ENSEMBLE, BÂTISSONS LA COMMUNAUTÉ DES PEUPLES
Club Cedeao
L’ère de la bipolarisation de 1947 à
1991
Ce site web est-il sécurisé ?
Comment partager une page de ce site ?
Comment accéder aux menus sur votre portable ?
INTRODUCTION
Club Cedeao
Les alliés vainqueurs, à la fin de la seconde guerre mondiale, sous la
houlette des États-Unis et de l’URSS vont s’organiser pour la gestion de
l’après-guerre et les reconstructions conformément aux résolutions des
conférences et de la Charte de L’ONU. Mais très vite, les divergences
idéologiques apparaissent et se radicalisent entre les alliés dès 1946 et à
la fin de 1947, la rupture est évidente entre les vainqueurs d’hier. On
assiste rapidement à la naissance et à la structuration de deux blocs
antagonistes conduits par les États-Unis et l’URSS : c’est la
Bipolarisation du monde.
Quelles sont les raisons qui ont conduit à la rupture puis à la formation
du monde bipolaire ? Comment les rapports entre les deux blocs ont-ils
évolué jusqu’à la disparition du bloc de l’Est puis à l’implosion de
l’URSS en 1991?
I / LA FORMATION DES BLOCS
1) Le contexte historique
A la fin de la deuxième guerre mondiale en 1945, l’Allemagne nazie est
vaincue en Europe par les puissances alliées (États-Unis, URSS, Grande-
Bretagne). Elles vont s’activer pour la gestion de l’après-guerre en :
► créant l’ONU ;
► organisant le procès de Nuremberg (20 nov. 1946 – 30 sept. 1947)
pour juger les criminels de guerre nazis ;
► occupant et en partageant l’Allemagne en quatre zones d’occupation.
Mais les divergences idéologiques entre l’URSS et les occidentaux, la
soviétisation de l’Europe de l’est par l’armée rouge et les désaccords sur
la gestion quadripartite de l’Allemagne vont constituer les germes
fondamentaux de la rupture entre les alliés.
Club Cedeao
2) Les divergences idéologiques
Les germes de la discorde entre les alliés vainqueurs se trouvent avant
tout dans leurs idéologies politiques. En effet les États-Unis et les pays
de l’Europe occidentale pratiquent politiquement une démocratie
libérale (garantissant les libertés individuelles) et pluraliste (autorisant
plusieurs partis politiques). Au niveau économique, ils pratiquent un
capitalisme libéral, fondée sur la propriété privée et la liberté
d’entreprendre, la libre concurrence et valorisant la réussite
individuelle.
Quant à l’URSS au niveau politique, elle est officiellement une
démocratie populaire mais en réalité c’est un État totalitaire avec un
parti unique et un pouvoir fortement centralisé aux mains du 1er
Secrétaire du Parti. Au niveau économique, l’URSS est un État
communiste, fondé sur la propriété collective (terres collectivisées,
entreprises nationalisées) et la planification de l’économie par l’État.
Cette opposition idéologique fondamentale va renforcer la volonté de
domination hégémonique de ces deux grands leaders.
Club Cedeao
3) Les désaccords territoriaux
A la fin de la deuxième guerre mondiale, on assiste à la soviétisation de
l’Europe de l’est par l’armée rouge. En Hongrie, en Roumanie, en
Pologne, en Bulgarie, EN Tchécoslovaquie, en l’Allemagne de l’Est, les
libéraux sont éliminés et des gouvernements communistes sont
installés avec le soutien de Moscou. L’URSS va chercher encore à
prendre le pouvoir en Grèce, Turquie, Iran… C’est ainsi que ces États
deviennent entre 1947 et 1949 des démocraties populaires alignées sur
l’URSS. C’est donc à juste titre que Winston Churchill dénonce dans son
discours de Fulton (États-Unis) la naissance du « rideau de fer descendu
à travers le continent ». Les États-Unis dénoncent cette soviétisation de
l’Europe de l’Est qui est contraire aux résolutions de la Charte de
l’Atlantique signée en 1941 et de celle de l’ONU.
Par ailleurs, les frontières de la Pologne et son régime posent problème.
Le glissement de la frontière polonaise vers l’ouest (la ligne Oder-
Neisse), la désigne comme cible d’une Allemagne qui voudrait
reconquérir ses territoires. Aussi, l’alliance soviétique s’impose-t-elle
d’autant qu’Anglais et Américains refusent de reconnaître la ligne
Oder-Neisse comme nouvelle frontière.
Une autre crise territoriale va naître entre les alliés au sujet de
l’Allemagne. En effet, les occidentaux reprochent aux soviétiques
d’intensifier le démantèlement des infrastructures industrielles et
scientifiques de leur zone d’occupation allemande au profit de leur
pays faisant ainsi de la zone est-allemande, un asile de pauvres
favorable à la propagande communiste. L’Urss de son côté dénonce
l’indulgence des occidentaux dans la dénazification et les accuse de
vouloir favoriser le relèvement immédiat de l’Allemagne.
Club Cedeao
4) Les doctrines hégémoniques
a) La doctrine Truman et le Plan Marshall
L’Europe sous l’influence des États-Unis et de l’Urss se divise en deux
zones d’influence. La réaction américaine face à cette situation ne se
fera pas attendre face à cette soviétisation de l’Europe de l’Est et à cet
rideau de fer descendu sur le vieux continent. Harry Truman (1884-
1972) président des États-Unis depuis 1945 veut aider les peuples «
libres » dans le but d’arrêter l’expansion du communisme. A partir de
1947, les États-Unis définissent la Doctrine Truman ou le Containment.
Cette doctrine, élaborée à partir du discours du Président Harry
Truman en mars 1947 avait pour principal objectif d’endiguer
l’avancée du communisme en Europe. La doctrine Truman prévoit
d’assister tout pays qui combat le communisme pour conserver son
indépendance. Ainsi sous l’influence des États-Unis en Europe de
l’Ouest, les communistes sont chassés de plusieurs gouvernements et
remplacés par des libéraux: en Belgique en Mars 1947, en France en
Avril 1947 et en Italie en Mai 1947. La doctrine Truman est également
appliquée à la Grèce et à la Turquie, confrontées à une guerre civile
entre monarchistes et communistes. Celle-ci s’est soldée par
l’écrasement des communistes.
Club Cedeao
Pour la mise en œuvre pratique de cette doctrine, le Secrétaire d’État
américain George Marshall propose le 5 juin, un plan de reconstruction
de l’Europe : c’est le Plan Marshall. Officiellement défini en vue d’aider
économiquement les pays européens à se reconstruire après les dégâts
subis lors de la deuxième guerre mondiale, ce plan répondait à
plusieurs objectifs :
► Au plan économique, relever et restaurer l’économie de l’Europe
affaiblie par la seconde guerre mondiale
► Au plan social, vaincre la faim, le désespoir et le chaos.
► Au plan politique, garantir un monde libre par l’endiguement du
communisme.
D’un montant de plus de 12 milliards de dollars et échelonné sur 4 ans
sous forme de dons (90%) et de prêts (10%) avec un faible taux d’intérêt
(2,5%), le Plan Marshall sera accepté par seize (16) pays de l’Europe de
l’Ouest mais rejeté par neuf pays de l’Europe de l’Est sous la pression de
Moscou.
b) La doctrine Jdanov et le Kominform
QuantCedeao
Club à l’URSS, sa politique hégémonique est exposée à travers la
Doctrine Jdanov.
Cette doctrine indexe les États-Unis comme la force dirigeante du
monde impérialiste anti-démocratique mais présente l’Union soviétique
et ses pays satellites comme leaders du monde anti-impérialistes et
anti-fascistes. Elle invite par conséquent les partis communistes partout
dans le monde à « prendre en main le drapeau de la défense nationale
et de la souveraineté de leur propre pays ».
En soutien à la doctrine Jdanov, un bureau d’information et de
coordination des partis communistes dénommé le Kominform est créé
par l’URSS et ses satellites en octobre 1947. Les blocs antagonistes étant
ainsi constitués, on assistera à leur structuration.
II/ L’ORGANISATION DES BLOCS
1) Le bloc de l’Ouest
C’est le bloc capitaliste conduit par les États-Unis, bien organisé
économiquement et militairement.
• Au plan militaire : les États-Unis, le Canada, et les pays de
l’Europe occidentale créent le 04 avril 1949, l’OTAN. C’est un pacte
militaire visant à défendre tous ces territoires contre d’éventuelles
attaques. Il est doté d’un conseil permanent et d’un organe exécutif
dont le siège était à Paris puis transféré à Bruxelles. Les États-Unis ont
la suprématie dans le commandement de cette organisation.
Club Cedeao
En plus de l’OTAN, les États-Unis ont suscité la création d’autres
organisations politico-militaires dans le monde entier (OTASE, CENTO,
ANZUS…) et une série de bases militaires destinées à encercler le bloc
oriental.
• Au niveau économique : le plan Marshall conduit à la création
en 1948 de l’OECE dont l’objectif est de favoriser une étroite
collaboration économique et financière entre les pays de l’Europe
occidentale. En 1960, l’OECE devient l’OCDE en s’élargissant aux États-
Unis et au Canada, puis au Japon en 1964. L’OCDE n’a pas de pouvoir
décisionnel. C’est un laboratoire d’idées : elle examine, élabore et
perfectionne les politiques économiques et sociales des Etats membres.
Elle est favorable au libéralisme et au libre-échange.
DEFINITION :
►OTAN : Organisation du Traité de l’Atlantique Nord
►OECE : Organisation Européenne de Coopération Économique
►OCDE : Organisation de Coopération et de Développement
Économique
►OTASE : Organisation du traité de l’Asie du Sud-Est, créée le 8
septembre 1954. C’est un pacte militaire pro-occidental, regroupant des
pays de l’Asie du Sud-Est non communistes, les États-Unis et le
Royaume-Uni
►ANZUS : Australia, New Zealand, United States Security Treaty : Traité
tripartite de sécurité conclu le 1er septembre 1951 par l’Australie, la
Nouvelle-Zélande et les États-Unis d’Amérique
Club
►CENTOCedeao
: Le Pacte de Bagdad ou CENTO (Central Treaty Organisation)
est un traité d’alliance au Moyen-Orient signé le 24 février 1955.
2) Le bloc de l’Est
C’est le bloc communiste organisé autour de l’URSS et ses États
satellites.
• Au plan militaire : on assiste à la signature du Pacte de Varsovie
(Pologne) en 1955, réplique de l’OTAN. Il s’agit donc d’un traité de
coopération et d’assistance militaire entre ses États membres. Il
comprend un commandement unique dont le chef suprême est un
Maréchal Soviétique.
• Au niveau économique : le bloc communiste crée en janvier 1949
le Conseil d’Aide Économique Mutuelle (CAEM). C’est aussi une copie de
l’OECE et son objectif est de fournir un cadre idéal aux relations
économiques entre tous les pays communistes. La création du C.A.E.M,
qui peut être vue comme une réaction au plan Marshall qui aida à la
reconstruction de l’Europe occidentale et à la formation du « monde
libre », provoqua une dépendance économique accrue des pays
satellites d’Europe de l’Est envers l’Union soviétique. Même si le
C.A.E.M a contribué au relèvement de ces pays après la guerre, il n’a
pas aussi bien fonctionné comme ils l’espéraient.
III/ LA GUERRE FROIDE
La guerre froide est une période conflictuelle opposant le bloc
Club Cedeao
occidental au bloc communiste à partir de 1948. Les deux camps
s’opposent dans les domaines politiques, économiques, idéologiques et
culturels tout en évitant le conflit armé direct entre les deux
superpuissances qui dirigent ces blocs. C’est régulièrement par pays
interposé que celles-ci vont s’affronter.
1) La première crise de Berlin (24 janvier 1948- 12 mai
1949)
A la fin de la deuxième guerre mondiale, les alliés vainqueurs décident
d’occuper et de diviser l’Allemagne en quatre zones d’occupation
(américaine, soviétique, britannique et française) et d’imposer un
contrôle strict afin d’éviter sa remilitarisation. Sa gestion quadripartite
sera assurée par un commandement interallié. Ces résolutions seront
entérinées après la capitulation de l’Allemagne à la Conférence de
Potsdam près de Berlin (17 juillet 1945 – 02 août 1945).
Mais à partir de 1947, avec l’exacerbation des divergences idéologiques,
les occidentaux entreprennent de faire renaître un nouvel État
allemand capable de résister au communisme. Ils fusionnent alors
leurs zones d’occupation, créant ainsi la Bizone en 1948. Ils y émettent
aussi une monnaie unique de forte valeur, le Deutschemark. Staline
dénonce cette situation qu’il juge contraire aux accords de Yalta et de
Potsdam. En représailles, pour tenter de freiner cette renaissance
allemande et déloger les occidentaux de Berlin-ouest, Staline y fait
couper l’alimentation en électricité et en charbon et fait bloquer tous
les accès ferroviaires et routiers de cette zone, la condamnant ainsi à
l’asphyxie économique : c’est le blocus de Berlin du 24 janvier 1948 au
12 mai 1949.
Le président américain, Harry Truman riposte à ce blocus par la mise
en place d’un gigantesque pont aérien. On a enregistré au cours de cette
période plus de 200 000 vols d’avions et 2,5 millions de tonnes de
marchandises pour le ravitaillement de Berlin-ouest. Face à cette
démonstration de puissance, Staline lève le blocus le 12 mai 1949,
signant ainsi sa première grande défaite dans la guerre froide.
A la suite de ces événements, les occidentaux vont créer en mai 1949 la
République Fédérale Allemande (RFA) avec pour capitale Bonn. Les
soviétiques à leur tour créent la République Démocratique Allemande
(RDA) en octobre 1949 avec pour capitale Berlin-Est. Cette crise va
Club Cedeao
accélérer la consolidation des blocs avec la signature du Traité de
l’Atlantique Nord (OTAN) à l’ouest et du Pacte de Varsovie à l’est. Elle va
aussi poser les jalons de l’unité européenne par le renforcement des
relations entre les pays de l’Europe de l’Ouest et la création de la CECA
(Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier) en 1951.
2) La deuxième crise de Berlin
Le 27 novembre 1958, le premier secrétaire du parti communiste
soviétique Nikita Khrouchtchev propose aux occidentaux d’abroger le
statut quadripartite de l’ancienne capitale de l’Allemagne et de
transformer Berlin en une “ville libre” démilitarisée, dotée d’un
gouvernement propre. Nikita Khrouchtchev projetait par cette
proposition de faire basculer et intégrer définitivement Berlin dans la
zone d’influence soviétique.
Il accorde donc un ultimatum de six mois aux Occidentaux pour
procéder à la création de la ville de Berlin autrement, l’URSS signerait
un traité de paix unilatéral avec la RDA, ce qui rendrait caducs les
accords interalliés sur le statut de l’Allemagne signés à la fin de la
deuxième guerre mondiale. Berlin-Ouest passerait dans ce contexte
inévitablement sous contrôle soviétique. Les trois puissances
occidentales et le gouvernement allemand de la RFA optent pour la
fermeté et rejettent formellement cette proposition de Khrouchtchev,
réaffirmant leur droit d’être à Berlin et imputant la responsabilité de la
crise à l’URSS. Toutefois, les occidentaux acceptent le principe de
négociations sur le statut de Berlin et l’ensemble du territoire allemand.
Ces négociations n’aboutiront pas à des résultats tangibles et au bout
des six mois, l’ultimatum prend fin. Cette crise politique va toutefois se
poursuivre avec la construction du mur de Berlin.
On assiste progressivement à un véritable contraste entre le niveau de
vie relativement meilleur en RFA et la vie misérable et oppressive en
RDA. Cette comparaison incitait de nombreux Est Allemands à venir se
réfugier à Berlin Ouest puis en RFA. De 1952 à 1961, 2 245 000 réfugiés
hommes et femmes en âge de travailler quittent la RDA. Cette saignée
démographique privait l’industrie Est allemande de main-d’œuvre,
mettant ainsi en péril l’économie de la RDA. Dans la nuit du 12 au 13
août 1961, l’URSS fait fermer la frontière entre les deux zones de Berlin
et entreprend la construction d’un mur dans la nuit du 13 août 1961, à
la frontière
Club Cedeao de Berlin-Est avec Berlin-Ouest. Ces fortifications sont
rapidement remplacées par un mur de béton de 47 km de long et de 4
m de haut, ponctué par des miradors solidement armés, mur baptisé
par les occidentaux, le mur de la honte. Cette frontière politique ne
laisse que deux points de passage, bien gardés. Le mur de Berlin
devient le symbole le plus marquant d’une Europe divisée par le rideau
de fer évoqué par Churchill.
3) La crise de Cuba
De toutes les crises de la période de la guerre froide, celle de Cuba fut la
plus grave qui donna au monde entier l’impression que la troisième
guerre mondiale allait commencer.
Libéré de la domination Espagnole en 1898, Cuba devint indépendant
en 1901 et accepta le protectorat des États-Unis d’Amérique. Les
Américains soutenaient le régime dictatorial du président Cubain
Fulgencio Batista. Ce dernier sera renversé en janvier 1959 par
l’opposition armée conduite par Fidel Castro. Très rapidement, les
rapports se dégradent entre Cuba et les Américains en raison de la
politique de Fidel Castro.
En effet, à la tête de Cuba, Fidel Castro décide d’y instaurer un régime
socialiste puis engage la nationalisation des entreprises sucrières et des
réformes agraires en redistribuant des terres aux cubains. Les États-
Unis qui estiment leurs intérêts menacés répliquent par une rupture
diplomatique et un embargo économique sur le sucre Cubain, produit
vital du pays, en janvier 1961. Fidel Castro cherche un appui à
l’extérieur et se tourne vers l’URSS qui accepte d’acheter le sucre
Cubain et d’aider le nouveau régime socialiste à se consolider. Les
Américains considèrent l’appartenance de Cuba au bloc communiste
comme une menace pour le continent sud-américain. Dès lors, ils
chercheront à déstabiliser le régime de Fidel Castro.
En avril 1961, des mercenaires et des exilés de l’ancien régime soutenus
par les États-Unis débarquent dans la BAIE DES COCHONS afin de
renverser Fidel Castro. Mais l’opération fut un échec. Les Soviétiques,
alliés de Cuba vont renforcer leur soutien au régime Castriste. Le 14
octobre 1962, le président Américain John F. KENNEDY fut informé, par
le survol des avions U2 du territoire Cubain, d’un projet de construction
de bases de lancement de missiles par les Soviétiques, à 100 km des
côtes de Floride aux États-Unis. Le 22 octobre 1962, J. KENNEDY
Club Cedeao
prononça devant le peuple Américain, un discours dans lequel il révéla
l’existence de bases de missiles sur le sol Cubain. Il annonça aussi
l’arrivée imminente de cargos porteurs de fusées à tête nucléaire
susceptibles d’être pointées sur le territoire Américain. Il annonça par
la même occasion une série de mesures qui consistaient en un blocus
maritime autour de l’île de Cuba avec le renforcement du dispositif
militaire des États-Unis. Il exigea aussi le retrait immédiat des fusées
Soviétiques de Cuba et le retour des cargos de l’URSS sous peine de
destruction atomique.
L’intervention de l’ONU et l’appel à KHROUCHTCHEV pour un dialogue
direct sauveront la situation à quelques heures de l’expiration de
l’ultimatum, puisque le 28 octobre 1962, ce dernier donna l’ordre à ses
navires de faire demi-tour dans l’Atlantique et accepta de retirer ses
missiles de Cuba à condition que les Américains prennent l’engagement
de lever le blocus et de ne pas chercher à envahir Cuba. Ces conditions
seront acceptées par John KENNEDY. Dès lors, la paix est sauvée mais
les conséquences sont importantes :
Si Fidel Castro dont le régime est préservé gagne en notoriété, le
prestige international de l’URSS est atteint. En effet, la reculade de
KHROUCHTCHEV va décevoir certains de ses alliés comme Cuba, la
Chine, la Corée du nord et le Vietnam du nord qui voyaient à travers la
concession de l’URSS une victoire du bloc capitaliste sur le bloc
communiste. Cuba va tenter alors de se rapprocher de la Chine
populaire.
Quant aux États-Unis, ils sortent prestigieux de cette crise pour avoir su
user de leur puissance militaire pour imposer la paix. Mais la crise de
Cuba qui a failli entraîner le monde dans une troisième guerre
mondiale va pousser les deux grandes puissances, États-Unis et URSS à
prendre conscience de la fragilité des leurs rapports et donc de la
nécessité d’un dialogue direct. C’est ainsi qu’un téléphone rouge sera
installé entre le Kremlin et la Maison Blanche pour renforcer le
dialogue et éviter d’éventuels incidents. L’ère de la coexistence
pacifique et de la coopération s’ouvre ainsi dans les Relations
Internationales.
Club Cedeao
IV/ LA DÉTENTE
1) Les causes de la détente
a) De nouvelles mentalités
A partir des années 1960, des signes de détente ou de dégel
apparaissent entre les deux grandes puissances. Le changement des
hommes n’est pas étranger à ces nouveaux rapports. Nikita
Khrouchtchev qui succède à Staline en 1953 va évoquer à partir de
1956 la notion de la coexistence pacifique des blocs.
Du coté des États-Unis, John Kennedy va s’ouvrir au dialogue avec l’est.
Les deux superpuissances ne renonceront certes pas à leurs idéologies
politiques mais chercheront à éviter les crises pouvant déboucher sur
une apocalypse nucléaire.
b) L’équilibre de la terreur
Il s’explique à deux niveaux : la perte du monopole atomique par les
américains et les victoires soviétiques dans la course spatiale.
En effet, dès 1949, l’URSS dispose à l’instar des États-Unis de la bombe
atomique. En 1952, les américains mettent au point la bombe H (à
hydrogène). Deux ans plus tard, les soviétiques disposeront aussi de
cette bombe, ce qui renforce l’équilibre de la terreur à un premier
niveau.
En 1957, les soviétiques lancent les fusées Spoutnik, ce qui provoque un
choc très important aux États-Unis puisque désormais leur territoire
n’est plus un sanctuaire à l’abri des frappes soviétiques. La capacité de
destruction mutuelle étant élevée entre les deux grandes puissances,
l’équilibre de la terreur s’installe entre les deux camps d’où la volonté
de leurs leaders de coopérer et d’éviter le plus possible les conflits
armés.
c) La contestation du leadership des deux grands
•
Club Le principe de la bipolarisation sera remis en cause avec la
Cedeao
naissance du mouvement des non-alignés, à la conférence de Bandung
(Indonésie) du 18 au 24 avril 1955. On compte dans ce mouvement
des pays comme l’Inde, l’Indonésie, le Pakistan la Turquie, l’Égypte…
S’opposant à la logique des blocs et de la guerre froide, les non-
alignés réclament l’interdiction des armes atomiques, prônent le
désarmement, exigent la décolonisation des peuples sous tutelle
coloniale mais surtout ils plaident en faveur d’une coexistence
pacifique des nations.
• Par ailleurs dans le bloc de l’Ouest, la France, en 1966 conteste
ouvertement l’hégémonie américaine. De Gaulle fait retirer la France
du commandement intégré de l’OTAN (en restant tout de
même membre de cette organisation). La France exige le départ des
troupes et bases américaines de son territoire. Elle critique également
la suprématie du dollar dans l’économie mondiale, se dote d’armes
nucléaires, se rapproche de l’URSS et reconnaît la Chine populaire.
• Dans le bloc de l’Est, on assiste aussi à un schisme entre la chine
et l’URSS en 1961. Pékin refuse la déstalinisation, accuse N.
Khrouchtchev de révisionniste en critiquant sa politique de coexistence
pacifique et en dénonçant l’attitude lâche de l’URSS dans la crise de
Cuba. Des litiges frontaliers entre les deux pays et l’arrêt brutal
de l’assistance nucléaire de l’URSS à la Chine vont davantage accentuer
la rupture.
Toutes ces contestations des deux leaders vont largement justifier le
rapprochement de ces deux grandes puissances.
d) Les contraintes économiques et sociales
Le monde devenant de plus en plus interdépendant, la croissance des
besoins socio-économiques de chaque pays exigent une ouverture de
son marché sur l’extérieur. La vie en autarcie ne s’adapte plus au
contexte international.
Aussi, le coût élevé de la course aux armements pousse chaque
puissance à redéfinir et à réorienter sa politique économique vers la
satisfaction des exigences sociales, sous la pression des revendications
populaires de plus en plus fortes dans tous les pays.
2) Les
Club manifestations de la détente
Cedeao
a) Le renforcement des relations diplomatiques et politiques
• Au plan diplomatique, on note l’installation du téléphone Rouge
entre le Kremlin et la Maison Blanche après la crise de Cuba. On
enregistre aussi la multiplication des rencontres entre les dirigeants
des deux blocs. En février 1972, le président américain Richard Nixon
se rend en visite officielle à Pékin et en mai 1972, il effectue une visite
officielle à Moscou. En juin 1973, Léonid Brejnev, premier secrétaire du
parti communiste soviétique se rend à Washington.
• Au niveau politique, il faut souligner la reconnaissance de la
Chine populaire à l’ONU en 1971. La politique de l’est (Ostpolitik) initiée
par le chancelier de la RFA Willy Brandt va aussi fortement contribuer
à la décrispation des rapports entre les blocs est-ouest.
En effet, l’Ostpolitik se traduit par la normalisation des relations de la
RFA avec les soviétiques et la Pologne (signature des traités de Moscou
et de Varsovie en 1970). La RFA admet aussi la souveraineté de la RDA
en 1972 et l’année suivante en 1973, les deux Allemagnes entrent à
l’ONU.
Le point culminant de cette détente se manifestera à la Conférence sur
la sécurité et la coopération en Europe (CSCE) à Helsinki (Finlande) en
août 1975 où des accords sont signés entre 32 pays européens, les E-U,
le Canada et l’URSS. Ils s’engagent tous à reconnaître et à respecter la
souveraineté des États et les frontières définies depuis 1945. Ces
accords prévoient aussi le renforcement des coopérations économiques
et techniques mais surtout le respect des libertés et des droits de
l’homme dans tous les pays
b) Les accords militaires
Dans le domaine militaire, plusieurs accords et traités militaires seront
signés entre les grandes puissances des blocs antagonistes. Nous
pouvons citer entre autres :
· Le 08 mai 1963, signature du traité de Moscou par les États-Unis,
l’Union Soviétique et la Grande-Bretagne interdisant les essais
nucléaires dans l’atmosphère à cause des retombées radioactives. La
France et la Chine refusent de le signer.
· En Cedeao
Club juillet 1968, signature du traité de non-prolifération des armes
nucléaires par les trois grands et quarante autres pays.
· 26 mai 1972, signature des accords SALT 1 (Strategics Arms Limitation
Talks) sur la limitation des armements offensifs stratégiques. Ils gèlent
pour cinq ans le nombre de lanceurs d’engins nucléaires et sous-marins
stratégiques des États-Unis et l’Union Soviétique.
· Le 18 juin 1979 à Vienne (Autriche) les américains et les soviétiques
signent les accords SALT 2 qui renforcent les termes de SALT 1,
définissent un plafond précis de bombardiers et de lance-missiles
tolérés, mais surtout la destruction du surnombre.
La détente se traduit enfin par la coopération économique et
scientifique entre l’Est et l’Ouest.
c) La coopération économique et scientifique
• Au plan économique :
Dans le cadre de la détente, on assiste à un renforcement des échanges
commerciaux entre les deux blocs, preuve supplémentaire de la
normalisation des rapports est-ouest. L’URSS devient importatrice du
blé des E-U et de la technologie occidentale. En retour, les américains
achètent le pétrole soviétique et accèdent aux vastes marchés des pays
de l’Europe de l’est. La RFA devient le premier partenaire économique
européen de l’URSS. En janvier 1982, la France et l’URSS signent un
accord sur l’exploitation du gaz en Sibérie.
• Au niveau scientifique :
Club Cedeao
En 1975, on assiste à une coopération dans le domaine spatial avec le
vol Apollo-Soyouz.
3) Les limites de la détente
a) La persistance des conflits périphériques : la deuxième guerre
du Vietnam
Situé en Asie du sud-est, le Vietnam sera le théâtre expressif d’une
longue et meurtrière guerre qui révélera les limites de la détente.
a_1) Les causes de la guerre
Les causes de la guerre du Vietnam remontent à la fin de la guerre
d’Indochine (1946-1954) où la France va tenter de reconquérir ses
colonies perdues d’Indochine (Laos, Cambodge, Vietnam) après la
défaite japonaise à la deuxième guerre mondiale. A la bataille de Diên
Biên Phu, les troupes françaises au Vietnam vont capituler le 7 mai
1954 et se replier vers le sud du pays. Aux accords de Genève en juillet
1954, l’indépendance du Vietnam est reconnue mais le pays est divisé
en deux zones de regroupements militaires au niveau du 17e parallèle
entre les forces armées françaises au sud et celles du Vietnam au nord.
Des élections générales pour la réunification du pays et la constitution
d’un gouvernement national furent prévues pour 1956 mais très
rapidement les deux parties du Vietnam sous l’influence des États-Unis
et de l’URSS vont installer des gouvernements idéologiquement
opposés.
Au nord, la République démocratique du Vietnam (RDVN) avec un
régime communiste dirigé par Hô Chi Minh et soutenu par Moscou.
Au sud, la République du Vietnam (RVN), un régime nationaliste et
anti-communiste proclamé par Ngô Dinh Diêm en octobre 1955
avec la caution des américains. Ces derniers, absents à la
conférence de Genève refuseront de reconnaître la RDVN.
Aussi, à partir de 1960, se constitua au sud un mouvement dénommé
Front National pour la Libération du Vietnam (FNL ou Viêt-Công). Le
FNL s’opposera au régime de la RVN et affrontera par conséquent les
États-Unis. A partir de 1961, ces derniers signent un traité d’aide
économique
Club Cedeaoet militaire avec le Vietnam du sud. Un Commandement
militaire américain fut créé à Saïgon en février 1962, the US
MAC (United States Military Assistance Command). Cette structure était
chargée d’encadrer l’armée sud Vietnamienne. En novembre 1963, on
comptait 16000 conseillers militaires américains au sud Vietnam. En
août 1964, prétextant d’une attaque de torpilleurs nord vietnamiens
contre leurs navires Destroyers dans le golfe de Tonkin, les États-Unis
s’engagent dans une guerre ouverte contre le Vietnam du Nord.
L’implication farouche des États-Unis dans la guerre du Vietnam était
en réalité motivée par la crainte de l’expansion du communisme en
Asie du sud-est.
a_2) Les manifestations du conflit
A partir de 1965, les États-Unis intensifient les raids aériens massifs sur
le Vietnam du nord et sur les positions du FNL au sud. Plus d’un demi-
million de tonnes de bombes seront déversées dans ces régions et
l’armée américaine va même utiliser du Napalm (bombes incendiaires
et toxiques) dans cette guerre.
De 185000 hommes en décembre 1965, les effectifs militaires
américains seront portés à plus de 550000 jusqu’en 1969.
De leur côté, le Vietnam du nord et le FNL recevront de l’armement et
de l’assistance technique et logistique de la part de l’URSS et de la
Chine. Le ravitaillement de la guérilla Viêt-Công se fera par la piste Hô
Chi Minh qui traverse le Laos et le Cambodge.
Malgré les bombardements massifs et le nombre croissant de leurs
soldats, les américains et les sud-vietnamiens ne parviendront pas à
vaincre les Viêt-Công et les forces nord Vietnamiennes.
L’offensive de TÊT (1er jour de l’an dans le calendrier traditionnel
vietnamien à partir du 20 janvier) déclenchée par les forces
communistes sur les principaux centres urbains du sud- Vietnam à
partir de 1968 va précipiter les négociations entre les forces
belligérantes.
Celles-ci s’ouvrent à Paris en 1968 entre le Vietnam du nord et les États-
Unis. L’année suivante, le FNL sera associé à ces négociations qui
aboutissent finalement à un accord de paix en janvier 1973. Les
américains acceptent amèrement la vietnamisation du conflit et leurs
Club Cedeao
troupes seront remplacées par les forces sud-vietnamiennes.
Dépourvue d’aide, la résistance sud-vietnamienne s’effondre et le FNL
s’empare de Saïgon le 30 avril 1975.
a_3) Les conséquences de la guerre du Vietnam
Le Vietnam fut officiellement réunifié en 1976 sous la direction du parti
communiste et entra dans la zone d’influence soviétique. Hanoï devint
la capitale et Saïgon fut rebaptisé Hô Chi Minh-ville.
Au plan humain le bilan de cette guerre fut effroyable : plus de 400000
sud Vietnamiens et 900000 Viêt-Công et nord Vietnamiens y ont péri.
Côté américains, avec plus de 52000 victimes, cette guerre va
profondément dégrader l’image du pays. Considérée comme la
première défaite militaire de l’histoire des États-Unis, l’enlisement de la
guerre et les exactions commises par l’armée américaine vont
profondément choquer l’opinion publique. Aux États-Unis, de
nombreux américains vont s’insurger contre cette guerre entraînant
plusieurs manifestations dans les rues et les campus universitaires.
b) Le difficile désarmement et la crise des euromissiles
Le désarmement entre les blocs Est et Ouest parait superficiel car
certains pays refusent de signer les traités (la France et la Chine
refusent de signer le traité de Moscou de 1963) et accélèrent leurs
recherches nucléaires à des fins militaires. Les accords SALT 2 signés en
1979 sur la limitation des lance-missiles et de bombardiers stratégiques
ainsi que la destruction de tous les lance-missiles en surnombre
n’entreront jamais en vigueur.
Si les accords SALT limitent la prolifération des armements nucléaires
intercontinentaux, ils ne prévoient cependant rien pour les armements
nucléaires de portée intermédiaire. Dès lors, la course aux armements
entre les deux superpuissances se concentre sur ce type d’armements.
En 1977, l’URSS déploie en Europe centrale des missiles SS20, de portée
intermédiaire. En représailles, les États-Unis et l’OTAN déploient en
Europe occidentale des missiles Cruise et Pershing II, ouvrant ainsi la
crise des euromissiles en début des années 1980.
En mai
Club 1983, Reagan lance l’IDS (Initiative de Défense Stratégique), plus
Cedeao
connue sous le nom de « Guerre des étoiles » qui va davantage
renforcer la crispation des rapports Est-Ouest dans le contexte de la
détente.
V/ L’UNIPOLARISATION DU MONDE
1) Les causes de la désagrégation de l’URSS
a) Les pressions internes et externes
• Économie soviétique exsangue (qui a perdu de sa force, de sa
vitalité). Les dépenses militaires énormes dues à la course aux
armements et les programmes spatiaux impressionnants ont amplifié
les crises sociales et plongé les populations soviétiques dans des
conditions de vie misérables.
• Dissensions politiques au sein du parti communiste soviétique
entre les conservateurs favorables à une politique radicale et austère à
l’égard de l’ouest et les rénovateurs, partisans de l’ouverture et de la
coopération avec l’ouest.
• Violences interethniques dans les nationalités soviétiques. La
révolution islamique en Iran de 1979 va inspirer l’éveil du nationalisme
islamique dans certaines républiques soviétiques.
• Affaiblissement de l’Urss par la guerre d’Afghanistan (1979-1988).
• Les accords SALT et START libèrent les pays satellites de l’URSS de
la crainte nucléaire et accentuent leur aspiration à une plus grande
autonomie vis-à-vis de l’URSS.
C’est dans ce contexte que Mikhaïl Gorbatchev arrive au pouvoir en
URSS en 1985. Au XXVIIe congrès du PCUS en février 1986, il énonce des
reformes sans précédent sur la vie sociopolitique et économique de
l’Urss. et engage des reformes avec sa politique de Perestroïka
(restructuration) et de Glasnost (transparence)
b) Les reformes de Mikhaïl Gorbatchev
Deux grandes réformes aux conséquences décisives sur l’avenir de
l’Union Soviétiques seront engagées par Mikhaïl Gorbatchev.
► La Perestroïka (restructuration) a pour objectif de :
• Transformer le système de direction de l’Union Soviétique
fortement
Club Cedeaocentralisé, lourd et lent en un système beaucoup plus
décentralisé et efficace.
• Permettre la modernisation économique du pays et le
développement de la libre entreprise.
• Accorder une plus grande autonomie de gestion aux entreprises
d’État
• Encourager la création des sociétés mixtes avec l’étranger
• Libéraliser le commerce extérieur et renforcer la coopération
avec l’Occident
► La Glasnost (transparence) : alors que la Perestroïka se concentre sur
la restructuration économique de l’URSS, la Glasnost :
• Supprime les entraves à la liberté d’expression et au débat public.
• Accorde aux médias la liberté d’exprimer des opinions contraires
• Facilite la libération de plusieurs centaines de dissidents
soviétiques (dont le physicien Andreï Sakharov en déc. 1986)
• Autorise la réhabilitation des victimes de procès staliniens (en
février 1988)
• Permet l’organisation d’élections dans les organes du pouvoir
soviétique (Gorbatchev met fin au parti unique en 1988 et se fait élire
Président de l’Urss en 1990).
Aussi, les reformes de M. Gorbatchev vont accélérer le processus de
dislocation de l’Union soviétique. En effet, s’appuyant sur la Glasnost,
l’opinion publique soviétique, libérée de l’opacité médiatique et de
l’oppression politique exige la mise en œuvre rapide des mesures de la
Perestroïka qui tardent à se concrétiser, accentuant ainsi les crises et
revendications sociales. S’appuyant également sur les reformes de
Gorbatchev, les démocraties populaires rejettent le modèle de
gouvernement communiste tandis que les nationalités soviétiques
réclament leur indépendance.
2) La dislocation de l’URSS et ses conséquences
a) L’effondrement du rideau de fer et la dislocation de l’Union
Soviétique
Ces changements opérés par Gorbatchev vont provoquer
l’effondrement du «rideau de fer ». En effet, La Pologne, en Europe de
l’Est ouvre la vague de démocratisation des démocraties populaires. La
Tchécoslovaquie, la Roumanie, la Hongrie et la République
démocratique allemande rejettent le communisme et cessent d’être, les
Club
unes Cedeao
après les autres, des démocraties populaires. Le 09 novembre
1989, le mur de Berlin est démantelé et la réunification de la RDA et de
la RFA est faite en octobre 1990. Le Bloc de l’Est s’est définitivement
effondré.
Sous la pression des mouvements indépendantistes, les États baltes
annoncent la prééminence de leurs lois sur les lois fédérales et finissent
par proclamer leur indépendance. Toutes les républiques soviétiques
proclament successivement leur indépendance. Le 25 déc. 1991,
Mikhaïl Gorbatchev démissionne de la présidence de l’URSS, sonnant
ainsi l’effondrement de l’Union Soviétique qui s’est disloquée en 15
républiques :
Estonie – Lettonie – Lituanie – Russie – Biélorussie – Moldavie – Géorgie
– Ukraine – Arménie – Azerbaïdjan – Kazakhstan – Kirghizstan –
Ouzbékistan – Tadjikistan – Turkménistan.
A l’exception des trois premiers États baltes, les douze autres vont
former la Communauté des États Indépendants (CEI). L’URSS, épuisée
par la guerre froide, la course aux armements et les programmes
spatiaux exorbitants, la guerre d’Afghanistan et les crises
sociopolitiques internes finit ainsi par s’effondrer pour disparaître en
tant que modèle idéologique conquérant.
Dépossédé de son empire, le nouvel État russe se trouve diminué : il
perd 25% de sa superficie (passant de 22 à 17 millions de km2) et 16%
de sa population.
b) Les conséquences de l’effondrement de l’URSS
La dislocation de l’URSS et la disparition du bloc communiste auront de
nombreuses conséquences sur la scène internationale :
• La fin de la bipolarisation du monde et de la guerre froide.
• Le Pacte de Varsovie puis le CAEM sont dissouts en 1991.
• Une nouvelle ère s’ouvre dans les relations internationales :
l’Unipolarisation du monde. La chute de l’URSS consacre du coup la
prédominance des États-Unis dans le monde. Ils restent désormais la
seule superpuissance et jouent le rôle de « gendarme du monde »
• Les pays sortis de l’Union Soviétique et du bloc communiste vont
progressivement intégrer les organisations occidentales militaires
comme l’OTAN et économiques comme l’Union Européenne
Club Cedeao
CONCLUSION
Les Relations Internationales de 1947 à 1991 seront marquées par la
division du monde en deux blocs idéologiquement antagonistes. Des
crises et conflits plus ou moins tragiques mais aussi des périodes de
décrispation et de collaboration vont émailler les rapports Est-Ouest.
L’épuisement de l’URSS à l’échelle nationale et internationale ainsi que
sa dislocation en 1991 consacrent désormais les États-Unis comme
puissance dominante de la scène internationale.
Pour accéder au format vidéo (1ère Partie) de cette leçon, cliquez ICI
Pour accéder au format vidéo (2ème Partie) de cette leçon, cliquez ICI
Pour accéder au format vidéo (3ème Partie) de cette leçon, cliquez ICI
Pour accéder au format vidéo (4ème Partie) de cette leçon, cliquez ICI
Testez vos connaissances sur cette leçon en cliquant ---> ICI
Pour plus d'Infos, cliquez ICI
E-mail *
JE M’ABONNE !
Club Cedeao
10 réflexions au sujet de « L’ère de la bipolarisation de 1947
à 1991 »
Yeo Simon pierre dit :
12/11/2024 À 19 H 11 MIN
Tout es clair donc j’apprécie beaucoup
Anonyme dit :
24/11/2024 À 20 H 14 MIN
C’est super clair et précis
Adama ben Bamba dit :
02/12/2024 À 13 H 19 MIN
Parfait
Rabé dit :
02/12/2024 À 23 H 08 MIN
Club Cedeao
C’est vraiment le cour complet
Ehouman Gertrude dit :
04/12/2024 À 20 H 00 MIN
Très riche
Traoré dit :
06/12/2024 À 23 H 03 MIN
Bien
Andju anoh parfait dit :
05/01/2025 À 19 H 12 MIN
Très bon
Kouakou marcelin Koua dit :
15/01/2025 À 2 H 20 MIN
Je veux pour le téléchargement
Kouassi divine dit :
16/01/2025 À 13 H 31 MIN
Très riche
Club Cedeao
Drame dit :
19/01/2025 À 21 H 22 MIN
Très enrichissante 😌😌😌👍👍
Laisser un commentaire
Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont
indiqués avec *
Commentaire *
Nom
E-mail Site web
Oui, ajoutez-moi à votre liste de diffusion.
LAISSER UN COMMENTAIRE
Cours et tests en Terminale : cliquez sur 👉👉
Pour nous écrire, cliquez sur le mail 👇👇
Club Cedeao
clubcedeao@[Link]
L’hymne de la Cedeao
00:00 00:00
L’hymne en texte 👉👉
Les Textes de la CEDEAO
Le Traité révisé de la CEDEAO 👉👉
Le Protocole additionnel 👉👉
Pour participer au Jeu Lecture Club Cedeao : cliquez sur 👉👉
Découvrez les Etats 👉👉
ARCHIVES
PERSONNALITÉS
Sélectionner un mois
DE LA CEDEAO
Cours et tests Terminale : cliquez
Suivez-nous sur : 👉👉
Président de Contes et légendes (livres de
la Cedeao lecture des années 80) : 👉👉
message 👇👇
Laissez-nous un
(ajoutez 1 mail pour
vous répondre si Pour nous écrire, cliquez sur
Club Cedeao besoin)
le mail 👇👇
Président de clubcedeao@[Link]
la
Commission (225)0140558771
ENVOYER
E-mail *
Présidente
du Parlement
JE M’ABONNE !
Président de
la Cour de
Justice
Représentante-
Club Cedeao
Résidente
CEDEAO en
RCI
Pour plus d’infos sur
l’hymne et les
personnalités : cliquez 👉
👉
Bil…
Bil …
2025 ©Tous droits réservés : Club Cedeao