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Relats 7

Le document traite des processus alchimiques et spirituels, décrivant comment transformer des substances à travers la chaleur et la purification pour obtenir un élixir précieux. Il évoque également la dualité entre les forces opposées, telles que la chaleur et le froid, et leur impact sur la transformation des matières. Enfin, il souligne l'importance de la gratitude envers Dieu pour les découvertes et les merveilles de la nature.

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Juan Campos
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Relats 7

Le document traite des processus alchimiques et spirituels, décrivant comment transformer des substances à travers la chaleur et la purification pour obtenir un élixir précieux. Il évoque également la dualité entre les forces opposées, telles que la chaleur et le froid, et leur impact sur la transformation des matières. Enfin, il souligne l'importance de la gratitude envers Dieu pour les découvertes et les merveilles de la nature.

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DV SEL f,

T.ÏÏC n'a btfbin que d'un bain doux & mo-


dère,
Dans lequel elle fe diffout parfoy.
%Au moyen de la putréfaction ,
Séparez, en te au,
€t reduifez. la terre en une huile rou-
e
I >

Oui eft cette ame de couleur de pour-


pre.
ît quand vous auez. obtenu ces deux fnb-
ftanceSj
Liez,- les doucement enfemble,
€t les mettez, dans £ œuf des ^hilofo-
phes
Clos hermétiquement.
Et vous les placerez, far un Atha+
nor>
Que vota conduirez, félon V exigence ejr la
couftume de tous les Sages >
En luy administrant un feutre s-Unt
Tel que la poule donne hfis œufs pourfaire
éclorre fespouffins j

Tour lors Veau par un grand effort


Attirera enfoy tout le Soulphre ,

€n forte quil riapparoitra plus rien de


luy,
Ce qui toutefois ne peut pas durer long-
temps.
O vj
,

*4 TRAITE'
Car par fa chaleur &fa fcelte
Jl s* efforcera derechef de Je rendre mani-
fefie,
Ce quau contraire la froide Lune tafehera
£ empêcher.
Ce$ icy que commence un grand combat
entre ces deux fubfiances >
fDurant lequel tune &
f autre montent en
haut oh elles s'éleuentpar un admirable
moyen .

Mais levent les contraint de défendre


en bas
(lies ne laiffent pas néanmoins de voler
derechef en haut y
tt après qu elles ont continué long-temps
ces mouvemens &
circulations,
Elles demeurent enfin fiables an bas
Et s'y liquéfient alors avec certitude
Dans leur premier chaos très -profondé-
ment.
Et puis toutes ces fubïlances fe noirci f
fent,
Comme fait la fuie dans la cheminée i
Ce qui fe nomme la tefie du corbeau >
Lequel nefi pas une petite marque de la

grâce de Dieu.
Quand donc cela fera ainfi advenu, vous y
verrez* en bref
DV SEL. 8;
JDes couleurs de toutes les manières >

La rouge , la jaune > la bleue & les au-


tres ,

Lesquelles neantmoins difparoitronl bien*


tofi toutes.
Et vous verrez après déplus en plus
Que toutes chofès deviendront verdes , com-
me feuilles &
comme £ herbe.
fuis enfin la lumière de la Lune fe fait
voir.

Ceft pourquoy il faut alors augmenter la


chaleur*
Et la laiffer en ce degré \
Et la matière deviendra blanche comme un
homme chenu , dont le teint enuie illyref-
femble a de la glace >
Elle blanchira aitjftprefque comme de Car*
gent.
Gouvernez, vofire feu avec beaucoup de
foin,
Et en fuite vous verrez dans vofire vaif*
feau
Que vofire matière deviendra tout-a fait
blanche comme delà neige ;

Et Alors vofire ElixirefiachcuêpourVom~


vre au blanc ;

Lequel avec le temps deviendra rouge pa-


reillement.
\

8* TRAITE'
A raifon dequoy Augmentez, vofirefeu de-
rechef
Et il deviendra jaune ou de conteur de citron
par tout.

Mais klaparfin il deviendra rouge comme


un rubis.
Alors rendez, grâces a Dieu noftre Sei-
gneur,
Can/ous auez trouve* un fi grand thre-
for y
Qu^il riy a rien en tout le monde qu'on
luy puijfe comparer pour fin excellen-
ce.

Cette pierre rouge teint en or pur


Vefiain, l'airain ', le fer, V argent t &U\
plomb*
Et tous les autres corps métalliques que
ce fotent.
Elle opère & produit encore beaucoup d'au'
très merveilles.
Vous pouvez, par fin moyen chajfer toutes
les maladies qui arrivent aux hommes ,

*Et les faire viurèiufqu au terme préfixe de


leur vie.
C'eft fourquoy rendez grâces a Dieu de
tout voflre cœur,
Et avec elle donnez, volontiers fecours &
aide a voflre prochain
DV SEL. 87
tt employenVufage de cette fi erre a V hon-
neur du Très-haut,
Lequel noatfajfe la grâce de nom recevoir ,
en [on Royaume des deux.

Soit gloire , honneur & vertu à jamais


au Sain6fc, Sainft , Saind SabaothDieu
tout-puitfant , lequel feul eft Sage , & éter-
nel , le Roy des Roys , &
Seigneur des
le

Seigneurs,qui eft enuironné d'une lumière


inaccefliblc , qui feul a l'immortalité , qui
a empêché la violence de la mort > Se qui a
produit & mit en lumière un efprit impe*
riflàblc. Ainfi foil-il.

FIN.
ETTRI
Ihilosophique.
Traduite

£ AllemcM en François.
(Par ANTOINE DU VAL;

A PARIS,
Chez Iean d'Houhy,» FImagï
S. Iean , au bout du Pont-neuf, fm le
Quay des Auguftins.

M. DC. LXXh
,

* ** * * * * * * * *_*_ *****

'

.gi * * * * * * * * * * * * * *_ * t§r

LETTRE PHILOSOPHIQUE.
O
XI S ayant veu
douter d'une fcience
dont vous devriez eftre
mieux perfuadé , il m'a
iteiNmm femble neceiTaire de
vous en tracer les fon-
demens, fuivant que la Lecture des
vrais Philofophes & l'expérience me
l'ont enfeigné. Je n'ufe pour cet effet
d'aucune Rhétorique jugeant fuper- ,

flu d'orner la matière du monde, qui


cft la plus belle de foy-mefme. La
fàinte Ecriture, qui eft dictée parle
Saint Efprit , 6c contient la parole du
grand Dieu méprife l'ornement ,
, &
fe plaift feulement aux fentences vé-
ritables &c fimples. L'ignorance au
contraire 6c le menfonge , dont le pe-
A
x LETTRE
re de menfonge a jetcé la femence
dans les Ecoles modernes veut efhe
,

plâtrée d'attifets. ,
pour cacher Tes
défauts ; Tare & font pour les
le fart
beautez imparfaites. Vous verrez
dans la fuirte de cette Lettre, une
Phyfîque qui paroiftra extravagante
& impertinente au fens de ces mef-
mes Ecoles , 8c je vous dis par avance,
que le moindre Pédant la condam-
nera aufîi hardiment que s'il l'enten-
doit très -bien , &
que mes fentimens
feront bannis de fa raifon aufîi libre-
ment qu'il pourroit faire fi noftrc
fainte fcience eftoit foûmife à fa jurif.
diction.
Mais à chacun fon juge-
je laifTe
ment libre , &
ne veux punir les
je
prefomptueux 8c les ignorans que de ,

leurs propres qualitez ,


qu'ils garde-»-
ront pour pénitence. Aufîi ne pré-
tends- je écrire cette lettre qu'à vous
qui avez la clef pour en déchiffrer le
contenu mifterieux afin que vous
,

puifîiez confirmer voftre connoiiîan-


ce &c l'appuyer fur un fondement iné-
branlable, pour donner gloire à Dieu,
8c fervir voftre prochain. Vous trou-
PHILOSOPHIQUE. $
verez la plus part de ce que je vous
écris chez les Philofophes :mais vous
ne le verrez en nulle part entaiTé de
cette manière , &
en fi peu de paroles.
Elles font (impies , mais importantes
Ôc véritables. Lifez , relifez , &
pen-
fez-le bien , rapportant le tout à la
pierre de touche , qui eft la nature ; el-
le vous cautionnera pour moy de la
vérité. Mettez fes démarches en pa-
rallèle avec mes paroles , &
gardez
pour vous mefme les obfervations
que vous en tirerez. Afin donc de
comprendre ce dont il eft qtieftion,
(cachez que la Phyfique eft une feien-
ce moyennant laquelle on explique
les fubftances naturelles entant que
naturelles , avec leur harmonie C'eft :

Iafcience de la nature , ou une habi-


tude, moyennant laquelle nous con-
noiiîbns la nature , &les chofes qui
tiennent leur eftre d'elle.
L'autheur de cette nature eft Dieu,
qui fubfifte naturellement de par foy-
mefme, fans commencement ny fin:
Il eft fouverainement &
uniquement
Sage , Puiflant &
Bon. Comme il eft
infini, &que nous Tommes finis, nous
Àij
4 LETTRE
ne pouvons rien dire deluy, qui
ne trop au defïbus de fa gloire Ôc
foit
ôc perfection ; une partie ne pouvant
aucunement comprendre le tout: l'ex-
cellence de fes œuvres le magnifie
beaucoup plus que la foiblcfle de no-
flre expreiïion.
Quand nous contemplons fes œu-
Dh vres en gênerai , nous obfervons des
y
'
leur principe le Chaos , lesElemens&
les chofes élementées. Le Chaos é-
toit un compofé agité de l'eau du &
feu vivifiant , à ce que toutes cho-
fes de ce monde fulTent produites par
leVerbe éternel de Dieu. C'eftoitla
matière contenant toutes les formes
en pouvoir qui en fuite fe manifefte-
rent quand fa Volonté fe reduifît en
aâ:e : Ce corps informe eftoit aqua-
tique , & appelle parles Grecs va*,
denotans par le mefme mot l'eau ôc
la matière cette matière a eité.diftin-
:

gnée de Dieu en trois Gaffes En :

Supérieure, Moyenne ôc Baffe ré-


,

gion. La fuperieure eft abfolument


illuminée, éminente ôc fubtile : La
baffe abfolument tenebrenfe, crafTe,
impure &grofïïerc. La moyenne efl
PHILOSOPHIQUE. ;
i méfiée de Tune 8c de l'autre de ces
qualitez. La dernière Claife ou ré-
gion baffe contient néantmoins tou-
tes les ellences &
vertus des Créatu-
res de la fuperieure , en forte que ce
que les Créatures fuperieures font ac-
tuellement &
en forme manifefte, les
Créatures inférieures le font en pou-
voir cV en eilence occulte la claile ou :

région fuperieure réciproquement en:


créée , en forte qu'il n'y a rien dans
l'inférieure , dont elle ne contienne la
nature 8c les vertus Ce que les ef-
:

fences fuperieures font extérieure-


ment , les inférieures le font inter
rieurement l'une 8c l'autre toutes-
:

fois ne peut pas agir également: car


les Créatures fuperieures intellec-
tuelles peuvent agir fi elles veulent,
de mefme façon que les inférieures;
mais les inférieures font empefehées*
par la crade tenebreufe de leur corps,
d'agir comme feroient les Anges 3 à
moins que d'eftre illuminées d'en
haut , 8c douées de vertus divines 8c
plus qu'humaines. En tout ce que
deifus il eit à remarquer que la région
inférieure n'eil pas entièrement defti-
A iij
h

é LETTRE
tuée de lumière, ny la fuperieuredeji
quelque mélange (bien que délicat)^
de tenebres,n'y ayant que le Créateur £
feul qui habite une lumière pure & )'

inacceflîbfe. La créature bien qu'op- v

poféc Tune à l'autre , ne manque ja-


mais de mélange pour procréer par i

cette puifTànce étendue &


remife,
y
comme le bras court &
long en Géo-
métrie ; &
c'eft par le moyen de cette
opération admirable que le mouve-
ment à commancé dans le chaos. La
parole éterne.Ie du Père en ayant pre-
mièrement feparé les élemens , ÔC
puis les chofes elcmentées fuperieu-
res & inférieures , que
tant terreftres
cele/tes & furceleftes. Car la création
du Ciel prefupofe celle de Tes habitans
qui font les Anges bien heureux auf- ,

quels Tarne des hommes devient fem-


biable , lors que féparée des fens ma-
tériels , &
épurée des impuretez te-
nebreufes par le S. Efprit, elle s'élève
en ferme foy à Dieu , cherchant 8c
treuvant dans le Père des lumières,
cette clarté furnaturelle inconnue à
l'homme Par ce chemin la
fenfuel.
grâce du Sfigneui a manifefté Gç v. u
PHILOSOPHIQUE. 7
fon ferviteur Moïfe cette création
merveilleufe > c'eft par cette même
race que mortifians nofhe chair per-
verfe ,& reflufeitans en une nouvelle
vie , nous élevons le vol de noftre
ame par deifus tout ce qu'il y a de ma-
tériel, pénétrant les ténèbres confu-
fes du chaos, pour obferver tant par
Ja parole révélée de Dieu , que par la
lumière de fa clarté reluifante émi-
nemment , & en Tes grandes œuvres
& en l'homme crée à la refTemblance,
les démarches de cette opération mer-
veilleufe , jufques à ce que cette étin-
celle de lumière , dont nous fommes
capables en cette mortalité vienne à ,

croiftre pour nous éclairer pleinement


dans l'Eternité.
Il y a chofes à obferver dans ce
trois
chaos L'eau première
, 1. informe. &
z. Le feu vivifiant, dont l'eau a efté
agitée, &
3. La façon dont les eftres

particuliers ont efté produits de ce


chaos ou eftre gênerai. Cette eau in-
,

forme & imparfaite eftoit incapable,


fans le feu vivifiant , de rien produire.
Elle eftoit avant l'eau élémentaire , ÔC
conc«. noit le corps &: i'Efprit, qui con-
A iiij
8 LETTRE
ipiroient enfemble à la procréation
des corps fubtils & groffiers. Cette
eau première cfloit froide , humide,
crafTc , impure & tenebreufe , Gen. 2.
Se tenoit dans la création , le lieu de
Ja femelle , de mefme que le feu, dont
les étincelles innombrables comme
des mâles difFerens , contenoit autant
de teintures propres à la procréation 1

des créatures particulières. Ce feu qui


a devancé l'élémentaire , a vivifié tout
ce qui eft produit du chaos. C'eftce-
luy de la nature , ou pour mieux dire,
refprit de l'Univers fubtilement dif-
fus dedans cette eau première & in-
forme. Qn peut appeller ce feu la for-
me, comme l'eau la matière confon-
dus enfemble dans le chaos. Il ne fub-
iîftoit pas feparément fans l'eau , qui
eft proprement fon habitacle , & la
matière ou le véhicule qui le contient.
Toute fois ce feu n'eft qu'un inftru-
ment fubalterne , ôc qui ne peut agir
en aucune façon de foy-mefme , n'é-
tant qu'un outil matériel de la grande
main immatérielle de Dieu, ou de fa
parole non créée, quieflifsiiedeluy,
& en procède continuckment^ com-
PHILOSOPHIQUE. 5
me nous voyons au 1. & 1. de la Ge-
nefe, faifans par ce feu les impreflîons
de diverfes teintures fur divcrfes ef-
ipeces. J'appelle Teintures , les puif-
liànces aftrales & ponctuelles. Car la
teinture eftcomme un point efïentiel,
duquel comme du centre fortent les
rayons qui Te multiplient dans leur
opération. Mais comme ces rayons
ne fçauroient opérer en eux mefmes,
pour leur proximité &reiïemblance,
il leur a fallu un corps aquatique diC-

femblable à leurs proprietez , à ce


que fa malle par ce feu central, Ôc
moyennant la difpofition de la parole
de Dieu , ainfi que les autres ehofes,
priflent forme. Le feu n'eft pas un
•corps mais il en prend un d'ailleurs,
,

qu'il difpofe à fa fin deftinée : il de-


meure plus volontiers dans un corps
parfait que dans un autre , il contient
les définitions de toutes choies , Ôc re-
çoit enfoy , fuivant les vertus de fon
imagination que le verbe éternel de
Dieu luy a imprimé , les difpofitions
de diverfes femences; il eft chaud, fec,
pur ôc diafane les deux dernières
:

qualitez font les fourccs de toute lu-


ro LETTRE
miere : Sa chaleur le Feau,
fait agir fur f '

comme eftant le principe de route la F


chaleur des éiemens &des chofeséle- W
méritées : Sa fecherefTe eft le principe r :

de conftance es creatutes : Sa diafa- .F


nité marque fa qui luy rend
fubtilité, V
toute forte de corps penetrables Sa U :

pureté exclud toutes imperfections,


y
car le feu les chaiïe loin de foy, a£ r & l

pire à la confiance de l'Eternité , com-


y
me la fin du monde &
la nouvelle
création fera voir. Ariftote l'appelle
aifezimproprement le principe du
mouvement. Le feu donc eft la nature
qui ne fait rien en vain ,
qui ne fçau-
roit errer , ne fe fait.
ôç fans qui rien
Carcétefprit agilfant bien qu'il foit
,

inhérent en des corps difFerens de ce*


monde , eft pourtant toujours le mef-
me, &bien qu'il ferve à vivifier des
teintures diverfes , félon qu'elles font
diftinguées dans les créatures par le
Créateur , il ne fait qne les difpofer
fuivant leur capacité.
Ce chaos ainfi créé , Dieu commen-
ta à travailler fur ce corps ténébreux
luy infufant quelques rayons de lu-
mière par le moyen de l'Elpric de Dieu
PHILOSOPHIQUE. ïi
iqui fe rnouvoic deiîus les eaux , fépa-
Irant les ténèbres de la lumière, &
donnant aux tençbres la demeure in-
férieure ôc moyenne , comme à la lu-
mière la fuperieure. Ilfépara Gen. i,
Verf. 6. les eaux d'avec les eaux , pla-
çant la matérielle- ôc groflîeredans la
mer ôc dans la terre , ôc élevant la iub-
tile fcfpirituelleau defîous & audef-
fus du Ermament , Gen. 14.8. yer/l 4.
à ce qu'elle pût fervir de véhicule,
d'infhument & de médiatrice à TEC
prit univerfel, pour porter les ordres
ôc les aides actives aux efpiïts pafïïfs
Ôc particuliers des fublunaires. Cela
ne fuffifant pas , Dieu donna le troi-
iléme degré de lumière , féparant la
terre , ou le fcc des eaux ôc de la mer,

afin que la terre ne fuft empêchée par


le mélange exceffif des eaux, de pro-
duire les herbes &Ies arbres portans
fruits. Il fépara auiîî par l'étendue des
Cieux , les eaux inférieures des fupe-
fieures , 8c alTembla de la lumière dif-
fufe, des luminaires pour diftinguer
le temps Ôc les faifons , afin d'opérer
par leurs rayons ou influences mefu-
rées ftir les créatures , lefquelles
il EETTRE
ilcréa de leurs élemens diftinguez \^
pour vivre en iceux , &
habiter cet é-
difîceadmirable , dont il donna la Sei-
gneurie à l'homme , fait à Ton image
ôc félon fa reiïemblance , pour le fer-
vir & bénir.
L'élément eft un corps feparé du
tiemh chaos , afin que les chofes elementées
ncrîl'
Con ^^ ent P ar W& W en :
'
c c& e
principe d'une chofe , comme la lettre
^

de la fyllabe. La doctrine des élemens


eft très importante , eftant la clef des
facrez mifteres de la nature. Les éle-
mens confpirent enfemble,& fe chan-
gent facilement l'un en l'autre,& nous
voyons la terre fe changer en eau,
l'eau en air , & l'air en feu. La terre fe

change en eau , quand l'eau par le ,

mouvement de la chaleur, du centre


de la terre en pénètre les conduits en
forme de vapeur , & en reçoit par cet-
te exhalaifonreftencefubtile, en for-
te qu'il n'apparoit aucune différence
entre l'eau Ôc la terre. Cette terre ré-
duite en eau par la chaleur du Soleil
ôc élevée en la région moyenne de
l'air , y eftant quelque temps digérée,

fe change en feu> ôc forme les tonner?


PHILOSOPHIQUE. q
es & Celuy qui connoît
les foudres.
e moyen de changer un élément en
"autre, & rendre les chofes pefantes
egeres , & les légères pefantes fe ,

?eut dire vray Philofophe. Cela ne fe


:>eut que moyennant un certain chaos
aniverfel , dont le centre contient les

vertus des chofes fuperieures & infe-


ieures, reduifantla terre en eau, Peau
air, & l'air en feu. Jamais un éle-

ent n'eit fans l'autre , car le feu fans


r s'éteint ,Peau fans air fe pourrit:
terre mefme ne fçauroit faire un
globe fans l'eau qui fans les autres
,

elemens ne produit quoy que ce foit.


Le feu purge Pair , Pair Peau , Peau &
la terre , & par le mouvement du feu,
Pun fe perfectionne dans l'autre. Le
feu eft moindre en quan-
toujours le
tité comme le premier en qualité ou
, ;

il domine , il engendre des chofes par-

faites, & ou il eft dominé, ne viennent


que les imparfaites. Les elemens font
actifs quand ils travaillent fur un
,

corps pour en former quelque chofe


de nouveau paflîfs quand l'un fou-
;

fre que l'autre en faiTe quelque cho-


fc , éc l'un agifïant Pautre patit. L'eau
4
î LETTRE
agit fur le feu, le concentrant par la\|
reclufion dans Ton corps ; le feu tra-,
vaille fur la terre , afin de l'élever à fà-

propre dignité , &


cela durera jufques-*
à tant que tous les elemens par une
action mutuelle atteignent la fouve- ]
raine perfection. Les élemens fupe-
rieurs agiflfent bien plus parfaitement
que les inférieurs , comme il appert
par les actions du Ciel ou du feu, à jj

caufe de fa pureté &


élévation , en
vertu de laquelle ils exaltent les ele-
mens inférieurs, comme les inférieurs
en échange abaifTent ou attirent ôc.
humilient les fuperieurs. Et c'eft par
Jemoyen de cette attraction ôc expul-
iîon , que le monde refpire & vit,
communiquant Tertre des chofes fu-
perieures ( comme dit eft ) aux infé-
rieures, &ainfi réciproquement. Cet-
te opération merveilleufe fe fait
moyennant Tefprit de l'Univers in vi-
iible& impalpable enfoy, ficen'eft
qu'il fe rend à raifon de fa fîtua-
tel ,

tion & defon véhicule.D'autant que


ce Mercure , ce mefTager du Ciel ôc ,

qui en porte les ordonnances en terre,


prend de certaines aifles propres à
PHILOSOPHIQUE. :ç
Ton vol. Cet inftrument eft:
riiicer

i£ible
r
&
palpable, mais l'efprit en
"jy-mefme ne l'eft pas , pour eftre
'une nature abfolument fpirituclle,
dont retfence fuit les fens. Pour
lieux comprendre ce myftere , qui
kft très-grand &
excellent, confide-
Icons que la terre &
l'eau occupent
[l'habitacle inférieur, pour eftre moin9
excellent que ,
qui eft le feu,
le Ciel
i&eft fuuéaudefTus, comme l'air qui
eft un élément moyen entre le feu fub-
cil , & la terre ; Ôc l'eau groflïere Ce
place entre- deux. Or afin que la terre
(fût exaltée par le feu élevée à la &
Souveraine perfection , il eftoit necef-
\

i
faire que le feu la repurgéat de fa craf-
fe immonde , &
qu'à cet effet il fut
fpofé dans fon ventre pour y opérer
jufqu'à tant qu'ayant féparé toute
l'impureté de la terre , il en attirât
*
l'eflence pure de fans fèces. Mais cet»
te terre vierge ne pouvant agir fans
les élemens moyens , le feu agit fuc
l'eau , qui compofe un mefme globe
avec la terre , 8c ce moyennant l'air,
fubtilifant cette eau par fa chaleur , &
la reduifant en vapeur, unifiant à mc£
XC LETTRE
me temps la terre à fanature. Ainfi la
nature , qui procède toujours avec or-
dre, tend depuis les chofes bafTes par
les moyennes au fommet de perfec-
tion, ôc comme la terre eft un corps
compadte , l'eau ne la peut pas tout à
la fois transformer en fa propre natu-
re : c'efr. pourquoy elle s'élève fou-
vent moyennant la chaleur du Soleil,
la diftillant ôc la renvoyant fur la ter-
re , afin d'y porter la vertu du feu, à
ce que par fes afperfions réitérées , la
terre ferefolve dans fes femences, car
les femences de la terre inhérentes,
ont en foy le feu de la nature , parti-
cipant du feu celefte , lequel refout
moyennant des vapeurs tres-fubtiles,
la terre en eau , pour pouvoir péné-
trer ôc vivifier les entrailles des fe-
mences. Apres cela, il la convertie
par une digeftion continuelle , en une
huile criftaline , qui reprefente l'air
par fa clarté diafane, ôc l'allume enfin, -

après l'avoir dépouillée de toutes fes


impuretez, de fa flâme ardente , la fai-
fant expirer de jour en jour, &: mon-
ter aux lieux fupericurs à travers de
l'air , ôc la réduifant à la mefmc c(Tcn^
ce
PHILOSOPHIQUE. 17
:e du Voila comme un elemenc
feu.
aarticipe de la nature de l'autre l'é- :

ement donc eft un corps fpirituel con-


:enant une matière Ôc groffiere vi- &
bblc lis ne peuvent repofer , mais
;

font dans un mouvement perpétuel,


pour moyenner la procréation des
chofes les uns panchenr plus dans
:

eue inégalité Ters la forme corporel -


e , les autres vers la nature fpirituel-
e. Quand ces éiemens feront un jour
;

(par i émotion nouvelle de la nou-


velle création) déniiez de toute im-
pureté, alors leur corps leurefprit &
Feront en juite balance , attachez &
enfemble parle lienfacré de l'éterni-
té ; l'inégalité oitée , le mouvement
le fera pareillement, qui compofe le
temps, &
la où il n'y en a plus l'éter- ,

nité apparoift d'elle mefme. De tou-


tes les matières que nous connoiiïbns,
la plus également compofee eft l'or,
qui ayant des éiemens purs desti- &
tuez d'inégalité, approche plus de
l'éternité , qu'aucune autre matière,
ôc donne, eftant rendu fpirituel ôc ap-
plicable au corps humain , une Méde-
cine qui furpaiïe de bien loin toutes
B
ïS LETTRE
autres Médecines. Et (ans l'obftacîe
de lamalédiction que le péché attire
& fur nos propres élemens fur nos&
alimens , cette excellente Médecine"*;
feroit bien un autre efFet encore. Par-
lant tantoft de l'harmonie ,
je touche^,
ray cette corde plus diltin&ement,
faifant voir qu'il n'eit. pas iinpofîible
de représenter mechaniquement le
Macrocofme avec les élemens de cec
Univers, fous la forme d'un mouve-
ment perpétuel j'avoue cependant
:

que nous ne le connoiiîons qu'en par-


tie, le péché nous ayant chafle hors
du Paradis , dont rentrée nous eft dé-
fendue en cette vie caduque & mife-
rable. Nous eiïayerons neantmoins
d'atrraper quelque branche qui parlé
par defîus la muraille du jardin d'E-
den , &
ne pouvans y entrer ny man-
ger du fruit de Farbre de vie , nous
tacherons d'en avoir du moins quel-
que feuille, bien que ( comme dit eft )
fechée &corrompue par noftre ini-
quité malheureufe.
Des &
Le feu l'air font les élemens fupe-
sjemh rieurs.
Le feu eft le premier , prefe-
't<trti- rablement à tous autres, à caufe de
PHILOSOPHIQUE. 19
a pureté , fubtilité &
perfection eau- c ie
fa £
•Jfée de fa fimplicité, qui le 'rend plus f<*
slnoble & plus puitfant l'efprit del'U-
-,

Jjj£
nivers le poilede & fortifie merveil- tatre,

ieufement. L'air pour eftre moins pur



i9 f*
ne le pénètre jamais à fonds , ny ne
s'unit totalement à luy fi ce n'eu: ,

après eftre purifié de fes fèces. Le feu


élémentaire n'agit que quand il eft
concentré , c'eft alprs que ces rayons
;
prennent force, ôc jettent puifTam-
ment leurs influences. Apres que
Dieu eut concentré Gen. 1. "verf, 10.
les elemens & yerf. chofes éîe-
11. les

rnentées , concentrant le feu ou le


point aftral dedans les femences par.
ticulieres , il concentra aufTI \e/f, 14.
îa lumière difTiife en des certains lu-
minaires pour envoyer yerf.iy leurs
rayons en terre , &
les y faire opérer.
Quand ilveut agir , il chaue ( s'il eft
le plus fort en un corps ) les vapeurs
impures 6c fuperfluës dans l'air , pour
y eftre digérées ;
s'il eft le plus foible,
les vapeurs l'oppriment le fufFo- &
quent. Car le feu tâche de purifiée
toutes chofes &
les réduire à la fou-
veraine perfe&ion 5 comme les Philo-
Bij
20 LETTRE
fophes fçavent ; Et cane plus qu'uni ^

élément eft pénétrant , tant plus aufîi


eft-il agiftknt. Il eft pur ne foufFre. &
point d'impureté. Il y en a de deux
fortes , car il eft ou intérieur ou exté-
rieur : l'extérieur fubvient à l'inté-
rieur, l'excitant pour agiter les qua-
litez différentes du corps qu'il pénè-
tre, &parachever l'œuvre de la na-
ture ces deux feux font il familiers
:

& collatéraux , que fe rencontrant a-


vec leurs forces en un mefme fujet,
l'un fortifie l'autre pour atteindre au
iommet de la perfe&ion. Le feu eft
tinélément qui agit dans le centre de
chaque chofe , par te mouvement de
la nature ,
qui caufe l'émotion , l'é-
motion l'air 3 l'air le feu , &
le feu le-
pare purge , digère , colore ,
,
meu- &
rit chaque femence dans la matrice &:
dans la fituacion que le Créateur luy
a alTIgnédés le commencement. Cet
éiemenr ne peut foufFrir l'eau crue,
mais il la chafte ôc réduit en vapeur
moyennant fa chaleur. Ce n'eft pas
^qu'il foit impoffible de rendre l'eau
compatible avec le feu ; &
de la faire
(durer dans la plus grande flarae, juf-
PHILOSOPHIQUE, u
fqu'à rendre l'eau inféparable dufeu>
Èmais le chemin en eft connu à tres-
I peu de gens , &appartient à la caba-
f le de la Philofophie fecrette. Le fea
élémentaire eft le Ciel ou le firma-
ment mefme où refident les aftres,
dont les influences vifibles convain-
quent d'erreur ceux qui le nient. Il
contient abondamment l'Eiprit de
TUnivers, qui eft le feu, & fe commu-
nique par véhicule de l'air auxcho-
le
fesfubîunaires , &
leur donnant vie:
Car la vie n'eft qu'un flux de feu natu-
reldans le corps vivant. Ceci fedoit
entendre de la vie animale, car la vie
de Tarne raifonnable eft un flux de feu
bien plus noble &plus pur de fubftan--
ce furcelefte , tirant fon feu extérieur
immédiatement de I'Efprk de Dieii,
qui la vivifie ôc purifie 3 commançant
par l'attraction des rayons de fafoy,
& par la communication ouimpref-
iîon des rayons de fa grâce ôc lumière,
à luy infpirer les principes de la vie
, en attandant qu'accompa-
éternelle
gnée d'un corps dépouillé de toutes
impuretez , elle puiiïe comparoiftre
glorifiéedeyant le trône de Dieu. Ler
B iij
1

xi LETTRE
corps qui fubfîftent dans le Ciel , erf|
attirent leur nourriture, & envoyentj
en fuitte leursrayons ou influences $
fur la rerre pour empêcher que pari ki
,

cette emifîion leur vertu ne vienne àl


diminuer l'Eternel a ordonné par far
:

fageiTe ineffable , qu'ils attiraient au-


tant d'élemens purifiez de la terre
qu'ils y en renvoyent. Et c'en: ainfî
que Ce fait la circulation admirable de
la nature, dont cette opération de raJ
yons eft la grande roue. Le feu fupre-
me eft le Ciel empirée, où rendent
les Aftres fpirituels, qui n'ont point]
de corps de lumière compacte , ilsi

font d'une efTence plus fubtile & emi-


nente que les aftres vifibles , & ont^
bien plus de pouvoir : ce font des Ef-\
prits qui reprefentent chacun les forJ
ces Se les Vertus de cet Univers, joiiif-
fans à raifon de leur grande (implici-
te,
pureté &
perfection d'une béati-
tude permanente.
Les ténèbres qui voilent nos âmes
dans ce monde corruptible nous ren-
dent les Aftres, qui afliftent devant la
Majefté Sacrée de l'Eternel, invifî-
blcs , ils voyent ( hors du temps ) à
PHILOSOPHIQUE, if
fme temps & tout à la fois , & ce
uenous connôiiïbns & ce que nous
connôiiïbns pas. Les eaux fur ce-
rtesavec leur air &
leur feu fouve-
inement purs , compofent le Ciel
mpirée. Il eft parlé de ces eaux fur-
elertes. Gea i. T>an, 3. 6. TfaL 04. 5.
C eft une fubftancetres-pure, luifan-
ii Jte, fubtile , enflammée , mais non pas
onfommee ,
quiconftituè' l'habitacle
es Anges ( fchdmïijrtf) &
des bien-
eureux , le vray Paradis compofé
élemens incorruptibles &
parfaits,
omrne eftoient ceux dont Adam
joiiiiïbit avant le péché. Le Macro,
cofme fuperieur contient tout ce qu'a
l'inférieur. Oeft de l'influence conti-
nuelle de cette eau incorruptible que
s'animent &
difpofent toutes chofes
en ce bas monde. S'eftant communi-
quées aux Aftres vifibles , elle paiTe
des Aftres en l'air , de l'air &
de l'eau
cV par l'eau en la terre , de forte qu'il
appert clairement que le monde in-
férieur eft l'image du monde fupe-
rieur. Çt comme en ce monde l'air le
tient fur l'eau, 8c le feu fur l'air , ainfl
dans le monde Angélique , l'air fur-.
.

14 LETTRE
celefte eft par deiîus les eaux furce-v
leftes , &
au lieu le plus éminent eft
le feu fouverainement pur qui corn-
pofe la lumière inacceflibie >où\Dieu2
a conftitué l'habitacle de fa Majefté.^
Que perfonne ne nous blâme d'enta-î
mer une matière fi haute outre qu'on;' ,

ne dit rien qui foit indighe de noftrc


Dieu , ny qui contrarie a fa fainte Pa-
role : ily a une clef fecrette qui ou-
vre la porte de ces fecrets , elle eft.
cachée dans un corps très commun, Se
contemptible aux yeux du vulgaire,
mais tres-precieufe à ceux des vrays
Philofophes
fjj;>.
L'air e & un E^ment fubtil diafane,
léger & lien entre les
invilible , le
chofes fuperieures ôc inférieures , le
domicile des Météores. Il n'y a rien
au monde qui puifle fe paiTer de cet
élément. Toutes les créatures en ti-
rent leur vie & leur nourriture, il for-
tifie l'humide radical alimente les &
efprits vitaux. Rien ne viendroit en
ce monde , fi l'air ne penetroit atti- &
roitîa nourriture multiplicative; L'air
contient un efprit congelé meilleur
que toute la terre habitable : cet élé-
ment
PHILOSOPHIQUE. is
menteft plus pur que Peau, moins &
pur que le Ciel , il participe de la pu-
on-, frété de l'élément fuperieur, & de Pim-
ureté des inférieurs , & eft riche-
entdoiiéde PEfprit de PUnivers.
Les Elemens inférieurs font Peau
f'
l'dJSc la terre , leur exaltation dépend de
eminence des fuperieurs , eft ne- &
celïàire que pour fe perfectionner , ils
oyent fouvent élevez enrichis des &
[vertus fuperieures : il faut dis- je que
jj
:a terre s'élève fouvent par le moyen
de Peau, afin que [le feu , refîdant
ans les entrailles de
, appa- la terre
dans fes opérations
toiiîe Peau ne :

revient jamais à la terre qu'elle ne foit


amandée , &
ne porte quelque nou-
velle vertu. La pluye opère plus que
l'eau fîmple, dont le jardinier arroufe.
{L'eau ne penetreroit pasla terre,fi elle
'
n'eftoit animée de la chaleur fuperieu-
Ire ou inférieure , comme en Efté que
lia chaleur du Soleil &
la centrale fub-
[tilifent Peau , & la font monter
par
lies racines dans les végétaux pour Pa-
j chever de digérer &
réduire en plan-
j'tes, fleurs & fruits : la chaleur fait
I monter Phumidité de la terre en
C
i

tC LETTRE^
brouillard qui eftant levé retombe
,

en pluye par fa pefanteur , rend tiTaui


an & 1

l'humidité àla terre pour la faire fru.* ^


ftirler. Car cette marée univerfellc ;
tout

s'engrofle du Ciel , & en rapporte à (oit

chaque fois de nouvelles vertus. L'eau con

eftun élément humide & groflïer , il jcor

eft l'habitacle des poisons , la nour- me

riture des plantes & des minéraux,- k,

le rafraichiflement des animaux , l'ai- de

de de la génération, &
le vehicule 5 par du

le moyen duquel les corps confident et

es élemens inférieurs , Se reçoivent ies


influences du Ciel. Cet élément con-
tient les trois autres
, &
fert à produi-
re conferver
, &
augmenter tous les
corps que nous voyons. Il contient
une Médecine excellente douée des ,

vertus fuperieures & inférieures Heu-


reux celuy qui la fait fixer avec fon
efprit. Comme le feu fepare les cho-
ies qui font jointes , l'eau rejoint cel-
les qui font feparées ; la nature joi-
gnant les choies fuperieures avec les
inférieures par les moyennes , fe fert
de l'eau pour communiquer à la terre,
ce que le feu diftile en eau , par le
moyen de l'air car l'elTence du feu
:

. i
PHILOSOPHIQUE. iT
ombant en l'air, celle de l'un ôc de
['autre fe jette dans l'eau , &
celle là
lans la terre ,
qui eft le réceptacle de
outes les femences : fi l'eau ne paf-

oit Ôc repafïoit inceilamment par les


:onduits de la terre, le feu aurai la
|:onfommeroit par l'intempérie de Ton
fnouvement, Ôc en pafïant par la ter-
re , elle en attire la nature , s'habillanc

le fon eflence la plus délicate , ôc al-

lant à la putréfaction , qui eft la mère


le la génération , car fans eau , il ne fe
"
it point de putréfaction. Pafïant par

les lieux bitumineux ôc enfoufFrez,

rlle en attire cette chaleur ôc vertu

|ue nous voyons es bains chauds de


lallaruc Ôc ailleurs. Payant par des
reines enrichies de minéraux ou four-
ces métalliques elle en attire pareil-
,

ïment la vertu ôc produit les eaux


,

TalutaireSjdont les fontaines fe voyent


à Spaà ôc ailleurs. Car l'eau fent tou-
jours ce qui a efté échauffé avec elle,
>mmel'on void dans lacompoiltion
que les Cuifîniers ap-
les boiiilions

prêtent tous les jours. La chaleur


:entrale fait ( comme dit eft ) tous les
jours le melme avec l'eau elementai-
Ci]
xS LETTRE
re, & des entrailles de la La
les fruits
terre. Voila comment TOeconome L
Se le Seigneur abfolu du monde fait fa ?M i

diftillation dans le Macrocofme: uni-nou:


jour fa bonté paternelle exaltera fa a[
p
Majefté glorieufe par fa toute puif-', fou
fance , rehaufTant ce feu tres-pur qui [j et

fert de firmament aux eaux furcelef-;


tes , & renforçant le degré de lacha-.j
leur centrale pour réduire toutes les>!
eaux en air , Se calciner la terre à ce
,

que toutes les impuretez confommées


par le feu , il rend à la terre purifiée
une eau circulée dans Pair, & pareil-
lement purifiée pour compofer un
nouveau monde confiftant en un nou-
veau Ciel Se en une nouvelle terre,
u4jfoc.il. 7. ou dans des élemens fou-
verainement purs, immuables Se exal-
tez , vivront les corps glorifiez des
élens de Dieu après qu'ils feront
,

changez 1. Cor. iy. 51. pour eftre glo-


rifiez , c'efl à dire purifiez de la crafle
periflable Se peccante , qui voile nos
âmes en cette vie miferabîe , pour la
rendre capable de joiiir de la clarté
divine immédiatement. £/l 60. 19.
20. O
Seigneur! quand verrons nous
PHILOSOPHIQUE. 29
â fainte face jufques à quand crou-
,

pirons nous dans les ténèbres de l'i-


gnorance Se delà mifere ou le péché
îous tient enchaînez ? En fomme l'eau
?arun Tel imperceptible aux fens, dif-
out les femences que la terre con-
sent : cette difîblution fepare les
orps, cette feparation les mené à h
putréfaction , & cette putréfaction à
nne nouvelle vie.
:i

1 1 Le dernier élément eft. la terre du- ,

s
l:e, crade impure, aride, l'habita- ?[„*
,

••
j:le des animaux des plantes des me-
, ,

taux & des minéraux , remplie de fe-


nences infinies, moins fîmpie que
tl
es autres elemens dont la terre eft
,

.-proprement le rebut & le réceptacle.


:

Z'eft un corps fixe, qui retient les im-


'

* }greffions des influences d'en haut plus


n Parfaitement, que ne font les autres
nt
lïiemens. L'eau &
l'air ne les retien-
:

; Ment pas il bien , car elles pénètrent


'
|
ufques au centre de la terre , d'où el-
es reviennent copieufement à la fu-
[j
jperfîcie. La terre & l'eau conftituenc
:

.in mefme globe , & opèrent conjoin-


h jtementenfemble à la procréation des
l
k animaux , des végétaux & des mine-
C lij
3© LETTRE
raux : elle poflede un efprit nourrif-
fantles corps matériels ; comme il eft
de la nature du fel, il fe difTout aife-
mentpar l'eau, qui pénètre les pores
de la terre, pour prendre la nature des
végétaux , la terre confolide les corps
& tempérant l'humidité de l*eau, à ce
qu'ils prennent la forme à quoy ils
font deftinez l'eau le feu contef-
: &
tent inceifamment dans cet élément
moyennant l'air , fi Peau prédomine,
il naift des chofes corruptibles , il le
feu , en vient des chofes durables;
il

la terre enferre les chofes pefantes en


foy Se jette les légères , c'eft la mère
êc la matrice de toutes les femences
& fie toutes les compositions. C'eft
aufll bien que Peau, la matrice delà
Médecine univerfelle. Car l'efprit de
l'Univers fe trouve fixe en elle, mais
ce n'eft pas univerfellement pat &
tout. Pour cet effet il faut changer la
terre en eau , l'eau en air , & l'air en
feu. On tire de la terre, qui nous vient
d'enhaut , le mouvement perpétuel,
il elle fe diilbut dans fon eau , moyen-
nant le feu Philofophique , après
qu'elle a repris la forme du chaos
PHILOSOPHIQUE. 31
qu'avoientles elemens avant la fepa-
rarion des chôfes elementécs.
Ayant ainfi ébauché le chaos & les Dei

eîemens , faifons-en de mefme des \i\mu


chofeselementées. Ce font des fub- tiet &
fiances qui proviennent des elemens, JuZït
deiE^'
êc ont de l'affinité avec eux;ils font ou
pn
fpirituels ou corporels. Les premiers
font créés de Telience des elemens les
plus fubtils ; tant plus ils fontfubtils,
tant plus ont de force &de pouvoir,
ils

l'excellence de l'opération dépendant


abfolument de la fubtilité dcreflen-
ce. Les elemens les plus purs ont les
efprits les plus fubtils qui fervent d'in-
fhumens à la parole éternelle de
Dieu. Les Efprits font fuperieurs , ou
inférieurs les premiers habitent dans
:

le Ciel , &
font de la première ou de
Ja féconde claffe ceux de la première
:

font très- purs, &


habitent le Ciel em-
pirée , &
comme ils font au deflus du
firmament & du mouvement mefuré
des A (1res
ils ne font point fujets au
,

temps : entendent ôc comprennent


ils

les chofes non fuccefîîvement , mais


tout à la fois : ils font diftinguez
par ordres & puiflanecs. Cor. 1, 1$,
C iiij
}i LETTRE
y ayant des Archanges i.TheJJT. ±\ i£j
les Anges e flanc distinguez des Puif-
fances, 7(fim. S. 58. Les Efpritsdela
féconde cîaffe font ceux qui habitent
dans le firmament es Aftres vifîbles:
comme ils prefident es opérations du
feu Aftral, on les aappeliez des Sa-
lamandres : ils fervent d'inftrumens
aux opérations que les Anges bien-
heureux exercent dans Créatures les
baffes : la lumière d'enhaut parfaite
ne fe communiquant à la baffe impar-
faite que par ce moyen ou milieu. Ces
Efprits font innombrables , & ont
leurs fondions diflinctes & détermi-
nées , comme les créatures qui habi-
tent le globe de la terre. A utant qu'iL
y a d'Etoiles différentes au firmament,
autant y a t'il d'ordres divers d'Ef-
prits y en a de Solaires , de Lunai-
: il

res , de Saturniens , Mercuriaux , qui


dominent le globe de la terre par leurs
influences ce font eux qui exploitent
:

mefme les fondions morales dans


l'homme, le portans aux actions de
probité civile dont nous avons veu ,

les payens ornez Mais comme cela ;

ne vient que du Ciel fubalterne, il faut


PHILOSOPHIQUE. 3j
des rayons de la lumière de l'Efprit
fupreme , pour crucifier noftre propre
chair , & mefme pour la
la facrifier
gloire divine renonçans à toutes nos
,

félicitez corruptibles pour l'incorrup-


tible , jufqu'à aimer nos ennemis &
haïr noftre propre nature corrompue.
Les affections qui vont au delà de
l'ordre de la nature, viennent immé-
diatement de la lumière non crée de
l'Efprit de Dieu. Les efprits qui pré-
sident dedans l'air confomment en
eux , & convertirent en leur propre
nature , ce chaos qui eft compofé de
toutes chofes 3 dont aucune des chofes
crées ne fe peut paiTer ils conduifenc
;

les Météores &


produifent fouvenc
parla volonté du fouverain Créateur,
les effets prodigieux du vent du &
tonnerre ; ils ne font pas tous mau-
vais ny fujets au Prince de ce monde
qui règne dans l'air. Ils ne font point
univerfels, mais diftribuez en des cer-
taines difpofitions pour différentes
foclions. Le rémanent des Efprits ter-
reftres & aquatiques ont pareillement
les leurs fuivant les ordres de l'Eter-
nel j ils font de part & d'autre moins
34 LETTRE
punTans que les aérés. Ce que les Ef-
prits opèrent de bon dans le Cours de
la nature provient de ceux qui font
bons , &: que Dieu a crées élémentai-
res à cet effet ; ce qu'il y a de mauvais
& de fïniftre vient des Efprits malins
jettez hors du Ciel empirée à caufe de
leur rébellion , pour laquelle ils font
condamnez de vivre aufli bien que
l'homme pécheur, au lieu des élemens
purs & incorruptibles , dans les im-
purs &perifTables. Les Efprits malins
qui font les diables jouent artificieu-
fement des elemens fpirituels & cor-
porels dans les choies elementées
pour les ruiner, & fur tout l'homme,
dans lequel ils haiiîent l'image de l'E-
ternel qu'ils tachent par une envie
malicieufe de corrompre, anéantir &
plonger dans les ténèbres mais com-
:

me les ténèbres ne fervent qu'à ren-


dre l'excellence de la lumière plus ap-
parente & belle,aufli leur malic t noire
ne fait que fervir à exalter dautant
plus la bonté 8c la lumière du Tout-
puiiTant , qui les fait coopérer mefme
dans leur damnation malgré eux , à
glorifier la Jufticc & la gloire de fon
PHILOSOPHTQJJE. îs
pouvoir infini , par leur vaine reflftan-
ce& infru&ueufe.
Ayant traité de tout ce que defîus, Du
il faut defcendrepour contempler les p"£

corps palpables &


fujets à nos fens. «p*
Après les Elemens fpirituels, confîde- ^J^.
rons les corps , tirez des Elemens ex- *fcj
terieurement d'une nature corporel-
le , intérieurement d'une nature fpi-
rituelle. Car les corps ne font que les
prifons qui enferment les Efprits in-
térieurs &
actifs pour les limiter , ils
font limitez de vie &
de mort , tant
plus ils ont d'organes , tant plus ils
font corruptibles. La feule unité é-
tant immortelle, car la compofîtiort
préfuppofe la feparation. La premiè-
re chofe qui fe doit contempler en ce-
cy, font les principes hypoftatiques?
ce font des fubftances a&ives , tirées
des elemens convenans de tempéra-
ment , afin de compofer les chofes é-
lementées. Nous appelions ces trois
principes , le fel, le foufTre & le Mer-
cure. Là où ils font bien proportion-
nez , forment une fubftance dura-
ils

ble : là où
ils ne le font pas , la choie

fe dit & eft impure & periiTable* La


LETTRE
pureté confifte dans l'harmonie Ôc\
proportion des trois , l'impureté dans
l'inégalité.
Le fel eft lafubftancedes chofes,&
un principe fixeaccomparable à l'élé-
ment de la terre. Il nourrit le foufFre
ôc le Mercure qui agiffent fur luy, juf.
ques à ce qu'ils l'ayent rendu volatile
quant ôc eux , l'élevant à leur perfe-
ction. Le fel les retient en recompen-
fe ôc les coagule 5 leur communiquant
fa nature fixe , ôc comme il eft fixe ôc
fec , aiïemble ce qui eft liquide , é-
il

tant diiïblu dans une liqueur conve-


nable , il aide à diflbudre les corps
fblides , comme fa nature fixe d'autre
part les confolide fa vigueur naiflTan-
:

te luy donne des forces alors qu'il eft


diflblu par le moyen du Mercure ôc
du foufFre , il n'eft a£fcif qu'entant
qu'il eftrendu tel par le miniftere des
deux autres principes alors la puif- ,

fance Ce réduit en a£fce. Car à force


que l'harmonie eft grande entre les
trois principes , Tune ne fçauroit eftre
ny açir fans l'autre. C'eft le fel Ôc le
foufrre qui prefervent les corps de
putrefa&ionjdechaifant les humidirez
PHILOSOPHIQUE. 37
fuperflucs capables de caufer cetre
pourriture. Nul corps folide n'eft
deftitué de ce fel ,
qui fe dit le princi-
pe fixe , fec , & ferme ; il eft impoflî-
ble que fans ce principe
, on puifTe
former un corps. Quand on brûle du
bois , l'humidité groiîîerement Mer-
curiale &fuperfluë , s'évapore la :

matière groltïerementfulfurée bi- &


tumineule leconfomme parle feu &
évapore pareillement , tendant à la
perfection par fon élévation , mais
Je fel demeure dans les cendres avec
l'humide radical fixe qui ne fe peut
,

confommer ny détruire.
Le foufFre eft un principe gras & d<*

huileux , quilieles deux autres prin- f£f~


cipes entièrement difFerens pour
l'excès de leur fechereiTe & humidi-
té, de forte qu'il leur fert de milieu
&" de ligament pour les joindre fai- &
re tenir enfemble, car il participe de
Tune & de l'autre fuhftance, ayant
partie de la folidité du fel, & partie
de la volatilité du Mercure: il eft
fufceptible du feu opérant par la de-
ficcation & confomme le fuperfîu:
c'eft en vertu de cette opération qu'il
58
LETTRE
coagule le Mercure
, mais il ne l'aï
cheve pas feul, car lefel qui luy eft
incorporé intimement l'affilié puif-
fammentrle foufre produit les odeurs,
mais la fubftance entière du fei fixe,
tirée de l'intérieur du foufre, fetreu-
ve également diffufe par toutes les
parties du corps, il aura coagulé fon
Mercure en telle forte que ce corps
là ne donnera nulle odeur , comme
nous voyons dans l'or & dans l'ar-
gent.
Le Mercure eft une liqueur fpiri-
*£tr tuele aërée , rare, engroflee d'un
wrt. peu de foufre , & l'inftrument le plus
proche de la chaleur naturelle il :

donne vie &


vigueur aux créatures
fublunaires , & fortifie qui
celles
font débiles : il tient de la nature de
l'air , ôc fe montre tel par fon eva-
poration , alors qu'il fent la moin-
dre chaleur , quoy qu'il foit accom-
parable à l'eau par fa fluxibilité , &
ne fe contient pas dans les propres
termes , mais dans des termes étran-
gers, c'eftàdire dans l'humidité ; il
domine dans les corps imparfaits &
corruptibles , car il poifede rrop peu
PHILOSOPHIQUE, j?
du fel &
du foufre , mais la où il eft
réduit en une même nature bien pro-
portionnée avec les deux autres prin-
cipes , il compofe un corps incor-
ruptible , comme nous voyons de-
dans l'or , dont à caufe de cette ad-
mirable proportion, on peut tirer une
Médecine très-excellente & falutaire.
Apres la contemplation des trois
principes de la nature,il faut dire deux
mots delafemence. C'eft un extrait
tiré , exalté & feparé d'un corps par
le moyen d'une liqueur convenable
imeuri dans les vafes propres pour
la propagation de Ton efpece. Le
baume naturel qui eft une eifence
fpirituelle des trois principes , un
Efprit celefte 5 criftalin, &invi(îble
habitant en un corps vifîble , anime
la femence. Cette femence , entant
que femence , n'eft pas un corps fen-
fible , mais plutôt fon réceptacle ; il
fe produit moyennant la chaleur, &
cela non par l'art mais par la nature;
il ne fçauroit durer s'il eft procréé
d'elemens corruptibles , c'eft ce que
devroient noter ceux qui cherchent
une Médecine incorruptible dans des
%o LETTRE
corps corruptibles & imparfaits des
Animaux , Végétaux & Minéraux.
Aucune femence ne peut croître ny
multiplier, fi on la prive de la vertu
active par une chaleur étrangère ; le
poulet roty n'engendre plus. Cha-
que femence ne fe mêle jamais hors
de fon règne, les Métaux ne fouf-
frenr aucun mélange des Végétaux,
ny Végétaux des animaux dans
les
leur Toutes fortes de
procréation.
femences font fpirituellementinftrui-
tes du Créateur pour achever mecha-
niquement le cours de leur procréa-
tion du temps déterminé , moyen-
nant leur teinture & leur pouvoir,
quife manifefte quand les empeche-
mens font levés : car il les faut ôter
fî une génération légitime fe doit
faire & il n'y a point de matière qui
:

n'ait fes vertus particulières & defi-


gnées pour coopérer ( fi elle eft pure)
à la femence , &
marcher de con-
cert avec elle à la fin deftinée par le
fouverain Créateur; eftant impoilï-
ble que cette vertu intérieure &c ex-
térieuredemeure infructueufe, fi elle
eft bien difpofée. La femence s'ha-
bille
PHILOSOPHIQUE. 41
bille d'un corps élémentaire propre
à foy y attirant par fa vertu magnéti-
que la nourriture dont elle a befoin.
Tout ce que deiilis agit fur les ele-
mens pafîîfs ,
qui font la terre maflï-
[ve Se grolîîere , Se Teau de mêmes
qualitez , concentration avec
dont la
les Principes a&ifs en une même
matière infeparab'le , efl le chef d'oeu-
vre des Philofophes , ou plutôt de
la grâce Se de la toute puiflance de
l'Eternel nôtre Dieu.
Des
1

trois principes de la nature


ainfî efbauchezjil y aies trois acci-
dens de la nature es chofes élemen-
tées à confiderer , qui font la gène-
ration la confervation
, la deitruc- &
tion. La génération de chaque corps
en particulier , fe fait de fa propre
femence , Se cela dans fa propre ma-
trice, car Ci la femence n'eft. pas cor-
recte , oumatrice pure Se naturel-
la
Je il ne fe peut faire aucune géné-
,

ration. La femence animale requiert


une matrice animale , la femence ve-
getable demande une matrice vege-
table , Se la femence minérale veut
une matrice minérale : ce qui fe dois
D
4i 1ETTRE
bien obferver pour éviter les erreur»
vulgaires : & c'eft la proprement
une bonne matrice de fortable qui
répond abfolumentà la femence de;
fon règne , ôc comment fe pourroit*
il qu'une femence naturelle &c légi-

time , purifiée deuement de Tes ao-


cidens étrangers &
nuifibles, pofée
ou par la nature fans artifice , ou par
l'artifice félon la nature dans fa vé-
ritable matrice , faillit à produire
fon femblable }ne voyons-nous
pas journellement les jardiniers &
les laboureurs opérer en entant en
greffe t
-
& femant en bonne terre,
produire ce que ceux qui fe difent à
grand tort grands Philofophes, igno-
rent de faire dans le règne minerai.
Mais ileftaufïïimpofîîblefans la na-
ture d'augmenter &
de faire croître
par tous les artifices imaginables un
bœuf, que de la laidhie , ou de l'or.
Au contraire il eft abfolument ne-
ceifaire fï quelque génération fe doit
faire par artifice, que cet artifice fe
conforme totalement à naturela
qui contient l'ordre que le Créateur
Eternel a preferic dés le commence-

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