~1~
INTRODUCTION
En République Démocratique du Congo plus précisément dans la ville de Kinshasa,
il s'est observé depuis plusieurs années les dérapages sur le domaine public routier.
Notamment le non-respect de feu rouge par les conducteurs de véhicules et de moto, le non-
respect de l'orientation du roulage lors de la régularisation de la circulation, le jet de déchet
sur la chaussée et dans le caniveau, les installations de kiosques de cabine téléphonique et de
boutiques sur les dépendances du domaine public routier, la création illégale de parking et des
arrêts sur le domaine routier etc... Cette liste elle est non exhaustive. Nous ne saurons ici
énumérés tous les dérapages qui se commettent dans la ville de Kinshasa.
Il s'ensuit que ces pratiques sur le domaine public routier entraînent plusieurs
conséquences néfastes. Par exemple, il y a des cas en nombre incalculable d'accidents, les
embouteillages, des tracasseries, les maladies telles que la malaria issue des moustiques qui
sont produits par des déchets jeter sur la chaussée et le dans le caniveau.
L'énumération des conséquences néfastes résultant de la mauvaise gestion du
domaine public routier, nous fait montre à quel point elles peuvent perturber non seulement la
circulation routière mais aussi la santé des individus.
Au regard de toutes ces pratiques empêchant la fluidité de la circulation sur le
domaine public routier, il sera question dans le cadre de ce présent travail de rechercher les
causes pouvant être à la base de ces dérapages. Est-ce l'inefficacité de la loi ? Ou le manque
de rigueur à l'endroit des agents censés faire observer les règles en matière routière ?
Et en deuxième lieu, nous essayerons de donner les pistes de solutions susceptibles
de mettre fin à ces dérapages mais également proposer les techniques capables de pérenniser
cela pour l'amélioration et la préservation du domaine public routier en vue de garantir une
circulation paisible aussi bien pour les piétons que pour des véhicules.
Ces questionnements constituent les problématiques auxquelles nous devons
répondre et dont nous nous efforcerons d'y répondre dans le cadre de cette étude.
Cette étude sera abordée en deux chapitres. Dans le premier chapitre, il sera question
d'étudier les aspects théoriques du domaine public routier en analysant dans un premier temps
sa notion et sa définition et ensuite examiner la procédure de sa domanialité en d'autres termes
de son entrée dans le domaine public de l'Etat.
Dans le deuxième chapitre, ce qui va nous préoccuper en premier lieu dans ce
deuxième chapitre c'est de savoir ce qui est à la base des pratiques des dérapages sur le
domaine public routier et ensuite essayer de trouver les pistes de solutions pour y mettre fin.
~2~
CHAPITRE 1. ASPECT THEORIQUE DU DOMAINE ROUTIER
Le domaine public routier est un concept clé dans la gestion des infrastructures de
transport terrestre. Il englobe toutes les voies de communication terrestres non ferroviaires
telles que l’autoroute, les routes nationales, etc.1
Nous allons dans ce premier chapitre commencer par analyser les aspects théoriques en
étudiant les éléments ou connaissances élémentaires sur le domaine public routier ( §1), ainsi
que sa définition ( §2), dans la deuxième section de ce premier chapitre nous verrons la
procédure d'appartenance de la route dans le domaine de l'Etat, en examinant les conditions
d'accès de la route dans le domaine de l'Etat ( §1) et son régime juridique ( §2 ).
Section 1. Notions et Définition
Nous allons dans cette section étudier deux paragraphes, la notion et la définition du
domaine public routier.
Paragraphe 1. Notions
Il convient de noter qu'un bien ne peut appartenir à l'Etat que lorsqu'il se retrouve ou
tombe dans son domaine. Une fois un bien dans le domaine de l'Etat, revêt la qualification de
bien domanial. Il existe deux domaines de l'Etat. Il y a d'une part le domaine public de l'Etat,
d'autre part le domaine privé de l'Etat.
Le domaine privé de l'Etat qui est considéré comme l’ensemble des biens appartenant
à l'Etat qui ne sont pas affectés à un usage public ou à un service public. Tandis que le
domaine public de l'Etat est constitué des biens affectés à un usage et à un service public 2.
Pour le cas de la route qui fait même temps l'objet de notre recherche c'est un bien du domaine
public précisément affecté à l'usage de tous.3
Le domaine public routier est un ensemble d’infrastructures de transport terrestre qui
comprend les routes, les autoroutes, les chemins et autres voies de communication. Ces
infrastructures sont essentiellement pour assurer la mobilité des personnes et des biens,
facilitant ainsi les échanges économiques et sociaux. Il inclut également les ponts, les tunnels,
les aires de repos et les stations de péage.4
Les routes et autoroutes sont classées en différentes catégories selon leur importance
et leur fonction. Les autoroutes sont conçues pour de déplacement rapide alors que les routes
départementales sont des zones locales.5
Ainsi la gestion du domaine public routier implique des activités de planification, de
construction, d’entretien et de modernisation. D’où les autorités compétentes doivent
s’assurer que les infrastructures routières sûres, efficaces et adaptées aux besoins des usagers.
1
Vincent Kangulumba « Notes des cours » 2è Gradué, UNIKIN
2
Vincent Kangulumba « Précis de droit civil des biens», Academia bruyant, Belgique 2007, p 100
3
Idem
4
« Delimitation du domaine public routier » consulté sur [Link] à12h45
5
Idem
~3~
Paragraphe 2. Définition
La loi n 78/022 du 30 août 1978 portant code de la route ne définit pas le « domaine
routier ». Cependant, le législateur dans cette loi se limite à définir seulement la route. Devant
cette absence légale, pour mieux appréhender cette notion, il nous semble important de diviser
ce concept en deux « domaine public et route » et essayer de définir chaque terme
séparément.
Domaine Public
De prime abord, Le concept « domaine » trouve son fondement juridique dans l'art 9
de la constitution6. L'art 54 donne les modalités prévues dans l'art 9 de la constitution.
L'analyse de la combinaison de ces deux articles nous a amené à comprendre que le domaine
n'est rien d'autre que le patrimoine de l'Etat7.
Le domaine public quant à lui est défini comme l'ensemble des biens appartenant
l'Etat qui ont fait l'objet d'affectation, soit à l'usage public, soit à un service public Ce qui
signifie lorsque nous parlons du domaine public nous faisons en réalité référence au
patrimoine public de l'Etat qui contient en son sein ses biens qui ont un régime juridique
particulier8.
La route
Selon l'Art 1 point 2.4 de la loi n° 78/022 du 30 août 1978 portant Nouveau Code de
la route. La route désigne toute l’emprise de tout chemin ou rue ouvert à la circulation
publique.
La définition juridique n'étant pas claire, il importe de chercher l'explication de
chaque terme utilisé dans la définition notamment l’emprise, chemin, et rue pour permettre
une compréhension nette et claire sur la notion.
En ce qui concerne la définition de trois mots cité ci-dessus, il n'existe pas de
définition légale. La doctrine en ce qui concerne le terme « emprise » désigne l'ensemble des
terrains nécessaires à la construction, à l'aménagement et à l'entretien d'une voie de
circulation, qu'il s'agisse d'une route, d'une autoroute ou d'un chemin. L'emprise comprend
non seulement la chaussée elle-même, mais aussi les accotements, les fossés, les espaces
verts, les ouvrages d'art (comme les ponts et les tunnels), ainsi que les zones de sécurité. 9
Les « dépendances d'une route » se réfèrent généralement aux éléments et
infrastructures qui sont directement associés à la route, mais qui ne font pas partie de la
6
« L’Etat exerce une souveraineté permanent notamment sur le sol, le sous-sol, les eaux et les forêts, sur les
espaces aérien, fluvial, lacustre et maritime congolaise et sur le plateau continental. Les modalités de gestion et
de concession du domaine de l’Etat visé à l’alinéa précèdent sont déterminées par la loi »
7
Yves ALONI « Notes de cours de droit civil des biens » inédit.
8
Note des cours « Droit civil des biens » 2è Graduat, UNIKIN, 2022
9
Jean-Marie Auby « Droit administratif », Dalloz, 2020 Paris, p122
~4~
chaussée elle-même. Cela inclut divers composants qui contribuent à la fonctionnalité, à la
sécurité et à l'entretien de la route.10
Voici quelques exemples de ces dépendances :
a) Accotements : Les zones latérales à la chaussée, souvent enherbées ou pavées, qui
servent de sécurité pour les véhicules en cas d'urgence.
b) Fossés : Canaux souvent situés de part et d'autre de la route, destinés à drainer l'eau
de pluie et éviter l'accumulation d'eau sur la chaussée.
c) Ouvrages d'art : Structures comme les ponts, tunnels, murs de soutènement, qui
permettent de franchir des obstacles comme des rivières ou des vallées.
d) Signalisation : Panneaux de signalisation, marquage au sol et feux de circulation
qui régulent le trafic et assurent la sécurité des usagers.
e) Éclairage : Lampadaires et autres systèmes d'éclairage qui améliorent la visibilité
nocturne sur la route.
f) Barrières de sécurité : Éléments de protection qui empêchent les véhicules de sortir
de la route ou de pénétrer dans des zones dangereuses.
g) Réseaux de communication : Câbles et infrastructures nécessaires pour la gestion
du trafic, comme les caméras de surveillance et les systèmes d'information en temps
réel.11
En résumé, les dépendances d'une route englobent tous les éléments qui soutiennent
son fonctionnement et sa sécurité, mais qui ne font pas directement partie de la chaussée. Il
découle de cette définition que la route est considérée comme un espace réservé
exclusivement à la circulation publique.
Chemin et Rue
Selon le sens courant, un chemin est une voie étroite, souvent non pavée, surtout
dans les zones rurales, tandis que la Rue est une voie urbaine pavée, généralement plus large
et aménagée pour le passage de véhicules et de piétons.12
Donc, dans toutes les définitions données ci-dessus, nous retenons la route comme un
espace de terre appartenant à l'Etat qui permet la circulation ainsi ses dépendances.
Le droit français par le code de la voirie routière le définit en ces termes ; « Le
domaine public comprend l’ensemble des biens du domaine public de l’Etat, des
départements et communes affectés aux besoins de la circulation terrestre, à l’exception »13
Les auteurs à leur tour ont définis ce domaine :
Jean-Claude Gémar définit cela comme « l’ensemble des voies publiques qui sont
affectés à la circulation routière »14
10
« Les dépendances routières » consulté sur www.sécuritéroutiè[Link] à 22h22
11
Idm
12
« Chemin et rue » [Link] consulté à 12h57
13
Article L11161 de la loi n 89-413 du 22 juin 1989 portant code de voirie routière
14
Jean-claude « Les route et la gestion du domaine public », le Harmattan, 2011, P25
~5~
Jean-Marie Auby définit le domaine public routier comme « celui qui comprend
l’ensemble des biens affectés à la circulation terrestre, à l’exception des voies ferrée. »15
Dans toutes les définitions, on peut constater qu’il n’y a pas une définition propre,
c’est l’ensemble des éléments qui constituent ce domaine qui ont permis à ce que la
législateur français et les doctrinaires puisse donner une définition quant à ce.
Section 2. Procédure de la domanialité
Comment la route peut entrer dans domaine public de l'Etat ? ( §1 conditions de la
domanialité routière), Une fois la route dans le domaine public, quelles sont les règles
juridiques qui lui seront appliquée ( §2 régime juridique de la domanialité routière).
Ce sont ces deux questions qui constituent la problématique de la seconde section à
laquelle nous essayons d'y répondre l'une après l'autre.
La procédure d’affectation du domaine routier est faite aux prescris des dispositions
de la loi foncière aux articles 9, 10, 53, 54, 55, 209 et 210. Ces dispositions ressortent les
principes conférant à un bien le caractère public notamment ; l’inaliénabilité,
l’imprescriptibilité et insaisissabilité.
L’art 55 de la loi foncière dispose « Le domaine foncier public de l’Etat est constitué
de toutes les terres qui sont affectés à l’usage ou un service public. Ces terres inconcessibles
tant qu’elles ne sont pas régulièrement désaffectées » En d’autres, ce domaine foncier de
l’Etat englobe même les routes, celles-ci deviennent comme telle (route) lorsqu’elle désigne
de toute emprise de tout chemin ou rue ouvert à la circulation publique 16 , en d’autre termes, il
faut que cette partie de la terre puisse permettre à une circulation ouverte au profit du
publique et seul l’Etat peut le faire.
Cependant, la procédure de l’affectation d’une route à un usage public ou un service
public est effectuée par le biais d’une décision expresse ou implicite émanant d’une autorité
compétente. Il ne peut perdre ce caractère que par le biais de la même autorité.
Paragraphe 1. Les conditions
La condition pour faire entrer un bien dans le domaine public, c'est l'affectation. Il
sied de préciser de prime abord que, l'affectation dépend de l'assiette de chaque domaine 17.
Cela signifie que l'affectation se fait différemment selon que nous sommes dans l'assiette
naturelle ou l'assiette artificielle. Ce qui revient à dire que pour analyser les conditions de la
domanialité, il faut commencer par déterminer l'assiette du domaine public routier.
a. Assiette naturelle est celle qui existe par le fait de la nature. Exemple : la mer,
le fleuve, l'océan, etc.
15
Jean-marie Auby « Précis de Droit administratif des biens », Dalloz 8è édition, Paris 2020, p125
16
Loi n78/0022 du 30 août 1978 portant nouveau code de la route
17
Yves Aloni « Droit civil des biens » [Link], Kinshasa 2021, p65
~6~
b. Assiette artificielle est celle qui existe par la volonté de l'homme. exemple : la
route, concession de chemin de fer, les universités de l'Etat, le bâtiment du
palais du peuple etc.18
Au regard de deux définitions données ci-dessus, nous pouvons affirmer que la route
se trouve dans l'assiette artificiel du domaine public en ce que son existence exige
l'intervention humaine.
Étant donné que la route est du domaine dont l'assiette est artificielle, son affectation
ou son entrée dans le domaine public exige la prise d'un acte d'une autorité affectant ce bien
dans le domaine public de l'Etat.
L'assiette de la route étant déterminée, nous pouvons maintenant analyser les
conditions d'entrée de la route dans le domaine public dont l'assiette est artificielle. Les
conditions relatives à l’affectation sont les suivantes :
L’Acte administratif
Il consiste en la déclaration de l’autorité compétente en la matière de prendre une
décision d’affectation d’une voie ou portion de terre qui n’était pas encore à l’usage public à
cette fin. On parle de l’affectation, elle n'est rien d'autre qu'une opération par laquelle un bien
appartenant à une personne publique entre dans son domaine public pour son service ou usage
public.19
Il sied de préciser que l'affectation d'un bien se trouvant dans l'assiette artificielle du
domaine public diffère de l'affectation d'un bien se trouvant dans l'assiette naturelle du
domaine public.
L'assiette artificielle du domaine public diffère de l'affectation d'un bien se trouvant
dans l'assiette naturelle du domaine public. Quant à l'assiette artificielle, l'autorité compétente
doit prendre un acte affectant le bien dans le domaine public, alors que dans l'assiette naturelle
l'autorité ne prend aucun acte, elle se limitera à constater, à délimiter l'assiette du domaine. En
ce qui concerne la route, est un bien dont l'assiette est artificiel parce que son existence exige
l'intervention humaine.
La route fait partie de la terre, or la terre est un bien domanial c'est-à-dire appartenant
à l'Etat. La route fait donc partie du domaine foncier de l'Etat. Le fond de l'Etat est subdivisé
en deux. Nous avons le fond affecté dans le domaine public et le fond affecté dans le domaine
privé de l'Etat.
Le fond affecté à un domaine public, c'est un fond affecté à un usage public ou à un
service public. Alors que le fond se trouvant dans le domaine privé de l'Etat est un fond qui
n'est pas affecté ni à un usage public, ni à un service public.
18
Yves Aloni « Note des cours » op cit
19
Note des cours « Droit civil des biens » 2è Graduat, UNIKIN, 2022
~7~
Dans ces deux fonds la route peut être créée, l'autorité peut créer la route en affectant
à une partie de terre l'acte créant la route.
L'acte de l'autorité affectant à une partie de terre, la création d'une route pour la
circulation du public fait entrer ce bien dans le domaine public de l'Etat. Cet acte implique
plusieurs étapes entre autre l’étude et planification, la décision, la publication officielle,
aménagement et signalisation, et enfin inscription au registre.20
Quant à ce qui concerne l'autorité compétente pour l'affectation, les autorités diffèrent selon
que nous sommes au niveau central, provincial et au niveau des entités territoriales
décentralisées.
Paragraphe 2. Le régime juridique du domaine routier
Dans ce nouveau point, nous allons scruter les règles juridiques applicables sur la
route comme bien se trouvant dans le domaine public de l'Etat.
Tous les biens se trouvant dans le domaine public de l'Etat, la route en particulier
sont régit par les principes ci- après :
l'inaliénabilité (art 10)
inconcessibilité (art 55 Al 2)
l'imprescriptibilité (art 620 de la loi du 20 juillet 1973, la loi dite foncière)
insaisissabilité, il résulte d'un autre principe administratif qui est la
continuité de service public.21
20
Vincent Kangulumba « note des cours »
21
Loi du 20 juillet 1973portant régime général des biens, régime foncier et immobilier et régime des sûretés
~8~
CHAPITRE 2. LES PRATIQUES ILLEGALES DANS LE DOMAINE
PUBLIC ROUTIER
Le domaine public routier, véritable artère de la vie sociale et économique, est à la
fois un espace de circulation et un lieu de rencontre entre divers enjeux. Cependant, il n’est
pas à l’abri des pratiques illégales qui peuvent compromettre la sécurité des usagers, nuire à
l’environnement et entraver le bon fonctionnement des infrastructures.
Ces comportements illicites, qu’ils soient le fait d’individus ou d’organisations,
soulèvent des questions cruciales sur la régulation, la surveillance et la responsabilité au sein
de cet espace public. Certains actes peuvent constituer des infractions et celles-ci peuvent
varier d’une simple contravention au délit plus grave, engendrant des conséquences néfastes
pour la collectivité.
Le chapitre précédent avait pour objet d'analyser les règles régissant la route en
examinant les conditions de son affectation, son régime juridique, ainsi que les autorités
compétentes à intervenir quant à sa création. Dans ce second chapitre nous allons démontrer
l'irrespect de ces règles, les causes, son impact dans la vie en société et dans la mesure du
possible proposer des solutions qui doivent être mises en place pour assurer la protection
adéquates du domaine public routier.
Section 1. Les problèmes liés sur le domaine public routier
Le domaine public routier en RDC fait face à des nombreux problèmes qui entravent
son bon fonctionnement et affectent la sécurité des usagers. Ces problèmes sont profondément
ancrés dans le cadre juridique et institutionnel du pays, et leur résolution nécessite des
interventions coordonnées et efficaces.
Paragraphe 1. Les dérapages dans le domaine public routier
En ce qui concerne les violations de la norme qui constitue les dérapages, nous avons
soulevé quelques points :
1) Occupation illégale de la voirie
La loi réprime tout acte d’occupation illégale de terre, c’est-à-dire le fait pour une
personne d’user et de jouir d’une terre quelconque sans titre ou acte reconnu par la loi 22, d’une
peine de servitude pénale de deux à six mois et d’une amende de 50 à 500 zaïres23
Cependant, l’occupation illégale de la voirie publique est un problème majeur en
RDC. De nombreux commerçants installent leurs échoppes sur les trottoirs, rendant la
circulation difficile et dangereuse. À l’égard du code de la route, punit d’une amende de 5 à
50 Zaïres toute personne qui va placer sur la voie publique un objet ou des objets en vue de la
vente aux alentours de la voie publique.24
22
« Droit congolais : l’occupation illégale de terre est une infraction » consulté sur [Link]é.cd à 01h10
23
L’article 207 de la loi 73-021 portant régime général des biens, régime foncier et immobilier et régime des
sûretés
24
Article 109 de la loi 78-022 du 30 août 1978 portant nouveau code de la route
~9~
Egalement dans la situation d’encombrement de la voie publique, est puni d’une
amende de 10 à 100 francs et d’une servitude pénale d’un an à quatre jours ou d’une de ces
peines tous ceux qui sans permission ou nécessité d’embarrasser la voie publique «en
laissant …, des marchandises »25. L’article 110 punit également la situation d’encombrement
ne compromettant la circulation de la voie publique.26
2) La construction non autorisée
La construction de bâtiment sur le domaine public routier sans autorisation constitue
un dérapage fréquent. Ces constructions non réglementaires, souvent réalisées à la hâte,
peuvent obstruer les routes et créer des dangers pour les usagers. Ainsi les règles de
l’urbanisme imposent des normes strictes pour toute construction y compris l’autorisation
préalable.27
D’autres types de dérapages :
1. Excès de Vitesse
De nombreux conducteurs ignorent les limitations de vitesse, conduisant à des accidents
graves. L'absence de radars et de contrôles réguliers contribue à cette situation.
Les motos-taxis roulent souvent à plus de 80 km/h dans des zones scolaires, mettant en danger
les enfants.
2. Stationnement Illégal
Les véhicules sont souvent garés sur les trottoirs, rendant difficile le passage des piétons.
Cela crée également des embouteillages en réduisant la largeur des routes. Les voitures sont
garées sur les trottoirs autour du marché central, rendant difficile le passage des piétons.
3. Infrastructures Dégradées
Les routes sont souvent en mauvais état, avec des nids-de-poule et des fissures. Cela non
seulement endommage les véhicules, mais augmente également le risque d'accidents.
4. Absence de Signalisation
De nombreuses intersections manquent de panneaux de signalisation clairs ou de marquages
au sol, ce qui entraîne confusion et comportements imprévisibles chez les conducteurs. - Sur
l’avenue 24 Novembre, l'absence de panneaux « Stop » entraîne des collisions entre véhicules
5. Circulation Anarchique
Le non-respect des règles de priorité et des voies réservées est courant, entraînant des
situations dangereuses et des embouteillages.
25
Arrêté du Gouvernement General du 1érè Décembre 1889 sur l’encombrement sur la voie publique
26
« Quiconque aura, en vue d’entraver ou de gêner la circulation, placé ou tenter de placer, sur une voie ouverte
à la circulation publique, un objet faisant obstacle au passage des véhicules ou qui aura employé ou tenté
d’employer un moyen quelconque pour y mettre obstacle, sera puni d’une amende de 20 à 100 zaïres »
27
« L’exposé de motif » du décret du 20 juin 1957 sur l’urbanisme
~ 10 ~
6. Non-Respect des Feux Tricolores
Beaucoup de conducteurs passent au feu rouge, mettant en danger les piétons et les autres
véhicules. À l’intersection de l’avenue Colonel Mondjiba, des voitures passent
systématiquement au feu rouge, provoquant des accidents fréquents.
7. Comportement Agressif au Volant
Des altercations entre conducteurs sont fréquentes, souvent exacerbées par la frustration due
aux embouteillages.
8. Manque d'Éclairage Public
L'absence d'éclairage dans certaines zones rend la circulation nocturne particulièrement
dangereuse, augmentant les risques d'accidents.
9. Piétons Imprudents
Certains piétons traversent la route sans prêter attention, créant des situations à risque pour
eux-mêmes et pour les conducteurs.
10. Dégradations Volontaires
Les actes de vandalisme sur les infrastructures routières, comme le sabotage de panneaux de
signalisation, nuisent à la sécurité routière.
11. Mauvaise Gestion du Trafic
L'absence de régulation efficace aux carrefours engendre des embouteillages chroniques,
surtout aux heures de pointe.
12. Véhicules en Mauvais État
De nombreux véhicules circulent avec des équipements défectueux, tels que des freins usés ou
des feux non fonctionnels, ce qui accroît les risques d'accidents.
De nombreux taxis circulent avec des freins défectueux, ce qui augmente le risque d'accidents
13. Prolifération des Motos-Taxis
Bien qu'ils soient un moyen de transport populaire, leur circulation désordonnée contribue à
l'anarchie routière et aux accidents.
14. Absence de Zones Piétonnes Sécurisées
Peu d'espaces sont réservés aux piétons, obligeant souvent ceux-ci à marcher sur la chaussée.
15. Inaccessibilité pour les Personnes à Mobilité Réduite
Les trottoirs ne sont pas adaptés aux personnes handicapées, ce qui complique leur
déplacement en toute sécurité.
~ 11 ~
16. Corruption des agents de circulation
Un chauffeur de bus est arrêté pour excès de vitesse et propose un pot-de-vin à l’agent de
police pour éviter une amende. Exemple : Un chauffeur de taxi peut être arrêté pour excès de
vitesse. Au lieu de recevoir une amende, il propose 10 USD à l'agent de police, qui accepte et
le laisse partir sans aucune sanction.
17. Conduite sans ceinture de sécurité
Dans les taxis collectifs, il est courant de voir des passagers sans ceinture, malgré les lois en
vigueur.
18. Manque d'Engagement Politique
Exemple : Lors d'une réunion publique, un responsable politique promet d'améliorer les
infrastructures routières et d'augmenter le nombre d'agents de circulation. Cependant, un an
plus tard, aucune action concrète n'a été entreprise, laissant la situation inchangée.
Ces dérapages soulignent la nécessité d'une meilleure gestion du trafic et d'une amélioration
des infrastructures routières à Kinshasa. Des mesures telles que l'augmentation des contrôles
routiers, la réhabilitation des routes et l'amélioration de la signalisation peuvent contribuer à
réduire ces problèmes et à assurer une circulation plus sûre pour tous.
Paragraphe 2. Les causes de non-respect en matière du domaine public
routier
Les causes du non-respect en matière du domaine public routier sont en grand
nombres. Partant de notre travail, nous avons retenus : la corruption au niveau institutionnelle,
l’insuffisance des ressources, l’inexistence d’une culture de conformité et une faiblesse d’un
cadre légal et tant d’autres :
1) La Corruption institutionnelle
La corruption au sein des institutions publiques est l’une des principales causes de
non-respect des normes relatives au domaine public routier. Les fonctionnaires peuvent
fermer les yeux sur des violations en échanges de pots-de-vin, ce qui crée un environnement
propice aux abus.
c’est ainsi qu’on remarque des kiosque, boutique ou des occupations sur les trottoirs
et alentours de la route compromettant bien-sur la bonne circulation des usagers, les
propriétaires de ceci-cis sont soutenus et autorisé illicitement par les fonctionnaires, autorités
administratives d’y occuper alors que les règles en la matière y prohibe.
~ 12 ~
2) L’insuffisance des ressources
Le manque de ressources financières et humaines pour surveiller et faire respecter les
réglementations en matière de domaine public routier est une autre cause majeure. Les
agences responsables de l’infrastructure routière manquent souvent des personnels qualifiés et
de budget suffisant pour mener à bien leurs missions.
3) Inexistence d’une culture de conformité
Une culture de non-respect des lois règlements est profondément ancrée dans la
société congolaise. Beaucoup de citoyens ne sont pas conscients de leurs droits et obligations
en matière du domaine public ce qui contribue à des comportements déviants notamment le
cas de jet des bouteilles ; l’on constate de nos jours que les bouteilles entravent également la
bonne circulation de la voie public routier. Malgré la sanction prévue par la loi 28, celle-ci a
une portée inefficace dans la société congolaise.
4) Faiblesse du cadre légal
Bien que la RDC dispose des lois relatives au domaine public, leur application est
souvent faible, elles sont ineffectives. Les mécanismes de contrôle et de sanction prévus dans
ces lois ne sont pas toujours efficaces. Cas démontrant l’inefficacité des lois ;
- Corruption et pots-de-vin
Les agents de circulation sont souvent corrompus, acceptant des pots-de-vin pour fermer les
yeux sur des infractions.
Cela crée un climat d'impunité où les conducteurs se sentent libres de violer les règles sans
crainte de sanctions.
- Manque d'application des lois
Les infractions courantes, comme le non-respect des feux rouges ou le dépassement
dangereux, sont rarement sanctionnées.
L'absence de contrôle renforce l'idée que les règles peuvent être ignorées sans conséquences.
- Législation insuffisante
Les lois existantes ne couvrent pas toutes les situations ou ne sont pas adaptées aux réalités
locales (ex. : nouvelles formes de transport, comme les motos-taxis). Cela laisse des lacunes
dans la régulation du trafic, augmentant le risque d'accidents.
Une réforme du cadre légal, en renforçant les sanctions et en améliorant les
procédures de control est cruciale pour assurer le respect de norme.
Autres causes :
Manque d'infrastructures adéquates
28
Article 1 de l’Ordonnance du 27 mars 1911 sur le jet de bouteilles et fragments de verre sur la voie publique
~ 13 ~
Infrastructures routières insuffisantes : De nombreuses routes sont en mauvais état,
avec des nids-de-poule et un manque de marquage au sol.
Absence de passages piétons et de pistes cyclables : Cela force les piétons et les
cyclistes à partager la route avec des véhicules motorisés, augmentant le risque d'accidents.
Des infrastructures inadéquates rendent la circulation chaotique et dangereuse,
contribuant aux accidents.
Infrastructure routière défaillante
Les routes en mauvais état, sans marquage au sol ni signalisation adéquate, rendent
difficile le respect des lois. La Conséquence est que, les usagers de la route sont souvent
contraints d'agir en fonction des conditions réelles plutôt que des règles établies.
Densité du trafic
Croissance démographique rapide : L'augmentation de la population entraîne une
hausse du nombre de véhicules sur les routes.
Transport public inefficace : Le manque de solutions de transport public fiables
pousse davantage de personnes à utiliser des véhicules privés.
Une densité de trafic élevée crée des embouteillages et augmente le stress sur les
conducteurs, ce qui peut mener à des accidents.
Manque de sensibilisation à la sécurité routière
Absence de campagnes éducatives régulières : Peu d'initiatives sont mises en place
pour sensibiliser le public aux dangers de la route.
Problèmes économiques
Pauvreté généralisée : Les gens n'ont pas toujours les moyens d'entretenir leurs
véhicules ou d'acheter des voitures en bon état.
Corruption systémique : La corruption affecte non seulement l'application des lois,
mais aussi le financement des infrastructures.
Les problèmes économiques limitent les ressources disponibles pour améliorer la
sécurité routière et l'entretien des véhicules.
Mauvaise gestion des services d'urgence
Retards dans l'intervention des secours : Les ambulances mettent souvent trop de
temps à arriver sur les lieux d'accidents.
Infrastructure médicale insuffisante : Les hôpitaux manquent souvent de ressources
pour traiter efficacement les victimes d'accidents.
~ 14 ~
Justification : Une réponse d'urgence inefficace aggrave les conséquences des
accidents sur la route.
Ces causes interconnectées soulignent la nécessité d'une approche systémique pour
améliorer la sécurité routière à Kinshasa. Il est essentiel que les autorités prennent conscience
de ces enjeux et agissent en conséquence pour créer un environnement routier plus sûr et plus
ordonné.
Section 2. Lutte contre les dérapages dans le domaine routier
Dans la section précédente, il était question à la fois d'analyser et de démontrer dans
la ville de Kinshasa les dérapages qui se font sur le domaine routier ainsi que leurs causes.
Dans la présente section, nous allons dans la mesures du possible, essayer de donner
les pistes de solutions pour lutter contre ces dérapages et proposer les mesures nécessaires
afin de pérenniser ou maintenir les routes de la ville de Kinshasa dans de bonnes conditions.
Paragraphe 1. Éradication des dérapages dans le domaine routier dans la
ville de Kinshasa
1. Révision des textes juridique
Le premier pas vers une lutte efficace contre les dérapages dans le domaine public
routier en République Démocratique du Congo (RDC) est la révision des textes juridiques
existants.
Actuellement, plusieurs lois régissant le domaine public routier sont souvent perçues
comme incomplètes ou ambiguës, ce qui complique leur application.
Par exemple, le Code de la route, bien qu’il définisse des règles importantes, souffre
de lacunes qui peuvent être interprétées de manière variable par les acteurs concernés. Une
révision des textes devrait viser à harmoniser les lois en vigueur, à combler les ambiguïtés et à
établir des définitions claires pour chaque infraction.
Il est également crucial d’introduire des dispositions spécifiques pour traiter les
infractions récurrentes telles que l’occupation illégale de la voie publique.
En intégrant des sanctions proportionnelles et dissuasives, les nouvelles lois
pourraient renforcer le respect des règles établies.
Par exemple, des amendes plus élevées pour les infractions graves, accompagnées de
peines de prison pour les récidivistes, pourraient décourager les comportements déviants. Un
cadre légal robuste pourrait également faciliter la coopération entre différentes agences
gouvernementales, permettant une approche coordonnée pour lutter contre les infractions
routières. En bref de cette première proposition l’Etat peut pour lutter contre ces dérapages :
- Établir des lois claires définissant les limites et les usages du domaine public,
notamment des routes et des espaces adjacents.
~ 15 ~
- La création d'une loi spécifique sur la gestion du domaine public routier, précisant que
toute occupation ou utilisation non autorisée est illégale et sanctionnée. Par exemple,
interdire le stationnement non réglementé sur les trottoirs et les voies publiques.
- Renforcement des sanctions contre les infractions au droit de la route des sanctions
plus strictes pour ceux qui occupent illégalement le domaine public routier.
- Établir des amendes significatives pour les entreprises qui utilisent l'espace public
pour des activités commerciales sans autorisation (comme le stationnement de
camions ou l'installation de kiosques).
- Mettre en place des procédures rapides pour traiter les infractions afin de garantir une
réponse efficace.
- Des sanctions élevées découragent les comportements illégaux, contribuant à un
respect accru des règles.
- Les amendes peuvent générer des revenus pour financer des projets d'infrastructure ou
d'entretien routier.
- Des agents de l'État peuvent être désignés pour surveiller le respect de ces
réglementations et intervenir en cas d'infraction.
- Une réglementation claire réduit les ambiguïtés qui mènent souvent à des conflits
entre les citoyens et les autorités.
En interdisant les occupations illégales, on diminue les risques d'accidents causés par des
obstacles sur la route.
2. Création d’institution de surveillance
En parallèle de la révision des textes juridiques, la création d’institutions de
surveillance indépendantes est essentielle pour assurer l’application effective des lois en
matière de domaine public routier. Ces institutions seraient chargées de surveiller les activités
des agences publiques et de s’assurer que les normes sont respectées. Cela inclut non
seulement la surveillance des travaux d’infrastructure, mais aussi l’évaluation des pratiques de
gestion des routes et des comportements des agents publics.
L’établissement d’un organe de contrôle, comme une Autorité Nationale de Sécurité
Routière, pourrait jouer un rôle clé dans la lutte contre la corruption et le népotisme. Cette
autorité serait responsable de l’élaboration de rapports réguliers sur l’état des infrastructures
routières, les finances allouées et les résultats des audits. En rendant ces informations
publiques, l’autorité pourrait favoriser la transparence et permettre aux citoyens de jouer un
rôle actif dans la surveillance des activités gouvernementales.
De plus, pour garantir l’indépendance de ces institutions, il est impératif de veiller à
ce qu’elles ne soient pas influencées par des pressions politiques ou économiques. Des
mécanismes de reddition de comptes et des audits externes réguliers doivent être mis en place
pour assurer leur intégrité. L’implication de la société civile et des organisations non
gouvernementales dans ce processus peut également renforcer la crédibilité de ces
institutions, en garantissant que les préoccupations des citoyens sont prises en compte et que
les abus sont signalés.
~ 16 ~
En bref, Le renforcement du cadre légal et institutionnel est une étape indispensable
pour lutter efficacement contre les dérapages dans le domaine public routier en RDC. En
révisant les textes juridiques pour les rendre plus clairs et dissuasifs, et en créant des
institutions de surveillance indépendantes, le pays peut espérer améliorer la sécurité routière
et restaurer la confiance du public dans les institutions responsables de la gestion des
infrastructures. Cette approche intégrée est essentielle pour construire un système routier plus
sûr et plus respectueux des normes légales, tout en favorisant une culture de conformité au
sein de la société.
Et donc, l’Etat doit :
- Créer un registre centralisé pour documenter toutes les routes et voies publiques, ainsi
que leur statut juridique.
- Enregistrer toutes les routes de Kinshasa dans un système numérique accessible au
public, permettant de vérifier les droits de propriété et d'usage. Cela pourrait aider à
identifier les occupations illégales et à prendre des mesures appropriées.
- Un registre accessible favorise la transparence dans la gestion du domaine public,
renforçant la confiance entre les citoyens et les autorités.
En cas d'occupation illégale, les autorités peuvent agir rapidement en se basant sur des
données fiables. Ces mesures juridiques, lorsqu'elles sont mises en œuvre de manière
cohérente et efficace, peuvent contribuer à réduire les dérapages sur le domaine routier à
Kinshasa. En clarifiant les droits de propriété, en renforçant les sanctions, en intégrant une
planification urbaine réfléchie et en sensibilisant le public, il est possible de créer un
environnement routier plus sûr et mieux régulé.
Paragraphe 2. Pérennisation des mesures de la lutte contre les dérapages
sur le domaine public routier
Pérenniser les mesures visant à améliorer la sécurité routière et la gestion du domaine
public à Kinshasa nécessite une approche systématique et durable. Voici quelques stratégies
clés que nous proposons :
1. Établissement de cadres législatifs et réglementaires solides
Mettre en place des lois spécifiques qui encadrent la circulation, l'utilisation des
transports en commun et la protection des zones piétonnes.
Introduire des amendes et des sanctions pour les infractions afin de garantir le respect
des règles.
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2. Suivi et évaluation régulier
Développer des indicateurs pour mesurer l’efficacité des mesures mises en place
(réduction des accidents, satisfaction des usagers, etc.).
Publier des rapports sur l’état de la sécurité routière et les progrès réalisés afin
d’ajuster les politiques si nécessaire
3. Implication des parties prenantes
Partenariats public-privé : Collaborer avec des entreprises locales et des ONG pour le
financement et la mise en œuvre de projets.
4. Amélioration continue
Planifier un budget régulier pour l’entretien et l’amélioration des infrastructures
routières (routes, éclairage, signalisation).
Investir dans des systèmes de gestion du trafic et des infrastructures intelligentes
pour s’adapter aux évolutions technologiques.
5. Création de comités de suivi
Comités mixtes : Établir des comités composés de représentants du gouvernement,
d'experts en transport, de membres de la communauté et d'organisations civiles pour
superviser l'implémentation des mesures.
Réunions régulières : Organiser des réunions périodiques pour discuter des défis
rencontrés et ajuster les stratégies en conséquence.
1. Campagne de sensibilité
La sensibilisation du public est cruciale pour changer les comportements des usagers
de la route et encourager le respect des lois en matière de circulation. Des campagnes de
sensibilisation bien conçues peuvent jouer un rôle déterminant dans l’éducation des citoyens
sur l’importance de la sécurité routière et les conséquences des infractions. Ces campagnes
devraient être multicanaux, utilisant la télévision, la radio, les réseaux sociaux, et des
affichages publics pour atteindre un large public.
Il est essentiel de cibler des groupes spécifiques, tels que les jeunes conducteurs, les
motocyclistes et les piétons, en adaptant les messages à leurs comportements et à leurs
besoins. Par exemple, des programmes scolaires peuvent être mis en place pour enseigner aux
enfants les règles de circulation dès leur jeune âge, créant ainsi une culture de sécurité routière
dès le départ. De plus, des événements communautaires, tels que des journées de
sensibilisation à la sécurité routière, peuvent mobiliser les citoyens et les inciter à s’engager
activement dans la promotion de la sécurité sur les routes.
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2. Formation des Agents de l’État
La formation des agents de l’État, notamment des forces de l’ordre et des
fonctionnaires chargés de la gestion des infrastructures, est également essentielle pour assurer
une application cohérente et efficace des lois. Ces agents doivent être formés non seulement
sur les règles et réglementations en matière de circulation, mais aussi sur l’éthique et la
transparence dans l’exercice de leurs fonctions. Une formation adéquate permet aux agents de
mieux comprendre leur rôle dans la prévention des infractions et la promotion de la sécurité
routière.
De plus, il est important de sensibiliser ces agents aux conséquences de la corruption
et aux moyens de la combattre, afin de renforcer la confiance du public dans les institutions.
Des modules de formation sur la communication avec le public peuvent également être
intégrés, permettant aux agents d’interagir de manière constructive avec les usagers de la
route. En établissant des normes élevées de professionnalisme et d’éthique, la formation des
agents de l’État peut contribuer à instaurer un climat de confiance et de respect mutuel entre
les autorités et les citoyens.
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Conclusion
La problématique des dérapages dans le domaine public routier en République
Démocratique du Congo (RDC) soulève des enjeux critiques tant sur le plan de la sécurité que
sur celui de la gouvernance. À travers l’analyse des différentes dimensions de cette
problématique, il est évident que des actions concertées et intégrées sont nécessaires pour
créer un environnement routier plus sûr et plus respectueux des lois.
Les propositions détaillées dans ce travail, allant du renforcement du cadre légal et
institutionnel à la sensibilisation du public, constituent des éléments fondamentaux pour
initier un changement durable. D’une part, le renforcement du cadre légal permettra de
clarifier les responsabilités et de mettre en place des sanctions dissuasives pour les
comportements déviants. Il est impératif que le Code de la route et les régulations associées
soient révisés pour répondre aux réalités actuelles et aux besoins spécifiques de la population.
D’autre part, la création d’institutions de surveillance indépendantes est essentielle pour
garantir l’application effective des lois. Ces institutions peuvent jouer un rôle clé dans la lutte
contre la corruption et assurer une transparence dans la gestion des ressources publiques.
La sensibilisation et l’éducation du public représentent également des leviers
essentiels dans cette lutte. Les campagnes d’information doivent être adaptées à divers
groupes cibles afin de maximiser leur impact. En promouvant une culture de sécurité routière,
il est possible de modifier les comportements des usagers et de réduire les infractions.
Parallèlement, former les agents de l’État sur les enjeux de la sécurité routière et les pratiques
éthiques renforcera la confiance des citoyens dans les institutions publiques. Une approche
proactive, combinant sensibilisation et formation, est nécessaire pour établir des normes
élevées de responsabilité et de conformité.
Il est également crucial d’insister sur l’importance de la collaboration entre les
différents acteurs concernés. Les autorités publiques, les organisations de la société civile, les
medias et les communautés locales doivent travailler ensemble pour créer un environnement
favorable à la sécurité routière. Cet engagement collectif peut se traduire par la mise en place
de comités de surveillance, la mobilisation des leaders communautaires et l’organisation
d’événements sensibilisateurs. La participation active des citoyens dans la gestion des
questions de circulation et de sécurité routière peut également renforcer le sentiment de
responsabilité collective.
Enfin, il est nécessaire de considérer les perspectives d’avenir. La RDC, comme de
nombreux pays en développement, fait face à des défis importants en matière d’infrastructures
et de sécurité. Cependant, la mise en œuvre des recommandations proposées peut ouvrir la
voie vers un système routier plus sûr et plus respectueux des normes. En investissant dans des
infrastructures adaptées, en renforçant la législation et en promouvant une culture de sécurité,
la RDC peut non seulement réduire les dérapages, mais également améliorer la qualité de vie
de ses citoyens.
En somme, la lutte contre les dérapages dans le domaine public routier en RDC est
une question complexe qui nécessite une approche holistique et intégrée. En combinant des
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efforts législatifs, éducatifs et communautaires, il est possible de transformer le paysage
routier et de garantir la sécurité de tous les usagers. L’engagement des autorités, la
participation active des citoyens et la transparence dans la gestion des ressources sont les clés
d’un avenir meilleur en matière de sécurité routière. Les défis sont nombreux, mais avec une
volonté politique forte et un engagement collectif, la RDC peut construire un système routier
qui respecte les droits de chaque individu et promeut un développement durable.
~ 21 ~
BIBLIOGRAPHIES
I. Instruments Juridique
1. La Constitution du 18 février 2006 telle que modifié par la loi n11/002 du 20 janvier
2011 portant révision de certains articles de la constitution de la République
démocratique du Congo du 28 février 2006, in JORDC, 52eme année, Kinshasa, 2011
2. Loi n 28/022 du 30 août 1978 portant code de route
3. Loi n 73-021du 20 juillet 1973 portant régime général des biens, régime foncier et
immobilier, régimes de sûretés et régime des sûretés.
4. Décret du 20 juin 1957 sur l’urbanisme
5. Ordonnance du 27 mars 1911 sur le jet de bouteilles et fragments de verre sur la voie
publique.
6. Arrêté du Gouvernement General du 1érè Décembre 1889 sur l’encombrement sur la
voie publique
II. Ouvrages
1. Vincent kangulumba « Précis de droit civil des biens », brillant, paris, 2021
2. Yves ALONI « Précis de droit civil des biens »
3. Jean-Marie Auby « Précis de droit administratif des biens », dalloz, 8è ed paris, 2020
4. Jean-Claude Gémar « Les route et la gestion du domaine public », le Harmattan, 2011
III. Autres
1. Yves Aloni « Notes de cours », Deuxième année de droit, UNIKIN
2. Vincent Kangulumba « Notes de cours », Deuxième année de droit, UNIKIN
3. [Link]é.cd « Droit congolais : l’occupation illégale de terre est une
infraction » consulté à 01h10
4. [Link] « Chemin et rue » consulté à 12h57
5. [Link] « Délimitation du domaine public routier » consulté à
12h45
6. www.sécuritéroutiè[Link] « Les dépendances routières » consulté à 22h22