AGR028 - Cours de Technologie Agricole 4eme (TEHNOLOGIE 4)
AGR028 - Cours de Technologie Agricole 4eme (TEHNOLOGIE 4)
Par
Josnkotelo@[Link]
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Unité 1 : Transformation des produits et sous-produits végétaux
1.1.1. Introduction
Le palmier à huile est cultivé pour ses deux produits principaux : l’huile de palme extraite
de la pulpe du fruit et l’huile de palmiste extraite de l’amande.
L’huile de palme est une huile extraite par pression à chaud des fruits du palmier, Elaeis
guinéens Jacq. (Famille des Arécacées). Elle représente près de 25,5% de toutes les huiles
consommées dans le monde. Le palmier à huile est actuellement cultivé à grande échelle.
2. Usages de l’huile de palme
Des études chez l’animal comme chez l’homme tendent à prouver que l’huile de palme
se comporte comme les huiles riches en acides gras essentiels (tournesol, colza, soja).
Chez l’homme, de nombreuses études ont confirmé que, quel que soit le taux d’huile de
palme remplaçant les lipides de la ration alimentaire, il n’y avait d’augmentation du taux
de cholestérol total plasmique. Celles effectuées sur des populations humaines
consommant de l’huile de palme brute ont montré qu’elles exprimaient moins de cancers
de la peau, de cancers primitifs du foie et de cancers du col de l’utérus.
[Link] industriels
Les dérivés d’huile de palme et de palmiste sont très utilisés dans le monde entier pour
d’autres usages très diversifiés. On peut citer : les acides gras, les savons et cosmétiques,
les esters-méthyliques, les encres, les résines époxydes, les aliments pour animaux, le
laminage à froid, etc.
Les fruits du palmier à huile sont des drupes (fruits charnus à noyau) rassemblés en
régimes,
dont on extrait une huile jaune-orangée de la pulpe (mésocarpe), appelée huile de palme.
La
coupe longitudinale du fruit permet de distinguer de l’extérieur vers l’intérieur les parties
suivantes :
▪ L’épicarpe : partie extérieure de la paroi qui enveloppe le fruit ;
▪ Le mésocarpe appelé communément « chaire » est une pulpe de couleur jaune
orangé renfermant 50% de lipide ;
▪ L’endocarpe de couleur gris foncé qui renferme l’amande, un noyau riche en
lipide, et qui fournit l’huile de palmiste. Ces deux derniers constituent la noix.
▪ L’épicarpe : partie extérieure de la paroi qui enveloppe le fruit ;
▪ Le mésocarpe appelé communément « chaire » est une pulpe de couleur jaune
orangé
renfermant 50% de lipide ;
▪ L’endocarpe de couleur gris foncé qui renferme l’amande, un noyau riche en
lipide, et qui fournit l’huile de palmiste. Ces deux derniers composants du fruit
constituent la noix.
L’huile de palme est principalement utilisée dans le secteur de l’alimentation (ex :
margarine) où elle est une source naturelle très importante de vitamines A.
L’huile palmiste est extraite de l’amande, protégée par le noyau. Elle est plus claire et
plus acide et elle est valorisée au niveau de l’industrie des détergents (ex : savons), des
bougies ou des lubrifiants.
Type de fruits
Il existe trois principales sortes de palmiers :
- Le dura : les fruits ont une coque (noyau) épaisse, peu de pulpe et une grosse
amande
- Le pisifera : les fruits n’ont pas de coque, beaucoup de pulpe mais une petite
amande
- Le tenera : les fruits ont une coque peu épaisse, beaucoup de pulpe et une grosse
amande.
Les tenera ont été obtenu par croisements entre les palmiers dura et pisifera afin d’obtenir
des
fruits avec une pulpe épaisse (extraction d’huile de palme), une coque peu épaisse (facile
à
casser) et une grosse amande (extraction d’huile de palmiste). Le rendement moyen du
palmier à maturité est d’environ 4 à 5 tonnes d’huile par hectare et par an.1
Dans les pays frais (Ouganda, le Kenya etc.), on a recours à une sorte de palmier hybride,
issu du croisement entre un dura et un tenera. Son rendement en huile est un peu plus
faible (< 4 tonnes par hectare et par an) mais il est mieux adapté aux conditions
climatiques.
Typiquement, une palmeraie à grande échelle en Indonésie produit par hectare : (1) 3,2 t
d’huile
de palme brute, (2) 0,34 t d’huile de palmiste brute et (3) 0,42 t de tourteaux.
La couleur de l’huile de palme, tirant du jaune ou rouge, dépend de sa teneur en
caroténoïdes
L’huile de palme es à près de 50 % saturée. En moyenne, elle contient les acides gras
suivants : (1) 40% d’acide palmitique, (2) 38% d’acide oléique, (3) 10% d’acide
linoléique et (4) 4% d’acide stéarique.
L’huile de palmiste quant à elle est principalement composée d’acides laurique et
myristique.
Elle est à 82 % saturée.
L’huile de palme contient, en moyenne : 500 ppm de caroténoïdes, soit 15 fois plus qu’une
carotte et 30 fois plus qu’une tomate.
3. Production.
Suivant les conditions écologiques, le palmier à huile commence à produire entre 3 à 5
ans ; devient adulte 4 à 6 ans plus tard. Production : 30 tonnes de régimes par hectare et
par an dans les meilleures conditions ; correspondant à 6 tonnes d’huile de palme avec
des taux d’extraction de 21 à 23% d’huile de palme sur régime. Du point de vue
productivité en huile, la variété Tenera dépasse Dura de 40%.
4. Récolte et rendements.
a) Récolte.
La récolte doit enlever aux arbres tous les régimes mûrs. Par régimes mûrs, on entend
ceux dont une vingtaine de fruits environ se détachent des épis sous une légère poussée
du doigt. A ce critère correspond un autre : la présence au pied de l’arbre de quelques
fruits détachés spontanément (environ 5).
Lors de la coupe, le régime tombe et projette des fruits à quelque distance ; ces fruits
riches en huiles doivent être ramassés et transportés dans un panier spécial jusqu’au poste
de réception le plus proche pour la pesée.
Evacuation des fruits vers l’usine : par camion généralement. Toutes les manipulations
des régimes doivent éviter de blesser les fruits ; chaque blessure constituant une cause
d’acidification de l’huile. La maturité des fruits s’échelonne sur 15 jours. Fréquence de
tous les récoltes : 8 à 15 jours suivant production.
b) Rendements.
Il y a production dès la quatrième année d’âge (récolte faible). La production atteint son
plafond vers 8 à 9 ans et se maintient jusqu’à un âge avancé. L’exploitation économique
d’une palmeraie plantée n’est pas conditionnée par l’âge, mais par l’impossibilité de
récolter les fruits lorsque les arbres ont atteint une grande taille.
Rendement :
▪ 800 à 1000 Kg d’huile / ha (matériel de sélection massale) ;
▪ Environ 1500 Kg d’huile / ha (matériel Tenera x Tenera) ;
▪ 2900 Kg d’huile / ha (matériel Dura x Pisifera âgé de 7 à 8 ans)
5. Technologie d’extraction
L’huile de palme doit être produite aussi près que possible des lieux de récolte. Sa qualité
dépend de la rapidité avec laquelle les régimes sont traités en huilerie après récolte.
5.1. Réception des régimes.
L’usinier est responsable de l’évacuation des régimes vers l’usine ; ces derniers sont
acheminés le plus rapidement possible vers la station de stérilisation de manière à détruire
rapidement les enzymes lipolysantes afin de stabiliser ainsi la teneur en acides gras libres.
L’usinier contrôle la pesée et la matière.
Par la suite ces camions sont vidés dans une trémie qui permet le remplissage des cages
en fer de capacité 1,5 à 2,5 tonnes. Le fond incliné en forme de grille de cette trémie
permet l'élimination d'une partie de sable. Les huileries modernes peuvent traitées 20 à
120 Tonnes de régimes par heures.
[Link]érilisation
La stérilisation consiste en un traitement des régimes entiers et des fruits détachés par la
vapeur
d'eau sous pression. Le but de cette opération consiste à :
- Tuer les micro-organismes et à désactiver les enzymes responsables de la
dégradation de l’huile en acides gras libres.
- Faciliter le détachement des fruits de la rafle
- Préparer la pulpe des fruits aux traitements ultérieurs
- Décoller partiellement les amandes des coques
a) Appareillages.
[Link]
L’égrappage consiste à détacher les fruits par chocs répétés avec ou sans lacération des
rafles. Après stérilisation, les régimes encore chauds subissent l'égrappage qui a pour but
de détacher
les fruits des rafles. L'efficacité de l'égrappage dépend de la maturité des fruits et de la
qualité de la stérilisation. Les régimes verts ou insuffisamment stérilisés s'égrappent mal.
L’égrappoir est un grand tambour tournant horizontalement dont la paroi est constituée
de barreaux à intervalles légèrement supérieurs au diamètre des plus gros fruits. Quelques
palettes, disposées en hélicoïde contre la face inférieure, entraînant à chaque rotation les
régimes vers le haut du tambour d’où ils retombent. Il existe deux types d’égrappoirs :
▪ Egrappoir à cage ;
▪ Egrappoir à bras batteurs.
Classification des rafles après égrappage.
- Rafles dures mal égrappées : sont déposées dans un wagon de « rafles dures » et
retournées pour une seconde stérilisation (à part) ;
- Rafles bien égrappées : soit envoyées à la chaudière comme source d’énergie
(combustible), soit pour la production de compost.
[Link] malaxage
C'est une opération qui consiste à détacher des noix la pulpe et écraser les cellules pour libérer
l'huile
qu'elles contiennent (IRHO, 1967). Elle permet aussi de réchauffer la masse obtenue et l'amener
au degré
d'humidité voulu pour préparer l'extraction. Les fruits broyés sont malaxés pendant 20 à 40
minutes
dans des cuves portées à 90-92°C.
Le malaxeur est une grande cuve cylindrique munie des bras tournants libres autour d’un
axe vertical et contre des bras fixes et des cornières soudées à la paroi du malaxeur.
La durée du malaxage et la température sont deux facteurs essentiels de la qualité de
l’extraction, le malaxeur étant maintenu constamment plein. Le malaxeur est ainsi muni
de plusieurs thermomètres de contrôle dans le but de pouvoir ramener la
masse malaxée exactement dans les conditions d’humidité et de plasticité désirée selon le
mode d’extraction.
- Thermomètre (1) : dans la masse des fruits qui viennent de l’élévateur à godets ;
- Thermomètre (2) : température d’admission d’eau chaude ;
- Thermomètre (3) : température de la masse dans le malaxeur pour contrôler la
température de l’eau de lavage.
La cuve est réchauffée par une double enveloppe où circule de la vapeur (par exemple)
ente 3 à 4 kg/cm². A cet effet, il y a lieu de prévoir la pression à la chaudière qui doit
être de 5 kg/cm² et même plus.
Le temps requis pour un bon travail est fonction de l’efficacité du brassage. Il faut un
appareil dont les bras sont en bon état. Dans ce cas, il faut :
- 20 à 40 minutes de brassage : pour des extractions par presse continue ;
- 45 à 60 minutes : pour des extractions par presse hydraulique ou statique ;
- 60 à 75 minutes : pour des extractions par centrifugeuse.
La température dont l’importance est primordiale doit se maintenir aux environs
de 90- 92° pour les presses, 96 - 98° pour les centrifugeuses.
Dans les grandes huileries, il y a au moins 4 malaxeurs :
- 2 malaxeurs : pour le Dura x Pisifera
- 1 malaxeur : uniquement Tenera x Tenera
- 1 malaxeur : Dura x Tenera.
Au sortir des malaxeurs, les fruits malaxés doivent avoir une température supérieure à
85°C.
Méthode de lavage.
Dans la méthode d’extraction d’huile par lavage, les malaxeurs sont à fond perforé. Un
jet d’eau chaude à 80°C est envoyé dans la masse. Une demi-heure après lavage, 98%
d’huile sont extraites en même temps que quelques % d’impuretés (sables, fibres, etc.). Il
ne reste dans les malaxeurs que des fibres et des noix bien lavées.
[Link].
L’extraction consiste à séparer du magma des fibres et des noix malaxées la fraction
liquide qui constitue l’huile de palme brute.
L’opération s’effectue soit par pression hydraulique statique (presse hydraulique), soit
par pression continue (presse mécanique à vis) ou par centrifugation (essoreuse), suivie
d’un lavage à l’eau chaude pour lessiver les noix et fibres de l’huile. Les presses continues
à vis sont, aujourd’hui, universellement employées. Elles ont remplacé les essoreuses
centrifuges et les presses hydrauliques.
a) Appareillages.
Il existe plusieurs types de presses et autres appareils d’extraction :
- Les presses hydrauliques ;
- Les presses continues ;
- Les essoreuses centrifuges ;
- Les malaxeurs-laveurs.
Malaxeur-laveur (ou Wet process).
La centrifugeuse donne une huile brute relativement pure contenant 30 à 45% d’eau ; et
très peu des colloïdes et des solides.
Les presses donnent des huiles contenant :
- 50 –55% eau + impuretés (presse hydraulique)
- 65 –75% eau + impuretés (presse à vis).
L’huile extraite de lavage (Malaxeur-laveur) contient plus ou moins 6 fois son poids d’eau
qui retient en suspension des cellules huileuses intactes et la presque totalité des matières
colloïdes de la pulpe. Elle doit être généralement retraitée par centrifugeuse.
[Link].
L’huile sortant de l’extraction est faite d’un mélange partiellement émulsionné d’huile de
palme, d’eau contenant en dissolution des sucres et des sels présents dans la pulpe, des
matières colloïdales (mucilages) ainsi que des impuretés solides (fibres, sable).
La clarification consiste à séparer l’huile de palme des autres constituants du liquide brut
d’extraction au moyen soit d’un réchauffage par vapeur direct ou indirect, de soutirage et
de centrifugation. Les jus bruts sont composés d’environ 35% d’huile, le reste étant de
l’eau et des matières dissoutes ou en suspension.
La clarification se fait par décantation. La température a un rôle très important,
influençant la
viscosité et la densité de l’huile. La dilution des jus bruts opérée au niveau de la presse
intervient aussi dans la vitesse de sédimentation.
Les huileries modernes utilisent des centrifugeuses éboueuses pour récupérer cette huile.
Après décantation, l’huile obtenue ne peut être stockée telle quelle, car elle contient
encore des impuretés et de l’eau. Les impuretés sont ramenées à un taux inférieur à 0,01%
par une seconde décantation ou à l’aide d’une centrifugeuse fonctionnant en purification
(épuration). La clarification s’opère généralement en deux temps :
- La 1ère clarification sépare rapidement la plus grosse quantité d’huile du restant
en vue d’éviter l’acidification ;
- La 2ème clarification retraite les boues résiduelles pour en retirer encore de
l’huile
Les procédés utilisés sont :
- La décantation statique discontinue
- La décantation statique continue
- La décantation par centrifugation.
[Link] (finition)
[Link].
Une fois l’huile est épurée, elle est emmagasinée dans les grands réservoirs de stockage de 50 à
1000 T ; ou en fûts de 200 à 500 litres.
Si l’huile est mise en fûts, elle est pesée ; si elle est mise en tank, on en mesure le volume et on
en
détermine la densité. Des tables ont été établies pour chaque tank, donnant sans aucun calcul le
volume en fonction de la hauteur du niveau de l’huile. La détermination du poids de l’huile revient
donc à faire une mesure de la hauteur et de la température de l’huile dans le réservoir.
Les techniques d’extraction de l’huile palmiste sont semblables à celles employées pour
les autres graines oléagineuses. Il est fréquent de voir différents types d’amandes traitées
dans les mêmes installations : palmistes, coprah, karité, cacao, etc.
Les techniques employées font appel à un pressage, soit à une extraction par solvant soit
aux deux. Une précaution spéciale des palmistes est nécessaire : broyage et cuisson
préalables.
Le broyage a pour but de fragmenter les palmistes en petites particules pour favoriser
l’extraction de l’huile. Des broyeurs à marteaux suivis de broyeurs à une ou plusieurs
paires de cylindres cannelés et lisses sont nécessaires pour l’obtention d’un produit
adapté. Le circuit de broyage est protégé en amont par des séparateurs magnétiques.
La cuisson est réalisée dans des chauffoirs verticaux à étages. Elle permet l’éclatement
des parois cellulaires de l’amande, la coagulation des protéines, la fluidisation de l’huile.
Elle permet en outre d’ajuster l’humidité de la matière à presser. Le produit sort des
chauffoirs à une température de 130 à 150°C et avec une teneur en eau de l’ordre de 2%.
Les presses continues à vis ou expellers qui réalisent la compression de la masse sont du
même principe que celles qui servent à extraire l’huile de la pulpe du fruit de palme, mais
elles sont conçues pour supporter des pressions beaucoup plus élevées. La cage de presse
est constituée de barreaux métalliques. L’huile libérée s’écoule au travers des barreaux et
le tourteau s’échappe par le cône sous forme d’écailles de 5 à 10 mm
d’épaisseur. La teneur en huile résiduelle du tourteau est de 6 à 10% en pression unique
et de 18-20% dans le cas d’un pré-pressage avant extraction par solvant.
Après le raffinage, les huiles et les matières grasses peuvent être mélangées pour donner
différents produits finis. Par exemple, les matières grasses culinaires sont des mélanges
d’huiles refroidies et structurées. Un mélange à 100% d’huile de palme peut comporter
une certaine proportion d’huile de palme durcie.
1. Rafles
La rafle est le support fibreux du régime de palme ; elle est récupérée après égrappage et
représente environ 20 à 25% du poids de régimes entrant à l’huilerie. C’est un déchet à
évacuer en continu et diverses possibilités ont été explorées :
- L’incinération, dans des incinérateurs situés dans l’usine ou dans de simples
fosses réalisées en plantation, permet de récupérer une cendre riche en potasse
anhydre (environ 5 kg de cendre par tonne de régimes contenant principalement
environ
40% de K2O) ; attention : méthode polluante ;
- Lépandage de rafles en plantation est une solution agronomique intéressante
chaque fois que les coûts de transport ne sont pas prohibitifs. Les rafles restituent,
en plus des éléments minéraux, de la matière organique ;
- Les rafles peuvent être fragmentées puis essorées afin de servir de combustible en
chaudière. Ceci permet de récupérer l’huile contenue, très acide, et de disposer de
combustible supplémentaire utile chaque fois que des unités de
transformation aval, raffinage, fractionnement, savonnerie, etc. existent à
proximité des huileries.
2. Fibres et coques
A leur sortie de la presse, les tourteaux sont constitués par un mélange très dense de fibres
et de noix de palmistes. Après émottage du tourteau, les fibres sont récupérées. Avec une
humidité de 40% environ et un pouvoir calorifique inférieur (PCI) voisin de 2 500
Kcal/kg, les fibres, qui représentent 12 à 13% du poids de régimes, sont expédiées vers la
chaufferie où
elles sont utilisées comme combustible principal. Après extraction des amandes, les
coques sont également utilisées comme combustible, en partie ou en totalité selon
les cas. Le PCI des coques et des différents déchets est d’environ 3 500 Kcal/kg pour une
humidité de 20% ; les coques et les déchets représentent environ 5 à 7% du poids de
régimes.
Enfin les coques de palmiste donnent, après carbonisation, un charbon de très haute
qualité, utilisable pour la fabrication de charbon actif.
3. Effluents liquides
Ils se composent des boues de clarification, des eaux de stérilisation ainsi que des eaux
d’hydrocyclones, de lavage et de purges diverses. Leur volume et leur composition
dépendent du procédé d’extraction utilisé ainsi que des technologies mises en œuvre. On
considère, cependant, que les effluents liquides représentent 0,8 m3 par tonne de régimes
usinés.
Leur charge polluante étant très élevée (DBO5 : 25 000 ppm ; DCO : 60 000 ppm), c’est
pourquoi avant d’être rejetés dans les eaux d’évacuation ou de traitement, ces effluents
sont décantés dans un florentin où est recueillie, par écrémage, une huile de mauvaise
qualité.
Les boues solides obtenues par la centrifugation trois voies des jus bruts peuvent être
traitées à part, pour faire notamment de l’aliment de complément pour ruminants ou
porcins.
Le diagramme (les étapes d’extraction des régimes de noix de palme) récapitule les
résidus et produits obtenus à partir de 100 kg de régimes frais avec un taux d’extraction
de 22%.
1.2. Transformation des autres corps gras
a) Objectifs
b) Questions d'études
c) Analyse et découverte
Toutes les composantes de la graine sont utilisables à des usages variés. Le plus important
est l'huile et subsidiairement les tourteaux et la Carine ; le duvet et la coque de la graine
peuvent être également utilisés.
a) Le duvet : est constitué par l'ensemble des poils très courts qui recouvert la graine
de certaines variétés. Par délintage, qui consiste à arracher de la graine des poils
qui
ont persisté après l'égrenage, on obtient ainsi divers types de linter.
Le linter est utilisé pour la confection de tissus grossiers, pansements, mèches,
couvertures, feutres, matelas, rembourrage etc.
b) La coque : c'est l'enveloppe brunâtre, dure et très lignifiée protégeant 1 1 amande.
La coque représente environ 40 à 45 % en poids de la graine, elle est pauvre en
protéines et en matières grasses, riche en lignine et en cellulose. Il convient donc
de l'éliminer si l'on veut obtenir un tourteau de valeur alimentaire élevée.
c) Les tourteaux : suivant le procédé utilisé pour l'extraction de l'huile on obtient
des types de tourteaux différents. La teneur en huile est assez élevée (4 à 8 %) et
en matières
grasse est faible (1 à 2 %). La richesse moyenne en protéines d'un tourteau de
coton est de·41 %. Par contre les tourteaux contenant du gossypol, pigment
toxique pour l'homme et les animaux monogastriques.
Usages : la principale utilisation des tourteaux de coton est l'alimentation du
bétail. Les ruminants s 1 adaptent assez bien à cette alimentation et ne semblent pas
souffrir de la présence du gossypol quand il est absorbé à dose modérée. Par
contre,
ces tourteaux ne conviennent pas aux non ruminants (élevage
des poulets par exemple). On utilise parfois comme fumure minérale, car une
tonne de tourteaux apporte 66 kg N, 15 kg P205, 20 kg K20.
d) Farine de coton
La bonne qualité des protéines de la graine de coton ferait de sa farine une source
alimentaire importante. Cependant, le principal frein à l'alimentation humaine est
la présence de gossypol. [Link] farines étaient rendues alimentaires par voie
chimique ou thermique, qui vise soit à inactiver le gossypol soit â l'extraire du
tourteau. Actuellement, la voie génétique permette la culture de cotonnier dont les
graines ne possèdent pas de glandes à gossypol (variétés sans glandes ou 11
glandless 1' : ISA-8C2 de Côte d’Ivoire, J-131-253 du Tchad par exemple).
Utilisation : les farines de coton déshuilées et dégossypolisées ont de nombreux
usages en alimentation animale et humaine. Une expérience nutritionnelle menée
au Mali a montré que le mélange de farine de mil (80 %) et de farine de coton
sans
gossypol (20 %) s'est révélé un produit de haute valeur nutritive pour les enfants.
D'une manière générale, 100 kg de fruits donnent 50 kg de noix fraîches, qui donnent 30
kg de noix s6ches contenant 20-'.kg d'amandes sèches, celles-ci représentent de 5 à 20 %
en poids des fruits frais. Composition du fruit
▪ Pulpe : est lactescente mais perd son latex à maturité, contient environ 10% de
divers sucres (réducteurs et non réducteurs).
▪ Amande :
• 48 à 51 % de matières grasses
• 1,5 à 2,5 % de sucres
• 9 % de matières azotées
• 6,5 à 7 % de cellulose
• 4,5 à 7,4 % de tannins.
La production du beurre de karité une activité essentielle pour les femmes rurales
maliennes qui en tirent une partie importante de leurs revenus. La méthode d'extraction
traditionnelle est relativement efficace et adaptée aux conditions locales ; par contre elle
est exténuante et pénible pour un grain final plutôt dérisoire. Actuellement divers
organismes de recherche ont proposé quelques améliorations techniques (méthodes
d'extraction et matériels) afin de soulager le travail des femmes et d'accroître le taux
d'extraction.
Technologie traditionnelle
- Ramassage des noix de karité et stockage dans de grandes fosses (début
d'hivernage).
- Déterrement des noix (en octobre)
- Séparation des noix de la pulpe
- Séchage des noix dans les fours à karité
- Décorticage des noix en quartier- (les coques servant comme combustibles du
four).
- Chauffage des amandes au four
- Pilage dans un mortier jusqu'à !'obtention d'une pâte
- Laminage sur une meule avec une meulière
- Barattage de la pâte dans une cuvette de bois avec les mains
jusqu'à l'obtention d'une pate blanchâtre surnagée de crème (utilisée comme
remède contre les maux de ventre).
- Lavage de la pâte à l'eau pour enlever les impuretés
- Cuisson de la crème pour séparer l'huile des résidus (utilisés dans la fabrication
de savon).
- Récupération de l'huile pour décantation dans une calebasse
ou cuvette.
- Solidification de l'huile en beurre
- Emballage du beurre dans des feuilles de wolo à l'aide de fibre.
Rendement : 96 kg de beurre/an/femme.
Technologies améliorées
a. Usages traditionnels
Les fruits mûrs du caféier subissent un certain nombre d'opérations qui ont
pour objet de dégager les grains de leurs enveloppes (pulpe, mucilage, parche,
pellicule) et d'améliorer leur présentation.
Le recours à la voie humide est de règle pour les cafés Arabica de choix,
qualifiés de doux par le commerce international, car cette méthode confère au
grain un aspect agréable qui valorise les lots. Les cafés, Arabica et autres,
n'appartenant pas à cette catégorie supérieure, mais cependant traités par la
voie humide sont qualifiés de lavés.
Les cafés traités par voie sèche sont qualifiés de nature. Dans les deux
cas, le produit à traiter, la cerise mure, contient de 65 à 75 % d'eau, dont une
grande partie doit être éliminée au cours du séchage.
Ces opérations peuvent se faire manuellement s'il s'agit de petites quantités. Pour
les tonnages importants, on a recours à des appareils mécaniques : séparateurs
à plans oscillants, cribles rotatifs, etc., ou à divers types de laveurs dont la
cuve-siphon.
Description
2.1.1. Le dépulpage
1.1.1 La démucilagination
1.1.2. Lavage
1.1.3. Séchage
-
Le séchage artificiel est indispensable sous les climats très pluvieux et
lorsque l'importance des tonnages nécessite une accélération des opérations.
On utilise:
• La sole chauffante du four classique, débit: 25 kg de café- parche
au mètre carré par jour, la température débute par 75 à 80 °C
pour terminer par 50 °C;
• Les séchoirs mécaniques: le principal organe est un tambour
cylindrique en tôle perforée, animé d'un lent mouvement de rotation
(2tr par min) autour d'un axe tubulaire.
Stockage du cafê-parche
Quels que soient les soins dont on a entouré le séchage, le café n'est jamais
homogène dans sa teneur en eau. On obtient une certaine uniformité en
stockant le café dans des silos de plusieurs mètres cubes de capacité durant
au moins une semaine.
1.1.4. Le déparchage
outre, il existe:
✓ Le déparcheur mécanique
1.2.1. Séchage
Séchage naturel
Idem que pour le café-parche.
La couche des fruits ne doit pas dépasser 5 à 6 cm d'épaisseur (soit environ 40
kg de fruits frais au mètre carré), sinon il y a risque sérieux de
développement des moisissures, de germination de grains, de formation des
grains noirs, etc.
Durée : 10 à 20 jours. Le séchage est terminé lorsque les enveloppes de la
coque se fragmentent facilement sous la pression des doigts.
1.2.2. Décorticage
Dans le cadre de ce traitement, les cerises de café rouges et mures sont lavées, épulpées
à l'aide de machines et soigneusement séchées.
Les cerises de café fraîchement récoltées ne sont pas comestibles. Elles ne se conservent pas
non plus et ne sont pas aptes au transport. Elles doivent donc être traitées le plus rapidement
possible, de manière professionnelle et soignée.
Le café vert est qualifié de ‘pulped natural’, ‘café semi-lavé’ ou ‘semi dry’. Ce café est
moins acide que le café lavé et donc plus doux.
Operations communes aux cafés traités par les voies humide et sèche
a) Le nettoyage
On utilise le tarare classique pour le nettoyage-dépoussiérage.
b) Le triage et le calibrage
Le triage a pour but d'éliminer les fèves altérées, mal venues, noires,
décolorées, tachées, etc., et un pourcentage plus ou moins élevé de brisures,
etc., de façon à améliorer l'aspect du café, ainsi que sa qualité.
On exploite la différence de densité entre différents types des fèves.
3.1.1. La récolte
C'est le plus souvent par leur changement de couleur que l'on apprécie la
maturité des cabosses, le vert virant au jaune, le rouge virant à l'orangé.
Mais pour certains fruits, ce changement de couleur peut ne pas être très
apparent et l'on risque de ne pas récolter à temps des cabosses ayant atteint
leur pleine maturité.
Une récolte trop tardive entraîne le risque de pourriture et de germination des
fèves. Mais il est plus grave encore de récolter des cabosses avant maturité, car
elles influencent ensuite très défavorablement la fermentation, fournissant un
pourcentage élevé de fèves violettes et ardoisées, et réduisent de manière sensible
le rendement en cacao sec.
Aussi la récolte doit-elle être effectuée à intervalles réguliers qui devraient être
en moyenne de 10 à 15 jours et ne devraient, en tout état de cause, jamais
excéder trois semaines.
La cueillette est faite normalement, pour les cabosses directement accessibles,
à l'aide d'un couteau ou d'une machette bien affutée ; on utilise pour les
cabosses les plus hautes un outil spécial emmanché à l'extrémité d'une
longue perche, outil souvent fabriqué localement et qui doit avoir des bords
bien tranchants pour permettre de sectionner le pédoncule du fruit sans
endommager 1'arbre qui le porte.
Il est important en effet de ne pas blesser le coussinet fructifère qui portera les
récoltes suivantes et de ne pas favoriser par des blessures la pénétration
dans les tissus de l'arbre des champignons parasites.
3.1.2. L'écabossage
Après la récolte, les cabosses doivent être écabossées, soit sur place, soit
vers le lieu où les fèves seront fermentées.
Pour les petites exploitations familiales qui sont les plus nombreuses,
1'écabossage doit être fait après la récolte de manière à pouvoir réunir le même
jour une masse suffisante de fèves pour obtenir une fermentation homogène.
Le délai entre l'écabossage et la mise en fermentation ne doit pas de toute
façon excéder 24 heures. Il est possible de conserver sans inconvénient les
cabosses récoltées pendant 3 ou 4 jours avant de commencer l'écabossage.
On appelle écabossage l'opération qui consiste à casser les cabosses et en
extraire les fèves qui, séparées du placenta, seront ensuite soumises à la
fermentation.
L'écabossage est généralement effectué à la main.
Le plus simple est de frapper la cabosse à l'aide d'un morceau de bois
de manière à briser les coques. On peut aussi frapper la cabosse d'un
coup sec sur une pierre ou sur une bille de bois.
Fig. Ecabossage du cacao
L'extraction des fèves et leur séparation du placenta se fait
facilement à l'aide de deux doigts glissant le long du placenta.
On a tenté de mettre sur pieds des machines à écabosser mais
aucun type n'a fourni les résultats escomptés.
3.2. LA FERMENTATION
Avant d'être séchées les fèves fraîches de cacao, dès qu'elles sont extraites
des cabosses doivent subir un ensemble de transformations qui ont
essentiellement pour buts :
a) Fermentation de la pulpe
Composition des fèves fraîches de cacao (en pourcentage de poids frais)
Cotylédons Pulpe Tégument
Eau 35 84,5 9,4
Cellulose 3,2 - 13,8
Amidon 4,5 - 46,0
Pentosane 4,9 2,7 -
Sucrose - 0,7 -
Glucose et fructose 1,1 10,0 -
Beurre de cacao 31,3
Protéine 8,4 0,6 18,0
Théobromine 2,4 - -
Caféine 0,8 - -
Polyphénols 5,2 - 0,8
Acides 0,6 0,7 -
Sels minéraux 2,6 0,8 8,2
permettant une meilleure aération, ce sont les bactéries d'acide acétique qui
interviennent et prennent un grand développement, transformant par
oxydation l'alcool en acide acétique. Cette réaction, qui exige une bonne
aération, est également exothermique et prend une grande part à
l'élévation de température de la masse en fermentation. Dès le troisième jour,
l'équilibre est atteint entre les bactéries d'acide acétique et les levures, la
fermentation lactique n'ayant été que de très courte durée.
Sous l'effet de ces fermentations, la température augmente progressivement,
cette augmentation dépendant d'ailleurs du volume de la masse de cacao
utilisée et des précautions prises pour éviter son refroidissement.
La mort des fèves est caractérisée par la perte de leur pouvoir germinatif.
c) Réactions internes dans les tissus des cotylédons
Les tissus des cotylédons sont formés de deux types de cellules : des
cellules à pigments contenant des polyphénols (tannins, catéchines,
anthocyanine) et des purines (théobromine et caféine), et des cellules
des réserve, non colorées, enfermant des cristaux de beurre de cacao, les
grains d'amidon, les protéines (grains d'aleurone) et tou~ les enzymes.
Dès que les fèves sont tuées, les parois cellulaires deviennent
32
d) Arôme chocolat
Poids de
Fèves fraîches/poids de cabosses : 0,25 Fèves
fermentées/poids des fèves fraîches : 0,86
Cacao sec/poids de fèves fraîches : 0,44
Cacao sec/poids de fèves fermentées : 0,51 1 m3
de fèves fraîches : 900 kg
37
4.1. CUEILLETTE
On distingue :
✓ La cueillette fine : porte sur pekoe + 2 feuilles
✓ La cueillette moyenne: porte sur pekoe + 3 feuilles
✓ La cueillette grossière : porte sur pekoe + 4 feuilles
Dans les usines à proximité des plantations, les feuilles sont transformées au cours de
plusieurs étapes pour fournir le thé qui servira à préparer cette boisson à la
saveur délicate.
est essentiel pour la couleur, le goût et la force du thé. A ce stade, la feuille passe
du vert au brun foncé. Cette étape est cruciale. Ces traitements sont suivis avec
attention car la qualité du thé en découle. La dernière étape porte sur le séchage du
thé. Le thé séché est trié et classé en fonction de ses propriétés visuelles et gustatives.
Si le thé est conditionné en sachets, il est brisé au préalable.
[Link]. Flétrissage
[Link]. Roulage.
[Link]. Fermentation
Durée : 4 heures
niveaux superposés.
[Link]. Dessiccation
N.B
Une dessiccation trop forte rend les feuilles cassantes
Une température trop élevée au cours du séchage diminue le
taux des substances insolubles lors de l'effusion.
Une dessiccation insuffisante favorise le
développement des micro-organismes
[Link]. Legg-cutter
Cette méthode réalise des thés de bonne couleur mais de goût âcre. Pour
améliorer la qualité dans ce procédé, il faut un léger flétrissage avant de
passer au procédé de legg - cutter.
[Link]. Rotorvane
Les feuilles sont écrasées entre 1 cylindre et un rotor qui restent dans
l'appareil.
Cette machine peut travailler en série avec le C.T.C ; ce qui permet
aux feuilles flétries de mettre 3 minutes seulement pour arriver à la
fermentation.
On procède encore une fois au roulage avant de sécher le thé dans les
paniers.
a) Thé vert
Après dessiccation, les feuilles sont placées encore chaudes dans des
paniers en couches de 5 cm d'épaisseur suivie d'un étalement d'un poignet
des fleurs. Après une journée de contact, on retire les fleurs et on sèche
le thé.
b) Thé noir
V Thé soluble
Classification du thé
Il y a 3 groupes de thés :
1. thé des feuilles entières
2. thé des feuilles brisées
3. Fannings et dust.
44
Le caoutchouc est un matériau qui peut être obtenu soit par la transformation du latex
sécrété par certains végétaux (par exemple, l'hévéa), soit de façon synthétique à partir de
monomères issus de combustibles fossiles. Le caoutchouc naturel (sigle NR, Natural
Rubber) est un polyisoprénoïde. Le schéma réactionnel correspondant à la formation du
NR, qui utilise la photosynthèse, est très complexe.
45
6.1. Récolte
La tige de canne à sucre en maturation est la partie de la plante qui est récoltée.
Traditionnellement, les champs de canne à sucre sont brûlés afin de faire fuir les
serpents et autres animaux venimeux, et faciliter l'accès des coupeurs à des champs
éclaircis et des tiges de cannes débarrassées de leurs feuilles mortes. Ces feux
spectaculaires brûlent intensément et s'éteignent très rapidement. Les coupeurs
sectionnent la tige de la canne juste au-dessus du premier nœud, l'étêtent, et la coupent
parfois en deux si elle est trop longue. La concentration en sucre est maximale dans
la partie basse de la tige. Les têtes sont laissées au champ, auquel ils rendent une partie
des nutriments en se décomposant. Des boutures peuvent aussi y être taillées. Les
tiges de cannes sont ensuite rassemblées et chargées sur un camion qui les transporte
jusqu'à l'usine qui est toujours proche des exploitations, car la dégradation du taux de
sucre de la canne coupée est rapide : 2,4 points de richesse en 10 jours. Cette
dégradation s'accompagne d'une perte de poids de l'ordre de 1 % par jour
La récolte de la canne à sucre peut être mécanisée, divers types d'appareils existent, depuis
la petite faucheuse mécanique auto-tractée jusqu'à du matériel lourd. Ces grosses
machines à couper la canne présentent généralement de deux à quatre fuseaux en
hélices qui attrapent les rangées de tiges de cannes. Le bas et le haut des tiges sont
coupés et les cannes sont portées par un tapis roulant vers le côté où elles sont déposées
dans un camion. Les cannes coupées par ces machines se dégradent plus rapidement
qu'avec des coupeurs manuels, et doivent être rapidement transportés à l'usine. Ce type
d'exploitation permet la récolte rapide de grande quantité de canne, et réduit le coût de
main d’œuvre dans les pays où les salaires horaires sont élevés. Elle permet également la
récolte des cannes sans brûler les champs, ce qui laisse beaucoup de matière organique
dans le champ pour la plantation suivante et
51
forme un paillis empêchant la repousse des herbes concurrençant les jeunes rejets de
canne.
Les rendements des champs de canne sont très variables, et dépendent fortement des
pratiques agricoles et des conditions naturelles (richesse des sols et climat). Les petites
exploitations traditionnelles obtiennent généralement des rendements de l'ordre de 40
tonnes de canne par hectare, les vastes exploitations dotées de matériel et de bonnes
technicités produisent des rendements allant de 60 à 80 tonnes à l'hectare. Les
rendements mondiaux sont en constante augmentation, avec une moyenne d'environ
65 tonnes de canne à l'hectare. Certaines exploitations obtiennent des rendements
dépassant les 100 à 130 tonnes de canne à l'hectare.
Repousse
6.2. Traitement
La canne récoltée, sous forme de tronçons de tiges, est transportée dans une unité de
transformation, le plus souvent une sucrerie, pour être traitée. Les tiges sont broyées
dans un moulin et produisent un liquide sucré, le jus de canne ou vesou, ainsi qu'un
résidu fibreux, la bagasse. Le vesou fait l'objet d'une évaporation, conduisant au
sirop, lequel est clarifié puis concentré pour en extraire le sucre cristallisé brut, la
cassonade. Celle-ci donne le sucre
52
roux, qui sera ensuite éventuellement transformé en sucre blanc dans une raffinerie.
Fabrication du sucre.
Le sucre que renferment les tiges de canne est du saccharose. Ce saccharose est l'un
des produits de la photosynthèse (transformation de l'énergie lumineuse en énergie
chimique). La canne accumule ce sucre dans ses tiges comme réserve énergétique. La
quantité de saccharose contenue dans la canne est en moyenne de 12 à 15 %. Pour
extraire et concentrer ce sucre, la canne doit être soumise à un traitement qui s'est
complexifié avec les années. Aujourd'hui, le processus s'est grandement mécanisé et
permet d'obtenir un produit d'une grande pureté.
et consommé tel quel. Pour obtenir le sucre blanc, le sucre roux doit
subir une série d'opérations de raffinage en usine.
6.3. Sous-produits
6.3.1. Bagasse
La production mondiale de bagasse se situe entre 250 et 350 millions de tonnes par
an. Environ 60 % de cette production est utilisée comme combustible dans les
sucreries, pour chauffer les fours et pour la production d'électricité (production de
vapeur par combustion dans une chaudière reliée à un turbo-alternateur), servant à
l'alimentation énergétique de l'unité de transformation, qui fonctionne pratiquement
en autosuffisance énergétique. En dehors des sucreries, la bagasse peut-être aussi
brûlée dans des centrales à bagasse pour la production de chaleur et d'électricité.
L'excédent de bagasse non utilisée comme combustible peut servir à la fabrication de
papier, des panneaux de particules, de la litière pour les animaux, servir de nourriture
pour le bétail, être valorisé comme base de compost, etc.
Comme aliment pour le bétail, la bagasse est souvent trempée de mélasse, un autre
sous-produit de la fabrication du sucre. Elle est généralement réservée au bétail adulte,
alors que sa digestion par de jeunes veaux peut être énergétiquement peu rentable. Divers
traitements ont été tentés pour améliorer la digestibilité de la bagasse par le bétail, par
exemple en la broyant ou en la trempant dans un bain de soude à 2 % afin de dissoudre la
lignine et rendre la cellulose plus accessible aux enzymes digestifs.
54
Le jus de canne est extrait par passage des tiges de canne à sucre dans une presse. Ce
jus appelé vesou contient 70 % d'eau, 14 % de saccharose, 14 % de matière ligneuse
et 2 % d'impuretés. Il est consommé comme boisson dans de nombreux pays, souvent
accompagné d'un peu de jus de citron et de glace pilée (guarapa). De petites presses
à main mécaniques existent pour cet usage et servent dans le cadre familial, dans la
restauration ou par les vendeurs des rues.
En sucrerie, le jus de canne fait l'objet d'une évaporation, conduisant au sirop, lequel est
clarifié puis concentré pour en extraire le sucre cristallisé brut, la cassonade. La cassonade
donne le sucre roux, qui peut être commercialisé directement ou transformé en sucre blanc
dans une raffinerie. Le vesou peut également faire l'objet d'une fermentation et d'une
distillation, pour obtenir le rhum agricole.
Le jus de canne ainsi pressé est ensuite filtré par une petite passoire.
6.3.3. Mélasse
véhicules (de façon de plus en plus importante notamment au Brésil). Cette fermentation
peut aussi permettre la production d'acétone, de glycérol et d'acide citrique.
La mélasse peut servir ralentir la solidification (prise) d'une coulée de ciment Portland
afin que la coulée suivante lui colle bien malgré un délai de quelques jours. Sans
ralentisseur de prise la coulée suivante ne collera pas sur un ciment trop solidifié.
La mélasse peut également servir d'engrais, notamment comme amendement dans les
champs de canne à sucre.
56
1. Introduction générale
Il est important avant d’aborder ce module, de préciser sur les compositions chimiques de graines végétales.
Tableau 14. Composition et structure de graines végétales
Protéines Lipides Glucides Fibres (2) Cendres Eau
(1)
(%) (%) (%) (%) (%)
(%)
Graines de céréales
- Blé 7 – 8 (3) 1.5 – 2 60 – 69 2 – 2.5 1.4 – 2 (4) 8 – 18
- Maïs 7 – 12 (5)
4–8 67 – 72 2 1.5 – 1.8 11
- Riz (paddy séché) 7.5 – 9 2 63 9 6 12
Graines de
légumineuses ≈ 26 1.2 ≈ 61 6.5 4
- Haricot ≈ 27 1.5 ≈ 60 2–6 3
- Petit poids 35 – 50 22 ≈ 15 ≈ 10 5
- Soja 25 – 30 48 12 3 3
- Arachide
(1) Par différence, fibre non comprise ; (2) cellulose, hémicellulose, pentosane, et autres polysaccharides
insolubles même en solution acide ou alcaline ; (3) La teneur relative en lysine décroit lorsque la teneur en
protéines s’élève ; (4) P = 0,36%, Ca = 0,05%, Fe = 0,005% ; (5) jusqu’à 15 % de protéines pour certaines
variétés récentes à bon rendement ; (6) Composition par rapport à la matière sèche
Tableau 15. Types de protéines de graines végétales
Type de protéines Solubilité Exemples de protéines
particulières
Albumines (diverses graines Solubles dans l’eau - Leucosine
végétales) - Enzymes de masse
moléculaire 20 000 à
50 000
Globulines (diverses graines Insolubles dans l’eau - Arachine (arachide)
végétales) Solubles dans des - Conarchines
solutions diluées de sels (arachide)
neutres - Edestine (orge, blé)
- Légumines (poids,
haricot)
- Vicilline (poids,
aricot=
- Glycinines (soja)
Prolamines (céréales seulement) Soluble dans les - -gliadine (blé)
solutions d’éthanol - Zéine (maïs)
- Hordéine (orge)
Glutéines (céréales seulement) Partiellement solubles - Glutéines
seulement dans les - Avénine (avoine)
acides ou alcalis dilués - Glutéline du riz (80 %
(souvent acide de protéines
acétique) ou aussi dans présentes)
les solutions d’urée ou
de guanidine (coupent
les liaisons
hydrogènes)
57
2. Industrie du blé
i. Introduction
Blé: la composition influence les caractéristiques fonctionnelles technologiques. Triticum vulgare (3 x14
chromosomes): blé tendre, adapté pour la panification, pâtisserie et biscuiterie. Triticum durum (2 x 14
chromosomes): blé dur, adapté pour la fabrication des pâtes alimentaires.
Broyage: du fait de la composition et de la structure de l’albumen, on distingue le blé vitreux (hard) et le
blé farineux (soft).
Qualité de la farine:
- Farine de force (strong) où l’abondance et la qualité du gluten déterminent une forte absorption
d’eau et une élasticité élevée de la pâte boulangère, particulièrement favorable à la rétention de gaz,
en panification.
- Farine faible (weak), généralement plus pauvre en protéines, se prête bien à l’utilisation en
biscuiterie et en pâtisserie.
i. Farine de blé
(1) Représentation schématique
Grains de blé
Broyage (désagrégation ou mouture)
Tamisage
+
Sassages successifs (séparation par densité)
Franctions
Germe Sons de (téguments et couche à aleurone)
blé
Farine de blé
(albumen)
Pour le taux d’extraction de 85 %, il y a seulement élimination surtout de la couche externe. Pour le taux
d’extraction de 70 %, la partie majeure du germe est également éliminée. La farine de faible taux
d’extraction exhibe de meilleures caractéristiques organoleptiques et fonctionnelles.
(2) Meunerie
Au taux d’humidité de 15 à 17%, le son est relativement dur et élastique et l’albumen mou et friable. Ceci
facilite de détacher l’un de l’autre.
Mouture: passage entre paire de cylindres cannelés. Pour mouture de blé tendre on utilise ultérieurement
des cylindres lisses (convertissage) pour réduire les semoules en farines.
Entreposage de la Farine améliore les propriétés fonctionnelles et est liées à la formation d’une bonne pâte. Ce
phénomène déterminant ne trouve pas encore des explications biochimiques. La maturation est
probablement liée à l’oxydation de des groupements sulfhydrile ou au réarrangement de certains ponts
disulfure du gluten. Les changements le plus net sont augmentation de l’élasticité de la pâte, et la meilleure
rétention de gaz lors de la fermentation. Les ponts disulfures stables constituent un facteur essentiel de
l’élasticité.
ii. Panification
Procédés de panification
Farine de blé
er
1 Pétrissage
(10 à 20 min)
ème
2 Pétrissage
ère
1 Fermentation
(2 à 3 heures)
Panification continue (continuous dough making) est un procédé de boulangerie industrielle, consistant en
une chaîne de panification où le temps de fabrication est réduit à 2 - 3 heures et la durée de fermentation
très courte. Un liquide de fermentation (plus facile à pomper et à doser automatiquement que la levure
pressée) est directement mélangé à la farine. La pâte est automatiquement pétrie, extrudée, coupée et cuite.
(4) Fermentation
Pendant la fermentation, le glucide présent dans la pâte est transformé en éthanol et anhydride
carbonique par la levure Saccharomyces cervisiae. Le pain frais contient environ 0,3 % d’éthanol.
La production du CO2 commence lentement puis s’accélère, en raison de la multiplication de la
levure. Une telle formation graduelle de gaz est souhaitable car une augmentation plus rapide du
volume de la pâte provoquerait la rupture. Une température de 23 à 28°C est généralement adoptée
pour la fermentation, est en majeure partie produit par attaque enzymatique des granules d’amidon
endommagés (qui représentent environ 10% des granules d’amidons totaux).
(5) Cuisson
La cuisson du pain à une température externe de 230°C environ, souvent avec injection de vapeur d’eau
dans le four. La température de la pâte reste un peu inférieure à 100°C, sauf en surface où se produit un
durcissement par dessiccation (croûte) et un brunissement non enzymatique. Ce brunissement est
accompagné de la formation de composés odorants (maltol en particulier). En biscuiterie, où des
quantités élevées de saccharose et parfois d’autres sucres sont ajoutés à la pâte, on doit veiller à ce que
le brunissement non enzymatique ne soit pas excessif:
On sait en effet qu’il réduit la digestibilité nutritionnelle des protéines et la disponibilité nutritionnelle
de la lysine (cette disponibilité baisse de 10 à 15%). La cuisson du pain provoque d’autre part une
gélatinisation partielle des granules d’amidon et par conséquent une certaine augmentation de leur
digestibilité. La chaleur provoque aussi une perte de vitamine B1 de l’ordre de 15%; davantage si le pH
de la pâte a été élevé par addition de bicarbonate. Pendant la cuisson, les levures sont tuées et les
amylases inactivées. La chaleur a aussi pour effet de coaguler les protéines de la pâte en particulier les
albumines et les globulines. La structure spongieuse du pain se trouve ainsi figée.
À la fin de la cuisson, la teneur en eau de la pâte est de 45% environ. Il faut éviter qu’une déshydratation
ne se produise lors du refroidissement car elle provoquerait un durcissement de la pâte et un
amollissement de la croûte. En panification industrielle, on utilise, pour le refroidissement, de l’air à
l’humidité contrôlée. Lorsque le pain est emballé dans un sachet plastique non perforé, un transfert
d’eau se produit de la mie à la croûte et entraîne un défaut de texture.
60
Pendant le pétrissage de la pâte et lors de la cuisson, une partie de l’amylose est extraite des granules d’amidon.
Au cours du refroidissement qui suit immédiatement la cuisson, cette amylose cristallise. Cet état caractérise le
pain frais.
Pour la pâte: farine préparée à partir de blés tendres et doivent être extensive et élastique. Le gluten joue le
rôle moins important que l’amidon. La Particularité de biscuiterie est en ce que l’on utilise moins d’eau, la
gélatinisation de l’amidon moins complète, la pâte est généralement laminée entre des rouleaux.
Importants ingrédients pour biscuit et gâteau: saccharose, œufs, lait, lipides et parfois bicarbonate de sodium
et protéines. Les lipides (souvent mono et diglycérides) rendent la texture plus souple et lubrifiée,
améliorent la rétention d’eau, et surtout permettent la formation de la mousse ou d’émulsion riche en air et
stable.
ii. Pâtes alimentaires
(1) Pétrissage à 35°C, 20 min. Volume d’eau 25 – 30% par rapport à la matière grasse.
L’addition de faible quantité de poudre de jaune d’œufs rende la pâte ferme et homogène.
(2) Pour la mise en forme la pâte est extrudées/ forte pression à environ 130 bars.
(3) Séchage relativement lent afin d’être homogène et ne pas créer des fissures dans les produits;
cependant suffisamment rapide pour que des moisissures ne puissent pas se développer.
Durée: 14 – 24 heures, 4 – 5 heures pour les pâtes courtes (dans des enceintes à humidité relativement
contrôlée.
- A la cuisson: elles doivent absorber environ 2 fois leur poids d’eau et leur volume est multiplié par
3 ou 4. une cuisson trop prolongée et la gélatinisation de l’amidon excessive entraîne des pâtes
collantes.
iii. utilisation du riz
(1) schéma de l’usinage du riz
(a) séchage: doit être lent, afin de ne pas provoquer de fissures.
(b) Décorticage: consiste à débarrasser les téguments (glumes ou balle) à l’aide d’un disque abrasifs.
Ces disques sont souvent en caoutchouc tournant à des vitesses différentes.
(c) Polissage: par passage entre cônes abrasifs concentriques, puis par brossage.
62
7.1. Introduction
i. Composition et propriétés
Les fruits et légumes sont riche en eau. Les fruits contiennent en général plus d’oses et d’acides organiques,
et moins d’amidon, des protéines et des sels minéraux que les légumes. La teneur en constituants chimiques
divers varie considérablement au cours de la croissance et de la maturation, de l’entreposage après récolte
et des traitements.
1. Le rôle nutritionnel
La valeur nutritionnelle des fruits et légumes est fonction de leurs compositions, des quantités consommées
et de diversité de choix.
Éléments nutritionnels des légumes et fruit:
- Produits riches en amidon (manioc, patate)
- Produits riche en vitamine C (légumes verts, agrumes)
- Produits riches en pigments caroténoïdes (carottes, légumes feuilles, tomates, agrumes)
- Produits riche en thiamine (légumineuses, pomme de terre)
- Produits riche en protéines (légumineuse, kikalakasa)
- produits riche en fer (légumes feuilles, pomme de terre)
2. Saveur et arôme des fruits et légumes
La saveur et arôme d’un fruit ou de légumes dépend du rapport de la teneur en sucres et en acides
organiques, de la richesse de tanins (astringents), et de la présence de nombreux composés plus volatils
(esters, aldéhydes, cétones, terpènes, …)
L’arôme de certains fruits résulte de centaines de tels composés, dont la chromatographie en phase gazeuse
révèle la présence mais qui ne sont pas encore tous identifiés; cette composition évolue pendant la
maturation, de même que sous l’effet des divers traitements technologiques.
3. Couleur
La couleur des fruits et légumes est du aux pigments localisés dans les plastides, les vacuoles ou le liquide
cytoplasmique des cellules, parfois uniquement des cellules épidermiques (certaines variétés de raisins).
Classes de pigments : les chlorophylles: (vertes et liposolubles), les caroténoïdes: (jaunes et orangés,
liposolubles), et les anthocyanines: (rouges ou bleues, hydrosolubles). La teneur des fruits et légumes en
pigments est complètement modifiée pendant la maturation.
Les fruits et légumes peuvent aussi être le siège de réaction de brunissement enzymatique et non
enzymatique
4. Texture
La texture des fruits et légumes résulte de la nature des cellules du parenchyme et divers autres éléments
structuraux.
- La rigidité: due en partie aux microfibrilles cristallines de cellulose, résidu sec et aux microfibrilles
d’hémicelluloses divers, de xylanes, de lignines (polymères de phénols).
- La turgescence: confère aux fruits et aux légumes leur fermeté et leur succulence, dépend de l’eau
retenue dans les cellules par osmose, qui peut atteindre 96% du poids du tissu.
63
La texture est influencée également par les gels d’amidon, et par les gels de pectines de la lamelle
intermédiaire qui assure le lien entre parois cellulaires voisines.
iv. Maturation et Métabolisme Post-récolte
1. Données du problème
La respiration des tissus végétaux consiste en l’oxydation des hydrates de carbone; elle provoque une perte
de matière sèche et souvent aussi une diminution de la saveur sucrée.
La respiration consomme de l’oxygène, d’où nécessité d’aérer les fruits et légumes entreposés. La
respiration en anaérobiose entraîne la formation d’éthanol, toxique pour le tissu (taches brunes internes de
pommes, noires de pommes de terre) et désagréable du point de vue gustatif. La respiration dégage de
l’anhydride carbonique, produit de l’eau et entretient la transpiration du tissu; il faut éviter que cette eau ne
s’accule à la surface des fruits et légumes, car elle favorise le développement des microorganismes. La
respiration dégage de la chaleur; nécessité de ventiler les locaux d’entreposage et de maintenir une humidité
de 85 – 95% pour limiter l’évaporation de l’eau contenue dans les fruits et légumes. La respiration du tissu
après la récolte constitue ainsi le facteur limitant de la conservation des fruits et des légumes à l’état frais.
On sait que la réfrigération peut permettre de prolonger considérablement la durée de conservation; elle
doit toutefois être appliquée dans des conditions précises, car tout fruit ou légume ne supporte sans
dommage qu’une certaine zone de température.
La plupart de fruits peuvent mûrir sur la plante; toutefois, pour des raisons technologiques et économiques,
certains fruits sont souvent cueillis avant complète maturité. La maturation se produit pendant le transport
et l’entreposage.
La maturation artificielle améliore parfois les caractères organoleptiques du fruit à condition d’être
effectuée à une température bien appropriée. Toutefois, le fruit mûri sur une plante est de qualité élevée
qu’un fruit mûri artificiellement. D’ailleurs la maturation artificielle ne convient pas à tous les fruits (ex les
agrumes).
Les fruits parvenus à maturité sont exposés à se détériorer, soit du fait de maladies physiologiques, soit
suite à l’attaque des microorganismes.
Au stade de maturité optimale (du point de vue organoleptique) fait suite rapidement la désorganisation et
la sénescence du tissu: ramollissement excessif, brunissement enzymatique, etc.
2. Phase de vie de fruits
Les phases de vie de fruits comme la pomme et les agrumes sont assez lentes, en raison de l’activité
respiratoire faible. Pour certains fruits, les deux dernières phases sont très courtes.
Du point de vue métabolisme, la phase de maturation serait une période de différenciation du tissu,
accompagnée de la synthèse spécifique de certaines enzymes responsables de changement de couleur,
texture et saveur.
La période de différenciation est rapidement suivie de la désorganisation de l’appareil métabolique du tissu.
64
Suivant leur comportement après récolte, pour les fruits récoltés avant maturité on distingue deux groupes:
- Les fruits du 1er groupe (abricot, pêche, poire, tomate, certains melons, l’avocat, la banane)
présentent un accroissement temporaire de l’activité respiratoire, appelé ‘pic climactérique’, qui
coïncide en général avec les principales modifications de couleur, de texture et de flaveur
caractérisant la maturation. Le pic climactérique survient soit sur la plante, soit lors de maturation
après récolte, et constitue un repère commode bien qu’incomplet pour l’évaluation de l’état de
maturité de certains fruits; il n’est pas provoqué par une modification des conditions ambiantes,
mais est dû à des réactions endogènes encore mal connues. Le pic climactérique, donc la présence
d’oxygène, sont indispensables pour que la maturation se produise. Les fruits qui présentent les plus
nettement le pic climactérique (fruit du 1er groupe), sont justement ceux que l’on récolte souvent
avant maturation.
- Les fruits du 2ème groupe (raisin, cerise, fraise, figue, agrumes, ananas, la plupart des légumes, ...)
ne présentent pas de pic climactérique; leur respiration progresse plus lentement, et on les laisse en
général mûrir sur la plante. Ce qui mérite d’être souligné c’est que le 2ème groupe comprend divers
végétaux à activité respiratoire élevée.
- Dans le cas des bananes qui doivent être réfrigérées (12°C) pendant le transport, la maturation est
conduite à 17 – 21°C et à une humidité de 85%; la peau commence à jaunir au bout d’environ 3
jours. Parallèlement l’amidon du fruit est transformé en oses, et passe ainsi de 20 à 2% en 6 jours.
- Des tomates sont laissées mûrir à la température ordinaire.
3. Modifications chimiques pendant la maturité
À l’air et température ordinaire, nombreux fruits dépassent rapidement la maturité optimale et entre dans la
sénescence. C’est pour prolonger la conservation à l’état frais que l’on recourt à la réfrigération ou aux atmosphères
contrôlés (conditionnées ou dirigées).
2. Paramètres d’entreposage
La réfrigération, de façon générale, retarde et ralentit la maturation et plus spécialement les réactions
liées à la respiration. Pour les fruits fragiles, refroidissement à l’air ou l’eau (ou parfois évaporation
sous vide) immédiatement après la récolte. Les températures basses conduisent au risque de
développement fongique moindre, mais celui de maladies physiologiques accrues.
Notes :
- Phénomène du brunissement enzymatique ou non pour certains fruits exposés longtemps à des
températures basses.
- Processus de maturation d’un fruit peut présenter des caractères différents selon la température
d’entreposage.
- Pour la maturation complémentaire, des températures supérieures à 30 – 35°C sont à éviter car elles
ne permettent pas le fonctionnement adéquat des systèmes enzymatiques et peuvent même
provoquer la mort du tissu.
Carotte -1 à +1 4 – 6 mois
Concombre 7 à 10 1 – 2 semaines
Chou 0 2 – 4 mois
Épinard 0 2 – 6 mois
Haricot vert 0 1 – 3 semaines
Laitue 0 1 – 3 semaines
Oignon 0à3 6 semaines
Petit pois 0 1 – 3 semaines
Pomme de terre 5 à 10 4 – 8 mois
Avocat 5 à 10 2 – 4 semaines
Banane 11 à 15 1,5 – 3 semaines
Citron 11 à 15 1 – 4 mois
Orange 4à6 Jusqu’à 6 mois
Tomate 0 1 – 3 semaines
On distingue:
- Le nettoyage à sec
- Le lavage par immersion dans l’eau
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Le triage se faisant à la fois par grosseur ou d’après la couleur à l’inconvénient de fractionner les produits
en un nombre excessif de catégories.
3. Parage
Le parage est l’opération consistant à éliminer des éléments non comestibles ou indésirables (écossage,
éboutage, etc).
Utilisation des appareils automatiques conçus pour une opération déterminée.
4. Pelage
D’autres méthodes de pelage font appel à une congélation superficielle immédiatement suivie de la
décongélation et immersion dans l’huile chaude ou dans la saumure chaude.
5. Blanchiment
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Le blanchiment est une brève pré-cuisson, à l’eau ou à la vapeur, à laquelle on soumet les aliments végétaux
que l’on consomme habituellement à l’état cuit, et que l’on se propose de conserver par appertisation,
déshydratation ou congélation.
Les fruits ne sont généralement pas blanchis, à l’exception des pêches, des abricots et des pommes lorsqu’on
en prépare des pulpes pour la confiture.
Le blanchiment vise divers buts:
- Attendrir les tissus végétaux de façon à lui permettre de supporter sans dommage les manipulations
ultérieures, et à réduire son volume apparent afin d’en faciliter ou rendre possible le
conditionnement dans des emballages.
- Éliminer l’air et autre gaz des espaces intercellulaires, pour diminuer les réactions d’oxydation et la
pression dans les récipients lors de la stérilisation.
- Accroître la perméabilité des parois cellulaires, ce qui augmente la vitesse de déshydratation et
facilite la réhydratation ultérieure.
- Détruire les enzymes pouvant provoquer des détériorations, notamment lors de l’entreposage à l’état
déshydraté ou congelé.
7.2. Jus de Fruits
7.2.1. Préparation
1. Généralités
- Jus de fruits = produit naturel provenant de la pression de fruits sains et mûrs, non fermentés.
- Le jus de fruit ne doit pas comporter, à la suite de fermentation, une teneur en alcool supérieure à
1%.
- Exemples des additifs pour le jus: Anhydride sulfureux < 100 ml/l ; Acide ascorbique < 300 ml/l
- Jus frais: le jus de fruit qui n’a subi aucun traitement physique, ni de stabilisation.
- Jus pur: le jus de fruit où aucune addition d’un produit quelque.
- Jus Edulcoré: le jus de fruit additionné de saccharose dans une proportion ne dépassant pas 50 g/l.
- Jus sucré: le jus de fruit additionné de saccharose dans une proportion supérieure à 50 g/l.
- Jus salé: le jus de fruit additionné de 1 g/l de chlorure de sodium.
2. Matières premières
La qualité du jus est fonction de la qualité des fruits, de la variété (qualité gustative, résistance
mécanique, forme, couleur), des conditions culturales (climat, sol, irrigation, traitement, etc), de l’état
de maturité (rapport sucre/acide, critère indispensable) et des méthodes de récolte (moment de récolte).
3. Opérations de fabrication
(b) Extraction du jus : méthodes extraction est fonction de la structure du fruit, sa composition
chimique, et les caractères que l’on souhaite (limpidité, viscosité, astringence)
Composés, présents dans le fruit, que l’on souhaite avoir dans le jus, et même protéger contre les altérations:
substances aromatiques (esters, aldéhydes, alcools, etc.), sucres, pigments, vitamines, pectines.
On se forcera de n’est pas trop extraire de tanins, autres composés phénoliques astringents, de glucosides
amers, d’huiles essentielles (agrumes), de cellulose. Dans les agrumes, divers types de composés
susceptibles de provoquer des défauts (flavédo, dans le péricarpe, riche en caroténoïdes, contient des huiles
essentielles, sources d’arôme; mais si la teneur en huiles essentielles de l’ordre de 0,02% est considérée
comme souhaitable, on se forcera cependant de ne pas dépasser cette proportion.
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Une autre catégorie de composés indésirables comprend certains glucosides amers ou leurs précurseurs,
localisés surtout dans l’albédo (mésocarpe) et dans la membrane inter-carpellaire, également riche en
cellulose et en vitamine C.
Exemples de quelques rendements d’extraction: pomme (65 l/ 100 Kg), tomate (70 l/ Kg), agrume (40 l/
Kg), ananas (50 l/ Kg). Un rendement élevé nuit à la qualité, étant donné qu’il résulte de l’extraction du jus
à partir même des portions les moins mûres des fruits, ou d’éléments comme l’écorce ou la peau, riche en
substances indispensables.
Température d’extraction: pomme, agrumes, ananas (traités à froid)
Les substances en suspension dans le jus de tomates, d’agrumes et d’ananas sont des fragments de petite
taille (0,5 à 500 µm) de tissus riches en molécules hydratées: cellulose, pectine, protéines. Dans le cas des
agrumes ces fragments fixes, par adsorption sur les composés lipidiques, une quantité non négligeable
d’huiles essentielles. Les caroténoïdes aussi sont présents dans des particules insolubles, en suspension dans
le jus.
Lorsqu’on prépare des jus limpides, la présence de pectine gêne le pressage et les opérations de clarification.
Il est donc nécessaire d’ajouter des enzymes d’origine fongique, afin de dégrader et réduire la viscosité du
ju
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BIBLIOGRAPHIE
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