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I131SAN

L'iode 131 est un isotope radioactif issu de la fission nucléaire, avec une période radioactive de 8,04 jours, et est utilisé en médecine pour le traitement de certains cancers thyroïdiens. Il se retrouve dans l'environnement par des sources naturelles et artificielles, notamment les essais nucléaires et les rejets des réacteurs nucléaires. En cas d'accident, des mesures de protection comme l'administration d'iode stable sont recommandées pour prévenir l'absorption d'iode radioactif par la thyroïde.

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L'iode 131 est un isotope radioactif issu de la fission nucléaire, avec une période radioactive de 8,04 jours, et est utilisé en médecine pour le traitement de certains cancers thyroïdiens. Il se retrouve dans l'environnement par des sources naturelles et artificielles, notamment les essais nucléaires et les rejets des réacteurs nucléaires. En cas d'accident, des mesures de protection comme l'administration d'iode stable sont recommandées pour prévenir l'absorption d'iode radioactif par la thyroïde.

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FICHE RADIONUCLEIDE

131
IODE 131 53 I

- ASPECTS SANITAIRES -

I. Caractéristiques
I.1 Chimiques

L’iode fait partie de la famille chimique des halogènes. Il se vaporise à une température
légèrement supérieure à 100°C. Très mobile dans l’environnement, il est présent à peu près
partout mais de façon hétérogène.
Les principales formes d’iode radioactif présentes dans un rejet d’effluents radioactifs
provenant d’un réacteur nucléaire sont :
-l’iode moléculaire (I2) présent sous forme gazeuse ;
-l’iode organique, dont une forme courante est l’iodure de méthyle (ICH3), présent sous
forme gazeuse ;
-l’iode particulaire (aérosols) dont le diamètre des particules est variable (avec possibilité
d’agrégation).

I.2 Nucléaires
’131
L I est un isotope radioactif créé lors des réactions de fission (cassure des noyaux d’uranium
ou de plutonium) dans un réacteur nucléaire ou lors de l’explosion d’une arme nucléaire.

131
I
Période radioactive 8,04 jours
15 -1
Activité massique 4,59.10 Bq.g
Désintégration β
-
Emission(s) principale(s)
Emax = 606 keV (89 %)
(rendement d’émission Emax = 333 keV (7 %)
pour 100 désintégrations)
Emission γ
E = 364 keV (81 %)
E = 637 keV (7 %)
E = 284 keV (6 %)

[ICRP, 1983 - Browne et Firestone, 1986]

II. Origines
II.1 Naturelle

Comme tout radionucléide de la fission nucléaire, l’131I est produit naturellement lors des
quelques fissions spontanées qui se produisent dans l’uranium naturel, mais disparaît
rapidement compte tenu de sa période.

Département de Protection de la santé CELLULE MEDICO-SANITAIRE


de l’Homme et de Dosimétrie Renseignements : V. CHAMBRETTE 01.46.54.83.00
2

II.2 Artificielle

- Explosions nucléaires atmosphériques


Pendant la période 1945-1962, les essais nucléaires atmosphériques ont libéré dans
131 20
l’environnement une quantité d’ I estimée à 6.10 Bq. En raison de sa décroissance rapide, la
131
quantité d’ I déposée sur le sol de l’ensemble de la planète, a actuellement disparu.

- Production au sein des réacteurs nucléaires


131
Le cœur d’un réacteur en fonctionnement renferme une très grande quantité d’ I. Pour un
131
réacteur à eau sous pression (REP) de 1 300 MWe, l’activité en I présente en fin de cycle
18
(environ 40 mois) est de l’ordre de 4.10 Bq. Lors du retraitement des combustibles irradiés,
l’ensemble des produits de fission est extrait. Compte tenu du temps passé entre le
131
déchargement du combustible et son retraitement (plusieurs années), l’ I est totalement
éliminé par décroissance radioactive.

- Rejets des installations nucléaires


Au cours du fonctionnement normal d’un réacteur et au cours des opérations de retraitement du
combustible, une très faible fraction des éléments radioactifs présents se trouve dans les
effluents rejetés de façon contrôlée dans l’environnement. Pour un REP de 1 300 MWe, le rejet
131 8
annuel d’ I est de l’ordre de 1.10 Bq dans les effluents gazeux. L’activité rejetée dans les
effluents liquides est légèrement inférieure.
129
Pour l’usine de retraitement de La Hague, l’activité d’ I rejetée annuellement dans les effluents
12 131
est égale à 1,84.10 Bq en 1999 dont 99% dans les effluents liquides. Le rejet d’ I est au
moins 100 fois plus faible.
131
Pour l’usine de Sellafield (Royaume-Uni) en 1997, les rejets gazeux d’ I se sont élevés
9
à 2,6.10 Bq [BNFL, 1997].

III. Transfert à l’environnement et métrologie


III.1 Données environnementales

Dans l’environnement, les isotopes de l’iode suivent les processus de transfert habituels :
dispersion au sein du milieu récepteur, dépôt, captation par les organes aériens des végétaux,
absorption racinaire, ingestion par l’animal.
Le comportement de l’iode dans l’environnement varie selon la forme physico-chimique sous
laquelle il a été émis : les formes organiques se déposent plus lentement et sont moins bien
retenues par la végétation que les formes moléculaires ; les formes particulaires ont un
comportement intermédiaire.

Il faut noter que :


131
- du fait de sa période courte, l’ I échappe à certaines voies de transfert lorsque celles-ci sont
lentes (transfert aux végétaux par voie racinaire);
- ingéré par les animaux en période de lactation, l’iode se retrouve rapidement dans le lait
(quelques heures après l’ingestion, le maximum apparaissant au bout de trois jours).

III.2 Métrologie environnementale

Différentes techniques peuvent être utilisées pour la mesure de l’131I, notamment des méthodes
de comptage par scintillation liquide et de spectrométrie gamma.

131
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3

IV. Utilisations industrielles et médicales


Plusieurs isotopes radioactifs de l’iode sont utilisés en médecine ; en particulier l’131I qui
présente un grand intérêt pour l’exploration fonctionnelle de la thyroïde et le traitement de
131
certains cancers thyroïdiens. Cette utilisation implique la production de sources d’ I : il est fait
12
état dans certains pays (Suède, Japon) d’une production de quelques 10 Bq. L’administration
6
aux patients s’effectue par voie orale : elle peut atteindre 10 Bq pour une scintigraphie
thyroïdienne.
131
L’utilisation de l’ I entraîne des rejets à l’intérieur et à l’extérieur des hôpitaux du fait de sa
manipulation, mais aussi du fait de l’excrétion (urines, fèces) par les patients eux-mêmes.

V. Atteinte de l’homme
V.1 Exposition externe

Les coefficients de dose efficace ci-après sont issus du rapport n°12 du Federal Guidance
(1993), et sont valables quel que soit l’âge de l’individu exposé.

Dose efficace
-14 3
Panache 1,82.10 (Sv /s) / (Bq/m )
-16 2
Dépôt 3,76.10 (Sv /s) / (Bq/m )
-17 3
Immersion dans l’eau 3,98.10 (Sv /s) / (Bq/m )

V.2 Contamination externe de la peau

Une contamination homogène superficielle de 1000 Bq.cm-2 de peau délivre un débit de dose
-3 -1
équivalente à l’épiderme (couche superficielle de la peau) de 1,6.10 Sv.h [OPRI/INRS, fiche
131
I].

V.3 Exposition interne

- Biocinétique

L’iode apporté par l’alimentation est rapidement absorbé (90 % en 1 heure) au niveau de
l’estomac et de l’intestin grêle et se retrouve dans le plasma sanguin. De même, l’iode inhalé
est transféré rapidement en totalité au sang.
Le modèle biocinétique pour l’iode, décrit dans la Publication 67 de la CIPR (1993), suppose
que 30 % de la fraction d’iode présent dans le sang s’accumule dans la thyroïde et que les 70 %
restants sont éliminés directement dans l’urine. La période biologique dans le sang est de
0,25 jour.
Les iodures incorporés dans les hormones thyroïdiennes quittent la thyroïde avec une période
d’environ 80 jours et pénètrent dans d’autres tissus où ils sont retenus avec une période de 12
jours. 80 % des iodures sont alors relargués dans la circulation sanguine et ils peuvent être
alors, soit recaptés par la thyroïde, soit excrétés dans les urines ; 20 % est excrété dans les
fèces sous forme organique.

Pour un européen adulte euthyroïdien, la fraction captée par la thyroïde est comprise entre 20%
et 25 %. Les dysfonctionnements thyroïdiens peuvent modifier cette valeur (jusqu’à 25 %). Les
adultes hypothyroïdiens ont une incorporation thyroïdienne faible. Les adultes hyperthyroïdiens
ont par contre une période biologique de l’iode dans la thyroïde réduite. La dose engagée à la
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thyroïde varie en conséquence. Lorsque de tels dysfonctionnements sont soupçonnés, des


valeurs individuelles doivent être introduites dans les calculs de dose, surtout en cas
d’exposition accidentelle pour laquelle une évaluation précise est nécessaire.
131
La période effective de l’ I est de 7 jours.
[Pour plus de renseignements : voir logiciel « Calliope », 1999 ]

- Mesure

L’iode 131 ne présente pas de problème de détection. Après l’incorporation, le taux d’excrétion
urinaire décroît rapidement avec le temps, et donc la surveillance de la thyroïde est donc
préférable, à moins de connaître le moment exact de l’incorporation. La surveillance urinaire est
indispensable si le fonctionnement de la thyroïde a été bloqué.
131
I Méthode de mesure Limite de détection
Spectrométrie photon in vivo Thyroïde 100 Bq
-1
Spectrométrie photon in vitro sur Urine 1 Bq.l
échantillons
[ICRP, 1998 ]

- Coefficients de dose

Pour le public, les données ci-après sont issues de la Directive Européenne


96/29/EURATOM.
Elles considèrent un temps d’intégration de 50 ans pour l’adulte et jusqu’à l’âge de 70 ans
3 -1 3 -1
pour l’enfant et des débits respiratoires moyens respectifs de 0,9 m .h et de 0,2 m .h .

Dose efficace (Sv /Bq)


Adulte Enfant (1-2 ans)
Inhalation
-9 -8
-Aérosol (type F) AMAD = 1µm 7,4.10 7,2.10
-8 -7
-Vapeur d’iode I2 2,0.10 1,6.10
-8 -7
-Iodure de méthyle ICH3 1,5.10 1,3.10
-8 -7
Ingestion 2,2.10 1,8.10

Pour les travailleurs, les données ci-après sont issues de la Directive Européenne
96/29/EURATOM.
Elles considèrent un temps d’intégration de 50 ans pour l’adulte et un débit respiratoire moyen
3 -1
égal à 1,2 m h .
Dose efficace (Sv /Bq)
Travailleur
Inhalation
-8
-Aérosol (type F) AMAD = 5µm 1,1.10
-8
-Vapeur d’iode I2 2,0.10
-8
-Iodure de méthyle ICH3 1,3.10
-8
Ingestion 2,2.10

131
1
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5

V.4 Dangerosité
131
L’ I est un isotope important du point de vue radiotoxicologique en raison de sa grande
mobilité dans l’environnement, de sa bonne assimilation dans l’organisme et de son
accumulation dans la thyroïde.

-Groupe de radiotoxicité : indicateur de radiotoxicité au sens du décret 88-


521 du 18/04/88..
2 (forte)

-Valeur d’exemption : activité au-dessous de laquelle une pratique est


exemptée de déclaration d’après la Directive Européenne n°96/29/EURATOM du 13 mai
1996.
6
10 Bq

VI. Accidents
VI.1 Historique

Des quantités importantes d’131I ont été relâchées lors des accidents survenus à Windscale
15 11
(Royaume-Uni) en 1957 (1,4.10 Bq), à Three Mile Island (USA) en 1979 (5,5.10 Bq) et à
17
Tchernobyl en 1986 (5.10 Bq).

VI.2 Réponse sanitaire

Une mesure de protection particulière à l’iode consiste à administrer de l’iode stable par voie
orale (tablettes de comprimés d’iodure de potassium de 130 mg soit 100 mg d’iode stable) afin
d’empêcher la fixation de l’iode radioactif par blocage du fonctionnement thyroïdien.
Cette administration doit être effectuée dans les meilleurs délais sans dépasser quelques
heures après la contamination. Elle est préconisée pour une dose prévisionnelle calculée à la
thyroïde supérieure ou égale à 100 mSv (Circulaire interministérielle du 10 mars 2000 portant
révision des plans particuliers d’intervention relatifs aux installations nucléaires de base).
La posologie est de :
-1 comprimé pour les adultes, enfants de plus de 12 ans et femmes enceintes ;
-1/2 comprimé pour les enfants de 3 à 12 ans ;
-1/4 comprimé pour les enfants de moins de 3 ans.

En cas de rejet important d’iode radioactif, l’autre mesure d’urgence consiste à évacuer la
population hors de la zone de passage du nuage.

Dans l’Union Européenne, des normes d’interdiction de commercialisation ont été instaurées
depuis 1987 pour l’éventualité d’un accident futur [Règlements Euratom 3954/87, 2218/89].
Denrées alimentaires
prêtes à la consommation
Aliments Produits Autres Liquides
pour le laitiers denrées destinés à la
nourrisson alimentaires consommation
-1 1
150 Bq.kg-1 500 Bq.kg 2000 Bq.kg- 500 Bq.kg-1

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6

VII. Textes réglementaires généraux


-Directive Européenne n°96/29/EURATOM adoptée le 13 mai 1996, fixant les normes de
base relatives à la protection sanitaire de la population et des travailleurs contre les dangers
résultant des rayonnements ionisants (J.O.C.E n°159 du 29 juin 1996). Les limites annuelles
de dose sont les suivantes :

Public Travailleur

Dose efficace 1 mSv 100 mSv/ 5 ans consécutifs


et au plus 50 mSv/an
Dose équivalente à la peau 50 mSv 500 mSv

-Brochure du Journal Officiel (J.O.) n°1420 : protection contre les rayonnements ionisants.
Ce document rassemble tous les textes législatifs et réglementaires de radioprotection et
notamment :
-Le décret n° 88-521 du 18 avril 1988 modifiant le décret du 20 juin 1966 relatif aux
principes généraux de radioprotection ;
-Le décret n° 86-1103 du 2 octobre 1986 modifié relatif à la protection des travailleurs
contre les dangers des rayonnements ionisants et ses textes d’application.

VIII. Bibliographie
-BNFL, Annual report on radioactive discharges and monitoring of the environment,1997.

-BROWNE E., FIRESTONE R., Table of radioactive isotopes, Shirley V Editor., Wiley-Interscience Publication, 1986.

-Calliope, CD-Rom, Collection IPSN, 1999.


-Federal Guidance Report n°12, External exposure to radionuclides in air, water and soil. Oak Ridge National
Laboratory, 1993.
e
-GALLE P., Toxiques nucléaires, Paris, Masson (2 édition), 1997.

-GEOFFROY B., VERGER P., LE GUEN B, Pharmacocinétique de l’iode : revue des connaissances utiles en
radioprotection accidentelle, Radioprotection, Vol 35 (2), 151-174, 2000.

-ICRP (International Commisssion on Radiological Protection) Publication 38, Radionuclide transformations,


Energy and intensity of emissions, Oxford Pergamon Press, 1983.

-ICRP (International Commisssion on Radiological Protection) Publication 67, Age-dependent doses to members
of the public from intake of radionuclides, Oxford Pergamon Press, 1993.

-ICRP (International Commisssion on Radiological Protection) Publication 78, Individual monitoring for internal
exposure of workers, Oxford Pergamon Press, 1998.

-OPRI/INRS, Iode 131 : Fiche technique de radioprotection pour l’utilisation de radionucléides en sources non
scellées, 1996.

Rédacteurs de la fiche : M.L. Perrin, A. Thomassin, E. Gaillard-Lecanu,


V. Chambrette, J. Brenot (DPHD).

Vérificateur : P. Verger (DPHD)

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