CH07 Evn
CH07 Evn
B. Landelle
1
Dans ce chapitre, l'ensemble E désigne un K-ev avec K = R ou C et I un intervalle non vide
de R.
1 Dénitions
Dénition 1. On appelle norme sur E une application N : E → R+ vériant :
1. ∀(λ, x) ∈ K × E N(λx) = |λ| N(x) [Homogénéité]
2. ∀(x, y) ∈ E 2
N(x + y) ⩽ N(x) + N(y) [Inégalité triangulaire]
3. ∀x ∈ E N(x) = 0 =⇒ x = 0E [Séparation]
Un espace vectoriel E muni d'une norme N est dit espace vectoriel normé.
x
x+y
Dénition 2. Soit E un espace préhilbertien réel. On appelle norme euclidienne sur E l'appli-
cation dénie par
p
E → R+ , x 7→ ⟨x, x⟩
B. Landelle 2 ISM MP
Proposition 1. Soit E un espace préhilbertien réel. La norme euclidienne sur E est une norme.
Démonstration. L'homogénéité et la séparation sont immédiates. L'inégalité triangulaire résulte
de l'inégalité de Cauchy-Schwarz.
Dénition 3. Soit E un espace vectoriel normé. On appelle distance associée à la norme ∥ · ∥
l'application notée d dénie par
E2 → R+ , (x, y) 7→ d(x, y) = ∥x − y∥
Proposition 2. Soit d la distance associée à la norme ∥ · ∥ sur E un espace vectoriel normé.
On a
1. ∀(x, y) ∈ E2 d(x, y) = d(y, x)
2. ∀(x, y) ∈ E2 d(x, y) = 0 ⇐⇒ x = y
3. ∀(x, y, z) ∈ E3 d(x, z) ⩽ d(x, y) + d(y, z)
Démonstration. Immédiate.
y •z
•
x•
Remarque : On peut dénir une distance vériant ces trois propriétés indépendamment du
choix d'une norme. On parle dans ce cas d'espace métrique. Un espace métrique n'est pas
nécessairement issu d'un espace normé : on munit E de la distance discrète dénie par d(x, y) =
1 − δx,y pour (x, y) ∈ E2 . C'est une distance et on a clairement d(λx, 0) ̸= |λ| d(x, 0) pour λ ∈ K
avec |λ| ≠ 0, 1.
Proposition 3 (Inégalité triangulaire inverse). Soit E un espace vectoriel normé. On a
1. ∀(x, y) ∈ E2 |∥x∥ − ∥y∥| ⩽ ∥x − y∥
2. ∀(x, y, z) ∈ E3 |d(x, z) − d(y, z)| ⩽ d(x, y)
y−x d(y, z) •z
y
•
x d(x, y) d(x, z)
y
x•
B. Landelle 3 ISM MP
Démonstration. 1. Par inégalité triangulaire, on a ∥x∥ ⩽ ∥x−y∥+∥y∥ d'où ∥x∥−∥y∥ ⩽ ∥x−y∥
et on conclut par symétrie des rôles.
2. On applique le résultat précédent en remplaçant x par x − z et y par y − z .
Dénition 4. Soit E un espace vectoriel normé et A une partie non vide de E. Pour x ∈ E,
on dénit la distance de x à A notée d(x, A) par
d(x, A) = Inf d(x, a) = Inf ∥x − a∥
a∈A a∈A
Remarque : L'ensemble {d(x, a), a ∈ A} est une partie non vide de R minorée (par zéro) et
admet donc une borne inférieure nie.
d(x, A)
•
x
A
Dénition 5. Soit E un espace vectoriel normé. Une partie A de E est dite bornée s'il existe
M ⩾ 0 tel que
∀x ∈ A ∥x∥ ⩽ M
Une fonction f : X → E est dite bornée si son image est bornée, c'est-à-dire s'il existe M ⩾ 0
tel que
∀x ∈ X ∥f (x)∥ ⩽ M
B. Landelle 4 ISM MP
Le résultat suit d'après l'inégalité triangulaire dans le cas réel.
Pour ∥ ∥∞ , la séparation est immédiate. Pour x, y dans Kn , on a
∀k ∈ [[ 1 ; n ]] |xk + yk | ⩽ |xk | + |yk | ⩽ ∥x∥∞ + ∥y∥∞
Soit λ un scalaire et x ∈ Kn . On note k0 ∈ [[ 1 ; n ]] tel que |xk0 | = ∥x∥∞ . On a
∀k ∈ [[ 1 ; n ]] |λxk | = |λ| |xk | ⩽ |λ| ∥x∥∞ et |λxk0 | = |λ| ∥x∥∞
p
Dénition 7. Soit (Ei )i∈[[ 1 ; p ]] une famille nie de K-ev. On munit l'ensemble E = Ei des
Q
i=1
opérations
∀(x, y, λ) ∈ E2 × K λ · x + y = (λ · xi + yi )i∈[[ 1 ; p ]]
On dit que E est l'espace produit des espaces vectoriels Ei .
Proposition 4. Soit (Ei )i∈[[ 1 ; p ]] une famille nie de K-ev et E l'espace produit des Ei . L'en-
semble E est un K-ev.
Démonstration. Héritage des structures d'espace vectoriel des Ei .
Proposition 5. Soit (Ei , ∥ ∥)i∈[[ 1 ; p ]] une famille nie de K-ev normés et E l'espace produit des
Ei . On peut dénir les normes dites normes produits sur E par
p p
∥xi ∥2
P P
∀x = (xi )i∈[[ 1 ; p ]] ∈ E N1 (x) = ∥xi ∥ N2 (x) = N∞ (x) = Max ∥xi ∥
i=1 i=1 i∈[[ 1 ; p ]]
B. Landelle 5 ISM MP
Remarque : Pour f ∈ B(X, K), l'ensemble {|f (t)| , t ∈ X} est une partie non vide bornée de
R et admet donc une borne supérieure nie.
Théorème 2. L'application ∥ ∥∞ est une norme sur B(X, K). Les applications ∥ ∥1 , ∥ ∥2 sont
des normes sur C 0 ([ a ; b ] , K).
1 Dénitions
Dénition 10. Une suite à valeurs dans E est une application u : N 7→ E, n 7→ u(n) que l'on
note u, (un ), (un )n ou (un )n∈N et où un désigne u(n).
Dénition 11. La suite (un )n à valeurs dans E est dite bornée si {un , n ∈ N} est une partie
bornée de E ou de manière équivalente si
∃M ⩾ 0 | ∀n ∈ N ∥un ∥ ⩽ M
Dénition 12. Soient (un )n et (vn )n des suites à valeurs dans des K-evn. On dit que (un )n
est dominée par (vn )n que l'on note un = O(vn ) si ∥un ∥ = O(∥vn ∥). On dit que (un )n est
négligeable devant (vn )n que l'on note vn = o(vn ) si ∥un ∥ = o(∥vn ∥).
B. Landelle 6 ISM MP
Dénition 13. Soit E un K-ev de dimension nie et B = (ei )i∈[[ 1 ; p ]] une base de E. Soit (un )n
p
suite à valeurs dans E. Pour n entier, le terme un s'écrit un = ui,n ei . Les suite réelles ou
P
i=1
complexes (ui,n )n sont appelées suites coordonnées de la suite (un )n relatives à la base B .
Dénition 14. Soit (Ei , ∥ · ∥)i∈[[ 1 ; p ]] une famille de K-ev normés et E l'espace produit des Ei .
Soit (un )n ∈ EN . Pour n entier, le terme un s'écrit un = (ui,n )i∈[[ 1 ; p ]] . Les suites vectorielles
(ui,n )n sont appelées suites coordonnées de la suite (un )n .
2 Convergence
Dénition 15. On dit qu'une suite (un )n de E converge (ou est convergente) s'il existe ℓ ∈ E
tel que
∥un − ℓ∥ −−−→ 0
n→∞
Remarque : Dénition identique avec la dernière inégalité stricte car ε est quelconque > 0.
Vocabulaire : Une suite qui n'est pas convergente est dite divergente.
Proposition 8. Soit (un )n une suite à valeurs dans E convergente. Alors sa limite est unique.
Démonstration. Soient ℓ1 , ℓ2 des limites de (un )n . Pour n entier, on a ∥ℓ1 − ℓ2 ∥ ⩽ ∥ℓ1 − un ∥ +
∥un − ℓ2 ∥ = o(1) d'où ∥ℓ1 − ℓ2 ∥ = 0 et le résultat suit par séparation.
Notations : On note n→
lim un = ℓ ou un −−−→ ℓ.
+∞ n→∞
Remarque : Comme pour les suites scalaires, la relation un = o(1) signie un −n→∞
−−→ 0E .
Proposition 9. Soit (un )n une suite à valeurs dans E convergente. Alors la suite (un )n est
bornée.
Démonstration. Il existe N ∈ N tel que ∥un ∥ ⩽ ∥un − ℓ∥ + ∥ℓ∥ ⩽ 1 + ∥ℓ∥ pour n > N et on
prend C = max(∥uk ∥, k ∈ [[ 0 ; N ]], 1 + ∥ℓ∥).
Théorème 3. L'ensemble des suites convergentes à valeurs dans E est un K-ev et l'application
qui à une suite convergente associe sa limite est linéaire, i.e. pour (un )n , (vn )n dans EN telles
que un −−−→ ℓ, vn −−−→ ℓ′ et λ ∈ K, on a
n→∞ n→∞
λun + vn −−−→ λℓ + ℓ′
n→∞
Proposition 10. Soient (un )n ∈ EN et (αn )n ∈ KN deux suites convergentes avec un −n→∞
−−→ ℓ
et αn −−−→ α. On a
n→∞
αn un −−−→ αℓ
n→∞
B. Landelle 7 ISM MP
Démonstration. On clone la preuve pour le produit des limites. Notons un −−−→ ℓ et αn −−−→ λ.
n→∞ n→∞
On a
∥αn un − αℓ∥ ⩽ ∥αn un − αn ℓ∥ + ∥αn ℓ − αℓ∥ ⩽ |αn | ∥un − ℓ∥ + |αn − α| ∥ℓ∥ = o(1)
O
|{z}
= (1)
Le résultat suit.
3 Valeur d'adhérence
Dénition 16. Soit (un )n suite à valeurs dans E et φ : N → N une extractrice, c'est-à-dire
une injection strictement croissante. La suite (uφ(n) )n est dite suite extraite ou sous-suite de
(un )n .
Notation : On note aussi nk = φ(k) et (unk )k une suite extraite.
Proposition 11. Toute suite extraite d'une suite (un )n ∈ EN convergente est convergente de
même limite. S'il existe une suite divergente extraite de (un )n , alors (un )n est divergente.
Démonstration. Soit (un )n convergente de limite ℓ ∈ E et soit ε > 0. On dispose d'un seuil p
entier tel que pour n ⩾ p, on a ∥un − ℓ∥ ⩽ ε. Soit φ une extractrice. On a φ(n) ⩾ n d'où
∥uφ(n) − ℓ∥ ⩽ ε pour n ⩾ p. En particulier, on a l'implication
(un )n convergente =⇒ (uφ(n) )n convergente
La contraposée donne la dernière assertion.
Dénition 17. Soit (un )n suite à valeurs dans E. On appelle valeur d'adhérence de (un )n toute
limite d'une suite convergente extraite de (un )n .
Exemples : 1. La suite ((−1)n )n admet 1 et −1 pour valeurs d'adhérence.
2. Soit R2 muni de la norme innie. On pose un = (cos(πn), cos(2πn/3)) + 1/n(1, 1) pour n
entier non nul. On a
1 1
u6n = (1, 1) + (1, 1) u6n+1 = (−1, −1/2) + (1, 1) etc.
6n 6n + 1
Les valeurs (1, 1), (−1, −1/2), etc. sont valeurs d'adhérence de (un )n .
1.5
1.0
0.5
0.0
−0.5
−1.0 −0.5 0.0 0.5 1.0 1.5
B. Landelle 8 ISM MP
On observe nettement la présence de 4 points valeurs d'adhérence de la suite (un )n .
1 Normes équivalentes
Dénition 18. Soient N1 , N2 deux normes sur E. On dit que N2 est plus ne que N1 s'il existe
β > 0 tel que
∀x ∈ E N1 (x) ⩽ βN2 (x)
Remarque : Cette notion n'est pas ociellement au programme bien qu'elle soit naturellement
utilisée en pratique. Ce n'est pas une relation d'ordre (pas antisymétrique).
Dénition 19. Deux normes N1 , N2 sur E sont dites équivalentes s'il existe α, β > 0 tels que
∀x ∈ E αN2 (x) ⩽ N1 (x) ⩽ βN2 (x)
Remarque : Deux normes sont équivalentes si et seulement si chacune est plus ne que l'autre.
Exemple : Soit E = C 1 ([ 0 ; 1 ] , R) muni de N1 (f ) = ∥f ∥∞ + ∥f ′ ∥∞ et N2 (f ) = |f (0)| + ∥f ′ ∥∞ .
Ce sont bien des normes (l'homogénéité découle de celle de ∥ · ∥∞ sur C 0 ([ 0 ; 1 ] , R), séparation
et inégalité triangulaire sont immédiates). On a clairement N2 (f ) ⩽ N1 (f ). Puis
Z x
∀x ∈ [ 0 ; 1 ] f (x) = f (0) + f ′ (t) dt =⇒ |f (x)| ⩽ |f (0)| + x∥f ′ ∥∞ ⩽ N2 (f )
0
Proposition 13. Deux normes équivalentes dénissent les mêmes parties bornées de E.
Démonstration. Immédiate.
Proposition 14. Soient N1 , N2 des normes sur E. On a
N1 N2
N1 , N2 équivalentes ⇐⇒ et bornées sur E ∖ {0E }
N2 N1
Démonstration. Immédiate.
Proposition 15. Soient N1 , N2 deux normes sur E. On a
N1
N1 , N2 non équivalentes ⇐⇒ ∃(xn )n ∈ (E ∖ {0E })N | (xn ) −−−→ 0 ou +∞
N2 n→∞
B. Landelle 9 ISM MP
+∞
Exemple : Soit E = K[X], pour P = an Xn (les an sont nuls à partir d'un certain rang), on
P
n=0
+∞ n
pose N1 (P) = Sup |an | et N2 (P) = |an |. Notant Pn = Xk , on a
P P
n∈N n=0 k=0
N2
N1 (Pn ) = 1 et N2 (Pn ) = n + 1 =⇒ (Pn ) −−−→ +∞
N1 n→∞
Remarque : En pratique, pour comparer des normes sur K[X], il faut au moins tester pour la
suite (Xn )n et de même pour des normes sur C 0 ([ 0 ; 1 ] , K) avec (t 7→ tn )n .
Proposition 16. Deux normes équivalentes dénissent les mêmes suites convergentes et celles-
ci ont même limite pour les deux normes.
Démonstration. Immédiate.
Remarque : On dispose en fait de l'équivalence
Deux normes sont équivalentes ⇐⇒ elles dénissent les mêmes suites convergentes
N1 N1
Supposons que n'est pas borné sur E ∖ {0E }. Considérons (xn )n une suite telle (xn ) ⩾ n
N2 N2
pour tout n entier non nul. On pose
√ xn
∀n ∈ N∗ yn = n
N1 (xn )
√ 1
Alors N1 (yn ) = n −−−→ +∞ et 0 ⩽ N2 (yn ) ⩽ √ −−−→ 0
n→∞ n n→∞
Ainsi, la suite (yn )n est de limite nulle pour N2 mais non bornée donc non convergente pour
N2
N1 . Le cas non borné sur E ∖ {0E } vient par symétrie des rôles. Par contraposition, on en
N1
déduit le sens indirect.
Corollaire 1. Soit E un K-ev normé de dimension nie et B = (ei )i∈[[ 1 ; p ]] une base de E. Soit
(un )n suite à valeurs dans E. On a
(un )n convergente ⇐⇒ ∀i ∈ [[ 1 ; p ]] (ui,n )n converge
p
Dans ce cas
P
un −−−→ lim ui,n ei
n→∞ i=1 n→+∞
Démonstration. On suppose que (ui,n )n converge pour tout i ∈ [[ 1 ; p ]]. Ainsi, pour tout i ∈
p
[[ 1 ; p ]], il existe ℓi ∈ K tel que ui,n −−−→ ℓi . On pose ℓ = ℓi ei . Par inégalité triangulaire, on
P
n→∞ i=1
a
Pp Pp
∥un − ℓ∥ = ∥ (ui,n − ℓi )ei ∥ ⩽ |ui,n − ℓi | ∥ei ∥
i=1 i=1
B. Landelle 10 ISM MP
Le résultat suit.
On suppose (un )n convergente. On dispose donc de ℓ ∈ E tel que ∥un − ℓ∥ −−−→ 0. Les normes
n→∞
sur E étant équivalentes, on munit l'espace E de la norme ∥ · ∥∞,B et on a ∥un − ℓ∥∞,B −−−→ 0.
n→∞
p
On note ℓ = ℓi ei . Pour k ∈ [[ 1 ; p ]], il vient
P
i=1
Le résultat suit.
Corollaire 2. Soit E un K-ev normé de dimension nie et B = (ei )i∈[[ 1 ; p ]] une base de E. Soit
(un )n suite à valeurs dans E. On a
(un )n = O(1) ⇐⇒ ∀i ∈ [[ 1 ; p ]] (ui,n )n = O(1)
Supposons un = O(1), c'est-à-dire ∥un ∥ = O(1). Les normes sur E étant équivalentes, on munit
l'espace E de la norme ∥ · ∥∞,B et on a ∥un ∥∞,B = O(1). Puis
∀k ∈ [[ 1 ; p ]] |uk,n | ⩽ Max |ui,n | = ∥un ∥∞,B = O(1)
i∈[[ 1 ; p ]]
Proposition 17. Soit (Ei , ∥ · ∥)i∈[[ 1 ; p ]] une famille de K-ev normés et E l'espace produit des Ei .
Les normes produits sur E sont équivalentes.
p
Démonstration. Pour x = (xi )i∈[[ 1 ; p ]] ∈ Ei , on pose u = (∥xi ∥)i∈[[ 1 ; p ]] et on utilise l'équiva-
Q
i=1
lence des ∥ · ∥1 , ∥ · ∥2 et ∥ · ∥∞ sur Rp .
Corollaire 3. Soit (Ei , ∥ · ∥)i∈[[ 1 ; p ]] une famille de K-ev normés et E l'espace produit des Ei .
Soit (un )n suite à valeurs dans E. On a
(un )n convergente ⇐⇒ ∀i ∈ [[ 1 ; p ]] (ui,n )n converge
Dans ce cas un −−−→ lim ui,n
n→∞ n→+∞ i∈[[ 1 ; p ]]
Remarque : On peut aussi décliner le résultat sur le caractère borné dans un espace produit.
B. Landelle 11 ISM MP
3 Comparaisons de normes classiques
Proposition 18. On a pour tout x ∈ Kn
∥x∥∞ ⩽ ∥x∥1 ⩽ n∥x∥∞
√
∥x∥∞ ⩽ ∥x∥2 ⩽ n∥x∥∞
√
∥x∥2 ⩽ ∥x∥1 ⩽ n∥x∥2
et ces inégalités sont optimales.
Démonstration. Soit x = (x1 , . . . , xn ) ∈ Kn et i0 ∈ [[ 1 ; n ]] tel que |xi0 | = ∥x∥∞ . On a
n
P n
P
∥x∥∞ = |xi0 | ⩽ |xk | = ∥x∥1 ⩽ |xi0 | = n∥x∥∞
k=1 k=1
» n n √
Puis |xi0 |2 ⩽ |xk |2 = ∥x∥2 ⩽ |xi0 |2 =
P P
∥x∥∞ = n∥x∥∞
k=1 k=1
Å n
ã2 n n
On a ∥x∥21 |xk |2 + 2 |xk |2 = ∥x∥22
P P P P
= |xk | = |xi | |xj | ⩾
k=1 k=1 1⩽i<j⩽n k=1
Enn, on prend x = (1, 0, . . . , 0) pour chaque inégalité de gauche et x = (1, . . . , 1) pour chaque
inégalité de droite pour vérier l'optimalité des constantes.
ce qui prouve que ∥ · ∥2 est plus ne que ∥ · ∥1 . Mais il n'y a pas d'autre relation de nesse entre
ces trois normes d'après la preuve de la proposition précédente.
B. Landelle 12 ISM MP
(3) Pour des normes non équivalentes, on peut observer des comportements asymptotiques
diérents. Considérant la situation de la proposition précédente, supposons que la suite (fn )n
admette une valeur d'adhérence f dans E muni de ∥ · ∥∞ . On a ∥ · ∥1 ⩽ ∥ · ∥∞ d'où, pour une
certaine extractrice φ,
∥·∥1
fφ(n) −−−→ f
n→∞
B. Landelle 13 ISM MP