La littérature française du xixe siècle s'inscrit dans une période définie par deux dates repères :
1799, date du coup d'État de Bonaparte qui instaure le Consulat et met d'une certaine façon fin à
la période révolutionnaire, et 1899, moment de résolution des tensions de l'affaire Dreyfus et de la
menace du boulangisme et où s'imposent finalement les valeurs de la IIIe République.
Les œuvres de ce siècle sont multiples, particulièrement dans le domaine de la poésie (avec
Lamartine, Vigny, Musset, Hugo, Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, Mallarmé…) comme dans le
domaine du roman (avec Stendhal, Balzac, Dumas, Hugo, Flaubert, Zola, Maupassant, Verne…)
et dans une moindre mesure au théâtre avec le drame romantique et ses épigones (avec Musset,
Hugo, Edmond Rostand…).
Siècle très riche aux œuvres qui sont, pour certaines, parfois très modernes dans leur forme
(même si c'est surtout en fin de siècle, voire au début du xxe siècle que la forme de certaines
œuvres, comme les calligrammes d’Apollinaire, révolutionneront l'art) ou dans leur fond (comme
l'apparition du fantastique dans certains poèmes de Gérard de Nerval ou la vision originale de
Baudelaire sur les femmes ou l'automne, dans Les Fleurs du Mal) le xixe siècle reste pour la
littérature française un âge d'or de la poésie et du roman.
De nombreux chefs-d'œuvre nous laissent percevoir, au-delà des courants littéraires qui se
succèdent, des auteurs aux fortes personnalités artistiques qui exercent une influence
grandissante sur le peuple
Lamartine.
Le romantisme5 nourrit toute la première moitié du xixe siècle et pour la poésie plus précisément
les années 1820- 1850 : par convention, des Méditations poétiques de Lamartine, en 1820, aux
Contemplations de Victor Hugo en 1856. Le romantisme naît en réaction aux Lumières et à leurs
idées : face à la science et la raison, les Romantiques prônent l'expression exaltée des
sentiments. Face à l'industrialisation, les Romantiques mettent en avant une nature vierge et
sauvage : en effet, les Romantiques sont pour la plupart allés en Amérique ou en Orient, et ils se
sont donc inspirés de leurs voyages. Enfin, face au refus de la religion catholique des Lumières et
de la Révolution, les héros romantiques vivent de nombreuses aventures mystiques, et
découvrent la beauté de la religion.
Aussi, le mouvement européen fait une place toute particulière au lyrisme et à l'effusion du moi
avec un goût marqué pour la mélancolie : les poètes vont donc exprimer leur mal de vivre et leurs
souffrances affectives en méditant sur la mort, sur Dieu, sur l'amour (la plupart du temps déçu par
la mort ou la séparation), la fuite du temps, ainsi que sur la gloire, et au-delà de ces thèmes
lyriques traditionnels sur la fonction du poète (Hugo) et sur une perception plus originale du
fantastique avec Gérard de Nerval, Charles Nodier ou Aloysius Bertrand.
Néanmoins, le Romantisme sera très critiqué dans la seconde moitié du xixe siècle. De grands
auteurs comme Maupassant ou Flaubert ironiseront souvent sur la religion et le Romantisme. On
peut par exemple citer Une vie de Maupassant ou Madame Bovary de Flaubert, qui tournent en
ridicule la religion et le Romantisme.
Mentionnons les œuvres principales de cette époque romantique marquée par une création
abondante
Alfred de Vigny (1797-1863), métaphysique et sombre : Les Destinées (1864) (poèmes : Le cor -
Moïse - La Mort du loup - La Maison du berger…).
Victor Hugo (1802-1885) couvre tout le siècle avec sa poésie multiforme. Recueils : Les
Orientales (1829) (poème : Les Djinns) - Les Feuilles d'automne (1831) (Ce siècle avait deux
ans…) - Les Chants du crépuscule (1835) (Les Semailles) - Les Voix intérieures (1837) (A
Eugène, vicomte H.) - Les Rayons et les Ombres (1840) (Fonction du poète - Tristesse d'Olympio
- Oceano Nox) - Les Châtiments (1853) (O Soldats de l'an deux ! - Souvenir de la nuit du 4 -
L'expiation : « Il neigeait…/Waterloo ») - Les Contemplations (1856) (Demain dès l'aube… - A
Villequier - Le Mendiant - Ce que dit la bouche d'ombre) - La Légende des Siècles (1859-1883)
(La conscience : Caïn - Booz endormi - L'aigle du casque - Les Pauvres gens).
Gérard de Nerval (1808 – 1855), dense et mystérieux : Les Chimères
Le Parnasse
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L'influence du Parnasse n'est pas à négliger : la densité et l'expressivité seront retenues par les
poètes suivants et c'est d'ailleurs à Théophile Gautier que Baudelaire dédiera Les Fleurs du mal et
à Théodore de Banville que le jeune Rimbaud écrira en 1870. Le recueil tardif des Trophées de
José-Maria de Heredia en 1893 témoigne aussi de la pérennité de l'approche parnassienne,
symbolisée par la forme contraignante du sonnet.