SUJET n°1 (3 exercices)
EXERCICE 1 (extrait de CCP MP 2011)
Pour A ∈ M3 (R), on note C (A) = {M ∈ M3 (R) | AM = M A} le commutant de la matrice A.
1. Démontrer que, pour A ∈ M3 (R), C (A) est un espace vectoriel.
⎛ ⎞
1 4 −2
⎜ ⎟
2. Démontrer, en détaillant, que la matrice A = ⎝ 0 6 −3⎠ est semblable à la matrice
−1 4 0
⎛ ⎞
3 0 0
⎜ ⎟
T = ⎝0 2 1⎠ .
0 0 2
On précisera une matrice de passage à coefficients entiers, que l’on notera P , et on calculera
P −1 .
3. Déterminer le commutant C (T ) de la matrice T . Déterminer sa dimension.
4. Démontrer que l’application M → P −1 M P est un automorphisme de l’espace vectoriel M3 (R).
Que peut-on en déduire pour la dimension de C (A) ?
5. a) Démontrer que la famille I3 , A, A2 est libre dans M3 (R).
b) Démontrer alors que C (A) = Vect I3 , A, A2 .
c) Ce résultat reste-t-il vrai pour toute matrice A ∈ M3 (R) ?
EXERCICE 2 (extrait de E3A PSI 2017, Maths 1)
Dans tout l’exercice, n désigne un entier supérieur ou égal à 3. On note E = Rn−1 [X] et
B = 1, X, . . . , X n−1 sa base canonique.
Soient a1 , . . . , an , n réels vérifiant : a1 < a2 < · · · < an .
1. Montrer que l’application : T : P → (P (a1 ) , . . . , P (an )) est un isomorphisme de E dans Rn .
2. On note E = (e1 , . . . , en ) la base canonique de Rn et pour tout i ∈ 1, n , on note Li = T −1 (ei ),
c’est-à-dire l’unique polynôme dont l’image par T est ei .
Montrer que B = (L1 , . . . , Ln ) est une base de E puis déterminer les coordonnées d’un polynôme
P quelconque de E dans cette base.
Dans la suite de l’exercice, on note M = (mi,j )1i,jn la matrice de passage de la base B à la
base B
3. Dans cette question uniquement, on suppose que n = 3, a1 = 0, a2 = 1 et a3 = 2.
a) Calculer les polynômes L1 , L2 , L3 et expliciter la matrice M .
b) En utilisant la question 2, déterminer tous les polynômes P de R2 [X] vérifiant :
P (X) = P (0) + P (1)X + P (2)X 2 .
4. On revient au cas général.
a) Montrer que M est inversible. Calculer son inverse. (On pourra utiliser la question 2)
n
b) Établir la relation : Li = 1.
i=1
n n
c) Montrer que l’on a : m1,j = 1. Montrer ensuite que pour tout i ∈ 2, n , mi,j = 0.
j=1 j=1
d) Lorsque a1 = 1, déterminer la somme des coefficients de chaque colonne de M .
5. Dans cette question, on suppose que n 4 et que a1 = 0, a2 = 1 et a3 = 2.
Soit u l’endomorphisme de E défini par :
∀P ∈ E, u(P ) = Q avec Q(X) = P (0)L1 (X) + P (1)L2 (X) + P (2)L3 (X).
a) Déterminer Ker(u) et Im(u). Sont-ils supplémentaires ?
b) Montrer que u est une projection que l’on caractérisera.
EXERCICE 3 (extrait de E3A PSI 2017, Maths 2)
Dans tout le problème, on se donne un entier naturel n 2 un entier et on note :
- E = Mn (R) l’ensemble des matrices carrées de taille n à coefficients réels ;
- On la matrice nulle de E et In la matrice identité ;
- t A la transposée d’un élément de E ;
- Pour tout couple (i, j) ∈ 1 ; n2 , Ei,j désigne la matrice de E dont tous les coefficients sont
nuls sauf celui de la ligne i et de la colonne j qui est égal à 1 ;
- Sn (R) l’ensemble des matrices symétriques de E ;
- N l’ensemble des matrices nilpotentes de E , c’est à dire des A ∈ E telles qu’il existe un entier
p avec Ap = On .
Questions de cours
1. Quelle est la dimension de E ? En donner sans justification une base.
2. Soit (i, j, k, ) ∈ 1 ; n4 . Calculer le produit des matrices Ei,j et Ek, . (On montrera en
particulier que ce produit est nul lorsque j = k ).
I. Propriétés élémentaires
Soit A une matrice de N
1. La matrice A peut-elle être inversible ? Justifier votre réponse.
2. Montrer que le sous-espace vectoriel de E engendré par A, noté Vect(A), est inclus dans N .
3. Vérifier que t A ∈ N .
4. Montrer que si M est semblable à A, alors M ∈ N .
5. a) Soit p le plus petit entier naturel tel que Ap = On , et soit X0 ∈ Mn,1 (R) tel que Ap−1 X0 = 0.
Montrer que la famille X0 , AX0 , . . . , Ap−1 X0 est libre. Que peut-on en déduire pour p ?
b) En déduire qu’une condition nécessaire et suffisante pour que M ∈ E soit nilpotente est que
M n = On .
On pourra admettre ce résultat et l’utiliser dans la suite du problème.
6. Soient B, C ∈ E .
a) On suppose que BC ∈ N . Prouver alors que CB ∈ N .
b) Ici, on suppose de plus que B ∈ N et AB = BA.
Montrer que AB ∈ N et que A + B ∈ N .
7. Soient A ∈ N , α ∈ R∗ et M = In + αA.
Montrer que M est inversible et calculer son inverse à l’aide des puissances de la matrice A.
(On pourra utiliser une suite géométrique.)
II. Exemples
Dans cette partie, M est une matrice de E .
2 0 si i j
1. Dans cette question, on prend M = (mi,j ) ∈ E définie par : ∀(i, j) ∈ 1 ; n , mi,j = ,
1 sinon
c’est-à-dire ⎛ ⎞
0 1 1 ... 1
⎜0 0 1 . . . 1⎟
⎜ ⎟
⎜. . .. ⎟
M =⎜
⎜ .. ..
..
. .⎟
⎟
⎜ ⎟
⎝0 0 0 . . . 1⎠
0 0 0 ... 0
a) Démontrer, en détaillant, que la matrice M appartient à N .
b) On pose S = M + t M . Calculer det(S). A-t-on S ∈ N ?
Montrer que S 2 ∈ Vect(In , S).
c) N est-il un sous-espace vectoriel de E ?
2. Dans cette question on prend n = 2.
a) On suppose que M est de rang 1.
Montrer que M 2 = tr(M )M . En déduire une condition nécessaire et suffisante pour que M
soit nilpotente.
b) Déterminer une matrice nilpotente de M2 (R) dont la diagonale n’est pas identiquement
nulle.
c) Déterminer plus généralement l’ensemble de toutes les matrices nilpotentes de M2 (R).