TC DM
TC DM
Polycopie de cours
Thermodynamique de la Combustion
Préparé par :
Dr. DJERMOUNI Mohamed
Polycopie de cours
Thermodynamique de la Combustion
Préparé par :
Dr. DJERMOUNI Mohamed
L’homme préhistorique commençait à utiliser des outils très simples dans sa vie
quotidienne. Les fémurs des grands animaux et branches d’arbres servaient comme armes
pour lui défendre et de chasser pour survivre. Ensuite, il apprenait à exploiter les pierres
en les transformant en outils tranchants capable d’être utilisés en guise d’armes.
Pris par la magie du feu quand il l’a vu pour la première fois (suite à un éclair par
exemple), l’homme voulait la maitrisait. Petit à petit, il acquerrait la compétence
d’allumer et de maintenir son feu dans sa grotte. Cette découverte transformait l’homme
préhistorique en un premier chimiste qui inventait des méthodes pour combiner le bois et
d’autres combustibles avec l’air pour produire de la chaleur et de lumière.
Plusieurs milléniums plus tard, les pratiques de l’homme préhistorique (relatives à
l’énergie du feu) cristallisaient en donnant naissance à une science bien établie. Le
développement de la thermodynamique représente un épisode très passionnant dans
l’histoire des sciences. Cette branche, conjointement avec l’électromagnétique, marquent
la fin du 19emme siècle et le début du 20emme. De plus, la thermodynamique est garde
une place prestigieuse dans les programmes d’enseignements dans l’ingénierie de
différentes spécialités. Cependant, chaque groupe (spécialité) se servait uniquement de ce
qu’il trouvait utile dans son domaine en négligeant le reste, c’est pourquoi la
thermodynamique peut être qualifiée comme un esclave susceptible aux mutilations.
Références Bibliographiques 44
i
Nomenclature
Symbole Désignation
Cv Chaleur spécifique à volume constant, kJ/kg K
H Enthalpie absolue, kJ
h Enthalpie spécifique, kJ/kg
M vp Nombre molaire, kg/s
P Puissance, kW
p Pression, bar
Q Quantité de chaleur par unité de temps, kW
ii
Liste des Figures
Figure 1. Equilibres thermodynamiques : a) Equilibre thermique, b) Equilibre
mécanique, c) Equilibre de phase, d) Equilibre chimique. ............................................. 4
Figure 2. Etats d’un gaz contenu dans un cylindre lors d’une détente ........................... 5
Figure 3. Processus Réversibles : a) Pendule sans friction (dans le vide) , b)
Compression quasistatique.............................................................................................. 6
Figure 4. Exemple des processus quasistatiques (réversibles) : a) détente ; b)
compression .................................................................................................................... 7
Figure 5. Colonne de distillation du pétrole ................................................................... 9
Figure 6. Schéma descriptif d’un volume de contrôle (ici je dois mettre le signe ....... 19
Figure 7. L’influence du taux d’équivalence sur la concentration des produits de la
combustion de isooctane (C8H18) à p=30atm et T= : a)1750 K ; b) 2250 K, c) 2750 K
....................................................................................................................................... 29
Figure 8. Diagrammes du cycle de Carnot : a) Diagramme (pv), diagramme (Ts). ..... 33
Figure 9. Cycle divisé en n cycle de Carnot ................................................................. 34
Figure 10. Cycle irréversible......................................................................................... 35
iii
I. Historique
Le mot “thermodynamique” provient des mots grecs : Therme (chaleur) + Dynamis
(puissance, force) où la combinaison désigne la force (ou puissance) de la chaleur. La
thermodynamique est une science qui étudie les processus qui impliquent des
transformations d’énergie. La thermodynamique classique (d’équilibre) est une
extension naturelle de la mécanique newtonienne. Cette dernière s’intéresse à étudier le
mouvement des systèmes idéaux représentés par des points matériels et des solides
rigides. Par contre, la thermodynamique a ramené avec elle deux nouvelles propriétés :
la chaleur et la température dont elles constituent son fondement.
Les premières étapes de cette nouvelle branche de science se sont apparues dans les
travaux du français Jean Baptiste Joseph Fourier (1768-1830), notamment sa
publication de 1822 intitulée « Théorie analytique de la chaleur ». Une autre grande
étape a été franchie par un autre français du nom de Sadi Carnot (1796-1832). Pris par
la magie de la merveille d’ingénierie qui a déclenché la révolution industrielle en
Angleterre, il s’agit bien évidement de la machine à vapeur, notre homme a publié son
mémoire « Réflexions sur la force motrice du feu et sur les machines propres à
développer cette puissance» deux ans plus tard que son concitoyen Fourrier. Par
analogie à la chute d’eau d’une hauteur, Sadi a découvert que pour augmenter le
rendement d’une machine thermique, il faut augmenter la différence entre la température
de la source chaude et la température de la source froide. Une autre poussée, maintenant
arrivée d’un pays antagoniste, l’Angleterre, par l’expérimentaliste James Prescott Joule
(1818-1889). En fait, historiquement parlant, la découverte du premier principe de la
thermodynamique a été faite par trois scientifiques ; l’allemand Robbert Jullius Mayer
(1814-1878), James Prescott Joule (1818-1889) et l’autre allemand Hermann Ludwig
Ferdinand von Helmholtz (1821-1894) qui ont travaillé indépendamment sur le même
sujet avec une priorité pour le premier. Contrairement à ce qui a été connu par la théorie
qui stipule que la chaleur est une sorte d’une substance sans poids « calorie » proposée
par le père de la chimie moderne Antoine Lavoisier (1743-1794) en 1789, et réfuté par
la suite par Bendjamin Thompson (Conte Rumford, 1753-1814), Joule a constaté que la
chaleur et le travail sont deux formes de la même entité « Énergie » qui porte l’unité de
1
Joule. Cette découverte n’aurait pas pu voir la lumière sans le support et la soutenance
du prodige écossais William Thomson (1824-1907) connu par le nom de « Lord Kelvin »
qui a cru aux travaux de Joule et les a ramené par la suite dans les cercles scientifiques
du haut niveau. En outre, Kelvin a accompagné les développements de la
thermodynamique environ un demi-siècle où il a été le premier ou parmi les premiers à
interpréter et appliquer les nouveaux concepts de la thermodynamique. Il a aussi proposé
l’échelle de la température absolue qui porte son nom. En outre, il a énoncé l’un des plus
controversé principe de la science moderne : la deuxième loi de la thermodynamique.
La place suivante est réservée à un académicien du premier rang. Il s’agit de l’allemand
Rudolf Emmanuel Clausius (1822-1888). En bref, Clausius était le premier à introduire
les mots « Energie Interne » et « Entropie » dans le jargon de la thermodynamique. De
plus, il a reformulé l’énoncé de la deuxième loi de la thermodynamique de Kelvin.
2
Le système est le domaine (corps ou ensemble de corps) de masse déterminée occupant
un espace et délimité par une frontière réelle ou fictive. La partie qui n’appartient pas
au système est appelée milieu extérieur. On distingue trois types de systèmes :
Pour qu’un système soit décrit et son comportement soit anticipé il faut connaitre ses
propriétés (variables d’état) et comment ces propriétés sont reliées. Une propriété est
une caractéristique macroscopique mesurable à un temps défini sans savoir l’historique
du système.
Elles sont : le volume occupé par le système, sa masse, sa position dans l’espace et dans
le temps (et donc sa vitesse), et sa température.
3
c) Équilibre de phase : dans le cas, ils existent deux phases dans le système
considéré. On dit que le système est en état d’équilibre de phase, si la masse de
la substance de chaque phase reste inchangée avec le temps (Figure 1.c).
d) Équilibre chimique : celui-là impose que la composition chimique ne change
pas avec le temps, ou bien aucune réaction chimique ne pourra avoir lieu (Figure
1.d).
a) b)
c) d)
Pour un état thermodynamique donné, toutes les propriétés du système ont une valeur
fixe, tout changement de ses propriétés implique un changement d’état (transformation
d’un état 1 à un état 2) en réalisant un processus (Figure 2). Un processus est dit
stationnaire si ses propriétés ne changent pas avec le temps. Dans le cas d’une succession
de processus qui commencent et se terminent par le même état, cette évolution décrit un
cycle.
4
1 2
Figure 2. États d’un gaz contenu dans un cylindre lors d’une détente
Quand un système évolue en fonction du temps, nous disons que la transformation est
réversible lorsque, à chaque instant de son évolution, l’état momentané du système peut
être défini par des valeurs bien déterminées, des variables macroscopiques possédant
des valeurs sensiblement uniformes en tous les points d’une phase homogène et lorsque
ces valeurs restent infiniment voisines des valeurs qui correspondent à un état
d’équilibre.
En d’autres mots, une transformation réversible est définie comme une suite continue
d’états d’équilibre très voisins (l’écart entre deux états d’équilibre est négligeable). C’est
dans ces conditions que les variables d’état ont à tout instant des valeurs bien
déterminées.
Une suite d’états d’équilibre ne peut constituer une transformation et il faut supposer
que des actions extérieures très faibles, théoriquement aussi petites que l’on veut,
provoquent le déplacement dans le sens désiré. Si l’on change le sens de ces actions, le
système évolue en sens inverse et on peut ainsi revenir à l’état initial en repassant
5
successivement, mais dans l’ordre inverse, par tous les états antérieurs. Les quantités de
chaleur et de travail échangées avec le milieu extérieur sont dans les deux sens, égales
et de signes contraires, en l’absence de forces de frottement. Une telle transformation
serait infiniment lente (quasi-statique). Les processus qui ne sont pas réversible sont
appelés processus irréversibles.
a) b)
Quelques processus sont quelquefois modélisés comme des processus idéaux qui portent
le nom : quasi-statiques ou bien quasi-équilibrés. Dans un tel processus, le départ d’un
état d’équilibre à un autre se fait d’une manière infinitésimale. Tous les états que le
système traverse sont considérés comme des états d’équilibres.
6
négligeable, le changement d’état est considéré comme infinitésimal de telle façon que
si on dépense un travail infinitésimal δW = pdV, le gaz revient à son état initial. On
enlève maintenant les grains un par un d’une manière très lente. Le résultat obtenu sera
une série d’états d’équilibres de l’état initial jusqu’à l’état final en réalisant une détente
réversible dont le travail produit peut être calculé à l’aide de la relation suivante :
V2
W dét W dét
pdV (1)
V1
a) b)
7
Inversons maintenant le processus en ajoutant lentement les grains un par un. Le gaz se
comprime graduellement en suivant la même trajectoire que celui de la détente mais
dans le sens inverse et retrouve son état initial avant la détente. Le travail consommé par
cette compression n’est que la somme des travaux infinitésimaux de chaque départ d’état
d’équilibre à un autre, soit :
V1
II. La Combustion
III.1 Définition
Un carburant est une substance capable de dégager une énergie thermique (chaleur) lors
de sala combustion. Il se compose généralement de l’hydrogène et du carbone, d’où
vienne l’appellation « Hydrocarbures ». Un carburant peut être solide (ex : charbon),
liquide (ex : Diesel, essence..) ou gazeux (Hydrogène, Gaz naturel..).
La quasi-totalité des carburants utilisés dans les moteurs thermiques sont généralement
des mélanges de différents hydrocarbures. Ils sont obtenus par le processus de raffinage
du pétrole brut (Figure 5).
8
Figure [Link] de distillation du pétrole
Les hydrocarbures peuvent être classés selon plusieurs critères, tels que la structure
chimique, les propriétés des carburants issus du pétrole, les propriétés des carburants
issus d’autres sources fossiles, les propriétés des carburants alternatifs. Pour ne pas
s’attarder sur cet aspect, on va se limiter sur le premier critère. On compte jusqu’à
présent plus de 25 000 hydrocarbures restitués en sept familles :
Saturés (ils ne contiennent pas des liaisons doubles), très exothermiques dont les atomes
du carbone sont unis entre eux par de simples liaisons de covalence. Ils forment un
squelette carboné saturé linéaire :
9
Ex :
Ex :
Insaturés, structurés dans une boucles fermée (closed ring), et constituée de simples
liaisons.
Ex :
Le nombre d’octane peut être amélioré par une réduction de la longueur de la chaine
droite.
Insaturés (ils contiennent des liaisons doubles). Le squelette peut être linéaire ou
ramifié :
10
Propène (C3H6)
Remarque : Les oléfines avec plus qu’une seule liaison double sont indésirables faute
de leur problème de stockage.
Insaturés, le squelette est une liaison triple. Ils peuvent être linéaires où ramifiés :
Insaturés, structurés d’une chaine fermée. Le plus simple des hydrocarbures aromatiques
est le benzène (C6H6) qui contient trois liaisons doubles et trois liaisons simples comme
montré ci-dessous :
Benzène (C6H6)
Cette famille d’hydrocarbures est caractérisée par une bonne stabilité et une bonne
résistance aux cliquetis. Par contre, elle peut causer des conséquences nocives sur la
11
santé humaines (substance cancérogène). D’autre part, les liaisons doubles entre les
atomes du carbone changent beaucoup de position ce qui fait du benzène difficile à se
décomposer.
Ils sont essentiellement des alcanes avec la seule différence d’un atome d’hydrogène
remplacé par le radical « OH », c’est pourquoi ils sont appelés des carburants oxygénés.
Les alcools ne sont pas considérés comme carburants fossiles, mais on peut les dériver
à partir d’eux par le processus de fermentation.
Ex :
Soit une combustion d’un carburant CαHβOɤNλSδ avec l’air. Le rapport du deuxième sur
le premier est appelé rapport air-carburant. Ce dernier devient un rapport
stœchiométrique dans le cas où la quantité d’air consommée représente la quantité
minimale requise pour une combustion complète. Cette dernière résulte idéalement en
dioxyde de carbone, eau, et le nitrogène. Tout excès ou déficit du comburant amène la
combustion de changer de nature. Elle devient par conséquent pauvre pour le premier
cas, et riche dans l’autre.
C H O N S (O2 3.76 N 2 )
4 2
(3)
CO2 H 2O 3.76 N 2 SO2
2 4 2
12
Les rapports air-carburant massique et molaire (volumétrique) de La réaction (3) sont
définis, respectivement, par les formules suivantes :
( M O2 3.76* M N2 )
AFR
4 2
(4)
M C H O N S
(nO 2 3.76* n N 2 )
AFR
4 2
(5)
nC H O N S
AFR St AFR St
(6)
AFR AFR
1 Combustion pauvre
1 Combustion stœchiométrique (7)
1Combustion riche
Exercice 1
Solution
a)
C8 H18 8 18
4 2
O 3.76 N 2 8CO2 18 H 2O 8 18 3.76 N 2
2 4
C8 H18 12.5 O2 3.76 N 2 8CO2 9 H 2O 473.76 N 2
13
12.5*32 12.5*3.76* 28.01
Rapport massique air-carburant : AFR 15.02
114.22
12.5 12.5*3.76
Rapport molaire air-carburant : AFR 59.5
1
Exercice 2
Soit la combustion du méthane avec l’air sec. L’analyse molaire des produits de la
combustion sur la base sèche donne les résultats suivantes :CO2 : 9.7%, CO : 0.5%, O2 :
2.95%, N2 : 86.85%.
14
Déterminer : a) le rapport air-carburant. b) le pourcentage (%) de la quantité d’air
théorique.
Solution
a) Pour un mélange des produits secs de 100 kmol, la réaction de combustion peut
être écrite comme suit :
23.1 4.76
Sur la base molaire : AFR 10.78
10.2
2 4.76
AFRst 9.52
1
10.78
%air théorique 113%
9.52
15
Exercice 3
On considère la combustion du gaz naturel avec l’air sec. La composition du gaz naturel
est : CH4 : 80.62%, C2H6 : 5.41%, C3H8 : 1.87%, C4H10 :1.6%, N2 : 10.5%. La réaction
chimique donne naissance aux produits secs de la concentration suivante : CO2 : 7.8%,
CO : 0.2%, O2 : 7%, N2 : 85%.
Solution
2.892 2.892*376
Le rapport air-carburant sur la base molaire : AFR 13.7659
1
Donc, la quantité molaire totale des produits de la combustion pour 100 m3 de carburant
s’élève à : 4*14.861 59.44kmol
xCO2 y H 2O x y *3.76 N 2
2 4
avec,
2. 2.*376
Le rapport sociométrique air-carburant sur la base molaire : AFR 9.52
1
2.892 13.766
%quantité d ' air théorique : 144.6%
2 9.52
17
La première loi de la thermodynamique n’est que le principe de la conservation
d’énergie appliqué aux phénomènes qui impliquent la production ou l’absorption de
chaleur et ou de travail. Quand cette loi est appliquée sur un système réactif, un état de
référence arbitraire qui désigne la valeur zéro de l’énergie interne (ou de l’enthalpie)
doit être employé pour toutes les espèces chimiques.
Le cas type d’un système réactif fermé est la phase de combustion des moteurs à
combustion interne. On distingue trois types de combustion :
E R P Q R P W R P (8)
avec,
P
W R P p dV p (V P V R ) (9)
R
U P U R m (u P u R ) Q R P (11)
où m est la masse des réactifs qui est égale à la masse des produits en vertu de la loi de
la conservation de masse, U est l’énergie interne en kJ, u est l’énergie interne spécifique
en kJ/kg, Q est la chaleur transférée en kJ et W est le travail transféré en kJ.
18
quantifiées par le changement d’une autre grandeur qui s’appelle « Enthalpie ».
Suivant la même logique :
U P U R m (u P u R ) Q R P W R P (12)
Q R P U P U R W R P U P U R p (V P V R )
U P pV P U R pV R (13)
H P H R m hP hR
19
Taux devariation Taux transfert de Taux transfert de
de l 'energie contenue l 'énergie sous l 'énergie sous
dans levolume de control forme de chaleur forme de travail
(14)
Taux transfert de
l 'énergie accompagnant
l 'écoulement de matière
dE cv dE cin dE pot dU
Q W (15)
dt dt dt dt
En négligeant les énergies cinétique et potentielle :
dE dU
Q W cv pe AeV e p i AiV i (16)
dt dt
Sachons que :
AV m ² m / s
m AV AV mv (17)
v m 3 / kg
dE
Q W cv m i (u i p iv i ) me (u e pev e ) (18)
dt
dE
Dans un régime stationnaire 0 , l’équation (18) peut être écrite comme suite:
dt
Q W cv me (u e pev e ) m i (u i p iv i )
(19)
me he m i hi
L’enthalpie de formation d’un corps composé est par définition l’enthalpie de réaction
associée à la formation d’une mole d’une espèce chimique à partir de ces éléments
constituants. De plus, l’espèce chimique et ces constituants sont à la température et à la
pression de référence.
20
Tableau 1. Enthalpie de formation des substances chimiques usuelles
Oxygène O2 (g) 0
Nitrogène N2 (g) 0
Hydrogène H2 (g) 0
Carbone C (g) 0
Dioxyde de carbone CO2 (g) -393 250
Eau H2O (g) -241 830
Eau H2O (l) -285 840
Monoxyde de carbone CO (g) -110 540
Méthane CH4 (g) -74 870
Propane C3H8 (g) -103 850
Alcool méthylique CH3OH (g) -201 170
Alcool méthylique CH3OH (l) -238 580
Octane C8H18 (g) -208 450
Octane C8H18 (l) -249 350
L’hypothèse de gaz parfait suppose que l’enthalpie ainsi que l’énergie interne sont
uniquement fonction de la température comme le montre les formules suivantes :
où p est la pression en kPa, v est le volume spécifique en m3/kg, R est la constante des
21
La barre au-dessus de l’enthalpie et de l’énergie interne signifie qu’elles sont spécifiques
au nombre de mole. Tandis que les deux propriétés sans barre au-dessus désignent des
grandeurs spécifiques à la masse.
Q W H p H R (22)
avec,
H P ne he ne he (T ) he (T ref ) hf (23)
H R ni hi ni hi (T ) hi (T ref ) hf (24)
Q H p HR (25)
q HV p h p hR p ,T 0
(26)
q HV v h p hR v ,T 0
(27)
Pour les carburants avec une composition chimique indéterminée, le pouvoir calorifique
ne peut pas être déterminé à partir de l’enthalpie de réaction de la combustion. Dans ce
cas, le pouvoir calorifique est mesuré directement par des méthodes expérimentales.
Selon l’état de l’eau formée dans les produits, on distingue deux types de pouvoir
calorifique :
22
Pouvoir calorifique inférieur : le plus souvent utilisé dans les moteurs à
combustion interne et les machines thermiques en général. Il est employé dans le
cas où la vapeur d’eau est formée dans les produits à des températures au-dessus
de la température d’évaporation pour une pression donnée. Parfois, même si les
conditions d’avoir de la vapeur d’eau dans les produits ne sont pas réunies, on
tend toujours à privilégier le pouvoir calorifique inférieur au détriment du
pouvoir calorifique supérieur.
Pouvoir calorifique supérieur : employé si l’eau se condense dans les produits.
Donc, la chaleur d’évaporation de l’eau s’ajoute au pouvoir calorifique inférieur
pour obtenir le pouvoir calorifique supérieur :
Considérons une combustion qui se déroule sans perte de chaleur à travers les parois de
la chambre de combustion. Une telle combustion est appelée « combustion adiabatique »
et la température résultante de cette combustion prend le même nom « température
adiabatique ». En fixant notre système thermodynamique sur le processus de la
combustion (le travail est nul), la température adiabatique devient la plus haute
température qu’une réaction de combustion d’un carburant peut atteindre. On peut dire
dans ce cas que toute la chaleur produite par la combustion est utilisée pour augmenter
la température des produits. Autrement dit :
Q R P W R P ne he (T P ) ni hi (T R ) (29)
Q R P ni hi (T R ) ne he (T P ) (30)
n h (T
i i R ) ne he (T P ,Adia ) (31)
23
Exercice 4
Solution
hP hR cv 8 h f0 h 9 h f0 h 47 h f0 h
Qcv Wcv W
nF nF nF CO2 H 2O N2
h 0 h 12.5 h f0 h 47 h f0 h
f C8 H18 O2 N2
1.8 103
nF 1.58 105 kmol ( fuel ) / s
114.22
Donc,
24
Exercice 5
Solution
nF 8.515 h 0 h 2 h 0 h
f N2 f H 2O
h 0 h 2.265 h 0 h 8.515 h 0 h
f CH 4 f O2 f
N2
hR h f0 c p T 2.265 h 8.515 h
CH 4 O2 N2
Qcv
hP hR 228079 6844 221235kJ / kmol (CH 4 )
nF
25
Exercice 6
Soit la combustion de l’octane liquide avec l’air. Le mélange des réactifs entre à T =
25°C et p = 1 atm. En supposant que la combustion se déroule à un régime permanent,
calculer la température adiabatique de cette réaction avec : a) 100% quantité d’air
théorique. b) 400% quantité d’air théorique.
Solution
n h (T
i i R ) ne he (T P ,Adia ) (31
n h (T ) n h (T ) n h
i i R e e P i f
0
h ne h f0 h
i e
n h n h
e e i f
0
h h f0
i e
Avec les réactifs qui entrent dans la chambre de combustion à T = 25°C, le terme h
s’annule et l’équation du bilant devient :
8h CO2
9hH2O 47hN2 h0f ,C8 H18 12.5h0f ,O2 47h0f , N2 h0f ,CO2 9h0f , H2O 47h0f , N2
Le calcul du membre de droit de l’équation nous donne une valeur de : 5074630 kJ/kmol
(fuel)
26
l’enthalpie de chaque espèce chimique présente dans le mélange des produits. Ici, des
trois températures proposées dans le tableau suivant, Tp = 2400 K est la bonne
température.
n h
e e
5 358 748 5 089 337 4 955 163
Remarque
températures relativement basses (< 1700 K), les espèces chimiques majeurs formés
27
(combustion riche). Pour des températures élevées (> 2200 K), ces produits commencent
à se dissocier en absorbant de la chaleur, et entrent dans des réactions qui forment par
la suite des nouveaux produits avec des proportions importantes. A titre d’exemple, la
mélange des produits suivants : N2, H2O, CO2, CO, OH, O2, NO, H2, H, O.
Dans les moteurs à combustion interne, le mélange des gaz brulés (produits) durant le
proche de l’équilibre chimique. Lorsque les gaz brûlés, dont la composition typique est
l’indiqué la Figure 6. Vers la fin de la détente, le mélange des gaz brulés sort de
l’équilibre chimique. Du fait que durant le processus d’échappement, les réactions sont
2CO O 2 2CO 2
(32)
2H O 2 2H 2O
trois température T = 1750 K, 2250 K et 2750 K à une pression de 30 atm. Il est constaté
qu’à des températures relativement basses, pour les combustions pauvres (Ø < 1), les
produits se composent de : N2, CO2, H2O et O2. Le mélange des produits change de
28
composition à des rapports d’équivalence supérieur à 1 (riche) et prend la composition
composition des gaz brûlés devient plus complexe avec la dissociation des produits en
plus.
Sur la base de la combustion 1 kmol d’air, les espèces suivantes ont été considérées
comme produits de la combustion : CO2, H2O, N2, O2 et H2:
1 2 CH y O2 N 2
4
Mf (33)
n1CO2 n2 H 2O n3 N 2 n4O2 n5 H 2
a) b) c)
29
Avec les gaz résiduels :
1 2 CH y O 2 N 2
4
Mf (34)
n1CO 2 n 2 H 2O n 3N 2 n 4O 2 n 5H 2
La composition du mélange des réactifs et le mélange des produits peuvent être calculée
à l’aide du Tableau 2.
Tableau 2. Les données de calcul du cycle Diesel mixte (Douvertzides, 2016 &
Heywood, 1988).
Espèce Chimique ni, mole/mole O2
Réactifs
30
H2 0
O2 0
N2
Total (nb) (1 ) 1
Le mot « entropie » s’est inventé pour la première fois en 1865 par Rudolf Emanuel
Clausius (1822-1888). L’origine du mot vient de la langue grecque qui signifie :
« Transformation ». Pour un système réactif, l’application du bilan entropique est
similaire à celle du bilan énergétique. Par contre, dans un tel système, on fait recours à
la troisième loi de la thermodynamique plutôt que la deuxième.
Le cycle de Carnot est représenté par la Figure 8. Il est constitué de quatre processus
réversibles :
U Q1 W 1 0 (36)
B
Q1 W 1 pdv
A
B
(37)
dv v
RT1 RT 1 log B
A
v vA
31
VI. (B-C) : Détente isentropique. Durant ce processus, le fluide moteur continue
sa détente, mais cette fois sans échange de chaleur. Le bilan énergétique pour
des quantités infinitésimales s’écrit de la manière suivante :
Sachons que :
dU Cv dT (39)
Cv dT pdV 0 (40)
dT dV
Cv R 0 (41)
T V
Intégrons maintenant l’équation (35) le long de la courbe (BC) :
T2 V
Cv log R C 0 (42)
T1 VB
D
Q 2 W 2 pdV
C
D
(43)
dV V
RT1 RT 2 log D
C
V VC
T1 V
Cv log R A 0 (44)
T2 VD
VA VB V V
B C (45)
V D VC VA VD
32
D
Q 2 W 2 pdV
C
D
dV V
Cv
dT
R
dV
0 RT1 RT 2 log D
Les équations T V (41) et ( C
V VC
(43) conduisent à :
Q1 Q 2
0 (46)
T1 T 2
a) b)
Q1 Q 2
0
T
Dans le but d’extrapoler l’équation 1 T 2 (46) pour un cycle arbitraire,
Clausius a subdivisé un tel cycle en n cycles de Carnot élémentaires (Figure 8) avec des
pas isothermes dans lesquels se font des échanges de chaleurs δQ qui passent du côté
chaud au côté froid.
On a :
Q
dS (47)
T
En intégrant l’Eq. (37) sur tout le cycle :
33
Q
dS T
0 (48)
Par conséquent, le changement d’entropie d’un processus d’un système ouvert (pas un
cycle) entre un état initial A et état final B, prend la forme suivante :
2
Q
S 12 S (T 2 , p 2 ) S (T1 , p1 ) (49)
1
T
2 Q
S (T 2 , p 2 ) S (T1 , p1 ) (50)
1 T Int rév
2
Q r
1
T
0 (51)
34
Considérons maintenant deux processus (Figure 10) : le premier est irréversible qui
mène un système d’un état initial 1 à un état final 2. Par contre, le deuxième est
réversible qui assure la transformation inverse : de 2 à 1. Les deux transformations
constituent alors un cycle irréversible. Par conséquent, l’Eq. (41) se transforme en
inégalité de Clausius :
Q Q
2 1
1 T irr 2 T r 0 (52)
b
1
Q r 2
Q r 2
2
T
1
T
dS S 1 S 2
1
(53)
2
Q r
1
T
S 2 S1 (54)
Bien que le changement de l’entropie entre deux états peut être évalué en utilisant
l’équation (44), les équations « TdS » développées dans cette section sont généralement
préférées.
35
En négligeant l’énergie cinétique et potentielle, le bilan énergétique appliqué à un
système qui parcourt une transformation élémentaire réversible (réversibilité interne)
prend la forme suivante :
On a :
Q
dS Q TdS (57)
T
La première équation TdS est obtenue en remplaçant l’équation (57) dans l’équation
(51) :
Les équations TdS développées dans la section précédente sont exploitées pour dériver
l’expression du changement de l’entropie d’un gaz parfait :
du p
ds dv (62)
T T
dh v
ds dp (63)
T T
Notons que l’énergie interne et l’enthalpie d’un gaz parfait sont fonction uniquement de
la température:
36
du cv (T )dT (64)
dh c p (T )dT (65)
c (T ) dv
ds v dT R
T v
c (T )
(66)
ds p dp
dT R
T p
2
cv (T ) dv v 2
s (T 2 ,v 2 ) s (T1 ,v 1 ) dT R s (T ) s (T 1 ) R ln
1
T v v1
(67)
s (T , p ) s (T , p ) c p (T ) dT R dp s (T ) s (T ) R ln p 2
2
2 2 1 1 1 T p
2 1
p1
avec s (T ) est l’entropie standard (souvent calculé à T=25°C et p = 1atm). Elle est
donnée dans les tables thermodynamiques.
p
S (T , p ) S (T ) R ln (68)
p réf
L’entropie d’une espèce chimique faisant partie d’un mélange gazeux est donnée par la
relation suivante :
37
y p
S (T , p ) S (T ) R ln i (69)
p réf
où yi est la fraction molaire de l’espèce chimique dans le mélange.
1 T irr 2 T r 0
b (52) et la définition de l’entropie sont utilisées pour
Q Q
2 1
1 T irr 2 T r 0
Pour le même cycle représenté par la Figure 10, l’équation ( b
Q Q
2 1
1 T irr 2 T r (70)
b
1
Q r
S1 S 2 (71)
2
T
Q
2
S 2 S 1 irr (72)
1
T b
Q
où S 2 S 1 tient pour le changement de l’entropie, irr est le transfert de l’entropie
2
1
T b
Ayant fixé l’état initial et l’état final du processus, le changement de l’entropie peut être
aisément déterminé (l’entropie est une fonction d’état). Par contre, les deux termes du
38
deuxième membre (transfert de l’entropie + production de l’entropie) de l’équation (72)
dépendent explicitement de la nature du processus. Donc ils ne peuvent pas être
déterminés connaissant uniquement l’état initial et l’état final.
(S 2 S 1 ) 0
(S 2 S 1 ) 0 (74)
(S S ) 0
2 1
Q
Selon le signe et la grandeur de irr et , on distingue trois cas :
2
1
T b
S 2 S1 0 0 S 2 S1 (75)
S 2 S1 (76)
39
3) Qirr 0 et 0 avec Qirr : Un processus adiabatique réversible est un
processus isentropique, cependant, l’inverse n’est pas vrai : si entropie d’un
processus reste constante, cela ne veut pas dire que le processus est isentropique.
Prenons le cas d’un compresseur refroidi par l’eau : la quantité de chaleur cédée
à l’extérieur (absorbée entièrement par l’eau de refroidissement) est compensée
exactement par l’accroissement des irréversibilités dû aux frictions du processus
de la compression, soit : Qirr . Dans ce cas, le bilan entropique mène à :
Tout comme l’énergie, l’entropie est une propriété extensive, donc elle peut être
transférée avec les écoulements de la matière qui passe par un volume de contrôle.
Or, le bilan entropique appliqué à un volume de contrôle est exprimé par la relation
suivante :
dS cv Q
j m i s i m e s e cv
dt j Tj i e
(77)
Taux de Taux de transfert de l 'entropie Taux de
changement production
de l 'entropie l 'entropie
Qj
0 m i s i m e s e cv (78)
j Tj i e
Exercice 7
Soit une turbine à vapeur dans laquelle la vapeur d’eau entre à p = 30x102 kPa et T =
673 K avec une vitesse de 160 m/s. Après avoir produit un travail égal 540 kJ/kg, la
vapeur saturée quitte la turbine à T = 373 K avec une chute de vitesse de l’ordre de 60
m/s. Le transfert de chaleur entre la turbine et le milieu extérieur à une température de
40
surface moyenne de 350 K. En négligeant l’effet de l’énergie potentielle, déterminer le
taux de production de l’entropie dans la turbine en kJ/kg K (par kg vapeur d’eau).
Solution
0 m1 m1
Qb
0 m1s1 m2 s2 cv
b Tb
Qb
cv m s s
2 1
m Tb
De plus, la quantité de chaleur perdue à travers les parois du système peut être calculée
via le bilan énergétique, soit :
Qb 1002 1602
540 2676.1 3230.9 540 554.8 7.8 22.6kJ / kg
m 2 103
41
22.6
7.3549 6.9212 0.4983kJ / kg.K
m 350
Exercice 8
Soit une combustion complète d’un (1) kmol de méthane avec 2 kmol d’oxygène. La
combustion prend lieu dans un récipient rigide et fermé où les réactifs entrent à la
température et à la pression ambiantes. Sous l’effet du transfert de chaleur à travers les
parois du récipient, les produits de la combustion se refroidissent jusqu’à la température
de 900 K. Déterminer :
h f0 h (T0 ) h (TP )
CH4 -74850 / /
O2 0 / /
CO2 -393520 9364 37405
H2 O -241820 9904 31828
Solution
a) CH 4 2O2 CO2 2H 2O
UP UR Q W
42
Q U P U R 1uCO2 2u H 2O( g ) uCH 4 ( g ) 2uO2
1 hCO2 RTP 2 hH 2O RTP 1 hCH 4 RTR 2 hO2 RTR
hCO2 2hH 2O hCH 4 2hO2 3R TR TP
h h h h
0 0
h f0,CH 4 3R TR TP
f CO2 f H 2O
745436kJ
peut écrire :
pRV nR RTR
où nR est le nombre de mole total des réactifs et pR est la pression initiale des réactifs.
De la même façon, l’équation d’état pour les produits peut être écrite comme suite :
pPV nP RTP
Si nR = nP = 3, la pression finale peut être déterminée pour une réaction isochore par :
TP TR T 900
pP P pR 1 3.02atm
pP pR TR 298
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Références Bibliographiques
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Commonly Asked Questions in Thermodynamics. CRC Press.
Bejan A., 1997, Advanced Engineering Thermodynamics, Second edition. New York:
John Wiley & Sons, Inc.
Borgnakke C., Sonntage B., 2013, Fundamentals of Thermodynamics, Eighth edition.
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edition. New York: McGraw-Hill Education.
Corriou J.-P., Thermodynamique Chimique, Techniques de l’ingénieur, J 1 025.
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fuelturbocharged V18 engine for ship propulsion and power plant applications,
IOP Conference Series: Materials Science and Engineering, 161-1.
El Mahallawy F., El Din Habik S., 2002, Fundamentals and Technology of Combustion.
Elsevier Science Ltd.
Glassman, Yetter R. A., 2008, Combustion, Fourth Edition. London: Elsevier Inc.
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