LE CLOUD COMPUTING
Définitions & Services
« L'informatique dans les nuages est un modèle
permettant d'établir un accès par le réseau à
National
Institute of
un réservoir partagé de ressources
informatiques standard configurables (réseau,
serveurs, stockage, applications et services) qui
peuvent être rapidement mobilisées et mises à Standards and
disposition en minimisant les efforts de gestion
ou les contacts avec le fournisseur de service. » Technology
Présentation 1
Le cloud computing, en français l'informatique en nuage, consiste à exploiter la
puissance de calcul ou de stockage de serveurs informatiques distants par
l'intermédiaire d'un réseau, généralement Internet. Les serveurs sont loués à la
demande, le plus souvent par tranche d'utilisation, selon des critères techniques
(puissance, bande passante, etc.), mais, également, au forfait. Le cloud computing se
caractérise par sa grande souplesse : selon le niveau de compétence de l'utilisateur
client, il est possible de gérer soi-même son serveur ou de se contenter d'utiliser des
applicatifs distants en mode SaaS2.
Les grandes entreprises du secteur informatique et de l'information (GAFA 3 notamment)
développent le cloud computing en investissant massivement pour s'offrir et offrir à
leurs clients de la puissance de calcul et de stockage d'information6. C'est un important
changement de paradigme des systèmes informatiques, jusque-là constitués de serveurs
éparpillés dans les entreprises et collectivités... Une conséquence environnementale est
que les empreintes carbone et eaux du secteur, déjà élevées, risquent de beaucoup
croître ; on cherche à les réduire en optimisant le refroidissement des centres de
données et leur fonctionnement, ainsi qu'en utilisant des énergies vertes, mais les
perspectives de mégadonnées (en anglais big data), de l'informatique ubiquitaire
associée aux objets connectés et de développement des chaînes de blocs (en anglais
blockchains) et de l'intelligence artificielle évoquent plutôt une explosion des besoins en
énergie.
1
Source d’information [Link]
2
Le logiciel en tant que service distant, le logiciel est sur un serveur distant et non sur le poste
de l’utilisateur
3
Parfois « géants du numérique », désignent la quinzaine d'acteurs d'Internet d'envergure
mondiale : Airbnb, Alibaba, Amazon, Apple, Facebook, Google, LinkedIn, Microsoft, Netflix,
Twitter, Uber, Yahoo, etc.
Table des matières
1 Terminologie, sémantique..............................................................................4
2 Principes..........................................................................................................5
3 Services........................................................................................................... 7
3.1 IaaS (infrastructure as a service)........................................................................7
3.2 PaaS (platform as a service)................................................................................7
3.3 SaaS (software as a service)................................................................................7
3.4 Data as a service.................................................................................................7
3.5 Desktop as a service (DaaS)................................................................................7
3.6 Network as a service (NaaS)...............................................................................7
3.7 Storage as a service (STaaS)...............................................................................8
3.8 Communication as a service (CaaS)....................................................................8
3.9 Workplace as a service (WaaS)...........................................................................8
4 Histoire............................................................................................................9
5 Applications...................................................................................................10
6 Principaux acteurs.........................................................................................11
7 Aspects contractuels.....................................................................................13
8 Conséquences...............................................................................................14
8.1 Avantages.........................................................................................................14
8.2 Inconvénients...................................................................................................15
1 Terminologie, sémantique
4
L'expression « cloud computing » vient de professionnels anglophones de l'informatique
qui cherchaient à nommer les nouveaux systèmes informatiques fonctionnant par
l'action conjointe d'éléments disparates réunis indépendamment de leur localisation
géographique et de l'infrastructure sous-jacente. Ce nom est associé au symbole en
forme de nuage (« cloud ») représentant parfois l'Internet dans les schémas des réseaux
informatiques.
Les francisations « informatique en nuage », « informatique dématérialisée », ou plus
rarement « infonuagique » sont également utilisées.
En France, selon la Commission générale
de terminologie et de néologie c'est une
forme particulière de gérance de
l'informatique, dans laquelle
l'emplacement et le fonctionnement
dans le nuage ne sont pas portés à la
connaissance des clients. L'anglicisme
cloud computing est largement utilisé en
France.
Figure 1-1 Quelques logos de CLOUD
Présentation du Cloud Computing
2 Principes
5
Un cloud (« nuage ») est un ensemble de matériels, de raccordements réseau et de
logiciels fournissant des services qu'individus et collectivités peuvent exploiter depuis
n'importe où dans le monde. Un basculement de tendance fait qu'au lieu d'obtenir de la
puissance de calcul par acquisition de matériel et de logiciel, le consommateur se sert de
puissance mise à sa disposition par un fournisseur via l'Internet.
Un nuage est caractérisé par sa disponibilité mondiale en libre-service,
l'élasticité, l'ouverture, la mutualisation et le paiement à l'usage :
ressources en libre-service avec adaptation automatique à la demande de la
capacité de stockage et puissance de calcul, selon le besoin du consommateur,
tant qu'il peut payer. Ceci contraste avec la technique classique des hébergeurs
où une demande écrite doit être faite au fournisseur pour obtenir une
augmentation de capacité - demande nécessitant en outre un certain temps. En
cloud computing la demande est automatique et la réponse immédiate ;
ouverture : les services de cloud computing sont accessibles via l'Internet, via
des techniques standardisées, tant pour un ordinateur qu'un téléphone ou une
tablette ;
mutualisation : elle permet de combiner des ressources hétérogènes (matériel,
logiciel, trafic réseau) pour servir plusieurs consommateurs à qui les ressources
sont automatiquement attribuées6. La mutualisation améliore l'évolutivité et
l'élasticité ; elle facilite l'adaptation automatique des ressources aux variations
de la demande ;
paiement à l'usage : la quantité de service consommée dans le cloud est
mesurée, à des fins de contrôle, d'adaptation des moyens techniques et de
facturation6.
Le nuage (public, privé ou communautaire) bénéficie de technologies telles que la
virtualisation du matériel informatique, les grilles, l'architecture orientée services et les
services Web . Un nuage public est mis à disposition du grand public. Les services sont
généralement mis à disposition par une entreprise utilisant une infrastructure lui
appartenant. Un nuage privé est destiné exclusivement à une organisation qui peut le
manipuler elle-même ou faire appel à des services fournis par des tiers8. Un nuage
communautaire utilise une infrastructure provenant d'un ensemble de membres
partageant un intérêt commun, comme dans le cas des milieux universitaires pour des
études de grande envergure.
Présentation du Cloud Computing
6
Niveau d'utilisation du CLOUD selon la taille de l'en-
treprise
60
50
40
30
20
10
0
% utilisation du CLOUD
>1000 500 à 1000 200 à 499 <200
Figure 2-2 Taux d'utilisation du CLOUD
Parmi les services grand-publics fournis en cloud computing figure le jeu à la demande
(ou « jeu sur demande », gaming on demand (GoD) ou cloud gaming pour les
anglophones). Il permet de jouer normalement à des jeux vidéo sur son écran
d’ordinateur, alors que le ou les logiciels de jeu tournent sur des serveurs à distance, qui
renvoient la vidéo de ce qui a été joué en lecture en continu (en anglais streaming). Le
jeu est hébergé et stocké sur des serveurs, dont l'utilisateur ne connait pas la
localisation ni les caractéristiques. Il ne nécessite plus de supports, comme les CD, ou de
matériel, comme les consoles de jeux. Les joueurs doivent seulement posséder un
ordinateur relié à Internet, et les périphériques requis (clavier, souris, manette de jeu...).
Présentation du Cloud Computing
3 Services
7
Du point de vue économique, le cloud computing est essentiellement une offre
commerciale d'abonnement économique à des services externes. Selon le National
Institute of Standards and Technology aux États-Unis, il existe trois catégories de
services qui sont proposées en cloud computing : IaaS, PaaS et SaaS.
3.1 IaaS (infrastructure as a service)
En français infrastructure en tant que service. C'est le service de plus bas niveau. Il
consiste à offrir un accès à un parc informatique virtualisé. Des machines virtuelles sur
lesquelles le consommateur peut installer un système d'exploitation et des applications.
Le consommateur est ainsi dispensé de l'achat de matériel informatique. Ce service
s'apparente aux services d'hébergement classiques des centres de traitement de
données (datacenters), et la tendance est en faveur de services de plus haut niveau, qui
font davantage abstraction de détails techniques.
3.2 PaaS (platform as a service)
En français plate-forme en tant que service. Dans ce type de service, situé juste au-
dessus du précédent, le système d'exploitation et les outils d'infrastructure sont sous la
responsabilité du fournisseur. Le consommateur a le contrôle des applications et peut
ajouter ses propres outils. La situation est analogue à celle de l'hébergement Web, où le
consommateur loue l'exploitation de serveurs sur lesquels les outils nécessaires sont
préalablement placés et contrôlés par le fournisseur. La différence étant que les
systèmes sont mutualisés et offrent une grande élasticité - capacité de s'adapter
automatiquement à la demande, alors que, dans une offre classique d'hébergement
Web, l'adaptation fait suite à une demande formelle du consommateur.
3.3 SaaS (software as a service)
En français logiciel en tant que service. Dans ce type de service, des applications sont
mises à la disposition des consommateurs. Les applications peuvent être manipulées à
l'aide d'un navigateur Web ou installées de façon locative sur un PC, et le consommateur
n'a pas à se soucier d'effectuer des mises à jour, d'ajouter des patches de sécurité et
d'assurer la disponibilité du service.
3.4 Data as a service
Correspond à la mise à disposition de données délocalisées quelque part sur le réseau.
Ces données sont principalement consommées par ce que l'on appelle des applications
composites (en anglais mashups). Business process as a service (BPaaS)
3.5 Desktop as a service (DaaS)
Aussi appelé en français « bureau en tant que service », « bureau virtuel » ou « bureau
virtuel hébergé » est l’externalisation d'une infrastructure de bureau virtuel (en anglais
virtual desktop infrastructure) auprès d’un fournisseur de services. Généralement, le
desktop as a service est proposé avec un abonnement payant.
3.6 Network as a service (NaaS)
Le network as a service correspond à la fourniture de services réseaux, suivant le
concept de software defined networking (SDN).
Présentation du Cloud Computing
3.7 Storage as a service (STaaS)
STaaS : STorage as a Service correspond au stockage de fichiers chez des prestataires
8 externes qui les hébergent pour le compte de leurs clients. Des services grand public
proposent ce type de stockage le plus souvent à des fins de sauvegarde ou de partage de
fichiers.
3.8 Communication as a service (CaaS)
Correspond à la fourniture de solutions de communication substituant aux matériels et
serveurs locaux (PABX, ACD, SVI…) des ressources partagées sur Internet.
3.9 Workplace as a service (WaaS)
Les caractéristiques du cloud sont qualifiées par les anglophones sous le vocable elastic
computing capacity. Le National Institute of Standards and Technology en a donné une
définition succincte qui reprend ces principes de base : « L'informatique dans les nuages
est un modèle permettant d'établir un accès par le réseau à un réservoir partagé de
ressources informatiques standard configurables (réseau, serveurs, stockage,
applications et services) qui peuvent être rapidement mobilisées et mises à disposition
en minimisant les efforts de gestion ou les contacts avec le fournisseur de service. »
Les caractéristiques du cloud computing intéressantes pour les entreprises sont la
réduction du coût total de possession des systèmes informatiques, la facilité
d'augmenter ou de diminuer les ressources. Le recours au cloud computing permet de
décharger les équipes informatiques des entreprises, qui ont alors plus de disponibilité
pour des activités à haute valeur ajoutée. Le cloud computing permet également aux
petites entreprises d'avoir accès à des services jusque-là réservés aux grandes
entreprises en raison de leur coût.
Présentation du Cloud Computing
4 Histoire
9
Les principes sous-jacents au cloud computing remontent aux années 1950 (longtemps
avant que ne naisse l'expression « cloud computing »). À cette époque, les utilisateurs
accédaient depuis leurs terminaux à des applications fonctionnant sur des systèmes
centraux (les mainframes), qui correspondaient aux ancêtres des serveurs du cloud. Les
architectes de réseaux (ceux qui conçoivent les réseaux intra- et interentreprises)
schématisaient Internet par un nuage dans leurs croquis. En anglais, on parlait alors de «
the cloud », ce qui signifiait à peu de chose près Internet.
Au début des années 2000 sont apparus des hébergeurs Web capables d'héberger des
applications dans leurs locaux informatiques. Dans ce contexte, l'ancêtre du SaaS
correspondait au ASP. Les premières applications Web 2.0, qui ont été déployées en
cloud computing, sont le courrier électronique, les outils collaboratifs, le CRM, les
environnements de développement et de test (informatique).
La promotion du cloud computing public a été rendue possible par la généralisation des
accès à Internet des particuliers (avec 75 % des ménages français équipés d'Internet à
domicile, selon les données de 2011 du Crédoc) et des entreprises. Le phénomène a
aussi bénéficié de l'augmentation considérable de la puissance des équipements
informatiques qui ont permis aux hébergeurs de proposer des tarifs de plus en plus
intéressants. En ce sens, la mode du cloud computing tire parti : de l'augmentation
considérable de puissance des serveurs (la fréquence de fonctionnement des serveurs a
été multipliée par un facteur 10, entre 1998 et 2008, les processeurs comportent entre
quatre et dix cœurs); et de la baisse des coûts de stockage (pour le prix d'un disque dur
de 1,2 Go en 2000, on a, en 2013, un disque de 1 000 Go).
En cloud computing, les entreprises ne se servent plus de leurs serveurs informatiques,
mais accèdent à des services en ligne d'une infrastructure gérée par le fournisseur. Les
applications et les données ne se trouvent plus sur l'ordinateur local, mais dans un
nuage composé de serveurs distants interconnectés. Compte tenu de la complexité des
liaisons réseau et de la multiplicité des intervenants (fournisseur d'accès à Internet,
hébergeur, éditeur, distributeur, revendeur), le fonctionnement en cloud diminue la
continuité et la qualité du service par rapport à celle d'une application de qualité
professionnelle hébergée en interne. En 2009, moins de 10 % des entreprises
interrogées mentionnaient recourir à des services de cloud computing dans le domaine
de l’hébergement de leurs infrastructures et applications informatiques. Ce concept est
présenté comme une évolution majeure par certains analystes très connus, comme le
Gartner Group 18, et comme une mode correspondant à des motivations commerciales,
par d'autres spécialistes.
On peut considérer que le cloud computing, associé à une disponibilité des accès au
réseau Internet en haut débit et en très haut débit interconnectés, a fait émerger tout
un secteur d'activité, des entités qui, de manière transverse, offrent des services Web à
destination du grand public sous forme d'applications Web ou, plus spécifiquement, à
destination du secteur professionnel, nécessitant une approche orientée services et des
prestations productives (dématérialisation, gestion de contenus), architecturés sur
mesure.
Présentation du Cloud Computing
5 Applications
10
Les grandes entreprises du secteur informatique se sont massivement impliquées dans
les activités liées au cloud computing, et proposent un éventail de services attenants,
espace de stockage alloué, service de messagerie, outils collaboratifs, agilité,
disponibilité, productions, RS, CRM, relation client.
Figure 5-3 Les principaux acteurs
Présentation du Cloud Computing
6 Principaux acteurs
11
Amazon, Citrix, Google, HP, IBM, Intel, Microsoft, SalesForce ou Sidetrade figurent parmi
les principales entreprises du secteur19.
En France, les principaux acteurs sont représentés par Orange Business Services et SFR
Business Team ainsi que de plus petites entités parmi lesquelles des SSII, des
fournisseurs de services en mode SaaS tels que Dassault Systèmes, Oodrive et des
fournisseurs d'hébergement, comme Gandi, Ozitem, Ikoula, Outscale, OVH, PHPNET,
Atemis ou le Groupe Sigma.
Fin juillet 2008, Intel, Hewlett Packard et Yahoo! ont noué un partenariat visant à
promouvoir la recherche dans le domaine du cloud computing20. La première initiative
concerne la création d'un environnement distribué (cloud computing test bed) facilitant
la recherche et les tests de logiciels, d'administration de centres de données et de
matériels associés à l'informatique dans le nuage à une échelle jamais atteinte. Pour
cette opération, les trois partenaires ont associé l'Infocomm Development Authority of
Singapore (en), l'Université de l'Illinois à Urbana-Champaign et l'Institut de technologie
de Karlsruhe. Depuis le printemps 2009, l’Open cloud manifesto réunit des éditeurs qui
estiment que le cloud computing devrait être ouvert21, contrairement à Microsoft et
Google qui ne l'ont pas signé22. Quatre éditeurs de logiciels libres (IELO, Mandriva,
Nexedi et TioLive) ont fondé la Free Cloud Alliance (FCA) le 25 mars 201023. Cette
dernière propose une offre globale réunissant Iaas, Paas et SaaS, constituée de tous les
composants libres nécessaires aux applications progiciel de gestion intégrés (ERP),
gestion de la relation client (CRM) ou gestion de la connaissance (KM).
Le 22 novembre 2010, le gouvernement des États-Unis a lancé sa politique de cloud
prioritaire : des économies substantielles étaient attendues sur son budget annuel
informatique de 80 milliards de dollars, par la consolidation d'au moins 40 % des 2 100
centres de données d'ici 201525.
En France, dans le cadre des investissements d'avenir, deux consortiums, Cloudwatt
mené par Orange et Thales26, et Numergy, mené par SFR et Bull27, ont été mis en place
à la suite d'un appel à projet gouvernemental28. Un investissement de la Caisse des
dépôts et consignations de 75 millions d'euros par projet a été réalisé pour permettre le
développement des deux sociétés29,30,31. Un autre projet important financé sous le
même appel à projet est le projet Nu@ge32, qui regroupe huit PME (opérateurs
nationaux, centres de données, virtual desktop providers, etc.) et le LIP6 (équipe de Guy
Pujolle).
Ces consortiums ont pour objectif de fournir aux entreprises françaises et européennes
une solution souveraine de cloud computing avec des données hébergées en France.
En 2016, Microsoft a investi 3 milliards de dollars en vue de doubler la puissance de
calcul de ses nuages en Europe33.
Présentation du Cloud Computing
12
Figure 6-4 Les principaux services Google
Présentation du Cloud Computing
7 Aspects contractuels
13
Si les particuliers ont peu de marge de manœuvre, les entreprises peuvent
contractualiser les services de cloud computing qu'elles achètent. Les clauses de leurs
contrats visent notamment la disponibilité, la sécurité, la confidentialité et le support.
Les garanties relatives à la confidentialité des données, à la traçabilité des opérations et
à la qualité des services sont à définir clairement, dont pour les applications critiques ou
manipulant des données à caractères personnel, stratégique ou encadrées par une
quelconque législation. En termes de conformité réglementaire, c'est l'entreprise cliente
qui en reste juridiquement responsable, le fournisseur agissant comme sous-traitant…
La réversibilité doit être encadrée avec précision dans le contrat qui lie tous les acteurs
concernés. Sont aussi à surveiller : les engagements de disponibilité, la fréquence des
sauvegardes et le rôle respectif des acteurs (de un à quatre généralement : par exemple
éditeur, hébergeur, intégrateur et opérateur réseau).
Le recours professionnel à des services décentralisés nécessite de préalablement
prendre en compte des réflexions spécifiques liées aux offres d'externalisation
commerciales, notamment des limites imposées par certaines ingérences, du respect
des engagements et des responsabilités contractuelles.
À ce titre, la CNIL publie des recommandations pratiques et des modèles de clauses
contractuelles clés qui peuvent être insérés dans les contrats de services de cloud
computing.
Présentation du Cloud Computing
8 Conséquences
14
Pour les fournisseurs, le développement du cloud computing entraîne le développement
des centres de données ou centres de traitement de données. Les fournisseurs de
service doivent augmenter leurs infrastructures (serveurs, bande passante, surface au
sol…) pour faire face aux besoins croissants des clients. Les modèles proposés par ces
prestataires doivent également évoluer, le cloud privé transformant les modèles
économiques qui prévalaient jusqu’ici36.
Pour les utilisateurs, particuliers et entreprises, la location de services associée au cloud
computing permet généralement de réaliser des économies à court terme. Mais le coût
total à moyen et long termes peut se révéler, au bout de quelques années, supérieur au
coût d'une application hébergée en interne. Cela dépend du mode d'utilisation
(fréquence, nombre d'utilisateurs…) et de la durée de vie de l'application. Un calcul
comparatif s'impose avant de faire son choix. Ce calcul ne doit pas se limiter aux coûts
directs, mais doit aussi intégrer l'ensemble des coûts cachés pour que le cloud permette
d'économiser ainsi que l'effet des avantages du cloud sur le business de l'entreprise
(productivité accrue, recentrage métier…). La tâche n'est pas forcément facilitée par les
modes de facturation proposés qui sont parfois peu « lisibles » et dépendent de
plusieurs paramètres : l'utilisation des fonctions (volumétrie), le coût de production ou
de mise à disposition, incluant les évolutions, le degré de complexité et, enfin, le tarif
locatif du service. Les durées d'engagement peuvent varier d'un prestataire à l'autre,
mais restent pour la plupart autour de deux ou trois ans.
8.1 Avantages
Le cloud computing peut permettre d'effectuer des économies, notamment grâce à la
mutualisation des services sur un grand nombre de clients. Certains analystes indiquent
que 20 à 25 % d’économies pourraient être réalisées par les gouvernements sur leur
budget informatique s’ils migraient vers le cloud computing37. Comme pour la
virtualisation, l'informatique dans le nuage peut être aussi intéressante pour le client
grâce à son évolutivité. En effet, le coût est fonction de la durée de l'utilisation du
service rendu et ne nécessite aucun investissement préalable (homme ou machine). L'«
élasticité » du nuage permet de fournir des services évolutifs et peut permettre de
supporter des montées en charge. Inversement, le fournisseur a la maîtrise sur les
investissements, est maître des tarifs et du catalogue des offres et peut se rémunérer
d'autant plus facilement que les clients sont captifs.
À titre d'exemple, une entreprise possédant une boutique en ligne pourra facilement
mettre en œuvre des serveurs supplémentaires pour faire face à un pic d'activité très
limité dans le temps, tel que la période de Noël ou des soldes, puis les supprimer après
coup. Cela lui reviendra certainement moins cher que si elle avait du acheter et gérer
toute l'année une infrastructure informatique capable d'absorber cette charge
importante, mais éphémère.
L'abonnement à des services de cloud computing peut permettre à l'entreprise de ne
plus avoir à acquérir des actifs informatiques comptabilisés dans le bilan sous forme de
CAPEX et nécessitant une durée d'amortissement. Les dépenses informatiques peuvent
être comptabilisées en tant que dépenses de fonctionnement.
Présentation du Cloud Computing
La maintenance, la sécurisation et les évolutions des services étant à la charge exclusive
du prestataire, dont c'est généralement le cœur de métier, celles-ci ont tendance à être
15 mieux réalisées et plus rapidement que lorsque sous la responsabilité du client
(principalement lorsque celui-ci n'est pas une organisation à vocation informatique).
8.2 Inconvénients
Plusieurs catégories d'inconvénients existent :
l'utilisation des réseaux publics, dans le cas du cloud public, entraîne des risques
liés à la sécurité du cloud. En effet, la connexion entre les postes et les serveurs
applicatifs passe par le réseau Internet et expose à des risques supplémentaires
de cyberattaques et de violation de confidentialité. Le risque existe pour les
particuliers, mais aussi pour les grandes et moyennes entreprises, qui ont depuis
longtemps protégé leurs serveurs et leurs applications des attaques venues de
l'extérieur, grâce à des réseaux internes cloisonnés ;
le client d'un service de cloud computing devient très dépendant de la qualité
du réseau pour accéder à ce service. Aucun fournisseur de service cloud ne peut
garantir une disponibilité de 100 %38. Par exemple, des défaillances sur les
services cloud sont référencées par l'International Working Group of Cloud
Resiliency ;
les entreprises perdent la maîtrise de l'implantation de leurs données. De ce fait,
les interfaces interapplicatives (qui peuvent être volumineuses) deviennent
beaucoup plus complexes à mettre en œuvre que sur une architecture hébergée
en interne ;
les entreprises n'ont plus de garanties (autres que contractuelles) de l'utilisation
qui est faite de leurs données, puisqu'elles les confient à des tiers;
des questions juridiques sont posées par l'absence de localisation précise des
données du cloud computing. Les lois en vigueur s'appliquent, mais pour quel
serveur, quel centre de données et, surtout, quel pays ? ;
comme les logiciels installés localement, les services de cloud computing
permettent de lancer des attaques (cassage de mot de passe, déni de service…).
En 2009 par exemple, un cheval de Troie a utilisé illégalement un service du
cloud public d'Amazon pour infecter des ordinateurs;
du fait que l'on ne peut pas toujours exporter les données d'un service cloud, la
réversibilité (ou les coûts de sortie associés) n'est pas toujours prise en compte
dans le cadre du projet. Le client se trouve souvent « piégé » par son
prestataire, et c'est seulement lorsqu'il y a des problèmes (changement des
termes du contrat ou des conditions générales d'utilisation, augmentation du
prix du service, besoin d'accéder à ses données en local, etc.) qu'il se rend
compte de l'enfermement propriétaire (vendor lock-in) dans lequel il se trouve.
L'informatique en nuage (voir article informatique durable) induit une consommation
d'énergie croissante et contribue au réchauffement climatique et des milieux par leur
énergie grise et via les fermes de serveurs nécessaires à l'informatique en nuage. L'ONG
Greenpeace, par exemple dénonce ceci dans un rapport de 2010 sur l'impact écologique
du secteur informatique43 ; Ainsi, si toutes les fermes de serveurs d'informatique en
nuage constituaient un pays.
Présentation du Cloud Computing
Tables des illustrations :
16 Figure 1-1 Quelques logos de CLOUD.................................................................................4
Figure 1-1 Quelques logos de CLOUD.................................................................................4
Figure 2-1 Taux d'utilisation du CLOUD..............................................................................6
Figure 5-1 Les principaux acteurs.....................................................................................10
Figure 6-1 Les principaux services Google........................................................................12
Présentation du Cloud Computing