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Optiq Geom

Ce document présente un cours d'optique géométrique pour la première année en génie biologique, couvrant des concepts clés tels que le principe de Fermat, les lois de Snell-Descartes, et les propriétés des lentilles et des prismes. Il explique la nature de la lumière comme une onde électromagnétique et aborde les trajectoires des rayons lumineux à travers divers dispositifs optiques. Le contenu est structuré en chapitres et sections, détaillant les principes mathématiques et physiques sous-jacents à l'optique géométrique.

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Département de Génie Biologique

Cours d’optique géométrique


1ère année

Jean-Michel MARTINEZ

20011/20012
Table des matières

1 Optique géométrique 2
1.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Le principe de Fermat et les lois de Snell-Descartes . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2.1 Le principe de Fermat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2.2 Les lois de Snell-Descartes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.3 Interprétation des lois de Snell-Descartes . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.4 Principe de construction géométrique de Huygens des rayons réfléchis
et réfractés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.3 Le prisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.3.1 Trajet des rayons lumineux dans le prisme . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.3.2 Déviation du prisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.3.3 Cas des petits angles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.4 Conditions de Gauss . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.5 Les lentilles minces . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.5.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.5.2 Construction géométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.5.3 Relation de conjugaison, grandissement . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.5.4 L’oeil humain . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.5.5 Loupe, oculaire, microscope . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21

1
Chapitre 1

Optique géométrique

1.1 Introduction

La lumière est une onde électromagnétique, c’est- à -dire une oscillation couplée d’un
~ Le vecteur ~k désigne la direction de pro-
~ et d’un champ magnétique B.
champ électrique E
pagation de l’onde dans le milieu. Ces trois vecteurs sont perpendiculaires entre eux et forment
 
~ ~ ~
un trièdre direct E, B, k .

E
= c = 3.108 ms-1

F IGURE 1.1: Représentation vectorielle d’une onde électromagnétique

Cette onde est caractérisée en premier lieu, par une pulsation ω exprimée en rad.s−1 .

ω= = 2πν (1.1.1)
T
où T représente la période exprimée en secondes (s) et ν la fréquence en hertz (Hz ou s−1 ).
De l’équation 1.1.1, on en déduit la relation :

1
ν= (1.1.2)
T
Einstein a montré grâce à sa théorie sur l’effet photoélectrique, que la lumière était aussi
un ensemble de corpuscules appelés photons, capables d’arracher des électrons au noyau d’un
atome, à condition que la longueur d’onde soit inférieure à seuil donné.

2
Cette dualité onde-corpuscule a trouvé sa légitimité à travers les travaux de De Broglie,
Heisenberg et Dirac.
La lumière se propage aussi bien dans le vide que dans un milieu fluide ou solide à condition
que le milieu soit dit transparent. Certains fluides comme l’eau par exemple, peuvent bloquer le
passage de la lumière lorsque l’épaisseur à traverser devient trop importante. Donc si la lumière
se propage c’est qu’elle a une vitesse 1 . Cette vitesse est déterminée à partir du produit de la
longueur d’onde (λ) par la fréquence (ν) soit :

c = λν (1.1.3)

|’équation aux dimensions étant la suivante,

[c] = [λν] = m.s−1

nous obtenons bien les dimensions d’une vitesse. A la suite des travaux de Morley et Michelson
sur la vitesse de la lumière, Minkowski, Lorentz, Poincaré et Einstein ont montré chacun à leur
manière, que la vitesse de la lumière est une constante physique,

c = 299 792, 458 km.s−1 (1.1.4)

que l’on prend en général environ égal à 300000 km.s−1 . Depuis 1983, le mètre étalon est défini
à partir de la vitesse de la lumière.
L’optique géométrique est l’étude de la trajectoire des rayons lumineux à travers différents
dispositifs optiques (miroirs, dioptres, lentilles). La lumière est produite par des sources mo-
nochromatiques ou polychromatiques ponctuelles, cohérentes ou non. Un ensemble de rayons
lumineux sera appelé un faisceau

Faisceau de Faisceau Faisceau


rayons parrallèles divergent convergent

F IGURE 1.2: Différentes allures de faisceaux

1. Dans le cas des ondes, on parle de célérité

3
1.2 Le principe de Fermat et les lois de Snell-Descartes

1.2.1 Le principe de Fermat

Lorsque la lumière se propage dans une milieu transparent d’indice n entre un point A et un
point B, celle ci choisi toujours le chemin dont le temps de parcours est extrêmal (minimal ou
maximal). Cette affirmation s’énonce mathématiquement comme suit :
Soit dl le déplacement élémentaire entre A et B dans un milieu d’indice n. dt représente la
durée du parcours pour la longueur dl soit :

dl
dt = (1.2.1)
V
or l’indice n d’un milieu est constant et est donné par le rapport entre la vitesse de la lumière
c
dans le vide et la vitesse de propagation de la lumière dans le milieu, n = . Nous avons donc :
V

dl
dt = n(l) (1.2.2)
c
La durée du parcours entre les points A et B s’écrit donc :

Z B
1
t= n(l)dl (1.2.3)
c A
Z B
Notons LAB le chemin optique parcouru par la lumière. LAB = ct = n(l)dl
A

Sous sa forme générale, le principe de Fermat s’énonce comme suit :

dLAB = 0 (1.2.4)

La distance parcourue par la lumière entre le point A et le point B


dans un milieu donné est toujours la plus courte.

Exemple 1 : Réflexion sur un miroir plan La lumière se déplace du point A vers le point B
en se réfléchissant sur un miroir plan. Selon le principe de Fermat la distance entre le point A
et le point B en passant par M, doit être la plus courte possible. Nous avons donc la distance
p p
AM = x2a + y 2 et M B = x2b + (yb − y)2 .
La distance totale s’écrit donc :

4
yb B

i’
M i

0
A
xb xa

F IGURE 1.3 : La lumière se propage du point A vers le point B en se réfléchissant sur un miroir
plan.

p q
LAB (y) = xa + y + x2b + (yb − y)2
2 2 (1.2.5)

Le principe de Fermat s’écrit dLAB (y) = 0. Le seul paramètre variable est y. Nous devons donc
dériver par rapport à y, il vient :

dLAB (y) y (yb − y)


=p −p 2 =0 (1.2.6)
dy 2
xa + y 2 xb + (yb2 − y 2 )
ce qui implique :
y (yb − y)
p = p 2 (1.2.7)
2
xa + y 2 xb + (yb2 − y 2 )
sin i = sin i0 (1.2.8)

i = i0 (1.2.9)

On établit ainsi qu’à la réflexion sur un miroir plan, les angles d’incidence i et de réflexion i’
doivent être égaux afin de respecter le principe de Fermat.

Exemple 2 : Réfraction de la lumière lors d’un changement de milieu


La lumière se déplace du point A vers le point B en changeant de milieu en M. La vitesse
de déplacement au sein du milieu 1 est V1 et la vitesse de déplacement dans le milieu 2 est

5
ya A

i1
V1
Vitesse de déplacement
i1 dans le milieu 1

dioptre y=0 xa x xb
plan M

i2 V2
Vitesse de déplacement
i2 dans le milieu 1

yb
B

F IGURE 1.4 : La lumière se propage du point A vers le point B en subissant une réfraction en
passant du milieu 1 vers le milieu 2

6
V2 . Le principe de Fermat nous dit que le temps de parcours de la vitesse doit être minimal.
Considérons le temps mis pour aller du point A au point M.

LAM
tAM = (1.2.10)
V1
où LAM représente la distance entre le point A et le point M. Considérons à présent le temps
nécessaire pour parcourir la distance LM B .

LM B
tM B = (1.2.11)
V2
Le temps total nécessaire sera donc la somme des temps tAM et tM B . Soit :

LAM LM B
tAB = tAM + tM B = + (1.2.12)
V1 V2
On peut déterminer, sur le schéma 1.4, les distances LAM et LM B ,

p
LAM = ya2 + (x − xa )2 (1.2.13)
q
LM B = yb2 + (xb − x)2 (1.2.14)

le temps de parcours est donc une fonction de la coordonnée x et s’écrira au final :


p p
ya2 + (x − xa )2 yb2 + (xb − x)2
tAB (x) = + (1.2.15)
V1 V2
dans laquelle V1 et V2 sont des vitesses constantes.
Le principe de Fermat nous permet de poser :

dtAB (x) 1 (x − xa ) 1 −(xb − x)


= p + p 2 =0 (1.2.16)
dx V1 ya2 + (x − xa )2 V2 yb + (xb − x)2
Ce qui revient à écrire :

1 (x − xa ) 1 (xb − x)
p = p (1.2.17)
V1 ya2 + (x − xa )2 V2 yb + (xb − x)2
2

1 1
sin i1 = sin i2 (1.2.18)
V1 V1
En multipliant de part et d’autre de la relation par la vitesse de la lumière c, on obtient :

c c
sin i1 = sin i2 (1.2.19)
V1 V2
n1 sin i1 = n2 sin i2 (1.2.20)

où n1 et n2 représentent les indices respectifs du milieu 1 et du milieu 2.

7
Normale

Rayon incident Rayon réfléchi

i i’

Milieu 1 Indice n
O
Milieu 2 Indice n’
r

Rayon réfracté

F IGURE 1.5 : Définition des angles d’incidence (i), de réfraction (r) et de réflexion (i’) et des
rayons correspondants dans le plan d’incidence

1.2.2 Les lois de Snell-Descartes

Les lois de Snell-Descartes sont au nombre de trois et peuvent être intégralement déduites
du principe de Fermat.
On considère un rayon lumineux appelé rayon incident se propageant dans un milieu d’indice
n. Ce rayon crée, en rencontrant la surface de séparation 2 d’un milieu d’indice n’, au point O
(point d’incidence), un rayon réfléchi 3 et un rayon réfracté 4 .
Les lois de Snell-Descartes stipulent que :

- Les rayons incidents, réfléchis et réfractés sont dans un seul et même plan appelé plan d’inci-
dence.

- Les rayons incidents et réfléchis forment des angles égaux par rapport à la normale au dioptre
(i=i’).

- Les rayons incidents et réfractés forment avec la normale des angles incidents et réfractés
obéissant à la loi n sin i = n0 sin r. où n et n’ sont respectivement les indices absolus du
milieu 1 et 2.
2. On dit aussi la surface du dioptre
3. On parle de réflexion partielle
4. A condition que le milieu 2 soit transparent, homogène et isotrope. Ce qui sera toujours le cas dans ce qui
nous intéresse

8
Remarque : Si l’on inverse le sens de propagation de la lumière, le parcours suivi ne change
pas. Il s’agit du principe de retour inverse de la lumière.

1.2.3 Interprétation des lois de Snell-Descartes

Normale

1 Milieu 1 1

2 n 2
3 3

4 4
O

n’ r

Milieu 2
4
1 23

F IGURE 1.6: Evolution de l’angle incident i et de l’angle réfracté r

L’angle d’incidence i peut varier entre 0°et 90°. On en déduit selon la seconde loi de Snell-
Descartes que l’angle réfléchi varie dans le même intervalle. Il n’en va pas de même pour
l’angle réfracté. Il existe un angle limite dépendant des indices n et n’ pour un angle incident
de 90°, lorsque le milieu 1 est moins réfringent que le milieu 2. En effet sin(90) = 1 et selon la
troisième loi de Snell-Descartes, n sin(90) = n0 sin r. Connaissant les valeurs des indices n et
n’ nous pouvons en déduire :

n
sin r = (1.2.21)
n0
Exemple : Soit n l’indice de l’air pris pour unité et n’ l’indice du verre ayant pour valeur
1,5. Calculez l’angle limite de réfraction dans le verre. Il vient : r = arcsin(2/3) = 41, 81

Lorsque le milieu 1 est plus réfringent que le milieu 2, c’est à dire n>n’, on peut obtenir une
réflexion totale. En effet, lorsque l’angle incident devient important, la réflexion devient totale
car l’angle que forme le rayon incident avec la normale dépasse l’angle limite de réfraction.
Une application bien connu de ce principe réside dans les fibres optiques qui "emprisonnent" la
lumière à l’aide de ce principe d’optique élémentaire.

9
Normale
Milieu 1
1
2
3 n

O 2

n’ 1

Milieu 2

F IGURE 1.7 : Le rayon incident est totalement réfléchi lorsque l’angle incident devient suffi-
samment élevé

1.2.4 Principe de construction géométrique de Huygens des rayons réfléchis et réfractés

n’> n n > n’ I
I
i i’ i i’
n’ n C n n’ C
O O

r A r
E B
B E A
(a) (b)

F IGURE 1.8: Construction de Huygens

Le principe de construction de Huygens est une méthode géométrique permettant de tracer


les rayons réfléchis et réfractés pour un rayon incident donné. Il suffit pour cela de tracer deux
cercles, respectivement de rayon n et n’ et de centre O.
– Pour tracer le rayon réfléchi, il suffit de mener une droite perpendiculaire à la surface du
dioptre passant par le point I, point d’intersection entre le cercle de rayon n et le rayon

10
incident. Cette droite coupe le cercle de rayon n au point E. En prolongeant la droite
passant par les points O et E, on trace le rayon réfléchi.
– Pour tracer le rayon réfracté, on prolonge, le rayon incident à travers le dioptre d’indice
n’, celui coupe le cercle de rayon n au point A. La droite perpendiculaire à la surface du
dioptre passant par le point A, coupe le cercle de rayon n’ au point B. En joignant les
points O et B, on trace le rayon réfracté.

1.3 Le prisme

Un prisme est un milieu homogène , transparent et isotrope, limité par deux dioptres plans
non parallèles. L’intersection des deux dioptres forme l’arête du prisme, caractérisé par un angle
A.

D
i
r
r’ i’

F IGURE 1.9 : Représentation de la marche d’un rayon lumineux dans un prisme et définition
des différents angles formés.

Propriétés du prisme : Le prisme décompose la lumière blanche. Il y a dispersion de la


lumière et celle-ci est d’autant plus importante que la longueur d’onde de la lumière incidente
est courte.

11
F IGURE 1.10: Dispersion de la lumière à travers un prisme

1.3.1 Trajet des rayons lumineux dans le prisme

Les lois de Snell-Descartes sont utilisés pour étudier le trajet des rayons lumineux pour un
rayonnement incident monochromatique. Les relations que nous utilisons dans le prisme sont
le suivantes :

sin(i) = n sin(r) (1.3.1)

sin(i0 ) = n sin(r0 ) (1.3.2)

r + r0 = A (1.3.3)

1.3.2 Déviation du prisme

La déviation d’un prisme est l’angle D que forme le rayon incident avec le rayon émergeant
(le rayon sortant du prisme).

D = (i − r) + (i0 − r0 ) (1.3.4)

= (i + i0 ) − (r + r0 ) (1.3.5)

= (i + i0 ) − A (1.3.6)

L’angle D varie en fonction de i suivant la courbe 1.11. Cette courbe met en évidence un angle
de déviation minimum :

12
F IG . 22 – Condition nécessaire d’émergence.

D
D0

Dm

i0 im

F IG . de
F IGURE 1.11: Variation 23 –l’angle
Variation
dededéviation
la déviation
DD.

1.3.3 Cas des petits angles

Pour des anglesded’incidence


Variation faibles (i<8°),
D en fonction de i. c’est à direde
L’étude deslarayons lumineux
variation proche
de la de la D du rayo
déviation
émergent
normale, on peut en fonction
poser de l’angle
les relations d’incidence
suivantes : i du rayon incident est étudiée en T.P. L’allu
de la courbe expérimentale est indiquée sur la figure 23. Il est recommandé de report
sur cette figure les valeurs effectivement mesurées. On montre que D passe toujours pa
i = nr

i0 = nr0

30
et sachant que A = r + r0 , il vient :

D = i + i0 − A

= nr + nr0 − A

= n(r + r0 ) − A

= nA − A

Ce qui implique,
D = (n − 1)A (1.3.7)

Propriétés : A l’approximation des petits angles, la déviation D est indépendante de l’angle


d’incidence i.

13
Le prisme est de première utilité quand il s’agit de disperser la lumière blanche. En effet l’in-
dice du milieu varie en fonction de la longueur d’onde, ce qui induit forcément un angle de ré-
fraction différent pour chacun des faisceaux monochromatiques composant la lumière blanche.
Cette différentiation des faisceaux est à nouveau accentuée à la sortie du prisme. Ceci se carac-
térise par la mise en évidence des différentes couleur de l’arc en ciel (fig1.10).

1.4 Conditions de Gauss

Un système optique est un ensemble de milieux transparents, isotropes ou réflecteurs. En


pratique, les surfaces de séparations seront toujours des formes géométriques simples (plans,
sphères...).
Un système optique est dit centré, si les différentes surfaces de séparation entre les milieux
sont des surfaces de révolution autour d’un même axe : l’axe du système.
Définition :
Un point lumineux est un objet lumineux vu par l’oeil humain sous un angle suffisamment
petit pour que sa surface apparente soit considérée comme négligeable, soit un angle de vision
inférieur à 1’ d’arc.

Plaçons un point lumineux A devant un système optique. Un faisceau conique divergent est
reçu par le système optique centré sur sa face d’entrée. A la sortie, la nature du faisceau dépend
du système optique considéré et de la position du point A par rapport à ce système.

Le faisceau émergent est un faisceau conique de sommet A’. Tous les rayons issus de A’ pas-
sant par le système optique arrivent pratiquement en un point A’. Le point A’ est alors l’image
du point A et le système optique est dit stigmatique pour les points A et A’.

1. Si le faisceau conique est convergent, tous les rayons se concentrent en A’ : l’image A’


est une image réelle.

2. Si le faisceau conique est divergent, tous les rayons semblent provenir de A’ : l’image A’
est une image virtuelle. Aucune énergie lumineuse ne se concentre en A’

L’image d’un objet donné n’est jamais parfaite. Il est donc nécessaire de donner les conditions
dans lesquelles les images sont les meilleures, ce sont les conditions de Gauss.

14
A S A’

S
A
A’

Définitions : On dit qu’un système optique est utilisé dans les conditions de l’approximation de
Gauss lorsque sont réalisées les conditions suivantes :

1. Chaque point lumineux n’envoie effectivement dans le système qu’un pinceau lumineux
dont les rayons ne s’écartent que trés faiblement de la normale à chaque surface rencon-
trée à l’intérieur du système optique considéré.

2. L’objet est plan (ou) rectiligne, perpendiculaire à l’axe du système et suffisamment petit
pour que l’image puisse étre aussi considérée comme plane (ou rectiligne).

1.5 Les lentilles minces

1.5.1 Introduction

Les lentilles minces sont des systèmes optiques composés de deux dioptres dont l’un au
moins est sphérique. On peut déterminer le chemin optique de la lumière à travers les lentilles
minces, à partir des lois de Snell-Descartes 5 . Le but de ce paragraphe est de montrer comment
construire les rayons lumineux provenant d’un objets AB dans la limite du stigmatisme de Gauss

1. Faisceau de rayons peu ouvert (pinceaux) ;

2. Angles d’incidence petits (pinceaux paraxiaux).


5. Nous ne nous intéresserons pas à la détermination du chemin optique à partir des lois de Snell-descartes car
nous préférerons utiliser les résultats

15
5.1.1 DÉFINITIONS

Une lentille est un système centré formé par un milieu transparent homogène et isotrope limité par deux
surfaces sphériques de rayons respectifs Les deux faces baignent dans un même milieu. n désigne l’indice
de la lentille relatif au milieu ambiant (si celui-ci est l’air n est pratiquement l’indice absolu).

Figure 1: On distingue 6 types différents de lentilles


F IGURE 1.12: Différents type de lentilles
5.1.2 CALCUL DE LA DISTANCE FOCALE D’UNE LENTILLE
On schématise la différence entre une lentille divergente et une lentille convergente suivant la
Remarque :
figure 1.13
[Link] Page 1 of 9

16
F F’

Lentille convergente

F’ F

Lentille divergente

F IGURE 1.13: Schématisation des lentilles convergentes et divergentes

1.5.2 Construction géométrique

[Link] Lentilles convergentes :

Le trajet des rayons lumineux à travers une lentille mince est toujours le même. S’il s’agit
d’une lentille convergente, nous utiliserons les régles suivantes :

* Tous les rayons lumineux partant de B et parallèles à l’axe optique, traversent la lentille et
convergent vers le foyer image F’.

* Tous les rayons lumineux partant de B et traversant la lentille au point O, centre optique de
la lentille ressortent sans être déviés.

* Tous les rayons lumineux partant de B et passant par le foyer objet F traversent la lentille et
ressortent parallèles à l’axe optique.

S’il s’agit d’une lentille divergente, nous appliquerons les règles :

* Tous les rayons lumineux partant de B et parallèle à l’axe optique, traversent la lentille et
semblent provenir du foyer image F’.

* Tous les rayons lumineux partant de B et traversant la lentille au point O, centre optique de
la lentille ressortent sans être déviés.

17
L+
B M
F F’ A’
A O

P B’
Lentille convergente

L+
B
B’
F’ F
A A’ O
Foyer image Foyer objet
(virtuel) (virtuel)

Lentille divergente

F IGURE 1.14: Chemin optique à travers une lentille convergente et divergente

1.5.3 Relation de conjugaison, grandissement

Dans ce chapitre, nous démontrons les principales relations reliant la taille et la position des
objets et des images réelles ou virtuelles sur l’axe optique orienté.
Dans le triangle MB’P de la figure 1.14, on trouve d’après le théorème de Thales,

OF 0 A0 B 0
= (1.5.1)
OA0 AB + A0 B 0
On effectue la même opération dans le triangle MBP, on trouve :

OF AB
= (1.5.2)
OA AB + A0 B 0
En additionnant membre à membre ces deux relations on démontre que :

OF 0 OF AB + A0 B 0
+ = =1 (1.5.3)
OA0 OA AB + A0 B 0
en tenant compte de l’égalité,

18
OF = −OF 0 (1.5.4)

On trouve :
OF 0 OF 0
− =1 (1.5.5)
OA0 OA
Ce qui pour finir nous permet de déterminer, la première expression appelé relation de conju-
gaison. Elle relie les distances, lentille-objet et lentille-image et distance focale.

−1 1 1
+ = (1.5.6)
OA OA0 OF 0
Posons les notations suivantes : p = OA, p0 = OA0 et f 0 = OF 0 la relation de conjugaison
s’écrit alors :

−1 1 1
+ 0 = ¯0 (1.5.7)
p p f
Nous définirons le grandissement d’un dispositif optique par la relation :

OA0
Γ= (1.5.8)
OA
Ce qui pourra aussi être noté :
A0 B 0
Γ= (1.5.9)
AB
Définition : La vergence d’une lentille est donnée par l’inverse de la distance focale. notée

1
c=
f
elle est positive dans le cas d’une lentille convergente ou négative dans le cas d’une lentille
divergente. Elle s’exprime en dioptrie (δ) et son utilité est immédiate dans le cas d’association
de lentilles. En effet, pour deux lentilles accolées les vergences s’ajoutent c = c1 + c2 . Ce qui
permet de connaître par exemple la distance focale de l’association d’une lentille convergente
et d’une lentille divergente ou dans le cas du microscope de connaître la distance focale finale
de l’ensemble et de la relier au grandissement du dispositif optique.

1.5.4 L’oeil humain

L’oeil est l’organe de la vision ; il permet de transformer la lumière issue du milieu extérieur
en un influx nerveux interprétable par le cerveau. Celui-ci reconstitue les images des objets
ainsi que la perspective associé grâce à l’association des images provenant de ses deux yeux.

19
L’OEIL et les instruments d’optique
L’oeil est l’organe de la vision ; il peut examiner directement des objets ou examiner des images de ces
objets fournies par des instruments d’optique (loupes, microscopes, lunettes). Son rôle est fondamental dans
l’étude de l’optique.

6.1
LeDESCRIPTIONS
cerveau interpréte ET
aussiPROPRIÉTÉS
la différence deDE L’OEIL
longueur d’onde de chaque rayonnement comme
uneDESCRIPTION
6.1.1 couleur, ce qui COMPLÈTE
lui permet, par association
: L’OEIL de ces différentes informations, d’appréhender le
PHYSIOLOGIQUE
monde qui l’entoure.

Figure 1:
F IGURE 1.15: Description anatomique de l’oeil
Le rayon de l’oeil est d’environ 12mm.
Sonderôle
Le rayon est fondamental
la cornée dans l’utilisation de n’importe quel instrument d’optique. Dans
est d’environ 8mm.
le fonctionnement de l’oeil, le cristallin est considéré comme une lentille mince déformable
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permettant d’ajuster la distance focale en fonction de la distance oeil-objet, de façon à ce que


l’image se forme sur la rétine.
Un oeil normal reconstitue, sans effort, les images provenant de l’infini. Le point le plus éloigné
de l’oeil et permettant d’avoir une image rétinienne nette est appelé P UNCTUM R EMOTUM R.
Suivant le même principe, par accommodation 6 , l’oeil peut voir des objet à distance finie. Le
point le plus proche pour lequel on peut voir un objet net est appelé P UNCTUM P ROXIMUM
P. En général ce point correspond à une distance oeil-objet de l’ordre de 20 à 30 cm.
Il existe cependant des défauts liés à la qualité du cristallin. En effet lorsque celui-ci vieillit,
il devient moins élastique, de même il peut dès la naissance être déformé. Ceci donne lieu à
diverses anomalie de la vision qui sont de nos jours réparées trés facilement, par le port de
6. L’accomodation s’effectue sous l’action des nodules Zinn qui déforment le cristallin de façon à ce que la
distance cristallin-objet corresponde via la relation de conjugaison, à la distance cristallin-rétine.

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lunettes ou dans des cas beaucoup plus rares par une intervention chirurgicale.

[Link] Myopie

Lorsque la distance focale du cristallin est trop courte et ne coincide pas avec la rétine,
c’est à dire un oeil trop convergent, le P UNCTUM R EMOTUM R est à distance finie 7 , et le
P UNCTUM P ROXIMUM P est plus proche de la cornée que pour un oeil normal. La correction
est très simple puisqu’il suffit de porter des lunettes avec des lentilles divergentes.

[Link] Hypermétropie

L’oeil n’est pas assez convergent. La distance focale du cristallin est trop longue et les
images vont se former à l’arrière de l’oeil, derrière la rétine. Le P UNCTUM R EMOTUM R
est virtuel tandis que le P UNCTUM P ROXIMUM P est plus éloigné de la cornée que dans le
cas d’un oeil normal. L’oeil hypermétrope accommode en permanence, ce qui est une cause de
fatigue. La correction de l’hypermétropie est possible en plaçant une lentille convergente devant
l’oeil.

[Link] Astigmatie

Le cristallin est déformé et n’a plus de symétrie de révolution ce qui entraîne une déforma-
tion de l’image provenant des bords de la vision. Une fois l’anomalie détectée, il suffit de placer
une lentille déformante qui va corriger les erreurs du cristallin.

[Link] Presbytie

Un oeil presbyte est un oeil dont le cristallin se relâche sous l’effet du vieillissement. Ce
défaut se rapproche de l’hypermétropie mais les causes sont différentes.

1.5.5 Loupe, oculaire, microscope

Une loupe est un dispositif optique composé d’une lentille convergente dont le principe est
de donner une image virtuelle agrandie d’un objet AB à travers la lentille. Le principe de la
loupe consiste à placer l’objet AB entre le foyer objet F et le centre O de la lentille suivant la
construction de la figure 1.16
7. on ne voit pas ce qui se passe au loin

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B’

B
L+ F Fʼ
A’ A O

F IGURE 1.16: Principe de construction de la loupe

Ce principe a été généralisé pour tout un ensemble de dispositifs (jumelles, goniomètre,


spectroscope, microscope), dont la pièce en contact avec l’oeil que l’on nomme oculaire a exac-
tement la même fonction qu’une loupe.
Le dispositif le plus utilisé par les biologistes est le microscope qui regroupe deux lentilles
convergentes nommées respectivement objectif et oculaire. L’objectif est une lentille dont la
distance focale est très faible (de l’ordre du millimètre) et qui donne à travers l’objectif une
image réelle renversée qui va venir se former entre le foyer objet de l’oculaire et son centre
optique. L’oculaire se comporte alors comme une loupe et en positionnant l’oeil proche de l’axe
optique, on visualise l’image virtuelle de l’objet A’B’ renversée et agrandie plusieurs milliers
de fois.

L+
B F1 ʼ
A’’ F2 A’
A
O1
F1 O2 F2 ʼ
B’
objectif oculaire

B’’

F IGURE 1.17: Principe de fonctionnement du microscope optique

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TABLE 1.1 : Premiers microscopes à avoir été utilisés pour visualiser le très petit (sources
wikipédia)

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