Les modalités de l’obligation
La condition
Le plan
Chapitre 1 : Le cadre juridique de la condition
Section1 : Notion et validité de la condition
Section2 : Sources et modalités de la condition
Chapitre 2 : le cadre spécifique de la condition
Section 1 : Le mécanisme de la condition
Section 2 : Distinction de base entre condition suspensive et condition résolutoire
La condition
Introduction générale
Entre les personnes juridiques directement ou entre les personnes juridiques à travers les
biens, existe un réseau d’obligations.
En droit marocain, même si l’obligation n’est pas définie par le DOC, on peut dire que c’est
un rapport juridique en vertu duquel une personne « débiteur » est tenue d’exécuter une
prestation au profit d’une autre personne « le créancier ».
Ainsi, les obligations peuvent revêtir une série d'aspects particuliers résultent généralement
d'un choix exercé par les intéressés, mais peuvent aussi être imposées par la loi.
Pour les plus importants, le législateur marocain, a défini leurs principes et leurs effets, ce qui
simplifie en, particulier la rédaction des contrats. Il existe ainsi des obligations
naturelles conditionnelles, à terme, solidaires…. Etc. Seule les obligations conditionnelles
qui feront l’objet primordial de notre sujet.
Il y a obligation conditionnelle lorsque l'existence de l'obligation, dans l'avenir ou dans le
passé, dépend d'un événement incertain, appelé « condition », ce principe est règlementé par
le législateur marocain dans les articles 107 à 126 du DOC. Cette condition est suspensive si
l'obligation ne doit pas se réaliser avant tel événement ; elle est résolutoire si l'obligation
disparaît lors de la survenance de l'événement.
Notre sujet revêt des problématiques essentielles : tant que la condition est l’une des
modalités de l’obligation, alors quel est son fondement juridiques et ses caractères ? Et quel
son mécanisme ?
Pour répondre sur ces problématiques, on a choisi de mettre l’accent sur le cadre juridique de
la condition dans un 1er chapitre avant de se pencher sur son cadre spécifique dans un 2 ème
chapitre.
Chapitre 1 : Le cadre juridique de la condition
Au sein de ce chapitre, l’étude de la notion de la condition de l’obligation (section 1), ainsi
que ses sources et ses caractères (section 2), nous parait une idée saine et convenable pour
mieux comprendre le sujet.
Section 1 : La notion et validité de la condition
La condition découle en général de la volonté des parties qui soumettent la réalisation de
l'obligation, ou sa disparition, à la survenance d'un événement. Exp : je vous vendrai tel
immeuble si mon employeur m'envoie travailler dans une autre ville.
Parfois la condition découle de la loi, ou son existence est supposée par la loi. Exp : condition
résolutoire tacite dans le cas d'inexécution du contrat.
La condition est une modalité de l'obligation, ce qui signifie qu'elle n'en est qu'un accessoire,
et que l'obligation serait nulle si la condition portait sur un de ses éléments essentiels. Ainsi,
on ne peut mettre en condition l'objet du contrat. Exp : je livrerai un navire si j'en ai terminé la
construction.
La condition doit aussi être future par rapport aux parties. Autrement dit, ni l'une ni l'autre ne
doit avoir connaissance, lors de la signature du contrat, de sa survenance ou de l'impossibilité
de cette survenance.
Gros au modo on peut dire que la condition doit être :
Possible c’est-à-dire, elle doit concerner un évènement possible matériellement.
Licite et morale, ce qui veut dire qu’elle ne doit pas être contraire aux bonnes mœurs
ou à la loi.
Section 2 : Sources et caractères de la condition
En droit marocain, lorsque la chose cesse d'être exposée au risque en vertu de l'article 62 du
DOC l'obligation en effet de l'assureur serait sans cause.
L'incertitude de la survenance de la condition est également fondamentale. Si l'événement
doit nécessairement se produire, il y a alors terme incertain et non pas condition.
On comprend aussi que la condition doit pour être valable être casuelle, c'est-à-dire dépendre
uniquement d'événements extérieurs aux parties, ou au moins, simplement
potestative, c'est-à-dire, dépendre à la fois de celui qui s'oblige et d'événements extérieurs,
exp : je vendrai mon immeuble si je dois quitter la ville dans un certain délai, ou mixte,
c'est-à-dire dépendre à la fois de la volonté d'une partie et de celle d'un tiers.
Selon l’article 112 du DOC, la condition purement potestative revient à l'absence d'obligation,
donc de contrat synallagmatique qui serait purement potestatif de la part d'une des parties.
Le raisonnement est le suivant. Ce qui rend nulle la condition potestative, c'est que sa
réalisation dépend entièrement de celui qui s'oblige, c'est ce que prévoit l'article 112 du DOC
en droit marocain. Or dans les contrats synallagmatiques, chacun est à la fois débiteur et
créancier ; il ne peut donc y avoir dans ces contrats de conditions purement potestatives.
Cette construction est purement formelle et ne va pas au fond des choses, car le fait que l'un et
l'autre, dans un contrat synallagmatique, est à la fois créancier et débiteur n'empêche pas que
l'un, en faisant jouer une condition potestative, rompt le contrat par sa seule volonté. Enfin, il
va de soi qu'une condition se saurait être immorale, illicite ou impossible.
Chapitre 2 : Le cadre spécifique de la condition
On traitera successivement la distinction de base entre la condition suspensive et condition
résolutoire (section 1), ainsi que le mécanisme de la condition (section 2).
Section 1 : Distinction de base entre la condition suspensive et résolutoire
Au sein de cette section, on peut dire que si la réalisation de l’évènement entraine la naissance
de l’obligation, la condition est suspensive, exp : je vous fais cette donation si vous réussissez
cet examen.
Ainsi si la réalisation de l’évènement entraine la disparition de l’obligation, nous sommes
devant une condition résolutoire, le meilleure exemple qui peut illustrer cette condition est le
suivant : je vous fais cette donation, mais elle sera résolu si vous décidez avant moi, le bien
donné réintègrera alors mon patrimoine.
A ce stade, trois situations sont à distinguer :
Avant la réalisation de la condition (condition pendante, situation d’attente).
Le moment où la condition se réalise.
Et le cas où la condition ne réalise pas (elle est défaillante).
Section 2 : Le mécanisme de la condition
Tant que la condition n'est pas survenue, les choses restent en l'état.
Autrement dit, si la condition est résolutoire, le contrat déroule normalement ses effets. Si
elle est suspensive, au contraire, il ne se produit rien. Le créancier, avant la résolution de la
condition, n'a aucun droit : il ne peut exiger l'exécution de la convention, il peut répéter l'indu
s'il a payé, croyant par erreur que la condition s'était déjà réalisée; enfin la prescription ne
court pas contre son droit.
Une telle situation d'attente ne peut cependant se prolonger indéfiniment. Très souvent, les
parties stipulent que le contrat sera nul si la condition ne se réalise pas dans un certain délai.
A défaut de délai fini, l'article 117 du DOC de son côté indique que : « lorsqu'une obligation
est contractée sous la condition qu'un événement arrivera dans un temps fixé, cette condition
est censée défaillie lorsque le temps est expiré sans que l'événement soit arrivé.
Le tribunal ne peut accorder, dans ce cas, aucune prorogation de délai. Si aucun terme n'a été
fixé, la condition peut toujours être accomplie ; et elle n'est censée défaillie que lorsqu'il est
devenu certain que l'événement n'arrivera pas ».
Il faut ajouter que l'espérance de droit qui appartient au créancier est transmissible à ses
héritiers. La réalisation de la condition va produire des transformations d'autant plus
importantes que, ainsi qu'on l'a vu déjà à l'occasion de l'inexécution des contrats, la condition
opère rétroactivement.
Il en résulte qu'en cas de survenance de la condition suspensive, le créancier est
définitivement titulaire de son droit, depuis la formation du contrat. L'hypothèque qu'il a
inscrite prendra rang rétroactivement à cette date et, s'il a payé sa dette, il ne pourra plus avoir
la prétention d'agir en répétition de l'indu. Par exemple, l'acheteur sous condition suspensive
sera réputé propriétaire de la chose depuis la date du contrat, et non pas depuis celle de la
survenance de la condition.
Au cas de condition résolutoire, le contrat disparaît rétroactivement. L'acquéreur, par
exemple, est réputé ne l'avoir jamais été et devra rendre la chose à son vendeur, sous réserve
d'ailleurs des droits des tiers.
Aux termes de l’article 117 du DOC, on peut enfin supposer que la condition ne se réalise
jamais, qu'elle soit défaillante. Si elle était suspensive, l'obligation n'a produit aucun effet et
n'en produira jamais. Si elle était résolutoire tout se passe comme si, en réalité, l'obligation
avait toujours été pure et simple.