Radionucléides pour l'analyse environnementale
Radionucléides pour l'analyse environnementale
Révision scientifique
Dominic Larivière, Ph. D., chimiste 3
Renseignements
Pour tout renseignement, vous pouvez communiquer avec
le Centre d’information.
Référence à citer
Ministère du Développement durable, de l’Environnement
et de la Lutte contre les changements climatiques.
Radionucléides recommandés pour l’analyse de la
radioactivité dans les matrices environnementales. 2017.
31 p.
AVANT-PROPOS _______________________________________________ vi
1. Introduction _________________________________________________ 1
3.4.Matrices biologiques__________________________________________________ 17
4. Références___________________________________________________
iii
LISTE DES TABLEAUX
iv
LISTE DES FIGURES
v
AVANT-PROPOS
Que ce soit dans le cadre des projets assujettis à la Procédure d’évaluation et d’examen des impacts sur
l’environnement ou pour toute demande d’autorisation soumise au ministère du Développement durable,
de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC), l’analyse de divers
contaminants est requise, notamment dans l’eau, dans l’air, dans les sols, dans les effluents et dans les
matières résiduelles. Ces analyses permettent de caractériser l’état initial d’un site, d’évaluer le risque
pour la santé humaine et les écosystèmes, ainsi que de s’assurer de la conformité aux divers règlements
du Ministère. Le présent document se veut un outil d’aide lorsque la présence de radionucléides 4
d’origine naturelle est attendue pour un projet. Il vise à fournir les listes de radionucléides qu’il est
pertinent d’analyser dans les différentes matrices environnementales en tenant compte de la présence ou
de l’absence d’équilibres séculaires entre les radionucléides des chaînes de désintégration. L’information
présentée ici fournit des renseignements utiles sur lesquels s’appuyer afin, notamment, d’établir un
programme de suivi environnemental ou de caractérisation environnementale des radionucléides pour un
projet particulier. Le MDDELCC encourage fortement la prise en compte des éléments présentés dans ce
guide afin d’uniformiser les documents produits et d’en faciliter l’utilisation et la consultation par les
lecteurs.
vi
1. INTRODUCTION
Depuis les dernières années, plusieurs projets d’exploration ou d’exploitation sont envisagés,
notamment dans le nord du Québec, où la présence d’uranium ou de thorium est observée dans
les gisements. Étant donné que les activités minières sont susceptibles d’entraîner la
contamination des milieux environnants les sites miniers, entre autre par le rejet d’éléments
radioactifs par les effluents et les poussières, il est primordial de se pencher sur le choix des
radionucléides à analyser, et ce, autant pour les milieux aquatiques que pour les milieux
terrestres et atmosphériques. La problématique liée aux rejets environnementaux d’éléments
radioactifs d’origine naturelle est également associée à l’exploitation minière au sens élargi. Elle
inclut, sans s’y limiter, l’exploitation de carrières et de sablières, l’exploitation de différents
métaux non radioactifs (fer, or, cuivre, niobium, etc.) ou l’exploitation de composés tels les
phosphates et les saumures dont la présence peut être associée à celle d’éléments radioactifs
d’origine naturelle. D’autres industries, comme des industries de production et de transformation
qui utilisent d’importantes quantités de matières premières 5 sont également souvent à la source
de production de matières radioactives naturelles (NORM et TENORM, section 2.1) (Van der
Steen et Van Weers, 2004). Par exemple, les usines de production de dioxyde de titane, de fonte
et d’acier peuvent concentrer la matière radioactive d’origine naturelle à différentes étapes des
procédés de production et contribuer à son rejet dans l’environnement (AIEA, 2012).
Les sections suivantes présentent les radionucléides recommandés pour la caractérisation des
matrices environnementales qui pourraient être contaminées dans le cadre d’une activité minière
ainsi que dans le cadre des activités de production ou de transformation de matériaux où des
radionucléides d’origine naturels seraient présents. Le présent document exclut l’eau potable, l’air
intérieur et les effluents normés dont les exigences sont décrites dans d’autres documents.
Les radionucléides sélectionnés représentent le nombre minimum à mesurer afin d’estimer les
activités des autres radionucléides d’une chaîne de désintégration, en supposant la présence
d’équilibres séculaires. Toutefois, dans la pratique, selon le contexte, il pourrait être nécessaire
de faire l’analyse d’un nombre plus élevé ou plus faible de radionucléides. Par exemple, l’analyse
de l’ensemble des radionucléides pourrait être demandée lors de la caractérisation exigée à la
cessation d’une activité industrielle ou commerciale visée par règlement (Loi sur la qualité de
l’environnement, art 31.51), si l’exercice de l’activité en cessation a pu engendrer des bris
1
d’équilibre. Malgré les recommandations du présent document, il restera toujours plus précis de
procéder à l’analyse complète de tous les radionucléides présentés au tableau 6.
Notons que dans le cadre de la caractérisation de teneurs naturelles dans l’environnement, peu
de résultats ont été rapportés dans la littérature. Les articles et autres publications obtenus à la
suite d’une revue de littérature et mentionnés dans les sections suivantes appuient les
recommandations de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN, 2008) et
contribuent aux recommandations du présent document.
Notons également que le présent document ne tient pas compte des limites de détection
nécessaires pour estimer le risque pour la faune et la flore à l’aide de modèles d’évaluation du
risque (p. ex. : le projet européen ERICA (Environmental Risk for Ionising Contaminants :
Assessment and Management). Il en est de même des techniques analytiques qui peuvent être
utilisées. Par exemple, l’analyse par comptage alpha bêta brut constitue une technique souvent
utilisée afin de dépister la présence de radioactivité dans un contexte réglementaire, mais les
limites de détection de cette technique sont trop élevées dans un contexte de caractérisation.
Précisons néanmoins que plus d’une technique analytique pourra être utilisée en fonction des
matrices et des limites de détection nécessaire. Par exemple, il est moins fréquent d’analyser
l’isotope uranium-234 par des techniques de spectrométrie de masse, alors qu’il s’agit d’une
méthode couramment utilisée pour l’analyse de l’uranium-238 : bien qu’il s’agisse dans les deux
cas de l’analyse du même élément, ces radionucléides constituent des isotopes différents qui
possèdent des comportements radioactifs et des concentrations dans l’environnement qui leur
sont propres. Il en va de même pour l’analyse des isotopes thorium-232 et thorium-230. Le
thorium-232 est couramment analysé par spectrométrie de masse, alors que le thorium-230 est
analysé par spectrométrie alpha 6 , une technique d’analyse plus coûteuse. Ainsi, il sera
nécessaire d’informer le laboratoire réalisant les analyses des limites de détection désirées afin
que celui-ci détermine les techniques analytiques adéquates pour l’atteinte de ces limites.
6 Technique plus onéreuse compte tenu des étapes de concentration et de déposition sur filtre
préalablement nécessaires, ainsi que les longs temps d’analyse associés à cette technique (souvent
plusieurs heures par échantillon).
2
2. ÉQUILIBRE SÉCULAIRE
3
Figure 2 – Chaîne de désintégration du thorium-232 (IRSN, 2008)
Les matières premières qui contiennent ces radionucléides et leurs descendants sont appelées
« matières radioactives naturelles » et sont connues sous le terme anglais NORM, un acronyme
pour Naturally Occuring Radioactive Materials (Desideri et coll., 2006; Santé Canada, 2000).
Lorsque ces matières subissent un changement dans leur composition chimique et que les
éléments radioactifs présents sont concentrés à la suite d’un traitement ou d’un procédé de
production, on parle alors de « matières radioactives naturelles améliorées technologiquement »,
ou TENORM pour Technologically Enhanced Naturally Occuring Radioactive Materials
(EPA, 2015).
7 Activité (A) : taux auquel des transformations naturelles se produisent dans les noyaux d’un groupe
d’atomes. L’activité d’un élément radioactif est en relation avec sa demi-vie (t1/2) et est proportionnelle au
nombre d’atomes présents (N) : A = (ln2/t1/2)N. L’unité de mesure est le becquerel (Bq); 1 Bq est égal à
une désintégration par seconde.
4
radionucléides seulement et d’estimer l’activité des autres radionucléides présents (IRSN, 2008;
IRSN, 2011).
Les sections 2.2.1 et 2.2.2 présentent les équilibres qui peuvent être observés dans les chaînes
de désintégration de l’uranium-238 et du thorium-232.
Cet équilibre n’est possible que lorsque tous les éléments de la chaîne sont confinés dans un
même milieu pendant une période suffisamment longue, soit 10 fois le temps de demi-vie du
radionucléide descendant possédant la période la plus longue (p. ex., l’uranium-234 dans le cas
de la chaîne de l’uranium-238) (L’Annunziata, 2003).
1) Le parent doit posséder une longue demi-vie (t1/2), de sorte que sa décroissance soit
négligeable pendant la période d’observation;
2) Le descendant doit avoir une demi-vie relativement courte. La différence de demi-vie entre le
parent et le descendant doit être de l’ordre de :
λ A / λ B ≤ ~ 10 4 donc λ A 〈〈 λ B
où
λ = 0,693/t 1/2
5
Parent
Descendant
Activité
Temps
Par exemple, dans la chaîne du thorium-232, un équilibre transitoire peut être observé entre le
radium-228 (demi-vie = 5,8 années) et le thorium-228 (demi-vie = 1,9 année). Lorsque l’équilibre
est atteint, l’activité du thorium-228 est égale à 1,5 fois celle du radium-228 (Moore et Stakes,
1994; Campana et coll., 1993).
6
Descendant
Activité
Parent
Temps
10 4 〈 λ A / λB 〈 1
où
λ = 0,693/t 1/2
La différence des activités (A) entre le parent et son descendant peut être calculée à partir de
l’équation simplifiée :
λB
AA / AB =
λB − λ A
7
Dans l’équilibre transitoire, l’activité du descendant est toujours plus élevée que celle du parent
par un facteur égal à :
λB
λB − λ A
Dans l’exemple du radium-228 et du thorium-228,
λB
λB − λ A = 0,3647 / (0,3647-0,1195) = 1,49
À l’équilibre transitoire, l’activité du thorium-228 est donc de 1,5 fois celle du radium-228.
Des fractionnements isotopiques, qui peuvent être causés par un effet appelé « effet de recul »,
peuvent également être responsables de déséquilibres. L’effet de recul est observé lorsque,
pendant la désintégration d’un radionucléide, son descendant et la particule formée, c.-à-d. la
particule alpha ou bêta, parcourent une certaine distance (qui peut atteindre quelques dizaines
de nanomètres) (White, 2001). Cet effet peut mener au bris des liaisons chimiques qui unissaient
le parent à la structure moléculaire et, ainsi, augmenter la mobilité du nouveau radionucléide
formé (L’Annunziata, 2003). Dans certaines conditions, le radionucléide peut être lixivié à partir
de la structure cristalline vers un autre milieu, par exemple vers le milieu aqueux.
L’effet de recul est, en partie, responsable de la répartition des isotopes d’un même élément dans
différents milieux. L’enrichissement de certaines eaux naturelles en uranium-234 par rapport à
l’uranium-238 en constitue un exemple (Choukri et coll., 2005).
L’effet de recul, les propriétés physicochimiques des radionucléides, les variations dans les états
d’oxydation des nouveaux radionucléides formés et les phénomènes de lixiviation causés par les
propriétés du milieu représentent tous des éléments qui peuvent être la source de fractionnement
au sein de l’équilibre séculaire.
8
2.4 Équilibres et déséquilibres dans les matrices
environnementales
Plusieurs études rapportent que les radionucléides précédant le radon-222 dans la chaîne de
désintégration de l’uranium-238 peuvent généralement être considérés comme étant à l’état
d’équilibre séculaire dans les sols non contaminés et non remaniés (Bostick et coll., 2007;
Sheppard et coll., 2008). Une revue de la littérature rapporte que les activités de fond (exprimées
en becquerel par kilogramme [Bq/kg]) mesurées dans des sols canadiens sont similaires entre
les radionucléides qui composent la chaîne de l’uranium-238, ce qui suggère que ceux-ci sont
près de l’équilibre séculaire (Sheppard et coll., 2004; Sheppard et coll., 2008). L’analyse de
18 échantillons de sols provenant de sept sites canadiens confirme que l’équilibre entre les
radionucléides qui composent les chaînes de l’uranium-238 et du thorium-232 peut être présumé
dans ces sols, sauf pour la portion de la chaîne comprise entre le radium-226 et le plomb-210,
qui sont séparés par le radon-222 (Sheppard et coll., 2008).
L’état gazeux du radon-222 fait en sorte qu’il peut, dès lors de sa formation, migrer en partie du
sol vers l’atmosphère 8, où il pourra se transformer successivement en plomb-210 et polonium-210,
deux radionucléides solides qui se lient aux poussières en suspension. Sa décroissance dans
l’atmosphère mène ainsi au dépôt, à la surface du sol, de ces descendants radioactifs à vie
longue avec la conséquence que des déséquilibres entre le radium-226 (parent du radon-222) et
le plomb-210 (descendant du radon-222) peuvent être détectés selon l’horizon des sols soumis à
l’analyse (Sheppard et coll., 2008). L’étude de Sheppard rapporte d’ailleurs que le ratio des activités
plomb-210/radium-226 en surface (profondeur < 30 cm) est en moyenne égal à 2,5 ± 2,1, ce qui
montre d’importantes variations dans les mesures et indique un enrichissement en plomb-210 à
la surface du sol à la suite de la désintégration du radon-222 présent dans l’atmosphère. Ce ratio
tend vers des valeurs plus près de l’unité sous la surface du sol (Sheppard et coll., 2008).
Compte tenu de sa courte demi-vie relative, le polonium-210 se retrouve quant à lui en équilibre
avec le plomb-210 dans les sols (Thorne et Mitchell, 2011; Sheppard et coll., 2008).
Des analyses effectuées sur des sédiments en suspension (> 0,2 µm) de différentes rivières des
Territoires du Nord-Ouest, au Canada, montrent une tendance vers l’équilibre pour la portion de
chaîne allant de l’uranium-238 au radium-226, avec des ratios uranium-234/uranium-238 (0,897
à 0,992) et radium-226/uranium-238 (0,89 à 1,17) tendant vers l’unité (Vigier et coll., 2001). Les
ratios qui incluent le thorium-230 pour ces particules en suspension se situent légèrement sous
l’unité ou sont à l’équilibre (uranium-238/thorium-230 : 0,653 à 1,002 et radium-226/thorium-230 :
0,596 à 1,020). Des écarts sont parfois observés en raison de la plus faible solubilité du thorium
par rapport aux autres radionucléides, qui est alors davantage retenu dans la phase particulaire.
En milieu aqueux, le comportement des radionucléides est contrôlé par les propriétés du milieu,
dont les espèces présentes et leurs caractéristiques physicochimiques. Par exemple, dans les
milieux naturels, l’uranium possède deux degrés d’oxydation stables qui influencent sa solubilité,
soit (Sheppard et coll., 2005) :
• le degré d’oxydation +4 (U+4), où l’uranium est sous sa forme non soluble (p. ex., dans le
dioxyde d’uranium UO2);
• le degré d’oxydation +6 (U+6), où l’uranium est sous sa forme soluble (p. ex., l’ion uranyl
UO22+).
8 La fraction du radon qui émane du sol dépend de plusieurs facteurs, comme la distribution du radium dans
le sol, la porosité du sol, son taux d’humidité, etc. (IRSN et INERIS, 2008; White, 2001).
9
Dans certaines conditions propices, en milieu oxydant et acide par exemple, l’uranium tétravalent
est oxydé pour former l’ion uranyle UO22+, qui peut former des composés solubles. Le thorium
n’existe quant à lui que sous la forme tétravalente très peu soluble (CEAEQ, 2014 b; IRSN, 2013;
Mitchell et coll., 2013). Par conséquent, des déséquilibres entre l’uranium-238 et le thorium-230,
ainsi qu’entre l’uranium-234 et le thorium-230, peuvent être observés en milieu aqueux et sont
rapportés dans divers types d’eaux naturelles (Plater et coll., 1992; Vigier et coll., 2001).
Les espèces chimiques naturellement présentes dans l’environnement ont également un impact
important sur la solubilité de certains radionucléides. Par exemple, en présence d’ions
carbonates dissous (CO32-), l’uranium [sous sa forme oxydé U(VI)] peut, même à pH neutre ou
alcalin, former des composés stables et solubles dans l’eau (Mitchell et coll., 2013).
Compte tenu de son état gazeux, le radon, qui est presque toujours présent dans les eaux
naturelles, diffuse à différents degrés de l’eau vers l’atmosphère, où il va s’y désintégrer. Cette
diffusion de l’eau vers l’air fait en sorte que l’activité du radon est plus faible dans les eaux de
surface que dans les eaux souterraines (Otton, 1992). Étant donné les plus faibles teneurs en
radionucléides dans les eaux naturelles par rapport aux teneurs observées dans les sols et
sédiments, le radon présent dans les eaux naturelles provient majoritairement de la dissolution
du radon formé dans la roche au travers de laquelle circule l’eau, alors que seule une fraction du
radon présent est due à la décroissance du radium-226 dissous dans l’eau (IRSN et INERIS,
2008). La présence dans l’eau du radon pourra représenter la source d’un déséquilibre entre le
radium-226 et le plomb-210 présents dans les sédiments, au même titre que le radon peut
représenter la source d’un déséquilibre dans les sols lors de son exhalation vers l’atmosphère.
En ce qui concerne les particules en suspension dans l’air, un déséquilibre est habituellement
observé entre le plomb-210 et le polonium-210 (Persson et Holm, 2011). En effet, compte tenu
de son long temps de demi-vie, le plomb-210, formé dans l’air à la suite de la décroissance du
radon-222, se dépose au sol avant que l’équilibre avec le polonium-210 soit atteint. Selon
l’endroit où les échantillons sont prélevés, des déséquilibres de l’ordre de 0,05 à 0,2 peuvent être
observés (Persson et Holm, 2011). Dans une étude, si l’activité du plomb-210 est utilisée pour
déterminer l’activité du polonium-210, l’approche employée est conservatrice puisqu’elle
surestime la quantité de ce dernier.
Dans les matrices biologiques, compte tenu de la biodisponibilité unique de chaque radionucléide
ainsi que des voies de transfert qui sont particulières à chaque organisme, les équilibres entre les
radionucléides d’une même chaîne ne peuvent pas être considérés. On observe de grandes
variabilités selon les régions et les espèces. Pour un même élément, les processus de
désintégration peuvent créer une biodisponibilité différente entre deux isotopes, menant à un
enrichissement isotopique à l’intérieur d’un même organisme, p. ex., le thorium-232 et le
thorium-228 (Sheppard et coll., 2008).
Les radionucléides d’origine naturelle dont il est question dans le présent document sont
généralement peu solubles. Le radium étant considéré, dans certaines conditions physico-
chimiques, comme l’élément le plus soluble, il est donc le radionucléide le plus susceptible d’être
retrouvé dans l’environnement (White, 2001; Worden, 2000). C’est ce qui explique pourquoi les
suivis environnementaux ou les suivis de la qualité de l’eau se limitent souvent à la mesure du
radium-226 et du radium-228 (USGS, 1998). Il convient de noter que le radium peut se présenter
dans l’environnement naturel sous la forme de composés non solubles, par exemple des sulfates
et carbonates (Kirby et Salutsky, 1964; Schweitzer et Pesterfield, 2004; Vigier et coll., 2001), et
qu’il est en général peu mobile dans les sols, puisqu’il se fixe facilement aux sols argileux et aux
autres types de sol, ainsi qu’à la matière organique (Jeambrun, 2012).
10
dans divers milieux dynamiques, par exemple dans l’eau, et non pas seulement dans les sols où
la mobilité des radionucléides est réduite.
Chaîne de l’uranium-238
238U 234Th, 234 mPa, 234 Pa
Chaîne du thorium-232
228Ra 228Ac
228Th 224Ra, 220Rn, 216Po, 212 Pb, 212Bi, 208 Tl, 212Po
Il convient de noter que l’équilibre dans la chaîne de désintégration du thorium-232 est rarement
brisé dans l’environnement naturel, alors que le déséquilibre est plus commun dans la chaîne de
l’uranium-238 (Minty, 1997).
Les déséquilibres qui ont lieu dans l’environnement naturel sont favorisés par différents procédés
mécaniques ou chimiques (IRSN, 2011). Des procédés mécaniques comme l’excavation, le
forage ou le dynamitage peuvent favoriser l’exhalation du radon-222 et introduire un déséquilibre
dans la chaîne de l’uranium-238, entre le radium-226 et ses descendants. Les procédés
chimiques vont quant à eux perturber l’équilibre séculaire dans toute la chaîne. Ainsi, sur des
sites d’exploration et d’extraction minière, des déséquilibres peuvent être introduits lors :
À titre d’exemple, les deux tableaux suivants présentent un cas d’équilibre (tableau 2) et de
déséquilibre (tableau 3) séculaire. Notez que l’incertitude sur un résultat de mesure ne figure pas
toujours sur les certificats délivrés par les laboratoires d’analyse. Par conséquent, lors de l’envoi
des échantillons environnementaux pour analyse, il est important de spécifier au laboratoire
choisi que le résultat d’analyse doit être accompagné de son incertitude (valeur donnée à la suite
du symbole ±).
11
Tableau 2 – Équilibre séculaire à l’intérieur de la chaîne de désintégration de l’uranium-238
(IRSN, 2006)
Activité et Intervalle à
Radionucléide
incertitude considérer
mesuré
(Bq/kg) (Bq/kg)
Uranium-238 644 ± 103 541 à 747
Radium-226 723 ± 79 644 à 809
Plomb-210 712 ± 150 562 à 862
Activité et Intervalle à
Radionucléide
incertitude considérer
mesuré
(Bq/kg) (Bq/kg)
Uranium-238 582 ± 25 557 à 607
Uranium-234 602 ± 19 583 à 621
Thorium-230 610 ± 80 530 à 690
Radium-226 350 ± 40 310 à 390
Plomb-210 848 ± 123 725 à 971
12
Tableau 4 – Utilisation de sous-équilibres à l’intérieur de la chaîne de désintégration de
l’uranium-238
Activité et
Radionucléide Radionucléides en
incertitude
mesuré sous-équilibre
(Bq/kg)
Thorium-234
Uranium-238 582 ± 25
Protactitium-234
Uranium-234 602 ± 19 ---
Thorium-230 610 ± 80 ---
Radon-222
Polonium-218
Radium-226 350 ± 40 Plomb-214
Bismuth-214
Polonium-214
Bismuth-210
Plomb-210 848 ± 123
Polonium-210
3. RADIONUCLÉIDES RECOMMANDÉS
Pour la caractérisation initiale des teneurs de fond dans les sols d’un terrain pour lequel
une caractérisation de phase 1 effectuée en respect du Guide de caractérisation des
terrains (Anderson, 2003) n’a révélé aucune contamination en lien avec la présence de
radionucléides, l’hypothèse de l’équilibre séculaire peut être retenue si elle est confirmée
lors de l’analyse des échantillons. Si l’étude de phase 1 révèle une source potentielle de
9 Les stériles miniers sont les roches qui doivent être excavées afin d’accéder aux zones minéralisées. Elles
ne contiennent pas de minéraux en quantité suffisante pour permettre une exploitation économiquement
rentable (Directive 019 sur l’industrie minière). Les stériles sont considérés comme des résidus miniers au
sens de la Directive 019 sur l’industrie minière.
13
contamination en radionucléides, les éventuels déséquilibres incluant les radionucléides
en causes devront être examinés à l’aide de l’analyse de tous les radionucléides
pertinents. Pour la caractérisation des sols effectuée lors de la cessation de l’activité
visée par règlement, les déséquilibres qui auraient pu survenir à la suite des activités qui
se sont déroulées doivent être examinés.
• le plomb-210, un descendant du radon qui, à différents degrés, migre dans les sols
jusqu’à l’atmosphère où il s’y désintègre, ses descendants se déposant alors à la
surface du sol.
Selon les résultats obtenus, il pourrait être nécessaire de faire des caractérisations
complémentaires, notamment si les résultats laissent croire que l’équilibre séculaire n’est
pas présent. Si un déséquilibre se situe entre l’uranium-238 et le radium-226, l’analyse
de l’uranium-234 et du thorium-230 devra être effectuée. Si un déséquilibre est observé
entre le radium-226 et le plomb-210, l’analyse du polonium-210 devra être effectuée.
Les résidus miniers de traitement sont générés lors des étapes d’enrichissement et de
10 Dans
certaines conditions, le radium peut se présenter dans l’environnement naturel sous la forme de
composés non solubles (p. ex., en présence de sulfates et carbonates dissous).
14
séparation d’un minerai. Selon la composition du minerai, ces résidus miniers peuvent
contenir d’importantes quantités de radionucléides. Ce type de résidus miniers inclut les
boues d’épuration résultant du traitement ou de l’épuration des eaux usées et les
poussières provenant des émissions atmosphériques. Sont également considérées
comme des résidus miniers de traitement, les scories et les boues, y compris les boues
d’épuration, rejetées lors du traitement utilisant majoritairement un minerai ou un minerai
enrichi ou concentré par pyrométallurgie ou hydrométallurgie ou par extraction
électrolytique (Directive 019 sur l’industrie minière).
Dans le cas particulier des mines d’uranium, lorsque les résidus d’usinage contiennent
peu d’uranium, le thorium-230 devient le nouveau radionucléide à la tête de la filiation
radioactive. En présence d’équilibre au sein des radionucléides restants, les descendants
du thorium-230 tendront vers l’équilibre transitoire avec leur parent à un facteur de 1,02
(voir l’encadré de la section 2.2.2). Comme avec les sols, la présence ou l’absence
d’équilibre pourra être démontrée, dans le cas de la chaîne de l’uranium-238, par la
mesure de l’uranium-238, du radium-226 et du plomb-210.
Compte tenu des traitements que reçoivent ces résidus miniers, il est recommandé de
procéder à l’analyse complète de l’uranium-234, du thorium-230 et du polonium-210 en
cas de déséquilibre à tout endroit dans la chaîne.
15
À noter que lorsque l’analyse de ces deux séries de radionucléides laisse croire qu’il n’y a pas
équilibre séculaire, l’analyse du thorium-230 et du polonium-210 est recommandée (IRSN, 2008).
Afin de s’assurer du respect des critères de qualité de l’air ambiant, la mesure des autres types
de rayonnements (bêta ou alpha) pourra également être effectuée.
• Air;
• Dépôt au sol : sol, nourriture (fruits et légumes à feuilles, eaux de surface, etc.) et
indicateurs terrestres (lichens, mousses, champignons, etc.).
Compte tenu de la présence de particules en suspension dans l’air qui pourront provenir de
résidus solides exposés en surface une fois les travaux amorcés, les radionucléides sélectionnés
pour la caractérisation de l’activité radioactive dans l’air ambiant sont les mêmes que ceux qui
sont recommandés pour la caractérisation des matrices solides :
De la même façon que pour les matrices solides, l’analyse systématique du thorium-230 est
recommandée uniquement pour la caractérisation des échantillons d’air prélevés dans les
environs de mines d’uranium.
Certaines des particules retrouvées dans l’air étant issues de différents procédés mécaniques ou
chimiques (p. ex., des particules provenant de l’exposition de résidus d’usinage), l’hypothèse de
l’équilibre séculaire n’est pas acquise. Si les analyses de l’uranium-238, du radium-226 et du
plomb-210 suggèrent la présence d’un déséquilibre au sein de la chaîne de l’uranium-238, il est
recommandé de procéder à l’analyse de l’uranium-234, du thorium-230 et du polonium-210.
16
Dans un environnement où la présence du plomb-210 et du polonium-210 est due essentiellement
à la décroissance du radon-222, un déséquilibre est observé entre le plomb-210 et le polonium-210.
L’estimation de l’activité du polonium-210 à partir de celle du plomb-210 représente alors une
estimation conservatrice. Si dans une situation particulière l’activité du polonium-210 doit être
connue précisément, il est recommandé d’ajouter ce radionucléide à la série de radionucléides à
analyser systématiquement (soit uranium-238, radium-226 et plomb-210).
Le devenir des radionucléides dans un organisme varie d’un radionucléide à un autre. Par
exemple, l’absorption de l’uranium, du thorium et du radium s’effectue principalement par voie
racinaire chez les végétaux terrestres. Puisqu’il y a généralement peu de translocation 11 le long
de la plante pour ces radionucléides (CEAEQ, 2014a, 2014b et 2014c), les racines constituent
l’organe où les teneurs en radionucléides sont les plus élevées dans les plantes terrestres. Ceci
n’est pas le cas du plomb-210 et du polonium-210 (CEAEQ, en révision) qui s’accumulent
davantage au niveau des surfaces foliaires puisqu’ils proviennent des dépôts suivant la
désintégration du radon-222 présent dans l’air. Le tableau 5 indique les tissus biologiques dans
lesquels les radionucléides sont les plus susceptibles de se bioaccumuler dépendamment du
type d’organisme considéré.
Ainsi, le devenir des radionucléides dans un organisme variant d’un radionucléide à un autre, la
sélection des radionucléides à analyser dans les matrices biologiques dépendra de nombreux
11 Mouvement de certaines substances solubles à l’intérieur des tissus végétaux, ou d’un tissu à l’autre.
17
facteurs, tels que le minerai exploité (mine de terres rares, uranium, niobium, etc.), les
radionucléides présents dans ce minerai, le devenir présumé de ces radionucléides dans le
milieu environnant la mine et les concentrations en radionucléides mesurées dans les différents
médias dans le milieu environnant la mine (air, sol, eau).
12 C’est-à-dire qu’ils peuvent, par un processus de sublimation, passer de l’état solide à l’état gazeux sans
passer par une phase liquide.
18
Tableau 6 – Radionucléides recommandés pour la caractérisation des radionucléides dans les matrices environnementales,
applicables à tous les types de mines
Radionucléides recommandés
Matrices environnementales Série de l’uranium-238
Série du thorium-232
Minimum pour la caractérisation :
U-238, Ra-226, Pb-210 (Th-230 pour les mines d’uranium)
Th-232, Ra-228, Th-228
Sols, minerai, stériles miniers Si déséquilibre entre l’uranium-238 et le radium-226 :
U-234, Th-230
Si déséquilibre entre le radium-226 et le plomb-210 :
Po-210
Minimum pour la caractérisation :
U-238, Ra-226, Pb-210 (Th-230 pour les mines d’uranium)
Sédiments Th-232, Ra-228, Th-228
Si déséquilibre dans la chaîne de l’uranium-238 :
U-234, Th-230, Po-210
19
Radionucléides recommandés
Matrices environnementales Série de l’uranium-238
Série du thorium-232
Minimum pour la caractérisation :
U-238, Ra-226, Pb-210 (Th-230 pour les mines d’uranium, Po-210 si son
activité doit être connue précisément)
Th-232, Ra-228, Th-228
Air ambiant – particules en suspension
Si déséquilibre entre l’uranium-238 et le radium-226 :
U-234, Th-230
Si déséquilibre entre le radium-226 et le plomb-210 :
Po-210
20
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