COURS D’ANALYSE 1 - IA
Année universitaire : 2024-2025
Pr. El Hassan BENABDI
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Chapitre 2 : Suites numériques
2
Suites numériques : Introduction
En informatique, les suites numériques sont utilisées pour analyser
l’efficacité des algorithmes. Prenons l’exemple de la recherche
dichotomique, une méthode rapide pour trouver un élément dans une
liste triée. Cette méthode divise le nombre d’éléments à traiter par deux à
chaque étape, ce qui peut être décrit par une suite géométrique.
Exemple de Recherche Dichotomique
Imaginons que l’on dispose de la liste triée suivante :
[2, 5, 8, 12, 16, 23, 38, 56, 72, 91]
et que l’on souhaite savoir si le nombre 23 est présent dans cette liste.
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Suites numériques : Introduction
Voici comment fonctionne la recherche dichotomique :
• Première étape : On commence par le nombre du milieu de la liste.
Ici, le nombre au milieu est 16.
• Puisque 23 > 16, on ignore la première moitié de la liste.
• Deuxième étape : On se concentre maintenant sur la sous-liste
restante :
[23, 38, 56, 72, 91]
Le nombre du milieu est 56.
• Puisque 23 < 56, on ignore la seconde moitié de cette sous-liste.
4
Suites numériques : Introduction
• Troisième étape : On réduit la recherche à la sous-liste suivante :
[23, 38]
Le nombre du milieu est 23, qui est bien le nombre que l’on cherchait.
On l’a trouvé après seulement trois étapes.
Lien avec les Suites Géométriques :
Chaque étape de la recherche dichotomique divise la liste par deux. Si la
liste contient n éléments, le nombre maximum d’étapes nécessaires pour
trouver un élément est donné par le logarithme de base 2 de n,
c’est-à-dire environ log2 (n). n, n2 , n4 , n8 , . . .
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Suites numériques : Introduction
Cette suite géométrique montre que le nombre d’éléments à traiter
diminue exponentiellement à chaque étape. Par exemple :
• Pour une liste de 8 éléments, on aura besoin d’environ log2 (8) = 3
étapes au maximum.
• Pour une liste de 1000 éléments, on aura besoin d’environ
log2 (1000) ≈ 10 étapes.
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Suites numériques : Définitions et propriétés élémentaires
Définition
Soit I ⊂ N une partie infinie. Toute application u de I à valeurs réelles
u : I −→ R
n 7−→ u(n)
est dite suite numérique.
Pour n ∈ I, on note la valeur réelle u(n) par un et on l’appelle le terme
général de la suite. On note la suite u par (un )n∈I .
Exemples
un = n (I = N), un = 1 − 1
n (I = N∗ ) , un = n−2
n(n2 −1) (I = N\{0,1}).
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Suites numériques : Définitions et propriétés élémentaires
Définition
Une suite (un )n≥n0 est dite :
- Majorée si ∃M ∈ R, ∀n ≥ n0 : un ≤ M .
- Minorée si ∃m ∈ R, ∀n ≥ n0 : m ≤ un .
- Bornée si elle est majorée et minorée à la fois.
Exemples
La suite de terme général un = cos (n2 + 3) est bornée.
La suite de terme général un = ln(n + 1) est minorée non majorée.
La suite de terme général un = n2 (−1)n+1 n’est ni majorée, ni
minorée.
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Suites numériques : Définitions et propriétés élémentaires
Définition
Soit (un )n≥n0 une suite réelle. Elle est dite :
• Croissante si un ≤ un+1 pour tout n ≥ n0 .
• Décroissante si un ≥ un+1 pour tout n ≥ n0 .
• Monotone si elle est croissante ou décroissante.
Exemples
La suite de terme général un = n2 + 1 est une suite croissante.
La suite de terme général un = n1 est une suite décroissante.
n
La suite de terme général un = (−1)
n2 +1 n’est ni croissante, ni
décroissante.
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Suites numériques : Limites et convergence
Définition
Une suite (un )n≥n0 est dite convergente vers ℓ ∈ R si
∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀n ≥ N : |un − ℓ| < ε.
On note lim un = ℓ ou parfois un −−−−→ ℓ. On dit aussi que la suite
n→+∞ n→+∞
(un )n≥n0 tend vers ℓ.
Exemples
Les suites constantes ou stationnaires (constantes à partir d’un
certain rang)
sont convergentes.
1
La suite n n∈N∗ converge vers 0.
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Suites numériques : Limites et convergence
Définition
Une suite (un )n≥n0 tend vers +∞ si
∀A > 0, ∃N ∈ N, ∀n ≥ N : un ≥ A.
Une suite (un )n≥n0 tend vers −∞ si
∀A > 0, ∃N ∈ N, ∀n ≥ N : un ≤ −A.
Toute suite qui ne converge pas est dite divergente (c’est-à-dire soit la
suite tend vers ±∞, soit elle n’admet pas de limite).
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Suites numériques : Limites et convergence
Exemples
√
• La suite ( n)n∈N∗ tend vers +∞.
• Les suites de termes généraux respectifs un = n, vn = sin nπ
2 et
n
wn = (−1) sont divergentes.
12
Suites numériques : Opérations sur les limites
Proposition
(1) Si une suite converge vers une limite, alors cette limite est unique.
(2) Toute suite convergente est bornée.
(3) Soient (un )n≥n0 et (vn )n≥n0 deux suites réelles qui convergent
respectivement vers ℓ et ℓ′ . Alors :
- Les suites (αun + βvn )n≥n0 et (un × vn )n≥n0 convergent
respectivement vers αℓ + βℓ′ et ℓℓ′ (où α, β ∈ R).
- Siℓ ̸= 0 alors un ̸= 0 à partir d’un certain rang m0 ≥ n0 et la suite
1
un converge vers 1ℓ .
n≥n0
- La suite de terme général |un | converge vers |ℓ|.
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Suites numériques : Opérations sur les limites
Exemples
• La suite de terme général un = 2n+3 1
n+1 = 2 + n+1 converge.
3
3n +7n +2 2 3+ 7 + 2
• limn→+∞ 4n 3 +8n+65 = limn→+∞ 4+ n8 +n653 = 43 .
n2 n3
1 1 1 1
• La suite 3
n n≥1 converge vers 0. En effet n3 = n × n × n1 .
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Suites numériques : Opérations sur les limites infinies
Proposition
Soient (un )n≥n0 et (vn )n≥n0 deux suites.
• Si limn→+∞ vn = +∞ alors limn→+∞ v1 = 0.
n
• Si limn→+∞ vn = +∞ et (un )n≥n0 est minorée alors
limn→+∞ un + vn = +∞.
• Si limn→+∞ vn = +∞ et (un )n≥n0 est minorée par un nombre m > 0
alors limn→+∞ un × vn = +∞.
• Si limn→+∞ un = 0 et un > 0 à partir d’un certain rang alors
limn→+∞ u1n = +∞.
• Si limn→+∞ un = 0 et (vn )n≥n0 est bornée alors limn→+∞ un × vn = 0.
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Suites numériques : Opérations sur les limites infinies
Exemples
• limn→+∞ √1n = 0.
• limn→+∞ n + n1 = +∞.
• limn→+∞ n(1 + n1 ) = +∞.
n
• limn→+∞ ln(n) = +∞.
• limn→+∞ cos(n)
√
n
= 0.
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Suites numériques : Formes indéterminées
Dans certaines situations, on ne peut rien dire à priori sur la limite, il faut
faire une étude au cas par cas.
1. «+∞ + (−∞)» Cela signifie que si limn→+∞ un = +∞ et
limn→+∞ vn = −∞ il faut faire l’étude en fonction de chaque suite pour
déterminer limn→+∞ un + vn comme le prouve les exemples suivants.
Exemples
lim n − ln(n) = +∞
n→+∞
lim n − n2 = −∞
n→+∞
1
!
lim n+ −n=0
n→+∞ n
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Suites numériques : Formes indéterminées
2. «0 × ∞» Cela signifie que limn→+∞ un = 0 et limn→+∞ vn = ±∞.
Exemples
1
lim × n = +∞
n→+∞ ln n
1
lim × ln n = 0
n→+∞ n
1
lim × (n + 1) = 1
n→+∞ n
18
Suites numériques : Formes indéterminées
3. « 1∞ » Cela signifie que limn→+∞ un = 1 et limn→+∞ vn = ±∞.
Exemples
1 2
lim (1 + )n = +∞
n→+∞ n
1
lim (1 + )n = e
n→+∞ n
1 n
!
lim =0
n→+∞ n
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Suites numériques : Comparaison de suites
Théorème
Soient (un )n≥n0 , (vn )n≥n0 et (wn )n≥n0 trois suites réelles. Alors :
Comparaison :
• Si un ≤ wn à partir d’un certain rang avec (un )n≥n0 et (wn )n≥n0 qui
convergent alors limn→∞ un ≤ limn→∞ wn .
• Si un ≤ wn à partir d’un certain rang avec limn→∞ un = +∞ alors
(wn )n≥n0 est aussi divergente et limn→∞ wn = +∞.
Encadrement (gendarmes) :
• Si un ≤ vn ≤ wn à partir d’un certain rang avec (un )n≥n0 et (wn )n≥n0
qui convergent vers la même limite ℓ alors la suite (vn )n≥n0 converge
et limn→∞ vn = ℓ.
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Suites numériques : Comparaison de suites
Exemples
(−1)n −1 (−1)n 1
• La suite de terme général un = n+1 converge car n+1 ≤ n+1 ≤ n+1 .
cos(n3 +5)
• La suite de terme général un = n2 +1 converge car
cos(n3 +5)
− n21+1 ≤ n2 +1 ≤ n21+1 .
• La suite de terme général un = n+cos(n)
n−sin(n) (n ≥ 1) est encadrée comme
suit :
n−1 n+1
≤ un ≤ (n ≥ 2)
n+1 n−1
et par suite (un )n≥n0 converge vers 1.
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Suites numériques : Suites arithmétiques
Définition
Une suite arithmétique est une suite (un )n≥0 telle que :
u0 ∈ R et un+1 = un + a pour tout n ∈ N
où a est un réel appelé la raison de la suite.
Exemple
• La suite de terme général un = n est une suite arithmétique
(u0 = 0 et a = 1).
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Suites numériques : Suites arithmétiques
Propriétés
(1) Une suite arithmétique est entièrement déterminée par la donnée du
premier terme u0 et la raison a.
(2) L’expression d’une suite arithmétique de premier terme u0 et la raison
a est un = u0 + na. Par suite si a ̸= 0, alors (un )n≥n0 est divergente.
(3) Lorsque a > 0 la suite est croissante. Elle est décroissante dans le cas
a < 0.
(4) On peut calculer la somme S des termes consécutifs d’une suite
arithmétique par la formule :
Le premier terme + Le dernier terme
S = (Nombre de termes) × .
2 23
Suites numériques : Suites géométriques
Définition
Une suite géométrique est une suite (un )n∈N telle que :
u0 ∈ R et un+1 = aun pour tout n ∈ N
où a est un réel appelé la raison de la suite.
Exemple
• La suite (2n )n∈N est une suite géométrique, en effet u0 = 1 et a = 2.
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Suites numériques : Suites géométriques
Propriétés
(1) Le terme général d’une suite géométrique de premier terme u0 et la
raison a est un = u0 an .
(2) On peut calculer la somme S des termes consécutifs d’une suite
géométrique (a ̸= 1) par la formule :
1 − aLe nombre de termes
S = (Le premier terme) × .
1−a
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Suites numériques : Suites géométriques
Proposition
On fixe un réel a. Soit (un )n∈N la suite de terme général un = an .
(1) Si a = 1, on a pour tout n ∈ N : un = 1.
(2) Si a > 1, alors lim un = +∞.
n→+∞
(3) Si −1 < a < 1, alors lim un = 0.
n→+∞
(4) Si a ≤ −1, la suite (un )n∈N diverge.
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Suites numériques : Approximation des réels par des décimaux
Définition (La partie entière)
Pour x ∈ R, la partie entière de x, notée [x], est le plus grand entier
relatif inférieur où égal à x.
Exemples
• [2] = 2, [−2] = −2, [2.5] = 2 et [−2.5] = −3.
Proposition
Pour x ∈ R, on a
• [x] ≤ x < [x] + 1 et x − 1 < [x] ≤ x.
27
Suites numériques : Approximation des réels par des décimaux
Proposition
On fixe un réel a. Posons
[10n a]
un = .
10n
Alors un est une approximation décimale de a à 10−n près, en particulier
lim un = a.
n→+∞
Démonstration
1 [10n a]
On a 10n a − 1 < [10n a] ≤ 10n a donc a − 10n < 10n ≤ a. D’après le
théorème des gendarmes lim un = a.
n→+∞
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Suites numériques : Théorèmes de convergence
On a vu que toute suite convergente est bornée. La réciproque est
fausse mais nous allons ajouter une hypothèse supplémentaire pour
obtenir des résultats.
Théorème
Toute suite croissante et majorée est convergente.
Corollaire
• Toute suite décroissante et minorée est convergente.
• Une suite croissante et qui n’est pas majorée tend vers +∞.
• Une suite décroissante et qui n’est pas minorée tend vers −∞.
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Suites numériques : Théorèmes de convergence
Exemples
nπ
(1) La suite définie pour tout n ∈ N par : un = sin 2n+2 est
convergente.
(2) La suite définie pour tout n ∈ N par : un = e− cos( 2n ) est
π
convergente.
(3) La suite définie par : un = nk=1 ln k+1
est divergente car elle est
P
k
croissante non majorée.
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Suites numériques : Suites adjacentes
Définition
Les suites (un )n∈N et (vn )n∈N sont dites adjacentes si
• (un )n∈N est croissante et (vn )n∈N est décroissante,
• limn→+∞ (un − vn ) = 0.
Exemple
−1 1
Les suites de termes généraux un = n et vn = n+2 sont adjacentes.
Théorème
Deux suites numériques adjacentes convergent vers la même limite.
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Suites numériques : Suites adjacentes
Exemple
n
Soit la suite de terme général tn = (−1)
n+1 . Les suites de termes généraux
un = t2n+1 et vn = t2n sont adjacentes. En effet
−1
• un = 2n+2 1
et vn = 2n+1 donc (un )n∈N est croissante et (vn )n∈N est
décroissante,
−1
• limn→+∞ (un − vn ) = limn→+∞ ( 2n+2 1
− 2n+1 )=
−1 1
limn→+∞ 2n+2 − limn→+∞ 2n+1 = 0.
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Théorème de Bolzano-Weierstrass
Définition
Soit (un )n∈N une suite. Une suite extraite ou sous-suite de (un )n∈N est
une suite de la forme uϕ(n) n∈N , où ϕ : N → N est une application
strictement croissante.
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Théorème de Bolzano-Weierstrass
Exemple
Soit la suite (un )n∈N de terme général un = (−1)n .
1 Si on considère ϕ : N → N donnée par ϕ(n) = 2n, alors la suite
extraite
est de terme général uϕ(n) = (−1)2n = 1, donc la suite
uϕ(n) n∈N est stationnaire, de valeur stationnaire égale à 1.
2 Si on considère ψ : N → N donnée par ψ(n) = 3n, alors la suite
n
extraite
est de terme général uψ(n) = (−1)3n = ((−1)3 ) = (−1)n . La
suite uψ(n) n∈N est donc la même que (un )n∈N .
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Suites récurrentes : Suite récurrente définie par une fonction
Proposition
Soit (u
)
n n∈N
une suite. Si limn→+∞ un = ℓ, alors pour toute suite extraite
uϕ(n) n∈N on a limn→+∞ uϕ(n) = ℓ
Corollaire : Si la suite (un )n∈N admet une sous-suite divergente, ou bien
si elle admet deux sous-suites convergeant vers des limites distinctes, alors
elle diverge.
Exemple
Soit la suite (un )n∈N de terme général un = (−1)n . Alors (u2n )n∈N
converge vers 1, et (u2n+1 )n∈N converge vers −1 (en fait ces deux
sous-suites sont stationnaires). On en déduit que la suite (un )n∈N diverge.
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Théorème de Bolzano-Weierstrass
Théorème de Bolzano-Weierstrass
Toute suite bornée admet une sous-suite convergente.
Exemple
n
1 On considère la suite (un )
n∈N de terme général un = (−1) . Alors on
peut considérer les deux sous-suites (u2n )n∈N et (u2n+1 )n∈N .
nπ
2 On considère la suite (vn ) de terme général v = cos
n∈N n 2 . Le
théorème affirme qu’il existe une sous-suite convergente.
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Suites récurrentes : Suite récurrente définie par une fonction
Soit f : I → I une fonction, où I est un intervalle de R. Une suite
récurrente est définie par son premier terme et une relation permettant
de calculer les termes de proche en proche :
u0 ∈ I et un+1 = f (un ) pour n ≥ 0.
Une suite récurrente est donc définie par deux données : un terme
initial u0 , et une relation de récurrence un+1 = f (un ). La suite s’écrit
ainsi :
u0 , u1 = f (u0 ), u2 = f (u1 ) = f (f (u0 ))
u3 = f (u2 ) = f (f (f (u0 ))), . . .
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Suites récurrentes : Suite récurrente définie par une fonction
Exemple
√
Soit f (x) = 1 + x. Fixons u0 = 2 et définissons pour n ≥ 0 :
√
un+1 = f (un ). C’est-à-dire un+1 = 1 + un . Alors les premiers termes de
la suite sont :
√ √ √
q r q
u0 = 2, u1 = 1+ 2, u2 = 1+ 1 + 2, u3 = 1+ 1 + 1 + 2,
s
√
r q
u4 = 1 + 1 + 1 + 1 + 2, . . .
38
Suites récurrentes : Suite récurrente définie par une fonction
Proposition
Si f est une fonction continue et la suite récurrente (un )n∈N , définie
par un+1 = f (un ), converge vers ℓ, alors ℓ est une solution de
l’équation : f (ℓ) = ℓ.
Si on arrive à montrer que la limite existe alors cette proposition permet
de calculer des candidats à être cette limite.
39
Suites récurrentes : Suite récurrente définie par une fonction
Une valeur ℓ, vérifiant f (ℓ) = ℓ, est un point fixe de f .
40
Suite récurrente définie par une fonction
Exemple
Soit la suite donnée par u0 = 3 et un+1 = 12 (un + u5n ) pour tout n ≥ 0.
Alors :
√
• La suite est décroissante minorée par 5 donc convergente.
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Suites récurrentes : Suite récurrente définie par une fonction
Nous allons étudier en détail deux cas particuliers fondamentaux :
lorsque la fonction est croissante, puis lorsque la fonction est
décroissante.
Commençons par remarquer que pour une fonction croissante, le
comportement de la suite (un )n∈N définie par récurrence est assez simple :
• Si u1 ≥ u0 alors (un )n∈N est croissante.
• Si u1 ≤ u0 alors (un )n∈N est décroissante.
La preuve est une simple récurrence.
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Suite récurrente définie par une fonction : Fonction croissante
Voici le résultat principal :
Proposition
Si f : [a,b] → [a,b] est une fonction continue et croissante, alors
quelque soit u0 ∈ [a,b], la suite récurrente (un )n∈N est monotone et
converge vers ℓ ∈ [a,b] vérifiant f (ℓ) = ℓ.
43
Suite récurrente définie par une fonction
Exemple
un
Soit la suite donnée par u0 = 12 et un+1 = 1+u 2 pour tout n ≥ 0. Alors :
n
• La suite est décroissante car u1 ≤ u0 et x 7→ 1+x x
2 est croissante sur
[0,1].
• f (ℓ) = ℓ équivaut à ℓ = 0 donc limn→+∞ un = 0.
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Suite récurrente définie par une fonction : Fonction décroissante
Proposition
Soit f : [a,b] → [a,b] une fonction continue et décroissante. Soient
u0 ∈ [a,b] et la suite récurrente (un )n∈N définie par un+1 = f (un ).
Alors :
• La sous-suite (u2n )n∈N converge vers une limite ℓ vérifiant
f ◦ f (ℓ) = ℓ.
• La sous-suite (u2n+1 )n∈N converge vers une limite ℓ′ vérifiant
f ◦ f (ℓ′ ) = ℓ′ .
• Si ℓ = ℓ′ alors la suite (un )n∈N converge vers ℓ, si ℓ ̸= ℓ′ alors la
suite (un )n∈N est divergente.
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Suite récurrente définie par une fonction : Fonction décroissante
Exemple
1
Soient f : [0,1] → [0,1] avec f (x) = 1+x et la suite donnée par u0 = 12 et
un+1 = f (un ) pour tout n ≥ 0. Alors :
• La suite (un )n∈N est bornée ; 0 ≤ un ≤ 1 pour tout n ∈ N.
• La suite (u2n )n∈N est convergente vers ℓ vérifiant f ◦ f (ℓ) = ℓ avec
ℓ ≥ 0 car 0 ≤ un ≤ 1.
• La suite (u2n+1 )n∈N est convergente vers ℓ′ vérifiant f ◦ f (ℓ′ ) = ℓ′ avec
ℓ′ ≥ 0 car 0 ≤ un ≤ 1.
√ √
−1− 5 −1+
• f ◦ f (ℓ) = ℓ équivaut à ℓ ∈ 2 , 2 5 .
√
• La suite (un )n∈N est donc convergente et est de limite 5−1
2 .
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