4 Predications Sur Le Livre de Ruth
Thèmes abordés
4 Predications Sur Le Livre de Ruth
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Ruth,
Dieu conduit malgré tout
Introduction
Douleurs et providence
Il y a des moments où la vie nous malmène.
Je pense à un couple d’amis, de quelques années plus jeunes – elle est entre la vie et la
mort suite à une tumeur du cerveau.
Un collègue termine ses études de doctorat en théologie en Angleterre. Il prend 1 mois de
vacances à Paris – et sa fille vient de se faire opérer du cerveau…
Sans parler des divorces, des pertes d’emploi, de la solitude… Des souffrances dans les
couples, dans le célibat prolongé ou avec des enfants qui dérapent…
Surgit inévitablement la plus naturelle des questions : Pourquoi ? Où est Dieu dans tout cela ?
Le thème du livre de Ruth, c’est que Dieu est souverain et qu’il conduit les évènements, en
dépit de nos erreurs. Et c’est un Dieu bon, même si on ne le voit pas toujours.
Lecture : Ruth 1
Nous sommes au temps des Juges –C’est la pire période de l’Ancien Testament–
l’ambiance est décrite dans les versets suivants :
… et il s’éleva après elle une autre génération, qui ne connaissait pas l’Éternel, ni l’œuvre
qu’il avait accomplie pour Israël (Juges 2.10)
Les Israélites firent ce qui est mal aux yeux de l’Éternel, ils oublièrent l’Éternel, leur Dieu, et
rendirent un culte aux Baals et aux Achéras (3.7)
En ce temps-là, il n’y avait point de roi en Israël. Chacun faisait ce qui lui semblait bon
(17.6)
Le livre des Juges devrait être censuré pour les moins de 16 ans... Ce récit terrible montre à
quel point l’homme qui se détourne de Dieu se délabre et il se termine avec la terrible histoire
d’un viol collectif qui engendre la mort…
Il y eut une famine en ce temps-là : La famine en Israël est souvent un jugement dans l’Ancien
Testament (Lév 26.18-20 ; Deut 28.15, 23-24) mais dans le contexte particulier des relations
entre Israël et son Dieu, et non dans le contexte actuel ; d’autant qu’à 50km de là, à Moab, ce
n’était pas le cas.
Le choix de cet homme est d’aller chez des peuples infidèles, à Moab. Moab est né de la
relation incestueuse de Lot avec sa fille. Rappelez-vous : Dieu détruit Sodome & Gomorrhe, Lot
fuit avec sa femme et ses filles – sa femme meurt en regardant avec envie les trésors qu’elle
laisse derrière elle. Elle est transformée en statue de sel… Les filles de Lot lui font boire du
vin… couchent avec leur père… Ainsi naît Moab.
Les Moabites deviennent une civilisation solide (fondée sur l’agriculture) mais opposée à Israël.
Ils adorent Kamosh et pratiquent le sacrifice humain, notamment le sacrifice d’enfant (cf. 2 Rois
3.27).
Se rendre chez les Moabites… c’est choisir la direction opposée à Dieu…
Le devoir d’un homme est de prendre soin de sa famille, d’assurer sa protection et de la garder
des mauvaises influences. Cet homme s’appelait Elimelek – c'est-à-dire « Dieu est mon roi »,
ce n’est pas une réalité dans sa vie ! Il n’a pas confiance dans les soins de Dieu…
Il prend donc sa famille et l’installe dans l’une des pires régions – en termes d’influence
spirituelle – du moment. Et les premiers concernés vont être ses enfants.
Sa femme s’appelle Noémi qui veut dire « ma gracieuse » ou ma belle, ma mignonne, ou mon
petit gâteau sucré, ma glace à la vanille !
Ses fils s’appellent Mahlôn (c'est-à-dire maladif) et Kilyôn (perte). Il est étonnant de donner de
pareils prénoms. Cela rappelle ce que l’on m’a rapporté de la façon directe de présenter les
personnes par leurs caractéristiques physiques en Thaïlande : le grand, la grosse !
Et la tragédie frappe : le mari de Noémie meurt. Des années plus tard, ses enfants épousent
des femmes Moabites. Rien d’étonnant puisque le choix de leur père les a placés dans ce pays,
où ils ne pouvaient rencontrer que des Moabites.
10 ans plus tard ses deux fils meurent.
Voilà une femme marquée par les larmes. La mignonne qu’elle était a connu la famine, la
séparation d’avec sa famille, ses amis croyants, l’apprentissage d’une vie à l’étranger, le
veuvage et la perte de ses enfants
Fondamentalement, Elimelek et Noémi n’ont pas eu confiance et ont décidé de prendre les
choses en main, au mépris de la Loi de Dieu. Ils n’ont vu les conséquences de leurs actes que
Le problème, bien sûr, c’est que nos décisions passées nous poursuivent. C’est ce problème
auquel maintenant Noémi doit faire face.
Imaginez. Vous êtes juive. C'est-à-dire au bénéfice de l’alliance d’Abraham. Vous retournez
vers Dieu, le Dieu d’Israël. Le seul et unique Dieu…et vos 2 belles filles, qui sont moabites,
partent avec vous… Que dites-vous ? « Alléluia ! » et non pas « rentrez chez vous ! » Où est le
message de Jean 3.16 dans l’attitude de Noémi ?
Noémi aime ses belles-filles. Comme quoi, il y a de belles histoires de belles-mères ! Je
suppose que certains d’entre vous le vivent. L’époux ou l’épouse de vos enfants vous sont si
précieux, si chers, que vous avez pour eux un souci de bienveillance, d’amour – comme pour
votre propre enfant !
Mais le discours de Noémie est le suivant : allez vous marier, vous êtes jeunes… un avenir
d’amour est encore possible pour vous…
Les conjoints partagent une même foi. C’était le cas du temps de l’Ancien Testament : la Loi
de Moïse interdisait formellement aux Israélites d’épouser des païennes (Ex 34:15-16 ; De 7:3-
4), car les non-croyants pouvaient conduire à l’idolâtrie et à l’immoralité, ce que l’histoire
d’Israël démontre à maintes reprises (Jug 3:6 ; 1 Rois 11:1-2 ; Esd 9:1-2; 10:2-3). Cette loi est
reprise dans le N.T. (1 Cor. 9.5 mentionne « une sœur » ou encore 1 Cor. 7.39 précise qu’une
veuve peut se marier, seulement, que ce soit « dans le Seigneur » ; cf. également 2 Cor. 6.14-
7.1).
La Bible interdit aux Juifs de se marier avec des femmes moabites (Dt 7.1-11). Dieu dit « Moab
est le bassin où je me lave » (Ps 60.10).
NB. : L’unité d’un couple est déjà difficile à réaliser. Partager la même foi c’est porter un regard
concerté sur l’éducation des enfants, la participation à la vie de l’église, une certaine moralité,
etc. Cette loi est à comprendre dans le sens d’une aide à l’unité, plutôt que d’une intolérance
religieuse !
Les moabites adorent Kamosh et leur culte comprend des sacrifices humains. Imaginez, vous
êtes mariée à un moabite, et le jour de la fête nationale, votre époux revient tout sourire « au
fait, j’ai brûlé notre fils Marcel en l’honneur de Kamosh – les récoltes devraient être bonnes
cette année… y a quoi à la télé ce soir ?! »
Si Noémi ne veut pas que ses filles viennent avec elle, c’est peut-être pour masquer combien
elle a multiplié les erreurs spirituelles. Elle aurait été forcé d’admettre, non seulement que son
mari et elle avaient été infidèles à la volonté de Dieu, mais que ses fils aussi.
Revenir avec ses belles-filles, moabites, c’était la preuve vivante de sa désobéissance. C’était
revenir coupable et avec le sentiment effroyable d’avoir subi un terrible jugement…
“Celui qui dissimule ses fautes ne réussit pas. Mais celui qui les confesse et les délaisse trouve
de la compassion.” (Pr 28:13)
Lisons ces dialogues. Ce petit livre comporte beaucoup de dialogues – normal, les femmes en
sont les actrices principales (!) - qui colorent pour nous la personnalité de ces personnes.
« 10 et elles lui dirent : (Non), nous irons avec toi vers ton peuple. 11 Noémi dit : Retournez,
mes filles ! Pourquoi viendriez-vous avec moi ? Ai-je encore dans mon sein des fils qui puissent
devenir vos maris ? 12 Retournez, mes filles, allez ! car je suis trop vieille pour appartenir à un
homme et quand je dirais : Il y a de l’espoir pour moi, quand cette nuit j’appartiendrais à un
homme et que je mette des fils au monde, 13 attendriez-vous pour cela qu’ils aient grandi,
refuseriez-vous pour cela d’appartenir à un homme ? Non, mes filles ! car mon sort est plus
amer que le vôtre, et la main de l’Éternel s’est abattue sur moi. »
La remarque de Noémi s’inspire d’une loi qui permettait de faire vivre la descendance et
l’héritage d’un fils décédé. Le frère devait alors épouser la veuve du défunt pour éviter la
disparition de la famille…
“5 Lorsque des frères habiteront ensemble, si l’un d’entre eux meurt sans laisser de fils, la
femme du défunt ne se mariera pas au dehors avec un étranger, mais son beau-frère ira vers
elle, la prendra pour femme et l’épousera comme beau-frère. 6 Le premier-né qu’elle enfantera
portera le nom du frère défunt, afin que ce nom ne soit pas effacé d’Israël.” (De 25:5-6)
Manifestement, même s’il elle se remariait, il faudrait encore une bonne vingtaine d’années…
Et même dans ce cas, il y a peu de probabilité que cela soit très satisfaisant comme
perspective.
Et puis, regardez comment Noémi se décrit : « mon sort est plus amer que le vôtre » - qui
voudrait vivre avec une vieille femme amère ?!!! Noémi est au fond du trou et elle capitule. Elle
a juste envie de revenir à Bethlehem… là où sont les siens, là où est son Dieu…
« 14 Elles sanglotèrent encore. Orpa embrassa sa belle-mère, mais Ruth s’attacha à elle. 15
Noémi dit alors : Voici que ta belle-sœur est retournée à son peuple et à ses dieux ; retourne à
la suite de ta belle-sœur. 16 Ruth dit : Ne me pousse pas à te quitter, à me détourner de tes
pas ! Où tu iras, j’irai ; où tu demeureras, je demeurerai, ton peuple est mon peuple, et ton Dieu
est mon Dieu, 17 où tu mourras, je mourrai et j’y serai ensevelie. Que l’Éternel me fasse ceci et
qu’il ajoute cela si ce n’est pas la mort qui me sépare de toi. 18 (Noémi), la voyant résolue à
aller avec elle, cessa de lui parler. »
L’insistance de Noémi pour que ses belles-filles retournent à leurs faux dieux est incroyable !
Mais c’est là que l’on découvre le caractère de Ruth. Elle prononce l’une des plus belles
confessions de foi de toute l’Ecriture.
Elle affirme son attachement à sa belle mère
Elle affirme son attachement au peuple de l’alliance
Et surtout elle affirme son attachement au Dieu d’Israël.
Elle est absolue dans sa foi : Deut 23.3 interdisait la présence de moabites dans l’assemblée
juive pour toujours. Mais sa foi en Dieu – sa conversion au Dieu d’Israël – surpasse cette loi.
La suite de l’histoire ? Elle devient membre de la lignée de David, et membre de la lignée de
Jésus, citée dans la généalogie de Matthieu.
Dieu est un Dieu de grâce. Dans la généalogie de Jésus, 4 femmes sont mentionnées, dont on
peut questionner la valeur morale :
Tamar, qui a commis l’inceste avec son beau-père (Gen 38.3)
Rahab, qui était une prostituée païenne
Ruth, une femme étrangère, issue d’un peuple idolâtre
Bathscheba, adultère avec David
Qu’est-ce que cela nous dit ? … que Dieu est un Dieu de grâce
C’est lui le héros de la Bible, qui donne une nouvelle espérance.
C’est lui qui agit par l’intermédiaire des hommes et des femmes indignes que nous sommes.
C’est également lui qui renverse, avec grâce, les situations dans lesquelles nous tombons…
Bien aimés, Dieu est capable d’utiliser nos fautes, nos erreurs, nos manquements, nos
tragédies et de les transformer. C’est toute l’histoire de Ruth. C’est un livre où transpire la
providence de Dieu. Il règne, et conduira même au travers des actes mauvais des hommes et
des femmes qui nous entourent. Cela ne veut pas dire que tout ce qui a lieu est ce qu’il veut – il
ne veut pas le péché, le viol, l’avortement, l’immoralité sexuelle, la colère, le jugement, la
calomnie, etc. Mais il sait même utiliser ceci pour un objectif bienveillant, futur…
Déjà auparavant on voit la perspective de Noémi « et la main de l’Éternel s’est abattue sur
moi. »
Elle arrive dans son village natal… « Est-ce là Noémi ? » Elle est méconnaissable : Elle qui
était plaisante, mignonne, belle à croquer… elle a vieilli au-delà de son âge. Et regardez
l’attitude qui est sienne :
Ne m’appelez pas mignonne, appelez-moi : Amère.
Appelez-moi, vieille bique, gourde à vinaigre, acide sulfurique – assiette de bile ou
simplement… amertume !
Et bien entendu, le coupable, c’est Dieu. Le Tout Puissant (celui donc qui aurait pu mieux faire)
m’a rendu la vie bien amère…
Bien sûr il ne faut pas lui rappeler que c’est elle et son mari qui sont partis de Bethlehem
Bien sûr il ne faut pas lui rappeler que ses fils n’ont pas pris de très bonnes décisions…
« Comblée j’étais partie ; vide l’Éternel me ramène. Pourquoi m’appelez-vous Noémi ? L’Éternel
a témoigné contre moi, le Tout-Puissant m’a fait du mal. »
Quel discours à l’arrivée dans sa ville d’origine quelques 10 à 20 ans après son départ !
Par cette formule « choc » elle appelle à l’aide. Aidez-moi ! Je reviens à Bethlehem et j’ai
besoin d’aide pour revenir au Dieu de Bethlehem…
Un collègue rapportait qu’il rendait visite à un couple dont le fils venait de mourir. Le père a
demandé à le voir en privé. Tout sanglotant il lui a dit : « je sais pourquoi mon fils est mort, c’est
à cause de mon péché… » La réponse a été claire « en fait, un autre fils est déjà mort pour
votre péché… vous n’avez pas besoin d’imaginer là un jugement de Dieu… »
Conclusion
Un pasteur a dit : « la vie chrétienne victorieuse est une série de nouveaux commencements ».
C’est entre le pessimisme et l’optimisme – en tout cas réaliste !
Je pense à Jacob qui croyait son fils Joseph mort depuis longtemps et qui restait prostré… mort
dans son cœur… Endeuillé à jamais. Quand il réalise soudain qu’il est vivant, ses derniers jours
deviennent joyeux … et malheureusement il a perdu des années dans une émotion qui n’était
pas le reflet de la réalité.
Est-ce que Dieu peut encore vous surprendre ? Peut-il réorienter votre route ?
Introduction
Les relations people
Hier, j’ai pris 10 minutes pour accroître ma culture des people. Saviez-vous que, selon
purepeople.com ::
La princesse Charlène est une sirène divine et passionnée auprès d’Albert de Monaco ?
Brad Pitt a provoqué une émeute à son arrivée en Ecosse. Mais il est toujours avec
Angelina...
Gwyneth Paltrow, Chris Martin et leurs enfants ont été vus ensemble... Incroyable !
Reese Witherspoon et Jim Toth prennent leurs vacances à Hawaï…
Je crois avoir lu que la belle Julia Roberts est avec quelqu’un… d’autre. Mais je ne me
souviens plus qui.
Marc Anthony harcèlerait Jennifer Lopez
Kate Walsh a un nouveau petit ami.
La nouvelle compagne de George Clooney, l’ancienne catcheuse Stacy Keibler, aurait le
béguin pour Brad Pitt.
Dites-moi …. Dites-moi… Où cela s’arrêtera-t-il ?
Pas étonnant qu’il y ait des problèmes dans les couples aujourd’hui ! Ce sont ces mêmes
personnes qui illustrent par leur vie et leurs scénarios ce à quoi devrait ressembler la famille ou
le couple qui nous fait rêver.
Pas de cours people aujourd’hui ! Nous poursuivons la série sur Ruth… Ce livre nous raconte
ce matin comment Dieu a surpris cette femme, ouvrant la porte à l’une des plus belles histoires
de tendresse de toute la Bible. Ce livre est comme un rayon de soleil au cours d’une période
particulièrement sombre de l’histoire d’Israël, un récit riche en leçons humaines et théologiques.
Comme un certain nombre d’entre aviez l’outrecuidance (!) d’être en vacances la semaine
dernière, je vais faire pour le même prix, un petit résumé.
L’histoire a lieu au temps des Juges – entre la période des rois et le temps de Moïse. La
génération de Moïse a vu les plus grands miracles de toute l’histoire de la Bible, période de
Jésus exceptée. Après la période de Moïse et Josué, l’ambiance est devenue particulièrement
sombre. Trois versets dans le livre des juges caractérisent cette période :
« Et il s’éleva après elle une autre génération qui ne connaissait pas l'Éternel ni l’œuvre
qu’il avait accompli pour Israël » ; c’est le danger qui guette chaque assemblée,
construite sur une première génération et qui a pour défi de transmettre à la génération
suivante la même passion pour Christ.
« Les Israélites firent ce qui est mal aux yeux de l'Éternel ; ils oublièrent l'Éternel leur
Dieu et rendirent un culte aux Baals et aux Achéra ». Ils se sont détournés du Dieu qui
les avait conduit de la maison de servitude à la terre promise pour s’adonner au culte
des idoles..
« En ce temps-là, il n’y avait point de roi en Israël, Chacun faisait ce qui lui semblait
bon.
Et Ruth se convertit ! L’une des plus merveilleuses conversions de tout l’Ancien Testament : elle
n’a connu que des tragédies dans sa vie, elle rentre dans un pays où elle sera une émigrée des
plus méprisée – tout simplement parce qu’elle aime Dieu et qu’elle aime son peuple.
Lecture : Ruth 2
Ruth nous est présentée ici et nous avons vu ses qualités. Mais notez comment elle est
introduite : elle est « la moabite ». L’expression est volontairement péjorative, comme on
pourrait l’entendre parfois de certains groupes ethniques dans des cercles peu
recommandables.
Le livre de Ruth veut vraiment nous montrer la transition que Dieu va accomplir.
D’un côté le peuple Juif : Elimelek et Noémi, qui auraient dû adorer vivre selon Dieu mais
se sont vautrés dans l’immoralité.
D’autre part, Ruth, qui est une femme étrangère aux promesses de l’alliance… Mais sa
conversion est l’une des plus belles de tout l’Ancien Testament.
Noémi ne voulait pas que ses belles-filles viennent avec elle à Bethléem (pour éviter le
jugement des autres et porter le témoignage de sa défaite). Mais Ruth répond (1.16) « Ne
me pousse pas à te quitter, à me détourner de tes pas ! Où tu iras, j’irai ; où tu demeureras,
je demeurerai, ton peuple est mon peuple, et ton Dieu est mon Dieu, où tu mourras, je
mourrai et j’y serai ensevelie. »
Elle adore le Dieu d’Israël. Elle aime le peuple de Dieu.
Ce n’est pas une femme oisive, et elle s’active pour organiser la survie de sa belle-mère et
d’elle-même. Elle décide donc d’aller glaner. Ce droit est décrit dans l’Ancien Testament :
“9 Quand vous ferez la moisson dans votre pays, tu laisseras un coin de ton champ sans le
moissonner et tu ne ramasseras pas ce qui reste à glaner. 10 Tu ne cueilleras pas non
plus les grappes restées dans ta vigne, et tu ne ramasseras pas les grains qui en seront
tombés. Tu abandonneras cela au malheureux et à l’immigrant. Je suis l’Éternel, votre
Dieu.” (Lévitique 19:9-10)
“Quand vous ferez la moisson de votre terre tu laisseras un coin de ton champ sans le
moissonner, et tu ne ramasseras pas ce qui reste à glaner. Tu abandonneras cela au
malheureux et à l’immigrant. Je suis l’Éternel, votre Dieu.” (Lévitique 23:22)
“19 Quand tu feras la moisson de ton champ et que tu auras oublié une gerbe dans le
champ, tu ne retourneras pas la prendre : elle sera pour l’immigrant, pour l’orphelin et pour
la veuve, afin que l’Éternel, ton Dieu, te bénisse dans toute l’œuvre de tes mains. 20
Quand tu secoueras tes oliviers, tu ne cueilleras pas ensuite ce qui reste ; ce sera pour
l’immigrant, pour l’orphelin et pour la veuve. 21 Quand tu vendangeras ta vigne, tu ne
grappilleras pas ensuite ce qui reste ; ce sera pour l’immigrant, pour l’orphelin et pour la
veuve. 22 Tu te souviendras que tu as été esclave dans le pays d’Égypte ; c’est pourquoi
je te donne cet ordre à mettre en pratique.” (Deutéronome 24:19-22)
La Loi de Moïse proposait un arsenal juridique pour donner une seconde chance aux individus
qui avaient tout perdu.
Ils pouvaient devenir esclaves d’un patron (où ils avaient le logis, le couvert, et les congés
payés) pour un maximum de 6 années. Et la septième année, ils repartaient avec un petit
pécule qui leur permettait de redémarrer.
Et pour ceux qui n’en étaient pas encore là, s’ils étaient courageux et volontaires, ils
pouvaient amasser des réserves pour eux-mêmes en glanant, c’est-à-dire en récupérant ce
qui était laissé pendant les vendanges ou les moissons…
C’était vraiment un système généreux dans un monde sans chômage ni sécurité sociale.
Une manière de porter secours à ceux qui étaient sans terre.
Un peu comme si une loi obligeait en France les grandes surfaces à réserver quelques postes
de travail non qualifié, comme par exemple remplir les caddies des clients… et que ces
employés soient payés avec les denrées périmées du jour. Ce ne serait pas grand-chose, bien
sûr, mais ce serait la garantie d’avoir une activité et de pouvoir manger et nourrir sa famille.
Je ne sais pas comment Ruth sait que cette loi existe en Israël :
L’histoire lui a sans doute été racontée par Noémie ? Pendant des années, elle a passé du
temps avec elle…
Elle a peut-être lu la Loi de Moïse et cela lui a fait admirer le Dieu d’Israël par opposition à
Kemosh ?
Seulement voilà, lorsqu’on est une femme étrangère et que l’on veut glaner, ce n’est pas facile :
Il n’y a pas de Googlemap ni de GPS, mais seulement des groupes qui moissonnent ici et
là.
Il ne faut pas mal tomber. Il est facile de faire de mauvaises rencontres dans les champs,
surtout à cette époque et lorsqu’on est vulnérable, ce qui est le cas d’une émigrée sans
protection (cf. ambiance du temps des Juges…)
Elle tombe justement, par « hasard » (avec un grand « D »), sur le champ de Booz, dont la fin
de l’histoire dit qu’il a un droit de rachat… L’histoire nous présente un divin hasard : « il se
trouva que… »
Je suis rentré des Etats-Unis après des études de business, et « il se trouva que » Lori, ma
future épouse, est arrivée en France le même mois pour servir dans cette église en tant
que missionnaire.
Je ne sais pas comment les choses se font sinon qu’ « il se trouva que ». Et Dieu conduit
dans sa providence.
Prendre l’initiative – se lever pour glaner. Marcher avec confiance. Avoir confiance et marcher…
n’est-ce pas là la caractéristique d’une saine attitude ? Ruth avait confiance et elle prenait les
décisions de la confiance.
Messieurs, vous cherchez une femme ? Bien sûr vous voulez qu’elle soit belle à croquer, mais
vous voulez surtout voir si elle est comme Ruth :
Une femme solide dans sa foi au point de sacrifier ses relations passées pour vivre avec le
peuple de Dieu.
Une femme entreprenante pour résoudre les problèmes qui l’affligent. Qui prend des
décisions, qui agit. Une femme qui n’est pas seulement belle d’apparence mais également
du cœur.
Une femme spirituelle et engagée dans la vie spirituelle.
Mais je vais vous dire une chose. Cherchez ses qualités. Pas toutes avec la même intensité –
ce serait Christ que vous trouveriez, et il est déjà marié. Il est marié (je devrais dire fiancé) avec
l’Église, l’ensemble des rachetés qui partageront sa vie.
Mais ce qui est magnifique chez Booz, ce n’est pas qu’il soit beau, grand, fort et riche, mais
c’est qu’il aime Dieu, qu’il est respectueux des pauvres, qu’il aime son prochain et qu’il vit dans
la justice… un homme remarquable !
Et messieurs du groupe de jeunes, voici votre héros, si vous rêvez à la princesse que vous
pourriez épouser. Avant de vous demander qui pourrait venir dans vos bras, pensez à ce que
vous pouvez devenir… développer les traits de caractères qui sont valorisés dans la personne
de Booz.
Booz arrive de Jérusalem, il gare son 4x4 pas très loin, il va voir ses employés et il les bénit !
Imaginez le patron de Total qui rentre dans son quartier général et qui s’exclame : « que
tous les secrétaires et les cadres soient bénis aujourd’hui ; que le Seigneur Dieu tout-
puissant vous accompagne en cette belle journée ! »
Ou bien le recteur de l’Académie Lyonnaise …
Imaginez cette bénédiction qui retentit dans tout le champ !
Mais le plus étonnant, c’est qu’ils répondent ! L’influence de cet homme est notée, et il
semble qu’il y ait une véritable communion….
Bien-aimé(e), n’épouse pas une moabite qui adore Khemosh et qui risque un jour de prendre
votre enfant et de l’offrir en sacrifice pour garantir la pluie pour la saison !!! La Bible demande
l’union d’un frère et d’une sœur ! 1 Cor. 9.5 « une sœur » ou encore 1 Cor. 7.39 se marier
« dans le Seigneur » ; cf. 2 Cor. 6.14-7.1).
Il ne s’agit pas de racisme spirituel, mais de réalisme. Des valeurs communes sont un
fondement nécessaire.
Et pas uniquement ! c’est le petit quelque chose qui fait qu’on a pas envie de se lever ni de
se coucher sans l’autre.
La compatibilité dans la foi, c’est l’essentiel… pour être au même niveau…
Cela ne veut évidemment pas dire que 2 chrétiens qui se marient seront nécessairement
heureux. Mais que c’est un minimum syndical, un fondement commun obligatoire.
Evitez de fréquenter en dehors de la foi.
Il se renseigne (2.5-7)
« 5 Booz dit à son serviteur, chargé de surveiller les moissonneurs : A qui est cette jeune
femme ? 6 Le serviteur chargé de surveiller les moissonneurs répondit : C’est la jeune Moabite
qui est revenue avec Noémi de la campagne de Moab. 7 Elle a dit : Je vais glaner et ramasser
(des épis) entre les gerbes derrière les moissonneurs. Depuis qu’elle est venue, ce matin, elle a
été debout jusqu’à présent et ne s’est assise qu’un moment à la maison. »
Il ne va pas directement vers la jeune fille en lui disant « salut… t’as un portable ? » - la version
plus ancienne ce serait « vous habitez chez vos parents ?! » Aujourd’hui, il paraît qu’on dit plus
souvent « mademoiselle, t’es chère bonne ! »
Il se renseigne. Qui est cette jeune femme ? D’où vient-elle ? Que fait-elle ? L’expression
montre qu’il veut savoir si elle a des attaches, une famille, des liens établis. Et là, il apprend que
c’est une bucheuse, une femme courageuse. Elle ne vient pas conter fleurette aux
moissonneurs. Et Booz a entendu parler d’elle. Le verset 11 nous dit que l’histoire s’est vite
répandue – ça c’est la vie des villages !
C’est un peu un coup de foudre qu’on lit ici. Mais tamisé par la sagesse. On a l’impression qu’il
est frappé d’amour, mais il retient un peu sa fougue.
Ruth est sur le point de recevoir bénédiction sur bénédiction. Mais ce qui est touchant, c’est
qu’elle ne les cherche pas. Booz prend les devants.
De tout temps la question de l’initiative a été une difficulté. Mais peut-être plus du côté des
hommes d’aujourd’hui, qui ont de la peine à prendre un engagement ou à s’identifier. Il faut
savoir prendre les initiatives, se joindre aux bons groupes de chrétiens, où se trouvent
précisément … des disciples de Jésus pour voir s’il n’y aurait pas, au cours d’une étude
biblique, d’une randonnée, d’un camp d’évangélisation, une âme sœur dans les parages…
Ruth se présente au bon endroit
Booz prend l’initiative pour discuter.
J’aime bien ça. Parce que c’est comme cela que les divins « hasarDs » ont lieu…
Il protège (2.9)
9 (Aie) les yeux sur le champ que l’on moissonne et tu iras derrière elles. Voici : j’ai ordonné
aux serviteurs de ne pas te toucher ; et (quand) tu auras soif, tu iras aux cruches et tu boiras de
ce que les serviteurs auront puisé.
L’une des qualités d’un homme c’est qu’il pourvoie aux besoins de sa famille et en prenne soin.
Il y a la notion de protection. L’histoire n’est pas « mon papa, il est policier » mais « mon copain,
il dit que j’ai accès à toutes ses ressources » !
Le prince charmant protège ! Messieurs, dans le groupe de jeunes, apprenez dès maintenant
l’art de protéger les jeunes filles. Raccompagnez-les le soir. Veillez sur elle si un personne
louche tourne autour d’elle.
Il y a quelques années en arrière… nous avions une liste des membres du groupe de
jeunes avec photo. Une personne extérieure est venue, et a pris les numéros de toutes les
filles seules !
J’ai vu des jeunes filles en situation délicate, se faisant aborder dans la rue et les jeunes
gens se sont interposés. Bravo les jeunes du camp LOTS !
Un petit mot sur la manière dont Dieu agit. Dieu œuvre de deux manières différentes : le
miracle qui marque l’irruption de Dieu dans le monde matériel à l’encontre des lois naturelles et
la providence où Dieu utilise les lois de la nature et les circonstances pour accomplir son plan.
De nombreux chrétiens ont le mot « miracle » à la bouche comme si c’était la denrée la
plus sucrée que Dieu pouvait donner.
Bienaimés, vivre de miracles, c’est vivre dans la plus grande insécurité, comme un enfant
qui a besoin de voir la main de son père pour chaque pas. Dieu fait les miracles qu’il veut et
nous pouvons prier pour cela.
Mais nous avons besoin de voir la providence de Dieu. Dieu accomplit son œuvre, en dépit
--et parfois au travers --des hommes mauvais, de nos faiblesses, de nos mauvais choix…
Chacun reste responsable de ses actes, mais ce n’est jamais absent du plan de Dieu.
« 16 Ruth dit : Ne me pousse pas à te quitter, à me détourner de tes pas ! Où tu iras, j’irai ; où
tu demeureras, je demeurerai, ton peuple est mon peuple, et ton Dieu est mon Dieu, 17 où tu
mourras, je mourrai et j’y serai ensevelie. »
Booz prie que Dieu comble Ruth, Lui qui est un refuge pour les opprimés.
En tout cas, on imagine Ruth, qui le regarde avec des yeux de Bambi !
Quelle faveur… quelle consolation… son cœur en est réconforté.
J’imagine qu’elle en train de fondre. Ken a posé ses yeux sur Barbie !
Elle a conscience du cadeau de la bienveillance de cet homme ;
serviteurs : Qu’elle glane aussi entre les gerbes, sans que vous lui fassiez d’affront. 16 Vous
ôterez même pour elle des javelles (quelques épis) que vous lui laisserez à glaner, sans lui faire
de reproches. »
Normalement, les pauvres qui glanaient passaient après et n’étaient pas intégrés au repas.
Voici qu’elle prend place avec les autres et qu’elle mange gratuitement.
Cela nous semble si facile, à nous pour qui l’abondance est la norme.
Mais dans ces contrées, on travaillait une journée pour vivre de cette journée. Les
économies étaient rares.
Voici donc une autre astuce, Messieurs pour toucher le cœur d’une jeune fille Invitez-la à dîner.
Pas au ciné ni à un concert – on n’y parle pas. Invitez-la au restaurant ! Et Inviter cela veut dire
payer l’addition aussi !
Mieux, Booz s’arrange pour qu’elle puisse ramasser plus. Super ! Voilà un homme qui ne
compte pas pour lui-même… Qui sait se montrer attentionné.
Et elle prend les restes pour les ramener à sa mère. Du coup, Booz touche le cœur de Ruth, et
le cœur de sa future belle-mère – excellente stratégie !
L’égoïsme tue le couple. La volonté de ne pas donner – de son temps, de sa tendresse, de ses
mots, ou de son argent – est le facteur le plus sûr d’une perte de vitesse.
C’est surprenant :
Noémi dit à Ruth « va glaner ». Pas d’encouragement, pas de prière. Pas de bénédiction.
Ruth part avec confiance, une confiance totale en Dieu.
J’imagine que Noémi a dû s’inquiéter pour sa belle fille. Et peut-être Ruth pour Noémi qui
n’avait pas à manger…
C’est la première louange qui sort de la bouche de Noémie. De la vielle femme amère sort,
pour la première fois, une parole de louange, et une prière.
Quelle image de prévenance. Un homme qui épouse une femme devient un mini rédempteur.
Mais pas pour le salut.
Voilà une jeune femme sans beaucoup d’espoir humain. Elle n’est plus la fraîche jeune fille
sortie du foyer parental. Elle a déjà été mariée, elle est veuve, elle n’a pas un sou, elle est
étrangère, elle n’a pas d’enfant. La soupe populaire était son seul espoir. Mais c’est une
femme de cœur, une travailleuse sérieuse. Elle est admirable.
Et Booz devient son rédempteur. Certains d’entre vous, messieurs, avez ou vous allez
épouser une femme veuve, ou divorcée, ou une femme qui aura été abusée par des
hommes qui n’ont rien compris à la vie. Et vous êtes appelé à être rédempteur. Prendre
soin. Protéger. Nourrir. Accompagner.
Pour reprendre l’histoire de départ… imaginez Ruth de nos jours. Elle n’a pas un sou, elle vient
d’Algérie, elle est avec sa belle mère. Elle a déjà vécu avec quelqu’un. Elle n’est plus toute
jeune…
Elle rentre dans une grande surface – Auchan par hasard.
Elle demande à prendre place au bout d’une caisse et elle remplit les caddies des clients.
Le directeur du magasin remarque qu’elle travaille avec ardeur, qu’elle est agréable avec
les clients, qu’elle a bonne réputation.
Et puis soudain, entre Booz. Le grand patron de la chaîne Auchan ! Il est riche, il est fort, et
même s’il n’est plus tout jeune, il est encore célibataire. Leurs yeux se croisent et son cœur
fond…
Et Booz demande au directeur « c’est qui la gazelle qui est en bout de caisse 25 ? »
Apprenant toutes ses qualités, il dit au directeur : cette femme mangera à midi avec les
responsables de secteur, sans limite sur le menu, et quand elle partira ce soir, c’est avec le
camion frigorifique rempli de denrées pour sa belle-mère. Et si quelqu’un l’embête, si
quelqu’un lui demande son numéro de portable, si quelqu’un lui fait la moindre remarque…
je veux qu’il soit muté dans le Nord !!!
Rédempteur… C’est un autre nom pour un mari… Quelqu’un qui prend soin, qui donne de
l’espoir, qui relève. Même quand le passé est trouble, comme Ruth. Le passé d’une personne
joue sur le bonheur d’un couple. Mais… en Christ, lorsque les déconvenues et les souffrances
ont été correctement gérées, un véritable espoir naît.
Quand elle rentre, Noémi est bouleversée. La vielle femme amère sort de son attitude
d’apitoiement sur elle-même et reprend un chant de louange. Dieu a visité son peuple. Dieu a
porté sa grâce.
Noémi encourage l’obéissance – et Ruth devait être remplie de joie ! Tout au long des
moissons, elle a dû rapporter plusieurs mois de vivre. Chaque jour elle devait se dire que le
« hasarD » avait merveilleusement fait les choses !
Conclusion
Une lecture « vie quotidienne »
Histoire de couples :
Je connais un couple. Ils se sont mis ensemble il y a longtemps. 30 ans plus tard leur
relation est séparée à en pleurer. Ils font chambre à part, cœur à part. Lui est riche. Elle n’a
rien. S’il meurt avant elle, elle sera sans ressource. Il refuse de signer même un PACS pour
lui garantir le même revenu à son départ. Il y a 30 ans, c’était pourtant le grand amour…
Des histoires, je peux les multiplier. Les bellâtres qui ont séduit de belles jeunes filles et qui
se sont révélés violents, pervers, indifférents. Les belles filles qui ont séduit de beaux gens
et qui se sont révélées manipulatrices, égoïstes, matérialistes.
NB : tous les héros du livre de Ruth sont des célibataires qui veulent aimer le Seigneur avant
tout !
mon aide, je ne craindrai rien ; Que peut me faire un homme » ? Matt 11.27-28 « 28 Venez
à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. »
Le Rédempteur : 1 Corinthiens 1:30 « Or, c’est par lui que vous êtes en Christ-Jésus qui, de
par Dieu, a été fait pour nous sagesse, et aussi justice, sanctification et rédemption » ;
Ephésiens 1:7 « En lui, nous avons la rédemption par son sang, le pardon des péchés
selon la richesse de sa grâce. »
Booz, l’homme par excellence, va devenir avec Ruth l’ancêtre de David, et celui de Jésus…
Cette création par Florent Varak est mise à disposition selon les termes de la licence
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Introduction
Histoire d’amour
C’est une merveilleuse histoire d’amour que nous lisons…
Lui : Ruth part glaner et tombe « par hasard » sur le champ de Booz. Lui, c’est Monsieur Super
Sympa
C’est un homme puissant dans le village et qui a bonne renommée.
Il est riche, Il est fort.
Mais il n’a pas que des avantages non plus… Il n’est pas tout jeune.
Booz exhibe de nombreuses qualités et il manifeste envers Ruth une bienveillance formidable.
Il est connu pour aimer Dieu. Il bénit ses employés… il est expressif dans sa voix…
Il sait tempérer ses ardeurs en se renseignant préalablement sur la personne.
Il prend l’initiative d’être généreux.
Il protège. Il est de tempérament protecteur.
Il remarque les vraies valeurs
Il bénit et encourage
Il est généreux, et notamment pour sa belle mère.
Lecture Ruth 3
Noémi est rentrée de Moab avec une attitude terrible : Elle est amère, accusatrice et finalement
assez déprimée.
Et il n’y a rien de plus terrible, lorsqu’on est dans la détresse matérielle, que d’être en plus
déprimé : aucune énergie pour entreprendre quoi que ce soit, aucune initiative, rien.
Mais pour la première fois – voir Ruth 2– nous avons vu qu’elle commence à changer.
Elle offre une louange à Dieu lorsque Ruth revient, au premier jour des moissons, avec
de quoi les nourrir pendant 1 semaine.
Et finalement c’est l’une des belles solutions pour la déprime. Le fait de s’occuper des autres.
Son souci se décale d’elle-même. Elle est rentrée de Moab en disant « comblée j’étais
partie, vide l’Eternel me ramène » (1.21).
Et maintenant elle se préoccupe de Ruth, sa belle-fille : « Ma fille, je voudrais te
procurer du repos pour que tu sois heureuse ».
C’est tellement triste une belle-mère qui ne pense qu’à ce qu’elle n’a pas. C’est tellement
plaisant une belle-mère qui a le souci de sa belle-fille ou de son gendre !
Ce que vous devez garder en tête, c’est que Booz a parlé avec générosité à Ruth il y a
plusieurs semaines. Depuis, ils n’ont plus de contact. J’imagine que Ruth et Noémi ont parlé ad
nauseam de ce qui s’était passé ce premier jour des moissons !
….Et puis il m’a dit ça – à ton avis, cela veut dire quoi ?
Et Noémi répond – à mon avis, cela veut dire qu’il t’aime. Mais dis-moi, quelle était
l’intonation de sa voix ? Comment l’a-t-il dit ? Dans quelle direction regardaient ses yeux ?
Ses joues ont-elles rosi quand il a dit ça ?
Et Ruth ajoute – oui mais cela fait 3 semaines que l’on ne s’est plus parlé. Il ne m’a plus
adressé la parole. Je ne sais pas où nous en sommes ! Sommes-nous juste amis, sommes-
nous simples partenaires de business, ou est-ce qu’il y a plus, je ne sais pas !
Vous savez ce que c’est que deux filles qui essaient de comprendre où en est la
relation, ça cause et ça cause !!!
A la fin des moissons, il y avait une belle célébration. D’abord il y avait du monde pour garder la
moisson des voleurs. Et le lieu le plus naturel était l’aire. Il ne s’agit pas d’une aire de repos,
mais d’une aire de vannage, l’endroit où l’on venait battre le grain et le tamiser avec un van
pour que le vent sépare la balle et le grain.
La fin des moissons approche. C’est le moment de tenter le tout pour le tout !
Certains chrétiens invoquent Timothée pour rester d’une sobriété amish… “N’ayez pas pour
parure ce qui est extérieur : cheveux tressés, ornements d’or, manteaux élégants,” (1 Pierre
3:3).
Mais ce serait passer à côté du problème que Pierre dénonce. Les tresses étaient
nouées d’or, et les beaux vêtements étaient parfois un investissement important pour les
riches (cf. les propos de Jésus…). Ce que Pierre dénonce, c’est le fait de payer une
fortune en vêtements ou coiffures. Et surtout d’ignorer la parure intérieure de celui qui
cherche à honorer son conjoint.
D’ailleurs, il est fréquent que ces mêmes personnes n’aient pas non plus une attitude
intérieure de douceur et d’amour. C’est une manière d’être paresseux avec son look !
L’hygiène personnelle, surtout pour celui ou celle qui travaille durement à l’extérieur, loin de l’air
conditionné, est un aspect important de l’attraction. L’ignorer peut faire fuir…
J’ai un peu hésité à mettre en avant le timing. Mais juste pour le fun…
Noémi a été marié avec Elimelek quelque temps. Ils ont vécu des moments difficiles, ils
ont élevé deux garçons.
Noémi sait donc comment fonctionne un homme.
Mesdemoiselles, voici ce que je vous propose. Ne commencez pas une rencontre par une mise
au point : « alors où en est-on dans notre relation ? » Ni par des larmes, ni par des
questions… « Pourquoi ne me parles-tu plus depuis le début de la moisson, hein, pourquoi ?! »
Attendez plutôt que l’homme ait mangé et bu !! Quand un homme a mangé et bu, il peut
discuter de tout. Avant sa viande et ses pommes de terre, il ne peut pas parler de choses
sérieuses et solennelles – il ne cessera de regarder sa montre pour voir s’il n’est pas en train de
manquer le dîner !
« Ta disposition » (3.4-5)
« 4 Quand il ira se coucher, tu observeras à quel endroit il se couche. Ensuite tu iras découvrir
ses pieds et tu te coucheras. Il te dira lui-même ce que tu auras à faire. 5 Elle lui répondit : Tout
ce que tu m’as dit, je le ferai. »
Le verset 4 est l’un des plus problématiques du livre. Qu’est-ce que suggère Noémi à sa belle
fille ? Certaines personnes suspectent un complot plutôt malsain :
Tu attends qu’il ait mangé et bu – et il est vraisemblable qu’il ne s’agissait pas de
Perrier.
Quand il dort profondément, vers minuit, tu vas te coucher à ses pieds, en lui
découvrant les pieds.
Le froid des pieds le réveillera… et il te dira quoi faire…
Vraiment, il te dira quoi faire ?! Que peut dire un homme célibataire, qui se réveille au
beau milieu de la nuit avec une jeune fille à ses pieds ?
Pour parler crûment, certains ont donc pensé que Noémi voulait que Ruth observe où dormirait
Booz, qu’elle attende minuit pour ensuite aller le déshabiller et s’allonger à ses côtés pour
éveiller en lui un désir qu’il serait difficile de gérer au beau milieu de la nuit. Dans quel objectif ?
S’il couche avec elle, il devient nécessaire de l’épouser… Ainsi Noémi garantirait un futur à sa
belle-fille, même si les moyens pour y parvenir étaient plus que douteux.
Avant qu’on ne regarde cela de plus près, j’aimerais souligner que c’est le pire conseil que vous
puissiez donner ! Si vous êtes père ou mère d’un jeune homme ou d’une jeune fille, ne lui dites
pas … « attends que la fête soit terminée, et va dormir à côté de celui ou celle que tu veux
épouser ! » Ce n’est pas une bonne idée !
Messieurs les pères, passez du temps dès le plus jeune âge avec vos jeunes filles pour
qu’elles sachent à quoi ressemble une relation tendre et pure.
Prenez un thé ensemble, une glace, faites une promenade, dites-lui des compliments…
Selon les âges et les ambitions…
Et lorsque le temps des relations possibles arrive, achetez une carabine – en plastique,
mais bien imitée – pour recevoir à la porte tous les prétendants. Juste pour mettre
l’ambiance !
Faites remplir au prétendant un dossier en trois exemplaires en lui annonçant 5 ans de
réflexion !
Et surtout, pas question d’accepter le « je reste passer la nuit chez ma copine » surtout
quand elle a une barbe et que personne d’autre ne le sait !
Pas question non plus, bien entendu du conseil de Noémi
En fait je ne crois pas un instant que Noémi ait un esprit aussi tordu pour manigancer une chute
qui serait la source d’un mariage. Et voici pourquoi.
L’hébreu ne dit pas forcément « pied » mais partie inférieure du corps, donc les jambes.
Il n’y a donc pas d’euphémisme pour les organes sexuels
Verset 9, Ruth dit « étends ton aile ». Une expression qui relève de l’humble recherche
de la protection. Parfois celle de Dieu (Ps 91.4). L’hébreu peut se traduire aussi « ta jupe »
ou plutôt ton vêtement. Cette expression se retrouve en Ezéch 16.8 : “Je passai près de toi,
je te regardai, et voici que ton temps était là, le temps des amours. J’étendis sur toi le pan
de mon manteau, je couvris ta nudité, je te fis un serment, je contractai une alliance avec
toi, — oracle du Seigneur, l’Éternel, et tu fus à moi.”
C’est donc une image de l’alliance, une image du mariage. Elle conseille à Ruth de
prendre l’initiative de la demande en mariage.
Et puis c’est assez subtil, parce que Booz avait dit à Ruth : “Que l’Éternel te rende ce
que tu as fait ! Que ta récompense soit complète de la part de l’Éternel, le Dieu d’Israël,
sous les ailes de qui tu es venue te réfugier.” (Ruth 2:12). Le conseil de Noémi s’appuie
donc sur les propos mêmes de Booz, comme pour suggérer de rebondir dessus.
Et il y a une autre raison. Parfois, les gens font confiance à la souveraineté de Dieu, ou
demandent des miracles, sans réaliser que Dieu attend aussi des initiatives. Ce ne sont pas
les détails du conseil de Noémi qu’il faut retenir, mais le principe de la prise d’initiative
Faire confiance en Dieu et agir. Agir et faire confiance en Dieu ! Qui dira que l’Ancien
Testament est sexiste ?
retourna : voici qu’une femme était couchée à ses pieds. 9 Il dit : Qui es-tu ? Elle répondit : Je
suis Ruth, ta servante, étends ton aile sur ta servante, car tu as devoir de rachat.
C’est une initiative osée ! Elle fait ce que lui a suggéré Noémi. Elle observe les faits et gestes
de Booz, ce qu’il mange, combien de bières il boit… Elle sait que son cœur est joyeux (je ne
pense pas qu’il soit ivre, mais peut-être un peu éméché !) et elle sait où il se couche.
Elle lui enlève son manteau de ses pieds
Elle se couche à ses pieds.
Le froid de la nuit le réveille. Et il voit la forme d’une femme allongée, et lui demande :
« qui es-tu ? »
La question s’impose ! Certaines femmes frivoles pouvaient monnayer leur service contre une
part de moisson… Surtout au milieu de la nuit.
J’imagine que son cœur a dû battre fort ! J’imagine qu’il y a eu un long silence !
C’est un peu ennuyeux qu’il continue de l’appeler « ma fille » ! Il aurait dit « Madame » ou ma
chérie, mon trésor ou ma gazelle des montagnes (une expression locale !), c’était tout de suite
mieux !
Mais il est émerveillé par Ruth. Il dit qu’elle manifeste là une loyauté particulière remarquable,
supérieure à la première. De quelle marque de loyauté est-il question ?
La première était celle de rester fidèle à sa belle-mère et d’embrasser son Dieu comme
le sien, et son peuple comme le sien. Une décision remarquable de confiance et d’amour
envers Dieu.
La seconde explique en fait pourquoi il n’y a là aucune stratégie mauvaise, ni de la part
de Noémi ni de celle de Ruth. En fait elle va jusqu’au bout de son choix de s’unir à Dieu et
au Dieu d’Israël.
Elle a confiance qu’en demandant à Booz de l’épouser, Dieu saura l’utiliser lui, et elle
pour contribuer à accomplir, d’une manière ou d’une autre, la promesse faite à Abraham
que sa descendance serait en bénédiction à toutes les nations.
Quelques précisions…
Ruth est une femme entre 25 et 30 ans. Elle a déjà été mariée. Elle pourrait épouser un
jeune homme de son âge, riche ou pauvre, et vivre sa vie.
En choisissant d’épouser Booz, elle choisit de se marier en fonction des lois d’Israël
pour faire vivre une famille, une lignée (c’est la Loi du lévirat). Certes, il y a tout l’amour et
tout l’impact émotionnel de leur première rencontre.
Mais il y a en plus, la conscience d’entrer dans le plan de Dieu, de faire confiance dans
la providence de Dieu et la pensée que c’est correct ainsi.
Et Booz perçoit que ce petit bout de femme s’abandonne au plan de Dieu, et qui le suit.
Pourquoi n’a-t-il pas pris les devants ?
Peut-être par crainte du rejet (le discours intérieur qui dit « tu te fais des illusions, ça ne
marchera pas avec elle, elle a trop de talents et de qualités »)
Peut-être aussi parce qu’il sait qu’une autre personne a priorité.
Peut-être par embarras (il est plus vieux qu’elle)… Et il est difficile pour une personne
plus âgée de manifester de l’amour à une plus jeune. Les motivations peuvent être mal
perçues par l’entourage.
Mais Booz est vraiment un homme droit. Il se montre confiant dans la souveraineté de Dieu.
Et Booz fait preuve d’une belle maitrise de lui-même. La nuit ne cache rien aux yeux de Dieu.
Aucun adultère, aucune fornication (relations sexuelles avant le mariage) ne lui sont cachés.
Elle part avant qu’on sache qu’il a dormi aux côtés d’une jeune femme, ce qui ne manquerait
pas de faire parler les bavardes de manière mal attentionnée.
Ruth revient avec 30 kg d’orge. C’est moins sympa que des chandelles pour la maison, mais
c’est bien plus utile quand on est pauvre !
Noémi est évidemment tout excitée d’apprendre ce qui s’est passé ! Es-tu encore Mademoiselle
la Moabite, ou bientôt Mme Ruth BOOZ ?
Elle est consciente que l’homme qui est prêt au mariage, est vraiment prêt au mariage. La suite
au prochain épisode !
Conclusion
C’est une belle histoire, où les caractères des personnages sont finement sculptés.
Belle histoire aussi où la tragédie qui frappe nos vies trouvera un jour une inversion. Le deuil, le
divorce, la maladie, la violence, la ruine, ou le chômage peuvent faire irruption.
Le Psaume 46 dit ceci : « arrêtez et reconnaissez que je suis Dieu : je domine sur les
nations, je domine sur la terre. L’Eternel des armées est avec nous, le Dieu de Jacob est
pour nous une haute retraite. »
Quant aux leçons spirituelles, Ruth et Booz illustrent l’amour de Christ et de l’Église
Une païenne méprisable devient la favorite puis l’épouse d’un Juif respectable.
Cette femme ne devait pas se contenter des petits cadeaux que lui avait faits Booz. Elle
le voulait lui – comment ne pas dire la même chose de notre union avec Christ ?
Introduction
La vie à Bethlehem
Si Paris Match avait existé à l’époque, voici les titres que vous auriez pu lire au temps de
l’histoire qui nous préoccupe aujourd’hui :
C’est triste et courant, la violence que nous trouvons dans le livre des Juges. Une période
glauque qui fait suite à la sortie d’Egypte et à la conquête de la terre promise (~1500 av. J.-C.)
et qui précède la royauté (~1000 av. J.-C.). C’est une période marquée par ces leitmotivs :
Et dans ce monde bien triste, on lit l’histoire d’une tragédie. Celle d’une famille qui fuit
Bethléhem au temps de la famine et va s’établir en Moab.
Le livre s’ouvre sur 3 funérailles et se termine par un mariage et un bébé « Car sa colère (dure)
un instant, Mais sa faveur toute la vie ; Le soir arrivent les pleurs, Et le matin la jubilation. »
(Psaume 30:6)
Lecture : Ruth 4
Un mariage (4.1-13a)
La négociation du mariage (4.1-8)
« 1 Booz était monté à la porte et s’y était assis. »
n’était pas facilement accessible, et de toute façon peu durable comme certification). Dans
ces contrées, la mémoire était essentielle, et la présence de plusieurs témoins centrale.
Le rôle de la mémoire dans les pays dits du tiers monde est impressionnant. Les gens
parlent facilement 3 à 5 langues ou dialectes, et la transmission orale fait que la parole est
beaucoup plus importante.
« Or, voici que celui qui avait devoir de rachat et dont Booz avait parlé vint à passer. Booz lui
dit : Approche-toi, assieds-toi ici, toi un tel. Il s’approcha et s’assit. »
La Bible reste sobre sur cet homme – on ne connaît pas son nom ! En partie parce que le refus
d’assumer le droit ou le devoir de reprise est honteux.
Lév 25.23-34 régule la vente des terres perdues par faillite
Deut 25.5-10 est la loi du Lévirat qui régule la succession familiale.
En gros, le principe est donné par cette loi : « La terre ne se vendra pas à titre définitif ; car
le pays est à moi, car vous êtes chez moi comme immigrants et comme résidents
temporaires. Dans tout le pays dont vous aurez la possession, vous établirez le droit de
rachat pour la terre. » (Lév 25.23-24)
En sorte qu’une famille qui faisait faillite pouvait disposer de sa terre, et en quelque sorte
l’hypothéquer. Mais elle ne pouvait être cédée de façon permanente. Au bout de 6 ans il y
avait un retour de la terre, et tous les 49 ans, au Jubilée, il y avait une remise complète des
dettes…
Ce qui est triste c’est que cette loi de justice sociale n’a que peu été respectée. Tout au long de
l’histoire d’Israël, les prophètes ont reproché au peuple sa dureté de cœur. Et ce sera d’ailleurs
l’une des causes de la captivité de Juda par les Babyloniens (2 Chron 36.21).
« 2 Booz prit alors dix hommes parmi les anciens de la ville et dit : Asseyez-vous ici. Et ils
s’assirent. »
Ces 10 hommes :
Ce sont des « anciens » littéralement « ils ont la barbe. » C’est-à-dire des hommes mûrs et
capables d’un jugement sur les question de la vie…
Ils forment une sorte de conseil municipal, et de tribunal. Ils ont un rôle social essentiel
dans la vie d’Israël (Deut 19.12, 21.2, 22.15, Juges 11.7-8, 1 Rois 8.3, 21.8, Esd 10.8, etc.).
Incidemment, après Néhémie, c’est-à-dire plus de 1000 ans plus tard, ce sera une règle
pour établir une synagogue, 10 anciens…
« 3 Puis il dit à celui qui avait le devoir de rachat : Noémi, revenue de la campagne de Moab, a
mis en vente la pièce de terre qui (appartenait) à notre frère Élimélek. 4 Et moi j’ai pensé t’en
informer et te dire : Fais (-en) l’acquisition en présence de ceux qui siègent et des anciens de
mon peuple ! Si tu veux racheter, rachète ! Si tu ne rachètes pas, déclare-le moi, que je le
sache, car il n’y a personne, à part toi, qui ait ce devoir. Je ne l’ai qu’après toi. Il répondit : C’est
moi qui rachèterai. »
J’imagine les émotions de Booz lorsqu’il entendit cet homme dire : « C’est moi qui rachèterai » !
Tout son amour, l’espoir de la tendresse de Ruth, partait en fumée…
Mais Booz se montre fin stratège ! Après avoir appâté par le gain financier, il lui parle d’un
devoir familial plus contraignant…
« 5 Booz dit : Le jour où tu acquerras le champ de la main de Noémi, tu l’acquerras (en même
temps) de Ruth la Moabite, femme du défunt, pour maintenir le nom du défunt sur son
héritage. »
La terre venait avec une femme, et si elle avait un enfant, ce serait légalement le fils de Mahlon
– et non son propre fils. Et le problème pour cet homme c’est qu’il fallait qu’il puise dans le
capital de sa propre famille pour racheter un champ qui pouvait tomber dans les mains de ce
fils. Ce serait donc une perte financière pour sa propre famille, et c’est ce qui le décide à ne pas
accepter…
« 6 Celui qui avait le devoir de rachat répondit : Je ne peux pas racheter pour mon compte, de
peur de détruire mon héritage ; rachète pour toi ce que j’ai le devoir de racheter, car je ne peux
pas racheter. 7 Autrefois, en Israël, pour valider une affaire quelconque, relative à un rachat ou
à un échange, on ôtait sa sandale et la donnait à l’autre, et cela servait d’attestation en Israël. 8
Celui qui avait devoir de rachat dit donc à Booz : Fais l’acquisition pour ton compte ! Et il ôta sa
sandale. »
Parlons un peu du mariage… J’entends certains, notamment les jeunes, dire : « on vit
ensemble donc on est marié ». Ce n’est pas le cas ! Le fait de coucher ensemble ne fait pas un
mariage. Pour établir un mariage – écoutez bien – il faut… ôter sa sandale et la donner à
l’autre ! Non, en fait c’est une pratique ancienne (civilisation Nuzi) où la personne qui achetait
une terre marchait dessus en signe de prise de possession.
NB. : à cause de la dureté des cœurs, Dieu a régulé le divorce (Deut 24.1-5 ; Matt 19.3-12 ;
1 Cor. 7.12-24) pour le restreindre à l’immoralité persistante d’un conjoint (Matt 19.9) ou au
départ du conjoint non-chrétien et antagoniste (1 Cor 7.14-16).
Les conjoints se préservent de relations sexuelles en dehors du mariage. La sexualité
est l’un des aspects fondateurs du couple, établissant l’expérience d’être « une seule
chair ». Valorisée par l'Écriture au sein du couple marié (Prov 5.15ss ; Cantique des
Cantiques ; 1 Cor. 7.1-6), elle est strictement balisée par le mariage. La Bible interdit une
sexualité avant le mariage (1Cor. 7.2 ; Hébr 13.4) et en-dehors du mariage (Ex 20.14 ; Lév
20.10 ; Rom 7.3). L’exemple de Joseph et Marie confirme son bien fondé.
NB. : La relation sexuelle ne fait pas le mariage (Ex 22.15-16 ; 1 Cor. 6.16-17). Ce n’est
pas « coucher ensemble » qui est difficile dans le mariage, mais se lever ensemble chaque
jour pour bâtir un projet commun. Commencer une relation par le plaisir sexuel aveugle sur
les aspects centraux d’un couple : personnalité, projets, etc. Dieu est sage en présentant la
sexualité comme le fruit d’une union plutôt que comme sa source.
Si Dieu définit les critères du mariage, la Bible n’en définit pas les formes d’établissement :
Du temps des patriarches, aucun contrat n’était nécessaire. L’engagement était reconnu
par les familles et suffisant pour l’établir (Gen 25.20 ; 28.9)
Du temps de Moïse, les fiançailles font leur apparition, établissant des devoirs et des droits
(Ex 22:16 Lév 19:20 ; Deut. 20:7 ; 22.23-30).
Du temps du Nouveau Testament, on découvre un protocole mieux établi (déjà du temps de
Salomon avec le Cantique des Cantiques) comprenant une fête et une reconnaissance
publique du mariage (Jean 2 ; Matt 25.1).
Henri Blocher, théologien évangélique, résume ainsi les éléments constitutifs du mariage que la
culture va légitimer :
Il y a mariage, mariage valide, quand les termes de cette définition sont respectés :
l’alliance, sanctionnée par l’autorité en charge de l’ordre social, par laquelle un
homme et une femme s’engagent sans contrainte à mener une vie commune et
s’unir sexuellement.1
De tout temps la question du mariage a préoccupé. Quand une personne était-elle mariée ?
Liée à une personne ?
C’est cette dernière forme qui deviendra la norme des chrétiens. Ce qui est intéressant, c’est
que les apôtres ne semblent pas faire de différence : un homme est lié à une femme ? Il est
marié ! Le vocabulaire de 1 Cor 7 ou de Rom 7.3 ne distingue pas toutes ces situations.
En France, seul l'État est habilité à légaliser un mariage. L'Église ne peut que célébrer ce qui a
1 Henri Blocher, « Clartés sur le mariage » Icthus, N° 57, Décembre 1975, p. 9. (souligné dans l’original).
2 http://www.mediterranees.net/civilisation/Rich/Articles/Religion/Mariage/Index.html
Je trouve honorable et remarquable que Booz n’ait pas usé de la nuit pour une relation sexuelle
avec Ruth, mais qu’il ait suivi un juste protocole. Et voici maintenant le temps de la célébration !
Booz établit devant témoins qu’il prend une terre et une femme.
Son intention de suivre la loi est admirable et sa foi également. Parce qu’il épouse une femme
qui a vécu 10 ans avec un homme et qu’ils n’ont pas eu d’enfants. Et il dit pourtant qu’il entend
« maintenir le nom du défunt sur son héritage… »
« 11 Tout le peuple qui était à la porte et les anciens dirent : (Nous en sommes) témoins ! Que
l’Éternel donne à la femme qui entre dans ta maison (d’être) comme Rachel et Léa qui, toutes
deux, ont bâti la maison d’Israël. Deviens puissant à Éphrata et fais-toi un nom à Bethléhem. 12
Puisse la descendance que l’Éternel te donnera par cette jeune femme rendre ta maison
semblable à la maison de Pérets que Tamar enfanta à Juda. »
Vous entendez la marche nuptiale ?! Il y a tout une foule qui s’assemble et qui se réjouit ! Il y a
un chant et une célébration ! Tout le peuple est là et il bénit le couple ! C’est bien quand l’Église
s’associe à la joie d’un jeune couple et célèbre une union ! Et se réjouit de cette union !
C’est au point que le droit germanique établissait le lien du mariage par le fait même d’un
rapport sexuel. C’est déjà l’idée dans la formulation de départ : « les deux deviendront une
Ce qui est triste c’est que la soi-disant libération sexuelle des années 60 a généré une sorte de
défiance vis-à-vis de la sexualité. Un peu comme à Corinthe (ville immorale) où Paul doit dire
aux Corinthiens que l’intimité sexuelle n’est pas mauvaise, elle-même exigée pour qu’elle soit
mutuellement satisfaisante (1 Corinthiens 7.1s)
Si vous êtes encore vierge et pas marié, ce n’est pas une tare mais un cadeau pour le jour de
votre mariage.
En Christ nous sommes acceptés par le plus grand des amants : Dieu en personne.
En Christ nous pouvons épouser un frère ou une sœur sachant que son passé a été lavé.
En Christ nous pouvons construire une relation où deux deviennent un…
En Christ nous devons représenter dans les couples cette union unique engendrée dans
les liens du mariage.
Si vous n’êtes pas encore marié et que vous n’êtes plus vierge, il existe dans la grâce de Christ
une reconstruction du cœur. Dieu pardonne. Dieu lave. Dieu redonne espoir. Cf. 1 Cor 6.9-11
Un bébé (4.13b)
« 13 (b) L’Éternel permit à Ruth de concevoir, et elle enfanta un fils. »
La main de Dieu providentielle de Dieu se voit encore ici. Ruth n’a pas pu avoir d’enfants
pendant 10 ans. Voilà qu’elle tombe enceinte !
Au pays où l’on adore Khémosh, stérile. Au pays de l’Eternel, dans les circonstances calculées
par le Seigneur… elle tombe enceinte.
Il faut bien réaliser que ce que Dieu fait du temps de ce livre n’est pas ce que Dieu fait en toute
époque :
Le fait de ne pas enfanter n’est pas un jugement divin.
Le fait d’expérimenter une famine n’est pas non plus un jugement divin.
Mais dans le cas présent, Dieu complote pour lancer une espérance qui nous touche
directement.
Il n’y a rien de mieux que de s’investir dans la génération montante pour avoir un peu de joie et
de sens à son existence.
Et c’est vrai que c’est une histoire qui se termine bien : Ce livre s’ouvre sur une famine, et trois
enterrements. Il se termine sur la naissance d’un enfant. Et quel enfant…
Il y a comme une prophétie de ces femmes : « un rédempteur dont le nom sera célébré en
Israël »
Il l’appelle « serviteur » et voilà ce que Dieu fera de ce serviteur…
Il sera le grand-père de David…
David, le roi que Dieu s’est choisi et avec qui Dieu fera alliance pour que s’accomplissent les
promesses faites à Abraham…celui de qui naît le Messie, Jésus, 1000 ans plus tard…
Cette scène a lieu à Bethléhem… « Et toi, Bethléhem Éphrata Toi qui es petite parmi les milliers
de Juda, De toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël Et dont l’origine remonte au
lointain passé, Aux jours d’éternité. » (Michée 5:1-2)
Conclusion
Que faire de ces messages sur Ruth ?
Déjà s’inspirer (avec recul quand même !) des fréquentations entre Ruth et Booz !
Ensuite réaliser que Dieu conduit nos circonstances, même quand nous sommes dans
un profond désespoir. Pensez à Noémi, qui commence son périple jeune mariée, deux
garçons, et qui rentre dans son pays natal, veuve, ruinée et privée de ses deux enfants…
Dieu n’a pas oublié cette femme. Et de la même manière il nous conduira à bon port.
Dieu est l’auteur du dernier chapitre de nos vies. Il n’a pas encore dit le dernier mot. Quand
il le dira, ce sera glorieux.
Ensuite Dieu complote pour établir sa royauté :
Du temps des Juges, il n’y avait pas de Roi
En 1 Samuel, on voit apparaître le roi choisi par les hommes : Saül
En 2 Samuel , le roi de Dieu, David.
Mais ses descendants ne feront pas vraiment mieux…
Justement, le Roi, LE Roi, arrive. Est-il votre roi ?
Le héros de l’histoire, c’est Dieu.
Dieu qui sauve une femme de sa détresse
Dieu qui rachète une famille
Un peu comme Dieu qui nous rachète de notre misère.
Christ est libérateur !
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