Mission
Mission
Royaume du Maroc
Ministère Délégué auprès
du Ministre de l'Energie, des Mines Ministère de l’Intérieur
Ministère de l’Intérieur
de l’Eau et de l’Environnement, RégionRégion de Guelmim
de Guelmim Es-Smara
Es-Smara
Chargé de l’Environnement
1- Préservation de la biodiversité 84
1.1 Réalisation d’un inventaire des caractéristiques naturelles des SIBEs 84
et du milieu marin de la région.
1.2 Lutte contre la désertification 85
1.3 Évaluation et lutte contre la perte de la biodiversité due à l’exploitation des carrières 86
3- Avenir du littoral 99
3.1 Amélioration de la salubrité des ports 99
3.2 Mise en place d’un système d’alerte et de lutte contre la pollution accidentelle 100
Le Maroc se trouve dans une phase de « transition environnementale » concomitante à celle de sa « transition
démographique et économique ». Les enjeux et défis qui se présentent au Maroc, de même que la nature et
l’étendue des problèmes environnementaux rencontrés montrent clairement que la dégradation écologique
du pays, notamment en ce qui concerne le capital naturel (dont une partie n’est pas renouvelable), a atteint
un niveau de gravité important dans certaines localités. Ces dégradations risquent non seulement de
compromettre une bonne partie des acquis économiques et sociaux de la dernière décennie, mais également
de limiter les possibilités de gains de bien-être des générations futures.
La région de Guelmim Es-Smara est particulièrement concernée par cette problématique de dégradation de
l’environnement qui est étroitement liée au processus de développement économique et social de la région.
En effet, les activités socio-économiques de la région reposent essentiellement sur l'agriculture et les activités
y afférentes. L’élevage et l’extraction des minerais contribuent également d’une manière substantielle au
développement socio-économique de la région.
Par conséquent, l’utilisation des ressources est importante, et certaines ressources non renouvelables comme
le sol ou la biodiversité sont menacées. Ainsi, le réseau hydrographique de la région est fortement touché,
les ressources en eau connaissent une dégradation qualitative et quantitative aggravée par les conditions
climatiques et les périodes de sécheresse répétées, les ressources en eau souterraine sont généralement de
qualité moyenne à mauvaise à cause d’une salinité élevée.
Par ailleurs, et malgré des richesses naturelles appréciables et des investissements massifs dans le
développement du capital économique, physique et humain, il s’est avéré également que parmi les causes
principales de la crise environnementale que vit la région , certaines sont fondamentalement d’ordre
institutionnel et étroitement liée à la carence de la mise en œuvre des politiques et des programmes au niveau
local. D’autres problématiques sont impliquées dans la dégradation de l’environnement, notamment à travers
la surexploitation des ressources naturelles (eau, littoral et milieu marin, sol, biodiversité), des défaillances en
matière d’aménagement du territoire, ou encore l’absence et le manque d’infrastructures de base.
La mise en œuvre durant les dernières décennies de l’option de développement fondée sur l’intensification de
l’exploitation des ressources naturelles a certes permis d’améliorer la qualité de vie des citoyens, mais au prix
de déséquilibres écologiques importants qui menacent le développement futur de la région.
Le plan d’action a été érigé à l’issu de l’élaboration, de l’analyse et de la comparaison des scénarios de
planification et de gestion des ressources naturelles, analyse qui a permis d’orienter vers le scénario le plus
approprié pour la préservation et la protection des ressources naturelles en général et des ressources en eau
en particulier.
Le Plan d’Actiosn de la région devrait être en conformité avec les actions environnementales et sociales
prévues dans les Programmes du Gouvernement, plus particulièrement avec les actions liées à la protection
des ressources naturelles, la pêche, l’industrie de transformation de poisson, les mines et carrières. Ce plan
devrait également être orienté par les actions prévues dans la stratégie de lutte contre la pauvreté, surtout en
ce qui concerne l’intervention prioritaire en matière de développement rural, en termes de lutte contre l’habitat
insalubre, de généralisation de l’alimentation en eau potable et de l’assainissement solide et liquide.
Avec les activités qui y sont proposées, ce document prétend également contribuer à la réalisation des
objectifs des programmes environnementaux multisectoriels du gouvernement, et plus particulièrement la
mise en œuvre de la Stratégie Nationale de l’Eau, les aspects en relation avec la rationalisation des ressources
prévus par le Plan Vert, la Stratégie de lutte contre la Pollution de l’Air, etc.
La mise en œuvre des activités de ce plan, permettra aussi de concrétiser les recommandations des documents
régionaux et internationaux en lien avec les engagements du Maroc dans le domaine de l’environnement et du
développement durable.
Elle est située au sud-ouest de l’anti-atlas, tandis que le nord est occupé par les collines de Jbel Bani, qui sont
limitées à l’est par Oued Drâa (Tata), à l’ouest par le périmètre Sayad-Noun (province de Guelmim) et au sud
par les chaînes d’Ouarkziz (Es-Smara et sud Tantan).
Cette région occupe une place importante parmi les trois régions du sud , que ce soit au niveau des
potentialités naturelles ou humaines, car elle couvre plus de 42 % de la superficie globale des trois régions et
abrite 64% de sa population totale.
Les principales activités socio-économiques de la région sont l’agriculture, l’élevage, la pêche maritime et le
tourisme.
1.1.1 Agriculture
Aussi aride et désertique qu’elle puisse paraître, la région de Guelmim Es-Smara n’en a pas moins des
atouts à faire valoir dans le secteur agricole. La région de Guelmim Es-Smara est dotée aujourd’hui d’une
superficie agricole utile d’environ 210 000 ha dont 38 300 ha pour les céréales avec une production de
25 000 t/an, ainsi que 30 000 ha en cactus pour une production de 444 000 t/an et 10 000 ha en palmiers
qui produisent 16 000 t/an de dattes.
La céréaliculture, pratiquée sur 45 % des terres de la région, est essentiellement destinée à des fins
d’autoconsommation et d’alimentation du cheptel. Les cultures maraîchères, localisées au niveau des
périmètres irrigués par pompage, s’étendent sur une superficie ne dépassant pas 4 % et génèrent la
productivité moyenne la plus importante.
Pour la filière animale, la région compte aujourd’hui un cheptel de 308 000 têtes qui produisent annuellement
2 6000 tonnes de lait, 2 800 tonnes de viandes rouges, 1 400 tonnes de viandes blanches. L’élevage
camelins, adapté aux conditions écologiques difficiles de la région, est largement dominant et constitue la
principale ressource des éleveurs.
L’activité apicole dans la région produit environ 100 tonnes de miel par an.
1.1.2 Pêche
Le secteur de la pêche côtière et artisanale dispose d’énormes potentialités tant au niveau économique que
social. Sa contribution au développement socio-économique de la région reste néanmoins en dessous des
potentialités offertes en terme de richesses halieutiques.
Les statistiques sur l’activité de pêche au niveau de la région de Guelmim Es-Smara sont résumées dans le
tableau suivant :
1.1.3 Tourisme
De par sont environnement naturel caractérisé par une diversité des espaces et des paysages, et une
biodiversité riche et variée, la région recèle des potentialités importantes pour le secteur du tourisme : le
balnéaire le long du littoral, le tourisme de montagne dans l’anti-atlas, le tourisme de déserts et oasien dans
l’arrière pays.
A ce jour, l’activité touristique de la région Guelmim Es-Smara est très limitée. L’offre d’animation et de loisirs
actuelle est très insuffisante pour pouvoir accompagner le développement touristique de la région.
1.1.4 Industrie
Le tissu industriel à la région de Guelmim reste marqué par la prédominance du secteur de l’agroalimentaire,
surtout avec les unités de transformation des produits de la mer à Tantan.
La province de Tantan jouit d’une infrastructure industrielle importante, faisant d’elle la destination des
investissements aussi bien liés à l’industrie de transformation des produits de la mer qu’aux industries et
services de sous-traitance.
Tantan est caractérisée par sa situation géographique à mi-chemin entre les deux pôles économiques du
sud, Agadir et Laâyoune. Le port de Tantan est doté d’une zone industrielle intra-portuaire et d’une zone
industrielle extra-portuaire.
Sur un investissement industriel régional de près de 40 millions de Dhs, le secteur industriel de Tantan a
généré en 2008 un investissement de près de 39 millions de Dhs. Ce secteur a assuré 2 625 emplois en
2008, soit plus de 94% de cette grandeur à l’échelon régional.
Concernant le secteur commercial dans la région, il se base essentiellement sur l’alimentation des produits
alimentaires, acheminés à partir des marchés d’Agadir, de Casablanca et de Tiznit, ainsi que le commerce des
produits de la mer destinés aux autres régions du Royaume.
1.1.5 Carrières
Selon le rapport sur l’état actuel des carrières de la province de Guelmim réalisé par la Direction Régionale de
l’Equipement et du Transport, la province de Guelmim compte environ 19 carrières, dont 14 productives. Ces
carrières se répartissent en fonction de la nature des matériaux exploités de la manière suivante:
Selon le plan administratif, la région est composée de 60 communes urbaines et rurales réparties entre cinq
(5) provinces.
La région a compté 501 921 habitants, soit 0,14% de la population totale du Royaume. La répartition de
la population suivant le milieu de résidence met en évidence la prédominance du caractère urbain de la
population, avec 65 % de la population régionale en 2011 contre 62% en 2004.
Le taux d’activité régionale est estimé à 40% en 2010 contre 27% en 2004. Sur le plan provincial, Tantan et
Es-Smara sont les deux provinces qui ont enregistré les taux les plus élevés en 2004, avec respectivement
35% et 31% contre 21% à Tata, la province qui a enregistrée le taux d’activité le plus faible au niveau de la
région. En 2010, le taux d’activité au niveau de la région est estimé à 39.9%.
L’augmentation du PIB régional durant la période 2009-2010 a été grâce aux progressions enregistrées au
niveau des différents secteurs d’activités notamment le secteur de la pêche et de l’aquaculture en contribuant
à hauteur de 12,4%1 de la valeur nationale du secteur.
Par ailleurs, la région Guelmim Es-Smara fait partie des régions les mieux nanties en matière d’infrastructure
scolaire avec 263 établissements scolaires en 2013 dont 38% concentrés dans la province de Guelmim.
L’analyse de l’indice de Gini peut nous révéler une esquisse de réponse dans la mesure où cet indicateur
nous renseigne sur l’équité et la répartition de la richesse générée. Malheureusement le niveau de cet indice
ne fait que confirmer cette assertion.
Dans le domaine de la santé, la région de Guelmim Es-Smara dispose de nombreuses infrastructures avec
108 établissements de soin en 2013. Cependant, La région connaît une carence en personnel médical surtout
en spécialistes. Si les indicateurs moyens enregistrés au niveau de cette région sont supérieurs ou égaux au
niveau national, le milieu urbain demeure favorisé par rapport au milieu rural quant au nombre de médecins.
Par ailleurs, la région de Guelmim Es-Smara est une région désertique ou le processus de désertification est
bien entamé en raison de l’aridité du climat et de la faible pluviométrie.
Ainsi, la région souffre des problèmes importants d’ensablement. Cette contrainte naturelle entrave
considérablement le bon fonctionnement de nombreuses infrastructures de la région.
Il apparait donc que l’environnement naturel de la région est un facteur limitant pour le développement.
Le diagnostic a permis de ressortir également que toutes les composantes environnementales bien qu’à
des degrés différents, font l’objet de plusieurs pressions émanant d’une diversité de sources. Ces pressions,
d’ordre naturel et anthropique, ont concouru à engendrer des problèmes environnementaux allant de la
pollution des ressources en eau, à la dégradation physico-chimique du sol, en passant par la dégradation de
la biodiversité et des forêts.
Suite au rapport sur l’état de l’environnement régional, il est apparu que certaines problématiques impactent
directement les ressources naturelles alors que d’autres problématiques les impactent indirectement.
Toutes ces problématiques ont été identifiées, répertoriées et comparées entre elles en vue d’une meilleure
compréhension et d’une mesure plus exacte de leurs impacts environnementaux.
1
Le Maroc des régions: Contributions sectorielles à la création de la richesse nationale – Janvier 2010.
Dans l’annexe 1 a été exposée, la méthodologie qui a été utilisée pour la hiérarchisation de ces problématiques,
dans une optique de mieux cibler le plan d’action.
Le résultat de cette évaluation est résumé dans les titres qui suivent et permet de dresser les défis, de tracer
les orientations stratégique, qui vont découler le plan d’action.
La région englobe également une douzaine de Sites d’Intérêts Biologiques et Écologique (SIBE), dont les
écosystèmes arides abritent des reliques remarquables de la faune saharienne, telles que la Gazelle de
cuvier, la Gazelle dorcas, le Mouflon à manchettes, etc.
Les écosystèmes forestiers et oasiens de la région subissent des dégradations suite aux pressions sur le
couvert végétal, ce qui contribue à amplifier les phénomènes d’érosion, d’ensablement et de désertification.
Ainsi, les écosystèmes naturels et les oasis sont devenus de plus en plus fragiles et vulnérables.
L’ensemble des problématiques et pressions exercées sur la biodiversité et les forêts a été reporté sur le
tableau suivant :
qui
2.3 Littoral
La pollution du littoral dans cette région reste négligeable par rapport aux autres régions du Nord. Toutefois,
certains rejets domestiques et industriels, sans traitement préalables, sont localisés le long du littoral et
risquent de présenter des effets néfastes pour la sauvegarde du patrimoine environnemental et la pérennité
du tourisme balnéaire.
L’ensemble des problématiques liées au littoral a été reporté sur le tableau suivant, et traduites sous forme
de pressions exercées :
Tableau 4 : Problématiques et pressions exercées sur littoral
D’un point de vue pédologique, les sols de la région sont variables dans l’axe de Bouizakarne – Guelmim.
On y trouve un sol squelettique et caillouteux où la roche mère calcaire apparaît à la surface. Seuls les
sols des oasis peuvent être considérés comme aptes à une agriculture intensive. Les sols cultivables sont
pratiquement absents dans la province d’Es-Smara et le sud de celle de Tantan.
D’un point de vue lithologique, les calcaires lacustres recouvrent l’ensemble des plaines occidentales d’Ifrane
à Bouizakarne et Guelmim, les limons se sont accumulés dans les parties basses (zones déprimées ou
érodées) à l’Est de Taghajijte et les formations sableuses du quaternaire récent recouvrent la plaine de
Taydalte et la zone côtière (dunes blanches).
La topographie du bassin de Guelmim, par endroit relativement accidentée, la diversité lithologique, les
climats semi-arides et variables, la proximité du désert et les vents forts, la faible densité de la couverture
végétale, rendent cette région très sensible à l'érosion et à la désertification.
La désertification est un phénomène qui menace la majorité du territoire agricole de la région. Presque toutes
les communes de la région sont touchées par ce phénomène difficile à combattre à savoir :
• Es-Smara : Sidi Ahmed Laâroussi, Sidi Khattari ; Amgala ; Ajdeiriya ; Haouza ; Tfariti.
En plus des facteurs naturels, les activités anthropiques engendrent de fortes pressions sur les sols,
l’exploitation des mines et carrières, le surpâturage et à moindre échelle, l’urbanisation, l’augmentation des
rejets liquides et solides.
Plusieurs nuisances dues aux densités humaines et aux activités exercées par les populations affectent le
sol à savoir :
• La pollution du sol au niveau des multitudes points de rejets et des zones d’écoulement de lixiviats. L’écart
perpétuel entre le déficit en infrastructures d’assainissement et la croissance de la population urbaine a
pour conséquence la gestion anarchique des rejets liquides et solides. Ainsi, les effluents domestiques
sont déversés à même le sol, dans les bidonvilles et douars. Les lixiviats issus des déchets entassés
polluent le sol, via des solutions toxiques qui peuvent provoquer son colmatage et la modification de ses
propriétés physico-chimiques ;
• La perte en terres agricoles fertiles au profit de l’édification des résidences pour les ménages et les
établissements touristiques ;
• Le bouleversement de l’état physique du sol pendant les nombreux travaux de terrassement dans le cadre
des BTP, etc.
L’ensemble des problématiques liées au sol a été reporté sur le tableau suivant, et traduites sous forme de
pressions exercées sur le sol.
2.5 Air
Dans la région Guelmim Es-Smara, la qualité de l’air est affectée principalement par la pollution causée par
les moyens de transport, dont la plupart sont vétustes, ainsi que par l’exploitation des carrières.
Le tableau ci-dessous indique les principales sources de pollution, le type de pollution générée et les
impacts engendrés sur la santé, l’environnement et la qualité de vie. La pollution atmosphérique résulte des
gaz et particules rejetées dans l’air par des sources de nature variée. Les principales sources d’émissions
atmosphériques sont les suivantes :
Cette situation avait connu une mutation rapide surtout au niveau des centres ruraux, ce qui a nécessité
des efforts pour subvenir aux besoins énormes surtout pour étendre ou reprendre le réseau existant. Ces
opérations de mise à niveau, étant coûteuses et dépassant les moyens disponibles aux conseils élus, leur
rythme de réalisation, a vite fait affecté le rendement du service offert.
Ce secteur est, ainsi, devenu l'un des chantiers où l’Agence pour la Promotion et le Développement
Economique et Social des Provinces du Sud du Royaume (Agence du Sud), intervient pour compléter l'effort
fait par les municipalités concernées.
Le secteur a connu l'organisation régulière de campagnes de sensibilisation qui restent cependant limitées,
ce qui a orienté la réflexion des responsables, vers l'ouverture de ce secteur à l'investissement privé.
Ces dysfonctionnements ont conduit à la prolifération de l’habitat clandestin. Ce qui s’est traduit par
l’apparition de villes de taille grande (Guelmim) ou moyenne (Tantan, Tata et Es-Smara) qui ne disposent
pas des conditions d’une urbanisation équilibrée, surtout au niveau des infrastructures de base et des
équipements de superstructures liés aux services.
Les répercussions sur la qualité du paysage urbain et le développement harmonieux de la ville, sont
importantes. Aujourd’hui, beaucoup d’efforts sont déployés aussi bien par l’État que par les collectivités et
les autorités locales afin de redresser cette situation et rattraper le retard cumulé au niveau de l’infrastructure
urbaine en adoptant une nouvelle démarche portant sur la planification en amont et le contrôle du
développement urbain.
Sur l’ensemble des indicateurs dressés pour le suivi du milieu, des activités sectorielles et de leur impact sur
les ressources naturelles et sur l’environnement, 11 % des indicateurs ne sont pas disponibles et plus de 57%
des indicateurs existants n’avaient pas d’historique.
Bien que plusieurs dispositifs de protection et de préservation des ressources naturelles aient été
envisagés et que des projets spécifiques aient été mis en place dans le cadre des engagements nationaux
et internationaux, les politiques n’en sont cependant qu’à leur début (programme d’assainissement liquide,
solide, plan vert, stratégie énergétique…etc. Cf. chapitre précédent) et devraient bénéficier de l’adhésion de
tous les acteurs du développement en vue d’atteindre les objectifs escomptés.
3- Classification des principales sources de pression selon leur impact sur les
milieux environnementaux
En vue de classer les pressions et de mesurer leurs impacts sur chacun des milieux environnementaux, une
approche a été mise au point basée sur une méthodologie scientifique élaborée à l’international : la matrice
décisionnelle ou matrice d’hiérarchisation.
La matrice décisionnelle est basée sur les critères et paramètres suivants : la sensibilité, l’occurrence ou la
puissance et le degré d’importance de la pression.
Ces paramètres permettent de mesurer la criticité de l’impact environnemental (CIE) ou CIE = O*(S*I) Où O =
Occurrence ; S = Sensibilité ; I = Importance de la pression ; (S*I) = la gravité.
La sensibilité est le paramètre qui représente la sensibilité du milieu environnemental (eau, air, sol, littoral,
biodiversité et forêts. La sensibilité du milieu se mesure comme suit :
Suite à une fiche d’évaluation établie (annexe 1) par le bureau d’étude et tenant compte des résultats de
l’analyse du rapport de la mission 3, la sensibilité de chaque milieu environnemental a été évaluée et
préétablie. Les résultats ont permis d’identifier les milieux environnementaux du plus sensible au moins
sensible. A ces sensibilités ont été alloués les scores suivants :
Il apparait que le milieu le plus sensible au niveau de la région de Guelmim Es-Smara est la biodiversité et la
forêt, avec une sensibilité de 6, suivi de l’eau, du littoral, du sol et enfin l’air, avec une sensibilité de 2.
L’occurrence représente le nombre de répétitions de la pression. L‘occurrence se mesure de 4 à 1, selon
qu’elle ait un impact récurent, un impact momentané, un impact rare ou pas d’impact.
L’importance de la pression est mesurée sur une échelle de 1 à 6, en partant de 1 (absence) à 6 (très forte).
A l’issue des différentes étapes expliquées ci-dessus, les principales sources de pressions ont été classées
selon leurs impacts sur les milieux naturels.
La grille de pondération relative à la biodiversité et aux forêts met en évidence que les sources de pressions
les plus influentes sur cette composante environnementale sont surtout liées à la carence en matière de
lois et de normes sectorielles, au même ordre que la désertification, l’érosion éolienne et l’élevage et le
surpâturage.
Les résultats ci-dessus mettent en évidence que les pressions ayant le score le plus élevé (96 points) et
ayant le plus d’impact sur les ressources en eau sont :
• La salinité ;
• L’augmentation de la population ;
• L’analphabétisme.
La grille de pondération met en évidence que les principales pressions qui induisent la détérioration du
littoral sont soutenues par un déficit en matière de gouvernance et de lois. La dégradation du littoral de la
région de Guelmim Es-Smara est surtout favorisée par la surexploitation de la pêche, de la pollution liée aux
activités portuaires et à l’extraction illicite de son sable.
La grille de pondération relative aux ressources en sol met en évidence que les sources de pressions les plus
influentes sur cette composante environnementale sont surtout liées à :
• Ensablement ;
• Érosion ;
• Salinité ;
• Désertification ;
L’analyse de la grille de pondération relative à la qualité de l’air met en avant que le déficit en matière de
gouvernance (déficit en lois, déficit en normes….) est au cœur des pressions qui affectent cette composante,
au même titre que les émissions liées au secteur industriel et celles engendrées par les modes d’exploitation
et d’extractions liés à l’activité minière.
La préservation et la protection du littoral et du milieu marin de la région présente l’axe secondaire prioritaire
en matière de protection du milieu naturel.
L’hiérarchisation faite sur la base de cette méthode met en évidence que le développement économique
est le facteur qui impacte le plus l’environnement. A la suite de cette dynamique économique, viennent
successivement les facteurs sociaux, les carences en matière de gouvernance puis le cadre naturel ou
changement climatique.
Le tableau suivant synthétise les scores par groupe de pression, selon qu’elles soient d’ordre économique,
social, politique ou naturel :
Il apparait que les pressions ayant le plus d’impacts sur l’environnement sont directement ou indirectement
liées au développement des activités économiques, les conditions climatiques et le cadre naturel représentent
le groupe de pression ayant le moins d’impacts sur l’environnement.
Le tableau suivant met en évidence les scores des pressions par type d’activité économique. Ce classement
permet d’identifier les types d’activités économiques ayant le plus d’impacts environnementaux. Le secteur
de la pêche maritime et le secteur des mines et carrières impactant le plus l’environnement. Les pressions
liées au développement agricole viennent en seconde position, alors que le développement du touristique
et de l’artisanat se révèlent comme les secteurs économiques les moins perturbateurs pour l’environnement.
Ce classement met en évidence que le déficit en assainissement (liquide et solide) est la plus importante des
pressions, suivie de la pression démographique, la pauvreté et l’analphabétisme.
Certes, l’augmentation de la population n’est pas maîtrisable, cependant sa répartition sur le territoire d’une
manière plus homogène peut être contrôlée pour éviter les concentrations des foyers de pollution et le
déséquilibre en infrastructures et services entre les provinces. Des actions de décongestion des grandes
villes urbaines au profit du développement des provinces et zones rurales devraient être recherchées non
seulement pour minimiser les impacts sur le milieu naturel, mais également pour généraliser le développement
à l’échelle de la région et réussir le défi de la lutte contre la pauvreté et l’analphabétisme.
Le déficit en assainissement peut être également surmonté par l’intensification et la multiplication des
programmes d’assainissement au niveau de la région.
La résorption du déficit en infrastructures d’assainissement est un enjeu important, car il se révèle à la base
de la régression des ressources naturelles exploitables notamment des eaux superficielles.
Concernant les pressions liées aux carences politiques (lois et gouvernance), le déficit en matière de normes
sectorielles ressort comme la force motrice de changement du milieu naturel la plus importante, le manque
de cadre juridique en matière de protection de l’environnement (notamment le littoral, le sol et la dépollution
industrielle) et le manque de la bonne coordination entre les différents organismes en charge de protection
des milieux naturels, constituent le deuxième lot de pressions. Dans la quasi-totalité de ses secteurs
économiques, le Maroc ne dispose pas de normes de rejets.
Tableau 21 : Résultats de l’hiérarchisation des scores pour les différentes pressions d’ordre
politiques
En portant notre analyse de façon plus globale sur les forces motrices de changement, indépendamment du
cadre auquel elles relèvent (politique, social et économique), il ressort que la dégradation et la pollution du
milieu naturel dans la région de Guelmim Es-Smara, est due aux pressions telles qu’elles sont hiérarchisées
dans le tableau 22 qui suit :
Le socle de la préservation et la de gestion rationnelle des ressources naturelles de la région dans une
perspective de développement durable passe donc par:
D’une part, la maitrise des pressions liées au :
1 - Développement de la pêche maritime avec les industries annexes;
2 - Développement de l’agriculture ;
3 - Développement des mines et carrières ;
Et d’autre part :
4 - Le développement des infrastructures d’assainissement ;
5 - L’instauration de la réglementation et de normes sectorielles ;
6 - L’amélioration de la gouvernance et de la coordination entre les différents intervenants.
7 - L’amélioration du cadre social (Lutte contre l’analphabétisme, la pauvreté, etc.).
Les scénarios sont « des modèles de conception de l’avenir » qui lient une situation de base réelle à différentes
situations plausibles du futur. En ce sens, ce sont d’importants outils d’aide à la décision qui peuvent permettre
d’améliorer les stratégies définies ou d’entreprendre de nouvelles orientations par les décideurs.
En général, il existe deux types d’approche, l’approche normative et l’approche exploratoire à savoir le scénario
prédictif, le scénario normatif et le scénario exploratoire. L’approche normative implique la prise en compte
des buts normatifs (situation future souhaitée) et l’exploration des voies et moyens conduisant à atteindre
les objectifs fixés. L’approche exploratoire, caractérisée par l’ouverture à plusieurs événements éventuels et à
différentes évolutions possibles, se base sur des hypothèses fondées sur les résultats d’analyses précédentes
et sur le bilan de « l’état des lieux » de la région, ce qui permet de réduire au maximum le degré d’incertitude.
L’élaboration des scénarios de la région de Guelmim Es-Smara, vise à identifier les solutions plausibles pour
répondre aux futurs impacts environnementaux sous différentes possibilités de changements politiques et de
changements socio-économiques.
Dans cette logique quatre scénarios de développement sont alors possibles et sont résumés comme suit :
Ces scénarios sont théoriques et non figés et chacun d’entre eux peut en fonction des pays ou des régions être
progressif dans l’une ou l’autre des composantes du DD d’où les signes + et – qui traduisent des tendances
vers plus d’économie ou moins d’économie, plus d’ascension sociale ou moins d’ascension sociale et plus de
protection de l’environnement ou moins de protection de l’environnement.
L’ascension sociale se traduit généralement par une amélioration du niveau et du cadre de vie du citoyen, un
meilleur accès du citoyen aux services publics, une éradication de l’analphabétisme, de la pauvreté, etc.
En s’inspirant des scénarios ci-dessus, il sera examiné dans les parties suivantes, et tenant compte des
spécificités nationales et régionales, les scénarios plausibles de protection de l’environnement pour la région.
A l’horizon 2030, les projets de développement sociaux (l’INDH, le plan national de développement rural, …)
évolueront lentement par rapport à la croissance démographique. En conséquence, il y a une dégradation
progressive des conditions de vie se traduisant par la pollution amplifiée des ressources « eau et en sol »
résultant du manque d’assainissement suffisant.
Dans le souci de satisfaire ses besoins, la population ne pourra couvrir ses revenues qu’à partir de l’exploitation
de ressources naturelles (extraction illicite du sable au niveau du littoral, surpâturage...). Les insuffisances
politiques en matière de gestion de l’environnement et le manque d’application des lois pour la protection de
l’environnement, entraîneront une exploitation de façon irrationnelle et accélérée au point que le milieu naturel
ne soit plus en mesure de satisfaire la demande de la population et de l’économie : les nappes souterraines
seront asséchées, les sols appauvris, la biodiversité réduite.
L’exploitation des ressources naturelles est intense, sans actions de développement sociales concrètes
transverses (les réalisations des programmes sociaux tels que l’INDH contribuent faiblement à l’amélioration
des conditions sociales, les employés sous-payés, ne bénéficient pas des régimes de déclaration et de la
couverture sociale et de santé …etc.).
Les textes de loi et les normes même quand ils existent ne sont pas respectés.
Le développement socio-économique génère de grands profits à court terme, mais reste menacé à
moyen et long terme, car il y a un décalage entre les dimensions économiques/sociales ; économique et
environnementale. Le milieu naturel peut devenir alors un facteur limitant de développement générant ainsi
des pertes économiques importantes aussi bien pour la collectivité que pour les activités économiques
elles-mêmes.
Ces deux scénarios ne sont pas non plus imaginables pour la région, compte tenu de la politique du
développement axée sur l’humain développée par le Maroc et des efforts soutenus et actions concrètes
réalisées en matière de la protection de l’environnement.
Dans ce cas, les activités économiques continuent à connaitre un essor. Les infrastructures touristiques se
multiplient, la productivité en ressources halieutiques s’intensifie et l’activité industrielle (production de l’huile
et de la farine de poisson) prend de l’élan. Les investisseurs attirés par le dynamisme régional s’installent. Les
opportunités d’emploi permettent à la population d’améliorer ses revenues favorisant ainsi des changements
profonds de mode de vie.
Dans ce scénario, les objectifs de qualité et de préservation de l’environnement fixés par le département
de l’environnement et les perspectives de développement des départements ministériels sectoriels sont
intégrés dans une analyse prospective des composantes environnementales. Les défaillances, manques et
insuffisances sont maintenus dans les mêmes conditions d’évolution et d’amélioration que la situation actuelle.
Les répercussions environnementales résiduelles sont alors ressorties.
Au final, le scénario contextuel préserve le passé et il l’extrapole en intégrant les objectifs fixés. C’est un scénario
qui n’ajoute aucun paramètre à la réalité, il respecte la tendance et les objectifs des politiques menées.
Le scénario durable vise à provoquer, ce que l’on appelle communément dans la communauté scientifique
« Une rupture » avec le passé avec une prise de conscience environnementale générale et la mise en place
d’une nouvelle éthique. Ce scénario se veut participatif, avec l’implication de tout un chacun dans la protection
de l’environnement, tout en conservant une croissance économique et une ascension sociale.
Contrairement au scénario non durable, les politiques environnementales laissent une marge de manœuvre en
matière d’exploitation des ressources naturelles, à la population et aux particuliers qui respectent de leurs côtés
les normes établies. Grâce aux actions de sensibilisation, la conscience collective s’imprègne de l’importance
du milieu naturel comme richesse, la population et les industries sont plus prédisposées au respect des lois
en vigueur. L’écotourisme se développe, les processus de production propres sont adoptés par la plupart des
industries, l’agriculture intensive est substituée à l’agriculture bio avec l’utilisation rationnelle des ressources en
eau. La préservation de l’environnement est en phase avec le développement socio-économique.
Sur un plan social, l’essentiel des politiques sont axées sur le développement humain en plus du projet INDH
qui est venu asseoir une politique d’ascension sociale parallèle à celle générée par les grands projets de
développement aussi bien publics que privés.
Données Projection
Les projets et les actions visant le développement porte à croire que le dynamisme économique du Maroc et
de ses régions s’intensifiera encore, au moins à moyen terme. Une récession économique alarmante est peu
probable pour les 15 à 20 années à venir si l’on examine l’évolution du PIB qui porte à croire que sa tendance
restera à la hausse, et ce, malgré le fléchissement enregistré en 2012 en raison de la crise mondiale.
4,0
3,5 3,5
3,0
2,5
2,0
2,0
1,5
1,0
0,5 0,6
0,0
1995 2000 2005 2010 2015
Les valeurs du Produit Intérieur Brut Régional (PIBR) estimées en 2009, 2010 dépassent largement la moyenne
nationale.
L’augmentation du PIB régional durant la période 2009-2010 a été grâce aux progressions enregistrées au
niveau des différents secteurs d’activités notamment le secteur de la pêche et de l’aquaculture en contribuant
à hauteur de 12,4% de la valeur nationale du secteur.
Face à ces secteurs florissants en termes de relance au niveau de la région, on relève singulièrement une
tendance à la hausse de la part du secteur piliers dans le développement économique, à savoir la pêche. Ainsi,
la part de ce secteur est importante par rapport aux normes classiques de performances de développement.
La part du PIB du commerce représente 3,2% en 2010 et celui du l’industrie extractive et de transformation se
limite à 2.6%. Durant cette période le PIB agricole a baissé à 0,8%.
Les scénarios, avec une rétrogradation des conditions de vie humaine, sont des cadres peu probables pour le
Maroc en général et la région de Guelmim Es-Smara en particulier.
Durant cette dernière décennie, de grands chantiers d’infrastructures, de développement économique et social,
de droits humains, environnementaux, etc. ont été ouverts au Maroc. Une dynamique de développement axée
sur l’homme (EX : INDH), sur la démocratie et le développement durable, a été enclenchée au plus haut niveau
politique de notre pays.
En matière d’environnement, la dernière décennie est marquée par de nombreuses politiques et stratégies de
préservation de l’environnement propres ou intégrées à des politiques de développement socio-économiques
visant à prévenir ou à rétablir tout déséquilibre du milieu naturel. Ces actions vont de la promulgation de lois (loi
sur l’eau : 10-95, loi sur les études d’impact de l’environnement : 12-03, loi sur la protection et la valorisation de
l’environnement : 11-03…) au lancement de nombreux projets de loi, à la ratification de plusieurs conventions et
protocoles internationaux visant à préserver les ressources naturelles (la convention-cadre des Nations unies
sur les changements climatiques le protocole de Kyoto , la convention sur la protection de la mer Méditerranée
contre la pollution dite « Convention de Barcelone ») et tout récemment la consécration de la suprématie du
droit international et du droit à un environnement sain et à un environnement durable par la constitution.
Ainsi, malgré la crise mondiale, une dégradation des conditions de vie de la population au Maroc en général et
dans la région en particulier ne peut être considérée comme un scénario réel.
Par conséquent, les scénarios qui feront l’objet de notre analyse dans ce qui suit sont les scénarios les plus
probables se rapprochant de la réalité et prenant en considération la volonté politique du Maroc d’aller vers un
développement durable.
Dans ce cadre, les grands problèmes environnementaux que connaît la région sont notamment :
La surexploitation des ressources naturelles, notamment par le surpâturage qui entraine la dégradation très
poussée des parcours, aggravée par la succession des années de sécheresse très sévères :
La fragilisation des écosystèmes forestiers au couvert végétal très faible dû essentiellement à l’aridité du
climat :
Hormis la détérioration naturelle que le sol et l’écosystème naturel subissent (érosion éolienne, hydrique,
changement climatique, etc.), ceux-ci sont davantage dégradés par les pressions humaines, notamment la
pêche et l’industrie extractive et de transformation.
Les entreprises créées, quant à elles, ont enregistré également une augmentation de l’ordre de 2 % en
comparaison avec l’année 2012. 154 entreprises ont été créées au cours de l’année 2013, contre 151 durant
l’année 2012.
Les conséquences des activités industrielles mal maîtrisées, comme la pollution par les rejets industriels, les
pratiques sommaires d'élimination des déchets, les infiltrations, la salinisation, l’imperméabilisation des sols,
menacent la biodiversité des communautés spécifiques des sols et des écosystèmes, dont les sols, à l’origine.
Certaines pratiques agricoles, trop intensives ou peu respectueuses de l’environnement peuvent être
responsables de la dégradation du sol et la perte de sa biodiversité. Des labours fréquents et notamment des
labours profonds, l’usage intensif d’engrais et de pesticides perturbent les organismes du sol, réduisent le stock
de matière organique et bouleversent la structure.
De plus, l'urbanisation accélérée est un phénomène en pleine croissance, et la région de GS n'échappe pas à
cette dynamique. Cette urbanisation est pour le moment totalement anarchique, et des implantations peuvent
rapidement se développer sur des portions littorales encore vierges surtout en fonction des activités de pêches
et ce, malgré des conditions peu favorables. Les prolongements littoraux vers l'ouest font déjà l'objet d'une
colonisation urbaine, et le risque de voir le front de mer, se bétonner de plus en plus est réel.
Le développement des infrastructures de transport, du tourisme à travers la construction soutenue des hôtels
et des restaurants contribue à réduire les espaces naturels. Cette focalisation pourrait se traduire si l’on y
prend garde par la réalisation de projets qui pourraient défigurer le site, et entrainer une exploitation touristique
massive de nature à perturber fortement le milieu naturel.
Au-delà de la dégradation directe de la qualité de ces milieux récepteurs (sol, littoral ou des cours d'eau/zones
humides), la biodiversité est dégradée parfois de façon irréversible.
De nombreux programmes nationaux à déclinaison locale visant la protection des sols, de la biodiversité ont été
initiés par l’État. On retient en l’occurrence le plan national d’aménagement des bassins versants, le programme
national de lutte contre la désertification (HCEFLCD), le programme national de protection et de valorisation
de la biodiversité, le plan d’action national pour la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité, le plan
directeur des aires protégées qui a permis l’émergence d’un certain nombre de SIBEs et d’espaces protégés.
Les différents programmes de protection du sol et de la biodiversité de la région GS, portant sur le reboisement
en zones périurbaines pour la création d’espaces récréatifs et de ceintures vertes, permettront de limiter
les nuisances que connaissent cet espace naturel et sa biodiversité. Parallèlement à la réalisation de cette
ceinture, d’autres actions de plantation d’arbres et d’entretiens des espaces verts sont menées à l’intérieur de
les provinces de Tantan, Guelmim et Assa Zag notamment les places publiques pour renforcer la lutte contre
l’avancée des sables et contribuer à l’amélioration du cadre de vie des populations locales.
Courant des prochaines années, conformément aux programmes de développement retenus, la région
de GS connaitra une intensification industrielle et un développement touristique. Par ailleurs, la croissance
démographique qui reste soutenue entrainera aussi bien une expansion des zones urbanisées, qu’une
augmentation de la population rurale. Ces processus entraineront une dégradation de la fertilité des sols
jusqu’à les rendre parfois improductifs.
Cette dégradation des sols et de la biodiversité résultera autant d’imperfections techniques, de conditions
sociales inappropriées, que d’un déficit en termes d’application des lois. La tendance est à l’extension et à
l’accélération de cette dégradation, malgré les avancées modestes en termes de protection et de législation.
Le cadre climatique saharien et la rareté des précipitations expliquent les faibles apports en eau de la région
de GS. Pour la décennie écoulée, la moyenne des précipitations observée se situe autour de 10 mm pour la
province d’Es-Smara et 120 mm pour la province de Guelmim, ainsi les précipitations sont aléatoires à caractère
bref, violent et orageux.
L’hydrographie est en grande partie liée au climat régional de type saharien. Les oueds coulent quelques
jours par an, dans les meilleures conditions; mais le plus souvent tous les trois ou quatre ans. Le réseau est
endoréique.
A cet effet, les apports en eau totaux de la région GS sont estimés à 454 Mm3/an, la majeure partie des apports
sont des eaux de surface qui représentent environ 75% avec 346 Mm3/an, tandis que les apports en eaux
souterraines restent faibles avec 108 Mm3/an.
Mm3
Source : Simulations établies selon les données de l’ABH de Souss Massa Drâa.
Les apports en eau de surface ont été évalués à 110 Mm3 en 1987, et à 48 Mm3 en 2006, soit une diminution
de 43 %.
Si l’on considère, que les tendances à la diminution sont maintenues, une telle diminution conduirait la région
vers des apports de plus en plus faibles qui atteindraient en 2030, un apport très faible d’environ 1 Mm3.
Face aux apports en eau de plus en plus faibles, les besoins à l’inverse, sont de plus en plus importants, en
raison d’un développement économique intense et d’une population en pleine croissance.
L’agriculture est considérée comme l’un des piliers économiques de la région dont la population est
traditionnellement formée d’agriculteurs et d’éleveurs. Les provinces de Guelmim et de Tata, concentrent la
majorité des potentialités agricoles de la région. Elle est à la base de 98 % de la consommation totale en eau.
Les techniques d’irrigation majoritairement utilisées sont dominées par le gravitaire et sont peu économes.
Elles engendrent ainsi un gaspillage de la ressource.
Les pratiques d’irrigation dans la région GS sont de plus en plus sollicitées pour des fins agricoles. En effet, la
superficie des terres irriguées est passée de 11 645 à 21 152 ha de 2009 à 2010 soit une augmentation de 82%
en une seule année.
Suite aux efforts de la Direction Régionale de l’Agriculture, le secteur agricole a connu un développement
considérable traduit par l’évolution de la surface irrigué.
Le problème principal dans le développement de ce secteur demeure la pérennité des ressources en eau
douce existantes. En effet, les besoins en eau d’irrigation au niveau de la région sont en diminution comme
l’indique le graphe si dessous, ils passeraient de 170 Mm3/an en 2005 à 160 Mm3/an en 2020.
Mm3/an
Le plan Maroc vert, prévoit une augmentation globale des superficies irriguées de l’ordre 10 %. Au niveau de la
région, cette extension est limitée par la réduction des superficies consacrées aux céréales au profit de celles
dévouées à l’arboriculture, notamment l’olivier, les agrumes et le cactus.
En terme de consommation en eau au niveau du secteur agricole, le plan vert, tout comme la stratégie agricole
déclinée au niveau régional, ont prévu de nombreuses actions d’économie de l’eau, notamment :
• La mise en place des techniques d’économie à travers l’amélioration des rendements des réseaux et
la conversion d’une partie des systèmes d’irrigation traditionnels en irrigation localisée. En effet, le
programme arrêté dans le cadre du PNEEI prévoit la reconversion à l’irrigation localisée d’une superficie
de l’ordre de 97 000 Ha pour un montant global de 6.3 Milliards de Dhs. Cette reconversion portera à plus
de 340 % l’augmentation des superficies irriguées localisées et permettra à terme une économie de 5.9 %
des ressources en eau d’irrigation au niveau régional.
• La demande en AEPI
Concernant les besoins en AEPI, l’agence du bassin hydraulique du Souss Massa Drâa à travers le PDAIRE a
procédé à l’évaluation de l’état actuel des ressources en eau et à la réalisation des prévisions de la demande
en eau potable et industrielle à moyen et à long terme. En prenant en considération leurs prévisions, le graphe
suivant illustre l’évolution des perspectives des besoins en AEPI dans la région de GS.
Mm3
Selon l’ABHSMD, la demande en eau dans la région passera de 174 Mm3 en 2005 à 170 Mm3 à l’horizon 2020,
dont plus de 94% seront exprimés par l’agriculture irriguée, sachant que les besoins actuels de ce secteur ne
sont satisfaits qu’à hauteur de 40% et notant l’accroissement considérable de l’AEPI comme indiqué ci-dessous :
À l’horizon 2020, les besoins en eau globaux de la région vont être estimés à 160 Mm3, dont :
• L'eau d’irrigation vient occuper la part importante des besoins globaux, soit 94,12% ;
• L’AEP industrielle estimée à 10 Mm3 et représente ainsi 5,88 % des besoins globaux.
Face à la demande en eau, certaines recommandations du PDAIRE ont vu le jour, notamment la réalisation de
nouveaux ouvrages hydrauliques et la mobilisation des ressources en eau non conventionnelle pour assurer
la demande en eau de la région.
L’analyse des données montre que la situation de l’assainissement liquide dans la région est fortement critique,
ce qui peut engendrer des problématiques environnementales et surtout la dégradation des ressources en eau.
Il s’agit essentiellement de :
1 - La pollution des ressources en eau de surface et le risque de prolifération des moustiques par les rejets des
eaux usées bruts ;
2 - Dans les localités non couvertes d’un réseau d’assainissement, les principaux rejets des eaux usées se font
directement dans les puits perdus sans fosse septique. Ce qui constitue une nuisance majeure pour la nappe
phréatique.
An niveau de la province de Guelmim, la gestion du réseau d’assainissement est assurée par l’ONEP à travers
une cogestion dans les municipalités urbaines de Guelmim et Bouizakarne qui sont desservies par un réseau
d’assainissement avec un STEP, le taux de raccordement avoisine 99% à Guelmim et 72% à Bouizakarne. On
note une absence de réseaux d’assainissement et de dispositifs adéquats pour la collecte des eaux des chefs
lieux des communes rurales.
A part les communes urbaines de Tata, Akka, Foum El Hisn et Foum Zguid qui sont dotées de réseaux
d’assainissement, les 16 communes rurales de la province de Tata n’en disposent pas, les rejets des eaux usées
se font dans des puits perdus individuels.
Actuellement, on ne dispose pas des données qui concernent la production actuelle ou l’évolution des
rejets des eaux usées domestiques de la région, cependant, l’évolution de la demande en eau potable avec
l’accroissement démographique peut être considéré comme un indicateur sur l’augmentation des dites rejets
des usées dans le milieu naturel.
Graphe 9 : Évolution des rejets des eaux usées des populations urbains en Mm3 à
l’horizon 2030
Rejets en Mm3
10,00
8,98
9,00
8,42
8,00
7,82
7,00 6,90
6,00 5,93
5,00
4,00
3,00
2,00
1,00
0,00
2010 2015 2020 2025 2030
Source : Estimation établie sur la base des besoins en eau potable des populations urbaines
D’après l’estimation établie, les rejets des eaux usées passerons d’environ 5,93 Mm3 en 2010 à 8,98 Mm3 à
l’horizon 2030, ce potentiel reste considérable dans une région où les apports en eau sont de plus en plus
faible. En effet, l’exploitation de ce gisement d’eau non conventionnelle ne sera possible qu’à travers la collecte
des eaux usées produites et leurs épurations.
[Link] Dégradation de la qualité des ressources en eau par les rejets industriels
L’utilisation de l’eau dans le domaine industriel engendre des rejets liquides importants et parfois dangereux
pour les milieux récepteurs, essentiellement les cours d’eau et les zones d’épandage en zones de nappes.
La stratégie actuelle qui consiste à inciter les industriels dans le cadre d’une approche volontaire, à s’occuper du
traitement de leurs rejets et à instaurer une politique de développement propre n’est pas toujours bien accueillie.
De nombreuses industries continuent à déverser leurs rejets dans le milieu naturel, sans aucun traitement
préalable et les initiatives de dépollution malgré les incitations financières du FODEP restent limitées.
La région de Guelmim Es-Smara n’est pas une région à vocation industrielle, cependant la province de
Tantan, compte de nombreuses industries de transformation et congélation de poissons. Ces industries sont
majoritairement situées le long du littoral, elles sont dépourvues de réseaux d’assainissement et ne traitent pas
leurs rejets liquides et solides.
Le secteur de l’industrie génère une pollution néfaste aussi bien pour l’environnement que pour la santé des
citoyens. Avec sa concentration essentiellement agro-alimentaire et chimique et para chimique, Tantan est la
province qui subit et exerce le plus de pressions relatives à l’activité industrielle.
Dans le contexte d’absence de normes de rejet qui mettraient tous les industriels devant les mêmes surcoûts
résultant de l’épuration de leurs rejets, l’impact des dégradations causées par le secteur industriel serait amplifié,
si l’on considère les projets de développement prévus pour ce secteur au niveau de la région.
Par ailleurs, les rejets industriels non traités transiteraient pour toutes les unités sises au sein des agglomérations
via les réseaux d’assainissement vers les ouvrages de traitement des eaux usées domestiques, ce qui risquerait
d’entraîner un dépassement de leur capacité d’épuration et/ou d’amoindrir leurs performances et ainsi remettre
en cause les projets de réutilisation des eaux usées traitées.
[Link] Dégradation de la qualité des ressources en eau par les rejets solides
Depuis quelques décennies, la région connaît une forte croissance de la population urbaine et une prolifération
des quartiers périphériques avec une augmentation conséquente des besoins d’accès aux services de base.
Cette situation a rendu plus ardues la collecte, l’évacuation et l’élimination des déchets ménagers et assimilés.
Ces déchets sont souvent éliminés dans des décharges sauvages ou encore dans des points noirs et dans
les cours d’eau sans aucun traitement, ni contrôle, ce qui engendre de graves conséquences aussi bien pour la
santé publique et l’environnement que pour l’avenir des activités socio-économiques dans notre pays.
On absence de données réelle sur l’évolution de la production des déchets au niveau de la région et afin d’avoir
une idée sur la quantité produite à l’horizon nous avons établi une estimation de celle-ci à partir d’une part le
ratio de production des déchets par habitant et d’autre part les projections de la population régionale à l’horizon
2030.
Selon le dernier Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH : 2014), la région a compté 501 921
habitants, soit 0,14% de la population totale du Royaume, les projections de la population à l’horizon 2030 sont
présentées dans le graphe ci-dessous :
Population
D’après le graphe ci-dessus, il est clair que la population régionale va baisser d’une manière considérable
à l’horizon 2030, la population rurale reste pratiquement constante alors que l’évolution remarquable est
enregistrée au niveau de la population urbaine qui produit plus de déchets par jour.
Sur cette base, l’évolution des quantités des déchets ménagers produits au niveau de la région sont présenté
dans le graphe ci-dessous :
Graphe 11 : Évolution des quantités des déchets produits par milieu à l’horizon
2030
300,0 276,6
250,2
250,0 226,3
200,4 204,7
200,0 165,5
150,0
100,0
50,0
5,9 4,6 4,4 3,4 2,0 0,4
0,0
2004 2014 2015 2020 2025 2030
Le graphe montre que la quantité total des déchets produits en 2004 à été estimé à 200 T/j cette quantité
majoritairement provient du milieu urbain va passer à plus de 300 T/j à l’horizon 2030, ceci explique une
évolution considérable de la production des déchets urbain
De l’autre coté, Le déficit dans la prise en charge des déchets est à la base de nombreuses nuisances pour le
milieu naturel, notamment la contamination de l’eau et des sols par les lixiviats.
La région de Guelmim Es-Smara connaît un retard important en matière de gestion des déchets solides. En
effet, à part la ville de Guelmim qui est dotée d’une décharge contrôlée, les déchets domestiques des autres
provinces de la région sont encore éliminés de manière non écologique dans des décharges sauvages.
La région Guelmim Es-Smara est situé dans une zone très aride aux conditions climatiques rudes et aux
ressources limitées. Ces contraintes entravent le développement de l’agriculture dans la région.
Bien que l’activité agricole ne soit pas fortement développée au niveau de la région, elle exerce des pressions
sur le milieu naturel. C’est une source de pollution importante qui provient principalement de l’utilisation de
produit chimique, notamment les engrais et pesticides, aux déjections, rejets et déchets des animaux d’élevage.
Le port de Tantan, joue les premiers rôles au niveau national surtout comme port sardinier. Les quantités
débarquées 133 905 tonnes dont 88.6% de la pêche côtière, y connaissent une évolution remarquée d’année
en année et une diversification des espèces qui forment les captures.
La zone côtière de la région de Guelmim Es-Smara est dotée de deux plages, une dans la province de Guelmim
(la plage blanche) et une dans la province de Tantan (la plage El Ouatia) ; cette dernière est marquée par
une importante urbanisation, industrialisation, en plus du développement touristique, ce qui n’est pas sans
conséquence sur son état et la qualité de ses eaux de baignade.
Les activités primaires comme, la pêche, l’aquaculture, l’industrie de transformation de poisson peuvent
avoir des impacts sur l’environnement (qualité des eaux côtières, zones humides, espaces protégés, récifs
artificiels, macro déchets, dragages portuaires…). À titre d’exemple, le graphe ci-dessous montre l’évolution de
la production halieutique au port de Tantan entre 2008 et 2025.
2 500 000
2 000 000
1 500 000
Quantité (Tonne)
0
2008 2009 2010 2015 2020 2025
Le graphe montre une tendance à la hausse de la production halieutique au niveau du port régional de
Tantan entre 2008 et 2025, on absence des données sur les projections avenir de cette production nous
somme orienté vers l’analyse des stratèges de pêche au niveau de la région qui vise un développement
socio-économique des populations à travers l’augmentation des quantités débarqué au niveau des ports
régional, on peut dire alors que la production halieutique va suivre une courbe ascendante entre 2009 et 2025.
L’urbanisation et l’aménagement des côtes, ne sont pas des actions sans conséquence sur le littoral (eaux usées,
ordures ménagères). Le littoral est donc convoité par une multiplicité d’usages. Cela nécessite d’appréhender
chacun d’entre eux en détail : cadre réglementaire, délimitation précise, impacts environnementaux, aspects
sociaux et économiques.
Outre les pressions liées à l’urbanisation, les plages de la région sont affectées par l’extraction des sables. Face
à une demande en matériaux de construction intensifiée par l’expansion des zones urbaines, l’exploitation
illicite de sable est devenue une activité très répandue. Elle favorise un déficit sédimentaire progressif qui est à
la base du recul du trait de côtes.
Par ailleurs, le littoral se transforme peu à peu en une plate-forme industrielle avec la mise en place de nouvelles
zones industrielles (surtout industrie de transformation des produits de la pêche). Ces unités en général ne sont
dotées d’aucun procédé de traitement de leurs rejets. Elles sont à la base de la pollution du cordon dunaire par
les rejets directs d’effluents industriels bruts.
Le littoral est également affecté par les activités portuaires. En effet, celles-ci génèrent des effluents qui sont
déversés en mer(les hydrocarbures, les eaux de délestage, les peintures anti-salissures pour les coques de
bateaux ou encore des métaux-traces). Ces effluents piégés temporairement dans les sédiments, sont rélargis
après des opérations de dragage des ports et viennent polluer le littoral sous la dynamique marine.
Il est à signaler qu’on absence des données statistiques sur les indicateurs qui décrivent l’état actuel et
l’évolution avenir du littoral au niveau de la région, on’ a pas pu établie avec précision l’état de cette composante
environnementale à l’horizon 2030 dans le cas de scénario tendanciel, ce qui est tout à fait regrettable.
En fin, on peut dire que dans les prochaines années et en l’absence d’un cadre juridique et institutionnel
spécifique à la gestion et à la préservation du littoral, les pressions qui pèsent sur ce milieu naturel deviendraient
plus importantes. L’épuisement progressif du stock de sable engendrera un recul plus important des cotes ;
cet épuisement, appuyé par la dynamique érosive pourrait conduire à une disparition des plages telle que
dans les années 1993 -1994 où une enquête sur l'érosion des plages marocaines menée par le Ministère de
l’Équipement a montré que sur 47 plages étudiées, 7 avaient disparu et 16 avaient subi une érosion intense.
Les principales sources de pressions sur l’air sont d’origine anthropique. La pollution atmosphérique résulte
des gaz et particules rejetées dans l’air par des sources de nature domestique,source mobile, et source fixe.
En milieu urbain, le transport est la principale source de pollution. Dans ce secteur, les émissions augmenteront
rapidement. Cette progression est le résultat des efforts conjugués de la croissance démographique, de
l’accélération de l’urbanisation, du désenclavement du monde rural et de l’accès aux services sociaux de base.
Les émissions dans l’atmosphère ont un impact négatif sur l’environnement au niveau de la région de Guelmim
Es-smara, particulièrement de gaz à effet de serre dont le principal étant le CO2 et dont les effets nocifs.
La pollution urbaine est également favorisée par un contexte actuel de déplacements urbains marqués par de
nombreux dysfonctionnements tels que la congestion, le manque de feu de circulation ou encore l’absence de
signalisation.
De plus, le développement touristique favorise un trafic aérien intense qui n’est pas sans conséquence sur
la détérioration de la qualité de l’air. Le trafic aérien occasionne l’émission de particules nocives riches en
CO2, SO2 qui du fait de l’altitude contribuent au phénomène d’acidification des pluies. Au courant des années,
le trafic aérien de la région s’augmenterait ce qui va contribuer à accroître les émissions de ce trafic dans
l’atmosphère au niveau de la région.
Au niveau de la région GS, les secteurs d’activité les plus développés sont la pêche maritime, les mines et
carrières, le tourisme et à moindre mesure l’élevage. Ces activités émettent des rejets dans l’air via les procédés
de fabrication ou d’extraction. Cependant, il faut noter que la région GS est une région « jeune », où tous les
secteurs ne sont pas fortement développés au point de nuire à la qualité de l’air de la région.
Il est aussi à noter que les secteurs industriel et artisanal constituent des sources de nuisances pour la qualité
de l’air. Ces deux secteurs occasionnent le dégagement de CO2, de SO2.
Le tissu industriel à la région de Guelmim reste marqué par la prédominance du secteur de l’agroalimentaire,
surtout avec les unités de transformation des produits de la mer à Tantan. La province de Tantan jouit d’une
infrastructure industrielle importante, faisant d’elle la destination des investissements aussi bien liés à l’industrie
de transformation des produits de la mer qu’aux industrie et services de sous-traitance.
Tantan est caractérisée par sa situation géographique à mi-chemin entre les deux pôles économiques du sud,
Agadir et laâyoune. Le port de Tantan est doté d’une zone industrielle intra-portuaire et d’une zone industrielle
extra-portuaire.
Le secteur de l’industrie génère une pollution néfaste aussi bien pour l’environnement que pour la santé des
citoyens. Avec sa concentration essentiellement agro-alimentaire et chimiques et para chimique, Tantan est la
province qui subit et exerce le plus de pressions relatives à l’activité industrielle.
De plus, certaines industries de la région sont vétustes caractérise par la prépondérance des technologies
anciennes et inadaptées, induisant ainsi une importante pollution tant au niveau des procédés de production,
qu’au niveau du traitement des effluents.
Dans l’absence des données statistiques sur l’historique et l’évolution des paramètres qui décrivent l’état de
l’air, la tendance évolutive de cette composante environnementale n'a pas pu être établie. Cependant avec
les actions d’encouragement du secteur industriel au niveau de la région, qui visent un développement
socio-économique à travers l’intensification des unités industrielles et l’encouragement des investissements,
on juge que les émissions atmosphériques issues de ce secteur seront de plus en plus accentuées, ce qui
affectera d’avantage la qualité de l’air de la région.
Au niveau du secteur artisanal, les émissions dans l’air sont souvent des poussières et particules en suspensions
liées directement à l’exploitation et à l’extraction. Le secteur des déchets participe quant à lui par les émissions
des décharges contrôlées (CET), usines d’incinération, stations d’épuration et centres de compostage.
Enfin, les activités minières et les opérations d’extraction au niveau des carrières (extraction de phosphate,
de sel…etc.) occasionnent également le dégagement des volumes importants de poussières, sans oublier les
émissions atmosphériques par les gros véhicules de transports des minerais et des matériaux. Il faut noter que
l’activité des carrières souffre grandement de l’informel dans la région de GS, les pressions liées à ce secteur
restent très peu maîtrisées.
Les données communiquées par le département de la santé ne révèlent pas de problème de maladies
respiratoires. Les risques de développement de ces maladies sont posés dans le cas de dégradation de la
qualité de l’air et de nombreux impacts sanitaires ont déjà été recensés dans des régions à forte concentration
en polluants.
Globalement, l’état actuel de la qualité de l’air dans la région de GS ne révèle pas un degré de pollution alarmant
en comparaison à la criticité des ressources en eau par exemple. Le transport et les industries semblent être les
principales sources de pollution de l’air à l’horizon 2030, à ce point nous regrettons l’absence des données. La
majorité des programmes de protection de la qualité de l’air sont à leur début et leur impact n’est pas encore
palpable. Or, si les tendances actuelles se maintiennent dans les années à venir, que le parc automobile évolue
en quantité, que les secteurs d’activités et la population restent fermés par rapport au respect des normes des
émissions, que des alternatives de production énergétique adéquates ne sont pas adoptées, la pollution de l’air
au niveau de la région de GS s’amplifierait.
« Une vision qui ne s’accompagne pas d’action n’est qu’un rêve ; Une action qui ne découle pas d’une vision,
c’est du temps perdu ; Une vision suivie d’action peut changer le monde ». Nelson Mandela.
Selon le scénario contextuel, la pérennité du déficit en matière de politique de gestion de l’environnement
corrélée à la réalisation des projets de développement socio-économique conduiraient à une dégradation
continuelle de l’environnement. Ce scénario serait à l’opposé de l’objectif du gouvernement marocain qui
œuvre pour un développement socio-économique respectueux du milieu naturel élucidé dans le cadre du
scénario 4 : « environnement durable ».
Plusieurs réponses ont été apportées par divers parties prenantes (l’autorité gouvernementale, la société
civile, la population locale..) dans l’objectif d’améliorer le cadre de vie du citoyen. D’ordre économique, social,
légal, institutionnel ou organisationnel, ces réponses dans une perspective de développement durable du
Maroc. Toutefois, des écarts subsistent entre la situation escomptée et les tendances évolutives des milieux.
La réduction de l’écart entre ces deux perspectives d’avenir pour la région de Guelmim Es-Smara, nécessite
de nombreuses actions qui visent à combler les insuffisances et à renforcer les politiques déjà mises en
place pour la préservation durable de l’environnement.
Ainsi et dans le cadre de ce scénario, les actions devraient s’insérer dans le cadre des politiques et stratégies
déjà enclenchées par l’État tout en étant en phase avec le socle législatif du Maroc et la nouvelle constitu-
tion qui contient des articles promouvant la protection de l’environnement et consacrant le droit à tous les
citoyens de vivre dans un environnement saint et non pollué.
Toutefois le présent plan d’action ne prétend pas être exhaustif. Il s’agit d’une série d’actions prioritaires, au
vu du résultat du diagnostic environnemental de la région, qui constitueraient le levier pour assurer la protec-
tion et la préservation de l’environnement de la région de GS.
La classification des problématiques a montré que la maitrise des aspects de dégradation qualitative et
quantitative des ressources naturelles est essentiellement en relation avec :
A partir de l’analyse des déterminants générant le plus de pressions, on peut conclure que la gestion de la
biodiversité et la forêt passerait par :
• La réalisation d’un inventaire des caractéristiques naturelles des SIBEs et du milieu marin de la région ;
• L’institutionnalisation ;
• La réglementation ;
• La connaissance ;
• La bonne gouvernance.
Pour l’air la gestion durable de cette ressource dans la région passerait par :
• La réglementation ;
• Le contrôle.
Des actions transverses allant de la sensibilisation à la lutte contre la pauvreté, l’analphabétisme devraient
être menées dans tous les domaines.
1- Préservation de la biodiversité
Une meilleure protection de la diversité biologique devrait être considérée comme un investissement prudent
et rentable, afin d’éviter les risques pesants sur la région. Les conséquences d’un changement brutal et à
grande échelle dans les écosystèmes seraient tellement lourdes pour la sécurité des êtres humains qu’il est
raisonnable de réduire au minimum le risque que de telles conséquences se produisent même s’il subsiste
des incertitudes concernant la probabilité exacte de l’apparition de ces conséquences. La dégradation des
écosystèmes, ainsi que la perte consécutive de service qu’ils fournissent ; a été identifiée comme étant l’une
des principales causes de risque de catastrophe. Des investissements en faveur d’écosystèmes résilients et
diversifiés, capables de faire face aux multiples pressions qu’ils subissent, constituent sans doute la politique
d’assurance la plus rentable.
La région de Guelmim Es-Smara jouit d’une richesse biologique diversifiée et compte de nombreux espaces
naturels à protéger. Préserver la biodiversité, au même titre que les forêts est une action d’ordre capital. On
mentionnera à titre indicatif :
• Renforcer la prise de conscience du grand public sur l’importance de sauvegarder la biodiversité ainsi que
sur les menaces qui pèsent sur elle ;
• Sensibiliser l’opinion à propos des réalisations déjà menées à bien par les communautés pour
sauvegarder la biodiversité ;
• Encourager les personnes, les organisations à prendre les mesures immédiates nécessaires pour stopper
la perte de la biodiversité ;
• Promouvoir des solutions innovantes pour réduire les menaces envers la biodiversité ;
• Etre formulé avec une bonne compréhension des systèmes de production biologiquement diversifiés ;
• Prendre compte les multiples valeurs (sociales, économiques, agricoles, médicinales..) de la biodiversité
et de ces composantes ;
• Prendre en compte les droits traditionnels des agriculteurs liés à la diversification, à la multiplication et à
la conservation des ressources génétiques et des variétés locales non améliorées ;
• Etre compatible avec les principes et les obligations de la convention sur la diversité biologique et
d’autres accords environnementaux internationaux ;
• D'accompagner la région pour intégrer ces données dans les projets à venir ;
• De favoriser la biodiversité par des actions simples en collaboration avec les services techniques de la
région ;
Le suivi de la biodiversité doit se faire de façon méthodique pour une évaluation de ce patrimoine au fil du
temps. En ce sens, il est nécessaire de mettre en place un certain nombre d’indicateurs de suivi tels que :
• L’atténuation des effets de la désertification par leur adaptation aux conditions écologiques locales ;
Mais elles sont fragilisées par différents facteurs : aridité du climat, pauvreté du sol en éléments nutritifs
organiques et minéraux et vulnérabilité de celui-ci à l’érosion, salinité de l’eau souterraine, topographie et
géomorphologie favorables à l’érosion éolienne. Ces déboisement, ont, en détruisant le couvert végétal,
provoqué le déséquilibre irréversible des écosystèmes de la région, et par conséquent le déclenchement et
l’accélération du phénomène de désertification.
De même, le braconnage des espèces animales protégées (Gazelle dorcas, Gazelle de Cuvier, Outarde
houbara…) par des chasseurs équipés de moyens de transport puissants et adaptés aux conditions du milieu
favorise le déséquilibre et la dévalorisation des écosystèmes de la région.
La stratégie de conservation et de développement des ressources forestières, dans les régions du sud, est
axée sur :
• La conservation et la valorisation de la biodiversité, au niveau des aires protégées et des SIBEs identifiés
dans la région.
• Mesurer les impacts des activités de prospection et d'exploitation sur les composantes de la biodiversité;
• De collecter des informations sur les impacts des activités d'extractions sur la biodiversité ;
Les ressources en eau dans cette région connaissent une dégradation qualitative et quantitative aggravée
par les conditions climatiques et les périodes de sécheresse répétées.
La maitrise de l’état quantitatif et qualitatif des ressources en eaux, la gestion économique et rationnelle de la
ressource et la préservation de la qualité de l’eau sont des axes qui peuvent faire face à cette problématique
et garantir la pérennité des ressources en eau pour les générations futures.
L’agence de bassin en tant qu’autorité régionale de l’eau est amenée à disposer des systèmes régionaux
de gestion, de suivi et de contrôle des circuits de l’utilisation et d’approvisionnement de la ressource. De
tels services doivent être élaborés en collaboration avec toutes les parties prenantes en engageant la
responsabilité de l’ONEE - branche eau, les DPA et associations ou organisations locales d’usagers.
Le système de gestion de l’eau doit servir de guide dans l’élaboration des stratégies régionales relative à
la ressource eau et constituer un outil d’aide à la prise de décision pour les responsables et décideurs de
la région. Il doit prendre en considération la spatialisation des points d’utilisation et d’approvisionnement, la
nature des utilisateurs (pêche, agriculteurs, industriels, tourisme…), les organismes responsables de la gestion
sectorielle de l’eau (ONEE - branche eau, Régies …), les quantités demandées, produites et consommées, les
rendements de distribution et les redevances qui en découlent.
La création d’un tel système sera assurée par les agences de bassins à travers la mise en place d’un
système d’information géographique de gestion de l’eau (SIGGE) qui contiendra plusieurs éléments et dont
l’alimentation sera assurée par toutes les parties prenantes selon le canevas suivant :
Tableau 28 : Éléments pour la mise en place d'un système géographique pour
la gestion de l'eau
L’élaboration du SIGGE nécessite donc la réalisation de plusieurs études par l’ensemble des organismes
y afférant notamment pour le recensement des usagers de l’eau et l’estimation des demandes. Chaque
organisme doit donc connaitre les limites de son domaine d’intervention et l’ensemble des abonnées à sa
charge, leurs localisations et leurs conditions d’utilisation de l’eau.
Dans la région de Guelmim Es-Smara, de nouvelles manières de répondre à la demande, tels que le
dessalement de l’eau de mer, la réutilisation de l’eau, la reconstitution des nappes phréatiques et les transferts
entre bassins fluviaux, viennent s’ajouter aux méthodes de conservation utilisées depuis plus longtemps.
Dans la région GS où l’eau est plus abondante, on supposait souvent que les pénuries pourraient être
surmontées et que la pollution ou la détérioration des écosystèmes pourrait être jugulée. On ne s’attendait
généralement pas à ce que les activité humaines épuisent les ressources en eau et mettent en danger les
écosystèmes autant qu’elles l’ont fait. Par conséquent, les régions possédant de l’eau en quantité suffisante
adoptent à présent certaines pratiques mises en place dans les régions arides.
Pour réserver les ressources existantes et pallier à la faible productivité de la nappe phréatique souterraine,
il est devenu indispensable de développer des concepts de recyclage de l’eau dans le cadre de stratégies
durables de gestion de l’eau. Le recyclage de l’eau augmente la disponibilité de ce précieux liquide pour
les besoins domestiques, commerciaux, agricoles et industriels, tout en améliorant la sécurité de son
approvisionnement.
• Dans l'industrie alimentaire, l'eau est souvent un élément essentiel à la production. C'est pourquoi il
faut développer, au sein des unités industrielles, le recyclage (utilisation directe sans traitement) ou la
réutilisation (après traitement) de leurs eaux usées. Cette pratique permettra d’utiliser les eaux usées
dans les tours de refroidissement ou dans les chaudières, comme eau de lavage, de nettoyage…;
• La réutilisation des eaux usées urbaines compte tenu de la valeur de l’eau dans la région est une
nécessité d’où elle pourrait permettre de soulager la pression sur les eaux souterraines en substituant,
chaque fois que c’est possible, les prélèvements d’eau pour l’irrigation à partir des nappes par la
réutilisation des eaux usées et réserver ces nappes à l’AEP. Cette réutilisation pourrait être sous
plusieurs formes, à savoir : réservoirs anti-incendie, chasses d'eau, lavage des rues.
Il est donc préconisé d’accorder plus d’efforts de maintenance et de réhabilitation par l’implantation d’une
station d’assainissement liquide avec des installations d’évacuation intermédiaire dans les zones lointaines,
et de prévenir une installation des stations d’épuration et du traitement des eaux usées à Tata, Es-Smara, Assa
et Bouizakarne (traitement primaire comme départ). Ceci permet d’améliorer le cadre de vie des populations
de la région de GS, ainsi que la préservation et l’accompagnement du développement économique et social
de la métropole.
La délégation régionale de l’Office national de l’eau potable (ONEP) devrait établir un plan d’investissement,
dont il fixera un objectif pour à bout du problème d’assainissement liquide qui se pose avec acuité au niveau
de la région.
La réutilisation des eaux pour des fins agricoles nécessite un niveau élevé de traitement ; donc il faut
construire des STEPs qui peuvent aller jusqu’au traitement tertiaire ou quaternaire. D’autre part, il faut passer
à une séparation des eaux usées à l’échelle de la province (séparation des eaux usées domestiques et
industrielles) et même à l’échelle des ménages (séparation eaux grises et eaux noires) et pourquoi pas la
réutilisation des eaux dans les chasses eaux des toilettes.
Finalement, il faut essayer d’appliquer des solutions innovantes et durable dans les domaines d’assainissement
liquide et la réutilisation des eaux usées et non seulement des solutions classiques, afin d’économiser
l’utilisation de l’eau de haute qualité (l’eau potable) dans des domaines qui ne nécessitent pas une haute
qualité d’eau, surtout que dans les régions sud la potabilisation de l’eau coûte très chère économiquement
et énergétiquement (dessalement des eaux de mer). Il faut donc des solutions qui :
> Économisent la ressource, adoptent la hiérarchisation des usages de l’eau en fonction de la qualité ;
> Recourent systématiquement au recyclage pour les usages qui ne nécessitant pas la qualité de l’eau
potable.
Le réseau centralisé avec une STEP unique, schéma classique du tout-à-l’égout, peut être éclaté en branches
indépendantes liées chacune à une STEP de moindre importance, située non loin de la zone desservie.
Une telle approche devrait être systématique dans les villes étalées sur plusieurs bassins versants pour
éviter des réseaux trop profonds et le pompage des eaux usées. Dans le schéma décentralisé, le recyclage
devient techniquement possible et économiquement abordable. L’on s’acheminera d’abord vers l’arrosage
des espaces verts puis progressivement, la rareté et le renchérissement de l’eau aidant, vers un recyclage
pour la chasse des toilettes et le nettoyage des locaux dans les bâtiments publics de grande taille puis
terminer par le recyclage dans les habitations.
L’analyse de la composition de chacune des composantes principales des eaux usées urine-fèces-eaux
grises suggère, pour optimiser le coût du traitement et favoriser le recyclage, de procéder à leur séparation
dans le site de production et empêcher leur mélange. Cette approche est d’ailleurs la règle de base dans le
domaine de la gestion rationnelle des déchets solides.
La séparation des eaux grises et des eaux noires offre des avantages non négligeables. Les eaux grises
ne contiennent quasiment pas de nutriments et sont très peu contaminées par les bactéries. Un traitement
sommaire et une désinfection sont généralement suffisants pour permettre leur recyclage.
Cette irrégularité est due aux courants des alizés provenant de l’océan Atlantique. Les golfs-Stream ou
courants de convection véhiculent des vents chauds à la longueur de l’année dans la région, étant donné sa
position sur la ceinture climatique équatoriale.
L’alternance des périodes sèches et humides contrôlant la teneur en eau dans les nuages au passage dans
la région génère par ailleurs un contraste climatique exprimé par des périodes de sécheresse de longue
durée par rapport à des périodes d’averses et de crues de courtes durées.
Par ailleurs, le volume des eaux pluviales que reçoit la région dans les périodes de fortes précipitations
(même si occasionnelles) pourrait être considéré comme une source non négligeable d’eau. La récupération
des eaux de pluie permet notamment de limiter les risques d’inondation en retenant l’eau à la parcelle.
L’eau glissant dans la gouttière et dans les descentes de gouttière est redirigée vers l’espace de stockage.
Cette eau est alors filtrée et stockée dans une cuve, ou une citerne, hors-sol ou enterrée. La distribution
s’effectue alors par pompage de l’eau pour les cuves enterrées, ou par robinets pour les cuves hors sol.
Le système de récupération des eaux de pluie (SREP) permet d’avoir une autonomie en eau et de profiter de
cette réserve pour des usages multiples.
Au niveau de la région, la demande en eau à des fins agricole a augmenté au cours des dernières années.
La demande en eau d’irrigation et d’élevage est de 170 Mm3 en 2005 (98% des besoins en eau). Pour pallier
cette situation il faut envisager un équipement des zones agricoles avec des réserves de l’eau de pluie.
Quelques axes majeurs peuvent être dessinés par sous région dans les provinces du Sud. Dans le bassin du
Drâa (Guelmim Es-Smara), le principal axe de développement de la zone consiste à régulariser les apports de
crues par des barrages de retenue afin d’assurer un supplément de recharge dans les aquifères et de combler
les déficits en eau des palmeraies situées à l’aval des foums. A Tantan, les ressources conventionnelles trop
limitées et de qualité médiocre imposent le recours accru au dessalement d’eau de mer.
Bien que le secteur industriel fait partie des secteurs qui consomment plus de ressources en eaux comme
l’agriculture et le tourisme, les volumes d’eau consommés peuvent être économisés. Atteindre cet objectif
nécessite également une stratégie qui :
• Obligera la mise en place des STEP individuels pour les unités industrielles ;
• Veillera pour la mise en place d'un système de management environnemental pour les industriels.
Le dessalement reste aujourd'hui une des meilleures réponses aux problèmes de l'eau, en particulier sur
les petites installations qui permettent de produire localement sans alourdir les budgets d'investissement
avec des réseaux de canalisations de distribution longs, difficiles à installer, voire peu adaptés aux climats
extrêmes et sources de fuites.
En revanche, un inconvénient majeur pour ce type d'usine réside dans leurs coûts d'exploitation. L'énergie
représente à elle seule entre 20% et 50 % du coût de production d'eau. Cela permettra de réfléchir à des
solutions alternatives qui admettront de produire de l'eau à moindre coût. Dans cette optique, la production
d'eau serait déléguée à des opérateurs privés, afin de répartir la charge d’exploitation et d’anéantir les peines
y afférentes.
• Programme de renouvellement.
Le coût moyen de développement de l’eau mobilisée varie entre 2 et 6 Dhs/m3 pour les barrages, entre 10 et
20 Dhs/m3 pour le dessalement et plus de 3.5 Dhs/m3 pour le transfert d’eau entre bassins.
Les axes d’amélioration du système fiscal appliqué à l’eau concernent notamment les nombreux impôts,
taxes et redevances appliquées aux opérateurs de ce secteur : la taxe sur la valeur ajoutée, l’impôt sur les
sociétés, la Contribution Sociale de Solidarité, la taxe de formation professionnelle, les taxes des Collectivités
Locales, les redevances d’occupation du domaine public, la redevance d’utilisation de l’eau « principe
préleveur-payeur », la redevance de déversement « principe pollueur-payeur », les taxes au titre du PAGER et
de solidarité avec les provinces sahariennes et la taxe pour la promotion du paysage audiovisuel national.
L’ONEE est également imposée (IS) sur les subventions, dons, cessions gratuites, taxes riveraines et
contributions des abonnés destinés au financement des infrastructures d’approvisionnement en eau potable
et d’assainissement, achats des biens d’investissement relatifs aux projets d’alimentation en eau potable, à
l’assainissement et au dessalement de l’eau de mer.
Toutes ces taxes pénalisent les budgets des différents opérateurs de l’eau et de l’assainissement et limitent
par conséquent leur capacité d’investissement.
Plusieurs opportunités se présentent pour l’amélioration du financement du secteur de l’eau, dont notamment:
• Évaluer et comptabiliser la valeur économique de l’eau dans les programmes et projets sectoriels ;
• Agir sur les leviers permettant l’accroissement de l’autofinancement du secteur de l’eau : réforme tarifaire,
révision des redevances des prélèvements, de pollution et d’occupation du domaine public hydraulique,
amélioration du taux de leur recouvrement… ;
• Mettre en place des processus budgétaires de l'eau transparent notamment des informations sur la
planification d'investissements des infrastructures et leur mise en œuvre (les impacts financiers,
techniques et socio-économiques)et des méthodes et outils destinés à améliorer la transparence et la
responsabilisation dans le secteur de l'eau.
Le suivi de la qualité des eaux superficielles et souterraines est assuré par les Agences de Bassin (à travers
des réseaux de mesures avec une fréquence généralement semestrielle), le département de l’environnement
(observatoires et services régionaux), l’ONEE (captages d’eau potable), les Offices Régionaux de Mise en
Valeur Agricole (ORMVA) (au niveau des périmètres irrigués), le ministère de la santé et les opérateurs de la
distribution d’eau potable (régies et concessionnaires privés).
La clé du succès en matière de gestion qualitative de l’eau est de prévenir la pollution avant qu’elle ne se
produise. Au vu des pressions auxquelles elles sont assujetties, garantir une bonne qualité des ressources
en eau de la région nécessite la mise en place d’actions en faveur de la lutte contre la pollution d’origine
agricole, le renforcement de l’assainissement liquide et la prise en charge des déchets, la lutte contre la
pollution des eaux et du littoral.
Au niveau de la région, les écoulements épisodiques engendrés par les précipitations limitées en intensité et
dans le temps, les eaux de surface sont rare voir inexistants. La qualité de l’eau de surface dépend notamment
de la nature des terrains traversés et la durée de contact de l’eau avec les terrains.
Les eaux souterraines sont de bonne qualité à l’amont de Guelmim, dans la vallée de l’Oum Laâchar jusqu’à
la plaine de Bouizakarne - Timoulay et dans le Fask. Cependant dans la région Sud, où le climat est aride et
l’évaporation est élevée, le taux de salinité augmente.
Les actions préventives et/ou curatives à prendre en considération sont essentiellement liées :
• À l’équipement des petites agglomérations et douars par des systèmes d’épuration adéquats.
Ces actions sont à programmer par les organismes responsables du secteur de l’assainissement, en
collaboration avec les agences du bassin hydraulique qui joueront le rôle de contrôle, du suivi et d’orientation
des actions de dépollution sur les centres les plus prioritaires à savoir ceux qui posent un problème intense
de dégradation de la ressource. En attendant, les agences doivent se mobiliser avec les autorités concernées
pour faire aboutir les projets de normes et standards de qualité de l'eau.
II s'agit d'abord de faire appliquer les normes de rejets des eaux qui, dans les cours d'eau à l'aval des
villes sont souvent réutilisées en irrigation conformément aux textes de loi. Ensuite, il s’agira de définir les
aménagements et équipements nécessaires à la conservation de la qualité de l'eau ou son épuration pour
respecter ces normes de rejets (étude des objectifs de qualité). La décision relative à la prise en charge des
investissements requis pour cette fin conduira à la détermination du coût de dépollution et aux affectations
des redevances s'il y a lieu.
La lutte contre les pollutions diffuses, notamment agricoles, constitue un enjeu majeur pour la reconquête
de la qualité des eaux destinées à l’alimentation humaine. Maîtriser ce type de pollution nécessite le
développement des méthodes de bonnes pratiques agricoles, qui exige la compréhension des mécanismes
de la pollution diffuse et l’utilisation des connaissances acquises pour développer des techniques agricoles
plus adaptées. D’autre part, il est nécessaire de mettre en œuvre des mesures incitant ou obligeant les
agriculteurs à adopter ces bonnes pratiques agricoles.
A cet effet, l'ONEE - branche eau mène plusieurs actions portant essentiellement sur les aspects préventifs
et curatifs :
• La surveillance régulière de la qualité des eaux utilisées ou susceptibles de l'être pour la production de
l'eau potable et alerte des pouvoirs publics sur les menaces de pollution ;
• Le renforcement des capacités des stations de traitement de potabilisation de l'eau menacées par la
pollution ;
• Étude de mise en place des stations de veille en amont des principales stations de traitement de l'ONEP;
• Le développement des techniques simples d'épuration des eaux usées urbaines (lentille d'eau, plante
azolla, etc.) ;
• La réalisation des études de Schéma Directeur d'Assainissement Liquide décentres où l'ONEP est
distributeur de- l'eau potable et où les captages d'eau sont exposés à la pollution.
Il est à noter toutefois que des mutations importantes et récentes du secteur de l'eau et de l'assainissement
liquide ont été menées. Ces mutations vont toutes dans le sens d'une meilleure prise en compte d'un
développement durable et intégré de la ressource en eau avec une préoccupation forte pour la préservation
de la qualité de la ressource et la lutte contre la pollution. La mise en œuvre de la politique tracée par la loi
sur l’eau (10/95) mérite cependant d'être activée. Et les orientations stratégiques établies dans le cadre du
Schéma Directeur National d'Assainissement Liquide (SDNAL) doivent être appliquées. La pollution diffuse
agricole de la ressource en eau notamment souterraine devient de plus en plus influente dans la région. Une
nouvelle stratégie pourrait reposer sur :
• Encadrer l’utilisation des engrais chimiques et des pesticides dans l’agriculture par un cadre
légal approprié, un système de contrôle efficace (de la source à l’utilisateur) et par des programmes de
sensibilisation et de formation des agriculteurs à l’utilisation de ces produits polluants ;
Devant cette situation et dans le cadre de l’assistance technique prêtée aux communes de la région GS
et afin de protéger les ressources en eau et leur qualité. Il est préconisé d’élaborer des actions qui visent
notamment à renforcer l’assainissement liquide :
• Atteindre un taux de raccordement global au réseau d’assainissement en milieu urbain de 80% EN 2020
et de 100% en 2030 ;
• Préciser les rôles des différents acteurs institutionnels du secteur de l’assainissement et l’hygiène ;
• Sensibiliser la population de la région pour l’acquisition et la bonne utilisation des ouvrages, infrastructures
et équipements d’assainissement, ainsi que pour des pratiques d’hygiènes adéquates ;
• Améliorer l’accès à l’assainissement des eaux usées et excrétas dans les établissements publics et
privés de type scolaire, sanitaire et commercial ;
• La réalisation des études et infrastructures d’assainissement liquide dans les centres où l’office assure
la distribution de l’eau potable ;
• Faire un bilan d’étape du Plan National d’Assainissement (PNA), accélérer sa mise en en œuvre ;
• Assurer le renforcement des capacités concerne tous les acteurs ainsi bien au niveau public qu’au
niveau privé, il porte à la fois sur les aspects logistiques et humains ;
• Mettre en place un cadre cohérent de suivi-évaluation des actions de l’ensemble des acteurs du secteur.
La région de Guelmim Es-Smara connaît un retard important en matière de gestion des déchets solides. En
effet, à part la ville de Guelmim qui est dotée d’une décharge contrôlée, les déchets domestiques, hospitaliers
et industriels des autres provinces de la région sont encore éliminés de manière non écologique dans des
décharges sauvages.
La Production journalière des déchets ménagers est de l’ordre de 160 tonnes/jour, avec un taux de collecte
qui avoisine les 100%. Concernant les autres types de déchets, la région produit 89 tonnes/an de déchets
médicaux dangereux et 179 tonnes/an de déchets industriels.
Cette gestion non rationnelle des déchets solides a un impact négatif direct sur la qualité des ressources en
eau de la région.
Au fur et à mesure que la région se développe, et que la population prend de plus en plus conscience de
la qualité des ressources en eau, un lien étroit s’instaure entre la gestion des déchets et la qualité de l’eau.
Les gestionnaires de ce secteur sont ainsi appelés à trouver des actions pour la gestion des déchets, et de
consentir de nombreux efforts à déployer en matière de collecte, de tri, de recyclage et de valorisation.
À cet effet, plusieurs programmes et plans d’action de gestion des déchets solides ont été mis en œuvre
notamment en collaboration avec des organismes internationaux. Il s’agit entre autres du PNDM 2008-
2023. Ce programme a pour objectifs :
• Réaliser des décharges contrôlées des déchets ménagers et assimilés au profit des villes et centres
urbains en 2020 (100 %) ;
• Généralisation des Plans Directeurs pour la gestion des déchets ménagers et assimilés dans les
provinces de la région;
• Construction d’une décharge contrôlée pour la gestion des déchets ménagers et assimilés de Tantan et
El Ouatia ;
• Développer la filière de « tri-recyclage-valorisation», avec des actions pilotes de tri, avec des actions
pilotes de tri à la source.
Le diagnostic réalisé a permis de relever les insuffisances en termes de collecte et de nettoiement de transport
et d’élimination (faibles taux de collecte, prolifération de points noirs, insuffisances de moyen humain et
matériel, prolifération de décharges sauvages, insuffisance des capacités techniques et financières des
communes pour la prise en charge des déchets).
Les actions préconisées par la présente étude épousent en partie les orientations stratégiques des
programmes nationaux sur les déchets et il s’agit en priorité pour la région de GS :
• Élaborer un plan provincial de gestion des déchets ménagers. Il concerne la protection des ressources
en eau et la lutte contre les inondations à travers 3 projets de prévention et de protection contre les
inondations et une gestion rationnelle des eaux souterraines. Professionnaliser les services de collecte
et de nettoiement ;
• Fermez progressivement ou réhabiliter certains dépotoirs, et créer des décharges contrôlées pour les
zones dégradées ;
• Mettre en place les procédures, les moyens humains, techniques et financiers et identifier les sites
d’élimination des gravats ou /et éventuellement leur réutilisation ;
• Encourager des initiatives privées pour la promotion des sociétés de services dans les domaines de la
collecte, du tri et du recyclage des déchets et l’aménagement et l’exploitation des décharges contrôlées ;
• Renforcer les dispositifs d’application du cadre législatif : la loi n° 10-95 sur l’eau, la loi n° 11-03 relative
à la protection et à la mise en valeur de l'environnement, la loi n° 12-03 relative aux études d'impact sur
l'environnement, la loi n° 13-03 relative à la lutte contre la pollution de l'air, la loi 28-00 relative à la gestion
des déchets solides et leur élimination, les conventions de Bâle et Stockholm ;
• Intégrer d’une manière effective le concept de la gestion intégrée et durable des déchets dans la
planification stratégique du PNGD et dans son plan d’opérationnalisation en procédant au :
o Promotion du partenariat avec le secteur privé pour la collecte des déchets, l’aménagement et la gestion
des décharges contrôlées.
o Formation des agents, techniciens et cadres chargés de la gestion des déchets dans les domaines de la
collecte et des différentes filières d’élimination, de traitement et de valorisation des déchets ;
o Encouragement de la valorisation des déchets par réemploi, recyclage ou toute autre action visant à
obtenir à partir des déchets des matériaux réutilisables ou de l'énergie.
o Renforcement du Plan d’action régional de collecte des déchets hospitaliers et sous-traitance pour les
établissements hospitaliers publics.
o La mise en place de projets pilote en collecte – tri – recyclage dans la région pour servir de modèles.
> Obliger les sociétés industrielles de la région GS à respecter les cahiers de charge environnementaux de
telle manière à ne pas porter atteinte à l’environnement et aux aménagements voisins ;
a. Dépollution industrielle
L’éloignement et le coût des transports, ainsi que la faible taille des marchés régionaux ne favorisent pas
le développement d’activités industrielles dans la région. Pour ces raisons, les actions au niveau industriel
s’articulent autour du secteur de la pêche à travers une politique en matière de gestion, d’exploitation et
de préventions des ressources halieutiques, grâce à des plans d’aménagement et de développement des
pêcheries.
Comme tous les autres secteurs d’activités, le secteur industriel est fortement polluant, en particulier
pour les ressources en eau. L’encadrement du secteur industriel pour aider à minimiser les nuisances
environnementales aurait un impact considérable sur les ressources naturelles et la qualité des écosystèmes.
La mise en place d’un projet de développement industriel écologiquement durable, spécifique aux industries
régionales représente une bonne alternative. Ce projet est basé sur la mise en place et le développement
de méthodes de prévention de la pollution et de réduction des déchets au niveau des unités en s'appuyant
sur des technologies efficaces, rentables et peu polluantes. Ce projet vise également à mettre l'accent sur
l'adoption par les entreprises industrielles d'une production industrielle propre, notamment par la mise en
place de stations d’épuration spécifique dans les zones industrielles, ou encore par la mise en place de
STEPs individuelles.
Afin d’aider les industriels à mettre en place ce type de projet, il est important de les encadrer et de mettre
en place des aides et des mesures d’incitations financières. Par la suite, le suivi de ces industries sera de
rigueur, avec la mise en place de services d’inspection spécifiques aux industries et la mise en place d’audits
industriels environnementaux.
Le MVDH (Mécanisme Volontaire de dépollution Hydrique) est dernièrement initié par les agences de bassin
pour inciter et encourager les industriels à assurer la dépollution hydrique.
b. Dépollution artisanale
L’artisanat peut parfois générer une forte pollution de l’eau. L’utilisation de produits chimiques, détergents et
autres additifs et leurs rejets directs dans les égouts ou le milieu naturel n’est pas sans conséquence pour
les eaux souterraines. Le suivi du secteur artisanal et la mise en place d’une stratégie de développement
artisanal durable auraient d’importantes conséquences sur la qualité de l’eau.
Le secteur artisanal est dans le besoin d’améliorer la qualité et les procédés de production au niveau de
certains métiers, pour une augmentation de la productivité et une meilleure intégration des exigences
environnementales et de sécurité. Des mesures d’accompagnement et des mesures d’incitation financière
doivent être mises en place pour aider les artisans à mettre en application et viser ainsi à obtenir une
certification. L’accompagnement de ces unités artisanales devrait être de rigueur, avec la mise en place de
services d’inspection spécifiques à l’artisanat et la mise en place d’audits environnementaux.
La concrétisation des différentes actions mentionnées visant à lutter contre la pollution des ressources en
eau permettra d’atteindre une eau de qualité classe A à B sur tout le réseau hydrographique.
Par contre pour les eaux souterraines, le niveau de dégradation restera stagnant, étant donné que la dépollution
des nappes est très difficile vu la technicité qu’elle mobilise et les longues années qu’elle nécessite.
Sur le plan quantitatif, les politiques actuelles du développement économique convergent vers
l’augmentation de la dépendance de l’économie régionale par rapport aux ressources en eau, ce qui
entraine la mobilisation de volumes importants alors que les conditions climatiques ne favorisent
pas d’apports. Dans cette perspective, pour la région de GS faut-il aller vers des alternatives de
transfert et/ou de désalinisation pour assurer la durabilité des ressources en eau au profit du
développement socio-économique ?
Sur le plan qualitatif, des difficultés persisteraient pour neutraliser les pollutions diffuses notamment
celles en relation avec l’utilisation informelle des pesticides et le cheptel, les rejets clandestins des
unités artisanales et industrielle .
3- Avenir du littoral
Le littoral est un domaine d’implantations humaines et économiques variées, souvent fondamentales, mais
c’est aussi un patrimoine culturel et historique inégalable avec des paysages précieux, des sites d’intérêt
biologique, des sites archéologiques.
La pollution du littoral dans la région de Guelmim Es-Smara reste négligeable par rapport aux autres régions
du Nord. Toutefois certains rejets domestiques et industriels, sans traitement préalable, sont localisés le long
du littoral et risquent de présenter des effets néfastes pour la sauvegarde du patrimoine environnemental et
la pérennité du tourisme balnéaire.
Le processus de littoralisation de la population et des activités est déjà très avancé et aboutit aussi un
déséquilibre flagrant en termes d’aménagement du territoire. Jusqu’à maintenant l’approche n’a pas pu
générer un effet de durabilité. Les rejets urbains et industriels dans le milieu marin, la sur-occupation du
trait de côte, l’épuisement de certaines ressources halieutiques et l’érosion des rivages sableux, les activités
portuaires. Tout cela conduit à poser la problématique du milieu marin en termes de choix fondamentaux
pour la mise en place d’une politique de gestion efficace de cet espace précieux.
Les actions de sauvegarde, de réhabilitation, de gestion, l’amélioration de salubrité des ports ne peuvent se
concevoir que dans le cadre d’une conception intégrée, énonçant des principes clairs et bien définis, dans un
environnement juridique de droit et d’équité et grâce à l’acquisition par tous d’une sensibilité écologique et
d’un comportement éthique.
L'action envisagée a pour objet de réduire le niveau des nuisances à l'origine de cette dégradation.
• La formation du personnel.
Les partenaires de cette action sont la Gendarmerie Royale, les Sapeurs Pompiers, la Protection Civile, les
Travaux Publics, l'office d’exploitation des ports (l’ODEP) et les autorités locales.
Les questions relatives à la gestion du littoral relèvent de plusieurs organismes, ce qui constitue une limite
au développement d’une politique cohérente visant la gestion durable de ce milieu naturel. C’est pourquoi
le littoral doit bénéficier d’un cadre institutionnel bien défini, en charge de tracer des schémas directeurs de
gestion et de protection des zones côtières.
Le rechargement des plages constitue une technique qui s’est largement développée depuis les années
1980. Aujourd’hui, elle est considérée comme une approche efficace de lutte contre l’érosion côtière.
Cette technique consiste à compenser de manière artificielle le déficit sédimentaire du littoral, elle peut
avoir une finalité touristique en permettant l’élargissement de la plage et donc sa capacité d’accueil. Le
rechargement est également une technique sécuritaire, elle permet de créer une zone tampon qui joue un
rôle de protection essentielle en cas de catastrophe naturelle.
Ce système permettra de prévenir à temps l’institution en charge de la gestion sur l’émanation de source de
pollution qui pourra ainsi élaborer les actions préventives et curatives adéquates pour gérer les accidents.
Le système de l’alerte a été réglementé, sa mise en œuvre et son opérationnalisation sont nécessaires
pour une meilleure maitrise des pollutions.
En effet, au niveau du port de Tantan, l’ensablement est constaté au niveau de trois zones différentes,
résultant de trois origines distinctes :
• Au niveau du chenal d’accès, où le sable d’origine maritime s’accumule en partie à l’extrémité de l’ouvrage
de la digue principale, sous la forme d’une flèche sédimentaire obstruant ainsi une partie de la passe ;
• Au niveau du bassin portuaire, où l’ensablement par voie maritime est accentué par les apports éoliens
très importants provenant de la plage El Ouatia à Tantan ;
• Au niveau des terres pleines et des accès terrestres du port, où l’ensablement est d’origine éolienne et
provient de la plage.
Les plages de la région en particulier sont soumises à la menace permanente de l'envahissement par les
sables provenant des mouvements des dunes avoisinantes. La protection de ces plages contre cette menace
consiste à engager les actions suivantes :
• La protection mécanique ;
• Dégager périodiquement le sable déposé sur le front de mer et redistribuer sur la plage pour éviter que
celle-ci ne disparaisse à plus ou moins long terme ;
Outre ses effets directs sur la protection des plages, ces actions permettront d'aboutir à :
• La création d’emplois ;
4- Protection du sol
Le sol est une ressource qui représente le support et l’outil de toute production agricole, forestière et pastorale.
Le milieu physique saharien est favorable aux phénomènes de dégradation des sols. En effet, c’est un milieu
fragile et instable en raison des caractéristiques générales du relief, du substrat et de l’agressivité climatique.
Les risques d’érosion éolienne sont l’un des principaux facteurs naturels de la dégradation des ressources
en sol dans la région de GS. L’érosion éolienne agit à la fois sur le modelé du relief et sur la croissance de la
végétation. Son action se manifeste quand :
• Le sol est meuble, sec et assez finement émietté avec une couverture végétale absente ou clairsemée ;
• La zone susceptible de subir l’érosion est suffisamment étendue dans le sens du vent ;
• Le vent est suffisamment fort pour amorcer le mouvement des particules du sol.
L’ensablement dans cette région menace les agglomérations rurales, les palmerais, les voies de communication,
et même des périmètres irrigués.
Dans certaines agglomérations l’ensablement a englouti des demeures entières, dans d’autre il entraîne pour
la population des dépenses de dégagement et surtout des difficultés d’accès. Le cas de la ville de Tantan est
édifiant.
En plus des facteurs naturels, les activités anthropiques engendrent de fortes pressions sur les sols,
l’exploitation des mines et carrières, le surpâturage et à moindre échelle, l’urbanisation, l’augmentation des
rejets liquides et solides.
La dégradation du sol est directement liée à la forte croissance démographique et à l’urbanisation. Bien que
la région de Guelmim Es-Smara ne soit pas densément peuplée, la région a connu une urbanisation rapide
et l’extension des villes s’est faite parfois de façon anarchique. De plus, la mise en place des infrastructures
de bases n’a pas suivi le même rythme que l’urbanisation, ce qui a engendré des déficits en matière
d’assainissement et par conséquent une pollution certaine des sols de la région.
L’élevage et le surpâturage sont également des facteurs qui participent à la dégradation des sols.
L’augmentation de la charge animale sur les parcours engendre les impacts suivants:
• Diminution de la couverture herbacée, le sol devient, par conséquent, nu et se retrouve donc davantage
exposé à l'érosion hydrique ;
• Diminution de la couche de litière par rapport à la couverture forestière ou encore les prairies non
soumises à la pâture ;
• Compactage et tassement du sol et par conséquent réduction des taux d'infiltration et augmentation du
niveau de ruissèlement ;
• Diminution de la couverture de graminées vivaces par rapport à celle des graminées annuelles d’où le
risque de la détérioration de la qualité des sols (perte en matière organique et fertilité).
Les pressions identifiées sont entretenues par une défaillance d’ordre institutionnel et législatif concomitante
à une méconnaissance assez prononcée de la ressource.
Lorsqu’elles existent, ces lois sont incluses de façon indirecte dans des politiques relevant de divers secteurs
comme, l’agriculture, les déchets, l’eau, les rejets… etc. Les politiques engagées en faveur de la protection
des sols apparaissent donc dispersées. Ce cadre législatif ne permet pas de mettre en œuvre une protection
efficace, ni de mettre en pratique une gestion rationnelle du sol.
Sur le plan institutionnel, de la même manière, les questions sur les sols relèvent de nombreux services
administratifs dispersés au sein des ministères, ce qui ne favorise pas le développement d’une politique.
De par leur position d’interface entre l’eau, l’air et le vivant, les sols sont par conséquent souvent oubliés
ou traités de façon fragmentaire. Une des réponses, plausible à ce problème est de donner à une structure
ministérielle (direction centrale) une responsabilité opérationnelle interministérielle sur les sols. La création
d’un tel point focal permettrait à terme de coordonner les politiques publiques concernant les sols (par
exemple, actions de prévention et de protection des sols, mesures incitatives pour valoriser leurs fonctions
éco systémiques, l’arbitrage lors de conflits d’usage des sols, le suivi des indicateurs de leurs qualités, la
participation aux négociations internationales, etc.).
La lutte contre la menace éolienne se réalise dans les trois aires suivantes :
• Les aires de transport, où le courant éolien doit être dévié pour éviter l’ensevelissement des infrastructures
humaines ;
• Replacer le site à protéger dans le système global, régional et local d’action éolienne, en tenant compte
du cadre topographique et du type de dune. Cette étape aboutit à l’estimation de la superficie à stabiliser
ou à protéger;
• L’étape opératoire vise à réduire la vitesse du vent à la surface du sol, par exemple en augmentant sa
rugosité de surface.
Les méthodes de protection utilisées et les normes établies varient selon l’expérience propre de chaque pays,
selon les particularités du périmètre traité, la nature et la disponibilité en matériaux locaux, mais aussi selon la
stratégie politico-économique établie en fonction des objectifs recherchés. L’efficacité des techniques reste
locale et n’est pas généralisable à d’autres sites menacés : c’est là un des points critiques de la lutte contre
l’ensablement.
L’évaluation de l’efficacité des techniques de lutte contre l’ensablement est ponctuelle et liée au taux de
réussite de chaque opération. Les résultats enregistrés sur le terrain et le niveau de protection assuré aux
infrastructures sont, avec le coût, les principaux critères d’appréciation de cette efficacité.
La réussite des programmes de lutte suppose l’utilisation et la valorisation des spécificités écologiques et
humaines locales pour minimiser les coûts et rendre les solutions viables pour les communautés.
Toutes les méthodes de lutte contre la menace éolienne ont pour objectif de limiter la prise en charge, le
transport des particules et de contrôler l’organisation de la distribution du sable lors de son dépôt et de son
accumulation et surtout de le fixer sur place :
• Les méthodes de lutte mécanique ont pour objectif de fixer le sable mobilisable et d’empêcher les
dépôts sableux sur les infrastructures : palissades, mulch et méthodes aérodynamiques. Ces techniques
sont le préalable indispensable à la fixation des sables mobiles et des dunes à court et moyen termes ;
• Les méthodes de lutte biologique consistent à développer une couverture végétale permanente :
réenherbement, brise-vent, barrières végétales, ceintures boisées, reboisement. Elles font suite aux
techniques mécaniques de stabilisation et de fixation des sables et des dunes, coûteuses, parfois
inesthétiques et dont les effets sont temporaires.
La réussite de la mise en œuvre de ces techniques implique la présence d’eau dans le sol à une profondeur
accessible aux végétaux ou l’arrosage des plants jusqu’à ce que leur système racinaire atteigne les nappes
phréatiques.
Trouver les bonnes solutions est une tâche difficile, mais il s’agit surtout de préconiser les solutions utilisant
les matériaux et les moyens locaux. Il faut aussi préconiser les solutions à moyen terme en recherchant une
fixation biologique, là encore avec des végétaux locaux plutôt qu’avec des végétaux allochtones.
La désertification se produit à cause de facteurs indirects menant à une utilisation non durable de ressources
naturelle rares par les exploitants locaux de terres. Cette situation pourrait encore être aggravée par le
réchauffement de la planète. La désertification est considérée comme étant le résultat de certains types de
gestion des terres adoptés par les exploitants qui ne sont pas en mesure de répondre de façon appropriée à
des facteurs indirects comme la pression démographique et la mondialisation, et qui augmentent dès lors la
pression sur la terre par des pratiques non durable.
Au niveau de la région, le phénomène de désertification est courant du fait d’une multiplicité de causes:
• Le surpâturage dans les zones pastorales renfermant des écosystèmes fragiles et rapidement dégradables;
Le phénomène de désertification est une problématique bien prise en considération par l’Etat. A travers sa
multitude d’actions de lutte contre la désertification, le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte
Contre la Désertification (HCEFLD) met en place des actions pour protéger les sols et les écosystèmes de
la région de Guelmim Es-Smara. Toutefois les résultats de ces actions manquent de traçabilité. Il serait donc
pertinent de mettre en place des indicateurs de suivi et de surveillance pour évaluer les résultats et ainsi
mettre en place les actions correctives qui s’imposent et atteindre les objectifs fixés.
Outre la mise en place d’indicateurs, les méthodes suivantes de réhabilitation des sols devraient être prises
en considération par l’HCEFLD : la régénération artificielle et le reboisement sélectif.
La régénération naturelle par semis constitue le moyen le plus efficace pour la réhabilitation, la durabilité
et la stabilité des écosystèmes naturels. Les écosystèmes de la région et spécialement les forêts ont subi
de graves dégâts et dommages à travers une surexploitation intensive. Cette forte dégradation rend la
régénération des sols très difficile, induisant ainsi l'érosion et la destruction des sols.
La mise en défens est également un bon moyen de régénération et de restauration des écosystèmes
vulnérables. Cette action favorise la diversification biologique et la reconstitution du capital floristique,
faunistique, et éco systémique. La mise en défens concerne les écosystèmes selvatiques, steppiques et
spécialisés qui exigent une telle intervention, surtout certains taxons de faune et de flore originaux, rares et
menacés d’extinction (surexploitation, chasse abusive et destructrice des espèces et encore perturbatrice de
l’environnement).
• Le reboisement sélectif :
Il consiste à reboiser les milieux dégradés et terrains dénudés par des essences et espèces bien adaptées
du point de vue biologique, écologique, paysager et environnemental.
Les actions de reboisement, de protection et de conservation des sols via l’introduction de diverses espèces
exotiques adaptées et acclimatées aux conditions des zones arides engendreront des résultats plus
probants. Un intérêt particulier doit être accordé aux agroforesteries et surtout aux ligneux qui jouent un rôle
déterminant dans la conservation des sols, la lutte contre la désertification et les sécheresses.
Face à l’ampleur des conséquences socio-économiques de la dégradation des bassins, un Plan National
d’Aménagement des Bassins Versants a été mis en place sous la tutelle du HCEFLD. Il a pour objectif
principal d’identifier les bassins versants à aménager en priorité, de proposer de nouveaux mécanismes de
financement et des montages institutionnels adéquats. Les actions de ce plan intègrent aussi les projets de
développement rural, avec une démarche d’une participation accrue des communautés concernées.
Dans le cadre de ce plan antiérosif, de nombreux efforts ont été déployés par l’État au niveau de la région.
Toutefois, bien que les aspects techniques soient bien maîtrises, les résultats obtenus demeurent en deçà
des niveaux nécessaires à la protection contre l’envasement des barrages et la conservation des sols. Cela
est dû essentiellement au fait que les ressources financières mobilisées par le passé sont restées limitées et
variables et n'ont pas permis de mener des actions soutenues et régulières à même d'assurer la réalisation
des objectifs escomptés.
Vu l’importance du niveau de dégradation des bassins versants, il serait opportun d’accroître les ressources
budgétaires mobilisées pour l'aménagement des bassins versants au niveau de la région afin d'intensifier les
programmes d'aménagements des bassins versants pour rattraper le retard cumulé et assurer une protection
adéquate des sols contre les phénomènes d'érosion.
Le principal gisement actuellement en exploitation est celui d’Agoujgal (cuivre), en cours de développement
par A.G.M (Akka Gold Mining).
La production de matériaux est rythmée par le développement des constructions qui ont tendance à
augmenter au niveau de la région. Il serait donc judicieux d’évaluer et de mesurer les impacts de l’exploitation
des carrières sur le sol. Cette proposition doit apporter :
• L’amélioration du cadre juridique et institutionnel pour une meilleure efficacité des actions à entre
prendre;
• Réhabiliter les mines de manière à pouvoir leur donner d’autres fonctions environnementales ;
• Sensibiliser davantage les exploitants du secteur minier sur les risques encourus par l’utilisation des
produits chimiques ;
• Former les exploitants du secteur minier à des meilleurs pratiques d’extraction pour minimiser les risques
de la dégradation des composantes naturelles surtout le sol ;
• Mettre en place un comité chargé du suivi de la mis en œuvre des dispositions de secteur minier.
Le partage des connaissances et la fixation d'objectifs de nettoyage sont des voies recommandées pour
résoudre les problèmes de contamination des sols, les processus de prévention des contaminations doivent
être renforcés.
NB : Le déficit en assainissement liquide et solide, la pollution industrielle et artisanale impactent au mettre
titre sur la qualité des ressources en eau que du sol. Les actions proposées dans ce cadre sont aussi à
considérer pour la préservation du sol de la région de GS (voir contrôle responsable de la gestion de l’eau
pour le détail des actions).
La surveillance de la qualité de l’air consiste à faire le suivi spatio-temporel d’un certain nombre de polluants
considérés comme indicateurs de la pollution pour évaluer le niveau de pollution par rapport à des normes
réglementaires et pour mesurer son impact ; la finalité étant la protection des personnes et des biens.
Malheureusement, les statistiques concernant les paramètres de la qualité de l’air de la région ne sont pas
disponibles, d’où la difficulté de l’évaluation de l’état de l’atmosphère de la région.
Au niveau de la région, l’air ne fait pas l’objet de surveillance, il n’existe encore aucune station de mesure des
rejets et des émissions dans l’air. Il est difficile d’établir l’état de la qualité de l’air.
La qualité de l’air est une composante environnementale essentielle, une bonne qualité de l’air permet de
préserver la santé publique et le maintien des équilibres naturels, et de freiner les changements climatiques
qui commencent progressivement à être ressentis au niveau de la région.
Il est donc important de mettre en place des mesures afin de limiter la pollution de l’air et voire améliorer
sa qualité en réglementant les émissions résultantes des divers secteurs d’activités (mines et carrières,
industrie, artisanat…),en améliorant le parc automobile, en favorisant les transports en commun, en gérant plus
efficacement les biogaz générés aux niveaux des décharges et en mettant sur pied une stratégie régionale
de lutte contre les changements climatiques dans laquelle seront définies des actions visant à limiter ce
phénomène au niveau de la région.
• La production industrielle : Le secteur industriel est peu encadré sur le plan environnemental, il n’existe
pas encore de normes sectorielles ni de normes limitant les émissions des sources mobiles au niveau
national. Des actions doivent être menées pour encourager les industriels à réduire leurs émissions
dans l’air par l’utilisation d’énergies propres et la réduction des émissions. Promouvoir cette mesure
nécessite la mise en place de mécanismes normatifs, de contrôle et d’incitations financières. Ces
mesures garantissent la préservation de la qualité de l’air, mais dans le cadre d’une mise en œuvre
interdépendante. Les mesures incitatives à elles seules ayant montré leurs limites.
• L’exploitation des mines et carrières : Une grande diversité caractérise les sous-sols de la région Guelmim
Es-Smara. On peut citer d’abord le cuivre qui représente la richesse numéro un de la région. L’exploitation
des mines et carrières fait l’objet de très peu de suivi même au niveau national. Pourtant cette activité est
l’une des causes premières de pollution de l’atmosphère.
• L’activité touristique : Le tourisme dans la région est un secteur que l’on peut qualifié d’embryonnaire,
son impact sur l’environnement est faible. Le tourisme exerce des pressions atmosphériques qui
résultent, notamment par des émissions liées aux consommations d’énergies pour le chauffage des
logements, la production d’Eau Chaude Sanitaire, et la cuisson ainsi que les émissions liées à l’utilisation
résidentielle de Solvants. L’industrie du tourisme doit prendre conscience de sa responsabilité vis-à-vis
de l’environnement et intégrer la gestion environnementale à tous les niveaux.
Toutes les entreprises du tourisme et de l’hôtellerie, quels que soient leur taille et leur lieu d’implantation,
doivent réduire leur consommation de ressources naturelles et diminuer leur production de déchets et
d’émissions gazeuses. Pour que le tourisme poursuive son expansion et reste un secteur rentable, ses
modes de fonctionnement et de développement doivent évoluer vers des pratiques plus satisfaisantes
d’un point de vue environnemental. L’engagement et la responsabilité écologiques sont au cœur de
l’évolution qui doit s’accomplir. Le tourisme respectueux de l’environnement, soit le tourisme durable,
exige des efforts constants dans la planification, le suivi, le traitement de tous les biens, et services
impliqués.
La mise en place de tout système de protection implique en tout état de cause un diagnostic préalable,
sans cesse actualisé : dans le cadre de la préservation de la qualité de l’air, les réseaux de surveillance sont
obligatoires et très encadrés.
Cette surveillance de la qualité de l’air s’accompagne de mesures permettant d’inciter les usagers à mieux
prendre en compte la problématique environnement, notamment pour la qualité de l’air, diffus, par des
mesures visant directement les sources de la pollution atmosphérique, qui sont plus parlantes pour le public.
> Révision des seuils d’émission des véhicules en circulation afin de les rendre plus contraignants
(amendement du décret du 28 juin 1998) ;
> Incitation au renouvellement du parc des véhicules les plus polluants (camion, taxis, autocars) ;
> La réduction du taux de véhicules vétustes dans le parc automobile : la poursuite du programme
national de renouvellement du parc de transport routier est opportune ; il instituait une prime de
renouvellement des voitures de plus de 15 ans (jusqu’à 130.000 Dhs), qui a été adoptée pour la
période 2008-2010 pour encourager les usagers en les soutenant financièrement ;
> La sensibilisation des usagers aux bonnes pratiques et au respect des normes en vigueur.
> La mise en œuvre des plans de déplacements urbains et des schémas de circulation des villes ;
Les villes pourraient également être plus exigeantes en termes d’informations aussi bien sur les risques
qu’elles encourent notamment les maladies qui les menacent et les affectent lors des dépassements
des seuils limites. Lorsque les valeurs limites sont dépassées, les villes doivent publier les plans qu’elles
établissent en vue de remédier à la situation (mise en place d’un programme de plantation et aménagement
d’espaces verts pour l’absorption du CO2 par exemple).
La mise en œuvre des actions ci-dessus requiert la connaissance des données en matière des concentrations
de la qualité de l’air et celles des émissions. L’extension de la couverture des stations de mesures à cet effet
et l’instauration du contrôle sont donc un impératif en amont de toute action.
Dans cette perspective la mise en place d’un observatoire épidémiologique régionale est également
recommandée pour évaluer les impacts de la dégradation de l’air sur la santé des citoyens et sur les
changements climatiques.
La stratégie recommandée consiste, d’une part, à appréhender les causes fondamentales de nature
institutionnelle (carences institutionnelles et systèmes d’incitations) et, d’autre part, à engager des actions
vigoureuses et soutenues d’adaptation aux changements climatiques et gestion des risques. Cette stratégie
devra relever d’une stratégie nationale aux mêmes ambitions de lutte contre les changements climatiques et
devra avoir une déclinaison locale et même à l’échelle du citoyen (bonnes pratiques et modes de vie).
6- Actions transverses
6.1 Études d’impacts
L’étude d’impact sur l’environnement (EIE) est un processus qui, au tout début de la planification cerne et
évalue les risques d’incidences environnementales découlant un projet prévu. L’EIE établit les mesures qui
peuvent être adoptées pour contrer les effets environnementaux négatifs ou pour les réduire à des niveaux
acceptables ou préalables. L’EIE représente donc une approche proactive et préventive en matière de gestion.
Au Maroc, dans la région du Guelmim Es-Smara, et comme à l’échelle planétaire, les conséquences
environnementales des aménagements prévus, et les coûts nécessaires pour leur atténuation ont des
impacts sur les décisions de développement. Dans la plupart des pays, les coûts directs d’atténuation des
impacts négatifs, ainsi que les coûts environnementaux indirects des schémas prévus sont à la hausse.
Les intérêts environnementaux doivent être une priorité dans le processus de développement de tous les
secteurs et domaines environnementaux. Les coûts directs et indirects de l’impact des aménagements futurs
sur l’environnement doivent être incorporés dans le coût marginal de la ressource à long terme, et permettre
ainsi une planification optimale de la ressource, comme il est actuellement procédé pour les effets indirects
portant un avantage.
Les avantages, les inconvénients et les coûts des actions proposées sont ainsi mieux identifiés. Ce type
d’analyse permet de déterminer si les avantages, y compris ceux liés à l’environnement, sont plus importants
que les coûts identifiés, y compris les coûts environnementaux.
Les valeurs économiques sont utiles pour l’identification des priorités lorsque les problèmes liés à
l’environnement donnent lieu à des effets sur la productivité de la ressource, ou ont un impact sur la santé
humaine notamment pour l’eau. L’analyse économique est toutefois plus problématique, lorsqu’il s’agit
de l’évaluation des priorités dans d’autres domaines, comme la valeur de la biodiversité ou les facteurs
culturels. Cependant, les dernières évolutions des méthodologies permettent l’évaluation des conditions
de l’environnement et l’évaluation de l’impact d’assumer un rôle de plus en plus important même dans ces
domaines difficiles.
Les études d’impact semblent à cet effet, être un outil important à consolider et renforcer par le suivi, la poste
évaluation et le contrôle.
Le manque de coordination entre les différentes institutions constitue un obstacle à une croissance
équitable, à la compétitivité économique et au développement du secteur privé. Renforcer la création d’un
environnement du secteur public propice au développement du secteur privé et à la participation de la société
civile et du citoyen est indispensable pour libérer le potentiel de croissance de la région.
• Achèvement du projet de mise à niveau urbaine de cinq quartiers à Bouizakarne et d’un quartier à
Guelmim ;
• Projet de territoire (Shéma d’orientation territorial de Guelmim et sa couronne)
• Développement territorial, urbanisme et habitat ;
• Projet de ville pour Tantan ;
• Élaboration d’un Schéma vert pour les villes de la région ;
• Projet de logement à bas prix ;
• Mettre en place un urbanisme participatif, impliquer tous les citoyens dans le processus d’aménagement
et faire naitre un sentiment d’appartenance ;
• Réviser les règlements de construction et mettre en place des normes plus strictes et plus en respect
avec l’environnement surtout dans les zones sensibles et zones à risques ;
• Établir une base de données pour surveiller davantage les dérogations ;
• Former et mettre en place davantage d’inspecteurs spécialisés en environnement et salubrité du milieu ;
• Généraliser l'utilisation des nouvelles technologies pour surveiller les constructions illicites ;
• Réviser les normes de construction et d’hygiène ;
• Faire des études d’impact sur l’environnement en relation avec l’habitat insalubre ;
• Faire des études épidémiologiques et des études socio-économiques sur les conditions des familles
vivant dans ce type d’habitat ;
• Sensibiliser à l’application des règles d’hygiène et à la gravité des atteintes et incidences
environnementales – sanitaires (Tuberculose, Typhoïdes...etc.) en faveur des quartiers d’habitat insalubre;
• Recensement des espaces verts et des terrains susceptibles de le devenir ;
• Développer les jardins communautaires publics et des espaces verts et améliorer leur sécurité;
• Mise à jour de l’inventaire des arbres urbains (publics et privés) au niveau des centres urbains ;
• Détermination des zones de protection et d’amélioration du couvert végétal ;
• Adoption d’un programme municipal de plantation d’arbres dans les cours d’école ;
• Réglementation sur la protection et la conservation des arbres au moment de la mise en chantier d’un
projet de construction ;
• Faire des espaces verts un critère de non-réception des lotissements et fixer une surface minimum par
unité surfacique du lotissement.
Étant très générale, une telle définition laisse la responsabilité de l’organisation de cet organisme aux
agences de bassin. Sur le plan pratique, la police de l’eau est quasiment absente suite au manque de moyens
matériels, humains et de coordination avec la police judiciaire.
Il est important de mobiliser les moyens humains, techniques, financiers et de formation nécessaire pour
assurer ce rôle notamment :
• La police de l’eau doit être constituée de membres de la police judiciaire ayant suivi une formation
technique sur la protection et la préservation de l’environnement en général et du secteur de l’eau en
particulier. Ces agents sont ainsi habilités à constater les infractions et à sensibiliser les usagers et
d’appliquer les sanctions ;
• Il est recommandé de mettre en place des brigades de police de l’eau au niveau des cercles et caïdats,
avec des moyens logistiques tout terrain pour effectuer des campagnes périodiques de contrôle et de
diagnostic ;
• Les textes juridiques et réglementaires définissant le rôle de la police de l’eau doivent être enrichis ;
• Une section spécialisée du tribunal devrait être créé pour s’occuper des affaires en relation avec l’eau et
l’environnement, elle s’occupera de la résolution des problèmes environnementaux et en particulier du
problème des droits de l’eau d’irrigation qui constitue un obstacle pour la gestion de cette ressource au
niveau régional des spécialistes nationaux devraient être assermentés à cet effet.
Bien que la mise en place future du service de la police de l’eau engage des investissements et des dépenses
importantes, ces investissements sont nécessaires et permettront à long terme d’alléger considérablement
la facture relative au traitement de l’eau, notamment :
• Le surcoût du traitement des eaux à cause de leur pollution diverse ;
• Le manque à gagner dû au faible rendement des réseaux de distribution et de transfert ;
• Le manque à gagner suite à la non-maitrise de la situation des usagers, des préleveurs clandestins et
des redevances dues.
6.8 Évaluer les carences des programmes mis en place, mettre en place
une nouvelle stratégie pour parvenir à un taux de scolarisation de
100% au niveau primaire dans toute la région
Atteindre l’objectif de l’éducation facilitera la réalisation de tous les autres objectifs du Millénaire. L’éducation
des enfants contribue à réduire la pauvreté. Elle aide à faire baisser les taux de mortalité infantile et joue en
faveur du respect de l’environnement. L’apprentissage dès le jeune âge est le meilleur moyen de parvenir à
des résultats probants à long terme, les générations futures représentant la clé de la réussite d'un tel projet.
L’importance du rapport à l’environnement prend naissance dans l’éducation. Au cours des années, plusieurs
mouvements ont émergé et fait l’objet de recherches par les experts en éducation et en environnement.
A cet effet, Le travail d’analyse consiste à dresser le portrait de l’éducation relative à l’environnement dans
les établissements primaires et secondaires pour évaluer par la suite les opportunités de favoriser le contact
jeune-nature et les principes de la pédagogie de l’espoir dans les écoles Les actions les plus à même d’aider :
• Mise en place d’une stratégie qui consiste à stimuler la demande pour élargir l’accès à l’éducation des
populations vulnérables ;
• Assurer l’accès à une éducation gratuite de qualité à tous les enfants ayant atteint l’âge de scolarisation ;
• Éliminer les disparités entre les filles et garçons pour arriver à un indice de parité l’égale ;
• Mobilisation de fonds pour accroître le financement de secteur ;
• Augmentation des capacités d’accueil pour assurer l’accès de tous les enfants à l’éducation de base et
secondaire ;
• Promotion des campagnes de sensibilisation des communautés vis-à-vis de la scolarisation de la fille ;
• Renforcement des capacités d’encadrement des enseignants pour améliorer la qualité de l’enseignement
et des apprentissages ;
• Amélioration de l’environnement physique des écoles afin de retenir le maximum des filles à l’école ;
• Renforcement des capacités de gestion du système ;
• Faire une étude pour évaluer les failles des différents programmes mis en place ;
• Faire des enquêtes de terrain pour connaitre les raisons des enfants non scolarisés ;
• Former des inspecteurs pour aider et accompagner les familles à scolariser leurs enfants ;
• Former des inspecteurs pour surveiller la scolarisation des enfants en âge d’être scolarisés ;
• Mettre en place des inspections pour contrôler la scolarisation des enfants et particulièrement celle des
filles ;
• Mettre en place des mesures pour sanctionner les familles qui ne scolarisent pas leurs enfants ;
• Mettre en place des formations mères-filles pour les sensibiliser à l’importance de l’éducation ;
• Sensibiliser les élèves aux questions d’hygiène, de santé, de respect de l’environnement ;
• Introduire des manuels traitant des aspects environnementaux ;
• Mettre en place des formations continues pour les enseignants ;
• Former des enfants autonomes et responsables avec une éducation à la citoyenneté ;
• Mettre en place un service d'inspection des conditions d'hygiène, de santé et de sécurité des
établissements scolaires avant autorisation d'ouverture ;
• Encourager la participation communautaire par la formation dans le domaine de la gestion et administration
des écoles.
Domaine d’application : Cette évaluation se limite aux actions correctives relatives aux forces de changement
prioritaires de l’environnement à savoir :
Méthodologie
1 - Calculer par composante environnementale, le taux de contribution (en %) de chacune des forces motrices
de changements retenues à la dégradation du milieu naturel considéré. Mathématiquement, ceci se
traduit par la formule :
Taux= (CIE de la FM*100/ Total des CIE) où CIE correspond à la criticité de l’impact environnemental tel que
défini dans l’approche méthodologique reportée dans l’annexe 1.
2 - Calculer par composante environnementale, le résidu des pressions nécessitant encore une correction,
en retranchant la totalité des taux de contribution des principales forces motrices de changements de
la totalité des pressions (Total des CIE qui en pourcentage est de 100%), étant donné que ces taux de
contribution sont annulés par les actions correctives.
NB : Voir matrice d’hiérarchisation pour la définition des termes utilisés : pour chacune des forces de
changement retenues (aspect environnemental) une note de classification appelée CIE (criticité de l’impact
environnemental).
Les actions correctives proposées permettraient si elles sont appliquées, de réduire de façon globale
les pressions auxquelles est assujetti l’environnement avec des degrés différents selon la composante
environnementale considérée.
Le scénario durable permet donc d’enclencher un processus de protection de l’environnement allant vers
une durabilité environnementale. Atteindre la durabilité pourrait être un objectif de long terme qui sera atteint
avec :
• L’accomplissement des programmes sociaux (éradiquer l’analphabétisme, diminuer la pauvreté et
améliorer les conditions de vie du citoyen en général) qui viendraient renforcer la prise de conscience
environnementale chez le citoyen ;
• La solution des insuffisances institutionnelles, réglementaires et normatives touchant encore certains
domaines environnementaux ;
• L’amélioration de la concertation, de la gouvernance et de la prise de décision locale dans le cadre du
processus de régionalisation ;
• Le respecte et l’atteinte des objectifs des projets sectoriels en cours ;
• La prise en compte de la capacité des milieux lors de la conception des projets, chose qui pourrait amener
les décideurs à réfléchir à d’autres alternatives de développement plus respectueuses de l’environnement.
Préserver les
Taux de ressources en
réutilisation; eau destinées
Ménages Niveau de à l'adduction
et tous les raccordement potablepublique
Réutilisation des eaux usées organismes au réseau et Eviter de trop
épurées domestiques qui produisent d’eau potable puiser dansl'eau
des eaux usées des nappes
et au réseau
phréatiques;
domestiques d’assainissement;
Réduir la nocivité
Point de des rejets
demande d’eau industriels
réutilisée liquides ;
ONEE -
Collectivités
Branche
locales
eau
GUELMIM ES-SMARA
123
CHAPITRE VI
124
Intervenants Périodes de réalisation Evaluation
Activités
CHAPITRE VI
Leader Collaboration 2016 2017 2018 2019 2020 Cibles IndicateursI mpact
Développer des
installations de Volumes Augmenter la
Tous les
déselament d'eaux déssalés disponibilité
usagers
respectueuses periodiquement de l'eau
de l'environnement
ONEE -
Collectivités
Branche Diminuer
locales
eau l'assèchement
Diminution des fuites des Rendement du prématurer des
réseaux de transfert et de réseau de transfert; puits et des
distribution de l'eau Tous les Rendement des
usagers fourages;
réseaux de distribution Diminuer les
de l'eau;
pertes et pouvoir
satisfaire la
RÉCAPITULATIF DU PLAN D’ACTIONS
ONEE -
Branche Tous les
eau; Agences institutions
du bassin
hydraulique
Action 3 : Garantir la qualité des ressources en eau
Objectif: Garantir une bonne qualité des ressources en eau de surfaces et en eau souterraine
Enjeu: Lutter contre la pollution industrielle , renforcer l'assainissement liquide et la prise en charge des déchets.
Résultat attendus: Une eau de bonne qualité
Renforcement de DRA
la concertation et Région
DPA
Quantité
ABH ; Services d'eangrais
Maîtriser et
chargés de Agriculteurs utilisés par
DRA réduir la
Lutte contre la pollution l'environnement; et hectar et par
et pollution
d’origine agricole Communes; coopératives type de culture;
DPA industrielle
Associations agricoles Quantité de
et artisanale
et Agriculteurs pesticides
utilisée par an
ONEE et
Renforcement Interieur; Ménages; Qualité Réduir la
Services
de l’assainissement Artisants et Industriels des rejets pollution des
chargés de
liquide industriels et artisants liquides nappes;
l'environnement
GUELMIM ES-SMARA
125
CHAPITRE VI
126
Intervenants Périodes de réalisation Evaluation
CHAPITRE VI
Leader Collaboration 2016 2017 2018 2019 2020 Cibles Indicateurs Impact
Taux de
collecte/
commune,
nombre Priorisation
Prise en charge Communes Tous les de points géographique
de l'assainissement et services Région noirs/ pour la prise
solide provinces extérieurs commune, en charge
nombre des déchets
de décharge
sauvage,
commune
Nombre
d'industriels
Agence du à avoir mis en
RÉCAPITULATIF DU PLAN D’ACTIONS
GUELMIM ES-SMARA
127
CHAPITRE VI
128
Action 2: Mise en place d’un système d’alerte et de lutte contre la pollution
CHAPITRE VI
Action 1 : Mise en place d’un cadre législatif et la clarification institutionnelle en faveur du sol
Objectif : Assurer le maintien du sol et valoriser au mieux les différentes fonctions (ou services) éco systémiques remplis par le sol
Enjeu : Assurer la pérennité de la ressource pour les générations futures
Résultat attendu: Mise en place d'un cadre législatif répondant aux questions de gestion et de protection du sol
GUELMIM ES-SMARA
129
CHAPITRE VI
130
Action 2 : Accroissement des connaissances scientifiques sur les sols
CHAPITRE VI
GUELMIM ES-SMARA
131
CHAPITRE VI
132
Action 4 : Lutte contre la dégradation des sols par les mines et les carrières
CHAPITRE VI
GUELMIM ES-SMARA
137
CHAPITRE VI
CHAPITRE VI RÉCAPITULATIF DU PLAN D’ACTIONS
Objectif : Réduire les émissions atmosphériques rejetées par les différents secteurs.
Enjeu : Instaurer des normes d'émissions sectoriel.
Résultat attendu: Préservation de la santé publique et le maintien des équilibres naturels.
GUELMIM ES-SMARA
139
CHAPITRE VI
CHAPITRE VI RÉCAPITULATIF DU PLAN D’ACTIONS
GUELMIM ES-SMARA
141
CHAPITRE VI
142
Planification du territoire
CHAPITRE VI
Orientation 1 : Améliorer les conditions de vie dans les zones rurales et urbaines
Action 1: Planification du territoire
Objectif : Offrir un cadre de vie agréable à la population
Enjeu : Amélioration des conditions de vie de la population pour son bien être et limiter ses pressions anthropiques sur le milieu naturel
Résultat attendu: Territoire structuré .
RÉCAPITULATIF DU PLAN D’ACTIONS
GUELMIM ES-SMARA
147
CHAPITRE VI
CHAPITRE VI RÉCAPITULATIF DU PLAN D’ACTIONS
De nos jours, il est bien établi que l’occupation du territoire résulte de l’interaction intime entre la société humaine
et son milieu de vie; le développement urbain surtout mal contrôlé se fait souvent au détriment du milieu
naturel. La région de Guelmim Es-Smara n’est pas étrangère à ce phénomène. Sa population augmente, et ses
zones urbaines s’étendent. Les activités liées aux secteurs de la pêche, de l’industrie, des mines et carrières, de
l’agriculture et du tourisme, y connaissent également un développement non négligeable dont le rythme accéléré
n’est pas sans conséquence sur l’environnement à travers le déséquilibre en matière de disponibilité et de la
qualité des ressources et des milieux naturels.
L’impact de l’artificialisation du territoire sur l’environnement est de plus en plus important, les fortes pressions
exercées sur la ville de Guelmim se répercutent à l’échelle de la région.
En effet, le bilan dressé suite à l’évaluation de l’état de l’environnement de la région, a mis en lumière les pressions
exercées par les activités socio-économiques sur les diverses composantes de l’environnement que sont la
biodiversité et la forêt, l’eau, le littoral, le sol, et l’air.
Ce rapport a permis de faire une hiérarchisation des sources de pressions et des différentes problématiques
identifiées selon leur degré d’importance pour ensuite proposer des actions correctives permettant d’atténuer les
impacts sur les milieux naturels de la région de Guelmim Es-Smara sur la base d’une analyse scénariste en phase
avec les stratégies élaborées.
Les résultats d’hiérarchisation obtenus mettent en évidence, d’une part, que les milieux naturels les plus
dégradés sont successivement la biodiversité et forêt, l’eau, le littoral, le sol et à moindres degrés l’air. D’autre part,
les principales sources de pressions majeures contribuant à la dégradation de l’environnement sont par ordre
d’importance:
• Le secteur de la pêche maritime avec les industries annexes à travers une surexploitation des ressources
halieutiques;
• Le développement des mines et carrières, un secteur peu encadré qui est responsable d’une consommation
en eau accrue pour l’extraction des minerais, une dégradation importante du sol et une pollution importante
de l’air par les poussières. Les mines et les carrières sont souvent situées dans des zones sensibles ;
• Le déficit d'infrastructures d’assainissement représente également une source de pression non négligeable
participant à la dégradation de la qualité de l’eau et des sols. Ce déficit est aggravé par l’insuffisance du
cadre juridique, de normes, l’absence de contrôle, etc.
Le développement démographique face à l’insuffisance des infrastructures de base, au déficit en logements, aux
difficultés de réduire l’analphabétisme et la pauvreté, conjugué au manque d’efficacité, de gouvernance et de
coordination entre les différents intervenants donnent plus d’ampleur aux problématiques identifiées.
Sur la base de ces pressions majeures, deux scénarios futurs envisageables pour la région ont été dressés ; un
scénario tendanciel qui se veut une continuité dans le temps du contexte actuel, tenant compte des stratégies et
des actions engagées par les différents secteurs et un scénario durable qui se traduit comme une forme corrigée
du scénario tendanciel, grâce à des actions correctives supplémentaires.
Toutefois, même dans le cas de ce scénario, le problème épineux du déficit en ressources en eau resterait insolvable.
Les politiques actuelles du développement économique convergent vers l’augmentation de la dépendance de
l’économie régionale par rapport aux ressources en eau. Malgré les économies maximales de la ressource que ce
soit sur le plan industriel, agricole, touristique, etc., le déficit serait maintenu.
Sur le plan qualitatif, des difficultés existeraient également pour diminuer les pollutions diffuses notamment celles
en relation avec différentes activités sectorielles (les rejets industriels non traités, l’utilisation de produit chimique,
notamment les engrais et pesticides, aux déjections, rejets et déchets des animaux d’élevage. La clé du succès en
matière de gestion qualitative de l’eau est de prévenir la pollution avant qu’elle ne se produise. Au vu des pressions
auxquelles elles sont assujetties, garantir une bonne qualité des ressources en eau de la région nécessite la mise
en place d’actions en faveur de la lutte contre la pollution d’origine agricole, le renforcement de l’assainissement
liquide et la prise en charge des déchets, la lutte contre la pollution des eaux et du littoral.
Les problèmes environnementaux de la région de Guelmim Es-Smara sont ainsi particulièrement complexes
et interdépendants. Au-delà des actions correctives visant à contenir les pressions directes sur les diverses
composantes, dans le scénario durable, il s’est révélé aussi que la prise en compte de ces problématiques
environnementales nécessiterait une gestion intégrée et participative du territoire, fondée sur une approche de
développement durable qui intégrerait avant la mise en œuvre de tout projet de développement ou d’aménagement,
les incidences environnementales.
Une telle démarche permettrait, dans un souci de cohérence, d’établir les liens entre les diverses politiques, aux
différents niveaux administratifs. Une approche intégrée implique la conciliation conjointement des aspects
connexes tels que la gestion urbaine et la gouvernance, l’aménagement et la planification stratégique du
territoire, le bien-être et la cohésion sociale, la croissance économique et la compétitivité, et enfin la protection de
l’environnement et la préservation des ressources naturelles.
Ce processus d’évaluation de l’environnement de la région de Guelmim Es-Smara a permis de confirmer que l’état
de nos milieux et de nos ressources naturelles est le reflet de nos modes de production et de consommation, de
nos modes de penser, de nos choix politiques et stratégiques, de nos modes de vie. Une protection unilatérale
de l’environnement au détriment de la croissance économique de la région serait de l’utopie. Cependant une
croissance économique éco-résponsable et des modes de production propre n’est pas impossible.
• Province de Guelmim
• Province d’Es-Smara
• Province de Tantan
• Province de Tata
• Agence de Bassin Hydraulique de Sous Massa et Drâa (Délégation Guelmim Bas Drâa)
• Agence Urbaine
• Agence Nationale pour le Développement des Zones Oasiennes et de l’Arganier (Représentation Guelmim)
AE : Aspect Environnemental
CL : Collectivité Locale
CO : Oxyde de Carbone
CR : Commune Rurale
CU : Commune Urbaine
GH : Grande Hydraulique
IE : Impact Environnemental
MO : Matière Organique
Tableau 21 : Résultats de l’hiérarchisation des scores pour les différentes pressions d’ordre politiques 50
Tableau 28 : Éléments pour la mise en place d'un système géographique pour la gestion de l'eau 87
Tableau 29 : Évaluation quantitative des impacts résiduels pour le scénario durable 118
Tableau 32 : Listing des forces motrices par effet direct ou indirect (exemple méthodologique) 165
Graphe 5 : Évolution des apports en eau de surface de la région de en Mm3 à l’horizon 2030 64
Graphe 6 : Évolution des besoins en eau d’irrigation dans la région de GS à l'horizon 2020 65
Graphe 9 : Évolution des rejets des eaux usées des populations urbains en Mm3 à l’horizon 2030 68
Graphe 11 : Évolution des quantités des déchets produits par milieu à l’horizon 2030 70
MÉTHODOLOGIE
L’identification des enjeux environnementaux constitue un défi méthodologique considérable. Leur évaluation
environnementale intégrée permettra la mise en place d’un processus de durabilité d’initiatives publiques
stratégiques en matière de gestion des richesses et des ressources régionales. Cette partie dresse la
méthodologie avec laquelle ont été identifiés et hiérarchisés les Aspects Environnementaux2 (AE) ayant un
impact direct ou indirect sur les composantes environnementales. Le résultat de cette évaluation des enjeux
permettra par la suite de dresser les défis, de tracer les orientations stratégiques et le plan d’action.
1. Délimitation du champ
Cette étape consistera à déterminer les critères d’évaluation requis afin de dresser une hiérarchisation
des aspects environnementaux ayant un Impact Environnemental3 (IE) négatif sur les composantes
environnementales.
Une approche pragmatique sera d’identifier ce qui ressort comme problématique à partir du rapport de l’état de
l’environnement régional issue de la mission 3. Rappelant que les résultats de ce dernier est le fruit d’un long
processus de recherche et d’analyse documentaire, de concertation avec les acteurs concernés pour cerner
la question de la problématique environnementale au niveau de la région. Ces problématiques sont définies
comme étant l’action que peut causer négativement une pression d’une force motrice sur l’environnement.
2. Matrice décisionnelle
La méthodologie consiste à évaluer la sévérité d’un aspect environnemental en relation avec les composantes
environnementales à travers la méthode de la matrice décisionnelle. Il s’agit de mettre en place une matrice de
criticité simple qui tient compte à la fois d’un ensemble de paramètres de mesures qualitatifs.
Cette étape permettra la définition d’une liste des facteurs les plus impliqués en termes de dégradation
environnementale au niveau régional, de ressortir le plus "critique", le moins acceptable et sur quoi il faut agir
en premier.
Avant de bâtir la matrice de criticité, il convient de définir l’objectif escompté. Cette évaluation se base sur
le principe de l’estimation du degré de dégradation que peut subir un domaine environnemental à travers
un développement économique et institutionnel donné. C’est ce qu’on appellera communément la Criticité
de l’Impact Environnemental (CIE). Ce dernier peut être défini comme une combinaison de la probabilité
d’occurrence d’un aspect environnemental et de la gravité de la dégradation environnementale qu’il peut
engendrer par l’AE considéré sur une composante environnementale (eau, air, sol…).
CIE = O x G
G : Gravité,
2
Aspect Environnemental (AE) : élément des activités, produits ou services d’un organisme susceptible d’interactions avec l’environnement.
3
Impact Environnemental (IE) : toute modification de l’environnement, négative ou bénéfique, résultant totalement ou partiellement des activités, produits
ou services d’un organisme.
AVENIR ENVIRONNEMENTAL DE LA RÉGION GUELMIM ES-SMARA
162
Un aspect environnemental peut impacter différemment les domaines environnementaux selon la sensibilité
du milieu et de l’importance de l’impact environnemental. La combinaison de ces deux paramètres définit la
gravité. Ainsi, l’équation de la CIE devient :
CIE = O x (S x I) où
S : Sensibilité du milieu environnemental déterminée par les principales caractéristiques du milieu au niveau
d’une grille de cotation secondaire.
Le niveau de criticité de l’impact environnemental est le résultat du croisement des trois dimensions : importance
de l’impact environnemental, sensibilité du milieu environnemental et probabilité d’occurrence.
La matrice de criticité prend en compte deux dimensions : Les forces motrices avec leur pression (AE) et les
domaines environnementaux. Elle se présente comme suit :
A travers cette méthode on détermine la modification réelle ou potentielle de l'environnement qui va conditionner
la "criticité". (A titre d’exemple : la pollution de l'air par les CO2 rejetés est plus ou moins critique, parce qu'elle est
fréquente, parce qu'elle est importante en quantité, parce que le polluant rejeté est intrinsèquement dangereux
parce que l'environnement est sensible). Cette matrice permettra d’évaluer les impacts de chaque pression afin
d'identifier celles qui sont "significatives", puis de déterminer les principaux aspects à l’origine de ces impacts,
qui seront, de fait, eux aussi significatifs.
Très Forte 6
Forte 5
Faible 3
Très faible 2
Absent 1
Impact récurent 4
Impact momentané 3
Occurrence
Impact rare 2
Impact absent 1
Sensibilité forte 4
Sensibilité faible 2
Aucune sensibilité 1
Les grilles de sensibilité sont propres à la thématique environnementale évaluée, le calcul de l’attribution de
cotation à la sensibilité est donné en annexe.
Sur un tableau est dressée alors la liste des sources de pressions identifiées lors de la mission 3 sans ordre
d’importance ni aucun classement.
Tableau 32 : Listing des Forces motrices par effet direct ou indirect (exemple
méthodologique)
analphabétisme x
Exode rural x
Gouvernance x
...
Le résultat obtenu correspond à une variable supplémentaire, résumant les liens entre les pressions et
le milieu. Les liens sont représentés par des coordonnées calculées statistiquement à l’aide du logiciel
STATBOX v.06 et projetés sur un repère tridimensionnel.
Le graphique en deux dimensions représente les AE situées dans un espace vectoriel tridimensionnel,
certains "effets d'optique" peuvent intervenir dans l'interprétation des liens des AE, c’est le cas quand
plusieurs points sont projetés près de l’intersection de l’axe des abscisses (cf. figure ci-dessus, cercle B).
6. Hiérarchisation
A fin d’hiérarchiser les AE, la matrice décisionnelle se veut une méthode qualitative qui attribue
une note pour chaque couple aspects / impacts environnementaux. Cette méthode se veut plus
subjective et l’attribution des notes, des niveaux de priorité ou l’élaboration des grilles de cotation,
repose sur l’appréciation humaine.
Dans notre modèle de matrice, l’occurrence introduit la notion de temps d’exposition du milieu. En
fonctionnement normal, il s'agit de la fréquence d'exposition à l’aspect environnemental. En cas
d’impact négatif, on parle de la probabilité d’occurrence du phénomène dangereux.
La gravité prend en compte deux paramètres qui sont la sensibilité et l’importance. Ce dernier décrit
l’importance à la fois de la dangerosité intrinsèque de l’aspect (ex : les déchets dangereux présentent
une gravité plus élevée que les déchets non dangereux) et la quantité/le volume de l’aspect (plus
la quantité ou le volume consommé ou rejeté est grand, plus la gravité sera élevée). Quant à la
sensibilité du milieu susceptible d’être affecté par l’aspect, elle vise à définir les caractéristiques du
milieu environnemental (ex : ressource en eau pouvant être polluée par un rejet liquide,…). Plus ce
milieu est "fragile" (sensible) vis-à-vis d’un aspect, plus l’impact sera important.
L’hiérarchisation des pressions ayant un impact négatif sur l’environnement permettra de définir
les enjeux et par la suite les défis à relever par les institutions de la région pour permettre un
développement socio-économique respectueux de l’environnement.