Projet de Loi de Finances 2024 : TVA et mesures fiscales
Projet de Loi de Finances 2024 : TVA et mesures fiscales
Projet de Loi de
Finances 2024
Consolidation des
Séisme d’Al Haouz
fondements de
l’Etat social
Contexte
Continuité de
Pourvoir d’achat
l’application des
fragilisé par
dispositions de la loi-
l’impact de
cadre portant
l’inflation
réforme fiscale
2
Hypothèses d’élaboration du PLF 2024
H04
H03
3
Principaux objectifs du PLF 2024
4
Sommaire
6
Mesures d’extension de l’exonération et d’atténuation de l’effet du
1
boutoir en matière de TVA
7
1. Mesures d’extension de l’exonération et
d’atténuation de l’effet du boutoir en matière de TVA
8
1. Mesures d’extension de l’exonération et d’atténuation de l’effet du
boutoir en matière de TVA
1.1. Exonération sans droit à déduction, à l’intérieur et à l’importation, des produits de
base de large consommation
Conserves de sardines 7%
Lait en poudre 7%
* Les autres types de beurre resteront soumis à la TVA dans les conditions de droit commun.
9
Référence légale : Articles 91 et 123 du CGI
1. Mesures d’extension de l’exonération et d’atténuation de l’effet du
boutoir en matière de TVA
Le PLF 2024 propose l’exonération, sans droit à déduction, de la TVA à l’intérieur des redevances et
droits de licence inclus dans la base d’imposition de la TVA à l’importation.
Cette exonération est accordée dans la limite du montant de la TVA acquittée à l’importation au
titre des redevances et droits de licence précités.
10
Référence légale : Article 91-XI du CGI
1. Mesures d’extension de l’exonération et d’atténuation de l’effet du
boutoir en matière de TVA
1.3. Exonération avec droit à déduction de la TVA applicable aux services liées
aux équipements et matériels militaires
Le PLF 2024 propose de compléter les dispositions de l’article 92-I-52 par l’exonération de la TVA
avec droit à déduction aux services de maintenance, de réparation, de transformation
ou de modification qui sont liés aux engins, équipements et matériels militaires, armes,
munitions ainsi que leurs parties et accessoires, acquis par les organes chargés de la défense
nationale, de la sécurité et du maintien de l’ordre public.
11
Référence légale : Article 92-I-52° du CGI
1. Mesures d’extension de l’exonération et d’atténuation de l’effet du
boutoir en matière de TVA
1.4. Alignement progressif des taux de la TVA à deux taux à l’horizon de 2026 (1/8)
En application des dispositions de la loi cadre n°69-19 portant réforme fiscale, il est proposé l’alignement
progressif des taux de la TVA à deux taux à l’horizon de 2026 et la convergence progressive vers deux taux
(10% et 20%), et ce, en vue de lutter contre l’effet du butoir :
❑ Harmonisation progressive du taux de la TVA appliqué à l'eau ainsi que les prestations
d’assainissement et la location de compteurs d’eau à l’exclusion des opérations prévues par
l’article 92-I-55° du CGI, qui est actuellement de 7 % en rehaussant pour atteindre 10 % en 2026
comme suivant :
❑ Exonération de la TVA, avec droit à déduction, pour les opérations de vente et de livraison
relatives à l’eau destinée à un usage domestique, effectuées par les par les organismes
chargés de la distribution publique et les prestations d’assainissement ainsi que les
opérations de location de compteurs d’eau destinées au même usage. (Amendement de la
première chambre du parlement).
12
Référence légale : Articles 92-I-55°, 99 –B-1°, 247 -XXXI-A du CGI
1. Mesures d’extension de l’exonération et d’atténuation de l’effet du
boutoir en matière de TVA
1.4. Alignement progressif des taux de la TVA à deux taux à l’horizon de 2026 (2/8)
❑ Harmonisation progressive du taux de la TVA appliqué sur l’énergie électrique qui est de 14%
actuellement en le rehaussant pour atteindre 20% en 2026 comme suivant :
13
Référence légale : Articles 99 –B-1°, 247-XXXXI-B du CGI
1. Mesures d’extension de l’exonération et d’atténuation de l’effet du
boutoir en matière de TVA
1.4. Alignement progressif des taux de la TVA à deux taux à l’horizon de 2026 (3/8)
14
Référence légale : Articles 99 –B-1°, 247-XXXXI-C du CGI
1. Mesures d’extension de l’exonération et d’atténuation de l’effet du
boutoir en matière de TVA
1.4. Alignement progressif des taux de la TVA à deux taux à l’horizon de 2026 (4/8)
15
Référence légale : Articles 99-B-1°, 247-XXXXI -D du CGI
1. Mesures d’extension de l’exonération et d’atténuation de l’effet du
boutoir en matière de TVA
1.4. Alignement progressif des taux de la TVA à deux taux à l’horizon de 2026 (5/8)
❑ Harmonisation progressive du taux d’imposition de la taxe sur la valeur ajoutée appliqué au sucre
raffiné ou aggloméré, y compris les vergeoises, les candis et les sirops de sucre pur non
aromatisés ni colorés à l’exclusion de tous autres produits sucrés ne répondant pas à cette
définition, qui est actuellement de 7% en l’augmentant pour atteindre 10% en 2026 comme
suivant:
1.4. Alignement progressif des taux de la TVA à deux taux à l’horizon de 2026 (6/8)
17
Référence légale : Article 247-XXXXI-F du CGI
1. Mesures d’extension de l’exonération et d’atténuation de l’effet du
boutoir en matière de TVA
1.4. Alignement progressif des taux de la TVA à deux taux à l’horizon de 2026 (7/8)
18
Référence légale : Articles 99-B-2°, 247-XXXXI-G du CGI
1. Mesures d’extension de l’exonération et d’atténuation de l’effet du
boutoir en matière de TVA
1.4. Alignement progressif des taux de la TVA à deux taux à l’horizon de 2026 (8/8)
❑ Harmonisation du taux d’imposition applicable aux voitures économiques et tous les produits et
matières entrant dans leur fabrication ainsi que les prestations de montage desdites voitures
économiques, actuellement de 7% en l’élevant pour atteindre 10%.
19
Référence légale : Article 99-B-1° du CGI
2. Mesures d’élargissement de la base imposable,
d’harmonisation et de clarification des règles d’assiette
de la TVA
20
2. Mesures d’élargissement de la base imposable, d’harmonisation et de
clarification des règles d’assiette de la TVA
2.1. Elargissement du champ d’application de la TVA pour couvrir les prestations de
services fournies à distance (1/2)
Le PLF 2024 propose de compléter l’article 88 du CGI afin d’élargir le champ d’application de la TVA pour
appréhender les prestations de services fournies à distance au titre des services fournis en ligne par des
sociétés non-résidentes à des clients installés sur le territoire national, conformément aux meilleures pratiques
internationales dans ce domaine.
Ainsi, une opération est également réputée faite au Maroc lorsque la prestation de service est fournie à
distance de manière dématérialisée par une personne non-résidente n’ayant pas d’établissement au
Maroc à un client :
✓ ayant son siège, son établissement ou son domicile fiscal au Maroc ; ou
✓ résidant à titre occasionnel au Maroc.
On entend par service fourni à distance de manière dématérialisée, toute prestation rendue à travers un outil de
communication à distance, y compris les biens incorporels et les autres biens immatériels.
21
Référence légale : Articles 88-2°, 115 bis du CGI
2. Mesures d’élargissement de la base imposable, d’harmonisation et de
clarification des règles d’assiette de la TVA
2.1. Elargissement du champ d’application de la TVA pour couvrir les prestations de
services fournies à distance (2/2)
❑ Obligations déclaratives:
A défaut d’accréditation d’un représentant fiscal au Maroc, les fournisseurs de services à distance non-
résidents n’ayant pas d’établissement au Maroc qui fournissent des prestations à distance de manière
dématérialisée, aux clients ayant leur siège, leur établissement ou leu domicile fiscal au Maroc ou aux clients
non assujettis résidents à titre occasionnel au Maroc, doivent s’enregistrer sur la plateforme
électronique dédiée à cet effet pour obtenir un identifiant fiscal.
Ils doivent également souscrire, sur ladite plateforme, avant l’expiration de chaque mois, la déclaration du
chiffre d’affaires réalisés au Maroc au titre des prestations précitées fournies aux clients non assujettis au
cours du mois précédent et verser, en même temps, la taxe correspondante sans droit à déduction.
Les modalités d’application de ces mesures seront fixées par voie réglementaire.
22
Référence légale : Articles 88-2°, 115 bis du CGI
2. Mesures d’élargissement de la base imposable, d’harmonisation et de
clarification des règles d’assiette de la TVA
Le PLF 2024 a explicité l’imposition obligatoire des locations d’immeubles non équipés à usage
professionnel. Actuellement, lesdites location sont soumises à la TVA, sur option formelle.
Ainsi, seront obligatoirement imposables les locations portant sur les locaux non équipés à usage
professionnel acquis ou construits avec bénéfice du droit à déduction ou de l’exonération de
la taxe sur la valeur ajoutée.
23
Référence légale : Article 89-I-10°-a) du CGI
2. Mesures d’élargissement de la base imposable, d’harmonisation et de
clarification des règles d’assiette de la TVA
2.3. Harmonisation de la sanction de 15 % applicable en cas de dépôt de déclaration
créditrice hors délai
Le PLF 2024 propose d’ajouter, dans un nouvel article 204-bis, relatives à la sanction pour
infraction au délai du droit à déduction, les dispositions ci-dessous.
25
Référence légale : Article 204 bis du CGI
3. Mesures de lutte contre la fraude fiscale,
la réforme du secteur de l’informel et la
rationalisation des incitations fiscales
26
3. Mesures de lutte contre l’évasion et la fraude fiscales, la réforme du
secteur de l’informel et la rationalisation des incitations fiscales
3.1. Institution d’un nouveau régime d'autoliquidation de la TVA (1/2)
Le PLF 2024 propose de compléter les dispositions du CGI par l’article 125 quinquies pour
l’institution d’un nouveau régime d'autoliquidation de la TVA au titre des achats de biens et de
services effectués auprès de fournisseurs situés hors champ d’application de la TVA ou exonérés sans
droit à déduction en matière de TVA.
Ainsi, par dérogation aux dispositions des articles 87, 89 et 91, le client assujetti peut déclarer et
acquitter la TVA au titre des achats de biens et services effectués auprès de fournisseurs situés
hors champ d’application de la taxe ou qui en sont exonérés sans droit à déduction, à
l’exclusion des opérations d’achat de terrains et des produits agricoles.
27
Référence légale : Article 125 quinquies du CGI
3. Mesures de lutte contre l’évasion et la fraude fiscales, la réforme du
secteur de l’informel et la rationalisation des incitations fiscales
3.1. Institution d’un nouveau régime d'autoliquidation de la TVA (2/2)
Dans ce cas, le client assujetti est tenu de déclarer, selon son régime d’imposition, le montant hors taxe
de l’opération sur sa propre déclaration du chiffre d’affaires du mois ou du trimestre au cours duquel le
paiement de l’opération a été effectué, de calculer la taxe exigible et de procéder à la déduction
du montant de ladite taxe exigible ainsi déclarée, conformément aux dispositions de l’article 101
du CGI.
Date d’effet:
Cette mesure est applicable au titre des opérations réalisées à compter du 1er juillet 2024.
3.2. Révision du régime applicable aux biens d'investissement acquis par les
établissements d'enseignement ou de formation professionnelle
Le PLF 2024 propose l’abrogation des dispositions, de l’article 92-I-8 du CGI, relatives à l’exonération de
TVA sur les biens d'investissement acquis par les établissements d'enseignement ou de formation
professionnelle.
Ainsi, il est proposé d'harmoniser le régime fiscal des établissements précités avec celui appliqué à tous les
secteurs et les personnes qui se situent hors champ d'application de la TVA ne bénéficiant pas de
l’exonération.
Date d’effet:
Cette mesure s’applique aux établissements privés d'enseignement ou de formation professionnelle qui
débuteront leur activité ou qui obtiendront l'autorisation de construire à compter du 1er janvier 2024.
29
Référence légale : Article 92-I-8° du CGI
3. Mesures de lutte contre l’évasion et la fraude fiscales, la réforme du
secteur de l’informel et la rationalisation des incitations fiscales
3.3. Institution d’un nouveau régime de retenue à la source en matière de TVA (1/5)
Le PLF 2024 propose de compléter les dispositions de l’article 117 du CGI par l’institution d’un nouveau
régime de retenue à la source (RAS) en matière de TVA :
i) RAS sur les opérations effectuées par « les fournisseurs de biens et de travaux » assujettis
à la TVA
30
Référence légale : Articles 112-II, 117-IV & V du CGI
3. Mesures de lutte contre l’évasion et la fraude fiscales, la réforme du
secteur de l’informel et la rationalisation des incitations fiscales
3.3. Institution d’un nouveau régime de retenue à la source en matière de TVA (2/5)
ii) RAS sur les opérations effectuées par « les prestataires de services » assujettis à la TVA
La RAS proposée serait effectuée au titre des opérations de prestations de services visées à l’article 89-I
(5°, 10° et 12°) du CGI, à hauteur de 75%, dont la liste est fixée par voie réglementaire.
Il s’agit des :
❑ Opérations d'installation ou de pose, de réparation ou de façon ;
❑ Locations portant sur les locaux :
• meublés ou garnis et les locaux qui sont équipés pour un usage professionnel ainsi que les
locaux se trouvant dans les complexes commerciaux (Mall) y compris les éléments incorporels
du fonds de commerce ;
• non équipés à usage professionnel acquis ou construits avec bénéfice du droit à déduction ou
de l’exonération de la TVA.
31
Référence légale : Articles 112-II, 117-IV & V du CGI
3. Mesures de lutte contre l’évasion et la fraude fiscales, la réforme du
secteur de l’informel et la rationalisation des incitations fiscales
3.3. Institution d’un nouveau régime de retenue à la source en matière de TVA (3/5)
ii) RAS sur les opérations effectuées par « les prestataires de services » assujettis à la TVA
La RAS proposée serait effectuée au titre des opérations de prestations de services visées à l’article 89-I
(5°, 10° et 12°) du CGI, à hauteur de 75%, dont la liste est fixée par voie réglementaire.
Il s’agit des :
❑ Opérations de transport, de magasinage, de courtage, les louages de choses ou de services, les
cessions et les concessions d’exploitation de brevets, de droits ou de marques et d’une manière
générale toute prestation de service ;
❑ Opérations effectuées, dans le cadre de leur profession, par les personnes physiques ou morales au
titre des professions de :
✓ avocat, interprète, notaire, adel, huissier de justice ;
✓ architecte, métreur-vérificateur, géomètre, topographe, arpenteur, ingénieur, conseil, expert en
toute matière et comptable agréé ;
✓ Vétérinaire.
32
Référence légale : Articles 112-II, 117-IV & V du CGI
3. Mesures de lutte contre l’évasion et la fraude fiscales, la réforme du
secteur de l’informel et la rationalisation des incitations fiscales
3.3. Institution d’un nouveau régime de retenue à la source en matière de TVA (4/5)
ii) RAS sur les opérations effectuées par « les prestataires de services » assujettis à la TVA
Fournisseurs
Personnes physiques Personnes physiques Personnes
Avec attestation* Sans attestation* morales
PM de droit privé et
RAS de 75% RAS de 100% Pas de RAS
Clients
* Ladite attestation doit justifier la régularité fiscale desdits fournisseurs au titre des
obligations de déclaration et de paiement des impôts, droits et taxes prévus par CGI, délivrée
par l’administration fiscale depuis moins de 6 mois au lieu de 3 mois (amendement de la
première chambre du parlement).
33
Référence légale : Articles 112-II, 117-IV & V du CGI
3. Mesures de lutte contre l’évasion et la fraude fiscales, la réforme du
secteur de l’informel et la rationalisation des incitations fiscales
3.3. Institution d’un nouveau régime de retenue à la source en matière de TVA (5/5)
❖ Opérations de ventes portant sur l’énergie électrique et l’eau livrée aux réseaux de distribution
publique;
❖ Prestations d’assainissement fournis aux abonnés par les organismes chargés de l’assainissement
ainsi que la location de compteurs d’eau et d’électricité;
❖ Ventes réalisées et les prestations de services fournies par les opérateurs de télécommunication;
❖ Autres opérations dont le montant est inférieur ou égal à cinq mille (5 000) dirhams, dans la limite de
cinquante mille (50 000) dirhams par mois et par fournisseur de biens, de travaux et de services.
34
Référence légale : Articles 112-II, 117-IV & V du CGI
3. Mesures de lutte contre l’évasion et la fraude fiscales, la réforme du
secteur de l’informel et la rationalisation des incitations fiscales
3.4. Réinstauration de l’obligation de conservation des biens meubles (60 mois)
Le PLF 2024 propose de réinstaurer l'obligation de conservation des biens meubles d’investissement,
qui ont bénéficié de l'achat en exonération ou du droit à déduction, dans un compte d'immobilisation
pendant une période de 60 mois à compter de celui de leur acquisition.
La TVA régularisée ouvre droit à déduction chez le vendeur dans la limite de la TVA facturée lors de sa
cession en tant que bien d’occasion, conformément à l’article 125 bis du CGI.
35
Référence légale : Article 102 et 104-II du CGI
3. Mesures de lutte contre l’évasion et la fraude fiscales, la réforme du
secteur de l’informel et la rationalisation des incitations fiscales
Le PLF 2024 propose de compléter les dispositions de l’article 182 du CGI, traitant à la solidarité en
matière de TVA, par l’institution du principe de solidarité entre les dirigeants d’entreprises.
Ainsi, en cas de non-respect des obligations de déclaration et de paiement prévues par le présent code
en matière de taxe sur la valeur ajoutée, toute personne exerçant directement ou indirectement
des fonctions d'administration, de direction ou de gestion de l’entreprise demeure
solidairement redevable de la taxe due, des pénalités et majorations y afférentes.
36
Référence légale : Article 182-II du CGI
II. Mesures relatives à l’IR
37
2. Mesures relatives à l’Impôt sur le Revenu (IR)
2.1. Déductibilité des cotisations sociales des professionnels, des personnes non
salariées et des travailleurs indépendants
Le PLF 2024 prévoit le droit à déduction de la base imposable à l’IR professionnel des cotisations sociales au
régime de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) (loi 98-15) et de la retraite (loi 99-15) au profit des professionnels,
travailleurs indépendants et personnes non salariées soumis à l’IR selon le régime du résultat net réel ou simplifié.
Actuellement : Les paragraphes 6° et 9° de l’article 29 « Evaluation des dépenses des personnes physique lors de
l’examen de l’ensemble de la situation fiscale » et l’article 216 « Examen de l’ensemble de la situation fiscale des
personnes physiques » utilisent le terme « Contribuable ».
PLF 2024 : Il prévoit le remplacement du terme « Contribuable(s) » par les termes « Personne(s) Physique(s) ».
Actuellement : Le paragraphe 9° de l’article 29 fait référence à tous les frais à caractère personnel, autres que
ceux visés dans la paragraphes précédents ainsi que toutes les dépenses supportées par la personne physique pour
son propre compte ou celui des personnes à sa charge, telles que énumérés à l’article 74-II (épouse, propres
enfants et enfants légalement recueillis).
PLF 2024 : Il prévoit le remplacement de la phrase « pour son propre compte ou celui des personnes à sa
charge, telles que énumérés à l’article 74-II » par « Pour le compte des ascendants, descendants, conjoints ou
autres personnes ayant un lien avec lui ».
Actuellement : Les revenus évalués dans le cadre de la procédure de l’examen de l’ensemble de la situation fiscale
des personnes physiques dont la source n’a pas été justifiés sont imposés dans le cadre de la déclaration annuelle
du revenu global.
PLF 2024 : Il prévoit l’imposition dans la catégorie des revenus professionnels des revenus évalués dans le
cadre de la procédure de l’examen de l’ensemble de la situation fiscale des personnes physiques dont la source n’a
pas été justifiés
Mise en place d’une procédure d’examen de l’ensemble de la situation fiscale d’une personne physique :
▪ Notification d’un avis d’examen dans les formes prévues à l’article 219 du CGI
▪ Remise de la charte du contribuable avec l’avis d’examen sous peine de nullité de la procédure
▪ L’administration peut demander, dans les formes prévues à l’article 219 du CGI , à la personne concernée de fournir
toutes les justifications nécessaires et présenter tous documents clarifiant les discordances et incohérences relevées,
dans un délai de trente (30) jours suivant la date de réception de la demande de l’administration
▪ La durée de l’examen ne peut dépasser un an à compter de la date de notification de l’avis d’examen avec des
suspensions de la durée dues à l’envoi des demandes de renseignement aux administrations fiscales étrangères.
▪ Avant la clôture de l’examen, l’administration procède à un échange oral et contradictoire concernant les éléments de
comparaison sur la base desquels le revenu global annuel sera évalué
▪ La date de l’échange oral et contradictoire ainsi que la date la date de clôture de l’examen doivent être communiquées
à la personne concernée selon un imprimé modèle et dans les formes prévues à l’article 219 du CGI
▪ Les éléments de comparaison devant servir à la rectification de la base annuelle d'imposition sont communiqués à
la personne concernée dans un délai de 3 mois qui suivent la date de clôture de l’examen par une lettre de
notification dans laquelle l’administration invite la personne concernée à produire ses observations dans un délai
de trente jours suivant la date de réception de la lettre de notification
▪ La procédure peut se poursuivre conformément aux dispositions de l’article 220-II ou de l’article 221-II du CGI en
cas de rejet total ou partiel des éléments de comparaison qui lui sont notifiés par l’Administration.
▪ Lorsque l'administration a procédé à un examen de lڈensemble de la situation fiscale dۃune personne physique
pour une période déterminée, elle ne peut procéder ultérieurement à un nouvel examen pour la même période
▪ Au cours d’une procédure d’examen de l’ensemble de la situation fiscale, l'administration peut examiner les
opérations figurant sur des comptes financiers utilisés à titre privé ou professionnel et demander aux personnes
concernées tous les éclaircissements et justifications sur ces opérations, sans que cet examen et ces demandes
constituent le début d'une procédure de vérification de comptabilité.
Dans le but de garantir l'alignement des déclarations de revenus en matière d'impôt sur le revenu avec les
indicateurs concernant les dépenses des personnes physiques et leur patrimoine et avoirs liquides il est proposé
d'améliorer la procédure de l’examen de l’ensemble de la situation fiscale des personnes physiques.
▪ Clarification de l’objet de la vérification en précisant qu’elle porte sur la cohérence entre les revenus de la
personne et ses dépenses et avoirs liquides. Pour les avoirs liquides, l’examen peut s’étendre aux avoirs liquides
déposés dans les comptes bancaires de l’intéressé ou dans ceux de toute autre personne ayant un lien avec elle,
lorsque ladite personne physique est le bénéficiaire effectif desdits comptes.
▪ L’administration peut attribuer d’office un identifiant fiscal aux personnes non identifiés et procéder à l’évaluation
de leur revenu global annuel et fixer le lieu d‘imposition à l’adresse figurant sur la CNIE ou sur la carte du séjour;
45
3. Mesures relatives aux Droits d’Enregistrement (DE)
3.1. Alignement des taux des droits d’enregistrement applicable aux actes d’attribution
de locaux ou terrains par les coopératives et les associations d’habitation à leurs
membres
Actuellement : Les actes d'attribution de logements aux membres des coopératives d'habitation sont soumis à un
droit fixe de 200 MAD (art. 135-II-9°) lorsque les conditions prévues par l’article 7-I-B sont respectées ou au droit
proportionnel de 4% en cas de non-respect desdites conditions. Par contre, les actes d'attribution de logements aux
membres des associations d'habitation, communément appelées amicales, sont soumis à un taux de 1,5%.
PLF 2024 : Il prévoit la standardisation des taux des droits d'enregistrement pour tous les actes d'attribution de
locaux et terrains par les coopératives ou les associations en appliquant les taux proportionnels de droit commun
actuellement en vigueur, soit 4% (locaux) ou 5% (Terrains).
Date d’effet : Les dispositions des articles 133-I-F-1° et 133-I-G-3° sont applicables à compter du 01/01/2024
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4. Mesures communes
4.1. Institution du principe du droit à l'erreur pour permettre aux contribuables de
rectifier spontanément leurs déclarations fiscales
Personnes Les contribuables soumis à l’impôt sur les sociétés ou à l’impôt sur le revenu selon le régime du résultat net réel ou celui du
concernées résultat net simplifié ayant constaté des irrégularités dans leur déclarations fiscales.
▪ Demander à l'administration fiscale un récapitulatif des irrégularités relevées dans ses déclarations
millions).
▪ les rectifications effectuées en réponse aux irrégularités communiquées par l'administration fiscale,
Contenu de
la note ▪ les motifs détaillés justifiant la non rectification totale ou partielle des irrégularités communiquées par l’administration fiscale
explicative
▪ Les rectifications relatives aux éventuelles irrégularités relevées par le commissaire aux comptes, l'expert-comptable, ou le
comptable agréé concerné
Avantages
pour paiement tardif prévue à l’article 208 du CGI.
accordées Les majorations pour paiement tardif (5% et 0,5% …) restent applicables.
NB : Le dépôt de la déclaration rectificative et le paiement des droits supplémentaires exigibles ne permettent pas de
bénéficier de la dispense du contrôle fiscal au titre des exercices, objet des rectifications.
Acquittement des droits supplémentaires, lorsque applicable, en un seul versement lors du dépôt de
Acquittement
la déclaration rectificative.
Les déclarations ayant fait l’objet de l’une des procédures de rectification des impositions prévues
Exclusions
par les articles 220 et 221 du CGI,
Actuellement : Les dispositions en vigueur prévoient deux étapes de recours en ce qui concerne les rectifications
des bases d'imposition pour lesquelles l'administration invoque l'abus de droit, à savoir :
PLF 2024 : Il prévoit l’abrogation de l’article 226-bis et par conséquent l’élimination du recours à la commission
consultative du recours pour abus de droit et conservation d’un unique niveau de recours devant la CNRF.
Il est à rappeler que l'administration ne peut invoquer la notion d'abus de droit que dans le contexte d'une
procédure de contrôle fiscal contradictoire, qui assure le respect du droit à la défense et du droit d'appel devant la
CNRF et les tribunaux.
Le PLF 2024 prévoit la réinstauration de la mesure relative à la régularisation volontaire de la situation fiscale des
contribuables qui sont en situation irrégulière vis-à-vis des obligations fiscales concernant :
• les avoirs liquides déposés dans des comptes bancaires ou/et détenus en monnaie fiduciaire sous forme de billets
de banque ;
• Les avances en comptes courants d'associés ou en comptes de l'exploitant et des prêts accordés aux tiers.
Les contribuables, personnes physiques disposant de profits ou de revenus imposables au Maroc n’ayant pas
été déclarés avant le 1er janvier 2024.
La mesure de 2020 concernait les personnes physiques qui ont leur domicile fiscal au Maroc, au titre des
Personnes
profits ou des revenus se rapportant à l’exercice d’une activité professionnelle ou agricole, n’ayant pas été
concernées
déclarés avant le 1er janvier 2020, en matière d’IR et qui sont en situation irrégulière vis-à-vis des obligations
fiscales prévues par le CGI ainsi que les contribuables qui s’identifient pour la première fois auprès de
l’administration fiscale en s’inscrivant au rôle de la taxe professionnelle, à partir du 1er janvier 2020 (Art.
247-XVIII).
Les avoirs concernés par cette mesure de régularisation sont :
Avoirs
concernés • Les avoirs liquides déposés dans des comptes bancaires ;
• Les avoirs liquides détenus en monnaie fiduciaire sous forme de billets de banque.
▪ Dépôt auprès d’un établissement de crédit agrée en tant que banque les avoirs liquides déposés dans des
comptes bancaires ou les avoirs en monnaie fiduciaire sous forme de billets de banque.
Modalités de
▪ Remise à la banque d’une déclaration des dépôts effectués contre récépissé
déclaration
▪ Prélèvement par la banque de la contribution de 5% sur les avoirs liquides déposés
Les contribuables, personnes physiques disposant de profits ou de revenus imposables au Maroc n’ayant pas été
déclarés avant le 1er Janvier 2024.
Personnes La mesure de 2020 concernait les personnes physiques qui ont leur domicile fiscal au Maroc, au titre des profits ou des
concernées revenus se rapportant à l’exercice d’une activité professionnelle ou agricole, n’ayant pas été déclarés avant le 1er janvier
2020, en matière d’IR et qui sont en situation irrégulière vis-à-vis des obligations fiscales prévues par le CGI ainsi que
les contribuables qui s’identifient pour la première fois auprès de l’administration fiscale en s’inscrivant au rôle de la taxe
professionnelle, à partir du 1er janvier 2020 (Art. 247-XVIII).
• Les biens meubles non destinés à usage professionnel
• Les biens immeubles non destinés à usage professionnel
Avoirs
• Les avances en comptes courants
concernés
• Les avances en comptes d’exploitants (PP)
• Les prêts accordés aux tiers
▪ Dépôt d’une déclaration contre récépissé auprès du receveur de l’administration fiscale du lieu du domicile fiscal ou
du principal établissement comportant (nom é prénom, adresse du domicile fiscal ou du principal établissement, N°
Modalités de IF, la valeur d’acquisition des biens meubles ou immeubles ou le montant des avances en compte courants d’associés
déclaration ou en comptes d’exploitant ou des prêts accordés aux tiers)
▪ Versement au receveur de l’administration fiscale du montant de la contribution de 5% de la valeur ou du montant
déclaré.
Exclusion du montant des avoirs et dépenses déclarés ayant fait l’objet de paiement de la contribution en cas
d’évaluation du revenu global du contribuable dans le cadre de l’examen de l’ensemble de la situation fiscale des
personnes physiques visé à l’article 216 du CGI ou dans le cadre des autres procédures de contrôle fiscal prévues par le
CGI:
Avantages de ✓ Permettre au déclarant d’effectuer toute sorte de dépenses visées à l’article 29 du CGI, sans que ces dépenses
la mesure engagées à concurrence du montant des avoirs déclarés
✓ Libérer les personnes physiques concernées du paiement de l’IR ainsi que des amendes, pénalités et majorations y
afférentes issues de l’évaluation des dépenses des personnes physiques, dans le cadre de l’examen de l’ensemble de
leur situation fiscale.
Durée
Le délai de régularisation est fixé entre le 1er janvier 2024 et 31 décembre 2024.
d’application
Actuellement : le CGI prévoit le non cumul des avantages fiscaux pour les entreprises installées dans les zones
d’accélération industrielle avec tout autre avantage prévu par d’autres dispositions législatives en matière
d’encouragement à l’investissement ainsi que pour l’application de certains taux réduits avec l’application des
dotations aux amortissements dégressifs ou toute autre réduction.
PLF 2024 : Prévoit l’abrogation de l’article 165 relatif au non cumul des avantages.
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5. Mesures diverses
5.1. Institution de la contribution libératoire relative à la régularisation spontanée au
titre des avoirs et liquidités détenus à l'étranger (1/3)
Les personnes physiques et morales ayant une résidence, un siège social ou un domicile fiscal au Maroc
Personnes et commis les infractions de changes prévues par le Dahir du 30 août 1949 relatif à la répression des
concernées infractions à la réglementation des changes et afférents à la constitution d’avoirs à l’étranger ou les
infractions fiscales prévues par le CGI.
➢ Infractions de changes :
▪ Détention à l’étranger de biens immeubles sous quelque forme
▪ Détention à l’étranger d’actifs financiers et de valeurs mobilières et autres titre de capital et de
créances
Infractions
▪ Détention d’avoirs liquides déposés dans des comptes ouverts auprès d’organismes financiers,
concernées
d’organismes de crédit ou de banques situés à l’étranger
➢ Infractions fiscales :
▪ Défaut de déclaration de revenu, produits, bénéfices et plus-values relatifs aux avoirs immobiliers et
mobiliers ainsi qu’aux disponibilités en devises détenues à l’étranger
▪ Déposer, auprès d’un établissement de crédit agréé en tant que banque, une déclaration souscrite sur
un imprimé-modèle établi par l’administration faisant ressortir la nature des avoirs détenus à
Modalités de l’étranger,
déclaration ▪ Rapatrier les liquidités en devises ainsi que les revenus et produits générés par lesdites liquidités et
céder au moins 25% de ces liquidités sur le marché des changes au Maroc.
▪ Procéder au paiement de la contribution selon les taux fixés.
✓ 10% de la valeur d’acquisition pour les biens immeubles, les actifs financiers, les valeurs mobilières
et autres titres de capital ou créances détenus à l’étranger;
Taux de la
✓ 5% pour les avoirs liquides en devise rapatriés au Maroc et déposés dans des comptes en devise ou
contribution
en dirham convertible ;
✓ 2% pour les liquidités en devise rapatriées au Maroc et cédées sur le marché de change contre le
dirham.
▪ Libérer les personnes concernées du paiement des pénalités relatives aux infractions à la
réglementation des changes.
▪ Libérer les intéressés du paiement de l’IR ou de l’IS ainsi que les amendes, pénalités majorations y
Avantages afférentes.
de la ▪ Libérer les personnes concernées, après paiement de la contribution libératoire, des poursuites
mesure judiciaires ou administratives.
(garanties) ▪ Garantie de l’anonymat et bénéfice des dispositions prévues par l’article 180 de la loi 103-12 relative
aux établissements du crédit et organismes assimilés (secret professionnel),
Durée
Le délai de régularisation est fixé entre le 1er janvier 2024 et 31 décembre 2024
d’application
Le PLF 2024 prévoit des amendements au niveau du Code de recouvrement des créances publiques :
❖ Généralisation de la possibilité accordée au Ministre chargé des finances, ou à son délégué à cette fin, d’accorder
remises ou modérations afférentes aux intérêts de retard, majoration, pénalités et frais du recouvrement relatives
aux créances publiques. La possibilité était limitée auparavant aux intérêts de retard, majorations et frais du
recouvrement prévus aux articles 21, 90 et 91 du code et ce afin d’harmoniser les dispositions dudit code en
matière de sanctions avec les textes en vigueur notamment le CGI.
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