Cours de pétrographie
INTRODUCTION
Le mot pétrographie vient du grec, Petra =pierre et graphein =écrire
C’est donc une branche de la géologie s’occupe de l’étude des roches et
essentiellement de leur description. La pétrographie diffère de la pétrologie qui est
au-delà de l’aspect descriptif des roches s’intéressant à leur classification,
l’interprétation de leur genèse de même que leur évolution. L’objet de la pétrographie
est donc la roche. Une roche un matériau constitutif de l’ecorse terrestre. L’ecorse
terrestre ou croûte terrestre est la partie superficielle de la terre, épaisse de 35 km
sur les continents, environ 70 km sous les chaines de montagnes et 10 km sous les
océans.
Lithosphère = croute + une partie du manteau supérieur
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La roche est formée d’un agrégat de minéraux qui présentent une homogénéité de
composition, de structure et de formation. Le minéral étant un corps solide (à
l’exception de mercure), naturel, de propriété physique et de composition chimique
bien définie et se présentant sous forme de solide cristallin.
Le magma est dit palingite s’il provient de la lithosphère (c’est-à-dire magma d’autres
roches). Et non palingite s’il provient directement du manteau.
I. Les grands groupes de roches
Du point de vu origine ou genèse, on peut diviser les roches en 03 groupes :
1. Les roches magmatiques
Elles sont formées à partir de la cristallisation d’un mélange silicaté appelé magma
qui provient de la fusion des roches en profondeur. Ces roches sont appelées roches
endogènes c’est-à-dire ayant une origine interne.
Selon le lieu de cristallisation du magma, lié à sa température et de la viscosité qui
dépend elle aussi de la température et de la composition chimique, on distingue :
a. Les roches plutoniques
Ce sont des roches magmatiques qui proviennent de la cristallisation d’un magma
visqueux en profondeur. Les roches plutoniques présentent une texture grenue due
au refroidissement très lent du magma. Exemple le gabbro, diorite, granite, syénite.
b. Les roches hypovolcaniques
Elles sont encore appelées roches de semi- profondeur, elles présentent une texture
microgrenue. Exemple : microgranite, microsyénite, microgabbro, microdiorite.
c. Les roches volcaniques
Elles résultent d’un refroidissement rapide d’un magma fluide à la surface de l’écorse
terrestre (à l’air libre ou sous l’eau). Ces roches présentent donc une texture
microlitique ou vitreuse (forme pâteuse, exemple : la pierre ponce). Et microlitique
(formé de microlite, exemple : rhyolite, basalte, andésite, trachyte)
2. Les roches sédimentaires
Elles sont formées à la surface de l’écorse terrestre par diagénèse des sédiments
arrachés aux roches préexistant. Elles représentent 5% du volume de la croûte
terrestre et 75% en affleurement. Elles sont appelées roches exogènes car formées
en surface. On distingue l : les roches sédimentaires détritiques (sable, grès), les
roches sédimentaires résiduelles (latérite, bauxite), les roches sédimentaires
chimiques ou biochimiques (calcaire, gypse, halite, pétrole.).
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3. Les roches métamorphiques
Elles sont le résultat de la transformation à l’état solide sous l’effet de la température
et de la pression de roches préexistantes c’est-à-dire roches magmatiques,
sédimentaires et même anciennes roches métamorphiques. Ce sont des roches
endogènes. Exemple : gneiss, schistes…
II. Le cycle des roches (cycle géologique)
Les 03 groupes de roches sont le résultat d’un cycle de transformation appelé cycle
géologique ou cycle géochimique. Les composantes de ce cycle sont indiquées sur
le schéma suivant :
Un magma par cristallisation donne une roche magmatique (ignée). A la surface de
la terre, cette roche est exposée à différents processus géologiques qui l’érodent et
la transforment sous forme de grains de tailles diverses qui seront déposés dans les
bassins de sédimentation (mer, océans, lac, rivière..). Ces sédiments se transforment
à la suite de la compaction, de la consolidation et de la diagenèse en roche
sédimentaire. Les roches sédimentaires suite à l’enfouissement sous l’action de leur
poids, peuvent être soumises à des pressions et températures élevées pour se
transformer à l’état solide et donner des roches métamorphiques. Si la température
est très élevée (température de fusion), la roche fond pour donner du magma et le
cycle recommence.
Cycle géologique des roches
La pétrographie passe par la reconnaissance des minéraux qui constituent la roche
macroscopiquement mais aussi grâce au microscope. Ceci est du ressort de la
minéralogie et de la cristallographie
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1ier partie : Notion de cristallographie et de minéralogie
I. Notion de cristallographie
1. Définition
2. L’élément de symétrie
3. Combinaison des éléments de symétrie
4. Notion de maille
5. Les 7 systèmes cristallins
6. Indexation de Miller
II. Notions de minéralogie
1. Définition
2. Classification des minéraux
3. Les principales familles des silicates
4. Critères de reconnaissance des minéraux
2e partie : Roches magmatiques
I. Le magma
1. Définition
Le magma est un bain naturel de nature silicatée ou alumino-silicatée, il provient de
la fusion partielle des matériaux crustaux ou de matériaux mantelliques. Sa teneur en
silice varie entre 40- 75%. Un magma est constitué de trois phases :
- Une phase liquide, dont la proportion est fonction de la nature chimique et de
la température du magma. Elle peut représenter 10- 70% du magma et peut
même atteindre 100% si la température est supérieure au point de fusion de
tous les constituants chimiques qu’il renferme.
- Une phase gazeuse, les quantités de gaz sont très variables d’un magma à
l’autre et dépendent de la température, de la viscosité et de la composition
chimique du magma.
- Une phase solide, elle est constituée par les enclaves de la roche mère solide
(partie résiduelle non fondue) ou des enclaves de roches étrangères
arrachées à la cheminée lors de la remontée rapide du magma et enfin les 1er
minéraux cristallisés.
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Lors de la remontée vers la surface, les magmas stagnent à un certain moment dans
une zone superficielle appelée chambre magmatique. Dans cette chambre s’opèrent
des phénomènes complexes tels que :
- Des réactions chimiques avec la roche encaissante
- Un brassage par convection
- Une solidification qui peut se faire progressivement par cristallisation
fractionnée
- Une sédimentation de certains minéraux au fond de la chambre magmatique
- Une injection de magma différencié vers le toit de la chambre magmatique.
2. Suites réactionnelles de Bowen ou série de Bowen
Les expérimentaux de Bowen (1928), ont permis de mettre en évidence l’ordre
d’apparition des minéraux en fonction de la température et de la composition
chimique (teneur en silice SiO2) du magma lors de son refroidissement. Les cristaux
observés dans la roche sont formés par une série de réaction qui s’effectue au fur et
à mesure du refroidissement entre les 1er cristaux formés et le magma encore fluide
et cela jusqu’à la solidification totale.
Ces séries de réaction (suites réactionnelles) peuvent se dérouler simultanément en
totalité si le chimisme du magma le permet ou partiellement.
Remarque : si le refroidissement se fait très rapidement, certaines réactions n’ont
pas lieu ou se fondent partiellement.
II. Classification des roches magmatiques
A. Les principaux modes de classification
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Il existe plusieurs façons de classer les roches magmatiques :
1. En fonction de l’acidité
- Les roches acides SiO2 > 65% (granite)
- Les roches intermédiaires 52% < SiO2 < 65% (andésite)
- Les roches basiques 45%< SiO2 < 52% (gabbro/ basalte)
- Les roches ultrabasiques SiO2< 45% (péridotite)
2. En fonction du degré de saturation en silice
La silice est présente dans tous les silicates mais lorsqu’elle est en quantité très
abondantes le magma, >65%, elle peut s’individualiser et donner du quartz, on dit
que la roche est sursaturée. Dans une roche saturée, le quartz ne cristallise pas,
seuls apparaissent les feldspaths. Une roche sous saturée est riche en
feldspathoïdes.
Remarque : le quartz et les feldspathoïdes s’excluent mutuellement (c’est-à-dire qui
ne peuvent pas cohabiter)
3. En fonction de l’alcalinité des roches
- Dans une roche hyperalcaline, Na +K >>Ca
- Les roches alcalines sont riches en feldspaths potassiques et sodiques avec
Na + K > Ca
- Les roches calco-alcalines possèdent en plus des plagioclases. Avec Na+K =
Ca
- Les roches subalcalines ne possèdent que des plagioclases, avec Na+ K < Ca
4. En fonction de la coloration
Cette distinction est faite en tenant compte du % de minéraux ferromagnésiens dans
la roche (olivine, pyroxène, amphibole, micas)
- Une roche hololeucocrate est généralement blanche et au moins 10% de
ferromagnésiens.
- Une roche leucocrate est claire et possède entre 10 – 35 % de
ferromagnésiens
- Une roche mésocrate est grise et possède 35-65% de ferromagnésiens
- Une roche mélanocrate est sombre et possède entre 65 – 90% de
ferromagnésiens
- Une roche holomélanocrate est noire et possède 90- 100% de
ferromagnésiens
Lorsqu’une roche est plus ou moins pauvre en minéraux colorés, on parle de roche
felsique (à quartz, feldspath). Si la teneur est plus ou moins élevée, on parle de
roche mafique (riche en minéraux ferromagnésiens). Lorsque la teneur est très
élevée en minéraux ferromagnésiens, on parle de de roche ultramafique.
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B. Les grands types de classification
La classification des roches magmatiques se fait en tenant compte de la nature des
minéraux et de la texture des roches.
1. Nature des minéraux
il s’agit des minéraux cardinaux c’est-à-dire des minéraux principaux (quartz,
feldspaths et feldspathoïdes) et des minéraux ferromagnésiens. Selon la proportion
de ces minéraux on distingue :
- Les granites et les rhyolites, riches en quartz, Fk , plagioclase Na et biotite et
plus ou moins amphibole
- Les syénites et les trachytes, riches en FK avec biotite et amphibole
- Les granodiorites, FK, plagioclase Ca, biotite et amphibole, plus ou moins du
quartz et ou les plagioclases dominent sur les FK.
- Les diorites et les andésites, riches en plagioclases Ca avec pyroxène, biotite
et amphibole
- Les gabbros et les basaltes, riches en plagioclases Ca, pyroxène et olivine
- Les péridotites, riches en olivine
2. Texture de la roche
L’agencement géométrique des minéraux de la roche tel que l’on peut observer à
l’œil nu, à la loupe ou au microscope est appelé texture. Cette texture qui traduit les
conditions de refroidissement, s’appuie en macroscopie sur la dimension des grains.
Selon l’homogénéité de ces dimensions et leur disposition, on distingue :
a. Texture grenue
Elle est caractéristique des roches plutoniques, synonyme de cristallisation lente en
profondeur donc possibilité de l’existence des grains. Selon la taille des différents
éléments, on a :
- La texture aplitique : le grain est homogène et égal ½ mm
- La texture grenue au sens strict : le grain est homogène et compris entre le
mm- cm
- La texture pegmatitique : le grain est supérieur au cm pouvant atteindre de dm
voire plus.
- La texture porphyroïde, la taille du grain est hétérogène avec de grands
cristaux (megacristaux baignant dans une matrice aplitique ou grenue). Dans
le cas de la texture porphyroïde on a une cristallisation fractionnée.
b. Texture microgrenue
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Elle caractérise les roches de semi profondeur c’est-à-dire des roches
plutovolcaniques. Dans la texture microgrenue il est impossible de distinguer les
minéraux à l’œil nu, on peut juste se rendre compte que la roche possède des grains.
c. Texture microlitique
Elle est caractéristique des roches volcaniques dont le refroidissement s’effectue
rapidement en surface, donc pas d’existence cristalline. La texture microlitique au
sens strict est caractérisé à l’œil nu par l’absence de grains, mais seulement par la
présence d’une pâte homogène continue. La variante porphyroïde montre une pâte
homogène (matrice) au sein de laquelle baignent des minéraux millimétriques à
centimétriques (phénocristaux).
Dans le cas de la texture vitreuse, la roche prend l’aspect d’un verre.
3. La classification de Streckeisen
La classification de Streckeisen (double triangle) est basée sur l’estimation de
quantité relative de tectosilicates dans les roches. Il s’agit des 03 minéraux
leucocrates :
- Le feldspath alcalin (albite : Na et feldspath potassique : K) noté A
- Le feldspath calco-sodique (plagioclase) noté P
- Le quartz noté Q pour les roches saturées en silice
- Le feldspathoïde noté F pour les roches sous saturées en silice
Ces minéraux sont donc d’une importance cristal et leur abondance dans les roches
font qu’ils sont qualifiés de minéraux qualificateurs de la nomenclature des roches.
On utilise alors la classification dite de Streckeisen pour représenter la composition
des roches.
Les 02 triangles sont jointifs par la ligne AP (feldspaths alcalins et plagioclases), le
quartz et le feldspathoïde se placent au sommet opposé.
Dans ce diagramme, quartz et feldspathoïde sont opposés compte tenu de
l’impossibilité de les trouver ensemble dans une même roche. Ainsi aucune roche ne
peut contenir l’association quartz et feldspathoïde. On calcule les proportions
relatives des minéraux leucocrates (A, P, Q, F) dans la roche : c’est la composition
modale.
Dans le cas de roche plutonique, l’estimation des proportions relatives des minéraux
se fait grâce au compteur de points. C’est un appareil qui s’adapte sur le microscope.
Des micros –déplacements sont effectués sur une lame mince et définissant ainsi
une grille. A chaque point de la grille on identifie le minéral puis on compte ainsi le
nombre de fois où on a rencontré chaque minéral. Un comptage est jugé
représentatif, si on a compté au minimum 500 points au total. On calcul ensuite les
différents %.
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Dans le cas de roche volcanique, les choses sont plus compliquées puisqu’il existe
une proportion non négligeable de la roche qui n’est pas cristallisée. Le comptage
n’est donc plus applicable. On détermine alors une composition calculée en utilisant
la composition chimique de la roche.
Application : roche1, on a Q=12, P=47, A=0, total=59, %Q=20, %P=80, %A= 0
Application : roche2, on a Q=30, P=12, A=40, total= 82, %Q=36,58 ;
%P=14,63 ;%A=48,78
III. Mode de gisement des roches magmatiques
Le gisement est une notion essentiellement génétique. Le mode d’apparition à la
surface du globe terrestre d’une roche donc le gisement, dépendra du lieu de mise
en place.
1. Mode de gisement des roches plutoniques
L’apparition de ces roches à la surface du globe terrestre dépend de 03 phénomènes
géologiques :
- L’érosion qui constitue le phénomène essentiel et qui permet de découvrir les
différentes formes en surface appelées plutons.
- Les phénomènes isostatiques
- Les phénomènes tectoniques
On distingue :
a. Les plutons de faibles dimensions, dizaine à centaines de m
- Les dykes : ce sont des corps tabulaires, discordant par rapport aux roches
encaissants. Les dykes peuvent être circulaires (ring-dykes) ou conique (cone-
sheet)
- Les sills : ce sont des laves de roches magmatiques, intrusives parallèles aux
structures de roches encaissantes, ils sont encore appelés filons-couches.
- Les Plug et stocks : ce sont des intrusions de faible importance. Ce qui ont
soit la forme de cheminée (Plug) soit la forme de nombreux doigts de gants
(stocks)
b. Les plutons de moyennes dimensions
Il s’agit des laccolites et de lopolites, ce sont des plutons en forme de coupoles
droites ou renversées, dont les dimensions peuvent être parfois grandes. Exemple le
lopolite de Bushveld en Afrique du Sud mesure 400 x 250 km pour une hauteur de
7000m.
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c. Les plutons de grandes dimensions
Ce sont des plutons dont la superficie est supérieure à 100 km 2, leur forme est
quelconque. Le plus grand batholite connu est celui de la Colombie britannique à
l’Ouest de Canada avec 1800 km de long, 200 km de large et dont la formation
s’étend sur 150 Ma entre le Trias et l’Eocène
2. Gisement de roches hypovolcaniques
Les roches magmatiques de semi- profondeur se présentent soient gisement massif
(laccolite et lopolite), soient en couches plus ou moins ramifiées (filons, dykes, sills,
necks). Les necks résultent de la mise en nu d’anciennes cheminées volcaniques.
Ce sont des masses de roches magmatiques qui recoupent les structures de
l’encaissant avec une forme généralement conique ou cylindrique.
3. Gisement de roches volcaniques
Le type de gisement sera fonction de la nature des produits volcaniques
- Dans le cas des laves basiques, on obtient de plateaux basaltiques : c’est le
cas des trappes volcaniques du Dekkan en Inde, les mesas, des lacs de lave
et des stratovolcans
- Dans le cas de lave acide, on obtient des dômes, des necks ou des ring-dykes
- Pour le volcanisme explosif, on a soient de scorie, soient des coulées
pyroclastiques.
IV. Etude du granite
Le mot granite vient du mot granito ou grano qui veut dire grain. Le granite ou plus
généralement les granitoïdes constituent une partie importante de la croûte
continentale. Ce sont des roches affleurant en vaste massif ou batholite et se
présentant le plus souvent sous forme d’accumulation de grosses boules dégagées
par l’érosion appelées chaos- granitiques.
A. Minéralogie du granite
1. Minéraux cardinaux
Il s’agit du quartz et des feldspaths.
- Le quartz, environ 15 à 40% de la roche, il se présente sous forme de grains
d’apparence vitreuse. Son aspect est celui du sel avec une cassure
conchoïdale (cassure courbe)
- Les feldspaths, 50 à 75% de la roche, ils sont représentés par le feldspath
potassique (microcline ou orthose) auxquels s’associe un ou plusieurs
plagioclases (albite, oligoclase, et parfois de l’andésine). Les feldspaths
alcalins sont de coloration variable (blanche, rose, verdâtre) et forment de
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minéraux irréguliers pouvant présenter la marque de Carlsbad. Les
plagioclases sont moins abondants que les feldspaths potassiques dans le
granite.
2. Les minéraux essentiels
Il s’agit de la biotite qui n’est pas obligatoirement présente (cas des granites alcalins),
mais néanmoins très fréquente, la biotite peut être accompagnée de la muscovite
(micas blanc). Lorsque la biotite existe seule dans la roche (sans la muscovite), elle
peut être accompagnée d’une quantité de hornblende et rarement de pyroxène.
3. Les minéraux accessoires
Ce sont l’apatite, le sphène et le zircon dans lequel le zirconium est remplacé par
l’uranium. Ce qui permet de dater les roches.
4. Les minéraux accidentels ou exceptionnels
on trouve parfois dans le granite de la tourmaline, du topaze, de la cordiérite, du
béryl, des scapolites.
B. Classification des granites
1. En fonction du mode de mise en place
Ce critère permet de définir les granites d’anatexie (fusion partielle des roches
anciennes) et les granites intrusifs.
Les granites d’anatexie ou de granite diffus sont le résultat de la fusion progressive
de matériau sialique (roche métamorphique) due à l’élévation de la pression et de la
température en profondeur, la fusion partielle aboutissant à la formation des
migmatites celles totale donne du magma granitique à l’origine des granites
d’anatexie. Dans ce cas le magma stagne en profondeur et ne remonte pas vers la
surface. Lorsqu’au contraire le magma parvient dans les zones élevées de la croûte
continentale, on parle de granite intrusif.
2. Classification modale
C’est la classification la plus employée, la séquence des roches la plus commune
est : granite sub- alcalin, granite calco-alcalin, granodiorite et les tonalites. Les
granites alcalins potassiques et les syénites sont peu représentés.
On peut observer la classification des granitoïdes d’après Streckeisen : on note la
diminution de Fe Mg, An et de l’indice de coloration de P vers A.
3. En fonction de l’indice Feldspathique F
Cette classification des granites est basée sur l’alcalinité des feldspaths c’est-à-dire
le rapport modal de la quantité de feldspath alcalin (feldspath potassique + albite) en
volume par rapport à l’ensemble des feldspaths.
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Ce rapport appelé indice feldspathique permet de définir :
- Les granites alcalins, 90 < F< 100
- Les granites calco-alcalins, 60 < F< 90
- Les granites monzonitiques, 40 < F< 60
- Les granodiorites, 10 < F< 40
C. Structures des granites
1. Macrostructures
A l’œil nu, les granites ont une structure (texture grenue), on emploie souvent le
terme phanéritiques pour désigner les roches grenues et aphanitiques pour les
roches qui ne contiennent pas les minéraux discernables à l’œil nu.
Lorsque la répartition des minéraux qui composent la roche est statistique et isotrope
c’est-à-dire sans orientation préférentielle, on dit que la structure est équant. Lorsqu’il
y’a une orientation plus ou moins nette des grains, on parle de structure ou texture
planaire ou gneissique.
Le granite Rapakiwi est caractérisé par une structure marquée par de grands cristaux
ovales à cœur rose d’orthose et à couronne blanchâtre d’oligoclase.
La structure miarolitique caractérise les roches granitiques présentant de petites
cavités appelées miaroles, occupées par des minéraux de fin de cristallisation. Et
ces minéraux sont appelés pneumatolytes (qui fait appelle au vapeur).
2. Microstructures
Au microscope, certains minéraux constitutifs du granite peuvent être automorphe
c’est-à-dire qu’ils ont leur forme cristallographique normales (feldspaths et
ferromagnésiens), d’autres sont xénomorphe c’est dire qu’ils ont la forme de vide
qu’ils ont rempli, ce qui est surtout le cas du quartz et parfois d’autres minéraux
lorsque la cristallisation ne suit pas les règles de Bowen.
On parle de structure poecilitique lorsque les grands cristaux (feldspaths) englobent
d’autres minéraux plus petits.
La structure myrmékitique ou myrmékite, elle caractérise un cristal de feldspath
contenant de fins filonnés ou vermicules de quartz.
Les microperthites, ce sont des édifices composites à base de feldspath potassique
dans lesquelles de fines lamelles d’albite sont distribuées.
D. Association spatio-temporelle des granites
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Dans la majorité des cas, la mise en place des granites est liée aux phénomènes
orogéniques, ce qui permet de distinguer les granites orogéniques et les granites
anorogéniques. Beaucoup de granite ont des relations de position avec les
orogénèses de différentes époques. Ils se mettent en place en contexte compressif
au cour de l’orogénèse (granite syn-orogénique, syn-tectonique) après l’orogénèse
(granite post-orogénique ou post- tectonique).
On distingue dans l’ensemble des granitoïdes, 04 associations principales : les types
M, I, S, A
a. Les granites de types M (mantélique)
Cette association a pour origine le manteau (par fusion partielle de celui-ci,
différenciation et cristallisation fractionnée). Les roches les plus courantes sont les
plagiogranites (riche en plagioclase sodique) et des diorites.
b. Les granites de types I (ignée)
Ces granites sont toujours associés à une marge active et surtout à des volcanismes
(ceinture des Andes). Les plutongranitiques sont toujours calco-alcalins auxquels
s’associent les granodiorites et de l’adamellite (granite mozonitique).
c. Les granites de types S (sédimentaires)
Ce sont des granites d’origine méta-sédimentaires. Cette association est
exclusivement observée en zone de collision continentale où elle apparait avec des
roches très métamorphisées et des zones très tectonisées (granites himalayens)
d. Les granites de types anorogéniques A ou cratonique
Les granites sont sans relation avec les zones orogéniques et sont typique du
plutonisme continental, il se présente généralement sous forme d’anneau (granite
annulaire) avec un magmatisme essentiellement alcalin et les roches rencontrées
sont les syénites, les mozonites, granites alcalins et les granites alumineux.
E. Porphyres, pegmatiques, aplites et lamprophyres
1. Porphyres
Ce sont des roches formées de phénocristaux disséminés dans une pâte fine. Les
porphyres existent dans toutes les familles de roche plutonique et dans le cas de
roche granitique, ils correspondent généralement à des microgranites.
2. Pegmatiques et Aplites
Les pegmatites sont constituées d’éléments de grandes tailles et les minéraux ont
souvent un très grand développement (apatite, béryl, tourmaline, topaze, tantalite…).
La cristallisation et la concentration de ces minéraux sont dues à l’action des fluides
pneumatolytique constitués surtout de vapeur d’eau, de gaz carbonique, de fluor et
chlore, avec des proportions notables des composés du phosphore et du soufre. Ces
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fluides abaissent la température du magma et favorisent la cristallisation de grands
minéraux tout en mobilisant les éléments comme les terres rares.
Aux pegmatites s’associent presque toujours des aplites qui sont des roches
granitiques à grains réguliers et fins.
3. Les lamprophyres
Ce sont des filons qui recoupent les massifs plutoniques avec des compositions très
variées allant de celle de granites à celle des basaltes et parfois même à celle des
roches ultrabasiques. Il s’agit généralement des roches melanocrate à cassure
brillante due à l’abondance des minéraux ferromagnésiens en petites lamelles.
Exemple : les minettes et les vosgésites.
F. Les enclaves granitoïdes
L’étude des enclaves contenues dans les granitoïdes apporte des renseignements
sur les conditions de leur mise en place. Les éléments solides peuvent être
constitués par des matériaux étrangers au magma et dit exogènes ou par des
matériaux de même origine que le magma dit homoégènes.
1. Enclaves étrangères ou matériel granite (xénolites)
Il s’agit des fragments de roches ou de cristaux (xénocristaux) souvent entourés
d’une auréole de réaction.
- Les enclaves de roches métamorphiques : ce sont des enclaves arrachés aux
roches métamorphiques encaissantes lors de l’ascension d’une masse
granitique.
- Les enclaves à tendance basique : ce sont des fragments de roches plus
pauvres en silice mais riches en minéraux ferromagnésiens. Il s’agit
généralement d’enclave de basalte, de granodiorite, de tonalite ou de diorite
noyé dans les granites.
2. Les enclaves homéogènes
Les matériaux homoégènes témoignent le processus précoce de l’évolution du
magma sous forme de fragments de roche ou de cristaux. Les enclaves homoégènes
sont des cumulâts produits par l’accumulation de cristaux dans une chambre
magmatique au cour d’ascension dans les conduits.
G. Utilités des granites
Le granite est une roche qui présente de grande résistance à l’écrasement (1500 kg
par cm2) avec une densité comprise entre 2,6 et 2,7. Les granites sont utilisés dans
nombreux domaines. Il est essentiellement utilisé en voirie : pavé, bordure de
trottoirs, dalle, ballast.
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L’usure différentielle des différents minéraux (le quartz restant toujours en relief) lui
confère une rugosité qui diminue les dangers de dérapage. Le très beau poli que
prennent les granites surtout ceux porphyroïdes, les désignent comme matériaux de
décoration.
Ils sont utilisés comme matériaux de construction, la possibilité d’obtenir de gros
blocs permet de faire les socles de statues.
Les granites sont souvent riches en minéraux pneumatolytiques, ils peuvent
également contenir de l’Au, Pb, Zn, Ag et du grenat. La plus part des minéraux
radioactifs sont inclus dans les massifs granitiques.
V. Autres familles de roches plutoniques
A. Les syénites
La syénite est une roche plutonique grenue, claire et le plus souvent rose ou rouge
(leucocrate à hololeucocrate). Elle peut être définie comme un granite à amphibole
avec peu ou pas de quartz et riche en feldspaths alcalins. Du point de vu
minéralogique, les minéraux qui constituent la syénite sont :
- Les minéraux essentiels, ce sont les feldspaths alcalins (orthose, anorthose,
microcline) qui donne souvent de syénite une coloration rose qui tranche sur
la couleur sombre de l’amphibole et de la biotite. Dans les variétés alcalines
on rencontre de l’amphibole et de pyroxène sodique.
- Les minéraux accessoires, ils sont représentés par l’apatite, le sphène, le
zircon et la magnétite. Dans les syénites hyper-alumineuses, on observe du
corindon, de la muscovite, des spinelles et du grenat pyrope.
B. Les monzonites (FK=Pl)
C’est une roche de couleur leucocrate pouvant être définie comme une syénite calco-
alcaline avec des proportions équivalentes de feldspaths potassique et de
plagioclase. Elle contient également de la hornblende verte, de l’augite et de la
biotite. Accessoirement, on observe du sphène, l’apatite et du zircon. En général
monzonites sont des roches de composition intermédiaire entre les syénites et les
diorites.
C. Les granodiorites (FK < Pl)
Ce sont des roches mesocrates de composition proche de celle des granites. Elles
sont constituées de quartz, de feldspaths, avec moins de feldspaths potassiques que
de plagioclase. Les minéraux ferromagnésiens sont représentés par la biotite. Les
granodiorites étant les roches pauvres en silice et en potasse et riche en chaux
(CaO), l’amphibole et parfois du pyroxène supplanter la biotite. En général la plus
part des granites à amphibole ou à pyroxènes sont rapportés aux granodiorites.
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D. Les diorites
Les diorites se présentent en massif indépendant mais sont le plus souvent en
liaison avec certains granites ou certains gabbros. Les feldspaths en général grisâtre
contribuent à donner à la roche une couleur sombre. Les minéraux essentiels sont
représentés par les plagioclase, l’oligoclase ou andésine, le feldspath est rare. Les
diorites contiennent peu ou pas de quartz, la proportion de quartz croît lorsque celle
de la biotite en fait de même par rapport à la hornblende, le pyroxène est rare. Les
minéraux accessoires sont l’apatite, le sphène et la magnétite.
E. Les charnockites
Ce sont des roches qui semblent caractérisées les grands socles précambriens, leur
origine reste toujours discutée. Pour certains ce sont des roches magmatiques c’est
dire des granite à hypersthène et pour d’autres ce sont des roches métamorphiques
catazonales proches des granulites. Les charnochites sont des roches leucocrates à
mesocrates à faciès de granite ou de granite gneissique. Elles sont formées de
quartz, de feldspaths (orthose, microcline, oligoclase) avec des proportions de FK >
Pl. les charnockites renferment également de l’hypersthène, du grenat pyrope, de la
hornblende et de la biotite.
F. Les gabbros
1. Minéralogie
Le gabbro est une roche mesocrate à melanocrate (vert à sombre moucheté de
blanc. Il est constitué de plagioclases calciques (l’anorthite, bytownite et labrador)
associé à des pyroxènes. Le quartz est absent et lorsqu’il existe il est de faible
quantité. Les gabbros peuvent renfermer de l’amphibole et de l’olivine.
Accessoirement on y rencontre de la magnétite, de l’ilménite, de l’apatite, du sphène
et du zircon. Lorsque la teneur en hypersthène est supérieure à celle de l’augite, on
parle de gabbro norite. Les troctolites sont des gabbros très basiques où le minéral
coloré est l’olivine.
2. Gisement
Les gabbros se présentent généralement sous forme de grands massifs
indépendants (laccolite ou lopolite) ou associés à d’autres roches basiques telles que
les diorites. On les rencontre également sous forme de stocks, de dykes ou de sills.
3. Les roches ophitiques
La structure ophitique est une structure particulière à grands cristaux de pyroxènes et
des lattes (planchettes) de plagioclases. La plus part des roches ayant des textures
ophitiques appartiennent à la famille des gabbros.
- Les dolérites : ce sont des roches massives et compactes grises, sombres ou
noires. Elles se présentent généralement sous forme de dykes, de necks ou
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de sills. Les dolérites sont formées de lattes de plagioclases moulés par des
cristaux de pyroxènes, on y trouve parfois de l’amphibole, de l’olivine et des
oxydes de fer.
- Les diabases : ce sont des dolérites dans lesquelles les pyroxènes ont été
ouralitisés (pyroxène qui se transforme en amphibole).
- Les ophites, ce sont les dolérites dans lesquelles, les pyroxènes fréquemment
altérés confèrent un aspect tacheté appelant celui de la peau du serpent
4. Altération des gabbros
Les propriétés mécaniques du gabbro sont voisines de celles du granite, mais il est
altérable, ce qui tend à limiter son utilisation à la décoration. Les gabbros s’altèrent
facilement soit sous l’influence météorique, soit par celle d’un métamorphisme même
le plus léger. Les plagioclases se saussuritisent ou s’albitisent. Les pyroxènes
s’ouralitisent ou se serpentinisent. Il y’également l’altération des péridots, lorsque
cette transformation envahit toute la roche, elle ne reste rien subsister les minéraux
primaires même à l’échelle microscopique, on parle dans ce cas de méta-gabbro ou
de méta-dolérite.
VI. Les roches à feldspathoïdes
Les roches à feldspathoïdes sont caractérisées par un déficit en silice qui se traduit
par l’absence de quartz et abondance des feldspathoïdes.
A. Syénites à feldspathoïdes
Le déficit en silice se manifeste par un taux de feldspathoïdes pouvant atteindre 10%
de minéraux blancs de la roche. Les foïdes les plus communs par ordre décroissant
sont la néphéline, l’amalcine, la sodalite, la noséane, la leucite est absente ou rare.
La richesse en sodium s’explique par la présence en albite, d’amphibole et de
pyroxène sodique. Le mica commun est le lépidomélane riche en titane en fer.
Accessoirement on rencontre de l’apatite, du zircon, du sphène, du grenat, la
cancrinite et de la calcite.
La syénite néphélinique est une roche grenue riche en alumine en soude et
caractérisé par la présence de néphéline ou de leucite à coté de feldspath, du
pyroxène et de l’amphibole sodique. La fayalite est une variété de syénite
néphélinique.
B. Les théralites
Ce sont des roches sombres constituées essentiellement de néphéline en grande
quantité, du labrador et un peu de feldspath potassique. Les minéraux colorés sont
représentés par l’augite et parfois du barkévicite (amphibole brune), de la biotite et
souvent de l’olivine. L’essexite est une théralite dont le plagioclase a une
composition intermédiaire (labrador et andésine). Le plagioclase est souvent
accompagné de feldspaths alcalins.
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C. Les ijolites
Ce sont des roches sans feldspaths compte tenu de la teneur faible en silice (moins
de 45%). Les ijolites sont des roches très rares et le plus souvent présentes dans les
complexes de carbonatites. Elles sont formées de néphéline (50 à 70% du volume
de la roche) et du diopside. Les minéraux accessoires sont la phlogopite, l’apatite et
le sphène.
VII. Les roches ultrabasiques
Elles sont encore appelées ultrabasites ou ultramafites sont des roches
holomélanocrates avec 90% ou plus de minéraux ferromagnésiens. Elles sont très
pauvres en silice (moins de 45%) d’où l’absence de quartz. Elles sont formées
essentiellement d’olivine, de pyroxène, de spinelle, on y trouve parfois de
l’amphibole, la biotite, du grenat et de l’ilménite. On distingue le domaine des
péridotites et celui des pyroxénolites.
1. Les péridotites
Le péridot étant le minéral le plus caractéristique, ces roches sont appelées
péridotites, mais parmi elles on peut distinguer :
- Les dunites, plus de 90% d’olivine
- Les wherlites
- Les harzburgites
- Les lherzolites, 40 -90% d’olivine.
Les roches voisines sont :
- Les cortlandites qui sont à olivine, pyroxène, amphibole
- Les kimberlites, ce sont des laves ultrabasiques souvent rangées avec les
péridotites, constituées d’olivine, de phlogopite (variété de biotite), de diopside
chromifère et du grenat, on y trouve très souvent du diamant.
2. Les pyroxénites
Ce sont des roches magmatiques ultrabasiques, grenues, généralement associées
aux péridotites dans laquelle l’olivine disparaît presque entièrement. Les variétés
sont nommées en fonction du pyroxène dominant, on distingue :
- Les bronzitites
- Les diopsidites
- Les orthopyroxénolites à olivine
- Les clinopyroxénolite à olivine
- Les webstérites, qui sont à clinopyroxène et orthopyroxène avec de l’olivine,
du grenat, des spinelles et de la hornblende.
-
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3. Les gisements
Elles sont souvent associées à des roches basiques, les enclaves de dunite ou de
lherzolite sont fréquents dans certains basaltes. Les roches ultrabasiques peuvent se
présenter sous forme de massif tectonisé de lherzolite ou de filon de pyroxénolites.
Elles sont associées aux complexes ophiolitiques sous forme de péridotites foliées
ou de péridotites litées à cumulats. Le manteau supérieur, sous la croûte terrestre
serait constituées essentiellement de péridotites ou de roches voisines qui par fusion
partielle et ségrégation seraient à l’origine des divers types de péridotites et de
magma basaltique. La fusion partielle des pyrolites donne des péridotites.
4. La serpentinisation
Les roches ultrabasiques sont souvent transformées entièrement en présence d’eau,
en serpentinite. La serpentine développée au dépend des péridots ou des pyroxènes
est le principal minéral secondaire. Les serpentinites sont les produits d’altération ou
de métamorphisme des roches basiques ou ultrabasiques.
5. Utilités
Si les roches ultrabasiques n’ont pas par elles-mêmes que peu d’emploi, elles
recèlent cependant de précieuse minéralisation du chrome, du nickel, du cobalt. Les
kimberlites qui contiennent en particulier de phénocristaux d’olivine sont des roches
qui forment de célèbre cheminée diamantifère en Afrique du Sud.
VIII. Les roches volcaniques
A. Définition
Les roches magmatiques volcaniques ou roches magmatiques effusives sont le
résultat du refroidissement à la surface de l’ecorse terrestre du magma, soit à l’air
libre ou sous l’eau. Leur texture est microlitique. Elles proviennent de coulée ou de
projection de matériaux des profondeurs de l’ecorse terrestre à la faveur de fracture.
Par leur variété minéralogique, texturale et chimique, les roches volcaniques
témoignent des différents processus qui permettent leur mise en place au cour des
éruptions.
Le volcan est le lieu où le magma en fusion et gaz chauds atteignent la surface de la
planète.
B. Les édifices volcaniques
On peut distinguer 04 grands types de volcanisme selon la prédominance des laves,
des gaz ou des produits solides, ce sont : le type explosif, le type effusif, le extrusif,
le type mixte.
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1. Volcanisme effusif
Il est caractérisé par la prédominance de lave, en fonction du volume de lave les
émis, on distingue :
- Eruptions fissurales : c’est le cas des trappes du Dekkan (Inde) dont la surface
ouverte avant l’érosion est de l’ordre du million de km 2 de plus 3000 m
d’épaisseur.
- Les éruptions hawaïennes : les laves sont très fluides s’étendant largement
sur de grandes surfaces, lorsque la coulée se déverse dans la mer ou sous la
mer, on obtient une lave en coussin appelée pillow-lava.
- Les coulées simples de lave.
2. Volcanisme extrusif
La lave a une viscosité forte et les projections sont peu importantes, la lave sort
lentement avec une prise comprise entre 0.5 et 2 m par jour. L’exemple type est celui
de la montagne Pelée en Martinique.
3. Volcanisme explosif
La principale caractéristique de ces volcanismes est l’abondance de gaz qui
s’échappent de façon brève et violente. Les laves sont généralement acides et
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rarement trachytique (équivalent volcanique de la syénite). Les gaz entrainent avec
eux des éléments liquides ou solides qui sont à l’origine des nuées ardentes.
4. Volcanisme mixte
Il y’a alternance de phase explosive et de phase effusive. C’est le cas de Stromboli
(Italie) et de Mamelles (Sénégal).
C. Les principales roches volcaniques
1. Rhyolites
C’est l’équivalent volcanique du granite. Certaines rhyolites sont porphyriques
montrant des phénocristaux de quartz et de feldspaths. Le quartz souvent corrodé
(plusieurs formes) peut se présenter sous forme de trydimite ou cristobalite qui sont
les formes stables de haute température de la silice. Le feldspath est la sanidine (FK
à HT) et d’oligoclase (plagioclase acide). Les ferromagnésiens sont abondants mais
la biotite brune est commune, l’augite et la hornblende sont rare.
Les rhyolites peuvent être vitrifiées (texture vitreuse) : obsidienne, ponce, Pechstein.
2. Les trachytes
C’est l’équivalent volcanique de la syénite. C sont des roches grises (mesocrâtes)
légèrement rugueuses au toucher. L’orientation subparallèle des feldspaths
tabulaires est si fréquente qu’elle a permis de définir la texture trachytique qui montre
l’enregistrement de l’écoulement du magma. Les trachytes se composent
principalement de phénocristaux de sanidine qui peuvent présenter la macle de
Carlsbad, de l’oligoclase avec quelques minéraux ferromagnésiens (biotite,
hornblende, pyroxène) mais sans quartz. De petite quantité de trydimite et de
cristobalite peuvent s’observer dans les géodes (cavités) dues aux gaz.
3. Les phonolites
Les correspondants microlitiques de la syénite néphélinique sont des phonolites qui
sont des roches sonores lorsqu’on tape sur elles. Les phonolites sont plus pauvres
en silice que les trachytes et la présence caractéristique des foïdes est un élément
de reconnaissance.
A côté des phénocristaux de sanidine, on rencontre de la néphéline, de la noséane,
de la sodalite, de la biotite et rarement de l’albite.
4. Les dacites
Ce sont des équivalents volcaniques de la diorite quartzite (tonalite). Les dacites sont
de roches gris-claires, dans lesquelles on distingue des phénocristaux de quartz, de
l’andésine, de la biotite, de la hornblende ou de pyroxène.
5. Les latites
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C’est l’équivalent volcanique de la monzonite, on y observe des FK, et du
plagioclase. Les minéraux ferromagnésiens sont la biotite et la hornblende. Le quartz
est inférieur à 5%.
6. Les andésites
Ce sont des correspondants microlitiques des diorites. Elles sont grises parfois
noires qui sont définis dans les Andes en Amérique du Sud (Cordillère des Andes).
Elles sont plus ou moins vacuolaires avec de l’andésine, de l’amphibole et du
pyroxène parfois en phénocristaux et de la biotite. Le FK et le quartz sont absents ou
présents en très faible quantité (moins de 5%).
7. Les basaltes
Roche très sombre, dense et à texture fine. Le basalte est l’équivalent volcanique du
gabbro. De toutes les roches volcaniques, les basaltes sont les plus abondants
pouvant occuper de grandes surfaces (cas des trappes du Dekkan en Inde. Le
labrador est le principal constituant des microlites. Les plagioclases calciques tels
que les bytownite et l’anorthite peuvent se présenter sous forme de phénocristaux,
l’augite et l’olivine sont fréquents. La hornblende brune et l’augite sont observées
dans certains basaltes.
3e partie : Roches sédimentaires
Chap1. Généralité
I. Définition
Les roches sédimentaires sont des roches exogènes, leur constitution proviennent
directement ou totalement de l’extérieur de l’écorse terrestre à partir des roches
préexistantes démantelées sous l’action des agents météoriques (eau, vent,
glacier…) puis déposer dans les zones d’accumulation (bassins, mers…). Ces
éléments dus à l’action chimique ou à la destruction mécanique sont soient des
minéraux d’argile, soient des sels solubles variés ou des débris minéraux (quartz,
rutile, zircon, magnétite…).
L’ensemble des processus qui affectent les dépôts sédimentaires et les transforment
progressivement en roche sédimentaire est appelé diagénèse. Les facteurs qui
interviennent dans cette transformation sont les êtres vivants (protozoaires,
bactéries), l’eau et les facteurs physiques (compression, température).
Les roches sédimentaires sont caractérisées par un arrangement parallèle des
éléments constituants sous forme de couche, de strate ou de lits qui se distinguent
les uns des autres par leur épaisseur, la taille et la couleur des grains, le style de
dépôt : c’est la stratification, qui peut être normale, inverse ou oblique.
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II. Minéraux et coloration des roches sédimentaires
A. Les minéraux des roches sédimentaires
Les éléments minéraux de roches sédimentaires proviennent soient des
phénomènes physiques ou biologiques soient la destruction mécanique ou physique
des roches préexistant. On distingue 02 types de minéraux :
- Les minéraux allothigènes, qui sont des minéraux détritiques
- Les minéraux authigènes, ayant pris naissance postérieurement à la
destruction de la roche originelle.
1. Minéraux allothigènes ou détritiques
- Les minéraux non transformés : ce sont des minéraux stables des roches
magmatiques et métamorphiques (le quartz et certains minéraux lourds
comme le rutile, le zircon, magnétite). Les feldspaths et les micas quoique
altérable se retrouve souvent intacte.
- Les minéraux de transformation : il s’agit essentiellement des minéraux
argileux, de certains oxydes (oxydes de fer et aluminium).
2. Minéraux authigènes
Ce sont des minéraux d’origine chimique ou biologique. Il s’agit des chlorures (halite,
sylvinite), des sulfates, des phosphates, des carbonates, de la silice (calcédoine,
jaspe, opale), des minéraux argileux de néogenèse (glauconie) et des chlorites
B. Coloration des roches sédimentaires
Les minéraux essentiels des roches sédimentaires (quartz, calcite, minéraux
argileux) et la plus part des minéraux accessoires sont incolores, blanc ou jaunâtre.
Cependant la majorité des roches sédimentaires sont diversement colorées. Ces
différentes colorations sont dues :
- Au carbone organique, qui est à l’origine de la teinte noire. Cette teinte noire
est rarement due à l’oxyde de manganèse qui confère plutôt une coloration
laiteux.
- Les oxydes de fer, ce sont l’hématite (rouge), la goethite (orangé), les
composés ferreux (glauconie et la chlorite qui sont tous verte).
III. Classification des roches sédimentaires
Les roches sédimentaires sont très variées car leur genèse dépend de plusieurs
facteurs :
- La nature initiale des matériaux désagrégés et altérés
- Le type d’altération
- Le mode de transport
- Les lieux de dépôt
- Les modalités de la diagenèse.
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Compte tenu de ces différents facteurs, on distingue plusieurs modes de silicification.
Cependant plusieurs caractéristiques peuvent être prises en compte pour les
différencier :
- La nature chimique de la roche
- La proportion relative des éléments figurés et du ciment
- La nature minéralogique et chimique de ces éléments et leur taille.
1. En fonction du faciès
- Les roches marines : calcaires en entroques
- Les roches lacustres : houille, gypse
- Les roches continentales : grès
2. En fonction de la genèse
- Origine détritique : sable, grès
- Origine organique : houille, pétrole, calcaire à organisme
- Origine chimique : évaporites
3. En fonction de la composition chimique
- Les roches argileuses
- Les roches silicieuses
- Les roches carbonatées
- Les roches salines
- Les roches phosphatées
- Les roches ferrifères
- Les roches carbonées.
Chap2. Les roches sédimentaires détritiques
I. Définition
Ce sont de roches formées de particules minérales issus de l’altération des roches
préexistantes, comme il s’agit du matériel issus du continent, ils sont également
appelés roches terrigènes. Ces particules sont transportées par l’eau, le vent, la
gravité et se déposent lorsque la vitesse de l’agent de transport diminue.
Les roches sédimentaires détritiques forment près de 85% des roches sédimentaires
et sont classées en fonction de la granulométrie de leurs constituants. Au sein de ces
dépôts, les variétés dont les grains les plus fins prédominent (argile et silts : 63%),
(sable et graviers : 22%). En fonction de l’état d’agrégation des particules
sédimentaires, on distingue des roches sédimentaires meubles et les roches
consolidées ou cohérentes.
Dans les roches sédimentaires meubles, les grains sont essentiellement
indépendants les uns les autres. Ils forment un assemblage en équilibre mécanique,
dont les espaces inter-granulaires représentent une fraction importante du volume
total de la roche.
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Dans les roches sédimentaires consolidées, les constituants sont intimement liés les
uns les autres. La transformation du sédiment meuble en roche consolidée résulte
soit de l’introduction d’un ciment entre les grains, soit de la compaction du sédiment
ou de la déshydratation des constituants argileux. Un même critère général sert à la
classification des roches sédimentaires meubles et consolidées, il s’agit de la
dimension des particules détritiques. On admet généralement 03 classes
granulométriques : les rudites, les arénites, les lutites.
II. Grès et sables
1. Minéralogie
Les grès sont l’équivalent consolidé des sables. Ce sont des roches généralement
en banc réguliers de couleur blanchâtre à gris-clair, ou diversement colorés selon la
nature du ciment (rouge pour les oxydes de fer, vert pour la glauconie,…).
Selon la nature du ciment et des grains on distingue :
- Les grès silicieux
- Les grès calcaires
- Les grès glauconieux
- Les grès ferrugineux
- Les grès micassés
*Le quartz environ 85% des grès plus ou moins arrondis est le constituant le plus
fréquent à cause de sa résistance à l’altération.
*Les feldspaths suite à leur fragilité (clivage) et leur altérabilité forment 10% des grès.
*Les fragments lithiques (morceaux de roches), les plus fréquents sont les morceaux
de roches volcaniques, les schistes et les cherts (roches sédimentaires argileuse).
On y rencontre des micas et des minéraux argileux.
2. Classification
Selon la composition minéralogique et la teneur en matrice fine on a :
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- Les arkoses ou grès arkosiques ou arénites feldspathiques, sont composés
principalement de quartz et feldspath. On y observe aussi des micas et des
fragments de roches. Ce sont des roches grossières plus ou moins triées.
- Les psammites, ce sont des grès qui contiennent beaucoup de micas, ils sont
à ciment argileux, riche en micas détritique où prédominent les micas blancs
souvent groupés en lits.
- Les grès lithiques, ils sont constitués de fragments de quartz et de roches
diverses, les feldspaths sont peu abondants et les micas sont communs.
- Les grauwaches (greywaches), ce sont des roches généralement sombres
constituées de grains de quartz, de cherts, de calcaires, de roches
volcaniques, de schistes et de feldspaths souvent anguleux. Elles sont
généralement riches en chlorite et en minéraux argileux, leur composition les
range dans les roches lithiques.
Classification des grès
3. Le sable
Les sables sont des roches sédimentaires meubles c’est-à-dire qui passent entre les
doigts lorsqu’ils sont secs et deviennent plus cohérents lorsqu’ils sont imprégnés
d’eau. Les sables sont constitués essentiellement de grains de quartz. On distingue :
- Des sables silicieux
- Des sables feldspathiques,
- les sables micassés
- les sables glauconieux
- des sables aurifères
- des sables diamantifères
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L’usage essentiel du sable silicieux est la fabrication de verre. Les sables silicieux
servent également à la confection de moules de fonderie destinées à recevoir le
matériel en fusion. Ils sont également utilisés dans la construction.
III. Les conglomérats
Ils représentent environ 2% des roches sédimentaires détritiques. Ils sont d’extension
limité dans le temps et dans l’espace et forment d’éléments tels que : des blocs,
galets, graviers.
Ils regroupent les poudingues dont les éléments sont arrondis et les brèches formées
d’éléments anguleux.
Les conglomérats peuvent être mono-géniques c’est-à-dire que les éléments sont de
même nature ou polygéniques (les plus fréquents) ou les éléments sont de nature
variées. La plus part des conglomérats présentent une distribution granulométrique bi
ou polymodale. Cette distribution correspond à des types de transport différents :
traction pour les galets et suspension pour les grains de sables.
La forme arrondie des éléments dépend de la nature du matériau initial, du type
d’agent de transport et de la durée du transport. Les fragments de calcaire sont
arrondis après quelques dizaines de Km de transport fluviatile alors que les
quartzites ne sont après un transport d’une centaine de Km.
IV. Les sédiments argileux
Ce sont des roches sédimentaires détritiques à éléments fins, les minéraux argileux
sont le produit de l’altération des roches métamorphiques, ignées et sédimentaires
dont les principaux pourvoyeurs sont les feldspaths facilement altérable. Les argiles
sont molles, plastiques et déformables. Lorsqu’elles sont chauffées, elles durcissent
d’où leur utilisation dans la fabrication de pots et de tuiles.
Les pelites sont de roches sédimentaires consolidées à grains fins contenant 30-75%
de minéraux argileux, du quartz, des micas, des feldspaths…
Chap3. Les roches sédimentaires d’origine chimique
Elles résultent de la précipitation des minéraux dans un milieu sursaturé, il s’agit des
évaporites qui sont des sédiments résultant de l’évaporation de l’eau de mer et de la
précipitation des sels qui sont dissouts.
Les roches sédimentaires chimiques sont constituées principalement de gypse, de
halite et de sylvite. Les évaporites ont une grande importance économique en
particulier elles forment le toit imperméable de certains plus grands gisements
pétroliers. Le second groupe est représenté par des roches carbonatées qui résultent
de la précipitation des carbonates en présence de CO2
I. Les Evaporites
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Ce sont des roches solubles dans l’eau, qui se déposent par évaporation surtout
dans les lagunes en liaison avec la mer. Ce sont des roches tendres, rayées par
l’acier, il s’agit des chlorures, sulfates et des nitrates.
1. La halite (sel gemme)
Ce sont des roches très solubles dans l’eau qui se reconnait par sa saveur, elle est
légère de densité égale à 2,2 ; de dureté 2 et fusible à 800°C. La halite se présente
en masse granulaire de couleur blanche lorsqu’elle est pure ou grise rosée
lorsqu’elle contient des impuretés.
Le sel gemme est exploité pour l’utilisation dans la cuisine et pour les usages
agricoles ou industriels (fabrication de soude, eau de javel,…)
2. Le gypse
Le gypse est un sulfate de calcium hydraté, très tendre (rayé par l’ongle) de densité
faible (égale à 2,3) et légèrement solubles dans l’eau. Il est incolore, jaune –claire,
blanc, parfois rouge, vert ou laiteux. Le gypse peut être fibreux, saccharoïdes, grenu
ou lamellaire et présente des macles en fer de lance. Chauffé entre 60 et 200°C, le
gypse se déshydrate et donne le plâtre : CaSO4(H2O)2. La déshydratation totale du
gypse donne l’anhydrite : CaSO4
3. Les sels de potasse
Il s’agit de la sylvite et les sels de magnésium ou carnallite (KMgCl3,6H2O). Les sels
de potasse sont remarquables par leur saveur amère. Ce sont des roches incolores,
jaunâtre à rougeâtre utilisés comme engrais (NPK)
4. Les nitrates
Ils se représentent en grandes masse de couleur jaune, incolore, brune ou rouge. Ils
présentent en général un beau clivage. Ce sont des roches transportées après leur
transformation sur les bas-fonds plats où il ne pleut pratiquement jamais. Les nitrates
sont exploités comme engrais azotés.
II. Les roches carbonatées
1. Le calcaire
Les carbonates naturels qui entre dans la constitution des roches sédimentaires sont
les carbonates de calcium CaCO3, de magnésium MgCO3, du fer FeCO3 ou sidérose.
On rencontre fréquemment des carbonates doubles de calcium et de magnésium
appelés Dolomie
Les carbonates résultent de la précipitation du calcaire dissout
CaH2(CO3)2 CaCO3 + CO2 +H2O
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Ils renferment au moins 50% de calcite, en fonction de la structure et de la texture on
distingue :
- Les calcaires massifs
- Les calcaires lités
- Les calcaires oolitiques (calcaires constitués d’éléments millimétriques
accolés, à structure concentrique)
- Les calcaires pisolitiques (formés d’éléments sub-sphériques de diamètre
supérieur à 2 mm à structure concentrique).
- Les calcaires noduleux
- Les calcaires graveleux
Selon la taille des grains on a :
- Calcaires fins (20 micromètres)
- Les calcaires lithographiques
- Les calcaires microgrenus
- Les calcaires saccharoïdes
Ce sont des roches tendres, rayables à l’acier qui font effervescence à l’ HCl à froid.
Lorsque les calcaires sont chauffés ils se transforment en chaux et en gaz
carboneux.
CaCO3 1400°C CaO + CO2
1200°C
Les calcaires rentrent dans la fabrication du ciment, ils peuvent prendre un beau poli
appelés Marbres qui sont des roches sédimentaires ou provenant des roches
transformées. Ils sont également utilisés pour amender les sols.
2. Les dolomies
Ce sont des roches carbonatées contenant au moins 50% de carbonates dont la
moitié sous forme de dolomites. Elles sont beaucoup plus dures que les calcaires
(dureté 3,5 - 4) avec des structures variables à savoir : compacte, schisteuse,
saccharoïde ou oolitique.
Ce sont des roches massives ou litées donnant généralement des reliefs ruiniformes
Les dolomies font effervescence à l’HCl à chaud ou après pulvérisation (poudre). Au
BF on rencontre les formations dolomitiques à l’Ouest de Bobo (dans la région de
Samandeni – Dandé, de Tiara et de Sourougoudinga où on a des traces de
stromatolithes. Le site de Sourougoudinga est exploité pour la fabrication de chaux.
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3. Les travertins
Ce sont des roches sédimentaires chimiques d’origine continentale qui se forment
par précipitation et accumulation de la calcite au débouché de certaines sources ou
en rivière. Ces accumulations sont constituées de lamines denses et régulières. Les
travertins présentent un aspect concrétionné plus ou moins vacuolaire et une couleur
grise à jaunâtre.
Chap4. Les roches sédimentaires biochimiques ou organiques
Les roches sédimentaires biochimiques sont le produit d’une activité organique ou
biochimique. L’altération fournit outre les particules solides entrant dans la
constitution des roches terrigènes, les substances dissoutes aboutissant à la mer, les
lacs et les rivières où elles sont extraites et précipitées par les organismes. Dans
certains cas l’action des organismes modifient l’environnement chimique et le
sédiment est précipité directement à partir de l’eau marine ou lacustre. Dans d’autres
cas, les organismes utilisent les carbonates, les phosphates et les silicates pour
constituer leurs tests ou leur os dont les restes constituent les roches sédimentaires
biochimiques.
Les plantes accumulent le matériau carboneux par photosynthèse et sont
directement à l’origine du charbon. D’autres types de sédiment carboneux comme les
schistes bitumeux et le pétrole sont générés par les bactéries. Les roches
biogéniques forment près de 15% des roches sédimentaires.
I. Les calcaires à organismes
Les roches calcaires d’origine organique sont le résultat de l’accumulation des tests
d’organismes morts appelés calcaire d’accumulation. Les calcaires construits sont
des récifs édifiés par certains animaux tels : les cœlentérés, les rudistes, les
bryozoaires et les algues.
1. Calcaires construits
- Les calcaires coralliens : ces calcaires en lentilles isolées résultent de l’activité
coloniale des cœlentérés.
- Les calcaires à rudistes : ils ont été édifiés par les lamellibranches, groupés en
familles et vivant fixé sur le fond marins.
- Les calcaires à bryozoaires : ils sont disposés en masse lenticulaire et très
fréquents dans les calcaires du carbonifère.
- Les calcaires d’algues : ils sont édifiés à partir du thalle qui se développe en
colonie sur les fonds marins.
2. Les calcaires d’accumulation
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Ils sont consolidés grâce à un ciment fin appelé nucrite ou cristallisés (sparite) qui
unit les éléments figurés appelés allogènes. Ces éléments peuvent être d’origine
organique (oncolites), d’origines chimiques par précipitation d’origine détritique
(lithoclaste). Lorsque les fragments organiques ou minéraux appartiennent au milieu
de sédimentation, on parle d’intraclaste. Les extraclastes sont des éléments qui ont
été apportés d’un autre milieu autre que celui de la sédimentation.
Les principaux types de calcaires d’accumulation sont :
- Les calcaires à entroques : ils sont de structures compactes et homogène et à
cassure cristalline, formés d’éléments de crinoïdes.
- Les calcaires à foraminifères : ce sont des calcaires à fusulines, à nummulites,
formés dans les mers chaudes à faible profondeur.
- Les calcaires à lumachelles : ils résultent de la cimentation des coquilles à
lamellibranches ou de brachiopodes.
3. La craie
C’est une roche blanche à grains fins faiblement agglomérés, poreuse, tendre et
friable, elle contient 90% et plus de calcite. Outre la masse calcaire, la craie renferme
des débris microscopiques d’algues (coccolites) et des foraminifères qui sont des
micro-organismes extrêmement nombreux et caractéristique des formations
sédimentaires marines.
En fonction des organismes ou des minéraux particuliers contenus dans la roche, on
distingue :
- Des craies à spongiaires
- Des craies à oursins
- Des craies argileuses
- Des craies à silex (silicieuses)
- Des craies glauconieuses, micassées, sableuses.
II. Les roches phosphatées
Elles sont essentiellement constituées de phosphates tricalcique Ca3(PO4)2 qui est
un minéral légèrement soluble dans les eaux chargées en gaz carbonique. Le CO 2
des eaux d’infiltration attaque et dissout l’apatite et les eaux souterraine l’entraine
vers les sources, les rivières, les fleuves, les mers et lagunes. Une partie est
précipitée avec l’intervention des bactéries, donnant des phosphates compacts, des
calcaires phosphatés ou des sables phosphatés. Une autre partie est absorbée par
les êtres vivants et se retrouve dans leurs os, leurs coquilles…
Les roches phosphatées sont de couleur terne, blanche, grise et parfois teinté de
rouge par les oxydes de fer ou de vert par la glauconie. La présence de matières
organiques rend la roche noire, leur dureté est voisine de celle de l’acier (5,5).
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Les phosphates sont connus comme d’excellent engrais. Au BF, on a les phosphates
à l’Est et Sud-Est du Diapaga principalement à Kodjari et Arly
III. Les roches silicieuses
Les roches sédimentaires silicieuses sont d’origine organique. Ce sont des
radiolarites, les spongolites et les diatomites.
1. Les diatomites
Ce sont des roches poreuses de couleur variable tantôt feuilletées tantôt compactes.
Les diatomites sont formées de carapace bivalve microscopique, elles s’effritent à
l’ongle et sont utilisées comme abrasif ou comme absorbant.
2. Les radiolarites
Elles sont faites de squelettes de radiolaires, microscopiques unicellulaires. Les
radiolaires sont des animaux de mer peu profonde en bordures des volcans.
Les cherts (silex, jaspe) sont des roches holosilicieuses qui proviennent de la
précipitation des restes d’organisme silicieux. Les silex sont formés de calcédoine,
de quartz et d’opale, c’est une roche de couleur jaune claire, brune à noire, à
cassure lisse et conchoïdale (courbe). Ils se présentent en lit continu ou en rognons
disséminés ou groupés parallèlement à la stratification. Les jaspes sont constitués de
90 à 95% de silice, le ciment est sous forme de calcédoine, de quartz ou d’opale. Ils
sont de couleur rouge- sombre parfois jaune, à cassure conchoïdale, lisse ou
esquilleuse (sous forme d’écaille).
3. Les spongolites
Ce sont des roches silicieuses formées de fines aiguilles d’éponge appelées
spicules, cimentées par de l’opale et de la calcédoine avec des traces de calcaires et
d’argiles. Les spongolites sont de roches grises, brunes ou noires à cassure lisse et
luisante.
IV. Les roches carbonées
Ce sont des roches formées presque exclusivement de matières organiques, elles
sont riches en carbone et se présentent sous 03 phases : solide, liquide et gazeuse.
Les roches sédimentaires carbonées contiennent également de H, O2 et d’N et
constituent de bon combustible. Ce sont des roches tendres, légères, rayées par
l’acier et dont la densité varie entre 0.7 et 1.7. Ce sont : la tourbe, le lignite, le
charbon, le bitume et le pétrole.
A. Les charbons
Ce sont de roches noires formées de débris végétaux ayant subi une évolution
complexe avec enrichissement en carbone, déshydratation et appauvrissement en
matière volatile en fonction de la température et de la pression. Les classification très
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variées des charbons sont basées sur la composition chimique, l’aspect et la nature
des débris végétaux et sur leur utilisation pratique.
En fonction des différents stades d’évolution on distingue : la tourbe, le lignite, le
charbon au sens strict, l’anthracite et le graphite.
Le charbon représente les différents stades de dépôt végétaux accumulés dans un
milieu humide et protégé contre l’action de l’air, sans influence des bactéries et
d’autres micro-organismes. Ces plantes se décomposent et se transforment en
tourbe, cette tourbe étant enchevelie et comprimée sous d’autres couches de
sédiment, se transforme en lignite, houille et finalement en anthracite. Le graphite est
formé de carbone pur et représente le terme ultime de cette évolution.
1. La tourbe
C’est un charbon quaternaire ou actuel, spongieux, léger ou la carbonisation peu
avancée laisse toujours apparaître des débris végétaux reconnaissables associés à
des gastéropodes d’eau douce. La tourbe est de couleur brunâtre pouvant être
fibreuse, vaseuse ou compacte. Elle est riche en eau et doit être séchée avant le
transport. Elle se forme par accumulation de mousse dans des espaces
marécageuses appelée tourbière qui sont des milieux réducteurs. La tourbe est un
combustible médiocre peut ou pas utilisée de nos jour.
2. Le lignite
C’est une roche intermédiaire entre la tourbe et la houille avec 70 à 75% de
carbonisation, il est plus compact que la tourbe et coloré en brun ou en noir. Le
lignite est formé de débris ligneux bien reconnaissable. Les lignites sont de plus en
plus utilisés dans l’industrie chimique.
3. Le charbon au sens strict : houille
C’est une roche de couleur noire, mât ou brillant, plus ou moins friable et salissant,
rayable à l’acier, de densité comprise entre 1.3 à 1.5 dont le pouvoir calorifique est
d’autant plus élevé que la teneur en carbone est plus forte. La houille est formée à la
fois de matières organiques et les substances amorphes riches en carbone. Selon
les proportions de matières volatiles, on distingue :
- Le charbon flambant gras, plus de 30% de matières volatiles
- Le charbon gras, 20-30%
- Le charbon demi-gras, 12-20%
- Le charbon maigre, 8-12%
La houille au sens strict contient 5% de matière volatile et est appelé charbon
bitumeux compte tenu de sa richesse en bitume. Elle se présente généralement sous
forme de mince lit dans lesquels, on observe des parties mâtes et ternes et des
parties brillantes.
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a. Les parties mâtes et ternes
Elles sont de 02 types :
- Le fusain, noir à éclat soyeux, fibreux et friable, il tache les doigts.
- Le durain, noir, mât et dur (il n’est pas rayé par l’ongle), le durain ne tache pas
les doigts.
b. Les parties brillantes
Les parties brillantes ne tachent pas les doigts, contrairement aux parties mâtes,
elles sont constituées de 02 éléments difficilement distinguables qui sont le clairain et
le vitrain.
4. L’anthracite
L’anthracite est un type de charbon ayant subi la transformation la plus complète, il
est constitué de 92 – 95% de carbone et 0-8% de matières volatiles. C’est une roche
de couleur noire et brillante moins abondant que la houille. L’anthracite est une roche
compacte, il est un combustible de 1ier qualité, très recherchée pour son haut pouvoir
calorifique et parce qu’il brûle sans donner beaucoup de cendre.
B. Pétroles et gaz naturels
On désigne sous le terme de pétrole (huile de pierre) une série de produits (mélange
complexe), composés d’hydrocarbures avec une faibles quantité d’ N, O2, S et d’ He.
Le pétrole brut est un liquide brun à noir d’odeur caractéristique et de densité voisine
de 0.8.
1. Genèse des pétroles
La 1ier condition nécessaire à la genèse de ces corps est l’accumulation de la matière
organique planctonique en milieu aquatique plus ou moins confiné (lac, lagune,
delta) et dans les conditions réductrices empêchant la destruction par oxydation.
Cela ce produit dans les milieux euxiniques (sans renouvellement de l’eau). Dès le
début de la diagénèse et sous l’action des bactéries anaérobiques, la matière
organique se transforme en boues sapropeliques.
Par la suite de l’enfouissement et confinement et des réactions physico-chimiques
complexes, lorsque la pression et la température augmentent, cette boue
sapropelique se transforme en kérogène, en même temps que le kérogène se forme
(environ 60°C), on a la formation de gaz méthane et de protopétrole qui est un
liquide ayant l’apparence d’un pétrole lourd mais comportant surtout des acides gras,
des alcools et acides aminés.
La transformation du protopétrole au cour l’enfouissement (3000 à 4000 m de
profondeur et 100 à 150°C) en pétrole se fait par perte de l’azote N, de l’O 2, d’ H2O,
de CO2. Au-delà de 150°C, il ne subsiste que du gaz. La formation du pétrole est
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donc un phénomène sédimentaire et sa découverte suppose une connaissance des
paléogéographies anciennes et des déformations qui permettent la concentration et
le stockage des hydrocarbures.
Le gaz naturel a les mêmes constituants essentiels que le pétrole brut, ces
conditions de genèse et de gisement sont les mêmes que celle du pétrole.
2. Mise en place du pétrole
Le pétrole brut formé s’accumule dans les parties les plus poreuses de la roche mère
(migration primaire), ensuite à cause de sa faible densité, de son non miscibilité (qui
se mélange) à l’eau et de sa volatilité, le pétrole à tendance à migrer dans les zones
superficielles de l’ecorse terrestre et à s’échapper à l’air libre. Pour qu’il soit
conservé, il faut au minimum deux conditions :
- L’existence d’un toit imperméable (argile et série évaporitique qui arrêtent son
ascension.
- Une roche poreuse susceptible de le retenir. Cette réservoir ou roche magasin
suffisamment poreuse est le plus souvent constitué par un sable, du grès, des
calcaires bréchiques ou dolomitiques.
3. Les principaux types de gisement
Un gisement de pétrole est fréquemment accompagné de gaz naturel. Un schéma
classique de gisement indique la trilogie gaz naturel- pétrole – eau salée.
Cette trilogie peut se réduire à 02 éléments voire un seul élément. Les meilleurs
pièges à pétrole sont constitués par des anticlinaux à grands rayon de courbure, les
zones de failles inverses, les discontinuités et les diapirs.
Par raffinage, le pétrole brut est fractionné à de nombreux sous-produits : gaz
(butane, propane) utilisés comme combustible ménagé et industriel, du kérogène,
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des essences combustibles qui actionnent les moteurs à explosion, du gaz oil, du
goudron, les huiles de graissage, de la paraffine,…
De nombreux produits dérivés ont donné naissance à la pétrochimie qui fournit des
matières plastiques, des fibres textiles synthétiques (nylon, tergal), des lubrifiants,
des détergents, des pneumatiques, des solvants, des antigels, des insecticides, des
médicaments, parfum, peinture et vernis.
Chap5. Les roches sédimentaires résiduelles
Les roches sédimentaires résiduelles sont formées par les résidus de l’altération de
la roche mère dans les zones climatiques chaudes et humides, l’altération par
hydrolyse mobilise les cations et les anions solubles. Les éléments insolubles
précipitent sur place sous forme d’hydroxyde de fer et d’aluminium avec des grains
hérités formant les latérites et les bauxites.
I. Les latérites
Ce sont des roches cohérentes plus ou moins dures, de couleur rouge. La
latéritisation consiste à un départ presque total de la silice exportée dans les eaux de
lessivage avec les alcalis (K, Na, O2) et d’accumulation sur place d’hydrate d’alumine
(gibbsite : Al(OH)3 ) et des sesquioxydes de fer (goethite : Fe2O3 ) qui donne la
couleur rouge caractéristique. Ces éléments peuvent se concentrer en concrétion
pisolitique (l’ordre de cm) ou détermine l’induration de la partie supérieure en
cuirasse latéritique dont la présence est néfaste à l’agriculture.
Les latérites peuvent être exploitées comme minerais de fer, elles sont également
utilisées dans la construction comme pierre de taille.
II. Les bauxites
Ce sont des roches cohérentes assez dures à structures variées : amorphe,
granuleuse, pisolitique ou même bréchoïde. Les bauxites résultent de l’altération de
nombreuses roches à la suite d’un lessivage prolongé, les matières organiques, les
bases et les silices sont dissoutes par l’eau et il reste finalement de l’alumine libre en
mélange complexe. Les bauxites sont ainsi le terme final de la latéritisation, on
distingue :
- Les bauxites blanches, grises ou verdâtre qui sont dues à l’élimination du fer
par l’infiltration d’eau chargée d’acide humique provenant souvent de lignite
superposé. Riche en silice (10-15%) et en alumine, elles sont utilisées pour
l’industrie chimique pour la fabrication de sel d’alumine ou de gemme artificiel.
- Les bauxites roses, elles sont restées à un stade intermédiaire, elles
renferment donc du fer (8-10% de Fe2O3), de l’alumine (50-55%) et de silice.
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Elles sont utilisées pour la fabrication de produits réfractaires (qui résistent à
la chaleur).
- Les bauxites rouges riches en fer 10-25% et pauvre en silice. Elles renferment
jusqu’à 80% d’alumine. Elles conviennent à la fabrication de l’aluminium si
elles contiennent plus de 50% d’alumine, moins de 15% de fer et moins de 3%
de silice. Dans le cas contraire, elles sont utilisées pour la fabrication de
ciment aluminé et d’abrasif artificiel (utilisé pour polir l’Eméri).
4e partie : Roches métamorphiques
I. Définition
Les roches métamorphiques sont le produit de la transformation en profondeur (5 à
50km) sous l’influence de l’augmentation de la température et de la pression de tous
les types de roches (roches magmatiques, sédimentaires et même d’anciennes
roches métamorphiques). Cette transformation s’accompagne d’une recristallisation
complète des minéraux et d’une déformation qui se traduit par une schistosité ou une
foliation.
Le métamorphisme correspond à la transformation d’une roche à l’état solide du fait
d’un élément de la température et/ ou de la pression avec cristallisation de nouveaux
minéraux dit néoformés et acquisition de texture et de structure particulière sous
l’influence des conditions physiques et/ ou chimiques différentes de celles qui ont
prévalues à la formation des roches originelles.
Le préfix méta est utilisé pour montrer que la roche a subi un métamorphisme quel
que soit le degré. Exemple : métabasalte, métapélite, métagabbro, gneiss…
D’autres préfixes utilisés font allusion à la nature originelle de la roche, il s’agit :
- Para : pour une origine sédimentaire de la roche initiale, on parle de
paramétamorphisme (paragneiss)
- Ortho : pour une origine magmatique de la roche initiale. On parle
d’orthométamorphisme (orthogneiss)
- Poly : lorsqu’on observe une superposition de deux ou plusieurs phases
métamorphiques. On parle de roches polymétamorphiques.
II. Les facteurs du métamorphisme
1. La température
C’est le facteur principal de la transformation métamorphique. Au fur et à mesure de
leur accumulation sous l’effet de nappes de charriages (déplacement de terrain sous
l’effet d’une poussée latérale), les roches sont plus portées en profondeur où elles
soumises à des températures élevées due au gradient géothermique. On appelle
gradient géothermique, l’accroissement de la température observé dans l’ecorse
terrestre en fonction de la profondeur. Ce gradient géothermique qui varie en
fonction des régions, augmente de l’ordre 1°C par 33 m dans les 1 er km de la terre.
L’augmentation de la température peut être liée également à la remontée d’un corps
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magmatique au sein de la roche encaissante. Une élévation locale peut enfin être
liée au mouvement de deux masses rocheuses, l’une contre l’autre. Il se dégage
donc une chaleur due à la friction (frottement).
2. La pression
En même temps que la température des roches s’accroit en profondeur, les pression
qu’elles subissent s’élève progressivement, l’accroissement de la pression est due à
la pression lithostatique et aux contraintes
- L’augmentation de la pression est liée à l’enfouissement donc à la charge des
sédiments et des roches. La pression lithostatique est due donc au poids
soient des roches surincombantes ou soient des empilements tectoniques des
nappes de charriages. Cette pression est de nature hydrostatique, identique
dans toutes les directions de l’espace et appelée pression de confinement.
- Les pressions orientées (contraintes) qui conduisent aux déformations de
l’ecorse terrestre, créées des contraintes dont les effets que ceux dus
simplement à la charge. Les pressions orientées favorisent la cristallisation de
certains minéraux et très souvent leur orientation, d’où l’aspect feuilleté des
roches métamorphiques.
III. Les principaux types de métamorphisme
1. Le métamorphisme de contact
Le métamorphisme de contact est celui qui se produit dans les roches encaissantes
au contact d’intrusif. Lorsque le magma encore très chaud est introduit dans une
séquence de roches plus froides, il y’a transfert de chaleur et cuisson de la roche
encaissante. Les minéraux de cette roche sont transformés par la chaleur, ce qui
aboutit à la formation d’une roche métamorphique. Ce métamorphisme dû à la
température (métamorphisme thermique) est localisé au contact des roches
encaissantes et affectent les roches traversées.
Les terrains encaissants sont d’autant plus profondément modifiés qu’ils sont au
contact du corps plutonique, formant ainsi une succession de zone concentrique
appelée auréole de métamorphisme. La longueur de cette auréole est fonction de la
dimension de la masse intrusive, elle est de l’ordre de quel que mm à plusieurs
centaines de m pouvant atteindre quel que km dans le cas de très grand intrusif. Les
cornéennes (forme en cône) sont des roches qui ont subi un métamorphisme
essentiellement thermique (métamorphisme de contact).
2. Le métamorphisme régional ou général
Les roches de surface sont ramenées en profondeur (augmentation de la pression et
de la température) dans les cas de zones de subduction (ou de collision) ou dans
l’épaississement d’une pile sédimentaire, cela se produit dans un contexte
orogénique.
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Les roches transformées par le métamorphisme général appartiennent à des
puissantes séries de terrains de chaines de montagnes. Leur affleurement étant
étendu et intéressant des régions entières, ce métamorphisme est qualifié de
métamorphisme régional ou général.
Le métamorphisme régional produit 03 grandes formations des roches :
- Une déformation souvent poussée de la roche marquée par des plissements
et des nappes de charriages
- Le développement de minéraux métamorphiques dit minéraux néoformés
- Le développement d’une foliation ou d’une schistosité. On a une
réorganisation géométrique des minéraux au sein de la roche. Les cristaux de
la roche seront aplatis, étirés et allongés dans les plans de foliation.
3. Le métamorphisme d’impact ou métamorphisme de choc
C’est un métamorphisme particulier qui résulte de l’action de très forte pression
instantanée (plusieurs dizaines à plusieurs centaines de kbar) provoqué par l’impact
d’une météorite à la surface de la planète, pouvant provoquer dans certains cas des
cratères importants appelés Astroblèmes. Le choc engendre les températures et de
pression élevées qui transforment les minéraux de la roche.
IV. Structures des roches métamorphiques
Les roches métamorphiques montrent en général une orientation des différents
minéraux. Cette disposition en feuillets les qualifie de roche cristallophyllienne. Les
roches métamorphiques subissent souvent des déformations entrainant l’apparition
de structures particulières.
1. La schistosité
C’est un dédit de feuillet lorsque la roche subit un aplatissement dans certaine
condition de température et de pression forte. La roche se débite en feuillets de
même composition minéralogique. Cette disposition apparait à partir de 5 km de
profondeur et est à relier aux contraintes tectoniques.
2. Les micro-plissements
Ils apparaissent dans les zones où se produit un afflue (concentration) de matières.
Les microplis sont d’autant plus fins et serrés que la roche présente une aptitude à la
schistosité.
3. La foliation
La foliation est un ensemble de plans parallèles, le long desquels cristallisent les
minéraux néoformés. Les nouveaux minéraux qui apparaissent s’aplatissent et
s’orientent selon la direction de la foliation. Ils se regrouper sous forme de lits (litage).
Le front de la foliation serait situé vers 10 km de profondeur.
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V. Les faciès et les zones métamorphiques
1. Notion de paragenèse minérale
Les principales réactions observées au cour du métamorphisme peuvent être des
réactions de substitution (pyroxène dévient amphibole), des réactions de
décomposition (plagioclase devient calcite + quartz) ou des réactions de
combinaison (pyroxène + quartz donnent albite qui est un plagioclase)
Le métamorphisme aboutit à la formation de nouveaux assemblages de minéraux.
Selon le degré du métamorphisme, il se développe une suite spécifique de minéraux.
Ces minéraux deviennent donc pour une métamorphique donnée, des indicateurs du
degré de métamorphisme que la roche a subi. Cet assemblage de minéraux est
appelé paragenèse minérale. A partir de ces paragenèses on peut établir le niveau
des pressions et de températures auxquelles a été soumise la roche et ainsi évaluer
sa profondeur d’enfouissement.
2. Les minéraux thermo- barométriques
Au cour du métamorphisme, une même roche subit des modifications
minéralogiques. Certains minéraux apparaissent et d’autres disparaissent. Or les
minéraux n’apparaissent que dans certaines conditions de température et de
pression bien définies. Ces conditions de pression et de température précises,
définissent un domaine de stabilité du minéral. La stabilité du minéral est acquise
lorsqu’il atteint un état minimal d’énergie dans son environnement thermodynamique.
Lorsque cet équilibre est perturbé par un accroissement de la température ou de la
pression, minéral peut se déstabiliser et acquérir un nouvel équilibre sous une autre
forme cristallographique sans condition chimique. C’est le cas des silicates d’alumine
qui existe sous 03 formes dites polymorphes : disthène, sillimanite et andalousite.
Les silicates d’alumine sont qualifiés de minéraux thermaux barométriques car ils
permettent de déterminer de manière semi-quantitative les conditions de température
et de pression qui ont prévalu à la transformation de roche originelle.
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Domaine de stabilité des silicates d’alumine
3. Les faciès métamorphiques
On appelle faciès métamorphique, l’ensemble des roches de composition chimique
variée qui se sont formées de façon stable durant dans des conditions physiques
données. Le faciès métamorphique correspond donc à un regroupement de
minéraux possédant des conditions de formation voisine et qui caractérisent la
composition de la roche. On affecte au faciès considéré le nom d’une roche
métamorphique bien connu pour être stable dans un champ significatif de
température et de pression. Exemple : le faciès schiste vert est l’environnement de
température et de pression transformant les minéraux anhydres des roches basiques
en minéraux vert hydratés tels que la chlorite et l’épidote.
Les principaux faciès métamorphiques sont :
- Le faciès à zéolite : les zéolites nécessitent les températures peu élevées
(environ 300°C), au-delà desquelles certains minéraux disparaissent.
- Le faciès à poehnite- pumpellyite, avec quartz et parfois épidote
- Le faciès schiste vert : les minéraux caractéristiques sont : l’amphibole, l’albite
et la chlorite. La biotite peut apparaitre dans la partie supérieure c’est-à-dire la
partie la plus métamorphique du faciès.
- Le faciès schiste bleus : il est à glaucophane (amphibole) et lawsonite
- Le faciès des amphibolites : les minéraux caractéristiques sont : la hornblende
verte, l’albite et l’épidote.
- Le faciès de granulite : le minéral marqueur est le pyroxène associé à la
sillimanite, la cordiérite et le grenat.
- Le faciès des éclogites : qui apparaissent dans le contexte originel et
caractérisé par l’apparition de l’omphacite (pyroxène) et du grenat
- Le faciès des cornéennes : il est caractéristique du métamorphisme de contact
avec l’apparition de minéraux l’albite, la hornblende, pyroxène et grenat.
4. Les zones de métamorphisme
On appelle isograde du métamorphisme, les surfaces d’égales intensités
caractérisées par l’apparition ou la disparition de minéraux. Exemple : isograde de la
chlorite, de la sillimanite.
Le volume de terrain compris entre deux isogrades est appelé zone de
métamorphisme. Les principales zones de métamorphisme sont :
- L’anchizone : (100 à 200°C pour 1 kbar), c’est la zone intermédiaire entre la
diagenèse et le métamorphisme. Les roches caractéristiques de cette zone
sont très peu transformées et les conditions de transformation ne sont
décelables qu’au RX.
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- L’épizone : elle correspond au métamorphisme de basse pression et de
température (300 à 500°C pour 3,5 kbar). On y trouve de nombreux minéraux
hydroxylés. Le faciès métamorphique correspondant est celui des schistes
verts. Elle peut correspondre également au faciès des schistes bleus dans le
cas où la température est faible (300°C) et pression forte.
- La mésozone : elle caractérise un métamorphisme moyen (650°C pour
environ 3,5 kbar). On y rencontre les amphibolites avec apparition de biotite,
muscovite, sporotide, amphibole et disthène.
- La catazone : cette zone correspond à un métamorphisme intense (700°C
pour 3,5 kbar). Température et pression y sont élevées, mais il y’a peu de
contrainte. Le faciès caractéristique est le granulite, avec apparition des
sillimanites, d’andalousite, grenat, pyroxène et de plagioclase
- L’ultrazone (température supérieure à 700°C), c’est le début de la fusion
partielle ou anatexie.
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