Familles de vecteurs et dimensions finies
Familles de vecteurs et dimensions finies
dimension finie
14 août 2024
2 Notion de dimension. 7
2.1 Définition. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.2 Théorème fondamental. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.3 Existence de bases. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.4 Existence de la dimension. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.5 Exemples avancés. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
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XXI - FAMILLES DE VECTEURS ET ESPACES VECTORIELS DE DIMENSION FINIE
La famille ((3, 4), (1, 5)) est donc une famille gé-
nératrice de R2 . Théorème 1.1.9.
Soient F et G deux sous-espaces vectoriels de E.
Remarque 1.1.5. Alors toute concaténation d’une famille généra-
On a aussi la notion de famille génératrice d’un trice de F et d’une famille génératrice de G est
sev F de E. une famille génératrice de F + G.
Remarque 1.1.6.
On appelle droite vectorielle tout sev engendré Démonstration.
par un seul vecteur non nul, qui est alors vecteur Soit (xi )i∈I1 une famille génératrice de F et (xi )i∈I2 une fa-
directeur. Correspond bien à ce qui se passe dans mille génératrice de G. Notons (xi )i∈I = (xi )i∈I1 ⊎ (xi )i∈I2
R2 et R3 . Toute combinaison linéaire d’éléments de la famille
Idem avec plan vectoriel et deux vecteurs non (xi )i∈I est dans F + G.
Réciproquement, tout élément de F + G s’écrit comme
colinéaires. somme d’un élément de F et d’un élément de G. Le pre-
mier est une combinaison linéaire d’éléments de la fa-
mille (xi )i∈I1 et le second de la famille (xi )i∈I2 . Donc
Proposition 1.1.7. 1. Une famille génératrice leur somme est une combinaison linéaire d’éléments de la
à laquelle on ajoute des vecteurs est toujours famille (xi )i∈I
génératrice.
2. On peut retirer tout vecteur qui est combinai- 1.2 Familles libres et liées.
son linéaire des autres vecteurs de la famille
(c’est une condition suffisante mais elle est
en fait aussi nécessaire). Définition 1.2.1.
On dit que la famille (xi )i∈I est libre si toute
combinaison linéaire d’éléments de (xi )i∈I dont
Démonstration. 1. Découle du fait que l’inclusion de
deux parties implique l’inclusion des sous-espaces la valeur est 0E est la combinaison triviale, c’est-
engendrés. à-dire n’a que des coefficients nuls. Formellement,
2. Découle du fait que pour toutes parties X et Y de E, la famille est libre si et seulement si, pour toute
X ⊂ Y ⊂ Vect(X) implique Vect(X) = Vect(Y ). famille de scalaires (λi )i∈I à support fini, on a
X
Exemple 1.1.8. 1. Dans R4 , on considère P λi xi = 0E ⇒ ∀i ∈ I λi = 0
l’ensemble de R4 défini par i∈I
donc c’est bien un plan. Remarque 1.2.2. — Une famille est donc liée
2. On considère l’ensemble S des suites réelles si et seulement s’il existe une combinaison
vérifiant un+2 + 2un+1 − 3un = 0. S est un linéaire de valeur nulle à coefficients non
sous-espace vectoriel de RN (le vérifier). On tous nuls.
veut en donner une famille génératrice. On — Si l’un des xi est nul, la famille est liée.
résout comme dans le cours, on trouve deux — Si la famille comporte deux fois le même
vecteurs générateurs. Cela fonctionnerait de vecteur, elle est liée.
manière identique pour les solutions d’une
équation différentielle.
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vérifiant X X donc
n
x= λi xi = µi xi X λk
i∈I i∈I
x1 = − xk .
λ1
k=2
Alors
Donc x1 est combinaison linéaire des autres vecteurs
X
0E = x − x = (λi − µi )xi .
de la famille.
i∈I
Sens direct Supposons que x1 s’écrive
Or la famille (xi )i∈I est libre, donc pour tout i ∈ I,
on a λi − µi = 0. n
X
Donc tout élément de E s’écrit d’au plus une façon x1 = λ k xk ,
comme combinaison linéaire d’éléments de (xi )i∈I . k=2
Sens indirect Supposons que tout élément de E s’écrit où x2 , . . ., xn sont d’autres éléments de la famille
d’au plus une façon comme combinaison linéaire d’élé- et λ1 , . . ., λk sont des scalaires. Alors, en posant
ments de E et montrons que la famille (xi )i∈I est λ1 = −1,
n
libre. X
λ k uk = 0 E .
Soit (λi )i∈I une famille de scalaires à support fini
k=1
vérifiant
Cette combinaison linéaire n’est pas triviale puisque
X
λi xi = 0E .
λ1 n’est pas nul, donc la famille est liée.
i∈I
Alors en posant µi = 0 pour tout i ∈ I, on a aussi (le cas général fonctionne de même).
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Remarque 1.2.9.
Si x et y sont tous les deux non nuls, x est coli- Exemple 1.2.13.
néaire à y si et seulement si x et y sont colinéaires. Dans R2 , toute famille de trois vecteurs ou plus
est liée : si les deux premiers vecteurs sont liés,
la famille l’est aussi. Sinon, le troisième vecteur
Proposition 1.2.10. est combinaison linéaire des deux premiers, car
La famille vide est toujours libre. les deux premiers forment une base.
Soit x et y deux vecteurs de E. Idem dans R3 avec les familles de plus de 4 vec-
1. (x) est libre si et seulement si x ̸= 0E . teurs.
tout J ⊂ I, on dit que (xi )i∈J est une sous-famille Comme les F + G est directe, on a
de (xi )i∈I et que (xi )i∈I est une sur-famille de X X
λi fi = µj gj = 0E .
(xi )i∈J .
i∈I j∈J
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Exemple1.2.16.
Remarque 1.2.20.
1 1 −1 0 Par abus, les familles de vecteurs présentant
0 3 2 0
des blocs de zéros dans d’autres « coins » que
Dans R5 , 0 , 0 , 0 , 1 est une le « coin inférieur gauche » peuvent aussi être
0 0 −3 2
dites échelonnées. En tout cas, avec la même
0 0 0 −5 démonstration, elles sont
! également
!! libres.
! Par
!!
famille échelonnée. 1 0 0 1
exemple les familles , , ,
1 1 −1 0 1 1 1 1
2 3 2 0 ! !!
La famille 0 , 0 , 0 , 1 n’en
1 1
et , sont libres.
0 0 −3 2
1 0
0 0 0 −5
est pas une. Proposition 1.2.21.
Remarque 1.2.17. Une famille de polynômes non nuls de degrés
Avec les mêmes notations, si 0 ⩽ k < i ⩽ p, alors distincts deux à deux est libre.
vk,ri = 0.
Démonstration.
Remarque 1.2.18. Par des considérations de degré.
Une famille échelonnée ne peut contenir de vecteur
nul. 1.3 Bases.
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Remarque 1.3.10.
un unique n-uplet (λ1 , . . . , λn ) ∈ Kn tel que Une famille libre est toujours une base du sous-
n espace vectoriel qu’elle engendre.
X
y= λ k xk .
k=1
Théorème 1.3.11.
Soient F, G deux sev d’un K-ev E, de bases res-
pectifs B et C .
Démonstration. Alors, F et G sont en somme directe si et seule-
On a déjà vu que cette famille de scalaires existe si et
seulement si (xi )i∈I est génératrice et est unique sous
ment si B ⊎ C est une base de F + G.
réserve d’existence si et seulement si (xi )i∈I est libre. On Notamment, F et G sont supplémentaires si et
en déduit le résultat. seulement si B ⊎ C est une base de E.
Exercice 1.3.7 (Classique). Comme B ⊎ C est une base, la famille (λi ) ⊎ (µj )
Montrer que ((1, 0, 1), (2, −1, 0), (0, 1, 1)) est une est nulle, et donc f = g = 0E .
base de R3 , donner les coordonnées d’un vecteur Ainsi, F + G est directe.
dans cette base (mais attention, les coordonnées
des vecteurs dans cette base et dans la base cano-
nique ne sont pas les mêmes !). 1.4 Bases canoniques.
Exemple 1.3.8. Les espaces vectoriels de référence viennent sou-
Donner une base de P ⊂ R3 où P = vent avec des bases «par construction», que l’on
(x, y, z) ∈ R3 x + 2y − z = 0 .
appellera canoniques. Elles n’ont pas de propriétés
(x, y, z) ∈ P si et seulement si z = x + 2y si et particulières, mais vous pouvez les utiliser sans
seulement s’il existe α, β ∈ R tel que (x, y, z) = justifier leur caractère de base.
α(1, 0, 1) + β(0, 1, 2) si et seulement si (x, y, z) ∈
Vect((1, 0, 1), (0, 1, 2)). Ces deux vecteurs sont non
Proposition 1.4.1 (Base canonique de Kn ).
colinéaires, donc forment une famille libre.
Soit n ∈ N∗ , pour tout i ∈ J1, nK posons
Une base de P est donc ((1, 0, 1), (0, 1, 2)).
Exemple 1.3.9. ei = (0, . . . , 0, 1
|{z} , 0 . . . , 0).
Trouver une base de ième position
n o
E = (un ) ∈ RN | un+2 + un+1 − 2un = 0 . Alors (e1 , . . . , en ) est une base de Kn , appelée base
canonique de Kn .
Le polynôme caractéristique est X 2 + X − 2
de racine 1 et -2. Donc tout élément de E est
combinaison linéaire de la suite (vn ) = (1) et Proposition 1.4.2 (Bases canoniques de Kn [X]
(wn ) = ((−2)n ). Donc ((vn ), (wn )) est génératrice. et K[X]).
On montre qu’elle est aussi libre, c’est donc une Soit n ∈ N∗ , alors la famille (1, X, . . . , X n ) est
base de E .
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Remarque 2.1.3.
une base de Kn [X] , appelée base canonique de Cas particulier : l’espace vectoriel {0} est de
Kn [X]. dimension finie. En effet, toute famille en est gé-
La famille (X k )k∈N est une base de K[X] , ap- nératrice (y compris la famille vide).
pelée base canonique de K[X].
2.2 Théorème fondamental.
Proposition 1.4.3 (Base canonique de Dans toute la suite du chapitre, E est un K-ev
Mn,p (K)). de dimension finie.
Soit n, p ∈ N∗ , pour tout i ∈ J1, nK et j ∈ J1, pK,
posons Ei,j la matrice dont tous les coefficients
sont nuls, sauf celui de la ligne i et la colonne j, Théorème 2.2.1.
qui vaut 1. Soit n ∈ N tel que E admette une famille géné-
Alors (Ei,j )1⩽i⩽n,1⩽j⩽p est une base de ratrice à n éléments. Alors toute famille de E
Mn,p (K), appelée base canonique de Mn,p (K). contenant strictement plus de n vecteurs est liée.
Démonstration.
2 Notion de dimension. Remarquons d’abord qu’il suffit de montrer que toute
famille de E contenant n + 1 vecteurs est liée. En effet,
2.1 Définition. une famille contenant strictement plus de n vecteurs, en
contient au moins n+1. Elle contient donc une sous-famille
liée, donc est liée elle-même.
Définition 2.1.1. Montrons le résultat par récurrence sur n, en posant pour
On dit que E est de dimension finie si E admet tout n ∈ N :
une famille génératrice finie. (Hn ) : pour tout K-ev E admettant une famille
génératrice à n éléments, toute famille de E contenant
Exemple 2.1.2. 1. Kn est de dimension finie n + 1 vecteurs est liée.
car
engendré notamment par la famille des • Le cas n = 0 est celui où E = { 0 }, et le résultat est
(δij )i∈[[1,n]] . alors vrai.
j∈[[1,n]]
• Supposons (Hn ) vraie pour un entier n ∈ N. Soient
2. K[X] n’est pas de dimension finie. En effet, (g1 , . . . , gn+1 ) une famille génératrice d’un K-ev E, et
considérons une famille finie de polynômes (v1 , . . . , vn+2 ) une famille de vecteurs de E.
n+1
(Pi )i∈[[1,n]] . Alors toute combinaison linéaire X
Pour tout i ∈ J1, n + 2K, on note vi = αi,k gk . Distin-
de cette famille a un degré borné par le maxi-
k=1
mum des degrés des Pi . Or les éléments de guons deux cas :
K[X] ont des degrés arbitrairement élévés, 1er cas : si pour tout i, αi,1 = 0, alors pour tout i, vi ∈
Vect(g2 , . . . , gn+1 ). Si l’on note F = Vect(g2 , . . . , gn+1 ), on
donc la famille considérée ne peut être géné-
peut appliquer l’hypothèse de récurrence à F , qui admet
ratrice. une famille génératrice à n éléments, et à (v1 , . . . , vn+2 ) :
3. Soit A un ensemble. L’espace vectoriel KA (v1 , . . . , vn+2 ) est liée dans F , donc aussi dans E, dont F
est de dimension finie si et seulement si A est est un sev.
2ème cas : il existe i ∈ J1, n + 2K tel que αi,1 ̸= 0, par
fini 1 . exemple α1,1 ̸= 0.
4. Soit E un K-espace vectoriel (pas nécessai- Alors
n+1
!
rement de dimension finie). Soit n ∈ N et g1 =
1
v1 −
X
α1,k gk ,
x1 , . . . , xn , n vecteurs de E. Alors le sous- α1,1
k=2
espace vectoriel de E Vect (x1 , . . . , xn ) est d’où
un espace vectoriel de dimension finie.
pour tout i ∈ J2, n!+ 2K,
1. Le «si» est facile à voir, le «seulement si» est beau- n+1 n+1
coup plus difficile à démontrer ; on pourra utiliser le résul- αi,1 X X
vi = v1 − α1,k gk + αi,k gk .
tat 2.2.1 α1,1
k=2 k=2
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αi,1
Si l’on pose wi = vi − v1 , alors pour tout i ∈ J2, n + En itérant, on obtient une suite de familles géné-
α1,1
2K wi ∈ Vect(g2 , . . . , gn+1 ). Par hypothèse de récurrence, ratrices strictement décroissante (en taille) : on
(w2 , . . . , wn+2 ) est liée. Il existe donc une combinaison s’arrête donc et l’on obtient une base.
linéaire nulle en les wi , à coefficients non tous nuls. Il est Nous allons voir un résultat plus fin qui nous
facile de voir que cette combinaison linéaire est aussi une
permet de retrouver ceci : le théorème de la base
combinaison linéaire nulle en les v1 , . . . , vn+2 , à coefficients
non tous nuls. Ainsi (Hn+1 ) est vraie. incomplète.
Remarque 2.2.2.
On notera que l’idée de la démonstration précé- Lemme 2.3.1.
dente est très proche de celle de l’algorithme du Soit p ∈ N et (xi )i∈[[1,p]] une famille de vecteurs
pivot de Gauss. de E.
La famille (xi )i∈[[1,p]] est liée si et seulement s’il
Exemple 2.2.3. existe k ∈ [[1, p]] vérifiant
• Dans R2 , toute famille de trois vecteurs est liée.
Mais une famille de strictement moins de trois xk ∈ Vect (x1 , . . . , xk−1 ).
vecteurs n’est pas forcément libre !
• Dans R3 , toute famille de quatre vecteurs est Autrement dit si et seulement si l’un des vecteurs
liée. de la famille est combinaison linéaire des précé-
• Dans Rn [X], toute famille de n + 2 polynômes dents.
est liée.
• Dans Cn [X], vu comme C-espace vectoriel, toute Démonstration.
famille de n + 2 polynômes est liée. Supposons que la famille est liée. Alors il existe une combi-
p
• Dans Cn [X], vu comme R-espace vectoriel,
X
naison linéaire λi xi non triviale de valeur 0. On note
toute famille de 2n + 3 polynômes est liée, i=1
tandis que la famille de 2n + 2 polynômes k le plus grand entier i tel que λi ̸= 0. Alors on a successi-
vement :
(1, i, X, iX, . . . , X n , iX n ) est libre.
k
X
Nous verrons dans la partie 2.4 que ce résultat λi xi = 0,
(fondamental !) mène directement au corollaire i=1
k−1
suivant. 1 X
xk = − λi xi ,
λk
i=1
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famille (x1 , . . . , xp ) est libre. Donc k = p + 1 et on a À la fin de l’exécution de l’algorithme, B est une famille
x ∈ Vect (x1 , . . . , xp ). libre, et G ⊂ Vect B. Donc B est une base de E. De plus,
on a L ⊂ B donc on a bien construit B en rajoutant à
L des vecteurs de G .
Exemple 2.3.5.
Théorème 2.3.3 (de la base incomplète). Compléter ((1, 2, 0, 0), (1, 0, 1, 0)) en une base de
Soient E un K-espace vectoriel engendré par une R4 .
famille G finie, et L une famille libre de E. Alors
on peut compléter L en une base de E en lui Le théorème de la base incomplète a deux co-
rajoutant des vecteurs de G . rollaires. Le premier est fondamental.
Corollaire 2.3.6.
Remarque 2.3.4.
Tout espace vectoriel de dimension finie admet
Ce théorème est vrai pour tout espace vectoriel
une base finie.
E et non seulement pour ceux de dimension finie.
La démonstration est relativement délicate dans
Démonstration.
le cas général (on utilise en général le lemme Il suffit d’appliquer le théorème de la base incomplète avec
de Zorn, équivalent à l’axiome du choix), nous la famille vide et une famille génératrice finie.
nous contenterons de la donner dans le cas de la
Remarque 2.3.7.
dimension finie.
Cas particulier : l’espace vectoriel {0} a pour base
Démonstration. la famille vide. C’est la seule famille libre (donc la
Une démonstration possible est de considérer l’algorithme
suivant : seule base) de cet espace vectoriel, puisque toute
famille d’au moins un élément contient le vecteur
nul et est donc liée.
B← L Il peut sembler étonnant (au premier abord)
# Invariant de boucle : B est libre et L ⊂ B que le résultat qui suit soit un corollaire du théo-
rème de la base incomplète.
# Variant : Card G − Card B
TantQue G ̸⊂ Vect B Faire
Corollaire 2.3.8.
Choisir v ∈ (G \ Vect B)
De toute famille génératrice finie on peut extraire
B ←B∪{v}
une base.
FinTantQue
Démonstration.
L est libre et l’invariant est clairement vérifié avant Lorsque la famille génératrice considérée est finie, il suffit
l’entrée dans la boucle. là encore d’appliquer le théorème de la base incomplète
Si l’invariant est vérifié, au début d’un tour de boucle, avec la famille vide et une famille génératrice finie : en
B est libre et G \ Vect B ̸= ∅, donc on peut effectivement complétant la famille vide avec des vecteurs de la famille
choisir v dans G \ Vect B. génératrice considérée, on obtient bien une base extraite
Alors puisque B est libre, d’après le lemme 2.3.1, B ∪ de la famille génératrice de départ.
{ v } est libre également. Lorsque la famille génératrice considérée est infinie, on
À la fin du tour de boucle, B est donc toujours libre, peut montrer le résultat en utilisant l’algorithme donné
est toujours un sur-ensemble de L et un sous-ensemble de pour la démonstration du théorème de la base incomplète
G , l’invariant est donc encore vérifié. mais un problème se pose, celui de la terminaison. Celle-ci
Par ailleurs, B est libre et G est génératrice, donc, avec peut être justifiée par le théorème fondamental 2.2.1 :
le lemme fondamental, Card B ⩽ Card G . Ainsi Card G − dans un espace de dimension finie, le nombre d’éléments
Card B est un entier naturel. De plus, à chaque étape de d’une famille libre est majoré par un entier p, où p est par
la boucle, on ajoute à B un élément de G qui n’est pas exemple le cardinal d’une famille génératrice finie de E.
déjà dans Vect B, donc pas déjà dans B, donc le cardinal Or le nombre d’éléments de la famille B croît strictement
de B augmente strictement. Donc à chaque tour de boucle à chaque tour de boucle, p moins ce nombre d’éléments est
Card G − Card B décroît strictement, donc l’algorithme donc un variant de l’algorithme, donc celui-ci termine.
termine.
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Démonstration. Démonstration.
E étant de dimension finie, il admet une base B1 finie. C’est une conséquence directe du théorème fondamental
Soit B2 une seconde base de E. Étant libre, elle a moins 2.2.1.
d’éléments que B1 .
Mais réciproquement, B2 est génératrice et B1 est libre,
donc B1 a moins d’éléments que B2 , ce qui montre que
Proposition 2.4.7 (Caractérisation des bases).
toutes les bases de E ont le même nombre d’éléments que
B1 . D’où le résultat. Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie.
et soit F une famille constituée d’exactement
dimK E vecteurs de E.
Alors les trois propositions suivantes sont équi-
Définition 2.4.2.
valentes.
Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie.
On appelle dimension du K-espace vectoriel E 1. F est une base de E.
et on note dimK E (voire dim E si le contexte 2. F est une famille génératrice de E.
permet de savoir clairement ce qu’est K) le nombre 3. F est une famille libre de E.
d’éléments commun à toutes les bases de E.
On notera parfois dimK E < +∞ l’assertion «le
K-espace vectoriel E est de dimension finie». Démonstration.
Il est clair que si F est une base alors elle est libre et
génératrice.
Remarque 2.4.3. Supposons que F est génératrice. Par le théorème de la
base incomplète, on peut extraire de F une base B, qui
Pour que cette définition ait un sens il est néces- possède dimK (E) vecteurs, c’est-à-dire autant que F . On
saire et suffisant d’être assuré : a donc B = F , donc F est une base de E.
— d’une part que toutes les bases d’un espace De même, supposons que F est libre. On pourrait rai-
vectoriel de dimension finie ont toutes le sonner comme précédemment en complétant F en une
base de E. Voici un autre raisonnement. Si x ∈ E, alors
même nombre d’éléments
F ⊎ (x) contient strictement plus de dimK (E) donc est liée.
— d’autre part que tout espace vectoriel de Par le corollaire 2.3.2, x ∈ Vect(F ). Ainsi, Vect(F ) = E,
dimension finie possède bien au moins une donc F engendre E, donc est une base de E.
base.
Exercice 2.4.8.
Ce qu’on a bien vérifié plus haut.
Soient a, b, c, d ∈ K deux à deux distincts et
Remarque 2.4.4.
Cas particulier : dim{0} = 0. A = (X − b)(X − c)(X − d),
Exemple 2.4.5. B = (X − a)(X − c)(X − d),
Soit n, p ∈ N. C = (X − a)(X − b)(X − d),
• dimK Kn = n D = (X − a)(X − b)(X − c).
• dimR Cn = 2n
• dimK Kn [X] = n + 1 Montrer que (A, B, C, D) est une base de K3 [X].
• dimR Cn [X] = 2(n + 1)
Enfin, terminons par un outil bien pratique.
• dimK Mn,p (K) = np
• dimR Mn,p (C) = 2np
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Démonstration.
Définition 2.4.9. Un vecteur z ∈ E1 × E2 s’écrit de manière unique (x, y) =
Une famille de polynômes (P0 , . . . , Pn ) est dite (x, 0F ) + (0E , y). De plus, x (resp. y) s’écrit de manière
unique comme combinaison linéaire des ei (resp. fi ).
échelonnée en degrés si ∀k ∈ J0, nK, deg Pk = k.
L’existence assure l’aspect générateur de la famille. L’uni-
Une famille de polynômes (Pk )k∈ N est dite éche- cité assure la liberté.
lonnée en degrés si ∀k ∈ N, deg Pk = k.
Remarque 2.5.3.
Ce résultat se généralise à n K-ev de dimension
Proposition 2.4.10. finie et à leur produit E1 × · · · × En .
Toute famille de polynômes (P0 , . . . , Pn ) échelon-
née en degrés est une base de Kn [X]. 3 Sous-espaces vectoriels en
Toute famille de polynômes (Pk )k∈ N échelonnée
en degrés est une base de K[X].
dimension finie.
3.1 Dimension d’un sous-espace vectoriel.
Démonstration.
Si pour tout k ∈ J0, nK, deg Pk = k, alors (P0 , . . . , Pn ) Pour démontrer qu’un sous-espace vectoriel
est une famille de n + 1 polynômes de Kn [X], et est libre d’un espace de dimension finie est de dimension
d’après la proposition 1.2.21. Comme dimK Kn [X] = n + 1,
la proposition 2.4.7 permet d’affirmer que (P0 , . . . , Pn ) est
finie, nous utiliserons le résultat suivant :
une base de Kn [X].
De même, si pour tout k ∈ N, deg Pk = k, alors la
famille (Pk )k∈ N est libre, et tout polynôme appartient à
Proposition 3.1.1.
Kn [X] pour un certain n et est donc combinaison linéaire Soit E un K-espace vectoriel. Notons L l’ensemble
de la famille (Pk )k∈ N . des entiers n tels qu’il existe au moins une famille
libre de E à n éléments. Alors
2.5 Exemples avancés. — ou bien E est de dimension finie et alors
L = [[0, dim E]].
Exemple 2.5.1. — ou bien E n’est pas de dimension finie et
• Les solutions d’une équation différentielle li- alors L = N.
néaire homogène du premier ordre forment un En particulier, E est de dimension finie si et seule-
espace vectoriel de dimension 1. ment si L est majoré.
• Les solutions d’une équation différentielle li-
néaire homogène du second ordre à coefficients
Démonstration.
constants forment un espace vectoriel de dimen-
Si E est de dimension finie, on a nécessairement L ⊂
sion 2. [[0, dim E]]. Notons alors B une base de E. B est une
famille libre à dim E éléments et toute sous-famille de B
Proposition 2.5.2. est encore libre. Donc [[0, dim E]] ⊂ L. D’où l’égalité.
Supposons désormais que E n’est pas de dimension finie.
Soit E et F deux K-espaces vectoriels de dimen- Montrons qu’alors L n’est pas majoré.
sions finies. Par l’absurde supposons que L possède un majorant.
Alors E × F est de dimension finie et Comme L est un ensemble d’entier non vide (il contient 0),
il admet alors un maximum M . Soit alors F une famille
dimK (E × F ) = dimK E + dimK F. libre à M éléments. Si on rajoute un élément à F on
obtient une famille à M + 1 éléments, or M + 1 ∈ / L donc
Plus précisément, posons n = dim E et p = cette sur-famille ne peut être libre. Par le corollaire 2.3.2,
dim F et choisissons (e1 , . . . , en ) une base de E cet élément est dans Vect(F ), donc F engendre E, donc
c’est une base de E, donc E est de dimension finie ce qui
et (f1 , . . . , fp ) une base de F . Alors (bi )i∈[[1,n+p]]
est absurde.
est une base de E × F , où L n’est donc pas majoré, donc pour tout entier n il existe
( p ∈ L vérifiant p ⩾ n. On peut donc trouver une famille
bi = (ei , 0F ) pour i ∈ [[1, n]], libre à p éléments. Toute sous-famille de cette famille en est
bn+i = (0E , fi ) pour i ∈ [[1, p]]. libre, en prenant une sous-famille arbitraire à n élément,
on voit donc qu’on a n ∈ L.
Donc L ⊃ N, donc L = N.
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XXI - FAMILLES DE VECTEURS ET ESPACES VECTORIELS DE DIMENSION FINIE
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Démonstration.
E est de dimension finie donc F et tous ses supplémentaires
également. D’après ce qui précède tout supplémentaire
S de F vérifie dim F + dim S = dim E, donc dim S =
dim E − dim F .
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