 406 387 335 335
Poids moyen 523,8 546,5 461,2 519~6

Nous remarquons donc que les éleveurs M'bororo ( Meiganga ) ont présenté les boeufs les plus lourds en
moyenne. Ceux de N'gaoundéré viennent ensuite, puis ceux de l'Ouest.

Il faut cependant signaler que le poids maximal revient à un boeuf Foulbé.de type N'gaoundéré,et que de
plus, les meilleurs lots étaient également de ce type : - 1 lot hors-concours de Il têtes. poids moyen 626,6 kg.
- 1 lot de 16 têtes. poids moyen 612 kg.

Enfin, parmi les boeufs de l'Ouest, ceux de type Banyo étaient nettement les plus lourds (I lot de 5 boeufs :
poids moyen 550 kg.).

2.4 - CONCLUSIONS DE LA COMPARAISON DES PERFORMANCES PONDERALES:

Les animaux présentés au Concours Bovin de N'gaoundéré constituent un échantillon de l'élite de l'élevage de
l'Adamaoua.

. Les contrôles effectués- sur cet échantillon permettent de conclure de la façon suivante :

a) - Dans toutes les catégories, les animaux les plus lourds provenaient soit des élevages M'bororo de l'arrondissement
de Meiganga, soit des élevages Foulbé (type N'gaoundéré); .

b) - A âge comparable, la supériorité pondérale revenait aux animaux Foulbé de type lN'gaoundéré (Cf.Génisses), ce
qui traduit une précocité supérieure de cette race comparée aux zébus M'bororo, dans leurs conditions d'élevage res-
pectives;

c) - Les animaux en provenance de l'ouest du département étaient les plus légers. Les zébus Foulbé du type Banyo
se classaient en tête des animaux de l'ouest.

*
* *
532

III - LE ZEBU FOULBE - TYPE N'GAOUNDERE (Données complémentaires) :

La sélection de la race locale Foulbé-N'gaoundéré a été entreprise à la Station de [Link] depuis 1965. Les
effectifs d'animaux de cette race se sont donc accrus progressivement sur la Station pour permettre le développement
du programme de sélection.

Les informations réunies sur ces animaux nous permettent donc de préciser les performances de la race
Foulbé;

Nous pouvons présenter en particulier des mensurations moyennes calculées' d'après plusieurs séries d'obser-
vations effectuées sur les taureaux Foulbé d'une part, et sur des vaches en reproduction d'autre part. Au tableau 5
ci-dessous, nous présentons ces valeurs moyennes établies sur 13 taureaux et 25 vaches :

Tableau v

Mensurations moyennes race Foulbé - N'gawndéré

Mensurations Taureaux Vaches

Poids (kg) 563 335,4


Hauteur de la 'troupe (cm) 142;2 131,8
Hauteur au garrot 132,8 123,2
Hauteur au passage' de sangles 62,7 59,7
.Longueur du bassin 58,1 48,3
Largeur du bassin 50,6 43,6
Longueur scapulo-ischiale 178,5 145,2-
Périmètre thoracique 193,9 169,6
Longueur de la tête 58,6 51,9
Largeur de la tête 27,6 20,5

JI s'agit, pour les taureaux en particulier, d'animaux sélectionnés, mais chez les taureaux comme chez les va-
ches, les 'échantillons considérés comprenaient des animaux a~sez jeunes (3 à 4 ans) dont le développement corporel
n'était pas vraiment terminé,

Il nous est difficile de donner une courbe de croissance précise pour ces animaux, car les premiers veaux de
race locale sont nés sur la Station en 1966 et" n'ont actuellement que trois ans. ' . ,

A titre indicatif" nous pouvons proposer au tableau 6 ci-dessousç certaines normes-qui ont été établies sur
des observations nombreuses pour les animaux les plus jeunes, mais moins nombreuses
, , ,. .
pour les plus âgés :,

Tableau VI
Croissance moyenne des veaux Foulbé (Station de Wakwal
Mâles Femelles
Ages Poids
Poids Extrêmes Extrêmes
lIIoyen moyen
(kg) (kg)

Naissance
"

2'4,5 - 23,4 -
Sevrage (8 mois) 143 - 133 -
1 an 155 100 - 215 141 95 - 190
2 ans 210 140 - 270 196 130 - 250
3 ans 330 (220)- 400 307 240 - 350
533

Pour les poids à 1 an, 2 ans et 3 ans, nous avons porté les maximums et minimums observés en regard de la
moyenne. Nous remarquons que. la variabilité est assez importante surtout chez les mâles.

Les poids maximaux présentés donnent une idée des possibilités de cette race. L'objectif de la sélection est de
déplacer progressivement les performances moyennes de la population vers ces performances supérieures.

Ces quelques résultats confirment donc les conclusions de ce qui précède (parties 1 et II) c'est-à-dire l'inté-
rêt zootechnique des animaux Foulbé de typeN'gaoundéré; il s'agit, en effet, d'une race dont le potentiel génétique'
paraît largement suffisant pour justifier une opération impurtante de sélection qui, si elle est poursuivie assez long-
temps et avec des moyens suffisants, pourrait classer ce zébu camerounais parmi les races amélioratrices de zone
d'élevage extensif.

*
* *

IV - CONCLUSION GENERALE:

Au cours de cette brève étude sur les races de l'Adamaoua, nous avons rappelé les caractéristiques des types
d'animaux rencontrés. Un rappel rapide des essais d'introduction de races étrangères nous amène à conclure que ces
opérations ne peuvent réussir que dans des conditions bien particulières, et que cette méthode d'amélioration ne sem-
ble pas parfaitement adaptée au niveau d'élevage actuel dé l'Adamaoua.

L'analyse des résultats enregistrés à l'occasion du Concours Agricole Bovin de N'gaoundéré (novembre
1968) nous permet de préciser le potentiel zootechnique des différents groupes d'animaux de la région. Ces observa-
tions ne portent que sur une proportion minime des populations bovines concernées et, en fait, l'échantillon consi-
défé est représentatif de l'élite des troupeaux et non de la moyenne. Les conclusions proposées n'ont donc aucun
caractère absolu, mais elles constituent plutôt une première approche du problème.

La troisième partie en apportant quelques précisions sur les possibilités de la race Foulbé en Station justifie
l'intérêt de l'opération de sélection entreprise à Wakwa.

*
* *
Lhoste Philippe. (1969).
Les races bovines de l'Adamaoua.
In : Colloque sur l'élevage.
Maisons-Alfort : IEMVT, p. 519-533.
Colloque sur l'Elevage, Fort-Lamy (TCD), 1969.

Vous aimerez peut-être aussi