ÉCOLE NATIONALE SUPERIEURE DES MINES DE
RABAT
Département : Sciences de la terre
Filière : Génie Civil Et Minier
RAPPORT :
TRAVAUX DE TERRAIN EN HYDROLOGIE
Encadrant scientifique :
Mr. DADI SLIMAN
Mr. BOUHADDIOUI MOHAMMED
Réalisé par :
LOUKMANE EL MEHDI
Remerciements
Tout d’abord, un immense merci à nos professeurs encadrants, Monsieur DADI SLI-
MAN et Monsieur EL BOUHADDIOUI MOHAMMED. Leur soutien indéfectible et
leur expertise ont été déterminants dans notre apprentissage. Grâce à leurs conseils avi-
sés, nous avons pu approfondir notre compréhension des aspects techniques du projet
d’interconnexion des bassins Sebou-Bouregreg.
Nous tenons également à saluer Monsieur Fayçal EL BOUCHIKHI, chef de service
des travaux des stations de pompage et ouvrages DOP du projet de transfert Sebou-
Bouregreg. Son accueil chaleureux et sa disponibilité ont grandement facilité notre expé-
rience. Les explications qu’il nous a fournies, ainsi que sa présentation des installations,
ont été d’une grande aide pour saisir les enjeux techniques de ce projet d’envergure.
Nous remercions également l’École Nationale Supérieure des Mines de Rabat, et en
particulier le département des Sciences de la Terre, pour l’organisation de cette visite
technique. Cette expérience enrichissante nous a permis de confronter nos connaissances
théoriques à la réalité du terrain, nous offrant ainsi une perspective concrète sur le génie
civil et l’hydrologie.
Enfin, cette visite a été un moment clé de notre parcours académique, nous permet-
tant de mieux appréhender les défis auxquels nous serons confrontés dans notre future
carrière. Elle a renforcé notre compréhension des projets d’infrastructure hydraulique
à l’échelle nationale et a enrichi notre formation d’ingénieur.
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Table des matières
1 Introduction Générale 3
1.1 État des Lieux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2 Processus de filtration et de prétraitement 4
2.1 Circulation Initiale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.2 Filtration et Préparation de l’Eau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.2.1 Filtration Automatique par Dégrilleur . . . . . . . . . . . . . . 5
2.2.2 Filtration par Désableur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3 STATION DE POMPAGE : SP1 7
3.1 Composants de la Station de Pompage SP1 . . . . . . . . . . . . . . . 8
4 STATION DE POMPAGE : SP2 11
5 Station de Refoulement 14
6 Les futurs Projets 15
7 CONCLUSION 16
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1 Introduction Générale
Le projet d’interconnexion entre les bassins de Sebou et Bouregreg représente une ini-
tiative stratégique essentielle pour la gestion des ressources en eau au Maroc. Face à
des défis hydriques croissants, ce projet vise à exploiter le surplus d’eau d’un bassin
pour le transférer vers un autre bassin déficitaire. Cette démarche est cruciale pour
renforcer l’alimentation en eau potable, notamment pour l’axe Rabat-Casablanca, qui
abrite près de 12 millions d’habitants. En intégrant des infrastructures modernes et des
technologies avancées, le projet répond à la nécessité de garantir un approvisionnement
en eau fiable et durable pour une population en constante augmentation.
1.1 État des Lieux
Le Maroc est confronté à un déficit hydrique alarmant, variant entre 60 et 80 % . Ce
constat est particulièrement préoccupant dans le contexte actuel, où les ressources natu-
relles en eau se raréfient. En 2021, le taux de remplissage du barrage de Sidi Mohammed
Ben Abdallah était remarquablement bas, illustrant l’urgence de la situation. Aupara-
vant, les ressources hydriques naturelles atteignaient une moyenne de 600 millions de
mètres cubes, mais cette moyenne a diminué, exacerbée par les effets du changement cli-
matique et les variations saisonnières des précipitations. Ce déficit hydrique impacte non
seulement l’approvisionnement en eau potable, mais également l’agriculture et d’autres
secteurs vitaux de l’économie marocaine
Figure 1 – Projet d’interconnexion
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2 Processus de filtration et de prétraitement
Pour garantir que l’eau soit propre et prête à être pompée, un processus de filtration
et de prétraitement rigoureux est mis en place.
2.1 Circulation Initiale
À l’entrée de la station de filtration, un chenal a été conçu pour permettre à l’eau du
fleuve Sebou de circuler de manière contrôlée. Cette circulation initiale est cruciale pour
assurer une répartition uniforme de l’eau avant qu’elle ne soit soumise aux systèmes de
filtration.
Figure 2 – Chenal
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2.2 Filtration et Préparation de l’Eau
2.2.1 Filtration Automatique par Dégrilleur
Après avoir traversé le chenal, l’eau entre dans une section équipée d’un
dégrilleur automatique. Ce dispositif joue un rôle essentiel dans le processus
de filtration, en éliminant les déchets de taille moyenne qui pourraient nuire
au fonctionnement des pompes. Voici les principales caractéristiques de ce
système :
Le dégrilleur est conçu pour fonctionner de manière continue, utilisant
des grilles de différentes tailles pour capturer efficacement les déchets. Cette
fonctionnalité permet de maintenir un flux d’eau constant tout en garan-
tissant que les débris indésirables sont éliminés en temps réel.
Les déchets retenus par le dégrilleur sont transportés sur un tapis roulant
vers une benne à ordures. Cette benne est ensuite évacuée par un camion,
ce qui garantit une élimination appropriée des déchets et prévient toute pol-
lution de l’environnement. Ce processus d’évacuation contribue également
à maintenir la propreté et l’efficacité de la station de filtration.
2.2.2 Filtration par Désableur
Avant d’arriver au système de pompage, l’eau passe par un désableur. Ce
dispositif est conçu pour enlever les petites particules, comme le sable et la
boue, qui pourraient bloquer les tuyaux ou abîmer les pompes. Il complète
le travail du dégrilleur en éliminant les impuretés plus fines.
Le désableur fonctionne grâce à un processus appelé décantation. Les par-
ticules lourdes, comme le sable, se déposent au fond du réservoir pendant
que l’eau plus propre sort par des sorties spéciales. Ce mécanisme permet
de séparer efficacement les impuretés les plus lourdes de l’eau.
Cette filtration améliore la qualité de l’eau en amont des pompes. En rédui-
sant la quantité de sédiments, le désableur aide à protéger les équipements
et à prolonger leur durée de vie. Il assure également que l’eau qui continue
son chemin est plus propre, ce qui garantit un fonctionnement efficace du
système.
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Figure 3 – systéme de Filtration
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3 STATION DE POMPAGE : SP1
Avant l’arrivée au station on a une palplanche est une structure controlant la vitesse de
l’écoulement de l’eau. En créant des barrières verticales, elle ralentit le débit, ce qui aide
à prévenir l’érosion et à protéger les équipements de pompage. De plus, en divisant le
bassin en sections, elle permet à l’eau de se calmer et de déposer les sédiments, rendant
l’eau plus propre et facilitant son traitement. Cela contribue à une gestion efficace et
sécurisée des ressources en eau.
Figure 4 – Palplanche
Ensuite l’eau passe par trois vannes d’isolation qui permettent de contrôler les entrées
d’eau dans la station et de maintenir un niveau constant en aval. L’eau est ensuite
dirigée à travers des dalots vers la base d’aspiration.
Figure 5 – Base d’aspiration
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3.1 Composants de la Station de Pompage SP1
La station de pompage SP1 est conçue pour garantir un fonctionnement optimal dans
la gestion des ressources en eau. Voici les principaux éléments qui la composent :
Groupe Électropompes :
SP1 est équipée de six groupes électropompes, dont une est destinée à servir de secours.
Cela permet de maintenir un pompage continu, même en cas de défaillance d’une pompe.
Transformateurs Électriques :
La station utilise des transformateurs qui fournissent une alimentation de 60 kV, essen-
tielle pour le fonctionnement des électropompes.
Figure 6 – Électropompes
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Ballons Anti-Bélier :
neuf ballons antibéliers sont installés pour amortir les variations de pression dans le
système. Ces dispositifs protègent les conduites et les équipements contre les coups de
bélier, qui peuvent causer des dommages.
Figure 7 – Ballons Anti-Bélier
Tube Venturi :
Un tube Venturi est intégré pour mesurer le débit d’eau avant qu’elle ne soit acheminée
vers les conduites principales. Cela permet de s’assurer que le débit est conforme aux
exigences opérationnelles.
Figure 8 – Tube Venturi.
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La salle de contrôle de la station de pompage SP1 est un lieu clé pour surveiller
et gérer les opérations. Elle est dotée d’écrans qui montrent en temps réel des infor-
mations comme le débit et la pression. On y trouve des systèmes pour contrôler les
électropompes, des logiciels pour analyser les données, et des protocoles de sécurité
pour protéger les équipements et le personnel. Son aménagement est conçu pour le
confort des équipes, ce qui permet d’assurer un approvisionnement en eau fiable et
sécurisé.
Figure 9 – La salle de contrôle
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4 STATION DE POMPAGE : SP2
L’entrée à la station de pompage SP2 est régulée par un système sophistiqué de contrôle
basé sur le niveau d’eau.Un capteur utilisé pour surveiller le niveau d’eau. Ce type de
dispositif est crucial pour assurer un contrôle optimal du transfert d’eau. En fonction
du niveau demandé, les ouvertures sont automatiquement actionnées pour permettre le
transfert d’eau vers SP2. Des câbles électriques suggérant que l’équipement est alimenté
et peut transmettre des données à la salle de contrôle. Ce mécanisme assure un appro-
visionnement fluide et constant tout en évitant les débordements ou les interruptions.
Grâce à cette gestion précise, la station SP2 peut fonctionner efficacement, garantissant
ainsi la continuité des services d’approvisionnement en eau. La surveillance en temps
réel des niveaux d’eau joue un rôle crucial dans ce processus, permettant aux opérateurs
d’ajuster les ouvertures selon les besoins, tout en maintenant un équilibre optimal entre
les deux stations.
Figure 10 – Capteur
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Les masselots sont des dispositifs importants dans les systèmes de pompage d’eau. Ils
permettent de contrôler le débit et la pression de l’eau, assurant ainsi un flux régulier
vers les stations de pompage. En ajustant leur position, ils aident à protéger les équipe-
ments contre les surcharges et à répondre rapidement aux besoins en eau. En facilitant
la gestion du système, les masselots contribuent également à économiser de l’énergie et
à garantir un approvisionnement en eau fiable.
Figure 11 – Masselots
Un bassin d’évacuation joue un rôle essentiel dans la gestion des eaux en permettant
de stocker temporairement l’eau excédentaire, ce qui aide à prévenir les inondations et
à réguler le débit vers les systèmes de drainage. En offrant un temps d’agir, il contribue
également à la clarification de l’eau avant son évacuation, améliorant ainsi la qualité de
l’eau dans les écosystèmes environnants. De plus, il assure une flexibilité opérationnelle
en permettant la continuité des opérations même lors de maintenance des systèmes de
pompage.
Figure 12 – Bassin d’évacuation
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L’intégration d’un portique de maintenance dans les deux stations de pompage est es-
sentielle pour garantir un accès sécurisé aux équipements lourds, faciliter les opérations
de levage et réduire les temps d’arrêt lors des interventions de maintenance. En offrant
une flexibilité d’utilisation et en améliorant la sécurité, ce portique permet d’optimiser
la productivité des stations, assurant ainsi un approvisionnement en eau constant et
fiable tout en respectant les normes de sécurité.
Figure 13 – Portique
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5 Station de Refoulement
La station de refoulement permet d’évacuer l’eau vers le barrage Sidi Mohammed Ben
Abdellah grâce à un système gravitaire, évitant ainsi le besoin de pompage supplémen-
taire, ce qui réduit les coûts d’exploitation. Elle est construite avec des blocs d’enroche-
ment pour prévenir l’érosion et assurer la durabilité de l’infrastructure. Située sur un
terrain paléozoïque,recouvert de formations marneuses des mesures de protection ont
été mises en place pour garantir sa stabilité face aux contraintes hydrodynamiques. En
somme, cette station offre une solution efficace et durable pour la gestion des eaux.
Figure 14 – station de Refoulemnt.
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6 Les futurs Projets
Nizar Baraka a annoncé que le gouvernement met en œuvre plusieurs pro-
jets structurants dans le bassin du Bouregreg et de la Chaouia pour faire
face à la situation exceptionnelle de l’eau. Parmi ces initiatives figurent
le démarrage imminent d’une station de dessalement à Casablanca avec
une capacité de 200 Mm³/an, qui atteindra 300 Mm³/an dans une seconde
phase, ainsi que la réalisation du barrage Boukhmiss dans la province de
Khémisset et du barrage Ain Ksob dans la province de Benslimane. Le
gouvernement poursuivra également l’exploration des nappes phréatiques,
la programmation de trois petits barrages, et une étude pour l’intercon-
nexion entre les bassins du Sebou, Bouregreg et Oum Er-Rbia. Ces projets
visent à renforcer les ressources en eau du barrage Al Massira pour assurer
l’approvisionnement en eau potable et l’irrigation, tout en promouvant la
réutilisation des eaux usées et la sensibilisation à l’économie de l’eau.
Figure 15 – Station de dessalement Casablanca
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7 CONCLUSION
Les travaux réalisés dans le cadre de l’hydrologie appliquée en génie civil et
minier ont permis d’analyser en profondeur les enjeux liés à la gestion des
ressources en eau, particulièrement dans un contexte où leur optimisation
est cruciale pour un développement durable. Le projet d’interconnexion
des bassins de Sebou et Bouregreg illustre cette approche intégrée, met-
tant en lumière l’importance des infrastructures hydrauliques pour garan-
tir un approvisionnement fiable en eau pour l’irrigation, l’alimentation en
eau potable et les activités industrielles. Grâce à des méthodes d’analyse
hydrologique et à des outils de modélisation, nous avons évalué l’impact
de ce projet sur divers secteurs économiques et sur près de 12 millions
d’habitants des régions de Rabat et Casablanca, soulignant les bénéfices
significatifs pour l’agriculture et l’industrie.
Cette infrastructure, réalisée en des délais exceptionnellement courts avec
un taux d’achèvement de 99 % à l’été 2023, témoigne de l’engagement du
Maroc à relever les défis majeurs de la gestion des ressources hydriques
face au changement climatique. Les stations de pompage et de refoulement
forment un système intégré sophistiqué permettant le transfert efficace d’un
volume d’eau considérable, entre 350 et 560 millions de mètres cubes par
an. La mise en service progressive, débutée le 24 août 2023, illustre la
vision à long terme du projet, mobilisant un investissement de 6 milliards
de dirhams et des technologies avancées issues de neuf pays.
En définitive, ce projet ne se limite pas à assurer l’approvisionnement en
eau potable ; il constitue également un modèle d’adaptation aux change-
ments climatiques et de gestion intégrée des ressources en eau. Il pave la
voie à de futures initiatives similaires pour d’autres bassins hydrauliques,
transformant les défis environnementaux en opportunités de développement
durable. L’interconnexion Sebou-Bouregreg incarne parfaitement la vision
stratégique du Maroc en matière d’eau, où l’innovation technique se met au
service de la résilience climatique et du développement socio-économique
du pays.
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