Analyse de base I : Nombres réels et topologie
Analyse de base I : Nombres réels et topologie
3
3.4.1 Théorèmes généraux de continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3.4.2 Propriétés fondamentales des fonctions continues . . . . . . . . . . . . . 38
3.5 Propriétés des fonctions monotones . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.6 Continuité uniforme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
4 Dérivation 43
4.1 Fonction dérivée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
4.2 Calcul de dérivées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
4.2.1 Dérivées usuelles : récapitulation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
4.3 Dérivées successives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
4.4 Théorème de Rolle et des accroissements finis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
4.5 Fonctions convexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
Chapitre 1
∀x ∈ R, x + (−x) = (−x) + x = 0
∀x ∈ R, x.x−1 = x−1 .x = 1
x(y + z) = xy + xz
et
(y + z)x = yx + zx
1
Nombres réels,Topologie de R
[Link] 2
L’ensemble R possède cette propriété d’être muni d’une relation d’ordre "inférieur ou égal" et
cette relation d’ordre est même totale. On rappelle que ceci signifie en particulier que cette
relation d’ordre est
— réflexive, en effet pour tout x : x 6 x,
— antisymétrique si x 6 y et y 6 x alors x = y,
— transitive x 6 y et y 6 z alors x 6 z.
et n n
Y Y
(∀i ∈ {1, · · · , n}, 0 6 xi 6 yi ) ⇒ xi 6 yi .
i=1 i=1
Nombres réels,Topologie de R
[Link] 3
0 6 x 6 y ⇒ xn 6 y n .
Définition 1.1.1. On appelle valeur absolue de x ∈ R le réel, noté |x|, défini par
®
x si x > 0
|x| =
−x si x 6 0.
Donc la valeur absolue de x est x lui-même si x > 0, par contre si x est négatif alors la valeur
absolue de x est −x.
(comme x est négatif alors −x est positif).
y
y = |x|
0 1 x
C’est une fonction paire, son graphe est symétrique par rapport à l’axe des ordonnées.
Démonstration.
or
2xy 6 2|xy| = 2|x||y|
alors
|x + y|2 6 |x|2 + |y|2 + 2|x||y| = (|x| + |y|)2
de plus,
|x + y| > 0 et |x| + |y| > 0
alors
|x + y| 6 |x| + |y|.
Pour l’inégalité triangulaire , on a égalité si et seulement si x et y sont de même signe.
2ème méthode :
Démonstration.
−|x| 6 x 6 |x| et − |y| 6 y 6 |y|
alors
− (|x| + |y|) 6 x + y 6 |x| + |y|
donc
|x + y| 6 |x| + |y|
2. Sur la droite numérique, |x−y| représente la distance entre les réels x et y , en particulier
|x| représente la distance entre les réels x et 0.
|x| |x − y|
| | |
0 x y
∀a ∈ R, ∃n ∈ IN∗ tq n > a.
Corollaire 1.1.1. ∀(a, b) tel que a > 0, il existe un entier n tel que na > b.
Proposition 1.1.2. Pour tout x ∈ R, il existe n ∈ ZZ unique tel que :
n 6 x < n + 1;
k 6 x < k + 1 et ` 6 x < ` + 1
donc
k 6x<`+1
on a aussi
`<k+1
donc
`−1<k <`+1
Ainsi
k = `.
∀x ∈ A, x 6 M.
∀x ∈ A, m 6 x.
- On dit que A est majorée (resp. minorée) dans R si et seulement si’il existe au moins un
majorant (resp. un minorant) de A dans R.
Nombres réels,Topologie de R
[Link] 6
0 = u1 1
2 = u2 u3 u4u5 1
1. min A = 0
1
En effet, u1 = 0 donc 0 ∈ A de plus, un = 1 − n
> 0 = u1 (pour tout n > 1)
2. A n’a pas de plus grand élément
En effet, Supposons qu’il existe un plus grand élément α = max A
Alors un 6 α, pour tout un . Ainsi 1 − n1 6 α
Lorsque n → +∞ cela implique α > 1
Comme α est le plus grand élément de A alors α ∈ A
Donc il existe n0 tel que α = un0
Mais alors α = 1 − n10 < 1
Contradiction avec α > 1. Donc A n’a pas de maximum
Ainsi, une partie de R même majorée n’admet pas forcément de plus grand élément. De même,
une partie de R même minorée n’admet pas forcément de plus petit élé[Link] va donc intro-
duire les notions de borne supérieure et borne inférieure.
Définition 1.1.2. On appelle borne supérieure de A dans R le plus petit des majorants de A
dans R. Si cet élément existe, il est noté sup(A) ou supR (A) et on appelle borne inférieure de
A dans R le plus grand des minorants de A dans R. Si cet élément existe, il est noté inf(A) ou
inf R (A).
Nombres réels,Topologie de R
[Link] 7
∀x ∈ A, x 6 α et ∀ε > 0, ∃x ∈ A tq α − ε < x
∀x ∈ A, β 6 x et ∀ε > 0, ∃x ∈ A tq x < β + ε
Théorème 1.1.5. Toute partie non vide majorée (resp. minorée de R admet une borne supé-
rieure (resp. une borne inférieure ) dans R.
Cette propriété est en fait à la base de la construction de R, largement hors programme, donc
admise.
¶ ©
Exemple 1.1.3 (A = un = 1 − 1
n
| n ∈ N∗ ). 1. inf A = min A = 0 (min A représente le plus
petit élément de A).
2. Première méthode pour sup A = 1
— M majorant de A =⇒ M > 1 − n1 pour tout n > 1 =⇒ M > 1
— L’ensemble des majorants de A : [1, +∞[
3. Deuxième méthode
(i) si x ∈ A, alors x 6 1
1
(ii) pour tout y < 1, il existe x ∈ A tel que y < x : pour n tel que 0 < n
< 1 − y alors
y < 1 − n1 < 1 donc x = 1 − n1 ∈ A convient
Remarque 1.1.1. Ce théorème n’est pas vrai dans lQ, prenons l’exemple :
A = {x ∈ lQ/x2 < 2}
A est une partie non vide de R majorée mais A n’admet pas de borne supérieure dans lQ.
1.2 Topologie de R
1.2.1 Intervalle
Définition 1.2.1. Une partie A de R est dite intervalle si pour tout x, y de A, tout élément z
de R tel que x 6 z 6 y appartient à A.
- ] − ∞, +∞[= R
Les intervalles [a, b[, ]a, b], ] − ∞, a], [a, +∞[ sont appelés intervalles semi-ouverts ou intevalles
semi-fermés.
Les intervalles ]a, b[, ]a, +∞[, ] − ∞, a[, ] − ∞, +∞[ sont appelés intervalles ouverts.
Les intervalles [a, b], ] − ∞, a], [a, +∞[ sont appelés intervalles fermés.
Les réels a, et b sont appelés extrémités de l’intevalle.
1.2.2 Voisinages
Définition 1.2.2. Soit a un point de R. On dit qu’une partie V de R est un voisinage de a si
V contient un intervalle ouvert contenant a. On note V(a) l’ensemble de tous les voisinages de
a.
Définition 1.2.4. On dit que B ⊂ R est un fermé (ou partie fermée) de R si CRB est un ouvert
de R.
Proposition 1.2.1. L’intérieur d’une partie A de R est un ouvert de R et c’est le plus grand
ouvert de R contenu dans A.
Propriétés élémentaires
Vérifier que si A et B sont des parties de R, on a :
◦ ◦
1. Si A ⊂ B alors A⊂B .
˚ ◦ ◦
2. A
˚ ∩ B =A ∩ B
˚ ◦
3. A
˚ ∪ B ⊃ Å∪ B
4. Donner un exemple où l’inclusion de 3) est stricte.
Définition 1.2.6. Soit A une partie de R, on dit qu’un point x ∈ R est extérieur à A s’il existe
un voisinage de x dans R ne rencontrant pas A.
L’ensembles points extérieurs à A s’appelle l’extérieur de A et on le note Ext(A).
˚
A
Remarque 1.2.1. Ext(A) = CR ˆ
Définition 1.2.7. Soit A une partie de R, on dit qu’un point x ∈ R est adhérent à A si tout
intervalle centré en x dans R rencontre A.
L’ensembles points adhérents à A s’appelle l’adhérence de A et on le note Ā.
Proposition 1.2.2. L’adhérence de A est fermé et c’est le plus petit ensemble fermé de R
contenant A. En particulier A est fermé si et seulement si A = Ā.
Exemple 1.2.4. Montrer que l’adhérence des ensembles de la forme [a, b], [a, b[, ]a, b[ et ]a, b[
est l’intervalle de la forme [a, b].
Définition 1.2.8. Soit A une partie de R, on dit qu’un point x ∈ R est un point frontière de
A si tout voisinage de x dans R rencontre à la fois A et son complémentaire.
La frontière deA est l’ensemble des points frontières de A et on le note F r(A) ou ∂A
On remarque que :
¯A
1. ∂A = Ā ∩ C”R , et donc la frontière de A est une partie fermée de R.
◦
2. A⊂ A ⊂ Ā.
◦
3. R = Ext(A) ∪ F r(A)∪ A et ces trois ensembles sont deux à deux disjoints.
Nombres réels,Topologie de R
[Link] 10
Chapitre 2
2.1 Définitions
Définition 2.1.1. Une suite réelle est une application u : IN → R. On note cette application
sous forme indicielle :
(un )n ou (un ).
On note S(R) l’ensemble des suites réelles.
Remarques 2.1.1. 1. On dirra qu’une application définie à partir d’un certain rang n0 est
aussi une suite.
2. Attention, la notation (un ) désigne une suite, c’est à dire un élément de S(R) alors que un
désigne un terme de la suite, c’est à dire un ∈ R.
Définition 2.1.2. On définit les lois suivantes sur l’ensemble des suites :
- Addition : (un ) + (vn ) = (un + vn );
11
Suites réelles [Link] 12
Remarques 2.1.2. BIEN ENTENDU, une suite n’est pas nécessairement [Link] ne
verra donc jamais de raisonnement du type si la suite est croissante, alors . . . . . . . . . . . . . . .
et si la suite est décroissante alors......
Définition 2.1.5. On dit qu’une propriété p(n) est vérifiée à partir d’un certain rang si et
seulement si ∃N ∈ IN tel que ∀n > N , la propriété p(n) est vraie.
Remarques 2.2.1. 1. On peut étendre la notion de limite d’une suite à R̄ (on dit que (un )
diverge vers +∞ ou −∞) :
Théorème 2.2.1. Si la limite d’une suite existe alors elle est unique.
Théorème 2.2.2. Toute suite convergente est bornée, autrement dit : soit (un ) une suite réelle,
si ∃l ∈ R tel que lim un = l, alors :
n→+∞
Posons alors
M = max(u0 , u1 , ..., uN , 1 + |l|)
M existe puisque c’est le maximum d’une partie finie de R.
On en déduit que la suite (un ) est bornée.
Théorème 2.2.3. Soit une suite (un ) qui converge vers une limite l ∈ R et (k, k 0 ) ∈ R.
1. Si l > 0 alors cette suite est à termes strictement positifs à partir d’un certain rang.
2. Si k < l alors il existe un rang N1 ∈ IN tel que :
l−k
pour ε = ,
2
l−k
∃N1 ∈ IN, ∀n > N1 , |un − l| 6 <l−k
2
alors
k − l < un − l < l − k
donc un > k.
k0 − l
La démonstration est analogue en prenant k = 0 dans le premier cas, en prenant ε =
2
dans le troisième cas et en prenant N = max(N1 , N2 ) dans le dernier cas.
Alors l 6 l0 .
Suites réelles [Link] 14
l+l0
Démonstration. Par contraposée, supposons l > l0 et introduisons le milieu a = 2
. Puisque
lim un = l > a,
n→+∞
lim vn = l0 < a
n→+∞
Remarques 2.2.2. Même si l’on a des inégalités strictes dans (H1 ), on ne peut obtenir que
des inégalités larges après passage à la limite.
Théorème 2.2.5. On considère trois suites (un ), (vn ) et (wn ) telles que :
(H1 ) vn 6 un 6 wn à partir d’un certain rang ;
(H2 ) les suites encadrentes (vn ) et (wn ) convergent vers la même limite l ;
alors la suite (un ) converge vers l.
De même, si :
(H1 ) vn 6 un (à partir d’un certain rang) ;
(H2 ) lim vn = +∞;
n→+∞
alors lim un = +∞.
n→+∞
De même, si :
(H1 ) un 6 wn (à partir d’un certain rang) ;
(H2 ) lim wn = −∞;
n→+∞
alors lim un = −∞.
n→+∞
∀n > N1 , vn 6 un 6 wn
donc
∀n > N2 ; l − ε 6 vn 6 l + ε et ∀n > N3 ; l − ε 6 wn 6 l + ε
On pose N = max(N1 , N2 , N3 ) alors pour n > N , on a
vn 6 un 6 wn
avec
vn > l − ε et wn 6 l + ε
donc
∀n > N, l − ε 6 un 6 l + ε
Ainsi (un ) converge vers l.
Suites réelles [Link] 15
4. Supposons que la suite (un ) converge vers 0 et que la suite (vn ) est bornée, montrons que
la suite (un vn ) converge vers 0.
Soit ε > 0, cherchons N ∈ IN tel que ∀n ∈ IN, n > N ⇒ |un vn | 6 ε
Par hypothèse, il existe M ∈ R tel que ∀n ∈ IN, |vn | 6 M.
ε
De plus, (un ) converge vers 0 alors pour ,
M
ε
∃N ∈ INtel que ∀n ∈ IN, n > N ⇒ |un | 6
M
alors
ε
∀n ∈ IN, n > N ⇒ |un vn | 6 M =ε
M
et donc (un vn ) converge vers 0.
5. Supposons que la suite (un ) converge vers l et que la suite (vn ) converge vers l0 , montrons
que (un vn ) converge vers ll0 .
∀n ∈ IN, on pose wn = un − l, (wn ) converge vers 0.
On a
∀n ∈ IN, un vn = (l + wn )vn = lvn + wn vn
or (lvn ) converge vers ll0 et (wn vn ) converge vers 0 puisque (wn ) converge vers 0 et (vn )
bornée.
donc (un vn ) converge vers ll0 .
1 1
6. Si l0 6= 0, la suite ( ) converge vers 0 .
vn l
En effet, puisque (vn ) converge vers l0 6= 0 alors (|vn |) converge vers |l0 | > 0
|l0 | |l0 |
or |l0 | > alors ∃N ∈ IN tel que ∀n > N, |vn | > or
2 2
1 1 |vn − l0 | 2
06| − 0| = 0
6 0 2 |vn − l0 |
vn l |vn ||l | |l |
2 1 1
comme 0
|vn − l0 | → 0 alors − 0 → 0.
|l |2 vn l
1 1
Alors la suite ( ) converge vers 0 .
vn l
un+1 = un + r.
Autrement dit, on passe d’un terme de la suite au suivant en ajoutant toujours le même nombre
r.
Méthode : Pour démontrer qu’une suite est arithmétique, il faut montrer que pour tout entier
naturel n, la différence un+1 − un est un réel r constant.
Suites réelles [Link] 17
2. or, u4 = u1 + (4 − 1) × r = 1 + 3 × 2 = 7,
3. S4 = 4 × 1+72
= 16.
i=0
Théorème 2.5.1. Toute suite extraite d’une suite convergeant vers une limite l est une suite
convergeant vers l.
Démonstration. Soit (un ) une suite qui converge vers l ∈ R et (uφ(n) ) une suite extraite de (un ).
Montrons que (uφ(n) ) converge vers l.
Soit ε > 0, cherchons N ∈ IN tel que ∀n ∈ IN, φ(n) > N ⇒ |uφ(n) − l| 6 ε, on
d’où le résultat.
Lemme 2.5.2. Soit une suite (un ). On suppose qu’il existe deux suites extraites (vn ) et (wn )
de (un ) telles que :
(H1 ) (vn ) converge vers a ;
(H2 ) (wn ) converge vers b ;
(H3 ) a 6= b.
Alors la suite (un ) est divergente
Démonstration. Supposons que (un ) est convergente. Puisque (vn ) est une suite extraite qui
converge vers a alors (un ) converge vers a. De même, puisque (wn ) est une suite extraite qui
converge vers b alors (un ) converge vers b impossible puisque la limite, lorsqu’elle existe, est
unique.
Donc (un ) diverge.
Théorème 2.5.2. La suite (un ) converge vers l si et seulement si Les deux suites extraites
(u2n ) et (u2n+1 ) convergent vers la même limite l ∈ R.
Supposons maintenant que (u2n) et u2n+1 deux suites extraites de (un ) qui convergent vers
l ∈ R. Montrons que (un ) converge vers l.
Soit ε > 0, cherchons N ∈ IN tel que ∀n ∈ IN, n > N ⇒ |un − l| 6 ε
Pour ce ε
∃N1 ∈ IN, ∀p ∈ IN, p > N1 ⇒ |u2p − l| 6 ε
et
Théorème 2.6.2. Soit (un ) une suite décroissante. On a les deux possibilités suivantes :
1. Si (un ) est minorée, alors (un ) converge vers une limite finie ;
2. Si (un ) n’est pas minorée, alors (un ) diverge vers −∞.
Exemples
1 1 1
un = 1 + 22
+ 32
+ ··· + n2
1
— (un ) est croissante : un+1 − un = (n+1) 2 > 0
1
— Montrons par rrrence que un 6 2 − n
— u1 = 1 6 2 − 11
1
— Fixons n > 1 pour lequel on suppose un 6 2 − n
1 1 1
— un+1 = un + (n+1) 2 6 2 − n + (n+1)2
1 1 1 1
— Or (n+1) 2 6 n(n+1) = n − n+1
1
— Donc un+1 6 2 − n+1
— Ce qui ach la rrrence
— (un ) est croissante et majorar 2 : elle converge
Suite harmonique
un = 1 + 12 + 13 + · · · + 1
n
Calculons limn→+∞ un
1
— La suite (un ) est croissante : un+1 − un = n+1
>0
Suites réelles [Link] 21
Définition 2.6.1. Soient (un ) et (vn ) deux suites réelles. On dit qu’elles sont adjacentes si et
seulement si
1. les deux suites sont monotones de sens contraire ;
2. La suite (vn − un ) converge vers 0.
Démonstration. Soit (un ) et (vn ) deux suites adjacentes. Montrons que ∀n ∈ IN, un 6 vn Soit
m > n. Par monotonie, on a um > un et vm > vn donc vn − un > vm − um , A la limite quand
m → +∞ on obtient vn − un > 0. Ainsi ∀n ∈ N, un 6 vn Puisque (vn ) est décroissant, on en
déduit que pour tout n ∈ N, un 6 vn 6 v0 . La suite (un ) est donc majorée et puisqu’elle est
aussi croissante, elle converge vers une limite l ∈ R De plus vn = un + (vn − un ) qui converge
vers l, ainsi (un ) et (vn ) convergent vers une même limite l. Et puisque (un ) est croissante et
(un ) converge vers l, on a ∀n ∈ IN, un 6 l et aussi puisque (vn ) est décroissante et (vn ) converge
vers l on a ∀n ∈ IN, vn > l donc
∀n ∈ IN, un 6 l 6 vn
.
Corollaire 2.6.1 (Théorème des segments emboes). Soit (In )n∈IN une suite de segments :
In = [an , bn ] tels que :
(H1 ) Ils sont emboités : ∀n ∈ IN, In+1 ⊂ In ;
(H2 ) Leur diamètre tend vers 0 : lim (bn − an ) = 0.
n→+∞
Alors il existe un réel l ∈ R tel que :
\
In = {l}
n∈IN
Corollaire 2.6.2. Soit un segment [a, b] et une suite (xn ) de points de ce segment. Alors il
existe une suite extraite de la suite (xn ) qui converge vers un point l ∈ [a, b].
Théorème 2.7.2. Toute suite réelle de Cauchy est convergente. On dit dans ce cas que R est
complet.
− La suite (un ) est dominée par la suite (vn ) et l’on note un = O(vn ) lorsque
si la suite (vn ) ne s’annule pas, c’est équivalent à dire que la suite (un /vn ) est bornée.
Suites réelles [Link] 23
Définition 2.8.2. On dit que deux suites (un ) et (vn ) sont équivalentes lorsque
un − vn = o(vn )
Théorème 2.8.1. Soient quatre suites (un ), (an ) et (vn ), (bn ) vérifiant
un ∼ an et vn ∼ bn alors :
1. un vn ∼ an bn ;
un an
2. ∼ (si vn et bn ne s’annulent pas) ;
vn bn
3. ∀α ∈ R, uαn ∼ aαn (pour des suites à termes positifs).
2. Si lim un = l et l 6= 0, alors un ∼ l.
n→+∞
Théorème 2.8.3 (Comparaison logarithmique). Si (un ) et (vn ) sont deux suites à termes
un+1 vn+1
stricltement positifs et si, à partir d’un certain rang, 6 alors un = O(vn ).
un vn
Ç å
un+1 vn+1 un
Démonstration. Soit un rang n0 ∈ R, supposons que ∀n > n0 , 6 alors la suite
un vn vn
u0
est décroissante, donc majorée par et minorée par 0.
v0
cette suite est alors bornée d’oú un = O(vn ).
En particulier, si (un ) est á termes strictement positifs et s’il exite k ∈ R∗+ tel qu’á partir d’un
un+1
certain rang, 6 k, alors un = O(k n ).
un
Si 0 < k < 1, lim k n = 0, donc (un ) converge vers 0.
+∞
On a
Démonstration. On a
nα
lim β
= lim nα−β = 0
n
car
α − β < 0.
nα
Démonstration. Posons un = n .
a
un+1 1
La suite ( ) converge vers
un a
1 1 un+1
or < 1. Soit k ∈] , 1[, alors á partir d’un certain rang, ( )<k
a a un
d’oú d’aprés le théoréme de comparaison logarithmique, un = o(k n )
Alors lim un = 0 et par suite nα = o(an ).
Démonstration. On a
an Å ãn
a
0 n =
a a0
puisque Å
aã an
< 1, lim = 0.
a0 a0 n
∀a > 1, an = o(n!)
an
Démonstration. Posons un = .
n!
un+1
La suite ( ) converge vers 0
un
un+1 1
alors á partir d’un certain rang, ( )<
un 2
1
d’oú un = O( )
2n
donc lim un = 0 ie an = o(n!).
n! = o(nn )
n!
Démonstration. Posons un = n .
n
un+1 1
La suite ( ) converge vers
un e
un+1 1
alors á partir d’un certain rang, ( )<
un 2
1
d’oú un = O( )
2n
donc lim un = 0 ie n! = o(nn ).
Démonstration. On a
(ln n)α
Ç
= exp(α ln(ln n) − β ln n)
nβ
Suites réelles [Link] 25
or
ln(ln n)
α ln(ln n) − β ln n = ln n(−β + α
ln n
On sait que
ln x
lim =0
x→+∞ x
Théorème 2.8.4 (Comparaison des suites usuelles). Si α > 0, β > 0, a > 1 alors
Définition 2.9.1. Soit J ⊂ R un intervalle de R. On dit que J est stable par f si et seulement
si f (J) ⊂ J.
3.1 Vocabulaire
On suppose que les fonctions qui interviennent ici sont définies sur un intervalle I de R. L’en-
semble des fonctions de I dans R se note F(I, R)
Théorème 3.1.1. Dans F(I, R) on définit les lois suivantes :
1. - Addition : si (f, g) ∈ F(I, R)2 , on définit l’application (f + g) ∈ F(I, R) par :
27
Fonctions d’une variable réelle [Link] 28
3. On dit qu’une fonction f est bornée si et seulement si elle est majorée et minorée.
y
M
∃M > 0 ∀x ∈ I, | f (x) |6 M.
∀x ∈ R, −1 6 sin(x) 6 1.
Définition 3.1.3. Soit A ⊂ R une partie de R et x ∈ R. On dit que le point x est adhérent à
la partie A si et seulement si
Remarque 3.1.2. Lorsque A est un intervalle, les points adhérents à A sont les éléments de
A et les extrimités de l’intervalle.
M = max f (x)
x∈I
m = min f (x)
x∈I
Fonctions d’une variable réelle [Link] 29
Exemple 3.1.2. On prend la fonction cos sur I = R. On a cos(x) 6 1∀x et cos(0) = 1, donc
1 est un maximum de cos.
Définition 3.1.5. On dit que M = f (a) est un extremum local de f si et seulement si il existe
un voisinage V de a tel que la restriction de f à ce voisinage présente en a un extremum.
Définition 3.1.6. On dit que f est croissante sur I si et seulement si
∀(x, y) ∈ I 2 , x 6 y ⇒ f (x) 6 f (y).
On dit que f est décroissante sur I si et seulement si
∀(x, y) ∈ I 2 , x 6 y ⇒ f (x) > f (y).
On dit que f est monotone si et seulement si elle est croissante ou décroissante.
On dit que f est strictement croissante sur I si et seulement si
∀(x, y) ∈ I 2 , x < y ⇒ f (x) < f (y).
On dit que f est strictement décroissante sur I si et seulement si
∀(x, y) ∈ I 2 , x < y ⇒ f (x) > f (y).
Exemple 3.1.3. — La fonction racine carrée
n √
[0, +∞[−→ Rx 7−→ x
est strictement croissante.
— Les fonctions exponentielle exp : R → R et logarithme ln :]0, +∞[→ R sont strictement
croissantes.
R −→ R
— La fonction valeur absolue n’est ni croissante, ni décroissante. Par contre, la
x 7−→ |x|
[0, +∞[−→ R
fonction est strictement croissante.
x 7−→ |x|
Définition 3.1.7. Soit un intervalle I symetrique par rapport à 0. On dit que f est paire si et
seulement si
∀x ∈ I, f (−x) = f (x)
et que f est impaire si et seulement si
∀x ∈ I, f (−x) = −f (x)
Exemple 3.1.4. la fonction f (x) = x2 est paire.
Graphiquement :
— f est paire si et seulement si son graphe est symétrique par rapport à l’axe des ordonnées.
— f est impaire si et seulement si son graphe est symétrique par rapport à l’origine.
y y
x x
Fonctions d’une variable réelle [Link] 30
x2
−1
Définition 3.1.9. Une fonction f est lipschitzienne sur une partie I si et seulement si
∃k > 0 tel que ∀(x, y) ∈ I 2 , | f (x) − f (y) |6 k | x − y |
Proposition 3.1.2. Si f et g sont lipschitziennes sur R alors f og l’est aussi.
ε
`
ε
x0
x
α
√ √
Exemple 3.2.1. — x→x lim x = x0 pour tout x0 > 0,
0
— la fonction partie entière E n’a pas de limite aux points x0 ∈ Z.
y y
E(x)
√
x
√
x0
1 1
0 1 x0 x 0 1 x0 ∈ Z x
Théorème 3.2.2. Toute fonction admettant une limite finie en un point de R̄ est bornée sur
un voisinage de ce point.
∀x ∈]x0 − δ, x0 + δ[ f (x) 6= 0
f (x0 )
x0 − δ x0 x0 + δ
Démonstration. Supposons par exemple que f (x0 ) > 0, le cas f (x0 ) < 0 se montrerait de la
même manière. Écrivons ainsi la définition de la continuité de f en x0 :
Il suffit donc de choisir ε tel que 0 < ε < f (x0 ). Il existe alors bien un intervalle J = I∩ ]x0 −
δ, x0 + δ[ tel que pour tout x dans J, on a f (x) > 0.
¯ Soient deux réels (k, k 0 ) ∈ R2
Théorème 3.2.4. Soit une fonction f : I → R, et un point a ∈ I.
et l ∈ R̄. Si
1. f (x) −→x→a l ;
2. k < l < k 0 ;
Alors, il existe un voisinage V de a sur lequel :
∀x ∈ V, k 6 f (x) 6 k 0
Fonctions d’une variable réelle [Link] 33
x0 x
Ä ä
Exemple 3.2.2. Considérons la fonction f définie sur R∗ par f (x) = x sin x1 . Voyons si f
admet un prolongement par continuité en 0 ?
Comme pour tout x ∈ R∗ on a |f (x)| 6 |x|, alors f tend vers 0 en 0. Elle est donc prolongeable
par continuité en 0 et son prolongement est la fonction f˜ définie sur R tout entier par :
Ä ä
x sin 1 si x 6= 0
f˜(x) = x
0 si x = 0.
Exemple 3.2.3. Certaines fonctions n’admettent pas de limite en a, donc ne peuvent être
prolonger en a.
|x|
Par exemple, la fonction f (x) = définie sur R∗ n’admet pas de limite en 0 :
x
−x
— sur R∗− , f (x) = = −1 donc, lim− f (x) = −1,
x x→0
∗ x
— sur R+ , f (x) = = 1 donc, lim+ f (x) = +1.
x x→0
Alors la fonction f n’est pas prolongeable par continuité en 0.
| f (x) |−→x→a | l |
(f + g) −→x→a l + l0
3. lorsque ll0 n’est pas une forme indéterminée, la fonction (f g) a une limite en a et
Démonstration. La démonstrartion se fait de maniére similaire á celles sur les limites de suites.
Nous donnerons ici un exemple de démonstration en prouvant que si f tend vers une limite `
non nulle en a, alors f1 est bien définie dans un voisinage de a et tend vers 1` .
1 1 |` − f (x)| M
− = 6 |` − f (x)|
f (x) ` f (x)` `
Etant donné ε > 0. On choisit ε0 = (`ε)/M , alors il existe δ > 0 tel que
sur l’intervalle ]a − δ, a + δ[
1 1 M M 0
− < |` − f (x)| < ε =ε
f (x) ` ` `
Donc pour ε > 0, ∃δ tel que
1 1
− <ε
f (x) `
Alors 1/f tend vers 1/`.
Fonctions d’une variable réelle [Link] 35
f (x) −→x→a l
−1 sin x 1
Exemple 3.2.5. 1. Pour tout x ∈ R+∗ , 6 6 .
x x x
Å
−1 ã 1
Å ã Å
sin x ã
2. Or, lim = lim =0 donc : lim = 0.
x→+∞ x x→+∞ x x→+∞ x
3.2.6 Compositions
Théorème 3.2.8. Soient deux intervalles I ⊂ R et J ⊂ R et deux fonctions f : I −→ J, g :
¯ On suppose que :
J −→ R. Soient un point a ∈ I et un point b ∈ J.
H1) f (x) −→x→a b ;
H2) g(y) −→y→b l.
Alors
gof (x) −→x→a l
1 +
Å
1 ã
2. lim (2x + 1) = +∞ lim =0 lim = 0.
x→+∞ x→+∞ X x→+∞ 2x + 1
√ √
3. lim (x + 4) = 4 lim X = 2 lim x + 4 = 2.
x→0 X→4 x→0
Fonctions d’une variable réelle [Link] 36
On en déduit que, pour tout n > N , comme |un − x0 | < δ, on a |f (un ) − f (x0 )| < ε et donc
(f (un )) converge vers f (x0 ).
⇐= On va montrer la contraposée : supposons que f n’est pas continue en x0 et montrons
qu’alors il existe une suite (un ) qui converge vers x0 et telle que (f (un )) ne converge pas
vers f (x0 ).
Par hypothèse, comme f n’est pas continue en x0 :
∃ε0 > 0 ∀δ > 0 ∃xδ ∈ I tel que |xδ − x0 | < δ et |f (xδ ) − f (x0 )| > ε0 .
On construit la suite (un ) de la façon suivante : pour tout n ∈ N∗ , on choisit dans l’assertion
précédente δ = 1/n et on obtient qu’il existe un (qui est x1/n ) tel que
1
|un − x0 | < et |f (un ) − f (x0 )| > ε0 .
n
La suite (un ) converge vers x0 alors que la suite (f (un )) ne peut pas converger vers f (x0 ).
Remarque 3.2.3. On retiendra surtout l’implication : si f est continue sur I et si (un ) est
une suite convergente de limite `, alors (f (un )) converge vers f (`). On l’utilisera intensivement
pour l’étude des suites récurrentes un+1 = f (un ) : si f est continue et un → `, alors f (`) = `.
Définition 3.3.2. On dit que les fonctions f et g sont équivalentes au voisinage du point a
lorsque f − g = o(g), cela revient à dire que :
f (x)
−→x→a 1.
g(x)
¯
Théorème 3.3.1. Soient deux fonctions f, g : I → R et un point a ∈ I.
1. f ∼x→a g et g(x) −→x→a l ⇒ f (x) −→x→a l;
2. f (x) −→x→a l et l 6= 0 ⇒ f ∼x→a l;
f1 g1
3. f1 ∼x→a g1 et f2 ∼x→a g2 ⇒ f1 g1 ∼x→a f2 g2 (et ∼x→a ) ;
f2 g2
4. Soit α ∈ R (indépendant de x). Si f ∼x→a g alors f ∼x→a g α .
α
Graphiquement cela signifie que l’on peut tracer la courbe représentative de f sur l’intervalle
I sans avoir à lever le crayon.
2. Les fonctions dérivables sont continues. (Par contre x 7→ E(x) n’est pas continue tout
x ∈ IN.)
3. Toute fonction obtenue à partir de sommes, produits et quotients (ne s’annulant pas) de
fonctions continues est continue sur son ensemble de définition. f +g, f ×g et fg sont continues
lorsque f et g le sont..
4. Si f : I → J et g : J → R sont continues, alors g ◦ f est continue sur I. (La composée de
fonctions continues est continue.)
5. Si f et g continues sur I, alors |f |, sup(f, g) et inf(f, g) sont continue sur I.
6. Si f continue sur I et J ⊂ I alors f|J est continue sur J. La restriction d’une fonction
continue reste continue.
®
f (x) = x − 3 si x < 2
Exemple 3.4.1. Soit f la fonction définie sur R par :
f (x) = x2 − 5 si x > 2
— f est une fonction polynôme sur l’intervalle ] − ∞; 2[,
elle est donc continue sur ] − ∞; 2[.
— f est une fonction polynme sur l’intervalle ]2; +∞[,
elle est donc continue sur ]2; +∞[.
— Pour démontrer que f est continue sur R, il suffit alors de prouver qu’elle est
continue en 2, c’est à dire que :
lim f (x) = lim f (x) = f (2)
x→2 x→2
x<2 x>2
Or lim f (x) = lim x − 3 = −1 et lim f (x) = lim x2 − 5 = −1.
x→2 x→2 x→2 x→2
x<2 x>2
Donc lim f (x) = lim f (x) = −1
x→2 x→2
x<2 x>2
et f est bien continue sur R.
f (b) y
y f (b)
f (a)
a c1 c2 c3 b x f (a)
a b x
Démonstration. Montrons le théorème dans le cas où f (a) < f (b). On considère alors un réel y
tel que f (a) 6 y 6 f (b) et on veut montrer qu’il a un antécédent par f .
Fonctions d’une variable réelle [Link] 39
Tout d’abord l’ensemble A est non vide (car a ∈ A) et il est majoré (car il est contenu dans
[a, b]) : il admet donc une borne supérieure, que l’on note c = sup A. Montrons que f (c) = y.
f (b)
f (a)
a b x
A c = sup(A)
2. Montrons tout d’abord que f (c) 6 y. Comme c = sup A, il existe une suite (un )n∈N contenue
dans A telle que (un ) converge vers c. D’une part, pour tout n ∈ N, comme un ∈ A, on a
f (un ) 6 y. D’autre part, comme f est continue en c, la suite (f (un )) converge vers f (c). On
en déduit donc, par passage à la limite, que f (c) 6 y.
3. Montrons à présent que f (c) > y. Remarquons tout d’abord que si c = b, alors on a fini,
puisque f (b) > y. Sinon, pour tout x ∈]c, b], comme x ∈ / A, on a f (x) > y. Or, étant
donné que f est continue en c, f admet une limite à droite en c, qui vaut f (c) et on obtient
f (c) > y.
Le deuxième point est la version la plus utilisée du théorème des valeurs intermédiaires : f (a) ·
f (b) < 0, alors il existe c ∈]a, b[ tel que f (c) = 0.
Il s’agit d’une application directe du premier poit avec y = 0. L’hypothèse f (a) · f (b) < 0
signifiant que f (a) et f (b) sont de signes contraires.
f (b) > 0
a c
b x
f (a) < 0
y
x 7→ P (x)
Proposition 3.4.1. f continue sur un intervalle I, alors f (I) est aussi un intervalle. (L’image
d’un intervalle par une fonction continue est un intervalle, c’est-à-dire une partie "sans trous".)
Proposition 3.4.2. f continue sur un segment (c’est -à-dire un intervalle fermé et borné)
[a, b]. Alors : L’image d’un segment par une fonction continue est un segment. Autrement dit :
f ([a, b]) est aussi un segment [m, M ]. (Attention : m et M ne valent pas forcément f (a) ou
f (b).)
y
M
exercices
Fonctions d’une variable réelle [Link] 41
1. Soient P (x) = x5 − 3x − 2 et f (x) = x2x − 1 deux fonctions dnies sur R. Montrer que l’ation
P (x) = 0 a au moins une racine dans [1, 2] ; l’ation f (x) = 0 a au moins une racine dans
[0, 1] ; l’ation P (x) = f (x) a au moins une racine dans ]0, 2[.
2. Montrer qu’il existe x > 0 tel que 2x + 3x = 5x .
Théorème 3.5.2. Soit une fonction f : I → R On note J = f (I). On suppose que la fonction
f est :
1. continue sur I ;
2. strictement monotone sur I.
Alors la fonction f réalise une bijection de l’intervalle I vers l’intervalle J, et sa bijection
réciproque f −1 : J → I est une fonction continue strictement monotone de même sens que f .
Démonstration. 1. Montrons que f est injective : On prend deux réels x, x0 tels que f (x) =
f (x0 ). Montrer que x = x0 .
Si x < x0 , alors on aurait nécessairement f (x) < f (x0 ) si f était strictement croissante
ou bien f (x) > f (x0 ) si f était strictement décroissante.
impossible
on en déduit x n’est pas strictement inférieur á x0 , donc x > x0 .
Si on change x en x0 et x0 en x on montrerait de m que x 6 x0 .
Ainsi : x = x0 .
Conclusion : si f (x) = f (x0 ) alors x = x0 ; Alors f est injective.
2. comme on restreint l’ensemble d’arrivée á l’image J = f (I), on obtient que f est surjective.
f est injective et surjective, donc c’est une bijection de I sur J.
3. comme f est continue, alors par le théoréme des valeurs intermédiaires, l’ensemble d’arrivée
J est un intervalle.
4. Montrons que f −1 est de m sens de variation que f .
Supposons pour fixer les idées que f est strictement croissante. Montrons que f −1 est stric-
tement croissante sur J.
Soient y, y 0 de J tels que y < y 0 . Notons x = f −1 (y) et x0 = f −1 (y 0 )
Alors y = f (x) et y 0 = f (x0 )
or f (x) < f (x0 ) alors x < x0 (car f est strictement croissante)
alors f −1 est strictement croissante sur J.
Fonctions d’une variable réelle [Link] 42
On se limite au cas o I est de la forme ]a, b[, les autres cas se montrent de la m mani.
Soit y0 ∈ J. On note x0 = f −1 (y0 ) ∈ I. Soit ε > 0. On peut toujours supposer que
[x0 − ε, x0 + ε] ⊂ I. On cherche un r δ > 0 tel que pour tout y ∈ J on ait
Comme f (x0 − ε) < y0 < f (x0 + ε), on peut choisir le r δ > 0 tel que
Proposition 3.6.1. Si f est uniformément continue sur I, alors f est continue sur I.
Dérivation
43
Dérivation [Link] 44
On en déduit que si :
(H1) la fonction f est dérivable sur l’intervalle I ;
(H2) la fonction g est dérivable sur l’intervalle J ;
alors la fonction gof est dérivable sur l’intervalle I avec
(gof )0 = [g 0 of ]f 0 .
On sait déjà que f réalise une bijection de l’intervalle I vers l’intervalle J = f (I) et alors la
fonction f −1 est dérivable au point y0 = f (x0 ) avec
1
(f −1 )0 (y0 ) = .
f 0 (x 0)
On en déduit que si :
(H1) f : I 7→ R est strictement monotone sur l’intervalle I ;
(H2) f est dérivable sur l’intervalle I ;
(H3) ∀x ∈ I, f 0 (x) 6= 0 ;
alors la fonction f −1 est dérivable sur l’intervalle f (I) avec
1
(f −1 )0 = .
f 0 of −1
√
exercice f est la fonction définie sur [−1; 1] par f (x) = 1 − x2 .
La fonction f est-elle dérivable en -1 ? en 0 ?
Solution
Pour 0 < h 6 2,
√ »
2
f (−1 + h) − f (−1) 2h − h2 h h
−1 2
= = = −1
h h h h
Or
2 √
lim − 1 = +∞ et lim X = +∞
h→0 h X→+∞
2
lim − 1 = +∞.
h→0 h
Ceci nous donne
f (−1 + h) − f (−1)
lim = +∞
h→0 h
donc la fonction f n’est pas dérivable en -1.
Pour −1 6 h 6 1 avec h 6= 0,
√ √ √
f (h) − f (0) 1 − h2 − 1 ( 1 − h2 − 1)( 1 − h2 + 1) h
= = √ = √
h h h( 1 − h2 + 1) 1 − h2 + 1
Or
√
lim 1 − h2 + 1 = 2
h→0
donc √
f (h) − f (0) 1 − h2 − 1
lim = = 0.
h→0 h h
La fonction f est alors dérivable en 0 et f 0 (0) = 0.
Dérivation [Link] 46
f0 = f
®
∀k ∈ IN, f (k+1)
= (f (k) )0 = (f 0 )(k) .
k=0
Théorème 4.4.4 ( Théorème des inégalitées des accroissements finis). Soit une fonction f :
[a, b] 7→ R définie sur un segment et un réel M ∈ R. On suppose que :
Dérivation [Link] 48
Démonstration. — Fixons x, y ∈ I
— il existe alors c ∈]x, y[ ou ]y, x[ tel que f (x) − f (y) = f 0 (c)(x − y)
— comme |f 0 (c)| 6 M alors f (x) − f (y) 6 M |x − y|
Corollaire 4.4.1. Soit un intervalle I ⊂ R, et un réel k > 0. On suppose que la fonction f est
dérivable sur l’intervalle I. Alors
alors
f (x)
lim =`
x→x0 g(x)
2
Exemple 4.4.1. Limite en 1 de ln(xln(x)
+x−1)
Définition 4.4.1. Soit deux fonctions f et F définies sur un intervalle I. On dit que la fonction
F est une primitive de la fonction f sur l’intervalle I si et seulement si :
1. la fonction F est dérivable sur I ;
2. ∀x ∈ I, F 0 (x) = f (x).
Théorème 4.4.6. Soit f : I 7→ R une fonction définie sur un intervalle I et deux primitives
F, G : I 7→ R de la fonction f sur l’intervalle I. Alors ces deux primitives diffèrent d’une
constante :
∃C ∈ R tel que ∀x ∈ I, G(x) = F (x) + C
Corollaire 4.4.3. Soient deux fonctions f, g : I 7→ R dérivables sur un intervalle I.
1. Si
∀x ∈ I, f 0 (x) = g 0 (x)
Alors pour tous points (a, b) ∈ I 2 , on a
2. Si
∀x ∈ I, f 0 (x) 6 g 0 (x)
alors pour tous points (a, b) ∈ I 2 , avec a 6 b, on a
Remarque 4.5.1. 1/ On dit qu’une fonction f définie sur un intervalle I est concave lorsque :
2/ Les fonction qui sont à la fois convexes et concaves sont les fonctions affines.
Dérivation [Link] 50
Définition 4.5.2. On dit qu’une fonction f : I 7→ R est strictement convexe lorsque ∀(x, y) ∈
I 2 , x 6= y,
∀λ ∈ [0, 1], f (λx + (1 − λ)y) < λf (x) + (1 − λ)f (y).
(f convexe ) ⇔ (f 0 croissante)