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Durée 1h52

Presse : Distribution :
Guerrar & Co Pyramide
Presse : Hassan Guerrar
François Distribution
5 rue :
du Chevalier de Saint-George
Guerrar
06 23 24&08 Co90 Pyramide
75008 Paris
Melody Benistant Guerrar
François Hassan 01 542rue
96du01 Chevalier
01 de Saint-George
01 43
06 66 5926 48
62 02
62 75008 Paris
www.pyramidefilms.com
[email protected]
[email protected] 01 42 96 01 01
A CANNES :
www.pyramidefilms.com
Riviera Stand F6
[email protected]
[email protected]
Synopsis
Marieme vit ses 16 ans comme une succession d’interdits.
La censure du quartier, la loi des garçons, l’impasse de
l’école. Sa rencontre avec trois filles affranchies change tout.
Elles dansent, elles se battent, elles parlent fort, elles rient de
tout. Marieme devient Vic et entre dans la bande, pour vivre
sa jeunesse.
Quelle est l’origine du projet ?
Le désir premier, ce sont les personnages. Ces filles que je croisais Sylla, Lindsay Karamoh, Marietou Touré se sont détachées du lot, mais
dans le quartier des Halles, dans le métro, à la Gare du Nord. je dois dire que nous étions soufflées par la grande qualité de présence
En bande, vivantes, dansantes. En allant chercher plus loin, sur leurs et d’énergie de la majorité des filles que nous avons rencontrées. De
Skyblogs, j’ai été fascinée par leur esthétique, leurs styles, leurs poses. l’intelligence, de l’humour, de l’invention, du style : le processus de casting
Au-delà de cette énergie séduisante, il y avait avec ces personnages la m’a complètement confortée dans l’idée que les filmer était indispensable.
présence d’enjeux forts et intimes au cœur de mon projet de cinéaste: la D’autant que ces personnages sont largement absents des écrans. C’est
construction du féminin avec ses pressions et ses interdits, l’affirmation des une part essentielle du projet que de regarder ces visages et ces corps
désirs, le jeu avec les identités. À travers elles, je voulais poursuivre mon qu’on ne voit jamais. Ou alors dans une dynamique de diversité, qui ne
travail autour des questions de jeunesse et du récit initiatique, mais dans fait pas la part belle aux personnages, mais qui met en scène le geste de
un précipité de contemporain, ancré dans une réalité française, politique. les représenter. Le film n’est pas dans la diversité, mais dans l’exclusivité.
Ces personnages singuliers portaient en eux la promesse du portrait mais Il est exclusivement interprété par des garçons et des filles noirs.
aussi celle d’une fiction en tension dans une dynamique romanesque. Si
leur histoire est générationnelle et très française dans son ancrage, elle
s’inscrit également dans une mythologie de cinéma. Celle d’une jeunesse
soumise aux interdits et que l’on peut raconter aujourd’hui en France avec
Parlez nous de vos interprètes.
Karidja Touré s’est imposée pour jouer Marieme/Vic. C’était le rôle le plus
ces filles des quartiers. difficile à attribuer, car il réclamait une grande solidité. Le personnage est
de tous les plans du film sans exception. Avec ce paradoxe de l’héroïne,
Vous êtes-vous documentée pour écrire le qui doit être inoubliable et singulière, tout en étant une page blanche.
L’objet de l’identification et de toutes les projections. D’autant que Marieme
scénario ? traverse des identités et des états multiples avec la contrainte de plusieurs
J’ai écrit le film comme les précédents, sans me laisser intimider par la visages. Elle démarre enfant, s’affirme jeune femme, devient virile. C’est
question de la légitimité, ou du prétendu sujet de société. Sans immersion un défi immense pour une comédienne, d’autant que Karidja n’avait jamais
quelconque ou lectures particulières. L’enjeu du film est classique : c’est joué. Nous avons fait un gros travail de construction des différentes étapes
le portrait d’une jeune fille dans son aspiration à vivre sa jeunesse face à du personnage, à travers les costumes et les coiffures. Karidja en une
l’adversité. C’était le cœur même du projet de ne pas vouloir envisager journée pouvait endosser les trois visages de Marieme/Vic. Elle a une
ces filles comme des altérités qu’il allait falloir apprivoiser. Mais de les capacité de travail, de concentration et d’écoute très grande. Elle prête son
regarder comme des personnages aux enjeux intemporels, pris dans corps et sa voix à l’interprétation du metteur en scène, avec confiance.
leur époque. Pour autant j’étais obsédée par la justesse du propos, et j’ai Les acolytes de Vic avaient des partitions plus radicales. Et nous les avons
soumis le scénario en tremblant à mes interprètes comme à un comité choisies en conséquence.
d’expertes. Ce sont elles qui m’ont donné le feu vert. Et ce sont elles Assa Sylla s’est imposée pour jouer Lady, avec son charisme, son
que j’ai documentées : leurs corps, leurs attitudes, leurs contrastes, leurs physique de danseuse, son élégance. Elle savait convoquer l’autorité
visages. nécessaire pour endosser le rôle du leader, tout en ayant une grande
sensibilité nécessaire à l’ambiguïté du rôle.
Lindsay Karamoh m’a séduite par son humour avec un débit et une
Comment s’est déroulé le casting ? intelligence du verbe rare. Le personnage d’Adiatou était au cœur du
Le casting s’est déroulé sur une période de 4 mois. Il a consisté en premier dispositif des scènes qui réclamaient de l’improvisation, il nous fallait
lieu pour Christel Baras, directrice de casting, à arpenter Paris et ses trouver une nature comique.
banlieues. Un casting sauvage qui nous a fait rencontrer des centaines Marietou Touré endosse le rôle du personnage le plus mystérieux de la
de jeunes filles, croisées dans la rue, les centres commerciaux, la Foire bande, le plus mutique, Fily. Pour cela, il fallait une pure présence. Elle a
du Trône… Il fallait à la fois trouver des physiques et des identités fortes, cette chose miraculeuse : de l’attitude en toute circonstance.
tout en composant un groupe avec ses affinités et ses contrastes. Pour Chez toutes, il y avait une grande énergie combative, doublée d’une part
choisir nos interprètes, nous avons travaillé sur la base d’improvisations, d’enfance. Un fond de mélancolie, de fragilité et de tendresse, qui était
puis en introduisant le texte, car le film est très écrit. Karidja Touré, Assa l’alliage que je souhaitais pour le film.
Comment avez vous préparé le film avec elles ? C’est là que le destin s’accomplit, que le film prend son sens. Vic va au
Nous avons travaillé ensemble pendant une dizaine de séances, avant le bout de l’exploration des identités qui s’offrent à elle : la soumission,
tournage. Il ne s’agissait pas de répétitions au sens strict, mais d’ateliers l’affirmation par le groupe, la violence libératrice, une féminité exubérante,
autour de l’énergie de groupe, de la convocation d’états, de la concentration. une virilité rassurante. Elle les épuise, une à une, pour pouvoir s’inventer.
L’amitié et la confiance ont grandi entre elles et entre nous. Le premier jour
de tournage, nous étions déjà un corps solidaire.
Pour Karidja Touré et Assa Sylla, il y a également eu une grosse préparation Parlez nous de la musique du film.
physique pour les scènes de combat. Dès l’écriture du scénario, il y avait le projet d’une bande-originale,
signée par Para One qui avait déjà fait la musique de Naissance des
Pieuvres et la chanson de Tomboy. Nous avions envie de nous lancer
Quelle est la part d’improvisation du film ? dans la contrainte d’un thème, qui reviendrait plusieurs fois au cœur
Il y avait dès l’écriture des scènes envisagées comme des espaces du film tout en s’enrichissant (en durée et en arrangements). Le thème
d’improvisation. Avec une trame bien définie et un objectif dramatique, musical s’accomplit à mesure que le récit et le personnage progressent.
mais où les actrices allaient pouvoir prendre en charge les dialogues et la Para One est le premier spectateur du film, il vient très tôt en montage
dynamique. La scène du mini-golf, la scène de découverte de la chambre et compose alors même que la forme du film se trouve. Nous faisons
d’hôtel, la scène d’affrontement entre les deux groupes de filles dans le beaucoup d’allers-retours entre la salle et son studio pour que le montage
kebab. Pour le reste, le film était très écrit et les filles endossaient leurs puisse bouger au gré de ses propositions de mélodies et d’arrangements.
dialogues avec beaucoup de rigueur. Pour la première fois, nous avons enregistré de « vrais » instruments :
des cordes, des guitares, des marimbas. Il y a un souffle plus organique
que précédemment. Quelque chose de plus épique aussi, qui dialogue
Comme dans vos deux films précédents, avec l’idée de l’héroïsme de la musique de cinéma.
et plus que jamais, vous filmez la banlieue.
Oui, c’est mon terrain de prédilection. Sans doute parce que j’en viens,
que ce sont des espaces que je connais et que j’affectionne. Mais aussi Et Rihanna ?
parce que la banlieue parle de la périphérie et donc de la marge. Le film Dès la première version du scénario, la scène de danse dans la chambre
s’est tourné principalement dans le 93 : Bagnolet, Bobigny. Et puis à La d’hôtel était écrite et chorégraphiée pour la chanson « Diamonds » de
Défense. Les espaces ont été choisis pour leurs qualités de déambulations, Rihanna. Avec l’espoir et le doute de pouvoir l’obtenir. J’avais envie
leurs lignes de fuite. J’avais envie de rendre les propriétés graphiques de de la puissance fédératrice du tube. « Diamonds » est une chanson
ces quartiers. Dans une mise en scène qui ne jouait pas les codes de profondément d’aujourd’hui mais qui a la vertu du classique instantané.
l’immersion : une caméra sur pied, le Scope, des travellings, des plans Nous avons tourné la scène avec un accord de principe de la maison de
séquences, une image engagée du côté de la couleur. disques, mais il a ensuite fallu convaincre l’entourage de Rihanna. Ils ont
Dans cette même dynamique, tous les intérieurs des appartements sont en jugé sur pièce, en regardant la scène : c’est elle qui les a convaincus.
studio, construits, réinventés. Pour permettre une intervention maximale
sur les couleurs. Et pour avoir tout le recul nécessaire, la place de la mise
en scène.

Entretien avec Céline Sciamma


Le film nous fait entrer et sortir du groupe, août 2014

pourquoi ce choix ?
Le film s’appelle Bande de Filles, mais il se concentre en réalité sur
un personnage central, dont on ne quitte pas le point de vue. L’enjeu
de l’amitié comme acte émancipateur est central dans Bande de Filles
comme dans mes films précédents. La séduction du groupe est forte
pour le personnage et pour le spectateur. La tristesse de le quitter aussi.
Mais le trajet identitaire de l’héroïne, s’il est peuplé, demeure solitaire.
Filmographie
Bande de Filles (112’ - 2014)
Festival de Cannes 2014 - Quinzaine des réalisateurs - Film d’ouverture

Tomboy (82’ - 2011)


Festival de Berlin 2011 - Panorama - Film d’ouverture

Naissance des Pieuvres (85’ - 2007)


Festival de Cannes 2007 - Un Certain Regard
Prix Louis Delluc du meilleur premier film
Avec
Karidja Touré Marieme/Vic

Assa Sylla Lady

Lindsay Karamoh Adiatou

Marietou Touré Fily

Idrissa Diabaté Ismaël

Simina Soumare Bébé

Cyril Mendy Djibril

Djibril Gueye Abou


équipe Technique
Scénario et réalisation Céline Sciamma
Production Bénédicte Couvreur
Casting Christel Baras
Image Crystel Fournier
Montage Julien Lacheray
Son Pierre André / Daniel Sobrino
Musique Para One
Assistante réalisation Delphine Daull
Scripte Roselyne Bellec
Décors Thomas Grézaud
Directrice de production Gaëtane Josse
Maquillage Marie Luiset
Une production Hold Up Films et Lilies Films
En coproduction avec ARTE France Cinéma
Avec la participation du CNC et le soutien du Fond Images de la diversité
et de l’Acsé - Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances
Avec le soutien de la Région Ile-de-France en partenariat avec le CNC
Avec la participation de Canal +, ARTE France et Ciné +
En association avec ARTE/Cofinova9
Ventes Internationales : Films Distribution
Distribution France : Pyramide

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