Cours O
Optique - Chapitre 2 :
Superposition d’ondes lumineuses
Optique - Chapitre 1 :
Modèle scalaire des ondes lumineuses
Principe simplifié de la lecture d’un CD
Photo de la surface
d’un CD
Sur un CD, les données sont gravées sur une piste en forme de spirale qui fait près de 5 km de long, du
centre vers l’extérieur. Il faut faire 22188 tours pour parcourir la totalité de la piste. La piste physique
est constituée d’alvéoles d’une profondeur de 0,12 µm, d’une largeur de 0,67 µm et de longueur variable.
On nomme creux (en anglais pit) le fond de l’alvéole et on nomme plat (en anglais land) les espaces entre
les alvéoles.
Une diode laser émet un faisceau de longueur d’onde λ = 780 nm. Ce faisceau va frapper la surface du
disque sur laquelle il se réfléchit. Le faisceau réfléchi étant relativement « large », ses différentes
parties peuvent interférer entre elles.
• Si le faisceau incident a frappé un plat ou un creux, toutes les parties du faisceau réfléchi sont
en phase : les interférences sont constructives.
• Si le faisceau a frappé un passage plat/creux, les différentes parties du faisceau réfléchit sont
déphasées de sorte que les interférences sont destructives.
L’onde réfléchie atteint ensuite un capteur de lumière qui code en binaire l’information d’interférences
constructives ou destructives.
Ce phénomène d’interférences justifie que l’on observe des irisations sur le CD lorsque celui-ci est éclairé
en lumière blanche.
Plan
I. Conditions d’obtention des interférences ................................................................................. 3
1. Calcul de l’éclairement .......................................................................................................... 3
2. Deuxième condition d’obtention des interférences ................................................................ 5
3. Relation de Fresnel ................................................................................................................ 6
4. Notion de cohérence temporelle ............................................................................................ 7
5. Notion de cohérence spatiale ................................................................................................. 9
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Cours O
II. Allure des figures d’interférence ............................................................................................ 10
1. Quelles grandeurs permettent d’étudier une figure d’interférence ? .................................. 10
2. Notion de contraste .............................................................................................................. 11
3. Franges rectilignes ou anneaux ........................................................................................... 13
III. Superposition de N ondes cohérentes ..................................................................................... 14
Capacités exigibles
Justifier et exploiter l’additivité des intensités lors de la superposition d'ondes incohérentes.
Vérifier que les principales conditions pour que le phénomène d'interférences apparaisse
(égalité des pulsations et déphasage constant dans le temps) sont réunies.
Établir et exploiter la formule de Fresnel.
Déterminer le facteur de contraste : associer un bon contraste à des intensités voisines.
Superposition de N ondes cohérentes, de même amplitude et dont les phases sont en
progression arithmétique : établir l'expression de la différence de marche entre deux motifs
consécutifs.
Établir la relation fondamentale des réseaux liant la condition d'interférences constructives à la
valeur de la différence de marche entre deux motifs consécutifs.
Prérequis Outils mathématiques
• Propagation d’un signal ; • Relations trigonométriques ;
• Optique géométrique. • Complexes.
Observations expérimentales
Deux sources lumineuses S1 et S2 Observation de l’éclairement à l’écran
Différentes Etot = E1 + E2.
Issues d’une même source Franges d’interférence : Etot E1 + E2.
→ Quelles sont les conditions d'obtention d'interférences ?
→ Peut-on prévoir les caractéristiques précises d'une figure d'interférences ?
2
Cours O
I. Conditions d’obtention des interférences
1. Calcul de l’éclairement
Soient 2 OPPM, issues de deux sources ponctuelles S1
et S2. L’onde résultante s’exprime :
s ( M , t ) = s1 ( M , t ) + s2 ( M , t ) = s0,1 cos (1t − 1 ( M ) ) + s0,2 cos (2t − 2 ( M ) )
où i ( M ) = k . ( Si M ) − S ,i
Première condition d’obtention d’interférences – Relation de Fresnel
E (M ) = E1 + E2 + 2 E1E2 cos ( (1 − 2 ) t − 1 ( M ) + 2 ( M ) )
dû à S1 seule dû à S2 seule
terme interférentiel
• 1 2 E ( M ) = E1 + E2
2 sources de pulsations différentes n’interfèrent pas ;
• 1 = 2 E ( M ) = E1 + E2 + 2 E1 E2 cos (1 ( M ) − 2 ( M ) )
2 sources de pulsations identiques peuvent interférer.
Démonstration ♥ 2 cos a cos b = cos ( a + b ) + cos ( a + b )
E ( M ) = 2 s² ( M , t )
= 2 s0,1
2
cos ² (1t − 1 ( M ) ) + s0,2
2
cos ² (2t − 2 ( M ) ) + 2 s0,1 cos (1t − 1 ( M ) ) s0,2 cos (2t − 2 ( M ) )
1 2 1 2
2
s0,1
2
s0,2
= E1 + E2 + 4 E1 E2 cos (1t − 1 ( M ) ) cos (2t − 2 ( M ) )
= E1 + E2 + 2 E1 E2 cos ( (1 + 2 ) t + 1 ( M ) + 2 ( M ) ) + cos ( (1 − 2 ) t − 1 ( M ) + 2 ( M ) )
=0
On obtient donc, selon les deux calculs :
E (M ) = E1 + E2 + 2 E1E2 cos ( (1 − 2 ) t − 1 ( M ) + 2 ( M ) )
dû à S1 seule dû à S2 seule
terme interférentiel
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Cours O
Interprétation physique
En un point M de l’espace, la différence de phase = 1 ( M ) − 2 ( M ) entre les deux
ondes détermine la manière dont elles interfèrent :
• Frange brillante (interférence constructive)
E ( M ) = Emax = E1 + E2 + 2 E1E2
cos (1 ( M ) − 2 ( M ) ) = 1
= 1 ( M ) − 2 ( M ) = 2 n, n
→ Ondes en phase
• Frange sombre (interférence destructive)
E ( M ) = Emin = E1 + E2 − 2 E1E2
cos (1 ( M ) − 2 ( M ) ) = −1
= ( 2n + 1) , n
→ Ondes en opposition de phase
• Entre les deux : frange grise
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Cours O
2. Deuxième condition d’obtention des interférences
Reprenons la relation de Fresnel :
E ( M ) = E1 + E2 + 2 E1 E2 cos (1 ( M ) − 2 ( M ) )
(
= E1 + E2 + 2 E1 E2 cos k ( S1M ) − ( S 2 M ) + S1 − s 2 )
Caractère aléatoire de l’émission lumineuse 21 = S 1 − s 2 dépend du temps :
Les récepteurs moyennent le signal d’éclairement reçu sur des durées bien supérieures à la
durée des trains d’onde, si les deux sources sont indépendantes, alors :
(
cos k ( S1M ) − ( S2 M ) + 21 ( t ) ) =0
La superposition des trains
d’ondes de ces deux sources de
même pulsation ne permet pas
l’observation d’une figure
d’interférence :
l’œil, qui moyenne le signal
observé sur T >> , observera
en tout point un écran gris
→ ondes non cohérantes.
→ Deux sources indépendantes sont dites incohérentes ( S 1 s 2 ) et n’interfèrent pas.
Exemples
• 2 lampes, 2 étoiles ;
• Source étendue = sources ponctuelles incohérantes.
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Deuxième condition d’obtention d’interférences
Les deux sources doivent être cohérentes ( S 1 = S 2 ) , donc issues d’une même source
ponctuelle.
Obtention de sources cohérantes
Sources émettant, à la même pulsation, des trains d’ondes identiques (déphasés de la même
manière).
Division du front d’onde Division d’amplitude
N rayons initiaux issu d’une source Un rayon initial issu d’une source ponctuelle
ponctuelle émettant dans toutes les dont l’amplitude est divisée.
directions, sont isolés.
Exemples :
Exemples : • Interféromètre de Michelson ;
• Trous d’Young ; • Interféromètres à N ondes (Fabry-
• Miroirs de Fresnel. Peyrot)
3. Relation de Fresnel
Relation de Fresnel
L’éclairement résultant de deux ondes lumineuses cohérentes
est :
2
E ( M ) = E1 + E2 + 2 E1 E2 cos ( M )
dû à S seule
1 dû à S seule
2
0
où ( M ) = ( S1M ) − ( S 2 M ) : différence de marche en M entre ces deux ondes.
2
( M ) = 1 ( M ) − 2 ( M ) = ( M ) : déphasage en M entre ces deux ondes ;
(M )
p(M ) = : ordre d’interférence en M entre ces deux ondes.
0
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Cours O
Démonstration ♥
Exprimons le déphasage en fonction des chemins optiques entre 2 ondes de la forme
s ( t ) = s0 ( M ) cos (t − ( M ) ) où ( M ) = k ( SM ) + S
2 2 2
= 2 ( M ) − 1 ( M ) = S + ( SM )2 − S + ( SM )1 = ( SM )2 − ( SM )1
phase à
0 0 0
l’origine de S M( )
retard de phase de M/S
dû à la propagation
par la voie 2
Remarques
• Expression à appliquer directement sauf si on demande de la redémontrer.
• (M) dépend de l’interféromètre et constitue la seule grandeur qu’on ait à calculer
pour connaître l’éclairement, donc la figure d’interférence.
4. Notion de cohérence temporelle
Soient deux sources S1 et S2 identiques, mais non monochromatiques (issues d’une source
primaire légèrement polychromatique) elles émettent une succession de trains d’onde.
Alors, les deux ondes interfèrent si deux « demi trains
d’ondes » identiques se rencontrent en M :
Exemple ci-contre : il y a interférences en M1 mais pas en M2.
Il y a interférences tant que la différence de marche reste
inférieure à la longueur spatiale d’un train d’onde, cad sa
longueur de cohérence.
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Cours O
Troisième condition d’obtention d’interférences
c
( M ) Lc =
n
c
: célérité de l’onde dans le milieu d’indice n ;
n
: durée d’un train d’onde ;
Lc : longueur de cohérence (temporelle) de la source =
longueur spatiale d’un train d’onde.
Ou encore, avec t’ le retard de S2 sur S1 :
n
t'=
c
Remarques ♥ Démonstration de la formule de Fresnel dans un sujet de concours :
On suppose les ondes cohérentes.
1. Exprimer 2 ( M ) en fonction de 1 ( M ) et δ.
2. En déduire s 2 ( M , t ) en fonction de s1 ( M , t ) .
3. En déduire la formule de Fresnel en utilisant la notation complexe.
i ( M ) = k . ( Si M ) − S
1. M = k . S M − = k . S M − S M + k . S M − = 2 + M
2( ) ( 2 ) S ( 2 ) ( 1 ) ( 1 ) S 1( )
= 1 ( M )
s1 ( M , t ) = s0,1 cos (t − 1 ( M ) )
s2 ( M , t ) = s0,2 cos (t − 2 ( M ) )
2.
2 2 2
j t − +1 ( M ) s0,2 −j s0,2 −j
j (t +1 ( M ) )
s 2 = s0,2 e
= s0,1e e
= s1e
s0,1 s0,1
s1
s 2
−j s0,2 j 2
E ( M ) = s ( M , t ) s * ( M , t ) = s1 1 + 0,2 e s1 * 1 + e
s
0,1 s0,1
3.
s0,2 j 2 s0,2
2
2
−j 2
= s0,1
2
1 + e
+ e
+ = E1 + E2 + 2 E1 E2 cos (M )
s0,1 s0,1
2
2cos
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Cours O
5. Notion de cohérence spatiale
Modélisation d’une source étendue : superposition d’une infinité de sources ponctuelles.
→ Figure d’interférence = superposition des figures d’interférences de chaque source
ponctuelles, qui sont décalées ;
→ Perte de contraste en tout point de la figure d’interférence : perte de cohérence
spatiale.
Notion de cohérence – Résumé
La perte de cohérence temporelle est due à la poly chromaticité de la source ;
La perte de cohérence spatiale est due à l’étendue spatiale de la source.
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Cours O
II. Allure des figures d’interférence
1. Quelles grandeurs permettent d’étudier une figure d’interférence ?
L’éclairement, la différence de marche, le déphasage ou l’ordre d’interférence permettent
indifféremment d’étudier une figure d’interférence.
Illustration sur le cas de franges rectilignes :
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Cours O
Interfrange i
Période spatiale de la figure d’interférences.
→ Distance entre deux franges sombres ou deux franges brillantes consécutives.
( x + i ) = ( x ) + ( x + i ) = ( x ) + p ( x + i ) = p ( x ) + 1
2. Notion de contraste
La formule de Fresnel donne l’éclairement pour des interférences à deux ondes :
2
E (M ) = E1 + E2 + 2 E1 E2 cos ( M )
dû à S1 seule dû à S2 seule 0
Eclairement maximal ( M ) = m , m ( = 2 m p = m ) : ondes en phase
(interférences constructives) ;
2m + 1 2m + 1
Éclairement minimal ( M ) = , m = ( 2m + 1) p = :
2 2
ondes en opposition de phase (interférences destructives).
Contraste C ou visibilité V
Emax − Emin
C=V =
Emax + Emin
• C 0;1 ;
• C = 1 Emin = 0 : le contraste est maximal, cad les franges sombres sont noires ;
• C = 0 Emin = Emax : le contraste est minimal, cad la figure d’interférence n’est pas
visible.
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Cours O
Remarque Cas fréquent de deux ondes de même intensité ( E1 = E2) :
2
E ( M ) = 2 E0 1 + cos ( M )
0
On retrouve alors une condition évidente d’obtention des interférences : les deux ondes
doivent avoir des amplitudes similaires. En particulier, si les amplitudes sont identiques, le
contraste est maximal.
Application Tracé de l’éclairement en fonction du déphasage :
Cas E1 E2 Cas E1 = E2
→ Origines des pertes de contraste :
✓ les sources secondaires produisent un éclairement différent ;
✓ cohérence temporelle : la source n’est pas monochromatique, brouillage
c
( M ) Lc = ( telle qu’un train d’onde se superpose au suivant, dont il est
n
déphasé aléatoirement) ;
✓ cohérence spatiale : la source n’est pas ponctuelle, elle se décompose en une
juxtaposition de sources ponctuelles incohérentes qui produisent chacune leur figure
d’interférence, celles-ci pouvant être décalées.
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Cours O
3. Franges rectilignes ou anneaux
Comment prévoir l’allure de la figure d’interférence ?
Franges d’interférences = ensemble des points ayant le même éclairement
→ E ( M ) = cte ( M ) = cte ( SM )2 − ( SM )1 = cte
→ si la propagation se fait en milieu homogène : S2 M − S1M = cte
→ équation d’hyperboloïdes de révolution de foyers S1 et S2.
On observe donc :
→ des anneaux concentriques dans un plan perpendiculaire à (S1S2) ;
→ des franges rectilignes dans un plan parallèle à (S1S2) si l’on reste proche de l’axe
(Ox), des hyperboles sinon.
Exercices 1 et 2 TD2
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Cours O
III. Superposition de N ondes cohérentes
Objet dispersif qui va permettre l’observation du spectre de la source lumineuse
Réseau étudiée. Un réseau par transmission comporte N fentes fines, parallèles séparées
par une distance a.
Ordre de grandeur
Les réseaux usuels comptent quelques centaines de traits par millimètre.
Cadre de l’étude :
• on ne s’intéressera qu’aux réseaux par transmission, composés de fentes parallèles (on
connait aussi le réseau en réflexion composé de rayures réfléchissantes parallèles) ;
• dans la pratique expérimentale, la
source permettant d’éclairer le réseau
est toujours située au foyer objet
d’une lentille : le réseau est utilisé en
éclairage parallèle ;
• dans la pratique expérimentale,
l’observation se fait toujours dans le
plan focal image d’une lentille de
projection : les interférences sont
observées à l’infini, ce sont des
rayons parallèles qui interfèrent.
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Cours O
→ Considérons le réseau éclairé par une onde plane monochromatique de longueur
d'onde λ avec une incidence i. D’après le théorème de Malus, le réseau (à la
différence des lentilles du collimateur ou de la lunette) constitue le seul objet
introduisant une différence de marche entre 2 motifs consécutifs :
Formule des réseaux
Les raies brillantes en sortie d’un réseau apparaissent dans les directions θp telles que :
sin p − sin i = p , p
a
i : direction du rayon incident ;
a : pas du réseau ;
p : ordre de la raie.
Démonstration ♥
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Cours O
θk : direction des maxima principaux de lumière diffractée d'ordre k.
Interprétation physique
• Quelle que soit la longueur
d’onde, on observera un
maximum d’intensité dans
la direction k = i
(transmission directe),
correspondant à k = 0. La
direction des autres maxima
dépend en revanche de la
longueur d’onde.
Direction des maxima d’intensité en sortie d’un réseau
• Si la lumière incidente est
polychromatique, nous
observons alors, pour une
valeur de i donnée,
plusieurs spectres que k
numérote : k est appelé
ordre du spectre. Pour le
spectre d’ordre 0, toutes les
radiations sont confondues
en une seule raie.
Exemples • Montage permettant de projeter le spectre d’une source :
16
Cours O
• Spectres d’émission de lampes à vapeur, pouvant donc être obtenus pour les ordres
non nuls avec un réseau :
Exercices 3 et 4 TD2
TP réseau
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