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Initiation à la théorie des groupes

Thomas Delzant
Prologue
Il ne s’agit ni d’un tout premier cours de théorie des groupes (les étudiants ont déjà été initiés
à cette notion dans les deux premières années), ni d’un cours avancé d’introduction, pour lequel
des centaines d’excellents traités sont disponibles, en particulier le livre de Hall [Ha], ou celui de
Karpagalov-Merzlyakov [K-M]. Les connaissances requises sont en particulier : l’algèbre linéaire
et la géométrie en particulier en dimension 2 et 3, connaissance des anneaux de congruences Z / nZ.

Les contenus des cours Algèbre S1, Algèbre S2, géométrie du plan. Algèbre S4. sont supposés
acquis, et ce cours sera l’occasion de les réviser. Une connaissance de l’algèbre linéaire sur un corps
fini est bien commode.

5
Table des matières
Prologue .. ... .. .. .. .. .. .. ... .. .. .. .. .. .. .. ... .. .. .. .. .. .. ... . 3

1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.1 Définitions et premières propriétés. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . 7
1.1.1 Axiomes et définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . 7
1.1.2 Calculs dans un groupe. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . 8
1.1.3 Tableaux de Cayley. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . 9
1.1.4 Homomorphismes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 10
1.1.5 Conjugaison externe et conjugaison. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 11
1.1.6 Automorphismes et automorphismes intérieurs. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 12
1.2 Sous-groupes, groupes cycliques, produits et quotients. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 13
1.2.1 Sous-groupes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 13
1.2.2 Groupes cycliques (engendrés par un élément). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 14
1.2.3 Groupes produits. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 16
1.2.4 Sous-groupes normaux et groupes quotients . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 16
1.2.5 Groupe engendré par une partie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 17
1.2.6 Sous-groupe invariant, abélianisé. *. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 18
1.2.7 Digression. Pavage du plan, spirale logarithmique et application exponentielle. . 18
1.3 Exercices du chapitre 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 19
1.3.1 Définitions et premières propriétés. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 19
1.3.2 Sous groupes, groupe cycliques, quotients . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 21

2 Groupe opérant dans un ensemble . .. .. .. .. .. .. ... .. .. .. .. .. .. ... 23


2.1 Groupes opérant dans un ensemble. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.1.1 Introduction et exemple du groupe diédral. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.1.2 Terminologie : action de groupe, orbite d’un point. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.1.3 Équivariance. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.1.4 Terminologie : stabilisateur d’un point, classes de conjugaisons. . . . . . . . . . . . . 26
2.1.5 Classe à droite modulo un sous-groupe, théorème de Lagrange. . . . . . . . . . . . 26
2.1.6 Action transitive, espace homogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.1.7 Exemples : les actions transitives de Z. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.1.8 Exemple : les 3 actions d’un groupe sur lui-même. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.1.9 Equation au classe. Actions de groupe finis sur des ensembles finis. . . . . . . . . . 29
2.2 Le groupe symétrique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.2.1 L’action de Sn sur {1, ...., n}. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.2.2 Cycles. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.2.3 Décomposition en produit de cycle. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.2.4 La signature. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.2.5 Le groupe alterné. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.3 Exercices du chapitre 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2.3.1 Groupe opérant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2.3.2 Groupe symétrique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38

3 Groupe abéliens de type fini. ... .. .. .. .. .. .. .. ... .. .. .. .. .. .. ... 41


3.1 Groupe abéliens de type fini. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.1.1 Sous-groupes et quotients des groupes cycliques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.1.2 Le lemme chinois. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42

7
8 Table des matières

3.1.3 Groupe abéliens libres types finis et sous-groupes de Zn, première approche. . . . 43
3.1.4 Les deux classifications des groupes abéliens finis. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
3.2 Algèbre linéaire dans Zn . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
3.2.1 Le groupe GL(n, Z) et les matrices élémentaires. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
3.2.2 La méthode du pivot de Gauss, et les équations à coefficients entiers . . . . . . . . . 47
3.3 Exercices du chapitre 3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
3.3.1 Groupe abéliens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
3.3.2 Algèbre linéaire dans Zn . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51

4 * Groupes nilpotents et théorèmes de Sylow. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53


4.1 Théorèmes de Sylow . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
4.2 Groupes nilpotents . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
4.3 Exercices sur le chapitre 4. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
4.3.1 Théorèmes de Sylow . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
4.3.2 Nilpotence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
Chapitre 1
Généralités

1.1 Définitions et premières propriétés.

1.1.1 Axiomes et définitions


Définition 1.1. Une loi de composition interne dans un ensemble G est une application de G × G
dans G

Autrement dit c’est une règle qui partant de deux éléments de G en construit un troisième.
On note souvent par un . ou par rien du tout cette loi (a, b) → a.b ou (a, b) → ab.
Il y a des tas de lois très intéressantes à étudier dans la nature, mais dans ce cours, nous
considérerons uniquement des lois de groupe.

Définition 1.2. On dit que la loi . munit l’ensemble G d’une structure de groupe si elle satisfait
les trois axiomes :
1. Associativité. Pour tout triplet x, y, z d’élément de G, (x.y).z = x.(y.z)
2. Elément neutre. Il existe un élément e, appelé l’élément neutre, tel que pour tout élément x
de G, x · e = e · x = x
3. Inverse. Tout élément x admet un inverse y c’est à dire un élément y tel que x · y = y · x = e

L’inverse, dont nous allons montrer qu’il est unique, se note souvent x−1.

Définition 1.3. Un groupe est dit commutatif -on dit aussi abélien- si sa loi satisfait :
Pour tout couple x,y d’éléments de G x · y = y · x.

Remarque 1.4. Si la loi de composition est commutative on peut la noter additivement par un
+ l’inverse se note −x, et l’élément neutre 0. Ainsi, on écrit x − x = 0. Pas toujours. Par exemple,
si K est un corps (ça c’est pour ceux qui savent ce qu’est un corps), comme par exemple R ou C,
ou Fp, (K∗, ×) est toujours noté multiplicativement.

Exemple 1.5. Groupes commutatifs.

Les groupes (Z, +), (Q, +) (R, +), (C, +), (C∗, ×). sont commutatifs ; plus généralement, si K

est un corps, (K, +) est un groupe abélien, ainsi que (K , ×). Si A est un anneau, A, + est aussi
un groupe abélien ; on note souvent A∗ l’ensemble des éléments inversibles de A qui est un groupe.

Le groupe des racines n − ièmes de l’unité Un = {z ∈ C∗,z n = 1} est noté multiplicativement.

Le groupe (Z/nZ, +) est le groupe des classes d’entiers modulo n. C’est le groupe formés des
¯ 1̄, ...., n − 1} muni de la loi x + y = le reste de la division de x modulo n. L’application
éléments {0,
Z → Z/nZ est justement l’application qui à un entier associe le reste de la division par n.

9
10 Généralités

Remarque 1.6. les groupes Un et Z / nZ sont isomorphes (voir plus tard), mais il n’y a pas
d’isomorphisme naturel entre ces deux groupes, dès que n = 3. En fait choisir un isomorphisme
entre ces deux groupes, revient à choisir une racine primitive n-ième de l’unité, et il y en a beaucoup.

Exemple 1.7. Le groupe des symétries du carré a 8 éléments, on l’appelle D8. Il n’est pas
commutatif, il admet 4 rotations, et 4 réflexions.

Question 1. Décrire le groupe des symétries d’un polygones régulier à n cotés.

Exemple 1.8. Le groupe linéaire GL(n, K) des matrices (n, n) inversibles. Le groupe affine, le
groupe des similitudes, le groupe des isométries sont des groupes de transformations.

Proposition 1.9. Soit X un ensemble, et S(X) l’ensemble des bijections de X. La composition


munit S(X) d’une loi de groupe. On l’appelle le groupe des permutations de X. Si X est l’ensemble
à n éléments {1, ...., n} ⊂ Z, on le note Sn, et on l’appelle « le » groupe symétrique de n lettres.!

Remarque 1.10. Il se peut très bien que X ait n éléments mais que ce ne soit pas l’ensemble
{1....n} par exemple, X est un jeu de 52 cartes. On obtient un groupe : le groupe du battage des
cartes. Il n’y a pas d’isomorphisme préféré entre ce groupe et S52.

Question 2. Groupe des coupages. C’est le groupe obtenu en coupant le jeu de cartes un
certain nombre de fois. Quel est il ?

La structure de groupe est une structure ; comme toujours, si il y a des structures il y a des
homomorphismes.

Définition 1.11. Une application f définie entre deux groupes G et H est un homomorphisme si
elle préserve les produits f (x · y) = f (x) · f (y).

Avertissement 1.12. Certains auteurs -français- disent un morphisme, plutôt que homomor-
phisme. Les anglais/américains disent « homomorphism », les italiens « omomorfismo » les espagnols
« homomorfismo », les allemands « Homomorphismus », ou « Gruppenhomomorphismus ». Depuis
quelques années, certains français disent « morphisme » bon.

Exemple 1.13. Les homomorphismes de groupes « naturels » sont nombreux, citons :


L’application exponentielle exp: C → C∗.
Le logarithme népérien ln : R∗+ → R
Le déterminant, qui est un homomorphisme de groupes GLn(K) → K∗
La réduction modulo n Z → Z/nZ.
La partie linéaire. Si A est un espace affine et E l’espace vectoriel sous-jacent, Aff(A) → Gl(E)
est un homomorphisme.

1.1.2 Calculs dans un groupe.


On fixe un groupe (G, .)

Proposition 1.14. L’inverse d’un élément est unique.

Démonstration. Soient y1 et y2 deux inverses de x. On utilise l’associativité :


y2 = (y1 · x) · y2 = y1 · (x · y2) = y1. !

Proposition 1.15. Si x et y sont deux éléments de G, (x · y)−1 = y −1 · x−1


1.1 Définitions et premières propriétés. 11

Démonstration. (xy) · (y −1x−1) = ((xy)y −1)x−1 = x · x−1 = e !

Définition 1.16. Si x1, ..., xn sont n éléments de G, on définit par récurrence le produit
n
Πi=1 n
xi = x1.Πi=2xi. On écrit aussi Πi=1
n
xi = (x1 · ··xn) = x1 · (x2 · ··xn).

Lemme 1.17. Si x1, ..., xn, ....xn+m sont n + m éléments de G, on a (x1 · ·xn)(xn+1 · xn+m) =
m+n m+n
(x1 · ··xn+m), ou Πi=1 n
xi = Πi=1 xi · Πi=n+1xi.

Démonstration. Par récurrence sur l’entier n. L’hypothèse de récurrence est (l’entier m est fixé).

Hn+m: pour tout (n + m) uplet y1 · ··ym+n on a (y1 · ··yn)(yn+1 · ··ym+n) = (y1 · ··ym+n)

Initialisation. Si n = 1, c’est la définition de (x1 · ··xm) = x1 · (x2 · ··xm).


Induction. (x1 · ·xn)(xn+1 · ··xn+m+1) = (x1 × (x2...xn))(xn+1...xm+n+1)
=x1 · ((x2 · ··xn).(xn+1 · ··xm+n+1))
On applique l’hypothèse de récurrence (x2 · ··xn).(xn+1 · ··xm+n+1) = (x2 · ··xm+n+1) et la
définition
x1 · (x2 · ··xn+m+1) = x1 · ··xn+m+1. !

Le lemme précédent nous dit que l’ordre des parenthèses importe peu. Du coup, on les
oublie :

Notation 1.18. On note x1 · ··xn le produit des éléments dans cet ordre ; on le note aussi Πi=1
n
xi.
Si x est un élément donné, x est x......x
n nfois
.

Proposition 1.19. (x1 · ··xn)−1 = xn−1 · ··x1−1.

Démonstration. Par récurrence sur l’entier n " 2. Le cas n = 2 (initialisation) a déjà été vu.
Pour l’étape d’induction calculons
−1
(x1 · ··xn+1) · xn+1 · xn−1 · ··x1−1 = (x1 · ··xn) · xn+1 · xn+1
−1
· xn−1 · ··x1−1 = (x1 · ··xn) · xn−1 · ··x1−1 = e !

Proposition 1.20. Pour tout x dans G, pour tous entiers n, m, on a :


xn+m = xn · xm, (x−1)n = (xn) −1

Du coup, on note x−n = (xn) −1, et la formule xn+m = xn · xm reste vraie pour n, m dans Z.

Proposition 1.21. Soient a, b, c trois éléments de G. Alors l’équation axb = c, où x est l’inconnue,
admet une unique solution x = a−1cb −1.

Démonstration. on suppose axb = c. On multiplie à droite par b −1, il vient ax = cb −1, à gauche
par a−1, il vient x = a−1cb −1 !

On peut reformuler cette proposition.

Proposition 1.22. Si a, b sont deux éléments fixés, la multiplication à gauche (droite) par l’élé-
ment a( b) notée La (Rb) définie par Lax = ax (Rb x = xb) sont des bijections de G.

1.1.3 Tableaux de Cayley.


Si on a un groupe fini, dont les éléments sont a1, ....an on dessine souvent son tableau de Cayley
qui est le tableau à n + 1 lignes et n + 1 colonnes suivant :

Tableau d’un groupe


12 Généralités

a1 a2 a3 an
a1 a21 a1 a2 a1 a3 a1an
a2 a2a1 a22 a2 a3 a2a1
a3 a3a1 a3 a2 a3an

an−1 an−1a1 an−1a2 an−1a3 an−1an


an ana1 an a2 ana13 ana

Sauf idée saugrenue, il est logique de mettre l’élément neutre en a1.

Le tableau de Z/nZ
0 1 2 n−1
0 0 1 2 3 n−1
1 1 2 3 0
2 2 3 1
3 3 2

n−2 n−2 n−1 0


n−1 n−1 0 1 2 n−2

Proposition 1.23. Le tableau de Cayley d’un groupe est « magique » : chaque élément du groupe
apparait une fois et une seule dans chaque ligne et chaque colonne.

Démonstration. En effet la multiplication à gauche par un élément est une bijection donc chaque
ligne contient une fois et une seule chaque élément de g, et comme la multiplication à droite par
un élément donné est aussi une bijection il en est de même de chaque colonne. !

Si on part d’un groupe quelconque ayant par exemple 8 éléments, on peut fabriquer un tableau
magique très compliqué en appelant ces éléments avec des nombres bizarres (3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23)
et obtenir un tableau magique ou l’on voit ces nombres une fois et une seule dans chaque ligne
et chaque colonne. Il n’est pas si facile que cela de fabriquer des tableaux magiques sans cette
méthode..

Définition 1.24. L’ordre d’un groupe fini est son cardinal. On le note par une valeur absolue |G|.

Le groupe Z/nZ a exactement n élément : il est donc bien caractérisé par son ordre.

Remarque 1.25. En théorie des groupes finis, le cardinal d’un ensemble X se note souvent |X |.

1.1.4 Homomorphismes.
Proposition 1.26. Soit f : G → H un homomorphisme de groupe.
1. f (e) = e
2. f (x−1) = f (x)−1
3. f (x1 · ··xn) = f (x1) · ··f (xn)
4. Pour tout entier n ∈ Z, f(xn) = f(x)n

Avertissement 1.27. On a noté de la même façon l’élément neutre e de la source G et celui du


but H. Par ailleurs, on n’a pas écrit les quantificateurs (universels) qui ont été utilisé, ainsi, la
ligne 3 devrait s’écrire :

∀n ∈ N∗, ∀x = (x1, ..., xn) ∈ Gn f (Πi=1


n n
xi) = Πi=1 f(xi).

Il n’est pas sûr que cela aide beaucoup à comprendre.


1.1 Définitions et premières propriétés. 13

Démonstration.
1. On a f (e) = f (e.e) = f (e).f (e). En simplifiant, f (e) = e
2. e = f (e) = f (x.x−1) = f (x).f (x−1), donc f(x−1)est l’inverse de f (x)
3. Par récurrence sur l’entier n. L’hypothèse de récurrence étant
Hn; Pour tout entier n et tout n-uplet x1...xn on a
Le cas n = 2 est la définition du mot « homomorphisme ». Pour l’étape d’induction, on écrit
alors f (x1 · ··.xn) = f ((x1 ···xn−1) · xn) = f (x1 · ··.xn−1) · f(xn) =Hn −1 f (x1) · f(x2) · ··f (xn)
4 On spécialise xi = x si n > 0, xi = x−1 si n < 0.
!

Corollaire 1.28. Si x ∈ G, l’application Z → G définie par f (n) = xn est un homomorphisme. !

Définition 1.29. Un isomorphisme est un homomorphisme bijectif.


Un automorphisme de G est un isomorphisme de G avec lui même.
Un endomorphisme est un homomorphisme de G dans lui même.

Proposition 1.30. Si ϕ: G → H est un isomorphisme, son inverse est un homomorphisme.

Démonstration. On calcule ϕ(ϕ −1(y1)ϕ −1(y2)) = y1y2. Donc, comme ϕ est injective,
ϕ−1(y1)ϕ−1(y2) = ϕ(y1y2) !

1.1.5 Conjugaison externe et conjugaison.


Théorème 1.31. Si X et Y sont deux ensemble et f : X → Y une bijection, alors S(X) et S(Y )
sont isomorphes. Plus précisément par l’application f∗: S(X) → S(Y )définie par f∗(σ) = f ◦ σ ◦ f −1
est un isomorphisme. Si f −1 est l’inverse de f, l’inverse de f ∗ est f −1∗.

f: X → Y
σ↑ ↓ f∗(σ)
−1
X ← Y :f

Démonstration. f∗(σ ◦ σ ′) = f ◦ σ ◦ σ ′ ◦ f −1 = f ◦ σ ◦ f ◦ f −1 ◦ σ ′ ◦ f = f∗(σ) ◦ f∗(σ ′). Donc f∗ est


un homomorphisme.
On a f ◦ σ ◦ f −1 = τ si et seulement si σ = f −1 ◦ τ ◦ f , donc f∗(σ) = τ si et seulement si f∗−1(τ ) = σ,
donc l’inverse de f∗ est bien f∗−1. !

Définition 1.32. L’isomorphisme ainsi défini s’appelle la conjugaison par f. Si on veut se souvenir
que les deux ensembles sont différents on ajoute le terme « externe ».

Dans la pratique les ensembles X et Y ont des structures. Par exemple ce sont des espaces vec-
toriels, ou alors des espaces affines. On suppose alors que f est un isomorphisme de ces structures
et alors f∗ induit un isomorphisme des groupes préservant ces structures. Tout ceci est abstrait,
mais trè sfacile et souvent oublié dans la littérature, donnons quelques exemples.

Exemple 1.33. Si X est un ensemble fini de cardinal n, une bijection de X et de !1, ., n" est juste
une numérotation des éléments de X. Après cette numérotation on peut identifier S(X) et Sn.
Mais cette identification dépend de la numérotation choisie.

Exemple 1.34. Espaces euclidiens. Soient E , F deux espaces vectoriels euclidien, et f une
isométrie bijective entre ces deux espaces. Alors l’application O(E) → O(F ) définie par f∗(l) =
flf −1 est un isomorphisme. Prenons l’exemple de la dimension 3. Alors les isométries de E sont
soit des réflexions par rapport à un plan, soit des rotation d’angle α ∈ [0, π]. En fait (exercice) une
réflexion de E est toujours conjuguée à une réflexion de F et des rotation d’angles α et β de E et
F sont conjuguées si et seulement si α = β.
14 Généralités

Exemple 1.35. Si P1 et P2 sont deux plans euclidiens, C1 et C2 deux carrés de P1 et P2 il existe


une similitude f : P1 → P2 qui transforme C1 en C2. Alors la conjugaison par f induit un
isomorphisme entre les groupes d’isométries des plans Pi qui conservent les carrés Ci.

Exemple 1.36. Espaces vectoriels. Soient E et F deux espaces vectoriels de dimension finie et f un
isomorphisme. Alors l’application GL(E) → GL(F ) définie par f∗(l) = flf −1 est un isomorphisme.

Le cas particulier ou F = Rn est bien connu si f : E → Rn est un isomorphisme il existe une


unique base B de E telle que f (x) soit les coordonnées de x dans cette base. Alors flf −1 ∈ Gl(Rn)
n’est autre que la matrice de l dans cette base.

Corollaire 1.37. Si σ ∈ S(X) l’application de S(X) dans lui même définie par ϕσ (x) = σxσ −1 est
un automorphisme, apppelé conjugaison par σ.

Ce fait est très général

Proposition 1.38. Soit G un groupe, et σ ∈ G. L’application G → G définie par ϕσ(x) = σxσ −1


est un automorphisme. On l’appelle la conjugaison par σ. !

Définition 1.39. Deux éléments x, y d’un groupe sont conjugués si il existe un troisième élément
z de ce groupe tel que y = z.xz −1.

Proposition 1.40. Être conjugué est une relation d’équivalence dont les classes d’équivalence sont
appelées les classes de conjugaison.

Démonstration. Associativité si x = σyσ −1 et y = τzτ −1 alors x = (στ )z(στ ) −1.


Symétrie si x = σyσ −1 et y = σ −1xσ
Réflexivité x = exe. !

Avertissement 1.41. L’un des grands faits de la théorie des groupes est que deux éléments qui
sont conjugués dans un groupe ont exactement les mêmes propriétés.

Exemple 1.42. Classes de conjugaison dans GL(n, R): Deux matrices sont conjuguées si elles
représentent la même application linéaire dans deux bases différentes.

Deux rotations de SO(3) sont conjuguées si et seulement si elles ont le même angle. Plus
précisément si ρ est la rotation d’angle θ autour de l’axe orienté ⃗u gρg −1 est la rotation de même
angle autour de l’axe g ⃗u.

Deux symétries de l’espace vectoriel E sont conjuguées si et seulement si la dimension des points
fixes de l’un est la même que celle de l’autre.

Deux homothéties sont conjuguées dans le groupe affine si et seulement si elles ont le même
rapport. Deux translations de vecteur non nul sont toujours conjuguées.

1.1.6 Automorphismes et automorphismes intérieurs.


Proposition 1.43. L’ensemble des automorphismes d’un groupe G est un groupe. On le note
Aut(G).

Démonstration. Le point déliucat à vérifier est que l’inverse d’un automorphisme est un ator-
morphisme, mais on l’a déjà fait. !

Définition 1.44. Un automorphisme ϕ de G est dit intérieur si il existe un élément g tel que ϕ
soit la conjugaison par g.
1.2 Sous-groupes, groupes cycliques, produits et quotients. 15

Proposition 1.45. L’ensemble des automorphismes intérieurs est un sous groupe de Aut(G) c’est
l’image de l’homomorphisme G → Aut(G) définie par ψ(g) = conjugaison par g.

Démonstration. Il s’agit de démontrer que ψ est un homomorphisme. Mais ψ(gh)(x) =


(gh)x(gh−1) = g(hxh−1)g −1 = ψ(g)(ψ(h)(x)) = (ψ(g) ◦ ψ(h))(x). !

1.2 Sous-groupes, groupes cycliques, produits et quotients.

1.2.1 Sous-groupes.
La plupart du temps, les groupes de la nature apparaissent comme sous-groupes.

Définition 1.46. Soit H un sous ensemble du groupe G. On dit que H est un sous-groupe si la
loi de composition interne envoie H × H dans H et si sa restriction à H est une structure de groupe.

Proposition 1.47. Les propriétés sont équivalentes :


i. H est un sous-groupe de G
ii. H contient l’élément neutre e, est stable par la loi de composition interne et par passage à
l’inverse
iii. H est non vide, et pour tout couple x, y d’éléments de H, x−1y est un élément de H.

Notation 1.48. On écrit H < G pour signifier que H est un sous-groupe de G.

Exemple 1.49. Le groupe des transformations affines de la doite réelle R x → ax + b est un sous-
groupe du groupe des bijections de R.

Théorème 1.50. Les sous-groupes de (Z, +) sont 0, et les nZ.

Démonstration. Soit G < Z un sous groupe non réduit à 0, et soit n son plus petit élément
strictement positif. Comme n ∈ G, pour tout entier q qn ∈ G donc nZ < G. Si g ∈ G on écrit la
division euclidienne de g par n: g = nq + r avec r ∈ !0, n − 1" Comme r = g − q.n , r ∈ G et comme
n est le plus petit élément de G non nul, il résulte que r = 0 et g ∈ nZ !

Exemple 1.51. Venant de la géométrie euclidienne.


Soit A un plan (ou un espace) affine euclidien.
Le groupe affine est le sous-groupe du groupe des bijections de A qui conserve la colinéation
(théorème fondamental de la géométrie affine).

Définition 1.52. Le groupe des symétries d’un objet donné est le sous-groupe du groupe des
isométries conservant cet objet.

Exemple 1.53. Le groupe des symétries du triangle isocèle est un groupe à 6 éléments. Si on
note a, b, c les trois sommets il a autant d’éléments qu’il y a de permutations de ces trois éléments.

Question 3. Tient ce groupe ne dépend pas beaucoup du triangle...


Ecrire une conjugaison dans le groupe affine entre le groupe des symétries du triangle T1 et
celui du triangle T2.

Exemple 1.54. Le groupe des translations de A est un sous groupe du groupe des transformations
affines de A.
Le groupe des symétries du polygone régulier à n cotés, est un sous groupe du groupe des
isométries du plan, il s’appelle le groupe diédral.
16 Généralités

Le groupe des similitudes est un sous-groupe du groupe des transformation affines du plan
qui conserve les angles.

Exemple 1.55. Venant de l’algèbre linéaire. Le groupe des matrices triangulaires supérieures avec
des 1 sur la diagonale, le groupe O(n); le groupe SL(n, R) sont des sous-groupes du groupe linéaire.

Proposition 1.56. L’intersection de deux sous-groupes, on plus généralement d’une famille de


sous-groupes est un sous-groupe.

Proposition 1.57. Si ϕ: G → H est un homomorphisme l’image de tout sous-groupe de G est un


sous-groupe de H. L’image réciproque de tout sous groupe de H est un sous groupe de G.

Démonstration. Image. Il s’agit de vérifier que si h1 et h2 sont dans im(G), h1−1h2 l’est aussi.
Pour cela choisissons deux antécédants g1 et g2. Alors h1−1h2 = ϕ(g1−1g2) est bien dans l’image.
Image réciproque. Is’agit de vérifier que si g1 et g2 ont leur image dans le sous groupe K, g1−1g2
l’est aussi. Or ϕ(g1−1g2) = ϕ(g1) −1ϕ(g2) est bien dans K. !

Définition 1.58. Le noyau, noté ker ϕ d’un homomorphisme ϕ: G → H est ϕ −1(e), son image
im(ϕ) est ϕ(G).

Le noyau est bine un sous)groupe, comme image réciproque du sous groupe (e} de H.
Exemple. ϕ: Z→G définie par ϕ(n) = g n est un homomorphisme. Son noyau est de la forme nZ.

Proposition 1.59. L’homomorphisme ϕ: G → H est injectif si et seulement si son noyau est réduit
à {e}.

Démonstration. On a ϕ(g) = ϕ(h) si et seulemnt si ϕ(g −1h) = e si et seulement si g −1h ∈ ker ϕ.


On démontre le résultat en passant à la contraposée.

Si ϕ n’est pas injective ont peut trouver deux élémnets distincts g, h dan sle noyau. Alors g −1h
est un élément du noyau qui n’est pas e. Si le noyau n’est par réduit à {e} il existe au moins deux
élément dnt l’image par ϕ est e et ϕ n’est âs injective. !

1.2.2 Groupes cycliques (engendrés par un élément).


Définition 1.60. Soit g ∈ G on rappelle que Z → G définie par ϕ(n) = g n est un homomorphisme.
Son image s’appelle le groupe cyclique engendré par g.

Réciproquement,

Définition 1.61. Le plus petit entier positif (éventuellement infini) pour lequel g n = e s’appelle
l’ordre de g.

Exemple 1.62. Soit ϕ = Z / nZ → G un homomorphisme injectif. Posons g = ϕ(1̄) alors


g n = ϕ(0̄) = e et g est d’ordre n.

Lemme 1.63. Soit g un élément d’ordre n. Posons ϕ: Z → G ϕ(k) = gk. Alors ker ϕ ⊃nZ et ϕ
passe au quotient en un homomorphisme ϕ̄: Z/nZ → G tel que ϕ̄(1̄) = g.

Passe au quotient veut dire que ϕ = ϕ̄ ◦ q ou q: Z → Z/nZ est la réduction modulo n.


1.2 Sous-groupes, groupes cycliques, produits et quotients. 17

Démonstration. Notons que ϕ(k + qn) = g k.(g n) q = ϕ(k), donc si k ≡ l(n) ϕ(k) = ϕ(n) ce qui veut
dire qu’il existe une unique application ϕ̄ telle que ϕ̄ ◦ q = ϕ. Soit a, b ∈ Z /nZ et k, l tels que k̄ = a,
l̄ = b, alors k + l = a + b donc ϕ̄(a + b) = g k+l = g kg l = ϕ̄(a)ϕ̄(b) et ϕ̄ est bien un homomorphisme. !

Théorème 1.64. Soit ϕ: Z → G définie par ϕ(k) = g k.


1. ϕ est injective si et seulement si l’ordre de g est infini.
2. Si ϕ n’est pas injective, soit n ∈ N∗ tel que ker(ϕ) = nZ. Alors ϕ passe au quotient en un
isomorphisme de Z/nZ et du groupe engendré par g (l’image de ϕ).
3. L’ordre de g est le cardinal du groupe engendré par ϕ.

Démonstration. Si ϕ n’est pas injective, le noyau de ϕ est de la forme nZ, pour un certain n.
Montrons que sa restriction a !0, n − 1" est bijective.
Surjectivité. Si a ∈ Z, on écrit a = qn + r, avec r ∈ !0, n − 1". Alors ϕ(a) = ϕ(r) car ϕ(n) = e.
Injectivité si a, b sont dans !0, n − 1" leur différence b − a aussi et ϕ(b − a) = 0 implique
b − a ∈ ker(ϕ) ∩ !0, n − 1" = {0} autrement dit a = b.
Ainsi les éléments ϕ(0)ϕ(1), ϕ(n − 1) sont tous distincts et forment ϕ(Z). L’ordre de ce groupe
est bien n.
Le point 1 en résulte, car si ϕ est injective son image est infinie. Le point 3 aussi. Pour démontrer
le point 2, on a déjà vu que ϕ passe au quotient. L’application induite est bijective car elle est
évidemment surjective (puisque ϕ l’est) et que les deux ensembles ont même cardinal. !

Définition 1.65. On dit qu’un groupe est cyclique si il est engendré par un élément.

Remarque 1.66. Certains auteurs -français uniquement- parlent de groupe monogène au lieu de
groupe cyclique.

Remarque 1.67. Le mot cyclique n’est pas anodin. Si on considère une rotation dans le plan
α p
d’angle α ∈ [0, 2π[ on peut se demander quel est son ordre. En bien si 2π = q avec p, q deux entiers
α
premiers entre eux, cette rotation est d’ordre q. Par contre si 2π ∈
/ Q cette rotation est d’ordre infini.

Exemple 1.68. Le groupe (Z, +) est engendré par 1 (ou par -1) ; cet élément est d’ordre infini.
Le groupe Z/nZ est engendré par la classe 1̄ et cet élément est d’ordre n.

Exemple 1.69. Le groupe Un < C∗ des racines n-ième de l’unité est cyclique engendré par e2iπ/n.

Le point 3 du théorème précédent donne la classification des groupes cycliques dit que -à iso-
morphisme près- il n’y a qu’un seul groupe cyclique d’ordre n. Elle est basée sur la classification
des sous-groupes de Z déjà vue au théorème précédent.

Proposition 1.70. Un groupe cyclique d’ordre n est isomorphe à Z/nZ.

Exemple 1.71. Le groupe des coupages d’un jeu de carte est isomorphe à groupe cyclique d’ordre
52. Pourquoi ?

Les groupes cycliques ont des tas de propriétés très faciles et amusantes.

Théorème 1.72. 1. Tout sous groupe d’un groupe cyclique est cyclique.
2. L’ordre d’un sous groupe d’un groupe cyclique fini divise l’ordre de ce groupe.
3. Si G est un groupe cyclique d’ordre n fini et si d|n, G contient un unique sous groupe d’ordre
d

Démonstration.
18 Généralités

Pour faire cette démonstration nous allons utiliser les isomorphismes de G avec Z/nZ et avec
Un.
Si G est cyclique d’ordre infini, il est isomorphe à Z et les sous groupes de Z sont 0 et les dZ
d’ordre 1 et ∞. Ils sont bien cycliques.
Si G est fini d’ordre n, il est isomorphe à Z/nZ
Soit ϕ: Z → G un homomorphisme de noyau nZ, ou n est l’ordre de G, surjectif. Soit H < G un
sous groupe. Le groupe ϕ−1(H) est un sous groupe de Z, donc de la forme aZ. Dons H est l’image
surjective de aZ (engendré par a) et est bien cyclique. De plus H = aZ/ nZ = aZ/adZ = Z/dZ, et
son ordre divise bien celui de G. Ceci prouve 1 et 2.

Pour 3. Notons que soit d un diviseur de n. Le groupe Ud des racines d − ièmes de l’unité
{z ∈ C∗ / z d = 1 } est contenu dans le groupe des racines n-ièmes de l’unité, car z d = 1 ⇒ z n = 1.
Donc Un contient un sous groupe d’ordre d. Montrons qu’il est unique. Si G < Un d’ordre d, comme
celui-ci est cyclique (d’après 1) il est constitué d’éléments tels que z d = 1 est c’est donc Ud. !

Corollaire 1.73. Dans un groupe cyclique d’ordre n, si d divise n il y a exactement d éléments


tels que xd = 1

1.2.3 Groupes produits.

Si G1 et G2 sont deux groupes on fabrique le produit G1 × G2 qui est l’ensemble des couples
(g1, g2) muni de la loi de composition bête. Ce truc est un groupe.

Proposition 1.74. Les applications G1 → G1 × G2 g1 → (g1, e) et G2 → G1 × G2 g2 → (e, g2) sont


des homomorphismes injectifs.
Les applications G1 × G2 → G (g1, g2) → g1 et G1 × G2 → G2 (g1, g2) → g2 sont ds
homomorphismes surjectifs. autrement dit les groupes Gi sont des quotients de G

Grâce à cela on identifie souvent G1 et G2 aux sous groupes G1 × {e} et {e} × G2 du produit.

Proposition 1.75. Dans le produit G1 × G2 tout élément de G1 commute à tout élément de G2.

Proposition 1.76. Soit G un groupe. Supposons que G contienne deux sous groupes G1 et G2
tels que
G1 ∩ G2 = {e}
Tout élément de G1 commute à tout élément de G2
Tout élément de G s’écrit comme produit d’un élément de G1 et d’un élément de G2
Alors l’application G1 × G2 → G définie par i(g1, g2) = g1g2 est un isomorphisme

Exemple 1.77. Considérons un ensemble X , et supposons que X = X1 ⊔ X2 est une partition.


On peut considérer le sous-groupe de S(X) formé des bijections qui conserve la partition f (X1) =
X1.Alors S(X) ≍ S(X1) × S(X2)

1.2.4 Sous-groupes normaux et groupes quotients


Soit G un groupe. On dit que le groupe H est un groupe quotient de G si on s’est donné un
homomorphisme surjectif π: G → H. On dit alors que H est le quotient de G par le noyau de π.

Exemple 1.78. Le groupe Z/nZ est le quotient de Z par nZ.

Théorème 1.79. Soient π1: G → H1 et π2: G → H2 deux quotients de G. Si les noyaux de π1 et π2


sont les mêmes, alors il existe un (unique) isomorphisme ϕ: H1 → H2 tel que π2 = ϕ ◦ π1.
1.2 Sous-groupes, groupes cycliques, produits et quotients. 19

Démonstration. On fabrique d’abord une application ϕ/ Soit h ∈ H et g, g ′ tel que π1(g) =


π1(g ′) = h comme g g ′−1 ∈ ker π1 = ker π2, π2(g g ′−1) = e, donc π2(g) = π2(g ′). On défini alors
ϕ(h) = π2(g). Pour vérifier que ϕ est un homomorphisme, notons que si π1(g) = h et π1(g ′) = h ′
alors π1(gg ′) = hh ′. Donc ϕ(h.h ′) = π2(gg ′) = π2(g)π2(g ′) = ϕ(h)ϕ(h ′). reste à établir la bijectivité
de ϕ. Si h ∈ ker ϕ et si π1(g) = h, alors π2(g) = e donc g ∈ ker π2 = ker π1 et h = e. Ce qui établi
l’injectivité. Pour la surjectivité notons que π2 est surjective, comme π2 = ϕ ◦ π1, ϕ l’est aussi. !

Exemple 1.80. Nous avons déjà vu que si deux groupes cycliques ont même ordre ils sont
isomorphes.

Définition 1.81. Un sous groupe N de G est dit normal (ou distingué) si il est invariant par les
conjugaisons intérieures. On note N ▹ G pour signifier que N est un sous groupe normal de G

Remarque 1.82. Beaucoup d’auteurs français disent « distingué », mais comme nous sommes le
seul pays au monde qui utilise cette terminologie, elle tend à disparaître.

Théorème 1.83. Soit N ▹ G un sous groupe normal. Il existe groupe noté G/N et un quotient
π: G → G/N de G dont N est le noyau. Celui-ci est unique d’après le théorème précédent.

Démonstration. On définit H à partir de G et N comme on définit Z/nZ à partir de Z et nZ :


On dit que g ∼N g ′ si g.g ′−1 ∈ N . Alors les classes d’équivalence modulo N forment un groupe.
Démontrons que si g ∼N g ′ et h ∼N h ′ alors gh ∼N g ′h ′. En effet g ′h ′ = gnhn ′ = gh(h−1nhn ′) .
La structure produit du quotient est ainsi définie, et il est facile de se convaincre qu’il s’agit bien
d’une structure de groupe. !

Exemple 1.84. Exercice si g est une transformation affine de partie linéaire G, et tu la translation
de vecteur u. gtug −1 = tG.(u) Il en résulte que le groupe affine contient le groupe des translations
comme sous groupe normal. Le quotient est le groupe linéaire. Aff(A) → Gl(E) est un homomor-
phisme surjectif dont le noyau est précisément le groupe E des translations de A .

Proposition 1.85. Si ϕ: G→ H est un homomorphisme, et si ker f ⊃N alors f passe au quotient en


un homomorphisme ϕ̄: G / N →H. Autrement dit si π: G→ G / N est l’application quotient, ϕ̄ ◦ π = ϕ

Démonstration. Si deux élément de G sont congrus modulo N ils ont même image dans H. Il
existe donc une unique application ϕ̄: G /N →H telle que ϕ̄ ◦ π = ϕ. Il est facile de se convaincre
de cette application est un homomorphisme. !

Exemple 1.86. Le centre Z(G) d’un groupe est l’ensemble des éléments qui commutent à tous les
autres. Le centre est un sous-groupe normal. C’est le noyau de l’homomorphisme G → Aut(G) qui
a un élément associe la conjugaison par cet élément. Ainsi G/ Z(G) est un sous groupe de Aut(G).
On l’appelle le groupe des automorphismes intérieurs.

1.2.5 Groupe engendré par une partie.


Définition 1.87. Si G et A ⊂ G une partie, le groupe engendré par A est l’intersection de tous
les sous-groupes de G contenant A.

Proposition 1.88. Un élément g appartient au sous groupe engendré par A si et seulement si il


existe un entier n, des éléments a1, ...., an de A et des signes ε1, ....εn de {−1, 1} tel que g = Πi=1
n
aεi i

Démonstration. Laissée au lecteur. !

Question 4. Quel est le sous groupe du groupe de permutation de l’ensemble des 52 cartes
engendré par les battages?
20 Généralités

Exemple 1.89. Le groupe diédral est le groupe obtenu en mettant deux miroirs l’un à coté de
l’autre faisant un angle α. Si α/π ∈ Q ce groupe est fini, et sinon, il est infini. Par exemple si on
met deux miroirs à angle droit, on obtient le groupe du carré. On peut aussi le faire en dimension 3
Exemple 1.90. Le groupe engendré par les trois réflexions le long des bord d’un triangle isocèle
est le groupe des isométries du pavage triangulaire standard. On l’appelle (3, 3, 3), ou groupe
du kaléidoscope. Si on identifie le plan euclidien à la droite complexe C, il conserve le réseaux
triangulaire standard Λ formé des points de la forme Z + jZ. Ici les sommets du triangle isocèle
sont 1, j , j 2.

Théorème 1.91. Le groupe du kaléidoscope est composé des translations de vecteur dans Λ des
rotations d’angle k.2π /6 autour d’un sommet de Λ et des réflexions suivant une droite de Λ. !
Remarque 1.92. L’étude des groupes engendré par des réflexions d’un espace est un sujet très
important et actuel. On appelle ces groupes les groupes de Coxeter.

1.2.6 Sous-groupe invariant, abélianisé. *.


Ce paragraphe est à faire en exercice.
Un sous groupe N d’un groupe G est normal si il est invariant par toutes les conjugaisons.
Comme les conjugaisons sont des automorphismes particuliers il est naturel de regarder les sous-
groupes invariants par tous les automorphismes.
Définition 1.93. Un sous groupe N d’un groupe G est dit invariant si pour tout automorphisme
ψ de G, ψ(N ) = N
Un sous groupe invariant est donc un sous groupe normal.

Rappelons que le centre d’un groupe G, noté Z(G) est défini par :
Z(G) = {g ∈ G/∀h ∈ G, gh = hg }.

Comme la formule gh = hg implique ψ(g)ψ(h) = ψ(h)ψ(g), il est facile de se convaincre de la


proposition suivante.
Proposition 1.94. Le sous groupe Z(G) est invariant dans G.

Il est souvent plus facile de démontrer qu’un sous groupe est invariant plutôt que normal.
Définition 1.95. Le groupe dérivé d’un groupe noté [G, G] est le sous groupe engendré par les
commutateurs ghg −1h−1.

Comme l’image d’un commutateur par un automorphisme est un commutateur, on a :

Proposition 1.96. Le groupe dérivé est invariant donc normal, et le quotient Gabest abélien.
Tout homomorphisme de G → A de G vers un groupe abélien contient [G, G] dans son noyau
et se factorise par Gab. !
Exemple 1.97. Si K est un corps le groupe dérivé de Aff1(K) est le groupe des translations, le
quotient le groupe des homothéties.

1.2.7 Digression. Pavage du plan, spirale logarithmique et application


exponentielle.
L’application exponentielle complexe est un homomorphisme de groupe exp: C → C∗

Cette application transforme donc la droite x = pt,y = t, qui est un sous-groupe de (C, +) en
une jolie spirale qui est un sous-groupe de C∗. z = exp pt. exp (it ). Quand on fait tourner la courbe
d’un angle de 2π, on obtient la même même courbe point a point c’est comme si on avait fait une
homothétie de rapport exp (2πp) : Bernoulli trouvait ça tellement incroyable qu’il a fait graver sur
cette courbe sur sa tombe avec l’explication "eadem mutata resurgo".
1.2 Sous-groupes, groupes cycliques, produits et quotients. 21

Ici, z = exp (lna(a) θ + iθ), est l’image de la droite x = ln(a) y du plan complexe. On voit qu’elle
fait un angle constant avec les droites passant à l’origine qui sont quand à elles les images des
droites horizontales : on ditq ue l’expoenetielle conserve les angles, ou est conforme.

La courbe obtenue rencontre les droites passant à l’origine avec un angle constant de cotangente
1 / p. En effet, elle rencontre la droite Arg(z) = θ aux points t = θ + 2kπ. En prenant le logarithme,
c’est l’image de x = py, y = θ + 2kπ qui font un angle constant de tangent p, et les fonctions
holomorphes gardent les angles.

Si ce dessin est si joli, c’est que c’est l’image par l’application exponentielle d’un pavage du plan :
les droites bleues sont les images des droites horizontales y = y0, les spirales rouges des droites

y = cx + n 6 .

Ce dernier dessin est quand à lui l’image par l’application exponentielle de deux familles de
−1 2nπ 2π
droites orthogonales y = ax + 2nπ, y = a x + 12 . Pourquoi 12 ?

Ces dessins ont été pris sur le très beau site web https://mathcurve.com.
22 Généralités

1.3 Exercices du chapitre 1

1.3.1 Définitions et premières propriétés.


Exercice 1.1. Dessiner la table de multiplication du groupe S3 des bijections d’un ensemble à trois éléments.
Exercice 1.2. Dessiner « toutes » les tables de multiplication d’un groupe à 2,3, 4.
Ici, « toutes » veut dire à isomorphisme de groupe près.
Exercice 1.3. Rappel. Si P est un plan affine et si (A, B, C) sont trois points non alignés, ils forment un repère
affine : tout point P du plan s’écrit d’une unique façon comme barycentre des points A, B, C :P = xA + yB + zC
(avec x + y + z = 1). Démonstration les vecteurs AB et AC forment une base de l’espace vectoriel sous jacent
donc AP = y AB + zAC, soit P = yB + zC + (1 − (y + z))A = xA + yB + zC. Une transformation affine est une
transformation qui conserve les barycentre f (xA + yB + zC) = xf (A) + yf (B) + zf (C)

On se place dans le plan affine. Soit T un triangle (non dégénéré).


1. Montrer que le groupe des transformations affines qui conservent T est isomorphe au groupe des bijections
de l’ensemble des trois sommets de T .
2. Soient T1 et T2 deux triangles, et g un transformation affine telle que g(T1) = T2. Si Gi ⊂ Aff est le sous
groupe du groupe des transformations affines qui conservent Ti, montrer que gG1g −1 = G2.
Exercice 1.4. Pour chacun des ensembles suivant du plan euclidien, déterminer l’ensemble des isométries
Isom(X) le préservant, montrer que c’est un groupe et en faire le tableau de Cayley.

Triangle équilatéral, triangle isocèle non équilatéral, carré, rectangle non carré, losange non rectangle.

Si T1 et T2 sont deux triangles semblables et s une similitude entre ces deux triangles montrer que σ → s.σs−1
induit un isomorphisme entre Isom(T2) et Isom(T1).
Exercice 1.5. On refera cet exercice en cours plus tard. Soit G un groupe fini. Démontrer que pour tout
élément x, il existe deux entiers distincts tels que xk = xm , en déduire qu’il existe un entier positif n tel que
xn = e et qu’il existe un entier m ! 0 tel que xm = x −1.
Exercice 1.6. Si ϕ: G → H est un homomorphisme et si g est d’ordre fini n , que peut on dire de l’ordre de ϕ(g) ?
L’ordre d’un conjugué de g est le même que celui de g.
Exercice 1.7. Soit G un groupe et Aut(G) le groupe des automorphismes de G. L’application G → Aut(G) qui
à un élément g associe la conjugaison (x → gxg −1) est un homomorphisme.
Exercice 1.8. Soit G un groupe. On considère la relation ∼ définie dans G par
(x ∼ y) ⇔ (x = y ou x = y −1).
Montrer que ∼ est une relation d’équivalence.
Montrer que tout groupe fini d’ordre pair contient un nombre impair d’éléments d’ordre 2 (et en particulier
qu’il en contient au moins un).
Exercice 1.9. Soit G un groupe tel que tout élément est d’ordre 2. Montrer que G est commutatif . On note
alors 0 son élément neutre, et + sa loi de groupe.
Montrer que G est muni d’une structure de Z/2Z espace vectoriel.
Si de plus G est fini, en déduire que G est isomorphe à (Z/2Z)d, ou d = ln2|G|.
Démonter que si H est un autre groupe dont tout élément est d’ordre 2, tout homomorphisme de G vers H
est Z/2Z linéaire. En déduire le cardinal Card(Hom(G, H)). Démontrer que Aut(G) = GLd(Z/2Z)
Exercice 1.10. Quels sont tous les homomorphismes de (Z,!+) "dans lui même.
1 f (1)
Soit f : Q, +→Q, + un homomorphisme. Démontrer que f m = m . En déduire tous les homomorphismes
de (Q, +) dans lui même.
Quels sont tous les homomorphismes continus de (R, +) dans lui même.
Soit ϕ: (R,+) → C∗, × un homomorphisme continu. Démontrer qu’il existe un nombre complexe α tel que
ϕ(t) = αt
Exercice 1.11. Le groupe affine de la droite.
Soit K un corps. On considère l’ensemble des transformations affines inversibles de K, c’est-à-dire les trans-
formations de la forme z → λ z + b, ou λ ∈ K∗, a ∈ K. Montrer que Aff1 est un groupe et que l’application de
Aff1 → K∗ qui a une transformation z → λ z + a associe sa partie linéaire z → λ zest un homomorphisme ; quel
est son noyau? Montrer que le groupe Aff 1 n’est jamais commutatif, sauf si K = Z/2Z.
Montrer que le conjugué de la translation z → z + a par z → λz + b est une translation
Exercice 1.12. Soit A un espace affine et E l’espace vectoriel sous-jacent. Montrer que l’application qui à une
transformation affine bijective associe sa partie linéaire est un homomorphisme de groupe.
1.3 Exercices du chapitre 1 23

Montrer que le conjugué de la translation de vecteur u par la transformation affine g est la translation de
vecteur G(u) ou G est la partie linéaire de g.
Montrer que deux translations de vecteur non nul sont toujours conjuguées dans le groupe affine.
Si h est une homothétie de centre O et rapport λ, montrer que ghg −1 est une homothétie. Quelle est son
centre et son rapport.
Montrer que deux homothéties sont conjuguées si et seulement si elles ont le même rapport.
Exercice 1.13. Si p est un nombre premier, et n ∈ N, on pose vp(n) la plus grande puissance de p qui divise
a
n. Si x = b ∈ Q+, on pose vp(x) = vp(a) − vp(b). Démontrer que vp = Q∗+ → Z est un homomorphisme.
# $
En déduire que Q∗+, × est isomorphe à ⊕p∈ΠZ. Ce ⊕ veut dire les suite finies de nombres entiers nulles
après un certain rang.
Exercice 1.14. On veut « simplifier » la liste des axiomes de groupes. On suppose que l’ensemble G est muni
d’une loi de composition interne associative qui admet un élément neutre « à droite » e c’est à dire que pour
tout x x.e = x, et tel que tout élément soit inversible à droite, c’est à dire que pour tout x il existe un élément
x ′ tel que x.x ′ = e. Démontrer que (G, .) est un groupe.
Exercice 1.15. Soit G un groupe fini. Montrer que, sauf si G a un ou deux éléments G admet un automor-
phisme. Se ramener au cas ou G est abélien, puis utiliser l’exercice 9.
Exercice 1.16. Soit G un groupe fini, et ϕ un automorphisme. On suppose que pour strictement plus que la
moitié des éléments ϕ(x) = x −1 . Démontrer que ϕ ◦ ϕ = IdG.
Exercice 1.17. Soit G un groupe d’ordre n, peut on trouver une suite d’éléments (pas forcément distincts) a1,
a2, ...an tels qu’aucun des produits bk,l = akak+1....al soient égaux à e.

1.3.2 Sous groupes, groupe cycliques, quotients


√ ! √ "
3 + i 41
Exercice 1.18. Montrer que l’ensemble des nombres complexes de la forme n 2 + m 739
, avec n,m
dans Z forme un sous groupe de (C, +)
Soit A, + un groupe abélien et α1, ...., αn des éléments de A . Montrer que l’ensemble des combinaisons
linéaires à coefficients entiers des αi forme un sous-groupe de A.
Exercice 1.19. Démontrer que les sous-ensembles suivant de l’ensembles des matrices carrée M2(C) sont des
sous-groupes.
-Les matrices triangulaires supérieures avec des 1 sur la diagonale.
-Les matrices triangulaires supérieures avec des coefficients diagonaux non nuls
-Les matrices à coefficients dans Z et de déterminant 1 ou -1
-Les matrices de déterminant 1
-Les matrices réelles orthogonales. ! "
a −b̄
-Les matrices de M2(C) de la forme , avec |a|2 + |b|2 =
/0
b ā
* Mêmes questions avec Mn(C) au lieu de M2(C)
Exercice 1.20. Si X est un ensemble et f : X → Y est une fonction, montrer que l’ensemble des bijections de
X qui conservent f (c’est à dire f ◦ s = f ) est un groupe.
Si q est une forme quadratique non dégénérée sur un espace vectoriel de dimension finie, montrer que
l’ensemble des transformations linéaires qui préserve q est un sous groupe du groupe linéaire (attention on ne
suppose pas a priori que la transformation est inversible).
L’ensemble des isométries inversibles d’un espace métrique est un groupe.
* L’ensemble des isométries d’un espace métrique compact est un groupe.
* L’ensemble des isométries de l’espace de Hilbert n’est pas un groupe.
Exercice 1.21. L’ensemble des similitudes est un groupe.
L’ensemble des similitudes directes du plan euclidien est isomorphe au groupe affine de la droite complexe.
Le sous-groupe des similitudes directes est un sous-groupe normal du groupe des similitudes et le quotient
est isomorphe à Z/2Z (considérer l’application s → le signe du déterminant de la partie linéaire de s.
Exercice 1.22. Dans le GL(2, C), quel est l’ordre (éventuellement infini) des matrices suivantes ?
# $# $ # $# $# $# $
1 0 1 1 i 0 1 0 −2 + 3i −2 + 2i 2 1
0 −1
, 0 1
, 0 −i 0 −1
, 1−i 3 − 2i
, 1 1

Exercice 1.23. On considère un jeu de 52 cartes posé sur la table. Pour les mélanger on utilise juste des
coupes : on coupe le paquet en deux parties (pas forcément égales) et on pose le tas du dessous au dessus. En
répétant autant de fois qu’on veut l’opération, on obtient ainsi un groupe. Quel est il ?
Exercice 1.24. Si G est un groupe cyclique d’ordre n et k un entier qui divise n. En utilisant un isomorphisme
avec le groupe des racines n − ièmes de l’unité, montrer que G contient exactement k éléments tels que xk = 1.
Dans un groupe cyclique d’ordre 15, combien d’élément d’ordre exactement 1, 3 ou 5 ?
Dans un groupe d’ordre 77 combien y a t il d’éléments d’ordre exactement 77.
Exercice 1.25. Démontrer que le groupe Z/3Z × Z/3Z n’est pas cyclique.
Exercice 1.26. Soit G un groupe cyclique d’ordre n impair. Démontrer que l’application G → G définie par
ϕ(x) = x2 est un isomorphisme. Montrer que ce n’est pas le cas si n est pair.
24 Généralités

Exercice 1.27. Soit g ∈ GL2(R) une matrice. On suppose que g est d’ordre fini. Montrer que det(g) vaut 1
ou -1. Si det(g) = −1, alors en fait g est une symétrie (on pourra vérifier que g est diagonalisable).
Exercice 1.28. Si g ∈ GLn(C) une matrice d’ordre fini, alors g diagonalisable et ses valeurs propres sont des
racines de l’unité. Etudier la réciproque.
Classer les matrices d’ordre fini à conjugaison près dans GL(n, C), SU(n, C).
Exercice 1.29. Soit x un élément d’ordre n d’un certain groupe. Montrer que les éléments e, x, x2, ..., xn−1
sont tous distincts, et que (xk) −1 = xn−k.
Si x est d’ordre infini, alors tous les xn sont distincts.
Exercice 1.30. Soit, G un groupe, u, v, x trois éléments de G, p, q deux entiers premiers entre eux. On suppose
que u et v commutent et que uv = vu = x, puis que u p = x, v q = x. Démontrer que le groupe engendré par x est
′ ′
fini. Démontrer qu’il existe deux entiers p ′, q ′ tels que u = x p , v = x q .
! "
a −b̄
Exercice 1.31. On considère le sous ensemble H de M2(C) formé des matrices . Montrer que les sous
b ā
ensembles suivants de H sont des groupes.
H∗ = H\0
S = {q ∈ H/det q = 1}. En déduire que la sphère unité de l’espace euclidien de dimension 4 est munie d’une
structure de groupe # $ # $ # $
Soit H8 = {±Id, ±I , ±J , ±K }, où I = 0i −i
0
, J = 01 −1
0
, K = IJ = 0 −i
−i 0
Le groupe H8 est il-isomorphe au groupe D2×4 ?
Exercice 1.32. Soit E un espace vectoriel euclidien de dimension finie. On veut démontrer que tout élément
du groupe orthogonal O(E) est produit d’au plus n − 1 réflexions. On rappelle qu’une réflexion par rapport
à l’hyperplan h est la transformation qui vaut Id sur h et dont la restriction à la droite orthogonale h⊥. Soit
B = (e1, ...en) une base orthonormée de E et g un élément de O(E).
On suppose que la dimension de Eg est !2 et que g(en) =
/ en. Construire une réflexion σ telle que σ ◦ g fixe en.
Conclure par récurrence sur la dimension.
Exercice 1.33. Soit E un espace vectoriel de dimension fini, F ⊂ E un sous espace, et G = {g ∈ GL(E)/ g(F ) =
F }. Montrer que G est un sous groupe de GL(E).
Construire un homomorphisme surjectif G → GL(F )
Soit H ⊂ G le sous groupe formé des éléments dont la restriction à E est l’identité. Montrer que H est normal
dans G et montrer que G/H est le groupe des transformations linéaires de F .
Exercice 1.34. Soient G un groupe, H < G un sous groupe et N un sous groupe normal de G, et p: G → G/N
le quotient.
Démontrer que le sous-ensemble H N formé des produits d’un élément de H et d’un élément de N est un
sous-groupe de G.
Démontrer que HN = NH
Démontrer que N est un sous-groupe normal de NH, et que N ∩ H est un sous groupe normal de H.
Démontrer que si p: G → G/N est la projection canonique, NH /N est isomorphe à p(H) et à H /N ∩ H.
Soit G le groupe des similitudes du plan euclidien, N le sous-groupe des translations. A quoi s’identifie HN ,
si H est le sous groupe des rotations autour de l’origine ?
Exercice 1.35. Soit G un groupe, H ⊂ G un sous groupe. On dit que l’élément g normalise H si gHg −1 = H,
et on appelle normalisateur de H, noté N (H), l’ensemble des éléments qui normalisent H. Démontrer que N (H)
est un sous-groupe de G contenant H, et que le sous-groupe H y est normal.
Soit X1 ∪ X2 une partition de l’ensemble X . Montrer que le sous groupe S(X1, X2) de S(X) qui conserve
X1 est isomorphe à S(X1) × S(X2).
Montrer que si g normalise ce sous groupe soit g(S1) = S1 et g(S2) = S2 soit g(S1) = S2 et g(S2) = S1
Quel est le normalisateur de S(X1, X2) ? On pourra distinguer les cas ou X1 et X2 on même cardinal, ou pas.

Exercice 1.36. Si G est un groupe, le groupe dérivé de G est le sous-groupe engendré par les commutateurs,
c’est -à-dire les éléments de la forme aba−1b −1. On le note [G, G]
Si ϕ est un automorphisme de G démontrer que ϕ(aba−1b −1) = ϕ(a)ϕ(b)ϕ(a)−1ϕ(b)−1.
En déduire que le groupe dérivé est normal.
On note Gab le quotient G / [G, G]. Démontrer que Gab est un groupe abélien que que si ϕ: G → A est un
homomorphisme du groupe G vers le groupe abélien A , ϕ se factorise a travers Gab c’est à dire qu’il existe un
homomorphisme ϕ ′: Gab → A tel que ϕ = ϕ ′ ◦ p, ou p: G → G/[G, G] est la projection naturelle.
Démontrer que le groupe dérivé du groupe affine de la droite Aff(1, K) est le groupe des translations et que
le quotient est K∗.
Exercice 1.37. Si N ▹ G est un sous groupe normal, on définit [G, N ] comme le sous groupe de N engendré
par les éléments de la forme gng −1n −1. Démontrer que [G, N ] est un sous groupe normal de G. On suppose
de plus que N est invariant. Démontrer que [G, N ] est aussi invariant.
Chapitre 2
Groupe opérant dans un ensemble

2.1 Groupes opérant dans un ensemble.

2.1.1 Introduction et exemple du groupe diédral.


Première définition : un groupe opère dans un ensemble X si on s’est donné un homomorphisme
G → S(X).

La plupart du temps, un groupe est défini comme groupe opérant dans un ensemble.

Exemple 2.1. Le groupe symétrique S(X) est défini comme groupe des permutations de X il
opère sur X .

Exemple 2.2. Le groupe affine de E va nous servir d’exemple ; il opère non seulement dans
le E mais aussi dans l’ensemble des droites, des triangles etc etc. Un transformation affine est
exactement une bijection qui transforme les droites en droites. Il contient des tas de sous-groupes
amusants : le groupe des homothéties, le groupe des translations, les transformations qui fixent un
point (qui est le groupe linéaire) etc..

Soit Πn un polygone régulier à n coté du plan euclidien (régulier veut dire que tous les cotés
ont même longueur, et donc aussi tous les angles. On note O son centre qui est l’équibarycentre
des sommets. On considère Iso(Πn) le sous groupe du groupe des isométries du plan (ou même des
transformations affines du plan) qui conserve Pn.

Proposition 2.3. Si Πn′ est un autre polygone régulier d’un autre plan euclidien ayant le même
nombre de cotés, et σ une similitude transformant Πn en Πn′ , la conjugaison σ xσ −1 induit un
isomorphisme entre Iso(Πn′ ) et Iso(Πn). En particulier ces deux groupes sont isomorphes.

Démonstration. Laissée au lecteur. !

Définition 2.4. Le groupe des isométries de Πn s’appelle le groupe diédral D2n.

Théorème 2.5. 1. Le groupe des isométries conservant Πn a exactement 2n éléments : les n



rotations d’angle k. n , et n symétries orthogonales, plus précisément.

Si n est impair, par rapport aux axes Op, ou p est un sommet de Πn.Si n est pair par rapport
aux axes {p, −p} u p est un sommet de Πn, et aux axes {m, −m}. Ou m décrit le milieu des
arêtes de Π

2. Le sous groupe des rotations est normal et son quotient est Z/2Z

3. Le groupe D2n n’est pas commutatif. Si τ est une réflexion et ρ une rotation τρτ −1 = ρ−1.

Démonstration. Soit G ce groupe. Clairement G contient les 2n transformation décrites. Pour


vérifier qu’il n’y en pas d’autre, considérons d’abord G+ le sous groupe qui conserve l’orientation.
Il opère sur l’ensemble des sommets de Πn mais une rotation qui fixe O et 1 sommet est l’identité (on
dit que l’opération est libre). Soit s un sommet et ρ la rotation qui transforme s en g.s. Alors ρ−1g

fixe s donc c’est l’identité. Ainsi G+ est constitué des n rotations d’angle k. n , pour k ∈ !0, n − 1".

25
26 Groupe opérant dans un ensemble

Notons maintenant G− le sous ensemble constitué des réflexions, de sorte que G = G+ ∪ G−.

Choisissons σ n’importe quelle symétrie dans G. L’application G → G définie par ϕ(g) = g.σ et
bijective (elle est égale à son inverse) et interverti G+ et G− : il y a donc autant d’élément de G−
que d’éléments de G+ et la liste que nous avons donnée est donc complète.

2. On donne deux démonstrations. D’abord G+ est le noyau du déterminant. Aussi, tout sous-
groupe d’indice 2 est normal .

3. Laissé en exercice : quand on se regarde dans un miroir, les aiguilles d’une montre tournent
dans l’autre sens autrement dit τρτ −1 = ρ−1 , si τ est une réflexion et ρ une rotation.
!

2.1.2 Terminologie : action de groupe, orbite d’un point.


Définition 2.6. On dit que le groupe G opère/agit dans l’ensemble X si on s’est donné une
application
G×X→X
(g,x) → g.x
Telle que :
pour tout triplet (g1, g2, x) de G × G × X, on ait (g1g2).x = g1.(g2.x)
et pour tout x de X on ait e.x = x

Proposition 2.7. Soit G un groupe opérant dans X


L’application x → g .x est une bijection d’inverse x → g −1.x
L’application G → S(X) définie par ϕ(g)(x) = g.x est un homomorphisme de groupe.

Démonstration. Comme g −1.g = g.g −1 = e, on obtient le résultat. !

Réciproquement.

Proposition 2.8. Soit G un groupe et ϕ: G → S(X) un homomorphisme. L’application d’évalua-


tion g.x = ϕ(g)(x) définit une opération de G dans X. !

Définition 2.9. Orbite d’un point. Si G opère dans X l’orbite du point x0 est l’image de l’appli-
cation G → X g → g.x0.

Exemple 2.10. Le groupe des rotations autour d’un point O opère dans le plan. L’orbite d’un
point est le cercle centré en O passant en ce point.

Le groupe orthogonal opère dans E3 l’orbite d’un point est la sphère.

Proposition 2.11. La relation y ∼ x si y ∈ Ox est une relation d’équivalence. Les orbites sont les
classes d’équivalence.

Exemple 2.12. Les orbites de l’action du groupe des similitudes sur l’ensemble des triangles sont
les triangles semblables.

Les orbites d’un point sous l’action d’un groupe sont des objets très jolis, parce qu’ils sont très
symétriques.

Exemple 2.13. Si un groupe d’ordre 2 opère sur un ensemble dont le cardinal est impair, il y a
un point fixe.

2.1.3 Équivariance.
2.1 Groupes opérant dans un ensemble. 27

L’équivariance est l’une des propriétés les plus importantes de la nature. Tellement importante
que beaucoup de traité de théorie des groupes n’en parlent même pas tellement tout parait évident.
Commençons par quelques exemples venant de la géométrie.

Exemple 2.14. Considérons le groupe affine qui opère dans le plan. il opère aussi dans les paires
de points du plan (ou les triplet) et il conserve le milieu( le barycentre).

Proposition 2.15. L’application « milieu » est affine, équivariante : si g est une application affine
l’image par g du milieu de A et B est le milieu de g(A) et g(B).

Démonstration. En fait une application affine est une application qui conserve les barycentres,
donc en particulier les milieux. !

A titre d’application, démontrons un théorème facile de la géométrie élémentaire.

Proposition 2.16. Soit (a, b, c) un triangle du plan, a ′, b ′, c ′ les milieux des cotés opposés. Alors
les droites (a, a ′), (b, b ′)(c, c ′) sont concourantes.

Démonstration. L’homothétie de centre a et de rapport 2 transforme c ′ en b et b ′ en c. Il


transforme donc le milieu a ′′ de (b ′, c ′) en a ′ : l’intersection de [a, a ′] ∩[b ′, c ′] = a ′′

Soit G = (b, b ′)∩(c, c ′). On considère l’homothétie H de centre G et de rapport −1 / 2. Donc


H transforme b en b ′, c en c ′. Il transforme donc le milieu a ′ de b, c en le milieu a ′′ de b ′, c ′. Mais
a ′′ est le milieu de (a,a’) !

Des tas de démonstrations sont faites -sans sans rendre compte- en utilisant l’équivariance.

Exemple : toujours le groupe des similitudes qui opère dans le plan. Si g est une similitude, g ne
conserve pas les distances ni les aires, mais conserve le rapport des distances et le rapport des aires.

Plus précisément l’application ρ: G → R∗, × qui a une similitude associe la valeur absolue de son
rapport de similitude est un homomorphisme de groupes. Notons d la distance entre deux point
de l’espace, A(x, y, z) l’aire du triangle de sommets (x, y, z), V le volume du tétraèdre (x, y, z, t)

Proposition 2.17. Soient x, y, z, t quatre points de l’espace et g une similitude.

Alors d(g(x), g(y)) = ρ(g)d(x, y).


A(g(x), g(y), g(z)) = ρ2(g) A(x, y, z)
V (g(x), g(y), g(z), g(t)) = ρ3V (x, y, z, t)

Avec ces exemples dans la tête, on peut formuler l’idée d’équivariance.

Définition 2.18. Soit G, H deux groupe opérant respectivement sur deux ensembles X , Y, et ϕ:
G → H un homomorphisme une application : f : X → Y est dite équivariante si f (g.x) = ϕ(g)f (x)

Si H est le groupe trivial, une telle application est dite invariante.

Remarque 2.19. Etudier l’action d’un groupe dans un ensemble c’est étudier l’ensemble des
propriétés invariantes par l’action de ce groupe.

Exemple 2.20. Le groupe affine agit sur l’espace affine. Il opère aussi sur l’ensemble des coniques.
Il préserve leur type (parabole, hyperbole ou ellipse).
28 Groupe opérant dans un ensemble

La groupe euclidien opère sur l’ensemble des coniques. Il conserve leur type et leurs paramètres
(excentricité, longueur de grand axe, distance focale etc)

2.1.4 Terminologie : stabilisateur d’un point, classes de conjugaisons.


Si un groupe opère dans X et si x est un élément de X, on note Gx = {g / g.x = x}, l’ensemble des
éléments de G qui fixent x..

Proposition 2.21. L’ensemble Gx est un sous-groupe de G qu’on appelle le stabilisateur de x.

Exemple 2.22. Le groupe O(2) opère dans le plan. Le stabilisateur d’un point u = / 0 est constitué
de deux éléments l’identité, et la symétrie orthogonale par rapport à la droite Ru.

Deux points de la même orbite ont des stabilisateurs qui se ressemblent

Proposition 2.23. Gg.x est le sous-groupe gGxg −1 de Gx.


Autrement dit si h fixe le point x, ghg −1 fixe le point gx.

Exemple 2.24. Le groupe des rotations SO(3) opère sur la sphère S 2 ⊂ R3. Le stabilisateur
d’un vecteur u est exactement le sous-groupe des rotations autour de l’axe u. Deux rotations sont
conjuguées si et seulement si elle on même angle [0, π], un conjuguant et un élément qui transforme
l’axe de la première en celui de la seconde.

Rappel. Deux éléments g, g ′ d’un groupe G sont conjugués si il existe une élément h tel que
g ′ = hgh−1.

Si G est un groupe, nous avons vu que l’application G → Aut(G) qui a un élément g associé la
conjugaison par g est un homomorphisme de groupe. Comme Aut(G) est un sous-groupe de S(G)
on obtient ainsi une action de G sur lui même par conjugaison

Proposition 2.25. Les orbites de l’action de G sur lui même par conjugaison sont les classes de
conjugaison.

Démonstration. L’action est donnée par (g, h) → g hg −1 donc h ′ est dans l’orbite de h si et
seulement si h ′ et h sont conjugués. !

2.1.5 Classe à droite modulo un sous-groupe, théorème de Lagrange.

Soit G et H < G. On dit que deux éléments g1 g2 sont équivalents modulo H si g2 ∈ g1.H. C’est
une relation d’équivalence (exercice).

Définition 2.26. La classe à droite de g modulo H est la classe d’équivalence de g pour cette
relation. c’est l’ensemble des g ′ tels qu’il existe un h dans H pour lequel g ′ = gh. On la note souvent
g.H

Proposition 2.27. L’application fg: H → G définie par fg(h) = gh induit une bijection de H avec
la classe gH de g. Toutes les classes à droites modulo H sont donc en bijection avec H. S de plus
le groupe H est fini, elles ont donc le même nombre d’éléments.

Définition 2.28. L’ensemble quotient G/H est l’ensemble des classes à droites modulo H.
2.1 Groupes opérant dans un ensemble. 29

Si on choisi dans chaque classe un représentant θ: G/H → G, on obtient une bijection G/H ×
H → G définie θ(x).h. On a donc le célèbre théorème.

Théorème 2.29. Lagrange |G| = |H | × Card(G/H)

Démonstration. On écrit G comme réunion disjointe de ses classes modulo H. il y en a Card(G /


H) et celle ci ont toute même cardinal |H |. !

Corollaire 2.30. L’ordre de H divise l’ordre de G.

Corollaire 2.31. L’ordre d’un élément divise l’ordre du groupe

Théorème 2.32. Si p est premier tout groupe d’ordre p est cyclique, simple.

Démonstration. Si |G| = p est premier et si g ∈ G − (e) l’ordre de g divise p, et est donc égal à
p. Le groupe cyclique engendré par p est donc égal à G tout entier. !

2.1.6 Action transitive, espace homogène


Définition 2.33. Une opération d’un groupe G sur un ensemble X est dite transitive si X est
constitué d’une seule orbite. Dans ce cas on dit que X est un espace homogène sous l’action de G.

Exemples.

Le groupe orthogonal est transitif sur la sphère.


Le groupe affine est transitif sur les triangles non dégénérés.
Le groupe des symétries du cube est transitif sur les sommets du cube.
Le groupe linéaire est transitif sur les couples de vecteurs indépendants, sur les triplets, sur les
bases.

Proposition 2.34. La multiplication à gauche induit une opération transitive de G dans G / H.


Réciproquement si l’action de G sur X est transitive, si x0 ∈ X et H = Gx0 est son stabilisateur,
alors l’application d’orbite passe au quotient en une bijection G/Gx0 → X.

Démonstration. Par définition un élément de G/H est un sous ensemble de la forme gH : c’est
l’image par g de la classe de l’élément neutre.
On considère l’application d’orbite ϕ: G → X définie par ϕ(g) = gx0. Si g et g ′ sont dans la
même classe modulo Gx0 il existe un h dans H = Gx0 tel que g ′ = gh. Alors g ′x0 = g(hx0) = gx0.
Donc ϕ passe au quotient en une application de G / Gx0 vers X. Cette application est surjective car
ϕ l’est. Montrons qu’elle est injective : pour cela on remarque que si ϕ(g) = ϕ(g ′) alors gx 0 = g ′x0
donc g −1g ′ ∈ Gx0 et g, g ′ sont donc dans la même classe à droite modulo Gx0. !

Donc en fait le mystérieux quotient G /H n’est autre qu’un espace homogène sous l’action de
G dont le stabilisateur d’un point est H.

Exemple ⎛
2.35.

La sphère S 2 est le quotient de SO(3) par SO(2) : le sous groupe de SO(3) qui fixe
1 # $
le vecteur ⎜


0 ⎠ est le groupe des matrices de la forme 1 0
0 A
ou A est une matrice orthogonale
0
(2, 2) de déterminant 1.
30 Groupe opérant dans un ensemble

Un cas particulier important est le cas ou le stabilisateur d’un point est un sous groupe normal.

Théorème 2.36. Soit X un espace homogène de G. Les propriétés suivantes sont équivalentes.
i. Le stabilisateur d’un point ne dépend pas du point.
ii. Le stabilisateur d’un point est un sous-groupe normal.
iii. Il existe sur X une structure de groupe telle que l’application d’orbite G → X définie par
ϕ(g) = g × e soit un homomorphisme surjectif.

Démonstration. i ⇒ ii. Si H est le stabilisateur de gx0 est gHg −1. Donc si il ne dépend pas du
point on a gHg −1 = H pour tout g.
ii ⇒ iii. Soit N le stabilisateur de x0 sait qu’il existe sur G /N une structure de groupe faisant
de la projection un homomorphisme surjectif. L’application d’orbite passe au quotient en une
bijection G/N → X, équivariante, ce qui muni X d’une structure de groupe.
iii ⇒ i En effet ϕ(g) fixe l’élément neutre si et seulement si g ∈ ker(ϕ) et on sait que le noyau
est normal. !

Remarque 2.37. Dans ii ⇒ iii , la structure de groupe qu’on construit dépend du choix du point

base x0. Par exemple l’action par rotation d’angle k n de Z sur les sommets d’un polygone régulier
à n cotés est transitive, et le stabilisateur d’un sommet est normal (vu que Z est abélien). Mais
un polygone n’a pas a priori de sommet préféré.

2.1.7 Exemples : les actions transitives de Z.

Une action du groupe (Z, +) dans un ensemble X est juste la donnée d’une bijection σ de cet
ensemble. On pose alors n ∗ x = σ nx.

Une action de Z est transitivite si et seulement si pour tout x, il existe un n tel que σ nx0 = x.

Exemple 2.38. Le shift est la transformation Z → Z n → n + 1 Cette bijection défini une action
transitive de Z.

Proposition 2.39. Soit σ une bijection d’un ensemble X. On choisit un point x0 dans X, et l’on
note ϕ: Z → X ϕ(n) = σ nx0 l’application d’orbite. On suppose que l’action ainsi définie est transitive
e.
1. Si X est infini, l’application d’orbite Z → X est bijective.
2. Si X est fini de cardinal n alors le stabilisateur de x0 est nZ et ϕ passe au quotient en un
bijection Z/nZ → X.

C’est un cas particulier du théorème général G/Gx0 ≍ Orbite(x0)

Remarque 2.40. Dans un cas comme dans l’autre la bijection dépend du choix de x0 = ϕ(0).

2.1.8 Exemple : les 3 actions d’un groupe sur lui-même.


Soit G un groupe. G agit sur lui-même de trois façons
2.1 Groupes opérant dans un ensemble. 31

-Action à gauche g.x = gx


-Action à droite (g, x) = xg −1
-Conjugaison. (g, x) → gxg −1

C’est très utile de faire agir un groupe sur lui même par l’une de ces trois actions quand on ne
sait pas quoi faire d’autre.

Proposition 2.41. 1. L’action de G sur lui-même par translation à gauche est libre
et transitive.
2. Soit H < G un sous-groupe. Les orbites de l’action à droite de H sur G sont exactement les
classes à droites modulo H.
3. Le groupe H est normal si et seulement si les orbites de son action à droite sont les orbites
de son action à gauche.

Démonstration. 1. Si gx = x alors g = e.
2. g ′ ∈ gH ⇔ ∃h/ g ′ h−1 = g ⇔ g est dans l’arbitre de g ′.
3. Soit g ∈ G. Si sa classe a droite est égal à une classe à gauche il existe g ′ tel que gH = Hg ′−1.
ALors il existe un h ∈ H tel que gh = e.g ′−1 et g ′ = h−1g −1. Donc si la classe de g à gauche est
égale à une classe à droite il existe un h te que gH = Hgh, soit gHh−1 = Hg ou gHg −1 = H, et g
normalise H. Donc si toutes les classes à droite sont des classes à gauche le groupe H est normal.
La réciproque est évidente. !

L’action d’un groupe sur lui-même par conjugaison est très utile. Nous étudierons tout particu-
lièrement le cas du groupe symétrique et du groupe linéaire, mais donnons un peu de terminologie.

Définition 2.42. Si g ∈ G, le centralisateur de g est l’ensemble des x tels que gxg −1 = x : c’est
l’ensemble des points fixe de l’action de g sur G par conjugaison.

Proposition 2.43. Le centralisateur de g est le stabilisateur de g pour l’action de G sur lui même
par conjugaison. !

Définition 2.44. Le centre d’un groupe est l’ensemble des g tels que pour tout x de G gx = xg.

Proposition 2.45. Le centre est un sous groupe normal de G qui est l’intersection de tous les
centralisateur de G. Le groupe G est commutatif si et seulement si il est égal à son centre. !

2.1.9 Equation aux classes. Actions de groupe finis sur des ensembles
finis.
On écrit en même temps l’équation aux classes et sa démonstration.
! ! !
Théorème 2.46. |X | = orbites |O| = orbites |G/Gx| = |G| orbites |1/Gx|

Démonstration. La première égalité est juste de dire que les orbites forment une partition de G
car ce sont des classes d’équivalence. La seconde est la bijection entre l’orbite et l’espace homogène
G/Gx, la troisième, le théorème de Lagrange. !
!
Corollaire 2.47. (équations aux classes) |X | = orbites |G/Gx|

Une célèbre application est le théorème du point fixe pour les actions des p groupes.

Définition 2.48. Un p groupe est un groupe fini dont l’ordre est une puissance de p.

Proposition 2.49. Tout sous groupe d’un p groupe est un p groupe. Le cardinal d’un espace
homogène d’un p groupe est une puissance de p.
32 Groupe opérant dans un ensemble

" "
" G"
Démonstration. Lagrange nous dit que si H < G, alors |G| = |H | × " H " si |G| = pn alors les
deux entiers du membre de droite sont aussi des puissances de p. !

Théorème 2.50. (Du point fixe) Si un p-groupe fini opère dans un ensemble, on a |X G| = |X |(p).
En particulier, l’action d’un p groupe sur un ensemble de cardinal non divisible par p a des
points fixes.

Démonstration. On réduit modulo p l’équation aux classes : si x n’est pas fixe sont orbite a un
cardinal divisible par p, d’ou le résultat. !

Exemple 2.51. si le groupe Z / 2Z opère sur un ensemble de cardinal impair, il a au moins un


points fixe.

Corollaire 2.52. Le centre d’un p-groupe fini est non trivial.

Démonstration. Le groupe opère par lui-même par conjugaison. Donc comme il y a un point
fixe e, il y en a au moins p. !

Théorème 2.53. Tout groupe d’ordre p2 est commutatif.

Démonstration. Soit G un groupe d’ordre p2. On va supposer que G n’est pas cyclique, donc
il ne contient pas d’élément d’ordre p2 et tout élément = / e est d’ordre p. On suppose aussi qu’il
n’est pas commutatif. Soit Z le centre, et g ∈ / Z, alors g est d’ordre exactement p et engendre un
groupe cyclique 1, g, ...g p−1 = C. Tous les éléments de C commutent à Z et -sauf e- aucun n’est
dans Z, car ils engendrent tous C. Donc l’application produit C × Z → G est bijective. C’est un
isomorphisme pour des raisons de cardinal, et en fait G est commutatif. !

On verra plus tard les théorèmes de Sylow qui vont plus loin sur ce sujet.

2.2 Le groupe symétrique.


Si X est un ensemble fini, on rappelle que S(X)est le groupe des permutations de X . Si X = {1, ...,
n} on le note Sn.

Avertissement 2.54. La permutation σ ◦ τ consiste à faire d’abord τ ensuite σ.


# $
Notation 2.55. Etant donnée une permutation σ, on note σ = 1 2 . . . n
σ(1) σ(2) . . . σ(n)

# $
n−2
Du coup, on peut aussi noter σ = 2 7 . . .
σ(1) σ(7) . . . σ(n − 2)
à condition que sur la première
ligne, on voit apparaitre chaque indice une fois et une seule.

Dans cette notation, 1,...n, sont des chiffres, (des symboles) pas des nombres. Autrement dit,
on pourrait les remplacer par des noms de fleurs, des lettres de l’alphabet et cela n’aurait pas
d’importance. Le seul nombre dans cette histoire c’est l’entier n qui est le cardinal de l’ensemble
considéré.

2.2.1 L’action de Sn sur {1, ...., n}.


Cette action est transitive. En effet si i ∈ {1, ...., n} la bijection 1 → ii → 1 et j → j si j =
/ 1, i montre
que tous les points sont dans l’orbite de 1.
2.2 Le groupe symétrique. 33

Notons que le stabilisateur de {n} s’identifie à Sn−1. En appliquant le théorème de Lagrange,


on obtient |Sn| = n|Sn−1|, et par récurrence

Proposition 2.56. |Sn| = n!

Au lieu de faire agir Sn sur l’ensemble {1, ...., n}, on peut le faire agir sur l’ensemble des
k − uplets d’éléments distincts de cet ensemble. L’action est transitive, et en utilisant le théorème
de Lagrange, nous voyons
n!
Proposition 2.57. Le nombre de k-uplets de {1, ...., n} est (n − k)!

On peut aussi faire agir sur l’ensemble des sous ensembles à k éléments distincts de cet ensemble.
L’action est transitive, et en utilisant Lagrange, nous voyons

n!
Proposition 2.58. Le nombre de sous-ensembles à k éléments de {1, ...., n} est k!(n − k)!

2.2.2 Cycles.
Si σ est une permutation, nous allons nous intéresser au sous-groupe qu’elle engendre : c’est donc
un groupe cyclique.

Pour étudier cette permutation, on décompose l’ensemble {1, ..., n} en sous ensembles disjoints,
les orbites sous l’action de σ.

Définition 2.59. Un cycle de longueur k est une permutation qui a une orbite ayant k élément,
et qui fixe tous les autres points.

Autrement dit si σ est un cycle de longueur k, il existe un n-uplet i1...ik de {1, ..., n} tel que
σ(ij ) = ij +1 si j =
/ k et σ(ik) = i1.
# $
1 2 . . n−1 n
Exemple : 2 3 . . n 1
que l’on dessine.

2 3
−→
↗ ↘
1 4
↑ ↓
n-1 5
↖ ↙

# $
1 2 . . n−1 n
n-cycle 2 3 . . n 1
34 Groupe opérant dans un ensemble

Notation 2.60. Pour désigner le cycle σ(ij ) = ij +1 si j = / k et σ(ik) = i1 , on #


note sur une seule$
ligne (i1, i2, ..., ik). il est entendu que les autres indices ne bougent pas. Ainsi, 12 23 .. .. n −
n
1 n
1
se note plutôt (1, 2, ...., n). Attention il y a k façons de décrire un cycle d’ordre k.

Définition 2.61. Une transposition est un cycle de longueur 2. On la note (i, j) = (j , i)

Proposition 2.62. Le conjugué du cycle (1, ...., k) par σ est le cycle (σ(1), σ(2), ..., σ(k)). C’est
un cycle de même longueur. Réciproquement deux cycles de même longueur sont conjugués.

Démonstration. Il vaut mieux un joli dessin qu’un mauvais calcul.

2 3 σ(2) σ(3)
−→ −→
σ(1) ↗ ↘
↗ ↘ σ(4)
1 4 σ
↓ −→ ↑ ↓

←− σ(5)
k−1 5 σ −1
↖ ↖ ↙

# $
1 2 . . k −1 k
n-cycle 2 3 . . k 1

On voit que si on prend un point a droite, qu’on lui applique σ −1, puis le cycle
de gauche puis σ −1 on a le second cycle : σCσ −1 = C ′

Proposition 2.63. L’ordre d’un cycle de longueur k est k.

Démonstration. Grâce à ce qui précède, il suffit de le démontrer pour (1, ...., k). Notons que
σ(i) = i + 1 (k) donc σ m(i) = i + m(k) et σ m = Id ⇔m = 0(k) On peut aussi appliquer ce qui a été
vu sur les espaces homogène de Z !

Lemme 2.64. Tout cycle est produit de transposition.

Démonstration. En effet on calcule facilement : (1, 2, ...k) = (1, 2)(2, 3)(3, 4)....(k − 1, k)
Donc par conjugaison (σ(1), σ(2), ..., σ(k))=((σ(1), σ(2))(s(2), σ(3)).....(σ(k − 1), σ(k))
!

Exemple 2.65. L’action +1 de Z sur Z/nZ est un cycle. La rotation d’angle 2π /n agissant sur
un n − gone régulier est un cycle de longueur n.

2.2.3 Décomposition en produit de cycle.


Définition 2.66. Le support d’une permutation σ est l’ensemble des i tels que σ(i) =
/ i.

Lemme 2.67. Pour que deux permutations commutent il suffit que leurs supports soient disjoints.
2.2 Le groupe symétrique. 35

Démonstration. Si le support de σ et σ ′ sont disjoints, on peut écrire comme réunion disjointe


de deux sous ensembles X = Y ⊔ Y ′ tel que la restriction de σ à Y ′ soit l’identité ainsi que celle de
σ ′ à Y . Les restrictions à Y et Y’ de ces deux permutations commutent, donc elles commutent. !

Soit σ une permutation.


On décompose X = {1, ...n} en orbites sous l’action du groupe cyclique engendré par σ,
X = X1 ∪ X2 ∪ ... ∪ Xl. L’ensemble Xi est donc fini avec ni éléments, et la restriction de σ à ce
sous ensemble engendre une action transitive.

La restriction de σ à Xi est donc un cycle d’ordre ni, que nous noterons ci. Nous avons donc
démontré.

Proposition 2.68. Avec ces notations, σ = c1.....cl est un produit de cycles de supports disjoints
!.

Notre démonstration est effective. On va décomposer l’ensemble X sous l’action du groupe


(cyclique) engendré par σ.

Pour construire cette décomposition, nous pouvons partir d’un point au hasard disons a,
regarder son orbite sous l’action du groupe engendré par σ: σ(a), σ2(a), ....σ m−1(a). La restriction
à cette orbite est manifestement un cycle d’ordre m. Puis on prend un second point b en dehors de
l’orbite de a et on recommence, jusqu’à avoir un point dans chacune des orbites. Dans la pratique
on fait un dessin de la permutation :

σ(a) σ 2(a) σ(b)


−→ b c
a ↗ ↘ ↗ ↘ σ 2(b)
↑↓
↑ ↑ ↓
σ m−1(a) ↓
s(c)
↖ ↙
orbite de b orbite de c
orbite de a

Corollaire 2.69. ck = c1k....clk

Corollaire 2.70. L’ordre de σ est le ppcm des ordres des ci.

Corollaire 2.71. Le groupe symétrique est engendré par les transpositions. En fait toute permu-
tation est produit d’au plus n-1 transpositions.

Démonstration. Tout cycle de longueur k est un produit de k − 1 transpositions. !

On aurait pu donner une autre démonstration de ce résultat important, par récurrence sur le
cardinal de X.
36 Groupe opérant dans un ensemble

Démonstration. Si le cardinal de X est 1 il n’y a rien à démontrer. Sinon, on suppose que


X = {1, ....n}. Soit σ ∈ S(X). Si σ(n) = n l’hypothèse de récurrence montre
#
que σ$est le produit d’au
plus (n − 2) transpositions de {1, ...n − 1}. Sinon, composons σ par τ = σ(n)n
. Alors τσ(n) = n.
Donc τσ est le produit d’au plus n − 3 transpositions, ce qui montre que σ = τ (τσ) est produit d’au
plus n − 1 transpositions. !

2.2.4 La signature.
La signature d’une permutation est un des miracles de la nature (celui qui fait qu’il y a une gauche
et une droite).

Théorème 2.72. Il existe un homomorphisme surjectif ε: Sn → {±1}. Celui-ci est unique.


Il est caractérisé par ε(τ ) = −1 pour toute transposition. Si σ est un cycle d’ordre k, ε(σ) =
(−1)k −1

Démonstration.
Nous allons d’abord démontrer l’unicité. Notons que deux transpositions sont toujours conju-
guées, donc ont la même image dans {±1}. Comme les transpositions engendrent Sn, si pour l’une
ε(τ ) = 1 alors ε ≡ 1.

Pour montrer l’existence, on considère la fonction f : Rn − ∆ → R où f (x) = Πi< j (xi − xj )


Si σ est une permutation, on pose lσ: Rn → Rn lσ(x1, ...., xn) = (xσ −1(1), ....xσ −1(n))

Lemme 2.73. lσ × lσ ′ = lσ◦s ′.

f ◦ lσ
Proposition 2.74. l’application ε(σ) = f
est un homomorphisme de groupes Sn → {±1}

Notons que f ◦ lσ = ±f et que f ◦ l(n−1,n) = −f . Il en résulte que ε(τ ) = −1, et ε est


l’homomorphisme souhaité. !

Exemple 2.75. Si c est un k cycle, ε(c) = (−1)k −1 .

Proposition 2.76. On sait que toute permutation s’écrit (d’une unique façon) comme produit de
cycles (disjoints). La signature est alors le nombre de cycles pair. !

2.2.5 Le groupe alterné.


Définition 2.77. Le groupe alterné, noté An est le sous groupe normal du groupe symétrique qui
est le noyau de la signature.
n!
Proposition 2.78. On a |An| = 2

Démonstration. Comme la signature d’une transposition est −1, l’homomorphisme ε est surjectif
et la formule de Lagrange donne le résultat. !

Proposition 2.79. Si n " 4, le groupe alterné est engendré par les 3-cycles

Démonstration.
a) (12)(23) = (123)
2.2 Le groupe symétrique. 37

b) (12)(34) = (123)(234)

Proposition 2.80. Si n " 5 les 3-cycles sont conjugués dans An.

Démonstration. Soient σ, σ ′ deux 3 − cycles. On sait qu’il sont conjugués dans Sn, ainsi on peut
trouver α tel que ασα−1 = σ ′. Si α est dans An, on a terminé, sinon comme n " 5 il existe une
transposition τ qui commute à σ. Alors (ατ ) conjugue σ et σ ′. !

Une autre façon d’exprimer ce résultat est de dire.

Théorème 2.81. Si n " 5 le groupe A5 est 3-fois transitif sur {1, ..., n} c’est à dire que pour
tout couple triplet (a, b, c) , (a ′, b ′, c ′) de {1, ..., n} il existe une permutation alternée σ telle que
σ(a, b, c)σ −1 = (a ′, b ′, c ′).

Démonstration. En effet σ(a, b, c)σ −1 = (σ(a), σ(b), σ(c)) !

On fini ce chapitre par un résultat plus difficile.

Théorème 2.82. Si n " 5 le groupe An est simple, c’est à dire qu’il n’a pas de sous groupe normal
propre.

Démonstration. Soit N ▹ An un sous groupe normal non réduit à 1. On sait que les 3-cycles
engendrent An et que ceux ci sont conjugués dans An. Pour vérifier que N = An il suffit donc de
vérifier que N contient un 3 cycle : en effet, si il en contient un, il les contient tous car N est normal.

Première étape. On va vérifier que le résultat est vrai pour n = 5, en étudiant l’action de A5
sur lui même par conjugaison.

On regarde d’abord les classes de conjugaison


# $
dans S5 des éléments de A5 (qui a 60 éléments) :
il a les 3 cycles qui sont au nombre de 2 2 = 20, les 5 cycles qui sont au nombre de 4! = 24, les
5

produits de deux transpositions de supports disjoints qui sont au nombre de 5 × 3 = 15, et l’identité.

Lemme 2.83. Les produits de deux transpositions sont conjuguées dans A5.

Démonstration. Si (a, b)(c, d)e et (a ′, b ′)(c ′, d ′)e ′ sont deux produits de deux transposition, notons
que comme A5 est 3-transitif on peut trouver σ dans A5 telle que σ(a) = a ′; σ(b) = b ′, σ(e) = e ′.
Alors σ({c, d}) = {c ′, d ′} et donc σ conjugue la première et la seconde permutation.
!

Lemme 2.84. Il y a une seule classe de conjugaison de 5-cycles dans A5.

Démonstration. Soit π = (a, b, c, d, e, f) un 5 cycle. Si σ ∈ A5 satisfait σ(a) = 1, σ(b) = 2, σ(c) = 3,


alors σ({e, f }) = {4, 5} donc σπσ −1 = (1, 2, 3, 4, 5) = α ou bien (1, 2, 3, 5, 4) = β. Soit τ = (2, 3, 5, 4, 1)
alors τατ −1 = (2, 3, 5, 4, 1) = β, donc il n’y a qu’une classe de conjugaison !

Soit donc N un sous groupe normal. Si il contient un 3-cycle, il les contient tous et donc c’est
A5 vu que les 3-cycles engendrent A5. Supposons donc qu’il ne contiennent pas de 3-cycles.

Comme les produits de deux transpositions ou les 5-cycles sont conjugués, il les contient alors
tous. Comme N est un sous groupe, sont ordre divise 60. Mais ni 15 + 1 ni 24 + 1 ne divisent 60.
Donc il contient nécessairement des éléments de deux types différents et même il les contient tous.
Si on y ajoute l’identité il y en a 24+15+1=40, qui ne divise toujours pas 60. Donc il contient un
3 cycle et c’est tout A5.
38 Groupe opérant dans un ensemble

Deuxième étape. Un fois qu’on sait que A5 est simple, on considère un sous groupe normal
N et un élément σ ∈ N qui n’est pas l’identité. Quitte a conjuguer (ou à renuméroter), on peut
supposer que σ(1) = 2 . On peut supposer que σ(2) = / 3 (disons que c’est soit 1, soit 4) et on considère
τ = (1, 3, 2), τ −1 = (1, 2, 3). On calcule ρ = τστ −1σ −1 = (132)(σ(1)σ(2)σ(3)). Notons que 2 n’est
pas un point fixe de ρ. En effet ρ(2) = ρ(σ(1)) = τστ −1(1) = τσ(2) = / 2 car τ −1(2) = 3 = / σ(2).

Par ailleurs l’ensemble (1, 2, 3, σ(1), σ(2), σ(3)) a au plus 5 éléments vu que σ(1) = 2. Ainsi ρ
est une permutation paire d’un sous ensemble de 5 éléments non triviale. Comme le groupe A5
est simple, il existe un cycle de longueur 3 dans le sous groupe normal qu’elle engendre. Comme
tous les 3-cycles sont conjugués dans An le sous groupe normal contenant σ contient toutes les 3-
cycles, et comme ceux ci engendre An, le groupe An est simple. !

2.3 Exercices du chapitre 2

2.3.1 Groupe opérant


Exercice 2.1. Le groupe affine, le groupe des similitudes, le groupe des isométries du plan.

Ces trois groupes opèrent dans le plan affine (euclidien). Donc dans l’ensemble des droites, des triangles (non
dégénérés) et des coniques. Décrire dans chaque cas, les orbites, l’ensemble des orbites.

Trouver des exemples de fonctions invariantes ou équivariantes (angles , aires, distances, orthocentre, centre
de gravité, centre du cercle inscrit etc) de l’action de ces groupes dans l’ensemble des triangles.

Exercice 2.2. Soit X un ensemble sur lequel un groupe fini G opère et f : X → R une fonction. Montrer que
1 %
la fonction g(x) = |G| f (gx) est invariante par G.

Exercice 2.3. Espace métrique. Soit X , d un espace métrique et F un sous groupe fini du groupe des homéo-
morphismes de X. Trouver une distance équivalente topologiquement à d pour laquelle F agit par isométries.
Exercice 2.4. On fait opérer GL(2, Z/2Z) sur (Z/2Z)2 quelles sont les orbites ? En déduire un isomorphisme
GL(2, Z/2Z) avec le groupe S3 des permutations d’un ensemble à trois éléments.
Exercice 2.5. Combien y a t il de partitions d’un ensemble à 4 éléments en deux sous-ensembles à 2 éléments.
En déduire un homomorphisme S4 → S3 ; quel est son noyau ?
Exercice 2.6. Le groupe GLn(K), si K est un corps fini.
Soit K un corps. On fait agir GLn(K) (les matrices (n, n)) sur l’espace Kn des vecteurs colonnes. Montrer
que cette action a deux orbites. ⎛ ⎞
1
⎜ ⎟
⎜ 0 ⎟
⎜ ⎟
Quel est le stabilisateur du vecteur ⎜

⎟.

Montrer que celui ci se surjecte sur GLn−1(K), et que le noyau
⎝ ⎠
0
de la surjection est isomorphe à Kn−1.
En déduire que si K est un corps fini a q éléments, |GLn(K)| = (q n − 1)q n−1|GLn−1(K)|
Quel est le cardinal de |GLn(K)| ?
On suppose que K = Fp le corps à p éléments. Soit B ⊂ GLn(K) le sous groupe des matrices triangulaires
avec des 1 sur la diagonale. Quel est le cardinal de B?
Montrer que le cardinal de GLn(Fp)/B est congru à (−1)n modulo p
Soit G < |GLn(Fp)| un p − groupe . En faisant agir G sur GLn(Fp)/B, démontrer que G est conjugué à un
sous-groupe de B.
n(n −1)
Quels sont tous les sous-groupes de GLn(Fp) de cardinal p 2

Exercice 2.7. Le groupe des symétries du cube.


On considère un cube, par exemple le cube formé de l’enveloppe convexe des points de R3 (±1, ±1. ± 1).
On veut étudier le sous-groupe G de O(3) qui conserve ce cube.
Etant donné deux sommets voisins, A*,B montrer qu’il existe un élément de G transformant A en B.
En déduire que G est transitif sur les sommets et que le cardinal de G est divisible par 8.
2.3 Exercices du chapitre 2 39

Etant donné deux arêtes voisines, U,V montrer qu’il existe un élément de G transformant U en V .En déduire
que g est transitif sur les arêtes. Et même sur les arêtes orientées. En déduire que le cardinal de G est multiple
de 24.
Montrer que le stabilisateur d’une arête orientée est la réflexion par rapport au plan Oσ, et en déduire que
G a 48 éléments.
Montrer que le centre de G est Z(G) = {±id}, et que G s’identifie au produit G+ × {±Id}
Montrer que G+ = G ∩ SO(3) a 24 éléments.
On considère les 4 grandes diagonales du cube. Montrer que G+ opère transitivement sur cet ensemble, et
en déduire un isomorphisme G+ → S4
On considère les 3 plans verticaux parallèles aux faces et passant à l’origine. Montrer que G opère transiti-
vement sur Π et en déduire un homomorphisme surjectif G+ → S3 dont le noyau a 4 éléments. Quels-sont ils ?
Exercice 2.8. Formes quadratiques et théorème de Sylvester.

Soit E un espace vectoriel de dimension finie sur R. On rappelle que l’application q: E → R est une forme
quadratique si il existe une forme bilinéaire symétrique b: E × E → R telle que q(x) = b(x, x). On note Q(E)
l’ensemble des formes quadratiques sur E.

Montrer que l’application de Gl(E) × Q(E) → Q(E) définie par g ∗(q) = q ◦ g −1 définit une action de groupe.

Rappeler le théorème de Sylvester sur la classification des formes quadratiques.

Quelles sont les orbites de l’action de GL(E) sur Q.


Exercice 2.9. Sous groupe finis du groupe affine.
Le corps de base est R.
Soit A un espace affine E l’espace vectoriel sous jacent, G(A) le groupe affine, Gl(E) le groupe linéaire.
On fait opérer G(A) sur A. Démontrer que l’action est transitive. Quel est le stabilisateur d’un point O ?
1
Soit F un sous groupe fini du groupe affine G(A). Démontrer que si P ∈ A le barycentre O = |F | Σ f (P ) est
fixe par F .
En déduire que F est conjugué à un sous groupe du groupe linéaire.
On fait opérer le groupe linéaire GL(E) sur l’ensemble des formes quadratiques définies positives. Montrer
que le stabilisateur de q0 est le groupe orthogonal O(q0).
Si q est une forme quadratique définie positive, démontrer que Σ f ∈F q ◦ f est une forme quadratique définie
positive et invariante.
En déduire que si F est un sous groupe fini de GLn(R), alors F est conjugué à un sous-groupe du groupe
orthogonal.
Montrer que le sous-groupe de F qui conserve l’orientation est normal et d’indice 1 ou 2.
Montrer qu’un sous groupe fini de Aff(2) est soit un groupe cyclique soit un groupe diédral, et qu’il est
conjugué dans le groupe affine au groupes des rotations d’angles multiple de 2π /n ou au groupe engendré par
les symétries orthogonales autour de deux droites faisant un angle 2π /n.

Exercice 2.10. Un groupe fini d’ordre 156 agit sur un ensemble X . Le stabilisateur d’un point est d’ordre 12 ;
quel est le cardinal de son orbite.
Un groupe d’ordre 143 opère dans un ensemble de cardinal 108 ; montrer qu’il y a un point fixe.
Un groupe d’ordre 35 opère sans points fixes dans un ensemble de 19 éléments. Combien y a t il d’orbites ?

Exercice 2.11. On fait opérer un groupe sur lui même par conjugaison.
Montrer que si g est un élément d’ordre n l’ordre de son stabilisateur est un multiple de n. On l’appelle le
centralisateur de G
On suppose que G a exactement deux classes de conjugaisons. Montrer que G est isomorphe à Z/2Z

Exercice 2.12. Théorème de Cauchy. Soit G un groupe fini et p un nombre premier ui divise l’ordre de G.
On considère X ⊂ Gp le sous ensemble formé des p uplets g1, ...gp tels que g1....gp = e.
Quel est le cardinal de X.
En faisant opérer Z / pZ sur X par permutation cyclique, montrer que le nombre d’éléments d’ordre p est
divisble par p et qu’en particulier G admet un élément d’ordre p.
Exercice 2.13. Soit G un groupe d’ordre 2p, où p est un nombre premier. On suppose que G n’est pas
commutatif
Montrer que G admet un élément d’ordre p. (on pourra utiliser le fait qu’un groupe dont tous les éléments
sont d’ordre 2 est commutatif, isomorphe à Z/2Zn).
a. Si g un élément d’ordre p. Montrer que le sous-groupe C engendré par g est d’indice 2, et que c’est un
groupe cyclique, et qu’il est normal. On rappellera comment démontrer que tout sous-groupe d’indice 2 est
normal.
Soit σ ∈ G − C. On considère l’automorphisme S: C → C défini par S(g) = σgσ −1
40 Groupe opérant dans un ensemble

b. Montrer que S = / e (utiliser le fait que G n’est pas commutatif)


c. Soit g =
/ e un générateur de C, et k un entier tel que S(g) = g k. Montrer que k2 = 1(p) et en déduire que
S(g) = g −1.
d. Montrer que G est isomorphe au groupe diédral d’ordre 2p.
e. Quels sont tous (à isomorphisme près) les groupes d’ordre 2p.

2.3.2 Groupe symétrique.

Exercice 2.14. Dessiner les permutations puis les décomposer en cycles disjoints
# $
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
1. a = 5 8 2 7 9 6 10 3 1 4
;
# $
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
2. b = 3 5 4 1 7 10 2 6 9 8
;

3. c = (1, 2, 3, 4, 5)(1, 5, 9)(2, 4, 9);


4. d = (1, 8, 6, 7)(8, 6, 7, 5)(6, 7, 5, 1);
5. f = (1, 2)(2, 3)(3, 4)(4, 5)(5, 6)(6, 7)(7, 1);
6. h = (1, 8)(1, 7)(1, 6)(1, 5)(1, 4)(1, 3)(1, 2).
Pour chacune de ces permutations, on déterminera l’ordre, la signature et on calculera σ 15 et σ 2018 .
Exercice 2.15. Combinatoire
1. On fait opérer le groupe symétrique Sn des bijections de l’ensemble En = !1, ...n" sur En
Quel est le stabilisateur de {n}. En déduire Card(Sn) = n!
2. On fait opérer Sn sur P(En) (ensemble des parties de n). On note Pk(En) l’ensemble des parties à k
éléments. Montrer que les orbites de l’action
# $ sont exactement les Pk(E).
n! n
En déduire# card(P
$ k) = k!(n − k)! = k
puis
n n
2n = Σk=0 k
3. Une partition de En est une décomposition E = ∪ki=1Ei en sous ensembles disjoints.
Si p1 + ... + pk = n et 1 # p1 # p2... # pk on considère la partition E1 = {1, ..., p1} E2 = {p1 + 1, ...p1 + p2}, ...Ek =
{p1 + ...pk−1 + 1, n}.
Quelles sont les orbites de l’action de Sn sur l’ensemble des partitions. En déduire que le nombre de partitions
n!
de l’ensemble En en k sous-parties ayant p1, ..., pk éléments est p !...p !
1 k
4. Soit A un ensemble à k éléments et B un ensemble à n ! k éléments. On fait agir le groupe S(A) × S(B) sur
l’ensemble des applications de A dans B.
Démontrer que l’ensemble des injections de A dans B se réduit à une seule orbite, et calculer son cardinal.

Exercice 2.16. Soit S7 le groupe des permutations de l’ensemble {1, 2, 3, 4, 5, 6, 7}. On considère les
permutations suivantes:
σ1 = (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7), σ2 = (1, 3, 2, 6, 4, 5).

1. On pose H1 = ⟨σ1⟩ et H2 = ⟨σ2⟩. Calculer |H1| et |H2|.


2. Déterminer H1 ∩ H2.
3. Calculer σ2−1, σ2−1 σ1 σ2 et σ15.
4. Soit G = ⟨σ1, σ2⟩. Montrer que H1 est un sous-groupe distingué de G.
5. Montrer que tout élément g ∈ G s’écrit de manière unique sous la forme g = h2 h1 avec h1 ∈ H1 et h2 ∈ H2.
6. Calculer |G|.
Exercice 2.17. L’opération qui consiste à couper un jeu de n cartes (par exemple 52) à la k − ième est un
cycle de longueur n si et seulement si le pgcd de k et n est égal à 1.
Exercice 2.18. Montrer que le groupe Sn est engendré par
1. les transpositions (1, i), pour 2 ≤ i ≤ n (indication: pour i et j tels que 2 ≤ i < j ≤ n, calculer (1, i)(1,
j)(1, i));
2. la transposition (1, 2) et le cycle (2, 3, ..., n);
3. les transpositions (i, i + 1) pour 1 ≤ i < n;
4. la transposition (1, 2) et le cycle (1, 2, ..., n).
Exercice 2.19. Dans S4
1. Trouver les permutations σ telles que σ 2 = (1, 2)(3, 4).
2.3 Exercices du chapitre 2 41

2. Soit n ≥ 2. Existe-t-il un σ dans Sn tel que σ 2 = (1, 2) ?


3. Même question pour n ≥ 6 et σ 2 = (1, 2)(3, 4, 5, 6).
Exercice 2.20. Dans le groupe S8, établir la liste des classes de conjugaison et de leurs ordre.
Montrer qu’il n’existe pas dans S8 de sous-groupe cyclique d’ordre 9, de sous-groupe cyclique d’ordre 14.
Montrer qu’à conjugaison près S8 ne contient qu’un seul sous-groupe d’ordre 7
Montrer que S8 contient un sous-groupe d’ordre 14, isomorphe au groupe diédral D14, et que celui ci est
unique à conjugaison près.

Exercice 2.21. Les cycles c = (123) et c ′ = (132) ne sont pas conjugués dans A4. Indication raisonner par
l’absurde et noter que si σ conjugue c et c ′ alors σ(4) = 4.
Exercice 2.22. Quelle est la signature d’une permutation d’ordre 12, resp. 14, resp. 15, dans S10
Exercice 2.23. Soit (A, +) un groupe abélien et ϕ: Sn → A un homomorphisme. Montrer que les propositions
suivantes sont équivalentes.
i. Il existe une transposition τ telle que ϕ(τ ) =
/0
ii. Pour toute transposition τ ϕ(τ ) =
/0
iii. L’image de ϕ est un groupe isomorphe à Z/2Z et ϕ est (conjugué à) la signature.
Exercice 2.24. Démontrer que groupe alterné An est le sous groupe de Sn engendré par les commutateurs c’est
à dire les élément de la forme aba −1b −1. Indication écrire le cycle (1, 2, 3) comme produit de deux transpositions
de S3, puis comme commutateur.
Chapitre 3
Groupe abéliens de type fini.

3.1 Groupe abéliens de type fini.

Dans ce chapitre nous allons étudier les groupes abéliens (commutatifs).

Parfois, nous allons noter l’opération de groupe par un + au lieu du traditionnel . ; ainsi nous
le ferons systématiquement pour le groupe Zn, les groupes Z / nZ, les sous-groupes des groupes
additifs d’un espace vectoriel etc. Mais dans certains cas, on garde la notation multiplicative,
par exemple pour le groupe Un des racines n-ièmes de l’unité, ou pour le groupe K∗ des éléments
inversibles d’un corps K.

Définition 3.1. Un groupe abélien est dit de type fini si il est engendré par un nombre fini
d’éléments.

Le but de ce paragraphe est d’étudier les groupes abéliens de type fini, les groupes de types
infinis étant trop compliqués pour l’instant.

Exemple 3.2. Si M ⊂ Q est un sous-ensemble on note Z[M ] < Q le plus petit sous anneau de Q
contenant 1 et M . Les groupes Z[1 / p] pour p premier sont tous deux a deux non isomorphes. Plus
généralement si M est un sous ensemble (fini ou infini) de l’ensemble des nombres premiers Z[1 / M ]
est un groupe qui détérmine M : on voit ainsi que (Q, +) contient une famille non dénombrable
de groupes abéliens deux à deux non isomorphes.

3.1.1 Sous-groupes et quotients des groupes cycliques.


Un groupe cyclique est, rappelons-le, un groupe engendré par un élément. Des fois cet élément
est connu, des fois pas. Même pour le groupe (Z, +), il y a deux choix possible. Si le groupe en
question n’a pas de générateur préféré, et si il a n éléments, autant le noter Cn. Il peut très bien
être égal au groupe des racines n − ièmes de l’unité Un, ou à Z/nZ, ou un un groupe qui apparait
dans un autre contexte, mais le nombre d’éléments détermine son type d’isomorphisme.

Rappelons que si H < G est un sous-groupe, l’indice de H est le cardinal de l’ensemble G/H
des classes à droites modulo H

Théorème 3.3. Soit Cn un groupe cyclique d’ordre n.


1. Si d divise n, Cn contient un unique sous groupe d’ordre d : l’ensemble des g tels que gd = 1.
C’est un groupe cyclique d’ordre d.
2. Tout sous groupe de Cn est cyclique.

43
44 Groupe abéliens de type fini.

Démonstration. Notons que 2 résulte de 1 qu’on démontre par deux méthodes très différentes.

Argument 1. Pour cela, on pense à Cn comme au groupe Un des racines n − ièmes de l’unité.
Le sous ensemble Ud des racines d − ièmes est un sous-groupe d’ordre d. Pour démontrer qu’il est le
seul, rappelons que le théorème de Lagrange dit que tout sous groupe d’ordre d est contenu dedans.

Argument 2. Oon pense à Cn comme à Z / nZ. On utilise le fait que tout sous groupe de Z
est de la forme kZ. Si H < Cn est un sous groupe son image réciproque est donc de la forme
kZ, où n|k, car kZ > nZ. Le groupe H est donc cyclique, comme quotient de nZ, et c’est en fait
n
kZ/nZ ≃ Z/dZ pour d = k . !

Théorème 3.4. Soit Cn un groupe cyclique.


1. Tout quotient de Cn est un groupe cyclique d’ordre divisant n.
2. Si d/n, le groupe Cn admet un unique quotient de cardinal d et isomorphe à Cd. On peut
le réaliser comme l’image de ϕ: Cn → Cn définie par ϕ(x) = xn/d.

Démonstration. Le 1. est plus ou moins évident car un groupe cyclique est un groupe fini
engendré par un seul élément. Pour réaliser concrètement ce quotient, on peut considérer l’homo-
morphisme, ϕ: G → G défini par ϕ(x) = xn/d. Comme son noyau est d’ordre n/d son image est un
groupe cyclique d’ordre d ; cela démontre 2.
!

Avertissement 3.5. Attention, l’homomorphisme ϕ de la démonstration n’induit pas du tout


l’identité sur l’image. Par exemple si on pense à C4 comme étant le groupe U4 des racines 4-ièmes
de l’unité ϕ(1) = ϕ(−1) = 1, ϕ(i) = ϕ(−i) = −1.

3.1.2 Le lemme chinois.


Le résultat suivant est connu sous le nom de « Lemme Chinois ».

Théorème 3.6. Soient a, b deux nombres premiers entre eux. Alors tout groupe cyclique d’ordre
ab est isomorphe à un produit de groupe cyclique d’ordre a et d’un groupe cyclique d’ordre b.

Démonstration. On en donne deux.

1. On sait que l’image de l’homomorphisme ϕ : Cab → Cab (resp. Ψ) défini par ϕ(x) = xb
(resp. ψ(x) = xa ) est un groupe cyclique d’ordre a (resp. b). On en déduit donc que l’image de
l’homomorphsime Φ = (ϕ, ψ) est un sous-groupe de Ca × Cb. Montrons que Φ est injectif. En effet
d’après le théorème de Bézout il existe deux nombres u, v tels que au + bv = 1 donc si xa = xb = e,
x = xau+bv = (xa)u(xb)v = e. Ainsi Φ est injective, donc bijective pour des raisons de cardinal.

2. On sait que l’ensemble Ca = {x/xa = 1} (resp, Cb = {x/xb = 1) est un sous-groupe cyclique


d’ordre a (resp. b) de Cab. Grâce au théorème de Bézout, on voit que l’intersection de ces deux
sous-groupes est réduite à 1. Donc l’application produit réalise un isomorphisme Ca × Cb → C. !

Deux autres démonstrations. La première démonstration utilise le fait qu’un groupe cyclique
d’order n est isomorphe à Un

On considère l’homomorphisme
ϕ: Ua × Ub → Uab
ϕ(x, y) = x.y
3.1 Groupe abéliens de type fini. 45

On va mq ϕ est un isomorphisme. En fait il suffit de mq ϕ est injectif, par des rasions de


cardinal.
si x.y = 1 alors x = y −1 est une racine a-ième de l’unité et une racine b ièe de l’unité comme
ap + bq = 1, x = x1 = (xa) p × (xb) q = 1

La deuxième démonstration utilise le fait qu’un groupe cyclique d’ordre n est isomorphe à Z / nZ

ψ: Z/abZ → Z/aZ × Z/bZ


x → (x̄, x̄)
si ψ(x) = 0 alors x est divisible par a,b donc (Gauss) il est divisbnle par ab. il est nul dans Z / abZ.

On en déduit, par récurrence sur l’entier k, le théorème suivant :

Théorème 3.7. Soient a1, ..., ak des nombres premiers entre eux deux à deux. Alors tout groupe
cyclique d’ordre a1....ak est isomorphe à un produit Πki=1Cai de groupes cycliques d’ordre ai. !

Exemple 3.8. Si la décomposition en facteurs premiers de n est n = Πki=1pai i, on a Z / nZ ≃


Πki=1Z/ pai iZ.

On pourrait se demander si on peut décomposer un groupe cyclique d’ordre pn ( par exemple


Z/ pnZ) en produit ou pas.

Proposition 3.9. Cpn n’est pas un produit de deux groupes.

Démonstration. On raisonne par l’absurde et on suppose que Cpn est un produit. Comme tout
sous-groupe d’un groupe cyclique est cyclique, Cpn serait de la forme Cpn1 × Cpn2 avec n1 + n2 = n.
Mais dans Cpn1 × Cpn2 tout élément est d’ordre pmax(n1,n2), et ce groupe ne contient pas d’élément
d’ordre exactement pn : il n’est donc pas isomorphe à Cpn. !

3.1.3 Groupe abéliens libres types finis et sous-groupes de Zn, première


approche.
Dans ce paragraphe nous allons étudier le groupe Zn , ses sous-groupes, ses automorphismes,
et les homomorphismes de Zn vers Zm.

Définition 3.10. On dit qu’un groupe abélien est de type fini si il est engendré par un nombre fini
d’éléments.

Si le groupe

abélien

A est engendré par des éléments a1, ....ak l’homomorphisme ϕA: Zk → A
n1
⎜ ⎟
définit par ϕA⎜


n2 ⎟ k
⎟= Σi=1ni ai

est surjectif.
nk

Définition 3.11. Un groupe abélien libre de rang n est un groupe isomorphe à Zn.

Proposition 3.12. Un groupe abélien est libre si on peut choisir un système de générateurs A tel
que ϕA soit un isomorphisme.!

Commençons par une observation importante.

Théorème 3.13. Si Zn est isomorphe à Z p alors n = p.

Démonstration. Notons en effet Λ = Zl. L’ensemble 2Λ des éléments de la forme 2x, pour x ∈ Λ,
est un sous-groupe, et Λ/2Λ = Z/2Zl a exactement l élément. On a donc l = log 2(Λ/2Λ) et l est
bien déterminé par Λ. !
46 Groupe abéliens de type fini.

Proposition 3.14. Soient A, B deux groupes abéliens libres de rangs n et p.


La somme A ⊕ B est un groupe abélien libre de rang n + p
L’ensemble Hom(A, B) est un groupe abélien libre de rang n.p isomorphe au groupe additifs des
matrices (p, n) à coefficients entiers
En particulier le dual Hom(A, Z) = A′ est aussi un groupe abélien libre.

Démonstration. Zn ⊕ Z p = Zn+ p, Hom(Zn, Z p) = Z p ⊕ ··· ⊕ Z p (n facteurs), Hom(Zn,


Z) = Z ⊕ ··· ⊕ Z (n fcateurs). !

Remarque 3.15. Un groupe abélien libre est un peu comme un espace vectoriel, sauf qu’à la place
d’un corps comme ensemble de scalaires, on met les nombres entiers. On parle de Z − module libre.
Dans le cas de Zn les éléments sont des matrices (n, 1) à coefficients entiers, on parle volontiers de
vecteurs.

Définition 3.16. Soit Λ un groupe abélien libre. On dira qu’une famille finie de vecteurs A ⊂ Λ
est libre (sur Z) si l’équation Σa∈A na a = 0 implique que tous les na sont nuls.

Exemple 3.17. Le sous-groupe engendré par une famille d’éléments d’un groupe abélien libre est
l’ensemble des combinaisons linéaires à coefficients entiers de ces éléments.

Définition 3.18. Une Z-base du groupe abélien libre Λ est une famille de vecteurs libres sur Z
qui engendre Λ.

Proposition 3.19. Soit A = {a1, ...ak } ⊂ Λ un ensemble fini et ϕA = Zk → Λ l’homomorphisme


ϕA(x1, ..., xk) = Σki=1xi ai. Alors A est libre si et seulement si ϕA est injectif, et A est génératrice
si et seulemnt si ϕA est surjective.

Démonstration. Laissée en exercice. !

Lemme 3.20. Tout sous-groupe d’un groupe abélien libre de rang n est libre de type fini, et de
rang inférieur ou égal à n

Démonstration. La démonstration se fait par récurrence sur l’entier n. On peut supposer que
Λ = Zn.

Initialisation. Le cas n = 1 a déjà été vu. On sait qu’un sous groupe de Z est soit 0 soit aZ,
donc libre de rang 0 ou 1.
⎛ ⎞
1
⎜ ⎟
Induction. On pose e1 =⎜

0 ⎟
⎟,
⎝ . ⎠
et considère la suite d’homomorphismes :
0

π
Ze1 = ker(π) → Zn → Zn−1 → 0
⎛ ⎞ ⎛ ⎞
x x
⎜ 1 ⎟ ⎜ 2 ⎟
Par définition, l’image du vecteur ⎜ x
⎜ 2
⎝ .

⎟ ∈ Zn

par π est ⎜ x3

⎝ .

⎟∈ Zn−1.

xn xn
Soit Λ un sous-groupe de Z . Grâce à la l’hypothèse de récurrence, on sait que son image
n

dans Zn−1 est un groupe libre de type fini engendré par f1′, ....fd′, avec d $ n − 1 Regardons le
noyau de la restriction de la projection π à Λ. Si il est réduit à 0, l’homomorphisme π induit un
isomorphisme, et on a terminé. Sinon, c’est un sous groupe de Ze1, donc engendré par un élément
f1 = ae1. Relevons les fi′ en des éléments fi de Λ. On vérifie que f1, ....fd est une base de Λ. !

Théorème 3.21. Soit Γ ⊂ Λ un sous-groupe d’un groupe abélien libre de rang n. Il existe une base
e1, ....en de Λ et des entiers d1, ....dr tels que di |di+1 et Γ = Zd1e1 ⊕ ...Zdrer .
3.1 Groupe abéliens de type fini. 47

Démonstration. On va démontrer ce résultat par récurrence sur l’entier n.

Initialisation. On sait qu’un sous-groupe Γ de Z est de la forme dZ. L’unicité de d se voit en


disant que c’est le cardinal de Z/Γ

Induction. Si Γ = 0 il n’y a rien à démontrer. Sinon, on considère l’image par Γ de toutes les
formes linéaires sur Λ = Zn, c’est à dire Λ′(Γ) ⊂ Z . C’est un sous groupe de Z, donc de la forme d1Z.

Il y a un élément de Γ, disons e1′ et une forme linéaire ϕ de Λ′ telle que ϕ(e1′ ) = d1. Mais, si on
fixe une base, toutes les coordonnées de e1′ sont divisibles par d1, donc il existe un vecteur e1 dans
Λ tel que d.e1 = e1′

Lemme 3.22. Λ = Ze1 ⊕ ker ϕ et Γ = d1.Ze1 ⊕ ker ϕ ∩ Γ

Démonstration. Cela résulte de x = ϕ(x)e1 + (x − ϕ(x)e1)


On remarque que cette écriture décompose n’importe quel élément de Λ comme somme d’un
ceteur proportionnel à e1 et d’un vecteur de ker(ϕ), dou la première égalité.
Pour la seconde, on remarque que si x ∈ Γ ϕ(x) ∈ d1Z , donc ϕ(x)e1 ∈ Γ ∩ d1.Ze1 = Ze1′ . ET par
différnce (x − ϕ(x)e1) ∈ Γ et bien entenud est toujours dans ker(ϕ) !

Pour terminer l’argument de récurrence, nous remarquons ker ϕ est libre. En effet tout sous
groupe de Zn est libre. Il est de rang n − 1 car on sait rang(ker (ϕ)) + 1 = rang(Λ). On peut donc
appliquer l’hypothèse de récurrence à ker ϕ ∩ Γ < ker ϕ, ce qui termine la démonstration.
!

On peut alors obtenir un théorème dit théorème de structure des groupes abéliens de type finis

Théorème 3.23. Soit Γ un groupe abélien de type fini. Il existe des entiers d1, ....dk et un entier
r tels que : di > 1 et pour tout i di |di+1 , et A est isomorphe à Zr ⊕ki=1 Z/diZ

Les entiers r (le rang) et di (les diviseurs élémentaires) déterminent A a isomorphisme près.
Il s’appelent le rang et les diviseurs élémentaires du groupe Γ.

Démonstration.

La partie « existence » du théorème de structure résulte du théorème précédent : on écrit Γ


comme quotient d’un groupe abélien libre Λ, et on choisi une base adaptée au noyau ker ϕ. Quitte
à changer de base, on peut supposer que Λ = Zn et ker ϕ = d1Ze1 + ... + dkZek. On pose r = n − k,
et on a le résultat.

La partie difficile est l’unicité. Mais l’existence étant établie on remarque que

Lemme 3.24. Soit Γ un groupe abélien de type fini. La réunion de tout ses sous-groupes finis est
un groupe fini et Γ/F est libre. !

Démonstration. Dans l’écriture Γ ≃ Zr ⊕ki=1 Z / diZ, on remarque que F = ⊕ki=1Z / diZ est la
réunion de tous les sous-groupes finis. Le quotient de Γ par F est le groupe Zr qui est libre de
rang r. !

Pour conclure, nous devons donc démontrer

Lemme 3.25. Si A=⊕ki=1Z/diZ est isomorphe à ⊕jl =1Z/ liZ avec di>1, lj > 1 et si pour tout i
di |di+1 et pour tout j, lj |lj +1 alors k = l et di = li.
48 Groupe abéliens de type fini.

Soit p le plus petit diviseur premier de d1. C’est aussi le plus petit diviseur premier de l1, car
c’est le plus petit ordre d’un élément de A.

Soit f = A → A l’homomorphisme f(x) = p x. L’image de f est ⊕ki=1Z / (di / p)Z ou


l
⊕i=1 Par récurrence, sur l’ordre du groupe, on doit donc avoir que le nombre de li > p
Z / li / pZ.
l d
est égal au nombre de di > p t de plus pi = pi pour les li. Pour ds’assurer que le nombre d li égaux
à p est égal au nombre de di, il suffit alors de regarder l’ordre de A. !

3.1.4 Les deux classifications des groupes abéliens finis.

Comme cas particulier du théorème sur les groupes abéliens de type fini, nous obtenons.

Théorème 3.26. Soit A un groupe abélien fini. Il existe un entier k et des entiers d1, ....dk tels
que : pour tout i, di > 1 , di |di+1 , et A est isomorphe à ⊕ki=1Z/diZ. Ces entiers sont uniques.

Définition 3.27. Les nombres di sont les diviseurs élémentaires de A.

Remarque 3.28. Un groupe abélien fini est bien défini, à isomorphsime près par ses diviseurs
élémentaires.

Pour aller plus loin, nous avons la définition de composante primaire d’un groupe abélien fini.

Définition 3.29. Soit p un nombre premier. Si A est un groupe abélien fini, on note Ap =
{x/∃n tq pnx = 0 }. Le groupe Ap s’appelle la composante p primaire de G.

Remarque 3.30. Si p ne divise pas l’ordre de A la composante p-primaire est réduite à 0.

Théorème 3.31. Si A est un groupe abélien fini, alors A est la somme directe de ses composantes
p − primaires.

Démonstration. Soit {p1, ...p − k } l’ensemble des diviseurs premiers de A. On considère l’appli-
cation ϕ: ⊕Api → A qui a (x1, ...xk) associe x1 + ··· + xk. Il s’agit de voir que c’est un isomorphisme.
Si x ∈ A, il engendre un groupe cyclique. En appliquant le lemme chinois a ce groupe, on voit que
x est bien dans l’image de ϕ. Pour évaluer le noyau considérons (x1, ...xk) tel que x1 + ··· + xk = 0.
Soient pini les ordres des xi. Multiplions tout par p2n2....pknk = q. Alors qx1 = 0, mais q est premier
à l’ordre de x1 donc x1 = 0. De même pour les autres xi et ϕ est bijective. !

Remarque 3.32. le théorème 3.31 est une version sophistiquée du Lemme Chinois Z / p1n1....pknkZ =
⊕ki=1Z/ piniZ. On écrit A = ⊕pAp. Exemple Z/6Z × Z/12Z = (Z/2Z × Z/4Z) ⊕ (Z/3Z)2

Remarque 3.33. On utilise pas « fini », mais simplement le fait que tout élément est d’ordre fini.
Un groupe dont tout élément est d’ordre fini est dit « groupe de torsion ». Un groupe abélien de
torsion est la somme dircete de ses composantes p primaires, ou p désigne l’ensmebles des nombres
premiers.

Théorème 3.34. Soit A un groupe abélien fini, p1, ....pk les diviseurs premiers de |A|. Alors
1 α1
A s’écrit d’une unique façon comme somme directe de groupes cycliques d’ordre pα n1
1 , ...p1 , ...;,
1
k
k αnk

k , ...pk
1

Démonstration. On décompose A en somme directe de ses composantes primaires puis on


applique le théorème de classification à chaque composante. !

Remarque 3.35. Nous disposons donc de deux classifications des groupes abéliens finis qui ne
sont pas les mêmes.
3.2 Algèbre linéaire dans Zn 49

3.2 Algèbre linéaire dans Zn

3.2.1 Le groupe GL(n, Z) et les matrices élémentaires.

Le groupe GL(n, Z) est le groupes des matrices (n, n) à coefficients entiers, inversible, et dont
l’inverse est aussi à coefficients entiers.
Proposition 3.36. Une matrice de M (n, Z) est dans GL(n, Z) si et seulement si son déterminant
est ±1.
Démonstration. Le déterminant d’une matrice à coefficients entiers est à coefficients entiers. Si
AB = Id det(A)det(B) = 1 . Dons si de plus B est à coefficients entiers, det(A) est un élément
1
inversible de Z soit ±1. Réciproquement la formule de Cramer A−1 = det(A) Cof t(A) montre que si
det(A) = ±1 et si A est à coefficients entiers, son inverse l’est aussi. Ici Cof (A) est la matrice des
cofacteurs : Cof(A)i,j = det (Ai, j ), où Ai, j est obtenue à partir de A en enlevant sa i − ième ligne
et sa j − ième colonne, et Cof t(A) est sa transposée. !

Le groupe GL(n, Z) opère sur l’ensemble des bases de Zn est cette opération est libre et
transitive : une famille de vecteurs est une base de Zn si, et seulement si, la matrice formée par
ses coordonnées est inversible. Autrement dit étant une base B, il existe un unique élément g de
GL(nZ) tel que B = gB0, où B0 c’est la base canonique de Zn. EN fait g est la matrice dont les
vecteurs coonnes sont les éléments de B. On en déduit donc :
Proposition 3.37. Le groupe GL(n, Z) est le groupe des automorphismes du groupe Zn.!
Les matrices élémentaires jouent un rôle important en algèbre linéaire.
Définition 3.38. Les matrices élémentaires de M (n, Z) sont les matrices Ei,j (avec i = / j) dont
tous les coefficients sont nuls sauf à la i-ième colonne et j-ième ligne ou on a mis un 1.

Notons que Eij ei = ej et Eij ek = 0 sinon.

Si i =
/ j, on définit aussi la matrice Sij par Sij (ek) = ek si k =
/ i, j, Sij (ej ) = ei et Sij (ei) = ej .

Nous savons depuis longtemps que les matrices ainsi définies permettent de décrire les opéra-
tions élémentaires sur les lignes et les colonnes. Décrivons d’abord les opérations sur les colonnes
(Ci)1!i!n.

On note M (m, n, Z) les matrices à m lignes, n colonnes et à coefficients entiers.


Lemme 3.39. Soit M ∈ M(m, n, Z). Multiplier M à droite par Sij , revient à échanger les deux
colonnes i, j. Remplacer la colonne Ci par Ci + a Cj c’est multiplier M à droite par la matrice
Id + aEij.!
De même on peut décrire les opérations sur les lignes (Lj )1! j!m.
Lemme 3.40. Soit M ∈ M (m, n, Z). Multiplier M à gauche par Sij m
, revient à échanger les deux
lignes i, j. Remplacer Li par Li + aLj c’est multiplier à gauche par la matrice Id + aEijm
.!
Corollaire 3.41. L’inverse de Id + aEij est Id − aEij !
Ces deux lemmes vont nous permettre d’étudier l’action à gauche (resp. droite) de GL(m, Z)
(resp.GL(n, Z)) sur M (m, n, Z).

3.2.2 La méthode du pivot de Gauss, et les équations à coefficients


entiers
50 Groupe abéliens de type fini.

On va étudier l’action à gauche de GL(m, Z) sur M (m, n, Z)

Théorème 3.42. Soit M ∈ M (n, m, Z). Il existe une matrice inversible Q dans GL(m, Z),
produit de matrices élémentaires, et des⎛ entiers a1, ....ad tels que ⎞la matrice M Q soit étagée
a11 0
⎛ ⎞ ⎜ ⎟
⎜ a21 a22 0 ⎟
a11 0 ⎜ ⎟
⎜ ⎟ ⎜ a31 a32 a33 0 ⎟
⎜ a21 a22 0 ⎟ ⎜ ⎟
⎟ si m " n
⎜ ⎟ ⎜ . . 0 ⎟


a31 a32 a33 0 0

ou ⎜
⎜ amm


si n>m.
⎝ . 0 ⎠ ⎜ ⎟
⎜ am+1,1 am+1m ⎟
amm 0 0 0 ⎜ ⎟
⎝ ⎠
an,1 an,m

Démonstration. La démonstration se fait par récurrence sur l’entier m, en notant que si m = 1


la matrice est déjà étagée.

Si tous les coefficients de la première ligne sont nuls sauf le premier, on raisonne par mouvement
élémentaire sur la matrice (n − 1, m − 1) obtenue en enlevant la première ligne et la première
colonne.

Si la première ligne a un seul coefficient non nul, on se ramène au cas précédent en échangeant
la colonne correspondante avec le première. Si la première ligne est nulle on ne la change pas.

Sinon, considérons le plus petit coefficient non nul de cette première ligne en valeur absolue.
Disons qu’il est sur la colonne i. Pour chaque colonne j, on considère la division euclidienne de
a1, j = dja1,i + r1, j . On enlève dj fois Ci à Cj et on est ramené à une matrice dont la première ligne
a pour coefficient a1, j et les r1, j strictement plus petit ou nuls. On recommence jusqu’à n’avoir
qu’un seul coefficient non nul. !

Ce théorème, et surtout sa démonstration constructive, suffisent largement à « résoudre » les


équations de la forme A X = B ou A ∈ M (m, n, Z) est une matrice à coefficients entiers
B ∈ Zm, X ∈ Zn X est l’inconnue et les matrices A, B sont connues. Ces équations sont tellement
importantes qu’on leur a donné un petit nom.

Définition 3.43. Une équation de la forme A X = B ou A ∈ M (m, n, Z) est une matrice à


coefficients entiersB ∈ Zm, X ∈ Zn , ou X est l’inconnue est une équation diophantienne linéaire.

Cependant, si on veut aller plus loin et établir la structure de l’ensemble des solutions on peut
établir un résultat plus fort.

Théorème 3.44. Soit M ∈ M (n, m, Z). Il existe des matrices inversibles P , Q dans GL(m, Z) et
GL(n, Z), produit des matrices élémentaires et des entiers

positifs a1, ....ad tels ⎞
a1|a2|...ad et tels
a1
⎜ ⎟
⎜ a2 ⎟
⎜ ⎟
⎜ a3 0 ⎟
⎜ ⎟
que la matrice PMQ n’ait que des coefficients diagonaux ⎜

⎟.

⎜ 0 ad 0 ⎟
⎜ ⎟
⎝ 0 0 ⎠
0

Démonstration. La démonstration de ce résultat se fait exactement comme la méthode du pivot


usuel, à quelques variantes près. Elle est algorithmique. La première étape est de faire apparaitre
le pgcd des coefficients en haut à gauche avec des 0 à sa droite et en dessous.

1. Si l’un des coefficients de la matrice est le pgcd des coefficients, on l’amène en haut à gauche
grâce à (au plus) deux mouvements l’un sur les lignes l’autres sur les colonnes.
3.2 Algèbre linéaire dans Zn 51

⎛ ⎞
a11 0 0
⎜ ⎟
⎜ 0 × × ⎟
⎜ ⎟
⎜ 0 ⎟
⎜ ⎟
⎜ ⎟
⎜ ⎟
⎜ ⎟
⎜ ⎟
⎝ ⎠
0 X ×

Pour chaque indice de colonne Ck on remplace alors Ck par Ck − qkC1 ou qka11 = a1k
pour faire apparaitre des 0 sur la première ligne puis Lk par Lk − pkL1 où pka11 = ak1 pour faire
apparaitre des 0 sur la première colonne.

RQ on a utilisé m + n opérations au plus.

2. Sinon on regarde le plus petit coefficient en valeur absolue disons ai, j . Pour chaque k (indice
de colonne) coefficients situés sur sa ligne disons ai,k, on remplace la colonne correspondante Ck
par Ck − dkCi et soit on a remplacé tous les coefficients par des 0 soit on a diminué strictement
le plus petit coefficient. Si on a pas diminué strictement le plus petit coefficient, on fait la même
chose pour les lignes. Après un nombre fini d’étape, le plus petit coefficient se trouve en haut à
gauche avec des 0 sur sa ligne et sa colonne. Si ce n’est pas le PGCD des coefficients, il y a un autre
coefficient quelque part qu’il ne divise pas. Par deux mouvements sur les lignes et les colonnes, on
l’amène

à la position (2,⎞2). Notre matrice est équivalente à
a 0 0
⎜ 11 ⎟
⎜ 0 a22 ∗ ∗ ⎟
⎜ ⎟
⎜ 0 ∗ ⎟
⎜ ⎟
⎝ ∗ . ∗ ⎠

# $ # $ # $
a11 0 a11 pa 11 a11 pa11
0 a22
→ 0 a22
→ −a11 r

on écrit a22 = pa11 + r avec 0 =


/ r < |a11|. On ajoute pC1 à C2 puis on retire L1 à L2 pour faire
apparaitre r à la place de a22. On a alors un plus petot coefficient strictemnt plus petit.

3. Une fois que le coefficient en haut à gauche est le pgcd des coefficients, avec des 0 sur sa ligne
et sa colonne, on est ramené à étudier la matrice (n − 1, m − 1) obtenue en enlevant la première
ligne et la première colonne. !

Corollaire 3.45. Le groupe GL(n, Z) est engendré par les matrices élémentaires Id + Eij et S i.j

On considère une matrice M ∈ GL(n, Z), je sais que je vais trouver des matrices produit de
matrice sélémentaires

P , Q⎞inversibles et à coefficient entiers telles que
a1
⎜ ⎟
⎜ a2 ⎟
PMQ= ⎜


a3

⎟ ai ∈ N

ou Z
⎝ ⎠
an

comme det(M ) = ±1, on a ai=+-1, car si le produit d’entiers est 1 cveux ci valent 1 ou -1
PMQ = Id et M = P −1Q−1 qui bien un produit de matrices léémentaires.
⎛ ⎞
a1
⎜ ⎟
⎜ a2 ⎟
⎜ ⎟
Démonstration. La matrice diagonale à coefficients entiers positifs ⎜

a3 ⎟

est dans
⎝ ⎠
ad
GL(n, Z) si et seulement si a1 = ··· = ad = 1. Par la méthode du pivot, on trouve deux matrices P
et Q élémentaires telles que PMQ = Id soit M = P −1Q−1. !
52 Groupe abéliens de type fini.

3.3 Exercices du chapitre 3


On note (Cn, .)un groupe cyclique d’ordre n, (Z/nZ, +) le groupe des entiers modulo n et (Un, .)
le groupe des racines n-ièmes de l’unité. Dans cette liste, p est un nombre premier, et tous les
groupes sont abéliens, parfois notés additivement, parfois multiplicativement.

3.3.1 Groupe abéliens.


Exercice 3.1. Le produit d’une racine d’ordre exactement a de l’unité et d’une racine d’ordre exactement b est
encore une racine de l’unité. Quel peut être son ordre ? c’est plus facile si on suppose que a et b sont premiers
entre eux.
Si a et b son premier entre eux, alors les polynômes xa − 1 et xb − 1 ont une seule racine commune.
Exercice 3.2. Soit ϕ: Cpn → Cpn défini par ϕ(x) = x p quel est le noyau, quelle est l’image ?
Exercice 3.3. Construire un isomorphisme entre Z/3Z × Z/5Z et Z/15Z.
Construire un isomorphisme entre U3 × U5 et U15 .
Exercice 3.4. Quels sont les diviseurs élémentaires de G = Z/2Z ⊕ Z/4Z ⊕ (Z/3Z)2 ⊕ Z/9Z

G = ⊕pAp où Ap = {g ∈ G dont l ′ordre est une puissance de p}

Exercice 3.5. Si p est un nombre premier, démontrer que Cpn × Cpm n’est pas un groupe cyclique.
Exercice 3.6. Soit p un nombre premier. Combien le groupe Cp2 × Cp4 × Cp8 a-t-il d’éléments d’ordre p?

Exercice 3.7. (Vu en cours avec une autre méthode) Soit n1 # n2 # n3, m1 # m2 # m3 6 nombres entiers et
p un nombre premier. On suppose que Cpn1 × Cpn2 × Cpn3 est isomorphe à Cpm1 × Cpm2 × Cpm3 Démontrer que
mi = ni. On pourra considérer l’homomorphisme Φ(x) = x p (quel est le noyau , quelle est l’image)
Généraliser à un produit arbitraire de groupe cycliques.
Exercice 3.8. En utilisant la classification, déterminer quels sont les classes d’isomorphisme de groupes abéliens
d’ordre 20, 40 , 35
Exercice 3.9. Dans (Q, +) tout sous groupe de type fini est isomorphe à Z.
Exercice 3.10. A faire sans la classification, mais juste la décomposition en composantes primaires.
Quelles sont les composantes p − primaires possibles des groupes d’ordre 21,30, 462
Démontrer que les groupes abéliens d’ordre 30030 sont tous cycliques
Exercice 3.11. Si A est un groupe abélien fini, ses composantes p primaires sont invariantes par tout auto-
morphisme de A. Pour un groupe abélien A d’ordre 35 déterminer :
les sous-groupes, les sous groupes invariants par tout automorphisme de A.
Exercice 3.12. Soit p un nombre premier et G un groupe abélien isomorphe à Cpn1 ×Cpn2 × ··· × Cpnk
avec n1 ! n2... ! nk. Démontrer que si H < G et si H = Cpl1 ×Cpl2 × ··· × Cplk avec l 1!n2... ! lp alors
l1 # n1, ....lk # nk.
Exercice 3.13. Soit p un nombre premier. Combien Cp4 × Cp3 × Cp2 a t il d’éléments d’ordre exactement p.
Exercice 3.14. Quel est le groupe des automorphismes d’un groupe abélien d’ordre 21.
Exercice 3.15. Soit n ∈ N. On note Z[1/n] le sous groupe de Q engendré par 1

3.3.2 Algèbre linéaire dans Zn


Exercice 3.16. # Quel
$
est le noyau de f et le quotient de Zn par ker(f ):
x
De Z , où f y = 2x − y
2
⎛ ⎞
x # $
De Z3, où f⎜


y ⎠=
3x + 6y + 6z
6x + 13y + 5z
z
⎛ ⎞
x # $
De Z3 par où f⎝ y ⎟

⎠=
3x + 9y + 9z
9x − 3 + 9z
z

Exercice 3.17. Résoudre les équations suivantes à coefficients entiers.

1. 3x + 6y + 6z = 4, 6x + 13y + 5z = 7
2. 2x + 7y − 3y = 11, 4x + 5y + 3z = 2

Exercice 3.18. Soit G un groupe fini abélien. On suppose que pour tout entier n l’équation z n = e a au plus
n solutions. En utilisant la classification démontrer que G est cyclique.
3.3 Exercices du chapitre 3 53

Si K est un corps, démontrer que tout sous-groupe fini de K∗, × est cyclique.

Exercice 3.19. Soit (G,+) un groupe abélien de type fini. Existe-t-il un élément a =
/ 0 tel que pour tout entier
n, l’équation nx = a admette une solution.
Chapitre 4
* Groupes nilpotents et théorèmes de Sylow.

On va parler de groupes finis.

4.1 Théorèmes de Sylow.


On fixe un nombre premier p.

Définition 4.1. Un p − groupe fini est un groupe fini dont l’ordre est une puissance de p.

Exemple 4.2. La composante p primaire d’un groupe abélien fini est un p groupe fini. Il est de
la forme Z/ pn1Z × ... × Z/ pnkZ

Exemple 4.3. Le groupe Tn(p) des matrices triangulaires supérieures avec des 1 sur la diagonale
d(d −1)
et à coefficients dans le corps Fp est un groupe d’ordre p 2 .
⎛ ⎞
1
⎜ ⎟
⎜ 1 × × ⎟ d(d −1)
⎜ ⎟
⎜ 0 1 × ⎟à coefficients dans le corps Fp en bijection avce (Fp) 2
⎜ ⎟
⎝ 0 1 ⎠
1

Définition 4.4. Soit G un groupe fini, et pd la plus grande puissance de p divisant |G|. Un sous
p-Sylow de G est un sous-groupe de G d’ordre pd.

Théorème 4.5. Soit p un diviseur premier de l’ordre du groupe fini G. Alors G contient un
p − Sylow. Et deux p Sylow sont conjugués dans G.

Remarque 4.6. On a démontré qu’un groupe abélien fini est la somme directe de ses composantes
p primaire G = ⊕Ap, en particulier |G| = Π |Ap| et donc le composantes p primaires de G sont ses
ses Sylow.

On va démontrer un

Lemme 4.7. Soit Γ un groupe fini, et Λ < Γ un p − Sylow. Soit G < Γ un sous-groupe. Alors G
contient un p − Sylow, et celui-ci est conjugué dans Γ à un sous groupe de Λ.

|Γ| = pn r avec r ∈ N, r ∧ p = 1 et |Λ| = pn., en particulier, |Γ/Λ| = r

Démonstration. On fait opérer G dans l’ensemble Γ/Λ, et on écrit l’équation aux classes.
!
|Γ/Λ| = orbite G/Gγ

Ecrivons |G| = pdq. Nous allons montrer que l’un des Gγ est un p − Sylow de G.

55
56 * Groupes nilpotents et théorèmes de Sylow.

Pour tout élément γ le sous-groupe Gγ est conjugué à un sous groupe de Λ, c’est donc un
p − groupe et |Gγ | = pk . Il en résulte que si aucun des p -groupes Gγ n’est un Sylow (pk < pd ),
le cardinal de chaque orbite G / Gγ est divisible par p, et donc aussi celui de l’espace homogène
|Γ/ Λ|, ce qui est une contradiction. Donc l’un des stabilisateurs est un Sylow, ce qui veut dire que
non seulement G admet un Sylow, mais qu’en plus il est conjugué, dans Γ à un sous groupe de Λ. !
Remarque 4.8. La partie « deux p Sylow de G sont toujours conjugués » est ainsi démontrée
sous réserve d’existence. Si S < G est un p − Sylow et S ′ un autre, on sait qu’il existe un g tel que
gS ′g −1 < S.
On sait que tout sous groupe est isomorphe à un sous groupe du groupe symétrique Sn, pour
n = |G|. En effet G → S(G) qui à g associe la multiplication à gauche est un homomorphisme.

Or Sn est un sous groupe de GLn(Fp). Matrices de permutaions des vecturs d’un Fp espace
vectoriel de dimension p. Pour conclure, il suffit de démontrer

Proposition 4.9. Le groupe Tn(p) constitué des matrices triangulaires supérieures avec des 1 sur
n(n −1)
la diagonale, dont le cardinal est |Tn(p)| = p 2 est un p- Sylow de GLn(Fp). Plus précisément :
1. |GL(n, Fp)| = (pn − 1) × pn−1 × GL(n − 1, Fp)
n(n −1) n(n −1)
2. |GL(n, Fp)| = p 2 n
× Πi=1(pi − 1) × (p − 1)n = p 2 q avec q = 1(p).

Démonstration.
⎛ ⎞ Pour démontrer le premier point, on fait opérer GL(n, Fp) sur Fpn . Le stabi-
1 # $
lisateur de ⎜


0 ⎠ est 1 a
0 A
ou × est n’importe quel nombre non nul, a n’importe quel élément
0
de Fpn−1 et A un élément de GL(n − 1, Fp). Le cradinal du stabilisateur de ce vecteur est donc
pn−1 × GL(n − 1, Fp).

Je connais le groupoe, le stabilisateur d’un point, il me reste à dércire l’orbite qui est simplemnt
Fpn − 0 : tout vecteur non nul est le prmier vecteur d’une base. Son cardinal est pn − 1

|GL(n, Fp)| = (pn −⎛1) ×⎞pn−1 × GL(n − 1, Fp) résulte de la formule de Lagrange |G| = |O | × |Gx|,
1
ou x est ici le vecteur ⎜


0 ⎠.
0

Le second point en résulte par récurrence sur l’entier n !

Les p-Sylow sont des sous groupes importants, et souvent ont doit étudier leur normalisateur.
Définition 4.10. Si H < G est un sous groupe, N (H) = {g ∈ G / g Hg −1 = H } est le plus grand
sous groupe de G dans lequel H est normal.
Proposition 4.11. Soit S < G un p − Sylow. Alors S est un sous groupe invariant de N (S).
Démonstration. En effet tous les p − Sylow de N (S) sont conjugués dans N (S) à S , donc
par définition égaux à S. Comme un automorphisme envoie un p − Sylow dans un autre, tout
automorphisme de N (S) préserve S. !

4.2 Groupes nilpotents


Pour illustrer l’interêt des théorèmes de Sylow, nous allons donner une application à l’étude des
groupes nilpotents.
4.2 Groupes nilpotents 57

Rappelons que le centre d’un groupe est Z(G) = {x ∈ G / ∀g ∈ G, xg = gx}. C’est un sous groupe
normal de G.

On peut définir l’idée de groupe nilpotent par récurrence.

Définition 4.12. On dit qu’un groupe est nilpotent de classe k si son centre est non réduit à 0 et
si G/Z(G) est nilpotent de classe k − 1.

Exemple 4.13. Un groupe abélien est un groupe nilpotent de classe 1.

Exemple 4.14. Tout sous groupe et tout quotient d’un groupe nilpotent est nilpotent

Exemple 4.15. Le groupe Tn(p) est nilpotent de classe n − 1.(Exercice)

Proposition 4.16. Tout p groupe fini est nilpotent.

Démonstration. On a vu (équation aux classes) qu’un p groupe fini a un centre non trivial. Le
quotient par son centre est encore un p groupe fini, et on a ainsi le résultat par récurrence sur
l’ordre du groupe. !

Souvent, les démonstrations concernant les groupes nilpotents se font par récurrence.

Proposition 4.17. Soit G un groupe nilpotent et H < G un sous groupe propre. Alors alors H est
un sous groupe propre de son normalisateur N (H) = (g ∈ G/ gHg −1 = H).

Démonstration. Si Z(G) ⊂ / H N (H) > Z(G) et on a fini. Sinon, Z(G) < H. On regarde l’image
H̄ de H dans G / Z(G). Comme H = / G et H > Z(G), H̄ = / G / Z(G). Par récurrence N (H̄) =
/ H̄.
Soit g ∈ G dont l’image normalise H̄. Montrons qu’il normalise H = π −1(H̄). En effet ghg −1h−1
se projette sur un élément de H̄ donc est dans H. !

Théorème 4.18. Tout groupe nilpotent est le produit direct de ses groupes de Sylow.

Remarque 4.19. Dans le cas des groupes abéliens, c’est déjà vu : tout groupe abélien est le
produit de ses composantes primaires.

Démonstration.

Lemme 4.20. Les p − Sylow de G sont normaux.

Démonstration. Soit S un p − Sylow. Soit g un élément qui normalise N (S). La conjugaison par
cet élément est un automorphisme de N (S), mais S est invariant dans N (S) donc g normalise S.
Ainsi N (N (S)) = N (S) et donc N (S) = G, puisque G est nilpotent. !

Comme les sous-groupes Sylow sont normaux, on parle du Sylow de G et non pas d’un p −
Sylow.

Lemme 4.21. Si G est nilpotent, les sous-groupes de Sylow de G commutent.

Démonstration. Soit S un p-Sylow et S ′ un p ′ Sylow, avec p = / p ′. Leur intersection est réduite


à {e} car l’ordre de ce sous-groupe divise p et p . Si g ∈ S , g ∈ S ′ gg ′g −1g ′−1 = g (g ′g −1g ′−1) =
′ ′

(gg ′g −1)g ′−1, et gg ′g −1g ′−1 ∈ S ∩ S ′ donc gg ′ = g ′ g. !

Si |G| = p1n1....pknk et si pour tout k Sk est le p − Sylow de G, l’application produit S1 × ··· × Sk → G


est un homomorphisme. Pour sur convaincre qu’il est bijectif considérons son noyau N les pi Sylow
de N sont conjugués dans Si, mais N ∩ Si = {e}. Donc N = {e}, l’application produit est injective
et donc bijective pour des raisons de cardinal. !

Corollaire 4.22. Un groupe fini est nilpotent si et seulement si il est le produit de ses sous-groupes
de Sylow.
58 * Groupes nilpotents et théorèmes de Sylow.

4.3 Exercices sur le chapitre 4.

4.3.1 Théorèmes de Sylow


Exercice 4.1. Si p est un nombre premier, il existe un unique (à isomorphisme près) groupe d’ordre p2 qui
n’est pas cyclique.
Exercice 4.2. Soit G un groupe fini et P un p-Sylow. Soit H < G un p-groupe démontrer que H est conjugué
dans P (faire opérer H dans G/P et écrire l’équation aux classes).
Si de plus H est un p-Sylow montrer que H est conjugué dans P , et que le nombre de conjugués de P divise
l’ordre de G/P .
Exercice 4.3. Soit G un groupe fini, P < G un p − Sylow, et N = {g ∈ G / gNg −1 < N } le normalisateur de P .
Démontrer que tout élément de N d’ordre une puissance de p est dans P .
Exercice 4.4. Si p est un nombre premier quels sont les p − Sylow de Sp.
Quels sont les sous-groupes de Sylow de S4.
Quels sont les p − Sylow de Sp2 (on pourra commencer a décrire les sous groupes isomorphes à (Cp)2.
Exercice 4.5. Soit G un groupe fini et p un nombre premier. En faisant opérer P sur G/P démontrer que le
nombre de p Sylow est congru à 1 modulo p.

4.3.2 Nilpotence.
Exercice 4.6. On suppose que G est un groupe fini et que pour tout nombre premier p divisant |G| , il contient
un unique p − Sylow. Démontrer que le centre de G est non trivial, et que G est nilpotent.
Exercice 4.7. Si G est un p − groupe fini et si m||G|, alors G contient un sous groupe normal d’ordre m et un
quotient d’ordre m
Exercice 4.8. La suite centrale ascendante d’un groupe G est la suite des sous-groupes définies par récurrence
par
Z0 = {e}, Z1 = Z(G) = {g /∀h, ghg −1h−1 = 1}, ....Zk(G) = {g /∀h, ghg −1h−1 ∈ Zk −1(G)}.

Démontrer que la suite centrale ascendante est une suite de sous-groupes invariants de G et que l’image de
Zn+1 dans G/Zn est le centre de ce groupe.

Démontrer que G est nilpotent de classes n si et seulement si G = Zn(G)


Exercice 4.9. Le sous groupe de S6 engendré par (1, 2, 3, 4), (1, 2, 3), (2, 5), (5, 6) est il nilpotent ?
Exercice 4.10. Soit G un groupe nilpotent dont l’ordre est le produit de k nombres premiers (égaux ou distincts)
montrer que la classe de nilpotence de G est inférieure à k.
Exercice 4.11. Si G est un groupe, et H ▹ G un sous-groupe normal, on définit [G, H] < H le sous groupe
engendré par les éléments de la forme ghg −1h −1 de H.

1. Démontrer que [G, H] < H est un sous-groupe normal de G

La suite centrale descendante d’un groupe G est la suite des sous-groupes définies par récurrence par
H0 = G, H1 = [G, G], ...Hk = [G, Hk−1]

2. Démontrer que la suite centrale ascendante est une suite de sous-groupes invariants de G

3. Démontrer que le k-ième terme de la suite centrale ascendante, Zk contient [G, Zk+1].

4. Démontrer que si G est nilpotent de classe n, c’est à dire si Zn = G, la suite centrale descendante s’arrête
en n étapes, c’est à dire que Hn = {e}

5. Démontrer la réciproque de 4.

6. Démontrer que G est nilpotent de classes n si et seulement si G = Zn(G)

7. Démontrer que tout sous groupe et tout quotient d’un groupe nilpotent est nilpotent

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