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Compilation de Poèmes

Le document présente plusieurs poèmes d'amour de différents auteurs, dont Paul Verlaine, Paul Éluard, Victor Hugo et Alfred de Musset. Chaque poème explore des thèmes tels que la passion, la compréhension mutuelle, la souffrance de l'absence et la beauté des moments partagés. L'ensemble met en lumière la profondeur et la complexité des émotions liées à l'amour.

Transféré par

Betshina Louis
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Le document présente plusieurs poèmes d'amour de différents auteurs, dont Paul Verlaine, Paul Éluard, Victor Hugo et Alfred de Musset. Chaque poème explore des thèmes tels que la passion, la compréhension mutuelle, la souffrance de l'absence et la beauté des moments partagés. L'ensemble met en lumière la profondeur et la complexité des émotions liées à l'amour.

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Mon rêve familier de Paul Verlaine

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,

Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même

Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon cœur transparent

Pour elle seule, hélas ! Cesse d'être un problème

Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,

Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? Je l'ignore.

Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore,

Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,

Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a

L'inflexion des voix chères qui se sont tues.

La courbe de tes yeux de Paul Éluard

La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur,

Un rond de danse et de douceur,

Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,

Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu


C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.

Feuilles de jour et mousse de rosée,

Roseaux du vent, sourires parfumés,

Ailes couvrant le monde de lumière,

Bateaux chargés du ciel et de la mer,

Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

Parfums éclos d'une couvée d'aurores

Qui gît toujours sur la paille des astres,

Comme le jour dépend de l'innocence

Le monde entier dépend de tes yeux purs

Et tout mon sang coule dans leurs regards.

Nos deux corps sont en toi Marguerite de Valois

Nos deux corps sont en toi,

Je le sais plus que d'ombre.

Nos amis sont à toi,

Je ne sais que de nombre.

Et puisque tu es tout

Et que je ne suis rien,

Je n'ai rien ne t'ayant

Ou j'ai tout, au contraire,

Avoir et tout et tien,


Comment se peut-il faire ?…

C'est que j'ai tous les maux

Et je n'ai point de [Link] vis par et pour toi

Ainsi que pour moi-même.

Tu vis par et pour moi

Ainsi que pour toi-même.

Le soleil de mes yeux,

Si je n'ai ta lumière,

Une aveugle nuée

Ennuie ma paupière.

Comme une pluie de pleurs

Découle de mes yeux,

Les éclairs de l'amour,

Les éclats de la foudre

Entrefendent mes nuits

Et m'écrasent en poudre.

Quand j'entonne les cris,

Lors, j'étonne les cieux.

Je vis par et pour toi

Ainsi que pour moi-même.

Tu vis par et pour moi

Ainsi que pour toi-mê[Link] n'aurons qu'une vie

Et n'aurons qu'un trépas.


Je ne veux pas ta mort,

Je désire la mienne.

Mais ma mort est ta mort

Et ma vie est la tienne.

Ainsi, je veux mourir

Et je ne le veux pas.

Je respire où tu palpites - Victor Hugo

Je respire où tu palpites,

Tu sais ; à quoi bon, hélas !

Rester là si tu me quittes,

Et vivre si tu t’en vas ?A quoi bon vivre, étant l’ombre

De cet ange qui s’enfuit ?

A quoi bon, sous le ciel sombre,

N’être plus que de la nuit ?

Je suis la fleur des murailles

Dont avril est le seul bien.

Il suffit que tu t’en ailles

Pour qu’il ne reste plus rien.

Tu m’entoures d’Auréoles ;

Te voir est mon seul souci.

Il suffit que tu t’envoles


Pour que je m’envole aussi.

Si tu pars, mon front se penche ;

Mon âme au ciel, son berceau,

Fuira, dans ta main blanche

Tu tiens ce sauvage [Link] veux-tu que je devienne

Si je n’entends plus ton pas ?

Est-ce ta vie ou la mienne

Qui s’en va ? Je ne sais pas.

Quand mon orage succombe,

J’en reprends dans ton cœur pur ;

Je suis comme la colombe

Qui vient boire au lac d’azur.

L’amour fait comprendre à l’âme

L’univers, salubre et béni ;

Et cette petite flamme

Seule éclaire l’infini.

Sans toi, toute la nature

N’est plus qu’un cachot fermé,

Où je vais à l’aventure,

Pâle et n’étant plus aimé.


Sans toi, tout s’effeuille et tombe ;

L’ombre emplit mon noir sourcil ;

Une fête est une tombe,

La patrie est un exil.

Je t’implore et réclame ;

Ne fuis pas loin de mes maux,

Ô fauvette de mon âme

Qui chantes dans mes rameaux !De quoi puis-je avoir envie,

De quoi puis-je avoir effroi,

Que ferai-je de la vie

Si tu n’es plus près de moi ?

Tu portes dans la lumière,

Tu portes dans les buissons,

Sur une aile ma prière,

Et sur l’autre mes chansons.

Que dirai-je aux champs que voile

L’inconsolable douleur ?

Que ferai-je de l’étoile ?

Que ferai-je de la fleur ?

Que dirai-je au bois morose

Qu’illuminait ta douceur ?
Que répondrai-je à la rose

Disant : « Où donc est ma sœur ? »

J’en mourrai ; fuis, si tu l’oses.

A quoi bon, jours révolus !

Regarder toutes ces choses

Qu’elle ne regarde plus ?Que ferai-je de la lyre,

De la vertu, du destin ?

Hélas ! et, sans ton sourire,

Que ferai-je du matin ?

Que ferai-je, seul, farouche,

Sans toi, du jour et des cieux,

De mes baisers sans ta bouche,

Et de mes pleurs sans tes yeux !

Puisque j'ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine - Victor Hugo

Puisque j'ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine ;

Puisque j'ai dans tes mains posé mon front pâli ;

Puisque j'ai respiré parfois la douce haleine

De ton âme, parfum dans l'ombre enseveli ;

Puisqu'il me fut donné de t'entendre me dire

Les mots où se répand le cœur mystérieux ;

Puisque j'ai vu pleurer, puisque j'ai vu sourire


Ta bouche sur ma bouche et tes yeux sur mes yeux ;Puisque j'ai vu briller sur ma tête ravie

Un rayon de ton astre, hélas ! voilé toujours ;

Puisque j'ai vu tomber dans l'onde de ma vie

Une feuille de rose arrachée à tes jours ;

Je puis maintenant dire aux rapides années :

- Passez ! passez toujours ! je n'ai plus à vieillir !

Allez-vous-en avec vos fleurs toutes fanées ;

J'ai dans l'âme une fleur que nul ne peut cueillir !

Votre aile en le heurtant ne fera rien répandre

Du vase où je m'abreuve et que j'ai bien rempli.

Mon âme a plus de feu que vous n'avez de cendre !

Mon cœur a plus d'amour que vous n'avez d'oubli

Le meilleur moment des amours - René-François Sully Prudhomme

Le meilleur moment des amours

N'est pas quand on a dit : « Je t'aime. »

Il est dans le silence même

À demi rompu tous les jours ;Il est dans les intelligences

Promptes et furtives des cœurs ;

Il est dans les feintes rigueurs

Et les secrètes indulgences ;

Il est dans le frisson du bras


Où se pose la main qui tremble,

Dans la page qu'on tourne ensemble

Et que pourtant on ne lit pas.

Heure unique où la bouche close

Par sa pudeur seule en dit tant ;

Où le cœur s'ouvre en éclatant

Tout bas, comme un bouton de rose ;

Où le parfum seul des cheveux

Parait une faveur conquise !

Heure de la tendresse exquise

Où les respects sont des aveux.

Se voir le plus possible - Alfred de Musset

Se voir le plus possible et s'aimer seulement,

Sans ruse et sans détours, sans honte ni mensonge,

Sans qu'un désir nous trompe, ou qu'un remords nous ronge,

Vivre à deux et donner son cœur à tout moment ;

Respecter sa pensée aussi loin qu'on y plonge,

Faire de son amour un jour au lieu d'un songe,

Et dans cette clarté respirer librement

Ainsi respirait Laure et chantait son amant.


Vous dont chaque pas touche à la grâce suprême,

C'est vous, la tête en fleurs, qu'on croirait sans souci,

C'est vous qui me disiez qu'il faut aimer [Link] c'est moi, vieil enfant du doute et du blasphème,

Qui vous écoute, et pense, et vous réponds ceci :

Oui, l'on vit autrement, mais c'est ainsi qu'on aime.

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