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Retour de Maâlem Abdeslem à la maison

Dans ce chapitre, Zineb annonce le retour de Maâlem Abdeslem, provoquant une grande joie parmi les femmes de la maison. Le père, après un long voyage, ramène des provisions et retrouve son fils, qui partage avec lui des récits embellis de leur vie durant son absence. La scène se déroule dans un cadre familial chaleureux, où les voisines célèbrent ce retour avec des you-yous et des vœux de bonheur.

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Retour de Maâlem Abdeslem à la maison

Dans ce chapitre, Zineb annonce le retour de Maâlem Abdeslem, provoquant une grande joie parmi les femmes de la maison. Le père, après un long voyage, ramène des provisions et retrouve son fils, qui partage avec lui des récits embellis de leur vie durant son absence. La scène se déroule dans un cadre familial chaleureux, où les voisines célèbrent ce retour avec des you-yous et des vœux de bonheur.

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Chapitre 12 : La Boîte à Merveilles

- Mère Zoubida ! Mère Zoubida ! Je t’apporte une bonne nouvelle, une bonne nouvelle!

Une bonne nouvelle?

Ma mère s’arrêta de vitupérer contre moi. Zineb, suffoquée par l’émotion, se planta au milieu du patio, tenta sans y
parvenir d’expliquer ce dont il s’agissait. Personne ne comprit le motif de son excitation. Les femmes avaient abandonné leur
ouvrage. Elles regardaient qui par une lucarne, qui par une fenêtre, Zineb gesticuler au milieu de la cour. Je quittai ma
cachette. Zineb s’immobilisa épuisée. Toutes les femmes se mirent à l’interroger. Elle releva la tête en direction de notre
chambre et rvint à dire enfin:

- J’ai vu dans la rue ... le Maâlem ... Abdeslem ! Un silence incrédule accueillit cette déclaration.

Rahma le rompit:

- Que racontes-tu, petite menteuse?

-J’ai vu Ba Abdeslem non loin du marchand de farine, près de la mosquée du bigaradier. Il tient deux poulets à la main. Je
l’ai laissé en train de bavarder avec un campagnard qui a une figure longue comme une gargoulette.

Kanza de sa chambre dit:

- Si ce que raconte Zineb est vrai, nous en sommes toutes très heureuses et nous souhaitons au Maâlem Abdeslem bon
retour.

Ma mère ne disait rien. Elle me rejoignit dans notre chambre et restait au milieu de la pièce les bras ballants. Elle avait
quitté la terre, elle nageait dans la joie au point de perdre l’usage de sa langue.

Je me précipitai vers l’escalier. Je ne savais pas au juste où je me dirigeais. J’avais parcouru une dizaine de marches
lorsque la voix de mon père monta du rez-de-chaussée.

- N’y a-t-il personne, puis-je passer? Le timbre n’en avait pas changé.

- Passe, Maâlem Abdeslem. Aujourd’hui est un jour béni. Dieu t’a rendu aux tiens, qu’il en soit loué, répondit Kanza la
voyante.
- Dieu te comble de ses bénédictions, dit mon père

Je rebroussai chemin. Je voulais le voir entrer dans la chambre. L’escalier me paraissait un lieu sombre, il n’était nullement
indiqué pour revoir mon père au retour d’un aussi long voyage. Ma mère n’avait pas bougé. Elle me parut un peu souffrante.
Moi-même, je ne me sentais plus très bien. Mon front se couvrit de gouttelettes froides et mes mains tremblaient légèrement.
Le pas pesant de mon père résonnait toujours dans l’escalier. Une ombre obscurcit la porte de notre chambre. Mon père entra.

- Le salut sur vous.

- Sur toi le salut, murmura ma mère. As-tu fait bon voyage?

- Louange à Dieu, je n’ai eu aucun ennui, mais je suis un peu fatigué ... Sidi Mohammed, viens que je te regarde de plus
près.

Je m’approchai de mon père. Il se débarrassa des deux poulets. Il les posa à même le sol. Ils avaient les pattes liées par un
brin de palmier. Ils se mirent à battre des ailes, à pousser des gloussements de terreur. Mon père m’intimidait. Je le trouvais
changé. Son visage avait pris une couleur terre cuite qui me déconcertait. Sa djellaba sentait la terre, la sueur et le crottin.
Lorsqu’il passa ses mains sous mes aisselles et me souleva à la hauteur de son turban, je repris entièrement confiance et
j’éclatai de rire. Ma mère sortit de sa torpeur. Elle rit comme une petite fille, s’empara des poulets pour les emporter à la
cuisine, revint aider mon père à vider son capuchon qui contenait des œufs, sortit d’un sac de doum un pot de beurre, une
bouteille d’huile, un paquet d’olives, un morceau de galette paysanne en grosse semoule. Prise d’une fièvre d’activité, elle
rangeait nos richesses, soufflait sur le feu, allait, venait d’un pas pressé sans s’arrêter de parler, de poser des questions, de me
gourmander gentiment.

Installé sur les genoux de mon père, je lui racontais les événements qui
avaient meublé notre vie pendant son absence. Je les racontais à ma façon,
sans ordre, sans cette obéissance aveugle à la stricte vérité des faits qui rend
les récits des grandes personnes dépourvus de saveur et de poésie. Je sautais
d’une scène à une autre, je déformais les détails, j’en inventais au besoin. A
chaque instant, ma mère essayait de rectifier ce que j’avançais; mon père la
priait de nous laisser en paix.
Les voisines faisaient à haute voix des vœux pour que notre bonheur soit
durable et notre santé prospère.
Des you-you éclatèrent sur la terrasse. Des femmes venues des maisons
mitoyennes manifestaient ainsi, bruyamment, la part qu’elles prenaient à
notre joie. Ma mère ne cessait de remercier les unes et les autres.
Driss El Aouad arriva de son atelier. Sa femme le mit au courant du retour
de mon père. Il appela:
- Maâlem Abdeslem ! Nous sommes très heureux de te voir de retour
parmi les tiens.
- Monte un instant, Driss.
Driss, le fabricant de charrues, avait le même âge que mon père. Tous les
deux frisaient la quarantaine. Ils se connaissaient depuis longtemps et
s’estimaient beaucoup. Driss El Aouad monta chez-nous.
Les deux hommes, après les salutations d’usage, discutèrent familièrement.
Ils parlèrent de la qualité des récoltes, des prix des denrées, des amis
communs.
Driss dit à mon père:
- Tu viens d’arriver et peut-être même les gens de ta maison ne le savent-
ils pas encore. Le divorce entre Moulay Larbi et la fille du coiffeur a été
prononcé hier devant notaire.
- Louange à Dieu ! Moulay Larbi va pouvoir enfin retrouver la tranquillité
de l’âme, la paix des hommes bénis. Je savais que la folie de Moulay Larbi
serait passagère. N’est-ce pas folie de vouloir, conduire plusieurs attelages à
la fois ? Il est déjà si difficile de s’entendre avec une seule femme, de vivre
en harmonie avec les enfants de sa chair. Moulay Larbi a goûté au fruit amer
de l’expérience, le voici de nouveau parmi les hommes normaux, il convient
d’en louer le Seigneur.
Ma mère m’appela à voix basse:
- Sidi Mohammed! Viens chercher le plateau.
J’allai la retrouver à la cuisine. Le plateau pesait lourd à mes bras J’enfant.
Je m’acquittai de cette fonction avec un Certain orgueil. Mon père versa le
thé.
La conversation des deux hommes reprit. Elle se transforma peu à peu en
ronronnement. La fatigue envahit mes membres. Je me sentis triste et seul.
Non! Je ne voulais pas dormir, je ne voulais pas pleurer. Moi aussi, j’avais
des amis. Ils sauraient partager ma joie. Je tirai de dessous le lit ma Boîte à
Merveilles. Je l’ouvris religieusement. Toutes les figures de mes rêves m’y
attendaient.
Fès, 1952.
Questions :
1- A l’aide d’un dictionnaire, expliquez les mots en rouge.
2- Complétez le tableau suivant :
Titre de Genre littéraire Courant Date de L’écrivain Sa date de
l’œuvre littéraire publication naissance et
de décès.

3- Situez le passage en complétant le paragraphe suivant :


Ce texte est extrait du roman
autobiographique……………………………………………….de son
écrivain …………………………………………….. . Dans ce passage le narrateur raconte
l’événement …………………………. .
4- Où se passe l’action dans cet extrait ?
5- Quels sont les personnages présents dans cet extrait ?
6- Quelle nouvelle apporte Zineb à Lalla Zoubida ? Lalla Zoubida l’avait-elle cru ?
7- Qu’avait ramené le père avec lui à son retour ? Que contenait son sac ?
8- L'enfant constate que son père a changé. Relevez dans le texte deux énoncés qui le
montrent.
9- Relevez dans le texte quatre termes appartenant au champ lexical de la nourriture et de la
joie.
10- De quelles figures de style s’agit-il dans les phrases soulignées dans le texte ?
11- Que racontait Sidi Mohammed à son père ? De quelle manière ?
12- Quelle était la réaction des voisines suite au retour de Maâlem Abdeslam ? Relevez dans le
texte deux énoncés qui montrent ce qu'elles font dans ce sens.
13- Quel personnage vient visiter Maalem Abdeslam ? Il lui raconte quelle nouvelle ?
14- Quel est le point de vue de Maalam Abdeslam sur la polygamie ?
15- Lors de la discussion entre Maalem Abdeslam et Driss El Ouad, qu’avait senti le narrateur ?
16- Que décide le narrateur de faire à la fin de ce texte ?

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