ETUDE DES SOURCES
DE POLLUTION METALLIQUE
SUR LE COURS
DE L' ANDLAU
Rapport final
CENTRE D'ANALYSES ET DE RECHERCHES
Département Hydrologie et Environnement
76, route du Rhin, 67400 Illkirch
2
S O M M A I R E
page:
PROBLEMATIQUE 5
OBJECTIFS DE L'ETUDE 6
LES GRANDES LINGNES DE
LA DEMARCHE ADOPTEE 6
I. P R E M I E R E P A R T I E 8
1. L E D E G R E D E C O N T A M I N A T I O N
M E T A L L I Q U E D U R E S E A U H Y D R O-
GRAPHIQUE DE L'ANDLAU 9
1.1. INFORMATIONS RECUEILLIES AUPRES DE LA DRIRE ET
DE LA DIREN CONCERNANT LES SOURCES DE POLLUTION
METALLIQUE CONNUES 9
1.1.1. Au niveau de l'Andlau 9
1.1.2. Au niveau des affluents de l'Andlau 12
1.1.2.a. La Kirneck 12
1.1.2.b. Le Dachsbach 13
1.1.2.c. La Scheer et la Scheer Neuve 13
1.2. RESULTATS DES CAMPAGNES DE PRELEVEMENT DE SEDI-
MENTS ET DE BRYOPHYTES AQUATIQUES REALISEES PAR
L'AGENCE DE L'EAU RHIN-MEUSE (1989-1993) 13
2. L A Z O N E D ' E T U D E 17
2.1. CONTEXTE LITHOLOGIQUE ET HYDROGEOLOGIQUE 17
3
3. M E T H O D E S D ' I N T E R P R E T A T I O N
DES RESULTATS 20
3.1. DEFINITION DE LA NOTION DE FACTEUR DE POLLUTION 20
3.2. DEFINITION DE LA NOTION DE FACTEUR
DE CONTAMINATION 22
3.3. DEFINITION DE LA NOTION DE FACTEUR DE CONTAMI-
NATION PAR SECTEUR GEOCHIMIQUE 23
3.4. IMPACT DES METAUX LOURDS SUR DES SYSTEMES
AQUATIQUES 24
II. D E U X I E M E P A R T I E 25
4. L E D E G R E D E P O L L U T I O N P A R
LES METAUX LOURDS REVELE
A L'AIDE DES SEDIMENTS 26
4.1. METAUX LOURDS ET SEDIMENTS 26
4.2. LOCALISATION DES POINTS DE PRELEVEMENT DES
SEDIMENTS 26
5. R E S U L T A T S E T D I S C U S S I O N 36
5.1. LE DEGRE DE POLLUTION ACTUEL DE L'ANDLAU 37
5.1.1. La pollution par le cuivre et par le nickel 37
5.1.2. La pollution par le chrome 39
5.1.3. La pollution par le mercure 41
5.2. LE DEGRE DE POLLUTION ACTUELLE DE LA KIRNECK 42
5.2.1. La pollution par le chrome 42
5.2.2. La pollution par le mercure 42
CONCLUSION 44
4
III. T R O I S I E M E P A R T I E 45
6. L E D E G R E D E P O L L U T I O N P A R
LES METAUX LOURDS REVELE
PAR LES BRYOPHYTES 46
6.1. LA METHODE DES MOUSSES AQUATIQUES 47
7. R E S U L T A T S E T D I S C U S S I O N 48
7.1. LE DEGRE DE POLLUTION ACTUEL DE L'ANDLAU 55
7.1.1. La pollution par le cuivre et par le nickel 55
7.1.2. La pollution par le chrome 57
7.1.3. La pollution par le mercure 59
7.2. LE DEGRE DE POLLUTION ACTUELLE DE LA KIRNECK 59
7.2.1. La pollution par le chrome 59
7.2.2. La pollution par le mercure, le plomb et le zinc 61
CONCLUSION GENERALE 63
BIBLIOGRAPHIE 70
ANNEXES 73
5
5
PROBLEMATIQUE
L'ANDLAU est une rivière qui a subi d'importantes pollutions par des
éléments métalliques en recevant les rejets de tanneries et d'ateliers de traitement
de surface ainsi que des apports par son affluent, la KIRNECK présentant le
même type de contamination.
Les sources de pollution du bassin de l'ANDLAU sont regroupées pour
l'essentiel au niveau des agglomérations d'ANDLAU-EICHHOFFEN et de BARR
ainsi qu'au niveau de FEGERSHEIM. Malgré le raccordement des installations
classées à la station d'épuration du SIVOM du coin de BARR ou à la station
d'épuration de FEGERSHEIM, les pollutions "historiques" par des métaux lourds
(surtout Cr, Cu, Ni) persistent dans les rivières. Fixés en grande partie au niveau
des sédiments. Ces éléments représentent toujours un risque de contamination
pour l'eau et pour les organismes vivants de la rivière.
Dans une rivière, l'évolution spatio-temporelle d'une contamination par des
métaux lourds est influencée par différents facteurs:
- leur fixation au niveau des sédiments
- leur persistance dans les cycles bio-géo-chimiques du milieu naturel
(intégration des métaux lourds dans des cycles),
- les processus d'adsorption (fixation)/ désorption (relargage) à l'interface
sédiment - eau,
- le déplacement amont - aval des sédiments contaminés, lors des crues
(remise en suspension en amont, dépôt dans des secteurs situés à l'aval),
impliquant le déplacement d'un (ou des) pic(s) de pollution.
6
6
OBJECTIFS DE L'ETUDE
Ce travail visait à:
* collecter auprès des administrations compétentes (DRIRE, DIREN,
Agence de l'eau Rhin-Meuse) et regrouper des données existantes sur les
sources de pollution connues, les installations classées du bassin de l'ANDLAU.
** dégager une vue d'ensemble du degré de contamination des rivières
par les métaux lourds à l'échelle du bassin versant.
*** vérifier ou infirmer l'existence de pollutions chroniques et/ou
ponctuelles des cours d'eau du bassin de l'ANDLAU.
LES GRANDES LIGNES DE LA
DEMARCHE ADOPTEE
Il s'agissait tout d'abord de recueillir des informations sur les sources de
pollution par des métaux lourds connues auprès de l'administration (DRIRE,
DIREN, Agence de l'eau Rhin-Meuse). Ces données devaient permettre de définir
l'emplacement des points de prélèvement, dans un premier temps pour des
sédiments et, dans un deuxième temps pour les bryophytes aquatiques, en
fonction des sources de pollutions recensées.
Afin de disposer d'une vue d'ensemble des pollutions historiques et/ ou
récentes du bassin de l'ANDLAU, des prélèvements de sédiments ont été
effectués en fonction des critères suivants:
7
7
- l'utilisation de stations de référence reflétant le bruit de fond naturel pour
les secteurs géochimiques du bassin.
- la localisation des points de prélèvement en fonction des sources de
pollution connues (tronçon de rivière amont et tronçon aval de la source de
pollution).
- le degré de la pollution globale des cours d'eau du bassin de l'ANDLAU
révélé par les teneurs en métaux lourds des échantillons de sédiments prélevés
au niveau du cours aval de chaque rivière.
Sur la base des résultats obtenus à l'aide des sédiments, des points de
prélèvements des bryophytes aquatiques ont été sélectionnés. Des dosages de
métaux lourds sur des mousses aquatiques permettant ensuite d'apprécier la
proportion biodisponible des éléments recherchés, ainsi que le passage éventuel
de pics de pollution récents.
8
8
Première partie:
ETAT DES CONNAISSANCES SUR
LA CONTAMINATION METALLIQUE
DE L'ANDLAU ET DE LA KIRNECK
INFORMATIONS RECUEILLIES AUPRES DE LA
DRIRE ET DE LA DIREN
9
9
1. L E D E G R E D E C O N T A M I N A T I O N
METALLIQUE DU RESEAU HYDRO-
GRAPHIQUE DE L'ANDLAU
1.1. INFORMATIONS RECUEILLIES AUPRES DE LA DRIRE ET DE
LA DIREN CONCERNANT LES SOURCES DE POLLUTION
METALLIQUE CONNUES
Selon la législation actuellement en vigueur (loi du 19 décembre 1917
modifiée par la loi du 19 juillet 1976) relative aux "établissements dangereux,
insalubres ou incommodes", nous disposons des informations suivantes sur les
sources de pollution du bassin de l'ANDLAU obtenues auprès de l'administration
(DRIRE, Direction Regionale pour l'Industrie et la REcherche d'Alsace; DIREN,
DIrection Régionale pour l'ENvironnement).
Les entreprises concernées par cette législation comprennent des tanneries,
des usines de traitement de surface, d'émaillerie et des ateliers de peinture
utilisant des procédés de décapage acide de cuves en aluminium avant la
peinture.
Pour l'ANDLAU et ses affluents, ces types d'entreprises peuvent représenter
des sources de contaminations avec les éléments métalliques suivants: Cr, Cu, Ni,
Cd, Zn, Sn et Al.
1.1.1. AU NIVEAU DE L'ANDLAU
* STOKO FRANCE à ANDLAU - EICHHOFFEN
Cette entreprise de traitements de surface, installée depuis le début des
années soixante-dix à ANDLAU (auparavant, elle était installée à BARR), produit
des eaux résiduaires contenant du Cu, du Ni, du Zn et du Sn.
En 1972, l'entreprise avait obtenu l'autorisation de déposer des boues de sa
station d'épuration à la décharge publique d'ANDLAU. Selon une étude (IRH), ces
dépôts ne présenteraient pas de risque de contamination à condition que le pH
des pluies ne soit pas inférieur à pH 4. A l'heure actuelle, les boues de cette
station d'épuration vont en décharge de classe 1 (JEANLAINCOURT).
1
10
Il faut rappeler ici que des dépôts de boues contaminées représentent dans
tous les cas un risque de contamination des eaux de surface et/ou souterraines,
au moins à long termes. Le risque est dû au lessivage et/ou à l'érosion menant à
la dispersion des éléments toxiques dans le milieu naturel.
L'évolution des teneurs métalliques des eaux usées de STOCKO FRANCE
au cours de ces années, au niveau du décanteur, est illustrée par le tableau 1. Les
eaux résiduaires au niveau du décanteur de la station d 'épuration de l'entreprise,
malgré leur dilution préalable, contenaient souvent des concentrations en
métaux totaux supérieures à 15 mg/l, valeur limite fixée par la loi du 19 juillet
1976.
TABLEAU 1:
1
11
* NOUVELLES TANNERIES HAAS à ANDLAU - EICHHOFFEN
Installées depuis 1974 à ANDLAU - EICHHOFFEN, les rejets de ces
tanneries contenaient surtout du Cr et ont povoqué des pollutions importantes
chronique et ponctuelle (par exemple dans les années cinquante) de l'ANDLAU.
Depuis le début des années quatre-vingt, cette tannerie est raccordée à la
station d'épuration du SIVOM. De plus, un nouveau procédé de tannage et de
retannage a été adopté par l'entreprise. En 1982, les concentrations des rejets en
Cr avaient diminué de plus de 95 % par rapport au concentrations rencontrées
dans les années soixante-dix.
Le flux moyen de la pollution produite par l'entreprise est, selon les résultats
de 3 bilans établis par l'IRH (Rapport 1988), de 3,3 kg Cr/j et dépasse les charges
limites autorisées fixées à 3,0 kg Cr/j.
* PAIN à LIPSHEIM
Cette entreprise d'émaillerie de fourneaux est raccordée à la station
d'épuration de FEGERSHEIM et peut constituer une source de rejets métalliques.
TABLEAU 2:
* SPITZER EUROVRAC à FEGERSHEIM
Il s'agit d'une entreprise de peinture procédant à un décapage acide
préalable de cuves en Al avant peinture. Les eaux de rinçage peuvent de ce fait
contenir de l'Al.
1
12
* TERRAIN A LIPSHEIM AYANT RECU DES DEPOTS peut représenter une
éventuelle source diffuse de pollution; des résidus boueux ont été déposés sur ce
terrain privé clôturé (section N° 223).
1.1.2. AU NIVEAU DES AFFLUENTS DE L'ANDLAU
1.1.2.a. La KIRNECK
* STOCKO FRANCE
Avant son installation à ANDLAU en 1971, cette entreprise de traitement de
surface a été installée à BARR (depuis 1959/1960 ), 2, rue de l'Ile, dans les
bâtiments de l'ancienne tannerie Diehl. Les eaux résiduaires ont été rejetées dans
la KIRNECK produisant une "pollution historique" qui risque d'influer encore sur le
degré de contamination de cette rivière.
* MANUFACTURE DU CUIR, DEGERMANN S.A.
Les tanneries sont installées à BARR depuis 1907, 15, rue du Collège et ont
provoqué une pollution importante par du Cr jusqu'à la fin des années 70 (Tableau
3), avant leur raccordement à la station d'épuration du SIVOM.
Le flux de pollution dépassent souvent les 3 kg Cr/j fixés comme taux
maximal pour les eaux résiduaires traitées par le SIVOM.
TABLEAU 3 :
1
13
* LES TANNERIES EMILE HAAS
Ces tanneries existaient depuis 1891 à BARR et ont contribué à la
contamination de la KIRNECK avec du Cr jusque dans les années soixante-dix.
1.1.2.b. Le DACHSBACH
Un affluent du DACHSBACH peut éventuellement recevoir des apports de Cr
par les établissements ZIMMER, "Technicien du cuir", installé à GOXWILLER.
Selon le dossier à la DRIRE, une pollution n'a pas pu être constatée jusqu'alors.
1.1.2.c. La SCHEER et la SCHEER NEUVE
En ce qui concerne ces rivières, nous ne disposons d'aucune indication sur
des sources de contamination métallique.
1.2. RESULTATS DES CAMPAGNES DE PRELEVEMENTS DE
SEDIMENTS ET DE BRYOPHYTES AQUATIQUES REALISEES
PAR L'AGENCE DE L'EAU RHIN-MEUSE (1989-1993)
Ce suivi réalisé par l'Agence de l'Eau Rhin - Meuse comprend deux points
de prélèvements dans l'ANDLAU dont l'un à SAINT PIERRE et l'autre à
FEGERSHEIM.
Ces points montrent des teneurs élevées et fluctuantes en Cr, Cu, Ni et Zn
dans la fraction fine des sédiments (Tableaux 4, 5). Cela révèle que le niveau de
contamination varie d'une année à l'autre et que le point aval peut montrer une
contamination importante en un métal tandis qu'on peut observer une diminution
de la contamination du sédiment au niveau du point amont, pour rencontrer une
situation inversée l'année suivante. On peut observer cette situation pour les
teneurs en Cr des sédiments provenant de SAINT PIERRE et de FEGERSHEIM
pour les années 1989 et 1990 (ROECK et al. 1990, AGENCE DE L'EAU RHIN-
MEUSE 1991, 1992, 1993,1994) de même que pour le Cu et pour le Ni (1989 et
1991, Tableau 4).
1
14
L'évolution des teneurs métalliques des sédiments (fraction fine < 20 μm),
et celle de l'eau suivi à l'aide des bioindicateurs bryophytes, est reflétée par les
teneurs consignées dans les Tableau 4 et 6. Les valeurs de référence standard
(teneur rencontrée dans une rivière non pollué) pour chaque élément et pour
chaque support analytique permettent d'évaluer le degré de contamination de
l'ANDLAU au niveau de ces deux points de prélèvement.
Le Tableau 4 consigne les teneurs en éléments métalliques des
sédiments prélevés au niveau de deux points de prélèvement dans l'ANDLAU à
SAINT PIERRE et à FEGERSHEIM. Les valeurs reflètent l'évolution des
concentrations en Hg, Cr, Cu, Ni et Zn entre 1989 et 1993 (ROECK et al. 1990,
AGENCE DE L'EAU RHIN-MEUSE 1991, 1992, 1993, 1994).
La variabilité spatiale et temporelle du degré de pollution, exprimé par le
Facteur de Pollution FP (cf chapitre 2), est élevée. A titre de comparaison, nous
indiquons des teneurs de bruit de fond naturel citées par FÖRSTNER &
WITTMANN (1981, Tableau 5).
Tableau 4:
1
15
Tableau 5:
Dans le cas du Cu, ainsi que dans celui du Ni, au point de prélèvement de
SAINT PIERRE, les teneurs en ces métaux dans les mousses aquatiques
dépassent chaque année celles rencontrées dans les sédiments (Tableaux 4 et 6).
Ici le Cu, comme le Ni, semblent être en grande partie en solution dans l'eau et
donc disponibles pour les organismes aquatiques représentés par les bryophytes.
Tableau 6:
1
16
En ce qui concerne les teneurs en Cr, Cu, Ni et Zn des bryophytes
aquatiques, on remarque que les teneurs en Cr des mousses aquatiques sont
presque toujours plus faibles que celles observées dans la fraction fine des
sédiments, excepté en 1989 au point de prélèvement à FEGERSHEIM.
Cette répartition des teneurs entre bryophytes et sédiments indique que le
Cr est en grande partie fixé au niveau des sédiments qui sont déplacés lors des
crues vers l'aval ce qui explique les teneurs élevées en ce métal à FEGERSHEIM.
L'apparition de ces fortes teneurs est différée dans le temps et reflété ainsi le
déplacement d'un pic de pollution de l'amont vers l'aval.
A FEGERSHEIM, la répartition des teneurs dans les sédiments et les
bryophytes est différente: les teneurs en Cu et Ni des deux supports analytiques
sont proches et, parfois, les teneurs du sédiment sont supérieures à celles des
mousses. Il est possible que cette situation soit due à la plus grande distance de
ce point de prélèvement par rapport à la source de pollution initiale de sorte
qu'une plus grande proportion de Cu et de Ni soit adsorbée au niveau des
sédiments et non disponible pour les mousses aquatiques.
Il est également possible que des caractéristiques physico-chimiques des
sédiments interviennent sur la mobilité des éléments métalliques au niveau de
l'ANDLAU: ces caractéristiques sont dues à l'origine géologique et lithologique de
ceux-ci, ainsi qu'à la géologie et lithologie des secteurs parcourus par la rivière.
En effet, de par le fait que la géochimie d'un secteur lithologique influe sur
le "bruit de fond naturel" en métaux lourds des sédiments et des mousses
aquatiques, il a semblé intéressant d'effectuer un prélèvement de sédiment et, lors
de la troisième phase un prélèvement de bryophyte, au niveau du cours amont de
l'ANDLAU (1b**). Ceci a permis d'évaluer les teneurs de bruit de fond naturel de
ce secteur à formations cristallines (granitiques) du massif vosgien.
Dans cette partie, un pH faible des précipitations, insuffisamment
tamponné par les substrats du lit de la rivière, risque d'entraîner des abaissements
momentanés du pH de l'eau de la rivière. Une diminution du pH, par contre,
favorise une mise en solution des éléments métalliques, qui sont, sous cette
forme, biodisponibles pour les organismes aquatiques, et qui produisent donc un
"bruit de fond naturel" élevé également pour les mousses aquatiques.
Les points de prélèvements de sédiments en amont et à l'aval des sources
de pollution connues visent à vérifier s'il existe des apports métalliques actuels.
Des prélèvements en amont des confluences de chaque affluent de
l'ANDLAU intègrent d'éventuelles sources contaminations métalliques diffuses et
1
17
donnent une idée sur l'apport global de contaminations métalliques par chaque
affluent. Pour l'ANDLAU, un prélèvement analogue a été réalisé en amont de sa
confluence avec l'ILL et à l'aval de la station d'épuration de FEGERSHEIM.
La connaissance du degré de contamination métallique globale de chaque
rivière a permis d'orienter le choix des sites de prélèvements ou de transferts de
bryophytes aquatiques dans la 3ème phase de ce travail: le degré de
contamination des affluents proche du bruit de fond naturel dispensait d'un
prélèvement de mousses aquatiques. Des degrés de contamination élevés en
trois points ( 2, 7, 13) ont entraîné des prélèvements supplémentaires au niveau
de l'ANDLAU et de la KIRNECK. Cela nous a permis d'affiner les profils
longitudinaux de ces deux cours d'eau en effectuant des prélèvements de
bryophytes plus en amont par rapport aux sites fortement contaminés.
2. L A Z O N E D ' E T U D E
2.1. CONTEXTE LITHOLOGIQUE ET HYDROGEOLOGIQUE
Du point de vue lithologique et hydrogéologique, le bassin versant de
l'ANDLAU est hétérogène. L'ANDLAU, rivière à régime hydrologique pluvial
océanique, avec une légère tendance nivale en amont du Hohwald, prend sa
source à plus de 1060 m d'altitude, sur le versant Est du massif du Champ du Feu
et suit un parcours de 42 km avant de se jeter dans l'ILL à hauteur de
FEGERSHEIM. Elle traverse deux secteurs géologiques très différents:
- entre sa source en amont du Hohwald et la commune d'Andlau, la rivière
coule dans un lit constitué de matériaux cristallins (mica noir, feldspath, quartz,
magnétite) du massif vosgien (ENCYCLOPEDIE DE L'ALSACE 1982, PICARD
1992). Dans ce secteur, la rivière est typiquement torrentielle avec une pente
moyenne de 63 % .
Les versants de la rive gauche s'étendent dans le granite porphyroïde
d'Andlau, tandis que ceux de la rive droite sont caractérisés par les schistes de
Villé et par les schistes de Steige métamorphisés (ENCYCLOPEDIE DE
L'ALSACE 1982).
1
18
A l'aval de la commune d'Andlau, la rivière entre dans la plaine rhénane et
le lit est caractérisé par des matériaux fins constitués d'alluvions sablo-argileuses:
1
19
sables fins vosgiens entre VALFF et STOTZHEIM et dépôts loessiques entre
VALFF et HINDISHEIM (Figure 1, SCHNITZLER-LENOBLE 1989). Dans ce
secteur, la pente moyenne est seulement de l'ordre de 1 % .
Le secteur aval du bassin, dénommé "Bruch" de l'ANDLAU et situé à l'aval
de VALFF après la confluence de l'ANDLAU et de la KIRNECK, s'individualisa par
rapport au lit majeur glaciaire du Rhin vers la fin de la dernière époque du Würm à
la suite d'un affaissement du sol dû à un jeu de mouvements tectoniques (Figure
2) qui a également permis l'entaille du Rhin vers l'Est (VOGT 1978, 1992;
SCHNITZLER-LENOBLE 1989).
Le soubassement du Bruch de l'ANDLAU est constitué de graviers et de
galets alpins calcaires, déposés par le Rhin glaciaire lors de ses crues.
Par la suite, le secteur du Bruch fut délimité par un anneau de terrasses
produisant des conditions hydrographiques particulières. En effet, ce secteur, mal
drainé, fonctionnait comme une "trappe à sédiments" pour les matériaux fins
holocènes charriés par les rivières vosgiennes de ce bassin versant: l'ANDLAU, la
SCHEER, l'EHN, le DACHSBACH, le ROSENMEER, la KIRNECK.
Figure 2:
Dans ce secteur, un processus de sédimentation compensait
l'affaissement tectonique du fossé rhénan ce qui explique que les matériaux du
2
20
soubassement rhénan se trouvent enfouis sous les dépôts de sables vosgiens
(acides) et de colluvion loessique des terrasses d'ERSTEIN et de NIEDERNAI.
Dans le secteur Est du Bruch, on trouve les alluvions rhénanes à environ 1 m de
profondeur. Dans la partie Ouest l'épaisseur des dépôts atteint jusqu'à 3,5 m
(SCHNITZLER-LENOBLE 1989).
Les matériaux alluvionnaires montrent des origines et des caractéristiques
géochimiques différentes suivant un axe Sud-Nord, provenant:
- des Vosges (sables fins acides)
- des terrasses de Niedernai et d'Erstein
- du Bruch Nord (matériaux limoneux calcaires)
Globalement, on peut différencier 2 secteurs: une partie sableuse au Sud
du Bruch, une partie limoneuse très calcaire située au Nord de ce dernier.
Le niveau de la nappe phréatique du bassin suit celui du régime
océanique des rivières vosgiennes avec des hautes eaux en période froide et des
basses eaux en été.
3. M E T H O D E S D ' I N T E R P R E T A T I O N
DES RESULTATS
Afin d'évaluer le degré de contamination ou de pollution d'un site donnée,
il faut disposer de teneurs de référence représentant au mieux le "bruit de fond
naturel" pour les métaux recherchés.
3.1. DEFINITION DE LA NOTION DE FACTEUR DE POLLUTION
Le Facteur de Pollution (FP) exprime, pour un élément et un substrat
donnés, le rapport entre une concentration de référence standard ("valeurs de
référence standard", Tableau 7) caractéristique d'un cours d'eau non pollué et la
teneur relevée dans le support analytique en question, (dans notre cas la fraction
< 20 μm des sédiments et les bryophytes aquatiques). Ces concentrations de
référence ont été obtenues à l'aide de traitements de données effectués sur des
2
21
teneurs rencontrées dans divers pays et pour des secteurs lithologiques et
géochimiques différents (MOUVET 1986).
Xs Xs = valeur de référence
standard du métal en
pour un site non pollué
FP = X1 X1 = teneur du métal trouvé
Xs dans le support analytique prélevé
à une station donnée
FLP (M1 à M4) M1 à M4 = classification
suivant la grille
d'interprétation de
l'Agence de l'Eau Rhin-Meuse
TABLEAU 7: VALEURS DE REFERENCE STANDARD ([Link]-1, ms) POUR LE
Hg, Cr, Cu, Ni, ET LE Zn DANS DES SEDIMENTS (< 20 mm) ET
DANS DES MOUSSES AQUATIQUES
Elément Hg Cr Cu Ni Pb Zn
Sédiments 0.10 20.0 15.0 12.5 20.0 75.0
(fraction < 20 μm)
Bryophytes 0.08 7.0 19.0 20.0 19.0 200.0
aquatiques
2
22
TABLEAU 7a: FACTEURS LIMITES DE POLLUTION (FLP) UTILISES DANS
L'INTERPRETATION DU DEGRE DE POLLUTION D'UNE RIVIERE
Facteur Limite de Pollution
Support analytique M1 M2 M3 M4
(situation (pollution (pollution (pollution
normale) certaine) importante) exceptionnelle)
matières en suspension, <5 5 à 10 10 à 20 > 20
sédiment < 20 μm
bryophytes <6 6 à 18 18 à 54 >54
aquatiques
3.2. DEFINITION DE LA NOTION DE FACTEUR DE
CONTAMINATION
Le Facteur de Contamination (FC) exprime, selon MOUVET (1986), pour
un support analytique et un métal donnés, le rapport entre la concentration
rencontrée en un point de prélèvement amont, non pollué, de la rivière étudiée et
un point aval. Les concentrations métalliques rencontrées dans cette partie sont
les "teneurs de référence amont" (Xam) du cours d'eau représentent le bruit de
fond naturel, intègrent les caractéristiques physico-chimiques de l'eau et des
sédiments reflétant les facteurs géochimiques du secteur.
Xam Xam = valeur de référence
du métal pour un
site amont non pollué
FC = X1 X1 = teneur du métal trouvé
Xam dans le support analytique
prélevé à une station donnée
2
23
3.3. DEFINITION DE LA NOTION DE FACTEUR DE CONTA-
MINATION PAR SECTEUR GEOCHIMIQUE
De plus, pour des cours d'eau comme l'ANDLAU, il peut être utile
d'introduire la notion de Facteur de Contamination par secteur géochimiques (FG)
basée sur la "concentration de référence géochimique". Cette dernière intègre les
caractéristiques lithologique et géologique des secteurs (paramètres physico-
chimiques différents) parcourus par la rivière. Dans le cas de l'ANDLAU, afin de
tenir compte des différences géochimiques de la zone amont et de la zone aval,
deux stations de référence (1a, 1b, Figure 3) ont été choisies dont l'une dans le
secteur à formations cristallines et l'autre dans le secteur à matériaux
colluvionnaires.
* Pour le secteur à formation cristallines:
Xcris Xcris = valeur de référence
du métal pour un
site amont non pollué
représentant les formations
cristallines
FGcris = X1 X1 = teneur du métal trouvé
Xcris dans le support analytique
prélevé à une station donnée
* Pour le secteur à matériaux fins:
Xcoll Xcoll = valeur de référence
du métal pour un
site amont non pollué
représentant le secteur à
matériaux colluvionnaires
FGcoll = X1 X1 = teneur du métal trouvé
2
24
Xcoll dans le support analytique
prélevé à une station donnée
3.4. IMPACT DES METAUX LOURDS SUR DES SYSTEMES
AQUATIQUES
Afin de donner une indication de l'action de ces deux métaux sur le
"compartiment des organismes vivants" d'un système aquatique, nous indiquons
quelques seuils de toxicité cités dans FÖRSTNER & MÜLLER (1974): pour les
bactéries, des concentrations élevées en Cu et en Ni dans l'eau peuvent nuire au
bon fonctionnement des stations d'épurations biologiques (1.0 mg/l pour le Cu et à
6.0 mg/l pour le Ni) et à la capacité d'autoépuration d'un cours d'eau (Cu: 0.01
mg/l, Ni: 0.1 mg/l).
Pour les poissons, le seuil de toxicité se situe entre 0.08 et 0.8 mg/l pour
le Cu et entre 25 à 55 pour le Ni.
Selon FÖRSTNER & MÜLLER (1974), le Cr a un effet négatif sur les
stations d'épuration biologique à partir de concentrations de 2.0 à 5.0 mg/l et il
inhibe l'autoépuration des rivières à partir de concentrations de l'ordre de 0.3 mg/l.
Le Cr6+ provoque un blocage enzymatique chez les bactéries qui agit sur la
division cellulaire de ces derniers.
Pour les poissons, le seuil de toxicité se situe entre 15 et 80 mg/l.
BREMOND & VUICHARD (1973) indiquent l'action toxique du Cr6+ sur les
macroinvertébrés. Une pollution par ce métal peut donc avoir des conséquences
néfastes pour la faune piscicole: la destruction de la faune benthique servant
d'aliment aux poissons risquerait d'entraîner, de façon indirecte, la disparition en
partie de la faune piscicole.
2
25
Deuxième partie:
LE DEGRE DE POLLUTION
PAR DES METAUX LOURDS
REVELE PAR LES
SEDIMENTS
2
26
4. L E D E G R E D E P O L L U T I O N P A R
LES METAUX LOURDS REVELE
A L'AIDE DES SEDIMENTS
4.1. METAUX LOURDS ET SEDIMENTS
Des métaux qui atteignent un système aquatique sont rapidement
incorporés dans les sédiments, mais des paramètres physico-chimiques et
biologiques peuvent influer sur la transformation de leur forme chimique et sur leur
remobilisation (FÖRSTNER & WITTMANN 1981). Pour un tronçon de rivière
donné et après une pollution ponctuelle, les teneurs métalliques diminuent avec le
temps. Cette diminution locale est due au déplacement amont - aval des
sédiments contaminés, notamment lors des hautes eaux (RAMADE 1981).
L'augmentation importante de la vitesse du courant lors des crues produit
une remise en suspension des sédiments contaminés, sédiments qui se déposent
ensuite, lors de la décrue, dans des secteurs aval. De cette manière on peut
observer le déplacement d'un pic de pollution de l'amont vers l'aval. L'évolution
d'un tel déplacement dépend de l'importance et de la durée des crues
(CARBIENER 1978, RAMADE 1981). Il s'agit donc d'un effet de dispersion vers
les différents compartiments qui entraîne une diminution des concentrations en
métaux lourds des sédiments. Les métaux lourds, une fois introduits dans les
cycles biogéochimiques, y persistent et atteignent, à moyen ou long termes, les
océans.
A noter que l'état des connaissances sur l'impact des micropolluants
persistants, tels les métaux lourds, au niveau des systèmes aquatiques marins
reste toujours lacunaire.
2
27
4.2. LOCALISATION DES POINTS DE PRELEVEMENT DES
SEDIMENTS
Le choix des points de prélèvement de sédiments a découlé étroitement
de la localisation des installations classées du bassin hydrographique de
l'ANDLAU.
Les stations de référence mises à part, les prélèvements ont été effectués
en amont et à l'aval des sources de pollution "historiques" et/ou actuelles connues.
Afin de disposer d'informations sur le degré de la pollution globale des affluents
de l'ANDLAU, des prélèvements ont été réalisés au niveau du cours aval de ces
derniers (Figure 3).
Les techniques de prélèvement, de minéralisation et d'analyses sont
consignées dans l'Annexe 17.
2
28
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3
30
3
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3
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3
36
5. R E S U L T A T S ET DISCUSSION
Les analyses des sédiments prélevés le 17 et 18 mars 1994, après une
période prolongée de hautes eaux et après 15 jours de situation hydrologique
normale et stable, dans l'ANDLAU et ses confluents révèlent la situation suivante:
Parmi les 8 éléments pris en considération et dont les teneurs sont consignés
dans les tableaux 9, 10 et 11, 3 éléments (Cd, As, Zn) ont été rencontrés à des
concentrations reflétant une situation normale (M1), si on se base sur la grille
d'interprétation utilisant le FLP (Tableau 7a) habituellement appliquée par l'Agence
de l'eau Rhin-Meuse.
Les sédiments sont plutôt sableux à limoneux (Tableaux 8, 8a). La fraction
fine < 20 μm est peu abondante et les taux des matière organique reflétés par le
Carbone Organique Total (COT) sont relativement faibles: ils se situent entre 2.7
et 5.6 % de la matière sèche du sédiment (Tableau 8, Annexes 1 à 15). Les
teneurs de référence par secteur géochimique, malgré un taux relativement
élevés, indiquent également une absence de pollution pour Cd, As et le Zn.
Quant au Pb, les FP reflètent également une situation normale, excepté le
point de prélèvement dans la KIRNECK à l'aval de Bourgheim (7) avec un FP de
7.0 (valeur de référence standard: 20.0 [Link]-1, m.s.; M2) indiquant une pollution
certaine.
Les métaux lourds qui présentent les concentrations les plus élevées dans
l'ANDLAU et ses confluents sont: le Hg, le Cr, le Cu et le Ni (Tableaux 10, 11),
éléments qui seront sujet à une discussion plus détaillée ci-dessous.
Le degré de pollution des sédiments pour certains points de prélèvement
reflète bien la corrélation entre des sources de pollution connues et les teneurs
métalliques rencontrées. Il s'agit vraisemblablement de pollutions métalliques
"historiques" très persistantes dans les systèmes aquatiques ce qui explique que
les teneurs en métaux lourds des sédiments soient (encore) élevées et cela
3
37
malgré la suppression, depuis le début des années quatre-vingt des rejets directs
dans la rivière.
A noter que les "teneurs de référence géochimique" obtenues pour les
stations 1a et 1b sont relativement élevées. Par conséquence, les FP (Tableau 11,
11a) sont plus élevés que les FG (Tableaux 10, 10a).
5.1. LE DEGRE DE POLLUTION ACTUEL DE L'ANDLAU
5.1.1. LA POLLUTION PAR LE CUIVRE ET PAR LE NICKEL
Le profil longitudinal des teneurs en cuivre (Cu) ainsi que celui du nickel
(Ni) des sédiments provenant de l'ANDLAU révèle un pic important de ces deux
métaux lourds à l'aval du point de la station 2 (Cu FG: 9.4, Ni FG: 4.8, Figures 4,
5). Entre ces deux stations se trouve l'installation classée de STOCKO FRANCE,
une entreprise de traitement de surface utilisant, entre autres, des bains contenant
du Cu et du Ni. Avant sa connexion au réseau d'assainissement au début des
années quatre-vingt, cette entreprise a rejeté des eaux usées directement dans
l'ANDLAU.
On constate que, par rapport aux teneurs métalliques relevées à la station
4, à l'aval des NOUVELLES TANNERIES HAAS (Figure 4, 5), la teneur en Ni à
l'aval de la station d'épuration à Valff (8) augmente, tandis que celle en Cu
diminue. Cette faible teneur en Cu pourrait s'expliquer par soit par une plus grande
mobilité du Cu dans ce système aquatique entraînant donc une dispersion rapide,
soit par une élimination plus efficace de cet élément lors du traitement des eaux
usées.
Un deuxième secteur caractérisé par d'importantes teneurs en Cu et en Ni
est localisé, à hauteur de LIPSHEIM et en amont de la Zone Industrielle de cette
commune (13). a distribution des secteurs contaminés semble indiquer deux
sources de pollution différentes, car il n'y a pas de continuité des teneurs en Cu et
en Ni le long du profil amont-aval de la rivière. toutefois, une source de pollution
pour ces deux métaux dans le secteur de LIPSHEIM-FEGERSHEIM n'est pas
connue et la combinaison des métaux (Cu, Ni) au niveau de ce tronçon de la
rivière est la même qu'au niveau du secteur amont à EICHHOFFEN.
3
38
En effet, il semble plutôt s'agir de deux pics de pollution provenant d'une
même source. Dans ce cas, les pics des concentrations en Cu et en Ni de ces
deux secteurs représentent :
- des pollutions récentes de l'ANDLAU (station 3), à l'aval de STOCKO
FRANCE.
3
39
- des pollutions historiques, intégrées d'abord dans les sédiments qui ont
été déplacés successivement avec les crues de l'amont vers l'aval (remise en
suspension des particules lors des hautes eaux suivie du dépôts des sédiments
dans des secteurs aval).
La station d'épuration de Fegersheim (14) n'apporte pas de quantités
supplémentaires en Cu ou en Ni.
5.1.2. LA POLLUTION PAR LE CHROME
Le profil longitudinal des teneurs en chrome (Cr) des sédiments est
caractérisé par des faibles teneurs au niveau des stations 1b, 2, 3 et 4 indiquant
une situation normale (M1).
A l'aval de la station d'épuration du "SIVOM du coin de Barr" (8), la
situation est différente: on remarque une augmentation d'un facteur 7 des teneurs
en Cr par rapport à la teneur rencontrée à la station 1b en amont de la commune
d'Andlau (Figure 6). Le FG s'élève à 6.4 par rapport à la station de référence au
niveau de la SCHEER (1a) indiquant ainsi une pollution certaine des sédiments.
Cette station d'épuration reçoit les eaux usées de certaines installations classées
du bassin amont de l'ANDLAU, c'est-à-dire les eaux usées domestiques de
l'entreprise de traitements de surface et toutes les eaux usées des tanneries à
Andlau-Eichhoffen et également des tanneries à Barr.
Selon le rapport d'activité du SDEA (1991), cette station d'épuration a
atteint ses limites fonctionnelles. En raison des teneurs élevées en Cr, les boues
produites par cette station sont impropres à toute valorisation agricole (SDEA
1991). En effet, il est tout à fait probable que les eaux contiennent encore, après
4
40
traitement, des teneurs importantes en Cr entraînant une augmentation des
concentrations au niveau des sédiments à l'aval de la station d'épuration (8).
4
41
La concentration maximale de Cr pour les stations étudiées est relevée à
la station 13 à Lipsheim.
Comme pour le Cu et pour le Ni, il est fort possible qu'il s'agisse d'un pic
d'une ancienne pollution provenant du secteur amont et illustrant bien le
déplacement spatio-temporel d'un pic de pollution "historique" (RAMADE 1981).
5.1.3. LA POLLUTION PAR LE MERCURE
Le taux de mercure (Hg), déjà relativement élevée au niveau de la station
de référence (1b) située en amont de la commune d'ANDLAU, reflète une
"situation normale" pour ce tronçon amont de la rivière.
Néanmoins, il n'est pas certain que cette valeur de référence élevée soit
réellement représentative du "bruit de fond naturel" de ce secteur. D'une part,
certains secteurs de la plaine du Rhin supérieur ont été affectés, au cours de ce
siècle, par des pollutions mercurielles (CARBIENER 1978) dont la forme volatile,
transportée par voie atmosphérique (LINDQVIST 1991), est susceptible d'affecter
ensuite d'autres secteurs des vallées, notamment les secteurs amont, provoquant
ainsi une contamination des rivières dès la source.
D'autre part, les secteurs de schistes parcourus par l'ANDLAU pourraient
contribuer à des teneurs de bruit de fond relativement élevées (FÖRSTNER &
WITTMANN 1981) dans cette rivière.
Le sédiment prélevé à l'aval de la commune d'Andlau (2) et en amont de
l'usine de traitement de surface STOCKO FRANCE (3) montre un taux de Hg
élevé: 1.1 µg/g (ms) (Figure 7). Le FG est de 2.3 indiquant une " situation normal "
tandis que le FP de 11.5 indique une pollution importante (M3); difficile à évaluer
si les concentrations élevées en Hg sont d'origine anthropique ou d'origine
naturelle. Parmi les installations classées de ce secteur, aucune n'est susceptible
de provoquer des pollutions par le Hg et la question est de savoir s'il s'agit d'une
4
42
pollution ancienne ("pollution historique") ou/et d'une pollution actuelle. Il serait
également important de savoir quel type d'entreprise (ou de dépôt, décharge...) du
bassin amont de l'ANDLAU aurait pu ou peut représenter une source de pollution
par ce métal lourd.
Le point de prélèvement à l'aval de la station d'épuration de
FEGERSHEIM (14) révèle des teneurs élevées de Hg (0.95 µg/g ms). Le FG est
de 2.8 tandis que le FP s'élève à 9.5. Une contamination pourrait avoir son origine
au niveau de la Zone Industrielle de Lipsheim.
5.2. LE DEGRE DE POLLUTION ACTUEL DE LA KIRNECK
5.2.1. LA POLLUTION PAR LE CHROME
En ce qui concerne la KIRNECK, la situation par rapport à une pollution
par le chrome (Cr) est comparable à celle de l'ANDLAU (Figure 8).
Les fortes teneurs en Cr des sédiments, très certainement dues aux anciennes
tanneries et reflétées par la teneur en Cr rencontrée à la station 5 dans la partie
amont de la commune de BARR et à l'aval des tanneries DEGERMANN S.A. (6)
n'apparaissent qu'à l'aval de la commune de BOURGHEIM (7). Le sédiment du
tronçon aval de cette rivière, situé en amont de sa confluence avec l'ANDLAU
(10), est encore plus fortement pollué que celui de la station plus en amont (Figure
8).
On peut estimer que le degré de pollution des stations 7 et 10 est "très
important" avec un FG de 17.6 à la station 7 et avec un FG de 29.4 à la station 10.
Il semble s'agir ici, comme pour la pollution par le Cu et le Ni, d'un pic de pollution
qui se déplace de l'amont vers l'aval. Au niveau du cours aval de la KIRNECK, la
pente, et par conséquence la vitesse du courant sont très faibles. En effet, le
transport des sédiments pollués vers l'aval ne s'effectue que très lentement. De
plus, la solubilité du Cr dépend de son degré d'oxydation. Les sels de Cr 3+ sont
totalement solubles dans l'eau, sauf l'hydroxyde et le carbonate. Les sels
hexavalents sont en partie solubles dans l'eau , mais ils sont toxiques pour la
faune, comme, par exemple, pour les macroinvertébrés (BREMOND &
VAUCHARD 1973).
Les sédiments pollués de cette rivière provenant du secteur de Barr
représentent, encore à l'heure actuelle, une source de pollution importante pour
l'ANDLAU.
4
43
5.2.2. LA POLLUTION PAR LE MERCURE
Le profil longitudinal des teneurs mercurielles (Hg) des sédiments reflète
une situation inquiétante au niveau du tronçon aval de la KIRNECK (Figure 9). Par
rapport à la teneur rencontrée à la station de référence dans la SCHEER (1a), les
concentrations augmentent d'un facteur de 5 entre BARR (5) et le secteur aval de
BOURGHEIM (7) pour atteindre un FG de 5.5 indiquant l'existence d'une source
de pollution.
4
44
Vers l'aval, la situation s'améliore: le sédiment prélevé au niveau du cours
aval de cette rivière (10) présente une teneur de 0.75 μg Hg.g-1 (ms) ce qui
correspond FG de 2.2. De ce fait, les sédiments pollués de la KIRNECK
représentent une source de contamination par ce métal très toxique.
Malheureusement, comme dans le cas du cours amont de l'ANDLAU, les
informations recueillies auprès des administrations compétentes, ne nous
permettent pas d'identifier une source de pollution et, de nouveau, se pose la
question de savoir s'il s'agit d'une pollution récente ou/et "historique".
CONCLUSION
En résumé, on peut dire que le raccordement de certaines installations
classées (tanneries) à la station d'épuration depuis le début des années quatre-
vingt a permis de réduire, de façon significative, le degré de pollution du tronçon
amont de l'ANDLAU ainsi que celui de la KIRNECK, néanmoins on remarque
également, que les pollutions "historiques" persistent encore et ne se dispersent
que très lentement.
Les teneurs mercurielles de certains sédiments provenant de l'ANDLAU et
de la KIRNECK indiquent une situation inquiétante quant au degré de pollution par
cet élément très toxique, d'autant plus que l'origine de cette pollution ne peut pas
être expliquée sur la base des informations recueillies auprès de l'administration.
4
45
Les résultats d'analyse pour deux confluents de l'ANDLAU (SCHEER,
SCHEER NEUVE, DACHSBACH) reflètent une situation globale normale quant à
une pollution par des métaux lourds.
Troisième partie:
LE DEGRE DE POLLUTION
PAR DES METAUX LOURDS
REVELE PAR LES
BRYOPHYTES AQUATIQUES
4
46
6. L E D E G R E D E P O L L U T I O N D U
BASSIN DE L'ANDLAU PAR DES
METAUX LOURDS REVELE PAR
LES BRYOPHYTES AQUATIQUES
La démarche adoptée dans cette phase de l'étude se base sur la méthode
des mousses aquatiques (MOUVET 1986). Des points de prélèvement de
bryophytes ont été déterminés en fonction du degré de contamination révélé par
les sédiments provenant des cours d'eau du réseau hydrographique de l'ANDLAU.
Pour les tronçons de rivière dépourvus de bryophytes autochtones, des transferts
de mousses provenant du cours amont de l'ANDLAU ont été réalisés.
Etant donné que le nombre de stations de prélèvement avait été fixé
antérieurement au nombre de 15, nous avons éliminé les stations situées sur les
affluents (SCHEER NEUVE, DACHSBACH) n'ayant pas présenté d'anomalies vis-
à-vis des 8 éléments recherchés (Hg, Cd, As, Cr, Pb, Cu, Ni, Zn). Nous avons
préféré affiner les profils longitudinaux de l'ANDLAU et de la KIRNECK. Ces deux
cours d'eau ont présenté des degrés de pollution métallique des sédiments,
indiquant des "pollutions certaines" et, au niveau de certaines stations, des
"pollutions exceptionnelles".
Dans l'ensemble, les emplacements des points de prélèvement de
mousses aquatiques correspondent à la localisation des stations de prélèvement
des sédiments (Figures 3, 10).
Dans les sédiments, des concentrations élevées en éléments métalliques
avaient été rencontrées au niveau des stations 2, 7 et 13. Elles sont à l'origine du
choix des points de prélèvement supplémentaires dans l'ANDLAU et dans la
KIRNECK:
- l'ANDLAU à hauteur du limnigraphe dans la commune d'ANDLAU (2a).
4
47
- l'ANDLAU à l'aval de HINDISHEIM représentant le cours moyen de cette
rivière (13a).
- la KIRNECK en amont de BOURGHEIM (7a).
Dans la mesure du possible, des bryophytes autochtones ont été utilisés.
Des transferts de bryophytes s'avéraient nécessaire au niveau des cours aval de
l'ANDLAU et de la KIRNECK.
Lors de la campagne de transfert, un échantillon moyen a été constitué
afin de connaître les teneurs métalliques initiales des mousses aquatiques. La
période d'exposition des mousses s'élevait à un mois.
6.1. LA METHODE DES MOUSSES AQUATIQUES
Les principales caractéristiques de la méthode des bryophytes
aquatiques, développée et affinée en France par MOUVET (1984, 1986) et
MOUVET et al. (1986) résident dans:
- leurs capacité d'accumuler des métaux lourds à partir de l'eau. Cela leur
confère un rôle d'amplificateur de la contamination de l'eau, même si les
concentrations en éléments métalliques de cette dernière sont très faibles, voire
en dessous des seuils de détection analytiques sur le support analytique "eau": les
mousses rendent ces traces de micropolluants "détectables".
- leur comportement d'accumulation (rapide) et de relargage (plus lent)
des métaux lourds permet de suivre l'évolution du degré de contamination par des
métaux lourds d'un cours d'eau. Après le passage d'un pic de pollution entraînant
une augmentation des teneurs dans les mousses, les teneurs baissent à partir du
moment où les concentrations en ions métalliques de l'eau ont diminué. De ce fait,
les mousses aquatiques intègrent l'évolution non seulement temporelle ("effet
mémoire"), mais aussi spatiale (situation amont-aval) par rapport au degré de
pollution d'une rivière par des métaux.
- les teneurs en métaux lourds des mousses aquatiques comparées à
celles rencontrées au niveau des sédiments prélevés pour une même station
renseignent sur les proportions d'éléments biodisponibles dans un système
aquatique donné.
- le mode de vie sédentaire des bryophytes aquatiques permet une
localisation précise des sources de pollutions.
4
48
- la possibilité de transfert des mousses aquatiques donne la possibilité
d'étudier des tronçons de rivière susceptibles de recevoir des rejets contaminés en
l'absence de mousses autochtones. Le temps d'intégration pour des campagnes
de transferts est de l'ordre d'un mois.
Dans le cadre de ce travail, l'utilisation des bryophytes aquatiques vise les
objectifs suivant:
* confirmer ou/et affiner les résultats obtenus à l'aide des sédiments.
** donner un aperçu sur le degré de contamination actuel du réseau
hydrographique de l'ANDLAU en tenant compte, en particulier, de l'aspect de la
biodisponibilité issue de pollutions "historiques" et/ou récentes.
Il faut rappeler que des métaux lourds introduits dans le milieu naturel
entrent dans les cycles naturels et y persistent pendant des décennies. Une
dégradation naturelle n'existe pas et une diminution des teneurs métalliques n'est
due qu'à une dispersion des quantités introduites en un point précis d'un
écosystème (FÖRSTNER & WITTMANN 1981).
De par leur toxicité, les micropolluants métalliques représentent un risque
important pour l'équilibre écologique des systèmes naturels et indirectement pour
la santé de l'homme qui est le chaînon final d'un grand nombre de chaînes
trophiques. Au travers d'une contamination des systèmes aquatiques par des
métaux lourds, un risque de contamination pour l'homme réside dans la
contamination de la "ressource eau" et du poisson dont la chair est susceptible
d'accumuler ces éléments.
7. R E S U L T A T S E T D I S C U S S I O N
Les résultats des dosages effectués sur des échantillons de mousses
aquatiques sont consignés dans les tableaux 12, les tableaux 13 et 14 regroupent
les Facteurs de contamination par secteur géochimiques (FG) et les Facteurs de
Pollution (FP).
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7.1. LE DEGRE DE POLLUTION ACTUEL DE L'ANDLAU
7.1.1. LA POLLUTION PAR LE CUIVRE ET PAR LE NICKEL
La distribution des teneurs en ces deux métaux le long du profil
longitudinal de l'ANDLAU (Tableau 12) révèle un degré de pollution élevé. Pour le
Cu, on constate une pollution exceptionnelle au niveau des stations 3 (Figures 11,
12), à l'aval de STOCKO FRANCE, (FG 73.4) et 4 (FG: 92.2, Tableau 13).
Dans le cas du Ni (Figure 12) dont le "bruit de fond naturel" est très faible
pour ce secteur géologique (3.7 μg Ni/g (ms), station 1b, Tableau 12). Les stations
3 et 4 révèlent une pollution importante pour le Cu et le Ni: Les FG s'élèvent à
107.1 et 142,4 respectivement.
Les teneurs en Cu et en Ni dans les bryophytes aquatiques provenant de
ces deux stations, surtout en les confrontant aux profils obtenus à l'aide des
sédiments (Figures 3, 4) reflètent une pollution chronique due au relargage de ces
deux métaux à partir des sédiments anciennement pollués par STOCKO
FRANCE. Les résultats obtenus à l'aide des bryophytes indiquent que la rivière
reçoit toujours des rejets contenant du Cu et du Ni qui s'ajoutent aux
contaminations " historique " des sédiments.
Les concentrations en Cu et en Ni des échantillons de mousses montrent
également que ces deux métaux sont fortement biodisponibles dans des systèmes
aquatiques.
Au niveau du cours aval de l'ANDLAU, représenté par les stations 8 à
l'aval de la station d'épuration du SIVOM, 13a à l'aval de la commune de
HINDISHEIM, 13 en amont de LIPSHEIM et 14 à l'aval de la station d'épuration de
FEGERSHEIM, les FG se situent entre 0.7 et 2.0 pour le Cu indiquant une
"situation normale", alors que pour le Ni apparaît une "pollution certaine" au niveau
de la station 13a (FG: 15.7).
Ces résultats confirment ceux obtenus à l'aide des sédiments et illustrent
le déplacement de pics de pollutions "historiques" le long du profil amont - aval.
5
56
5
57
7.1.2. LA POLLUTION PAR LE CHROME
Les teneurs en Cr dans les bryophytes aquatiques du cours de l'ANDLAU
situé en amont des NOUVELLE TANNERIES HAAS à EICHHOFFEN, comprenant
les stations 1b, 2a, 2 et 3, reflètent une " situation normale " avec des FG allant de
0.9 à 1.9.
Le "bruit de fond naturel" pour le Cr est très faible: 4.92 μg Cr/g (ms) au
niveau de la station de référence amont de l'ANDLAU (1b).
Par contre, le point de prélèvement 4 situé à l'aval de NOUVELLES
TANNERIES HAAS à EICHHOFFEN (Figure 13), est caractérisé par une "pollution
exceptionnelle". Par rapport à la teneur en Cr rencontrée au niveau de la station
de référence amont (1b), le FG pour la station 4 révèle une augmentation d'un
facteur 147,3 de la teneur en Cr. La teneur en Cr de la mousse prélevée à l'aval
de la station d'épuration à VALFF (97.4 µg/g ms; station 8) révèle des apports de
Cr avec les eaux provenant de celle-ci.
Le cours aval de l'ANDLAU est caractérisé par des teneurs indiquant une
" situation normale " vis-à-vis d'une pollution par ce métal.
En comparant le profil longitudinal obtenu à l'aide des mousses
aquatiques avec celui réalisé à l'aide des sédiments, on constate que les FG des
bryophytes (FG: 147.3, station 4) pour le Cr sont nettement supérieurs à ceux
observés pour les sédiments (FG: 1.2).
Cela pourrait être dû à une faible teneur en matière organique du
sédiment en ce point de prélèvement (COT: 30.6 mg/g de la fraction < 20 μm,
Tableau 7) ou à la forte mobilité du Cr dans les systèmes aquatiques (BREMOND
& VUICHARD 1973).
Cette hypothèse semble peu probable, car les sédiments provenant
d'autres stations contiennent des teneurs importantes en Cr pour des teneurs en
5
58
COT qui ne dépassent que faiblement celle des sédiments de la station 4
(Tableau 8).
5
59
7.1.3. LA POLLUTION PAR LE MERCURE
Le profil longitudinal des teneurs en Hg dans les mousses aquatiques
ressemble étroitement à celui obtenu à l'aide des sédiments (Figures 7, 14). Pour
le cours amont de l'ANDLAU, les teneurs des bryophytes reflètent une "pollution
importante" avec un FG de 44.3 à la station 4 en se basant sur la teneur très faible
de la mousse en Hg prélevée à la station de référence 1b (< 0.01 μg Hg/g (ms)).
Vers l'aval, les teneurs en Hg sont faibles et indiquent une " situation
normale ". Le FG, un peu plus important, de la station 14 (FG: 3.0) peut indiquer
un apport de ce métal par la station d'épuration de FEGERSHEIM, mais il semble
plus probable que des remous de l'Ill, rivière contaminée par ce métal, apportent
du Hg. A noter que le FP pour le sédiment prélevé lors de la campagne annuelle
1993 pour l'Agence de l'eau Rhin-Meuse était de 17.7.
7.2. LE DEGRE DE POLLUTION ACTUEL DE LA KIRNECK
7.2.1. LA POLLUTION PAR LE CHROME
La situation reflétée par les teneurs en Cr des bryophytes aquatiques du
secteur amont de la rivière correspond pour les FG, sur la base de la grille
d'interprétation des FP, à une "situation normale".
Au niveau du cours moyen de la KIRNECK, on observe une "pollution
certaine" (FG: 9.7), à l'aval des tanneries DEGERMANN S.A. à BARR (station 6,
Figure 15).
Sur la base de la méthode des mousses aquatiques, le cours aval est
caractérisé par une " situation normale " avec des FG de 4.9 et de 5.5 aux points 7
et 10 respectivement. En comparaison avec les FG des sédiments de ces stations
indiquant une " pollution importante " et une " pollution exceptionnelle " par cet
6
60
élément (station 7, FG: 17.6; station 10, FG: 29.4), les FG des mousses
aquatiques sont très faibles et auraient tendance à laisser croire à une "situation
normale" dans ce secteur. Les résultats différents obtenus à l'aide de ces deux
supports analytiques différents révèlent plutôt une faible biodisponibilité du Cr
dans ce secteur géologique caractérisé par des sables fins vosgiens (cf. Chap. 2).
6
61
7.2.2. LA POLLUTION PAR LE MERCURE, LE PLOMB ET LE ZINC
Les teneurs en Hg des bryophytes aquatiques montrent sensiblement la
même distribution spatiale que celle rencontrée pour les sédiments (Figures 9,
16).
La mousse provenant du point de prélèvement supplémentaire 7a, situé à
l'amont de la commune de Bourgheim, montre une teneur supérieure à celle de la
station 7 à l'aval de cette commune. Les FG (69.9 et 4.9 pour les points 7a et 7
respectivement) indiquent une " pollution exceptionnelle " pour la station 7a et
une " situation normale " pour la station 7.
La source de pollution semble être située en amont de BOURGHEIM et à
l'aval du secteur des anciennes tanneries à BARR (station 5). Rien ne permet de
déduire s'il s'agit de pollutions "historiques" (relargages à partir des sédiments) ou
de pollutions récentes.
Comme pour les sédiments, les teneurs en Pb des bryophytes aquatiques
révèlent une pollution du tronçon de la KIRNECK (Tableaux 13, Figure 17) qui se
situe à l'aval du secteur des anciennes tanneries à BARR (station 5, FG: 3.7). Les
FG les plus importants sont atteint au niveau de la station 7a en amont de la
commune de BOURGHEIM (FG Pb: 51.0; Zn: 14.2).
La source de pollution pour le Zn est à rechercher à l'aval de la station 6
située au centre ville de BARR et en amont de BOURGHEIM (Figure 18). A
mentionner ici que le tronçon de la KIRNECK, qui est représenté par la station 7a
peut être décrit comme " rivière poubelle " (anciennes petites machines agricoles,
ustensiles en métal dans la rivière peu profonde).
La pollution par le Pb semble due à des apports de ce métal au niveau du
secteur amont de la ville de BARR, comme dans le cas du Hg.
6
62
Malheureusement, les informations recueillies auprès des administrations
compétentes ne permettent pas d'identifier les sources de pollution.
6
63
CONCLUSION GENERALE
Les teneurs en Cd et en As dans les sédiments et les bryophytes du
réseau hydrographique de l'ANDLAU indiquent l'absence actuelle de sources de
pollutions pour ces éléments. Dans le cas du Pb et du Zn, la situation est
comparable, à part quelques restrictions pour l'ANDLAU et pour la KIRNECK.
Les éléments présents dans les cours d'eau de ce bassin à des
concentrations représentant des pollutions certaines ou exceptionnelles sont: Cr,
Cu, Ni et Hg.
Deux affluents de l'ANDLAU, le DACHSBACH et la SCHEER (SCHEER
NEUVE) présentent une " situation normale " pour les 8 éléments recherchés.
Les résultats obtenus à l'aide de deux supports analytiques différents, à
savoir des sédiments et des bryophytes aquatiques, mènent, quand on les utilise
séparément, à des interprétations divergentes du degré de pollution d'une rivière
par des métaux lourds (Figures 19 à 21). Par exemple: selon les résultats obtenus
à l'aide des sédiments, ce sont les stations 7 (KIRNECK à l'aval de
BOURGHEIM), 13 (ANDLAU en amont de LIPSHEIM) et 3 (ANDLAU à l'aval de
STOCKO FRANCE) qui sont les plus polluées par certains métaux. En se basant
sur les résultats obtenus à l'aide des mousses aquatiques, ce sont plutôt les
stations 7 et 7a (KIRNECK à l'aval et en amont de BOURGHEIM) qui sont le plus
fortement polluées par des métaux.
Pour certains points, l'interprétation du degré de pollution peut varier en
fonction du support analytique utilisé (par exemple au niveau de l'ANDLAU: station
3, à l'aval de STOCKO FRANCE, et station 4, à l'aval des NOUVELLES
TANNERIES HAAS. Pour Cu, Ni et Cr, les teneurs des sédiments montrent des
valeurs nettement plus élevées que celles des bryophytes.
6
64
Dans l'ensemble, les bryophytes présentaient des Facteurs de
contamination par secteur géochimique (FG) plus importants que les sédiments.
Cela peut être dû, soit à la grande mobilité des ions métalliques dans ce système
aquatique, soit à des effets de concentration lors des basses eaux en été.
Les profils longitudinaux des sédiments et des mousses aquatiques
réalisés pour évaluer le degré de pollution l'ANDLAU par le chrome diffèrent
fortement l'un de l'autre.
6
65
Ils ont permis de déceler l'existence de pollutions " historiques " par Cr. Au
niveau du secteur amont de l'ANDLAU, les teneurs en Cr des bryophytes prélevés
à l'aval des NOUVELLES TANNERIES HAAS à EICHHOFFEN (station 4) et à
l'aval des tanneries DEGERMANN S.A. à BARR (stations 6, 7a) révèlent le
passage de pics de pollution récents. Les teneurs des sédiments (stations 4, 7
(KIRNECK à l'aval de BOURGHEIM)) reflètent l'existence de pollutions anciennes
et/ou chroniques par ce métal. Cette interprétation se trouve encore consolidée
par les teneurs en Cr des sédiments des secteurs aval, autant de l'ANDLAU que
de la KIRNECK (stations 13, ANDLAU en amont de LIPSHEIM, et 10, KIRNECK à
l'aval de VALFF) qui illustrent les mécanismes de transport (non continus) des
sédiments contaminés suivant le gradient amont -aval.
La contradiction apparente au niveau de la station 13 pour le Cr, entre de
faibles teneurs dans les bryophytes et des teneurs élevées dans les sédiments,
peut s'expliquer par la mauvaise biodisponibilité de cet élément. Elle n'exclut pas
un impact au niveau de la faune benthique très sensible au Cr.
On observe le même phénomène pour Cu et Ni, avec deux secteurs
pollués dont l'un est situé au niveau du cours amont de l'ANDLAU (stations 3, 4) et
l'autre au niveau du cours aval de la rivière (stations 13, 13a). Les teneurs en Cu
et en Ni rencontrées à la station 3, à l'aval des ateliers de traitement de surface de
STOCKO FRANCE, révèlent la présence de pollutions récentes qui sont reflétées
par les teneurs élevées dans les bryophytes, ainsi que des pollutions
" historiques " traduites par les teneurs importantes en ces métaux dans les
sédiments.
La présence simultanée de teneurs importantes en Cu et en Ni dans les
sédiments du cours aval de l'ANDLAU en amont de LIPSHEIM (station 13)
illustrent, une fois de plus, l'existence du déplacement, souvent discontinu, des
6
66
pics de pollution dans l'espace ( distribution amont-aval) et dans le temps (les
sédiments contaminés sont transportés plus ou moins vite de l'amont vers l'aval).
Ce déplacement dépend de l'hydraulicité du cours d'eau, de la géochimie
des secteurs parcourus et des mécanismes de fixation/relargage à l'interface eau-
sédiment.
6
67
On note également des teneurs élevées en Hg, tant dans les sédiments
que dans les mousses aquatiques, à hauteur de la commune d'ANDLAU et à l'aval
de la commune BARR. Une source de pollution précise n'a pas été identifiée et les
teneurs importantes de "bruit de fond naturel" ne suffisent pas à expliquer ces taux
de Hg des deux supports analytiques. S'agirait-il de pollutions mercurielles qui
atteignent les secteurs amont des vallées, depuis la plaine, par voie
atmosphérique?
Comparés aux résultats obtenus à l'aide des sédiments, ceux de la 3ème
phase révèlent des pollutions supplémentaires de la KIRNECK par deux métaux; Il
s'agit du Pb, du Zn et du Hg rencontrés à des concentrations indiquant une
pollution par ces éléments, surtout au niveau de la station 7a située à l'amont de
BOURGHEIM. Des apports diffus mis à part, une éventuelle source de pollution,
au moins pour le Pb et le Zn, peut être représentée par des ateliers de peinture
situés dans ce secteur, mais rien ne nous permet de l'affirmer avec certitude.
Les résultats obtenus à l'aide des analyses effectuées sur des échantillons
de sédiments et de bryophytes aquatiques montrent clairement l'existence de
rejets, anciens et récents, de métaux lourds dans l'ANDLAU et dans la KIRNECK
provenant très certainement des installations classées (Cr, Cu et Ni) ou de
sources soit non identifiées ou diffuses (Hg, Pb et Zn).
Les profils longitudinaux réalisés à l'aide des sédiments révèlent:
* l'impact spatio-temporel des pollutions par des métaux lourds, leur
persistance dans les cours d'eau.
** la discontinuité des mécanismes de transport de sédiments contaminés
au sein d'une rivière.
6
68
*** la difficulté d'évaluer de façon précise le degré de contamination d'un
cours d'eau vis-à-vis des pollutions par des micropolluants persistants, car on
risque toujours de prélever en amont ou à l'aval d'un pic de pollution.
Les profils longitudinaux réalisés à l'aide des mousses aquatiques
montrent:
* l 'existence de pollutions récentes qui n'ont pas pu être décelées à l'aide
des sédiments
** des différences en ce qui concerne la biodisponibilité des métaux lourds
Cette étude a été réalisée par l'équipe de recherche du:
CENTRE D'ANALYSES ET DE RECHERCHES
Département Hydrologie et Environnement
UNIVERSITE LOUIS PASTEUR - STRASBOURG
Le Directeur du Laboratoire L'Ingénieur d'études
Docteur en Hydroécologie
A. EXINGER U. ROECK
à Strasbourg, le 30 janvier 1995
6
69
A N N E X E S
ANNEXE 1: DISTRIBUTION GRANULOMETRIQUE AU NIVEAU DU POINT DE
PRELEVEMENT 1a* (pour la fraction < 63 μm obtenue par tamisage)
ANNEXE 2: DISTRIBUTION GRANULOMETRIQUE AU NIVEAU DU POINT DE
PRELEVEMENT 1b** (pour la fraction < 63 μm obtenue par tamisage)
ANNEXE 3: DISTRIBUTION GRANULOMETRIQUE AU NIVEAU DU POINT DE
PRELEVEMENT 2 (pour la fraction < 63 μm obtenue par tamisage)
ANNEXE 4: DISTRIBUTION GRANULOMETRIQUE AU NIVEAU DU POINT DE
PRELEVEMENT 3 (pour la fraction < 63 μm obtenue par tamisage)
ANNEXE 5: DISTRIBUTION GRANULOMETRIQUE AU NIVEAU DU POINT DE
PRELEVEMENT 4 (pour la fraction < 63 μm obtenue par tamisage)
ANNEXE 6: DISTRIBUTION GRANULOMETRIQUE AU NIVEAU DU POINT DE
PRELEVEMENT 5 (pour la fraction < 63 μm obtenue par tamisage)
ANNEXE 7: DISTRIBUTION GRANULOMETRIQUE AU NIVEAU DU POINT DE
PRELEVEMENT 6 (pour la fraction < 63 μm obtenue par tamisage)
ANNEXE 8: DISTRIBUTION GRANULOMETRIQUE AU NIVEAU DU POINT DE
PRELEVEMENT 7 (pour la fraction < 63 μm obtenue par tamisage)
ANNEXE 9: DISTRIBUTION GRANULOMETRIQUE AU NIVEAU DU POINT DE
PRELEVEMENT 8 (pour la fraction < 63 μm obtenue par tamisage)
ANNEXE 10: DISTRIBUTION GRANULOMETRIQUE AU NIVEAU DU POINT DE
PRELEVEMENT 9 (pour la fraction < 63 μm obtenue par tamisage)
ANNEXE 11: DISTRIBUTION GRANULOMETRIQUE AU NIVEAU DU POINT DE
PRELEVEMENT 10 (pour la fraction < 63 μm obtenue par tamisage)
ANNEXE 12: DISTRIBUTION GRANULOMETRIQUE AU NIVEAU DU POINT DE
PRELEVEMENT 11 (pour la fraction < 63 μm obtenue par tamisage)
ANNEXE 13: DISTRIBUTION GRANULOMETRIQUE AU NIVEAU DU POINT DE
PRELEVEMENT 12 (pour la fraction < 63 μm obtenue par tamisage)
ANNEXE 14: DISTRIBUTION GRANULOMETRIQUE AU NIVEAU DU POINT DE
PRELEVEMENT 13 (pour la fraction < 63 μm obtenue par tamisage)
ANNEXE 15: DISTRIBUTION GRANULOMETRIQUE AU NIVEAU DU POINT DE
PRELEVEMENT 14 (pour la fraction < 63 μm obtenue par tamisage)
ANNEXE 16: LISTE DES REJETS EN RIVIERE DANS LE BASSIN DE L'ANDLAU
(d'après LANDRAGIN 1988)
FIGURE 1: ESQUISSE GEOMORHOLOGIQUE DU BRUCHE DE L'ANDLAU
(d'après SCHNITZLER-LENOBLE 1989)
FIGURE 2: PHENOMENES TECTONIQUES QUATERNAIRES
(d'après VOGT, dans SCHNITZLER-LENOBLE 1989)
FIGURE 4: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
SEDIMENTS PAR LE CUIVRE (Cu)
FIGURE 5: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
SEDIMENTS PAR LE NICKEL (Ni)
FIGURE 6: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
SEDIMENTS PAR LE CHROME (Cr)
FIGURE 7: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
SEDIMENTS PAR LE MERCURE (Hg)
FIGURE 8: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
SEDIMENTS PAR LE CHROME (Cr)
FIGURE 9: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
SEDIMENTS PAR LE MERCURE (Hg)
FIGURE 11: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
BRYOPHYTES AQUATIQUES PAR LE CUIVRE (Cu)
FIGURE 12: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
BRYOPHYTES AQUATIQUES PAR LE NICKEL (Ni)
FIGURE 13: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
BRYOPHYTES AQUATIQUES PAR LE CHROME (Cr)
FIGURE 14: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
BRYOPHYTES AQUATIQUES PAR LE MERCURE (Hg)
FIGURE 15: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
BRYOPHYTES AQUATIQUES PAR LE CHROME (Cr)
FIGURE 16: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
BRYOPHYTES AQUATIQUES PAR LE MERCURE (Hg)
FIGURE 17: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
BRYOPHYTES AQUATIQUES PAR LE PLOMB (Pb)
FIGURE 18: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
BRYOPHYTES AQUATIQUES PAR LE ZINC (Zn)
FIGURE 1: ESQUISSE GEOMORHOLOGIQUE DU BRUCHE DE L'ANDLAU
(d'après SCHNITZLER-LENOBLE 1989)
FIGURE 2: PHENOMENES TECTONIQUES QUATERNAIRES
(d'après VOGT, dans SCHNITZLER-LENOBLE 1989)
FIGURE 4: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
SEDIMENTS PAR LE CUIVRE (Cu)
FIGURE 5: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
SEDIMENTS PAR LE NICKEL (Ni)
FIGURE 6: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
SEDIMENTS PAR LE CHROME (Cr)
FIGURE 7: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
SEDIMENTS PAR LE MERCURE (Hg)
FIGURE 8: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
SEDIMENTS PAR LE CHROME (Cr)
FIGURE 9: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
SEDIMENTS PAR LE MERCURE (Hg)
FIGURE 11: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
BRYOPHYTES AQUATIQUES PAR LE CUIVRE (Cu)
FIGURE 12: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
BRYOPHYTES AQUATIQUES PAR LE NICKEL (Ni)
FIGURE 13: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
BRYOPHYTES AQUATIQUES PAR LE CHROME (Cr)
FIGURE 14: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
BRYOPHYTES AQUATIQUES PAR LE MERCURE (Hg)
FIGURE 15: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
BRYOPHYTES AQUATIQUES PAR LE CHROME (Cr)
FIGURE 16: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
BRYOPHYTES AQUATIQUES PAR LE MERCURE (Hg)
FIGURE 17: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
BRYOPHYTES AQUATIQUES PAR LE PLOMB (Pb)
FIGURE 18: PROFIL LONGITUDINAL DU DEGRE DE POLLUTION DES
BRYOPHYTES AQUATIQUES PAR LE ZINC (Zn)
B I B L I O G R A P H I E
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