COURS D’ANALYSE 1 - IA
Année universitaire : 2024-2025
Pr. El Hassan BENABDI
[email protected]Chapitre 4 : Fonctions dérivables
2
Dérivée d’une fonction : Introduction
La notion de dérivée est une notion fondamentale en analyse. Elle
permet d’étudier les variations d’une fonction, de construire des
tangentes à une courbe et de résoudre des problèmes d’optimisation.
En physique, lorsqu’une grandeur est en fonction du temps, la dérivée de
cette grandeur donne la vitesse instantanée de la variation de cette
grandeur, et la dérivée seconde donne l’accélération.
3
Dérivée en un point
Soient I un intervalle ouvert de R, f : I → R une fonction et x0 ∈ I.
Définition
f est dérivable en x0 si le taux d’accroissement f (x)−f x−x0
(x0 )
a une limite
finie lorsque x tend vers x0 . La limite s’appelle alors le nombre dérivé de
f (x) − f (x0 )
f en x0 et est noté f ′ (x0 ). Ainsi f ′ (x0 ) = x→x
lim .
0 x − x0
f est dérivable sur I si f est dérivable en tout point x0 ∈ I.
df
La fonction x 7→ f ′ (x) est la fonction dérivée de f , elle se note f ′ ou dx .
4
Dérivée en un point
Exemple
La fonction définie par f (x) = x2 est dérivable en tout point x0 ∈ R. En
effet :
f (x) − f (x0 ) x2 − x20 (x − x0 )(x + x0 )
= = = x + x0 −−−→ 2x0 .
x→x0
x − x0 x − x0 x − x0
On a même montré que le nombre dérivé de f en x0 est 2x0 , autrement
dit :
∀x ∈ R : f ′ (x) = 2x.
5
Dérivée en un point
Exemple
Montrons que la dérivée de la fonction sin est la fonction cos. Nous allons
utiliser les deux assertions suivantes :
sin x
p − q
p + q
−−→ 1 et sin p − sin q = 2 sin · cos .
x x→0 2 2
Pour x0 quelconque on écrit :
f (x) − f (x0 ) sin(x) − sin(x0 ) sin x−x
2
0
x + x0
= = x−x0 · cos .
x − x0 x − x0 2 2
f (x)−f (x0 )
Ainsi x−x0 −−−→
x→x0
cos(x0 ) et donc ∀x ∈ R : sin′ (x) = cos(x).
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Dérivée en un point : Tangente à la courbe
La droite qui passe par les points distincts (x0 ,f (x0 )) et (x,f (x)) a pour
coefficient directeur f (x)−f
x−x0
(x0 )
. À la limite on trouve que le coefficient
′
directeur de la tangente est f (x0 ). Une équation de la tangente au
point (x0 ,f (x0 )) est donc : y = (x − x0 )f ′ (x0 ) + f (x0 )
M0
M
x0 x
7
Dérivée en un point : Continuité
On a clairement d’après la définition :
Proposition
Soient I un intervalle ouvert, x0 ∈ I et soit f : I → R une fonction.
• Si f est dérivable en x0 alors f est continue en x0 .
• Si f est dérivable sur I alors f est continue sur I.
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Dérivée en un point : Continuité
Remarque
La réciproque est fausse : par exemple, la fonction valeur absolue est
continue en 0 mais n’est pas dérivable en 0.
y
y = |x|
1
0 1 x
La courbe de la fonction valeur absolue
9
Dérivée en un point : Continuité
En effet, le taux d’accroissement de f (x) = |x| en x0 = 0 vérifie :
f (x) − f (0) |x|
+1 si x > 0
= =
x−0 x −1 si x < 0.
Il a bien une limite à droite (qui vaut +1), une limite à gauche (qui vaut
−1) mais elles ne sont pas égales : il n’y a pas de limite en 0. Ainsi f
n’est pas dérivable en x0 = 0.
Cela se lit aussi sur le dessin elle a une demi-tangente à droite et une
demi-tangente à gauche mais elles ont des directions différentes.
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Dérivée en un point : Calcul des dérivées
La proposition suivante est très pratique, sa démonstration se fait par un
calcul direct.
Proposition
Soient f : I → R et g : I → R deux fonctions dérivables sur I. Alors
pour tout x ∈ I :
• (f + g)′ (x) = f ′ (x) + g ′ (x),
• (λf )′ (x) = λf ′ (x) où λ est un réel fixé,
• (f × g)′ (x) = f ′ (x)g(x) + f (x)g ′ (x),
′ ′
• 1
f (x) = − ff(x)
(x)
2 (si f (x) ̸= 0),
′
f f ′ (x)g(x)−f (x)g ′ (x)
• g (x) = g(x)2 (si g(x) ̸= 0).
11
Dérivée en un point : Calcul des dérivées
Remarque
Il est plus facile de mémoriser les égalités de fonctions :
• (f + g)′ = f ′ + g ′ ,
• (λf )′ = λf ′ ,
• (f × g)′ = f ′ g + f g ′ ,
′
′
• 1
f = − ff2 ,
′
• f f ′ g−f g ′
g = g2 .
12
Dérivée en un point : Dérivée de fonctions usuelles
Le tableau suivant est un résumé des principales formules à connaître, x
est la variable.
Fonction Dérivée
xn nxn−1 (n ∈ Z et x ∈ R)
1
x − x12 (x ∈ R∗ )
√
x 1 √1
2 x (x ∈ R∗+ )
xα αxα−1 (α ∈ R et x ∈ R∗+ )
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Dérivée en un point : Dérivée de fonctions usuelles
Fonction Dérivée
ex ex (x ∈ R)
1
ln(x) x (x ∈ R)
cos(x) − sin(x) (x ∈ R)
sin(x) cos(x) (x ∈ R)
π
tan(x) 1 + tan2 (x) = 1
cos2 (x) (x ∈] − 2 + kπ, π2 + kπ[ où k ∈ Z)
14
Dérivée en un point : Composition
Proposition
Si f est dérivable en x0 et g est dérivable
′
en f (x0 ) alors g ◦ f est
′ ′
dérivable en x0 de dérivée : g ◦ f (x0 ) = f (x0 ) · g f (x0 ) .
Exemple
Calculons la dérivée de ln(1 + x2 ). Nous avons g(x) = ln(x) avec
g ′ (x) = x1 et f (x) = 1 + x2 avec f ′ (x) = 2x. Alors la dérivée de
ln(1 + x2 ) = g ◦ f (x) est
′ 2x
g ◦ f (x) = g ′ f (x) · f ′ (x) = g ′ 1 + x2 · 2x =
.
1 + x2
15
Dérivée en un point : Dérivée de fonctions usuelles
Remarque
• Noter que la formule pour xα est aussi une conséquence de la dérivée
de l’exponentielle : xα = eα ln(x) et donc
1 1
(xα )′ = (eα ln(x) )′ = α eα ln(x) = α xα = αxα−1 .
x x
• Si on veut dériver une fonction avec un exposant dépendant de x il
faut absolument repasser à la forme exponentielle. Par exemple si
f (x) = 2x alors on réécrit d’abord f (x) = ex ln(2) pour pouvoir calculer
f ′ (x) = ln(2) · ex ln(2) = ln(2) · 2x .
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Dérivée en un point : Dérivée de fonctions usuelles
Le tableau suivant est celui des compositions, f représente une fonction
x 7→ f (x).
Fonction Dérivée
fn nf ′ f n−1 (n ∈ Z)
′
1
f − ff2 (f ̸= 0)
√ f′
1√
f 2 f (f > 0)
fα αf ′ f α−1 (α ∈ R et (f > 0))
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Dérivée en un point : Dérivée de fonctions usuelles
Fonction Dérivée
ef f ′ ef
f′
ln(f ) f (f > 0)
cos(f ) −f ′ sin(f )
sin(f ) f ′ cos(f )
f′
tan(f ) (1 + tan2 (f ))f ′ = cos2 (f ) (− π2 + kπ < f < π
2 + kπ où k ∈ Z)
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Dérivée en un point : Composition
Proposition
Soit I un intervalle ouvert. Soit f : I → J dérivable et bijective dont
on note f −1 : J → I la bijection réciproque. Si f ′ ne s’annule pas sur
I alors f −1 est dérivable et on a pour tout x ∈ J :
′ 1
f −1 (x) =
.
f ′ f −1 (x)
Comme application de ce résultat, nous allons étudier les fonctions
circulaires réciproques.
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Fonctions circulaires réciproques : Arccosinus
Sur [0,π], la fonction cos est continue et strictement décroissante, donc la
restriction
cos : [0,π] → [−1,1]
est une bijection. Sa bijection réciproque est la fonction arccosinus :
Arccos : [−1,1] → [0,π].
20
Fonctions circulaires réciproques : Arccosinus
y
π
y
π
1 2
x
π π
2 y = Arccos(x)
−1 x
y = cos(x) −1 1
21
Fonctions circulaires réciproques : Arccosinus
On a donc, par définition de la bijection réciproque :
∀x ∈ [−1, 1] : cos(Arccos(x)) = x,
∀x ∈ [0, π] : Arccos(cos(x)) = x.
Autrement dit :
x ∈ [0, π] et cos(x) = y ⇐⇒ x = Arccos(y).
Terminons avec la dérivée de Arccos :
−1
∀x ∈] − 1, 1[ : Arccos′ (x) = √ .
1 − x2
22
Fonctions circulaires réciproques : Arcsinus
Sur − π2 , π2 , la fonction cos est continue et strictement décroissante, donc
h i
la restriction
π π
" #
sin : − , → [−1, 1]
2 2
est une bijection. Sa bijection réciproque est la fonction arcsinus :
π π
" #
Arcsin : [−1, 1] → − , .
2 2
23
Fonctions circulaires réciproques : Arcsinus
y
y = Arcsin(x)
π
2
y y = sin(x)
1 x
−1 1
x
− π2 π
2
−π
2
−1
24
Fonctions circulaires réciproques : Arcsinus
∀x ∈ [−1, 1] : sin(Arcsin(x)) = x,
π π
" #
∀x ∈ − , : Arcsin(sin(x)) = x.
2 2
π π
" #
x∈ − , et sin(x) = y ⇐⇒ x = Arcsin(y).
2 2
Sa dérivée est donnée par
1
∀x ∈] − 1, 1[: Arcsin′ (x) = √ .
1 − x2
25
Fonctions circulaires réciproques : Arctangente
Sur − π2 , π2 , la fonction cos est continue et strictement décroissante, donc
i h
la restriction
π π
# "
tan : − , →R
2 2
est une bijection. Sa bijection réciproque est la fonction arctangente :
π π
# "
Arctan : R → − , .
2 2
26
Fonctions circulaires réciproques : Arctangente
y
y
π
2 y = Arctan(x)
−π π
x
2 2
x
−π
y = tan(x) 2 27
Fonctions circulaires réciproques : Arctangente
∀x ∈ R : tan(Arctan(x)) = x,
π π
# "
∀x ∈ − , : Arctan(tan(x)) = x.
2 2
π π
# "
x∈ − , et tan(x) = y ⇐⇒ x = Arctan(y),
2 2
1
∀x ∈ R : Arctan′ (x) = .
1 + x2
De plus
π
lim Arctan(x) = ,
x→+∞ 2
π
lim Arctan(x) = − .
x→−∞ 2 28
Dérivée en un point : Dérivées successives
Soit f : I → R une fonction dérivable et soit f ′ sa dérivée. Si la fonction
f ′ : I → R est aussi dérivable on note f ′′ = (f ′ )′ la dérivée seconde de
f . Plus généralement on note :
′
f (0) = f, f (1) = f ′ , f (2) = f ′′ f (n+1) = f (n) .
et
Si la dérivée nième f (n) existe on dit que f est n fois dérivable.
Théorème (formule de Leibniz)
Soient f : I → R et g : I → R deux fonctions n fois dérivables. Alors f g
est n fois dérivable et
(n)
= f (n) · g + Cn1 f (n−1) · g (1) + · · · + Cnk f (n−k) · g (k) + · · · + f · g (n) .
f ·g
(n) Pn k
Autrement dit : f · g = k=0 Cn f (n−k) · g (k) . 29
Dérivée en un point : Dérivées successives
Exemple
• Pour n = 1 on retrouve (f · g)′ = f ′ · g + f · g ′ .
• Pour n = 2, on a (f · g)′′ = f ′′ · g + 2f ′ · g ′ + f · g ′′ .
• Pour n = 3, on a (f · g)′′′ = f ′′′ · g + 3f ′′ · g ′ + 3f ′ · g ′′ + f · g ′′′ .
30
Dérivée en un point : Extremum local
Soient f : I → R une fonction définie sur un intervalle I et x0 ∈ I.
Définition
On dit que f admet un maximum global en x0 si
∀x ∈ I : f (x) ≤ f (x0 ).
On dit que f admet un minimum global en x0 si
∀x ∈ I : f (x0 ) ≤ f (x).
On dit que x0 est un point critique de f si f est dérivable en x0 et
f ′ (x0 ) = 0.
31
Dérivée en un point : Extremum local
Définition
• On dit que f admet un maximum local en x0 (resp. un minimum
local en x0 ) s’il existe un intervalle ouvert J contenant x0 tel que
∀x ∈ I ∩ J : f (x) ≤ f (x0 ) resp. f (x0 ) ≤ f (x) .
• On dit que f admet un extremum local en x0 si f admet un
maximum local ou un minimum local en ce point.
Dire que f a un maximum local en x0 signifie que f (x0 ) est la plus
grande des valeurs f (x) pour les x proches de x0 .
Bien sûr un maximum global est aussi un maximum local, mais la
réciproque est fausse. 32
Dérivée en un point : Extremum local
y
maximum global
minimums locaux maximums locaux
x
I
33
Dérivée en un point : Extremum local
Théorème
Soient I un intervalle ouvert et f : I → R une fonction dérivable. Si f
admet un maximum local (ou un minimum local) en x0 alors
f ′ (x0 ) = 0.
En d’autres termes, un maximum local (ou un minimum local) x0 est
toujours un point critique. Géométriquement, au point (x0 ,f (x0 )) la
tangente à la courbe est horizontale.
34
Dérivée en un point : Extremum local
x
I
35
Dérivée en un point : Extremum local
Remarque
1 La réciproque du théorème précédent est fausse. Par exemple la
fonction f : R → R, définie par f (x) = x3 vérifie f ′ (0) = 0 mais
x0 = 0 n’est ni maximum local ni minimum local.
2 L’intervalle du théorème précédent est ouvert. Pour le cas d’un
intervalle fermé, il faut faire attention aux extrémités. Par exemple si
f : [a,b] → R est une fonction dérivable qui admet un extremum en
x0 , alors on est dans l’une des situations suivantes :
• x0 = a,
• x0 = b,
• x0 ∈]a,b[ et dans ce cas on a bien f ′ (x0 ) = 0 par le théorème précédent.
Aux extrémités on ne peut rien dire pour f ′ (a) et f ′ (b), comme le
montre les différents maximums sur le dessin suivant.
36
Dérivée en un point : Extremum local
− π2 0 π
4
La courbe de la fonction cos sur [− π2 , π4 ]
3 Pour déterminer max[a,b] f et min[a,b] f (où f : [a,b] → R est une
fonction dérivable) il faut comparer les valeurs de f aux différents
points critiques et en a et b.
37
Dérivée en un point : Théorème de Rolle
Théorème (Théorème de Rolle)
Soit f : [a,b] → R telle que
• f est continue sur [a,b],
• f est dérivable sur ]a,b[,
• f (a) = f (b).
Alors il existe c ∈]a,b[ tel que f ′ (c) = 0.
f (a) = f (b)
a c b 38
Dérivée en un point : Théorème des accroissements finis
Théorème (Théorème des accroissements finis)
Soit f : [a,b] → R une fonction continue sur [a,b] et dérivable sur ]a,b[.
Alors il existe c ∈]a,b[ tel que f (b) − f (a) = f ′ (c) (b − a).
A
B
a c b
39
Dérivée en un point : Théorème des accroissements finis
Interprétation géométrique : il existe au moins un point de la courbe de f
où la tangente est parallèle à la droite (AB) où A = (a,f (a)) et
B = (b,f (b)).
Preuve
Posons ℓ = f (b)−f b−a
(a)
et g(x) = f (x) − ℓ · (x − a). Alors g(a) = f (a),
f (b)−f (a)
g(b) = f (b) − b−a · (b − a) = f (a). Par le théorème de Rolle, il
existe c ∈]a,b[ tel que g ′ (c) = 0. Or g ′ (x) = f ′ (x) − ℓ. Ce qui donne
f ′ (c) = f (b)−f (a)
b−a .
40
Dérivée en un point : Fonction croissante et dérivée
Corollaire
Soit f : [a,b] → R une fonction continue sur [a,b] et dérivable sur ]a,b[.
′
1 ∀x ∈]a,b[ : f (x) ≥ 0 ⇐⇒ f est croissante,
2 ∀x ∈]a,b[ : f ′ (x) ≤ 0 ⇐⇒ f est décroissante,
′
3 ∀x ∈]a,b[ : f (x) = 0 ⇐⇒ f est constante,
4 ∀x ∈]a,b[ : f ′ (x) > 0 =⇒ f est strictement croissante,
′
5 ∀x ∈]a,b[ : f (x) < 0 =⇒ f est strictement décroissante.
41
Dérivée en un point : Fonction croissante et dérivée
Remarque
La réciproque au point (4) (et aussi au (5)) est fausse. Par exemple la
fonction x 7→ x3 est strictement croissante et pourtant sa dérivée s’annule
en 0.
42
Dérivée en un point : Inégalité des accroissements finis
Corollaire (Inégalité des accroissements finis)
Soit f : I → R une fonction dérivable sur un intervalle I ouvert. S’il
existe une constante M telle que pour tout x ∈ I, f ′ (x) ≤ M alors
∀(x, y) ∈ I 2 : f (x) − f (y) ≤ M |x − y|.
Preuve
Fixons x, y ∈ I, il existe alors c ∈]x,y[ ou ]y,x[ tel que
f (x) − f (y) = f ′ (c)(x − y) et comme |f ′ (c)| ≤ M alors
f (x) − f (y) ≤ M |x − y|.
43
Dérivée en un point : Inégalité des accroissements finis
Exemple
Soit f (x) = sin(x). Comme f ′ (x) = cos x alors |f ′ (x)| ≤ 1 pour tout
x ∈ R. L’inégalité des accroissements finis s’écrit alors :
∀(x,y) ∈ R2 : | sin x − sin y| ≤ |x − y|.
Donc sin est 1-lipschitzienne.
En particulier si l’on fixe y = 0 alors on obtient | sin x| ≤ |x|.
44
Dérivée en un point : Règle de l’Hôpital
Corollaire (Règle de l’Hôpital)
Soient f : I → R et g : I → R deux fonctions dérivables et soit x0 ∈ I.
On suppose que
• f (x0 ) = g(x0 ) = 0,
f ′ (x)
• lim ′ = ℓ (ℓ ∈ R).
x→x0 g (x)
f (x)
Alors x→x lim = ℓ.
0 g(x)
45
Dérivée en un point : Règle de l’Hôpital
Exemple
2
+x−1)
Calculer limx→1 ln(xln(x) .
• On pose f (x) = ln(x2 + x − 1) et g(x) = ln(x).
• On vérifie que f (1) = 0, f ′ (x) = x22x+1 ′ 1
+x−1 , g(1) = 0 et g (x) = x .
On a
f ′ (x) 2x + 1 2x2 + x
= 2 ×x= 2 −−→ 3.
g ′ (x) x +x−1 x + x − 1 x→1
Donc
f (x)
−−→ 3.
g(x) x→1
46
Fonctions hyperboliques : cosinus hyperbolique
Le cosinus hyperbolique est la fonction définie sur R par
ex + e−x
ch(x) = .
2
La restriction ch : [0, +∞[→ [1, +∞[ est continue et strictement
croissante donc c’est une bijection. Sa bijection réciproque est
Argch : [1, +∞[ → [0, +∞[
√
x 7 → 2
ln x + x − 1 .
Il vient que ∀x ∈]1, +∞[ : Argch′ (x) = √ 1 .
x2 −1
47
Fonctions hyperboliques : cosinus hyperbolique
5 y
4 y = ch(x) y
3
y = Argch(x)
2
1
x
x
−0.5 0.5 1 1.5 2 2.5 1
48
Fonctions hyperboliques : sinus hyperbolique
Le sinus hyperbolique est la fonction définie sur R par
ex − e−x
sh(x) =
2
sh : R → R est une fonction continue, strictement croissante vérifiant
lim sh(x) = −∞ et lim sh(x) = +∞,
x→−∞ x→+∞
c’est donc une bijection. Sa bijection réciproque est
Argsh : R → R
√
x 7→ ln x + x2 +1 .
Il vient que ∀x ∈ R : Argsh′ (x) = √ 1 .
x2 +1 49
Fonctions hyperboliques : sinus hyperbolique
4 y y = sh(x)
2
x
−2
50
Fonctions hyperboliques : sinus hyperbolique
y
y = Argsh(x)
51
Fonctions hyperboliques : tangente hyperbolique
La tangente hyperbolique est la fonction définie sur R par
sh(x)
th(x) = .
ch(x)
La fonction th : R →] − 1, 1[ est une bijection. Sa bijection réciproque est
donnée par
Argth : ] − 1, 1[ → R
1 1+x
!
x 7→ ln .
2 1−x
Il vient que ∀x ∈] − 1, 1[ : Argth′ (x) = 1−x1
2.
52
Fonctions hyperboliques : tangente hyperbolique
y
1 y = th(x)
x
−1 1
x
y = Argth(x) −1 53
Propriétés des fonctions hyperboliques
Pour tous x,y ∈ R, on a
• ch2 (x) − sh2 (x) = 1.
• ch′ (x) = sh(x).
• sh′ (x) = ch(x).
• th′ (x) = 1 − th2 (x) = 1
ch2 (x)
.
• ch(x + y) = ch(x)ch(y) + sh(x)sh(y).
• sh(x + y) = sh(x)ch(y) + sh(x)ch(y).
th(x) + th(y)
• th(x + y) = .
1 + th(x)th(y)
54