DFGSP1 – 1er semestre
UE 3 - Variabilité de l'exposition aux molécules
actives (VEMA)
ENSEIGNEMENT DIRIGE DE
PHARMACOCINETIQUE (Séance 1)
Exercice n°1.
Alprazolam (Xanax®) is a short-acting anxiolytic benzodiazepine drug used several times a
day in chronic treatment. 31 healthy subjects participated in the study after giving written
informed consent. Obese and control subjects were matched for age, sex, cigarette smoking
habits and alcohol consumption to the extent verifiable by subjects’ history. Plasma
cholesterol, triglycerides and albumin level were not different between groups. Subjects were
on no other medications during the study and were not on diets designed to change their
weight. No significant weight changes occurred in any subject during the course of the study.
For the study, subjects received a single oral dose of alprazolam (1 tablet - 1 mg). The drugs
were administered after an overnight and subjects remained fasting for 3 hours after the drug
dose. Venous blood samples were drawn into heparinized tubes from an indwelling butterfly
cannula. Blood samples were obtained at different times. Samples were centrifuged, and the
plasma separated and frozen until the time of assay.
Figure 1 : Plasma alprazolam
concentrations after oral
alprazolam administration to
one representative obese subject
and to a matched control subject
of normal weight.
1
Tableau 1 : Subject characteristics and pharmacokinetic variables for alprazolam (mean ±
SD)
Control group (n=12) Obese group (n=12)
Body Weight (kg) 63,3 ± 2,9 111,6 ± 11,8***
Ideal bodyweight (kg) 62,8 ± 3,8 62 ,1 ± 3,3
%Ideal bodyweight 100,6 ± 2,5 178,7 ± 13,5***
Elimination half-life (h) 10,6 ± 0 ,9 21,8 ± 2,5***
Vd (L) 73,1 ± 3,6 113,5 ± 11,4**
Vd (L/kg) 1,16 ± 0,04 1,06 ± 0,07
Clearance (ml/min) 88,0 ± 9,7 66,4 ± 7,0
% Unbound (free fraction fu) 29,2 ± 0,6 30,3 ± 0,8
** p< 0,01
*** p < 0,001
Questions :
1. Décrire la Figure 1 : quelles données représente-t-elle ?
2. Quelle(s) équation(s) pourrai(en)t décrire l’évolution des concentrations plasmatiques
en fonction du temps chez le groupe « obèse » et « non obèse » ?
3. A partir de la Figure 1 et du tableau 1, interpréter la pharmacocinétique de
l’alprazolam chez les patients obèses et non obèses.
4. A quel groupe de la classification des médicaments en fonction du Vd, l’alprazolam
appartient-il?
Exercice n°2.
Le glibenclamide (Daonil©) est un sulfamide hypoglycémiant utilisé dans le traitement du
diabète de type 2. Son étude pharmacocinétique a été réalisée après administration
intraveineuse (IV) rapide de glibenclamide radioactif chez des singes ayant au préalable reçu
ou non de la rifampicine par voie IV 15 minutes avant l’injection de glibenclamide.
Des prélèvements sanguins ont été effectués pour mesurer la concentration plasmatique du
glibenclamide. La quantité de glibenclamide dans le foie a également été mesurée grâce à une
méthode de dosage non invasive ne nécessitant pas le sacrifice de l’animal (par détection
externe de glibenclamide radioactif).
Le glibenclamide est métabolisé par les cytochromes P450. La fraction d’excrétion urinaire
(fe) est de 1%. La rifampicine n’est pas un inhibiteur de cytochromes P450. On remarque que
dans le cas où le glibenclamide est associé à la rifampicine, les métabolites du glibenclamide
ne sont alors plus formés.
L’évolution des concentrations au cours du temps et les paramètres pharmacocinétiques du
glibenclamide sont reportés dans les figures et le tableau ci-dessous.
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PLASMA FOIE
glibenclamide (µg/100g de foie)
Concentration hépatique de
Glibenclamide
Concentration plasmatique de
Glibenclamide Glibenclamide + rifampicine
40
Glibenclamide + rifampicine
glibenclamide (µg/L)
100
30
10
20
10
1
0
Temps (h) Temps (h)
Figure 1 (Plasma) et Figure 2 (Foie) : Concentrations plasmatiques (Figure 1) ou tissulaire
(foie, Figure 2) du glibenclamide en fonction du temps et en présence ou en absence d’une
pré-administration de rifampicine. Les points représentent les concentrations moyennes
obtenues chez le singe (n= 4-5).
Tableau 1. Comparaison statistique des paramètres pharmacocinétiques moyens réalisée entre
le groupe « glibenclamide » et le groupe « glibenclamide + rifampicine ». Une différence
statistique significative est notifiée par ** p <0,01.
Glibenclamide Glibenclamide +
Rifampicine
Demi-vie d'élimination (h) 7 34**
AUC (µg.h.L-1) 140 688**
Vd (L) 14 13
Clairance totale (ml/min) 500 105**
Question 1:
A) Identifier la/les phase(s) cinétique(s) du glibenclamide impactée(s) par cette
interaction.
B) Quelle(s) hypothèse(s) peuvent être avancées pour comprendre cette interaction
médicamenteuse ?
Pour identifier le rôle de certaines protéines impliquées dans la variabilité PK on réalise une
expérience à partir de modèles de cellules permettant une mesure du transport cellulaire de
glibenclamide dans diverses conditions. Pour cela on utilise des cellules HEK transfectées par
un gène de protéine codant et permettant la sur-expression d’un transporteur de choix
(symbolisé par l’abréviation : HEK-transporteur) et des cellules HEK contrôles ne sur-
exprimant pas ce transporteur (symbolisé par l’abréviation : HEK (control)). Les figures ci-
dessous montrent les résultats obtenus.
3
Etude du transport in vitro du glibenclamide
1200
Figure 3. La comparaison
Quantité intracellulaire (nmol/mg) de
***
statistique a été réalisée entre
glibenclamide arpès 10 minutes
1000
l’expérience HEK-transporteur et
d'incubation cellulaire
800 le groupe HEK (control). Une
600 différence statistique est indiquée
400
par ** p<0,01 ; ***p<0,001. Les
barres représentent les moyennes ±
200
** SD.
0
HEK HEK-OAT
KEK-OAT HEK-OCT HEK-OATP HEK-P-gp
(control)
Question 2 :
A) Que pouvez-vous conclure de l’interaction du glibenclamide avec ces transporteurs ?
B) Citer un transporteur d’efflux impliqué dans le transport du glibenclamide, préciser la
superfamille auquel il appartient ainsi que des exemples connus de localisation dans
l’organisme.
Pour illustrer l’influence de la rifampicine, les mêmes expériences sont réalisées en
présence de rifampicine. Les résultats sont présentés ci-dessous :
Etude du transport in vitro du glibenclamide en
600
présence de rifampicine
Quantité intracellulaire (nmol/mg) de
Figure 4. La comparaison
glibenclamide arpès 10 minutes
500
statistique a été réalisée entre
d'incubation cellulaire
400
l’expérience HEK-transporteur et
300 le groupe (HEK) control. Une
200 différence statistique est indiquée
par ** p<0,01 ; ***p<0,001. Les
100 **
barres représentent les moyennes ±
0 SD.
HEK HEK-OAT
KEK-OAT HEK-OCT HEK-OATP HEK-P-gp
(control)
Question 3 :
A) Quelles sont vos conclusions au sujet de l’interaction de la rifampicine et du
glibenclamide ?
B) A partir de l’ensemble des données présentées, expliquer le mécanisme moléculaire
permettant de comprendre les conséquences de cette interaction médicamenteuse et
la raison pour laquelle il n’y a pas de production de métabolites formés lors d’une
co-administration de rifampicine avec le glibenclamide.
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ENSEIGNEMENT DIRIGE DE
PHARMACOCINETIQUE (Séance 2)
Exercice n°1
Le pantoprazole (Inipomp®) est un inhibiteur de la pompe à protons (IPP) utilisé notamment
dans le traitement de l’ulcère gastro-duodénal et du reflux gastro-œsophagien (RGO).
Chez l’adulte, après administration orale, le Tmax est atteint en 2,5 h et la biodisponibilité
absolue est comprise entre 70 et 80%. Le pantoprazole est fortement lié aux protéines
plasmatiques (fup = 0,02). Son élimination est presque exclusivement hépatique. Son
métabolisme fait intervenir les CYP3A4 et CYP2C19 (Figure 1). Il a été montré que des
polymorphismes affectant le CYP2C19 avaient une influence sur la pharmacocinétique et la
pharmacodynamie du pantoprazole. La demi-vie d’élimination du pantoprazole est environ 1
heure.
Un enfant de 2 ans pesant 15 Kg est traité pour un RGO par du pantoprazole par voie orale à
la dose de 1,2 mg/kg en une prise quotidienne.
La demi-vie d’élimination observée est égale à 0,8 heure et le Vd/F est égal à 0, 42 L/kg.
1) Calculer les clairances apparentes totale et hépatique.
2) Calculer l’AUC totale.
Une étude menée sur une population de nouveau-nés âgés de 1 à 20 semaines (nés ou non
prématurément, soit entre la 23ème et la 41ème semaine d’aménorrhée) a montré une demi-vie
allongée égale à 3,1 ± 1,5 heures.
3) Quelles peuvent être les origines pharmacocinétiques d’un allongement de la demi-
vie ?
4) Pouvez-vous à partir des figures 2 et 3, compléter votre réponse à la question 3 ?
5
Figure 2 : relation entre la Cl/F du pantoprazole et l’âge
Figure 3 : quantité de CYP2C19 mesurée chez le fœtus (EGA : estimated
gestational age) et le nouveau-né (PNA : post-natal age)
5) D’après la figure 2, quelle dose devra-t-on administrer à un nouveau-né âgé de 5
semaines pesant 2,6 kg (enfant né prématurément) pour obtenir la même AUC totale
que chez l’enfant de 2 ans ?
6) La même adaptation de posologie a été appliquée chez un nouveau-né âgé de 2 mois.
La dose ainsi administrée était de 0,29 mg/kg avec comme objectif d’atteindre la
même valeur d’AUC que chez l’enfant de 2 ans (calculé à la question 2).
L’étude pharmacocinétique révèle une AUCtotale de 10 mg.L-1.h. Quelle hypothèse
pouvez-vous poser pour expliquer ce résultat ?
7) La figure 4 montre l’impact de différents génotypes du CYP2C19 sur la
pharmacocinétique du pantoprazole. Pouvez-vous en déduire le génotype du patient
étudié ?
6
8) L’impact des mêmes génotypes a été étudié sur la pharmacocinétique de l’oméprazole.
Les résultats sont donnés sur la figure 5. Qu’en déduisez-vous ? Quel IPP sera à
privilégier chez le patient étudié ?
Figure 4 : Impact du génotype du CYP2C19 sur la pharmacocinétique du pantoprazole
Figure 5 : Impact du génotype du CYP2C19 sur la pharmacocinétique de l’oméprazole
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Exercice n°2
L’entécavir (Baraclude©), un analogue nucléosidique, est un antirétroviral (ARV) utilisé dans
le traitement de l’hépatite B. Il appartient à la classe 3 de la classification BCS. Le JBP485,
un hépato-protecteur, est un composé en cours d’évaluation. Le JBP485 est connu pour être
substrat et inhibiteur de transporteurs SLC (ex : Pept1/SLC15a1 ; Oat1/SLC22a6 et
Oat3/SLC22a8). Dans la perspective thérapeutique d’un co-traitement, l’association
entécavir+ JBP485 est évaluée sur le plan pharmacocinétique.
On réalise la pharmacocinétique de l’entécavir administré chez le rat (300 ± 10 g) à la dose de
60 µg/kg par voie IV bolus ou par voie orale, avec ou sans administration de JBP485 (25
mg/kg, IV). Des prélèvements sanguins et le recueil des urines sont réalisés pour permettre la
quantification plasmatique et urinaire de l’entécavir aux différents temps de l’étude.
Après administration IV Bolus d’entécavir :
Après administration orale d’entécavir :
Ces études pharmacocinétiques ont permis la mesure des paramètres suivant :
8
Questions :
1) A l’aide de ces données, commenter les effets du JBP485 sur la pharmacocinétique de
l’entécavir.
2) Quelles hypothèses mécanistiques pouvez-vous suggérer ?
Une étude cinétique cellulaire complémentaire est réalisée. La distribution intracellulaire
d’entécavir est mesurée sur des cultures de cellules MOCK (n’exprimant aucun transporteur)
ou sur des modèles de cellules transféctées par un gène codant pour un transporteur
Pept1 (figure a) ou Oat3 (figure b), avec ou sans co-incubation de JBP485 ou de PCG (un
inhibiteur connu de Oat3).
Cellules
CellulesOAT3
OAT3
3) Quel(s) mécanismes/hypothèses moléculaires peuvent être évoqués pour interpréter
l’effet du JBP485 sur la cinétique in vitro ? Au vue de ces résultats quelles hypothèses
mécanistiques peuvent être avancées pour expliquer la modification de la clairance de
l’éntécavir chez le rat ?