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Colère féminine : Olympe de Gouges en lutte

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Les idées autour de la DDFC

La traduction politique d' une colère

Quelle est cette colère : l oppression des femmes


- Elle blâme les hommes qui les oppressent
Exhortation des lignes 1 à 3 , interpelle l’homme pour le défier ;
remettant en question leur légitimité à dominer la société.

Elle apostrophe d emblée l’homme sans distinction de statut social.tonalité polémique


La forme interrogative se veut provocatrice et l enchaînement de questions se transforme en
invective (« es tu capable d’être juste ? Dis-moi ? Qui t’a donné ? Ta force ? Tes talents ? ).
rappelle sa puissance en usant du tutoiement (« qui ta donné »).
Ses tournures interrogatives accusent l’homme en remettant en cause ses attributs
masculins :

● Elle l’interroge ainsi sur sa capacité morale, est-il « capable » de justice ?


● Elle use d’une ironie cinglante quant à sa capacité physique et humaine par l’art
de produire avec deux questions lapidaires, « Ta force » ? « dans tes talents ?»
● Elle dénonce ainsi avec virulence le comportement masculin envers les femmes
(désignées d’abord par « une femme » qui se présente en opposition à « Homme »
puis par la métonymie « mon sexe »), il s’agit d’une guerre des genres mais aussi il y a
une guerre de pouvoir qui se dessine avec le champ lexical du despotisme « souverain
empire et opprimer, », la présence d’occlusive appuie dans les sonorités cette colère.

“opprimer mon sexe” (Exhortation Aux Hommes)


“bizarre, aveugle boursouflé de sciences”
“despote”
“tyrannique”
“l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de la femmme” (Preambule)
“Orgueilleux, non serviles adorateurs” (Postambule)

Critique des hommes dans le Postambule


Olympe de Gouges mobilise le discours direct pour faire entendre le mépris collectif
dont est victime une femme qui s'est arrachée à l'oppression masculine: «elle est
pauvre et vieille, dit-on; pourquoi n'a-t-elle pas su faire fortune ?»
des exemples de plus en plus frappants de l'oppression féminine.
Olympe de Gouges brosse alors le bref récit d'une «jeune femme sans expérience»,
allégorie de la fragilité féminine, «séduite par un homme qu'elle aime». Le parallélisme «
plus elle aura vieilli avec lui, plus son inconstance sera inhumaine »souligne cette
ingratitude cruelle de l'homme.
La présence d'enfants, loin d'amener l'homme a assumer ses responsabilités, le rend
encore plus ingrat comme le souligne les propositions subordonnées circonstancielles
d'hypothèse : « si elle a des entants, il l'abandonnera de même. S'il est riche, il se croira
dispenser de partager sa fortune avec ses nobles victimes.«
Les «nobles victimes» désignent ironiquement les enfants non reconnus, dont les
souffrances découlent de l'oppression subie par les femmes.
La loi n amène pas les hommes à être responsables de leurs actes et de leur devoir

article 11 de la déclaration (discours direct je suis mère d' un enfant qui vous appartient :
reconnaissance de la paternité)

- Elle blâme la religion qui a fondé dans les textes bibliques l' infériorité
des femmes selon elle
(Postambule Législateur de Cana dans le Postambule référence à. jc qui traite avec dédain sa mère
tout comme le fait le législateur français)

- Elle dénonce l hypocrisie des Révolutionnaires


Exhortation Elle dénonce les idéaux révolutionnaires/ elle montre du doigt l’échec
révolutionnaire « Prétend jouir de la révolution »
Remise en cause de la légitimité du pouvoir masculin:
Dans les articles : ARTICLE 5 → l’homme a gardé ses privilèges sur les femmes (si la loi
n’a pas écrit, tu ne peux pas me contraindre à rester à la maison, d'écrire…)
Dans le Postambule : Questions rhétorique: “Quels sont les avantages que vous avez recueillis dans
la révolution ? ” + Parallélisme qui répond : “Un mépris plus marqué, un dédain plus signalé”
Elle dénonce l hypocrisie des révolutionnaires : en dépit des lumières (exhortation : hypocrisie
soulignée par mal fagoté, portrait dépréciatif bizarre aveugle boursouflé de sciences et dégénéré, …
dans ce siècle de lumière et de sagacité en antithèse avec l ignorance la plus crasse : illustre
l’ironie d’une société qui se dit éclairée (luttant contre l ignorance) tout en perpétuant
des inégalités) qui ont obtenu leur liberté avec le soutien des femmes et l injustice de son manque
de reconnaissance (Postambule) il prétend jouir de la révolution (exhortation). Même idée dans le
préambule : Considérant que l ignorance, le mépris ou l oubli des droits de la femme »

- elle blâme l ancien régime et la société et même les femmes


Postambule
Olympe de Gouges propose de décrire la situation passée des femmes: «Passons
maintenant à l'effroyable tableau de ce que vous avez été dans la société.»
L'adjectif hyperbolique «effroyable» annonce un tableau obscur.

Le tableau explicatif s'ouvre sur une descriptions dépréciative de la monarchie: «Sous


l'ancien régime, tout était vicieux, tout était coupable».
L’époque de l’ancien régime ou l’obscurantisme régnait appuyé par un champ lexical
dépréciatif du mensonge et de la bêtise (« préjugés, fanatisme, superstition, mensonges,
sottises, usurpation »)

Elle blâme les femmes qui ont participé à la corruption de la société à travers un aphorisme:
«Les femmes ont fait plus de mal que de bien.»
Mais Olympe de Gouges va expliquer que si les femmes ont œuvré à la corruption de la
sociéte, c'est parce qu'elles n'avaient pas d'autre choix pour y exercer du pouvoir, tant
elles étaient opprimées.
Ainsi, «Ce que la force leur avait ravi, la ruse leur a rendu». L'antithèse « force » / « ruse
» rapprochée dans un parallélisme syntaxique souligne que les vices des femmes (« la
ruse«) n'est que la conséquence des vices de la société qui les oppresse (« la force«).

Elle fournit des exemples sur l’assujettissement des femmes sous l ancien régime
« Dans cette sorte d'antithèse, que de remarques n'ai-je point à offrir ! … S'il est marié, tout
autre engagement perd ses droits. »

Presente un tableau pathétique : La situation des femmes était « méprisable » sous


lAncien régime car les femmes devaient user de leurs charmes pour obtenir du
pouvoir.
La beauté servait à la femme d'instrument pour se garantir une place dans la société
comme en témoigne la négation restrictive: «Une femme n'avait besoin que d'être belle ou
aimable; quand elle possédait ces deux avantages, elle voyait cent fortunes à ses pieds.»
L'antithèse « deux avantages» / « cent fortunes» met en valeur cette corruption : les
femmes ne pouvaient s'élever dans la société que si elles avaient la chance de pouvoir plaire
aux hommes.
Elles étaient donc soumises à une sorte de prostitution.
Le superlatif «la plus indécente se faisait respecter avec de l'or» dépeint l'Ancien
Régime en société où l'argent a plus d'importance que la vertu. L'argent corrompait les
valeurs morales.
Olympe de Couges compare l'»esclavage » des femmes à la traite des esclaves
achetés en Afrique pour être vendus en Amérique : «la femme que l'homme achète,
comme l'esclave sur les côtes d'Afrique».
L'écrivaine militait également en faveur de l'abolition de l'esclavage. Elle met ainsi en
parallèle les oppressions sexistes et racistes.
Cette comparaison est audacieuse et dévalorisante pour les femmes comme pour les
hommes.

Le recours au récit donne à voir de manière concrète et cruelle les conséquences de


l'inégalité de droit des femmes. C'est un moyen efficace de convaincre les lecteurs.
Olympe de Gouges rappelle que les lois autorisent cette cruauté puisque l'homme viole
ses devoirs«en espérant tout des lois.»
C'est pourquoi Olympe de Gouges demande à ce que les lois changent pour permettre
l'émancipation des femmes.

**********************
L écriture d une militante

1. La DDFC est la traduction politique d une colère


A- Texte pamphlétaire
Un adversaire : sous le titre « Les droits de la femme », trois paragraphes interpellent
violemment celui qui fait figure d’adversaire : « Homme, es-tu capable d’être juste ? »
Le texte du préambule marque nettement la volonté polémique d’Olympe de Gouges, par la
comparaison établie entre les deux sexes. Par exemple, la formulation, strictement
politique, qui distingue « les actes du pouvoir législatif, et ceux du pouvoir exécutif » est
remplacée par la seule distinction des sexes : « les actes du pouvoir des femmes et ceux du
pouvoir des hommes ».
● un « Postambule », qui formule plus clairement un appel à la révolte et à la
mobilisation de la « Femme », soutenu par une argumentation personnelle et directe.
Un texte qui critique blâme l oppression faites aux femmes par les hommes, la religion, l
ancien régime,

Un document juridique avec une structure préambule articles Postambule, un vocabulaire, un


style juridique apporte une solennité au document.
Un pastiche confère une ironie (sages
Variété des tons: lyrique ( ô femme Postambule) pathétique (tableau obscur de la condition
féminine sous l ancien régime) polémique (exghortation adressée aux hommes) , appel
autoritaire à la mobilisation des femmes avec force et reproches dans le Postambule.

B- ODG dénonce avec vigueur l attitude hypocrite des révolutionnaires


Dans l Exhortation Elle dénonce les idéaux révolutionnaires/ elle montre du doigt l’échec
révolutionnaire « Prétend jouir de la révolution » Dans le préambule ODG souligne l absence
des femmes dans la constitution qui s explique par 3 hypothèses : Considérant que l ignorance,
le mépris ou l oubli des droits de la femme »

Remise en cause de la légitimité du pouvoir masculin:


Dans les articles : ARTICLE 5 → l’homme a gardé ses privilèges sur les femmes (si la loi
n’a pas écrit, tu ne peux pas me contraindre à rester à la maison, d'écrire…)

elle illustre l’ironie d’une société qui se dit éclairée (luttant contre l ignorance) tout en
perpétuant des inégalités)
En dépit des lumières (exhortation : hypocrisie soulignée par mal fagoté, portrait dépréciatif bizarre
aveugle boursouflé de sciences et dégénéré, … dans ce siècle de lumière et de sagacité en antithèse
avec l ignorance la plus crasse : il prétend jouir de la révolution (exhortation).
Dans le Postambule souligne l echec de la révolution pour les femmes : Questions rhétoriques:
“Quels sont les avantages que vous avez recueillis dans la révolution ? ” + Parallélisme qui répond :
“Un mépris plus marqué, un dédain plus signalé”
L injustice des hommes qui ont obtenu leur liberté avec le soutien des femmes « l homme esclave a
eu besoin … des tiennes pour briser ses fers » et l son ingratitude, la révolution passée, l homme lui
inflige son “ mépris et son dédain “
À la fin du Postambule, Olympe de Gouges blâme l'inaction de ce «on», qui renvoie aux
révolutionnaires qui n'ont pas fait évoluer les lois : « l'on n'a pas fait de nouvelles lois« .L'auteure
leur reproche de ne pas avoir tenu leurs promesses.

2. Toute fois DDFC est une œuvre esthétique


Maîtrisé des registres dialectiques(démonstration de l égalité naturelle des hommes et des
femmes / démarche scientifiques / dans le Postambule récit par l expérience sur les conséquences
de l absence de loi en prenant des situations concrètes) et pathétiques (Postambule tableau de la
condition féminine, article 11 je suis mère d un enfant qui vous appartient discours direct)
Variété des registres narratifs explicatifs et argumentaires qui permettent de tirer une grande force
des techniques réthorique

3. Une parodie littéraire :


Un pastiche avant gardiste : détournement d un texte juridique
La parodie littéraire opérée par Olympe de Gouges sert à formuler un projet politique
précis, tout en faisant la satire des inégalités.
C’est le modèle de la DDFC que suit Olympe de Gouges, qui exprime ainsi la volonté des
femmes, dès les débuts de la Révolution, d’avoir des représentantes à l’Assemblée
L’œuvre porte en son centre, comme son modèle, dix-sept articles, précédés d’une
courte introduction, intitulée « Préambule », qui remplace le titre du modèle masculin, «
Déclaration des droits de l’homme en société ».
Mais nous notons trois éléments particulièrement originaux :
● une adresse « À la reine », en forme de dédicace où elle déclare vouloir ainsi lui «
faire hommage de cette singulière production ».
● sous le titre « Les droits de la femme », trois paragraphes interpellent violemment
celui qui fait figure d’adversaire : « Homme, es-tu capable d’être juste ? »
● un « Postambule », qui formule plus clairement un appel à la « Femme », soutenu par
une argumentation personnelle et directe.
L’image saisissante qui conclut le « Postambule », « Le mariage est le tombeau de la
confiance et de l'amour. », conduit à un ultime ajout intitulé "Forme du Contrat social de
l’Homme et de la Femme", où Olympe de Gouges propose une nouvelle « formule » de
rédaction de ce qu’elle nomme « l’acte conjugal ».

les quatre premiers articles conduisent à une question : se contente-t-elle de féminiser


l’expression ?
Dans le préambule, Olympe de Gouges, tout en reprenant le lexique et la syntaxe de la
Déclarationde l’Assemblée, s’emploie à féminiser l’expression des droits de la façon la
plus simple, par substitution : les « droits de la femme » remplacent les « droits de
l’homme », les « réclamations des droits des citoyennes » remplacent celles des « citoyens ».
Mais elle procède aussi par ajout. Par exemple, là où le texte d’origine réclame « la
conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme », avec la majuscule qui
généralise à « l’être humain », elle précise expressément « de la femme et de l’homme ».
Enfin, au lieu des « Représentants du Peuple Français », l’énumération qui ouvre le «
Préambule », détaillant « Les mères, les filles, les sœurs, représentantes de la Nation »,
traduit sa volonté de rappeler aux hommes la place si proche occupée par les femmes
dans leur vie, donc les sentiments qu’ils devraient avoir envers elles ; de plus, l'emploi, au
lieu de « Peuple », du terme « Nation », plus habituel en 1791, époque de l’écriture, les invite
à tenir compte davantage des acquis de la Révolution, qui devraient les amener à
accepter l’idée d’égalité.

Ironie de la DDFC valeur littéraire et argumentative de l œuvre

Comment ODJ mobilise les femmes ?


La réponse dans le Postambule
Dans le « Postambule », c’est aux femmes qu’elle adresse un vibrant appel. Comment
procède-t-elle pour les inciter à la conquête de leurs droits ?
1/Image de la femme sous l ancien régime
L’extrait oppose nettement deux époques, la première évoquant les temps révolutionnaires, la
seconde l’époque de l’ancien régime, structure signalée par « Passons maintenant », à la ligne 22,
mais à laquelle dès le début elle fait fréquemment allusion. Ces temps anciens, qui reposaient sur
une image traditionnelle de la femme, sont marqués comme achevés par le passé composé « ce
que vous avez été dans la société ».
Mais sont-ils vraiment révolus ? Telle est la question que pose Olympe de Gouges, quand elle
décrit la contradiction entre faiblesse et force qui caractérise, selon elle, les femmes sous
l’ancien régime.
2/ La faiblesse des femmes
Aux yeux des hommes la femme n’est que faiblesse, par « nature » d’abord : « femmes,
qu’y a-t-il de commun entre vous et nous ? », voilà la question qui fonde son infériorité. Les «
décrets de la nature » seraient donc la loi absolue, justifiant que « la force leur [ait] ravi »
toute forme de pouvoir social.
À cet argument est venu s’ajouter le poids de la religion, à laquelle fait allusion l’ironique
formule « le bon mot du Législateur des noces de Cana », très irrespectueuse puisqu’il s’agit
du Christ lui-même. Celui-ci, à sa mère, Marie, qui lui avait signalé que les convives n’avaient
« plus de vin », a, en effet, sèchement répondu : « Que me veux-tu, femme ? Mon heure n’est
pas encore venue. » Et Marie s’était respectueusement inclinée.
Aux yeux de l’auteur, cette réponse ne fait que reprendre le mépris attaché à la nature
féminine depuis le péché d’Ève, et ne relève que de ce qu’elle résume par l’énumération
péjorative, « préjugés, [...] fanatisme, [...] superstition et [...] mensonges », ou par la
métaphore, « les nuages de la sottise ».
Ainsi Olympe de Gouges inverse la réponse à son interrogation oratoire initiale « qu’y a
-t-il de commun entre vous et nous ? » : au « rien », réponse de la « morale » traditionnelle,
fondée sur la religion, elle substitue le pronom « Tout » lancé énergiquement en tête
3/ le pouvoir des femmes
Mais, paradoxalement, cet état de faiblesse n’a pas empêché les femmes d’exercer un
pouvoir, que signale le champ lexical qui parcourt le texte : « régné » (l. 9), « Votre empire »
(l. 9), « tout leur était soumis » (l. 29, repris l. 34), « elles commandaient » (l. 29). Mais quelle
valeur accorder à ce pouvoir ?
Olympe de Gouges le critique sévèrement, d’abord parce qu’elles n’ont fait, en usant de
leur séduction, que profiter de « la faiblesse des hommes », incapables de leur « résist[er] »
et dépeints, de façon très péjorative, comme de « serviles adorateurs rampant à [leurs] pieds
». Leur pouvoir, qui ne pouvait pas s’exercer ouvertement, a dû prendre des formes
détournées. Elles ont donc mis en oeuvre « toutes les ressources de leurs charmes », qui
sont autant de défauts qu’Olympe de Gouges énumère: « la contrainte et la dissimulation
», « la ruse », « leur indiscrétion », « la cupidité [...] et l’ambition ». Ainsi, « dans les siècles
de corruption », elles ont pu étendre leur influence qu’une hyperbole amplifie : « le plus
irréprochable ne leur résistait pas ». Puis une longue énumération, « ambassade,
commandement, ministère, présidence, pontificat, cardinalat, enfin tout ce qui caractérise la
sottise des hommes, profane et sacré, tout a été soumis », nous rappelle leur rôle à la Cour
et dans les milieux mondains, où elles ont pu infléchir la politique du « gouvernement
français », jouer les espionnes (« le cabinet n’avait point de secret pour leur indiscrétion »), et
nul n’y a échappé. Mais la formule « administration nocturne », puisqu’elle n’ont pas le droit
d’exercer au grand jour des fonctions officielles, ramène en réalité ce pouvoir à une forme de
prostitution, et les comparaisons en soulignent les effets négatifs : « Les femmes ont fait plus
de mal que de bien », « Elles commandaient au crime comme à la vertu », et ne reculaient
pas devant « Le poison, le fer »…

Ainsi les femmes ne sortent pas grandies de ce tour d’horizon qui affirme, soit leur
faiblesse, soit une force, mais pernicieuse. C’est contre cette opinion si négative que
s’élève Olympe de Gouges, pour les appeler à réagir.

Un bilan critique de la révolution.


Olympe de Gouges commence par tirer un bilan de la Révolution, très critique en soulignant
une contradiction fondamentale entre les « principes » affichés par les
révolutionnaires, et leur application concrète.
Des principes libérateurs
Dans les premiers temps de la Révolution, les femmes ont aidé à mettre en place ces
principes – liberté, égalité, fraternité –, comme le traduit l’image : « L’homme esclave a
multiplié ses forces, a eu besoin des tiennes pour briser ses fers ».
En théorie, la révolution s’est voulu libératrice, comme le montre l’énumération imagée : «
Le puissante empire de la nature n’est plus environné de préjugés, de fanatisme, de
superstition et de mensonges ». Une allégorie vient renforcer ce progrès : « Le flambeau de
la vérité a dissipé les nuages de la sottise et de l’usurpation », image qui rappelle l'appellation
même de « siècle des Lumières ».
Des droits refusés
Mais, dans la réalité, quel résultat pour les femmes ? Les principes sont niéspuisque
règnent les « injustices des hommes », dont l’auteur affirme « la conviction ». L'homme est
donc coupable d’« inconséquence », c’est-à-dire d’un manque de logique : « Devenu libre, il
est devenu injuste envers sa compagne ». Elle interpelle d’ailleurs directement les
femmes : « Quels sont les avantages que vous avez recueillis dans la révolution ? » Les
réponses à cette interrogation oratoire sont négatives, d’abord dans une phrase nominale
hyperbolique : « Un mépris plus marqué, un dédain plus signalé ». Cette idée est reprise à la
fin de l’extrait, accentuée par le chiasme qui met en parallèle les temps anciens et les temps
nouveaux : « ce sexe autrefois méprisable et respecté, et depuis la révolution, respectable et
méprisé ». L’opposition entre les adjectifs, « méprisable », « respectable », qui signalent une
potentialité, et les participes passés, « respecté » et « méprisé », constat d'un fait réalisé, fait
pleinement ressortir le fait que les femmes n’ont gagné, par la révolution, qu’une égalité
trop théorique, qui ne s’inscrit pas dans les faits.
L'appel à la révolte
Dans ces conditions, Olympe de Gouges ne peut qu’appeler les femmes à reprendre la
lutte. Le ton de ce postambule est, en effet, injonctif, déjà à travers l’interpellation initiale de
la destinatrice, d’abord au singulier et familièrement avec le tutoiement : « Femme, réveille-toi
». Mais très vite l’appel s’élargit, avec le pluriel, et devient enflammé : « Ô femmes, femmes…
» Ajoutons à cela le rôle de l’impératif, qui parcourt le texte : « réveille-toi », « reconnais tes
droits », « opposez courageusement », « réunissez-vous », « déployez toute l’énergie de
votre caractère ». L’appel gagne donc en énergie, et, dès le début, nous comprenons qu’il
s’agit d’une véritable guerre à mener, dont sonne l’alarme : « le tocsin de la raison sonne
dans tout l’univers ».
Les armes du combat
La raison
Pour mener cette guerre, une arme s’impose en cette fin de « siècle des Lumières », « la
force de la raison », principe qui a guidé toute la réflexion des philosophes de cette
époque. Ainsi le signe de ralliement de ces femmes-soldats sera bien « les étendards de la
philosophie ». La raison doit donc à la fois guider la lutte, et soutenir la réflexion pour que les
femmes sortent de leur passivité, de leur acceptation résignée, image d’un sommeil avec «
réveille-toi ». Et la notion de lumières s’affirme dans l’interrogation oratoire, « quand
cesserez-vous d’être aveugles ? »
Il s’agit bien d’inciter les femmes à sortir des ténèbres dans lesquelles elles sont encore
enfermées.
L'éducation
Pour y parvenir, un seul moyen, l’éducation, droit revendiqué à la fin du premier
paragraphe : « puisqu’il est question, en ce moment, d’une éducation nationale, voyons si nos
sages Législateurs penseront sainement sur l’éducation des femmes ». Que les femmes ne
soient pas renvoyées à l’apprentissage des tâches ménagères, au seul enseignement
d’une morale religieuse que leur ont donné, pendant longtemps, les couvents, voilà ce
qu’implique l’adverbe « sainement » ici choisi. On notera pourtant qu’Olympe de Gouges ne
balaie que la « superstition », un mauvais usage de la religion, mais conserve l’idée d’un «
Être suprême », chère aux révolutionnaires, assimilé à la « nature », dont les « sages décrets
» ont proclamé l’égalité entre les sexes
La promesse de victoire
Certes, cette lutte n’est pas présentée comme facile, et Olympes de Gouges envisage
qu’elle puisse effrayer les femmes, en prévoyant leurs objections : « qu’auriez-vous à
redouter ? », « Craignez-vous… » Cependant, elle refuse d’envisager l’échec, en
construisant un raisonnement par hypothèse, « S’ils s’obstinaient », c’est-à-dire si les
hommes persistaient à leur refuser ces droits légitimes. La réponse à cette hypothèse, au lieu
d’être, selon la règle de la concordance des temps, au conditionnel, est posée au futur, pour
formuler la certitude de la victoire, et introduite par la conjonction « et » qui prend ici valeur
de conséquence inéluctable : « et vous verrez bientôt… » Cette même certitude est répétée
au moyen d’une négation restrictive, qui semble rendre la lutte plus facile : « Quelles que
soient les barrières que l’on vous oppose, vous n’avez qu’à la vouloir ».
Cette victoire ne consistera, en fait, qu’à appliquer les principes mêmes de la révolution,
déjà inscrits dans la Déclaration des droits de l’homme, qu'elle applique aux femmes : la
liberté, avec l’encouragement « déployez toute l’énergie de votre caractère », l’égalitépour «
la réclamation de votre patrimoine, fondée sur les sages décrets de la nature », et la
fraternité, image d’une harmonie rétablie entre les femmes et les hommes « fiers de partager
avec [elles] les trésors de l’Être Suprême ».

1) Elle suit une démarche scientifique


Hypothèse/problématique: Pourquoi la société française n’est-elle pas dans l’harmonie??
Observation: Elle pousse l’homme à observer la nature
“Observe, parcours, remonte, consulté, étudié, jette un coup d’oeil, cherche, fouille, distingue”
“Animaux, elements, vegetaux, matière organisée, chef d'oeuvre immortel”
Expérience: Elle montre qu’il ya de l'harmonie dans la nature: “ils coopèrent dans un
ensemble harmonieux” + “confondus” +
Conclusion: Une distinction entre les sexes est impossible dans la nature - Il n’y a pas
d’harmonie parce qu’il y a une distinction entre les sexes
“distingue, si tu le peux… administration de la nature”
Article 16

2) Elle utilise divers strategie


La conviction

3) Elle fait l’éloge des femmes


“Toutes les facultés intellectuelles” → Hyperbole
“Le sexe superieur en beaute comme en couragedans les souffrances maternelles”
(preambule)

4) La puissance du discours d’Olympe de Gouges


“C’est une femme qui t’en fait la question”
“Si tu oses” “Si tu le peux” → défis
“Tu ne lui ôteras pas moins ce droit”
Le tutoiement
Elle utilise toutes les formes d’ironie contre les hommes (note: se moquer→ pointe
du doigt gentillement un défaut et en rire ⅕ | Sarcasme: Méchanceté-cherche à
blesser ⅗ | Ironie: au lieu de dire du mal , il dit du bien- message caché- vise
l’intelligence 5/5)
“Ta force? Tes talents?” → Ton sarcastique
Montre les avantages de la femme
Elle montre les avantages avant d’imposer son point de vue (Article 13)
5) Olympe de Gouges a échoué
Elle a été décapitée deux ans après
Le fait que les femmes ne l’ont pas suivis
Il faut se réfère à l’histoire et sa biographie

6) La fragilité du discours d’Olympe


“pour ne rien dire de plus” →
Termes familiers→ crasse -> montre la domination des émotions d’Olympe
Repetitions

7) Dénonciation de la société
- “Malheurs publics”
- “Corruption des gouvernements”

8) La DDFC est un pastiche de la DDHC


- Ajout
- Substitution
- “Bonnes moeurs” -> respecter les traditions, l’identité de la France

9) Les compétences juridiques d’ODG (parce que c’est un manifeste: liste de lois, ex: Mao
Zedong)
Puisque c’est la liste des lois à respecter pour être un bon femeiniste et prendre la défense
des femmes.
Le lexique juridique: Article, souveraineté, association publique…

10) Combats d’ODG


- Égalité avec les hommes
- Liberté de paroles et d’expression
- Avoir une fonction publique (travailler)
- Etre independante financierement (Article 13 “contributions, distribution des emplois”
- La légitimité des enfants naturels/ la reconnaissance de paternité
- Héritage et propriété (elle garantit l'identité et les traditions comme dans la preambule)
- Mariage “tombeau de l’amour et de la confiance”
- Esclavage = craute de l’esclavage avec l’image du maitre qui utilise l’esclave puis le
rejette

11) Encourgament de la femme à se combatte pour ses droits et l’egalite


Interpellation + impératif, ex: “Femme, reveille-toi” - “opposez” - “deployez”... (Postambule)
Conseils à suivre ou directives: l. 15 à 20 (Postambule)

I. D'une voix de femme à la voix des femmes ?


Une prise de parole audacieuse
La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est tout d'abord une prise de parole
audacieuse dans un contexte sociopolitique troublé et violent : celui de la Révolution française.
La structure même de ce texte porte la trace de cette période de transition qui fait passer de la
monarchie à la république : s'affirmant comme le pendant féminin (et la réécriture ironique) de
la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 rédigée par les « représentants du
peuple français, constitués en assemblée nationale », la Déclaration d'Olympe de Gouges est
pourtant dédiée « À la reine », Marie-Antoinette (qui sera guillotinée en 1793). Si cette
dédicace manifeste un souci de concorde politique de la part d'Olympe de Gouges, elle
s'explique également par le fait que son autrice a conscience de son audace lorsqu'elle
réclame, en tant que femme, les mêmes droits pour les femmes que pour les hommes. Aussi
cherche-t-elle à obtenir l'appui de celle qui est encore la femme la plus puissante de France, la
reine : « Il n'appartient qu'à celle que le hasard a élevée à une place éminente, de donner du
poids à l'essor des droits de la femme, et d'en accélérer les succès », écrit-elle.
S'exprimer au nom de toutes les femmes : créer une sororité
Olympe de Gouges a donc conscience qu'en tant que femme, sa voix risque de n'être pas
entendue. C'est pourquoi elle voudrait ne plus être seulement une voix singulière mais devenir
la voix des femmes. Dans le « Préambule » de sa Déclaration, c'est au nom des « mères »,
des « filles », des « sœurs », « représentantes de la nation », qu'elle s'exprime : elle entend
ainsi représenter toutes les femmes françaises. De même, dans le « Postambule », elle
exhorte les femmes à reconnaître leurs droits : « Ô femmes ! Femmes, quand cesserez-vous
d'être aveugles ? » Elle les appelle à s'unir afin d'obtenir l'égalité : « opposez courageusement
la force de la raison aux vaines prétentions de supériorité ; réunissez-vous sous les étendards
de la philosophie ».
Cette (ré)union des femmes qu'Olympe de Gouges appelle de ses vœux peut se lire aussi
dans l'emploi récurrent qu'elle fait du singulier « femme » ou « la femme » dans sa
Déclaration. À ce terme de « femme », elle accole celui de « citoyenne », façon de
revendiquer l'égalité civile entre les femmes et les hommes.
II. Un nouveau « contrat social »
L'affirmation d'une égalité naturelle entre les femmes et les hommes
Avec cette Déclaration, Olympe de Gouges entend affirmer l'égalité en droits des femmes et
des hommes, comme l'énonce l'article premier : « La femme naît libre et demeure égale à
l'homme en droits. » Elle justifie cette assertion par le caractère naturel de cette égalité : «
l'exercice des droits naturels de la femme n'a de bornes que la tyrannie perpétuelle que
l'homme lui oppose ; ces bornes doivent être réformées par les lois de la nature et de la raison
» (art. IV).
En rappelant le caractère naturel de l'égalité en droits des femmes et des hommes, Olympe de
Gouges légitime les revendications des femmes à l'égalité : fait de société, la suprématie des
hommes est une injustice qu'il convient d'effacer à présent que s'institue un régime
démocratique, la Première République, qui doit faire respecter les « lois de la raison ». Ce
n'est donc que justice et bon sens que de concourir à protéger et à faire respecter les droits
des femmes, qui sont les mêmes que ceux des hommes.
L'affirmation du statut de « citoyennes » des femmes et ses conséquences
Mais Olympe de Gouges ne se contente pas de vouloir faire reconnaître l'égalité en droits des
femmes et des hommes : elle atteste aussi du statut de « citoyennes »des femmes et, par là,
de la nécessité de leur participation au façonnement de la société et de la nation, comme
l'énoncent les articles XIII et XIV. Cette nécessaire participation des citoyennes à la vie de la
société va de pair avec la garantie de leur liberté d'opinion et d'expression, inscrite dans les
articles X et XI de cette déclaration : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions mêmes
fondamentales ; la femme a le droit de monter sur l'échafaud, elle doit avoir également celui de
monter à la tribune » (art. X). Les femmes étant soumises aux mêmes rigueurs de la loi que les
hommes (art. VI à IX), elles doivent réciproquement disposer des mêmes libertés.
En garantissant la liberté d'expression des femmes, Olympe de Gouges introduit dans sa
Déclaration la question épineuse de la reconnaissance de la paternité des enfants, obligeant
les hommes à prendre leur part de responsabilité dans la naissance d'» enfants naturels »,
refusant que les femmes portent seules cette responsabilité (appréhendée par la société
comme une culpabilité) et que l'identité de leurs enfants s'en ressente. Car Olympe de Gouges
entend aussi faire évoluer la façon dont les femmes sont perçues et se perçoivent.
III. Changer l'image et la place des femmes : changer les femmes
La critique des femmes dans les sociétés d'Ancien Régime
Dans le « Postambule », Olympe de Gouges brosse un « effroyable tableau de ce que [les
femmes ont] été dans la société » : substituant à la force qui leur manquait la ruse et le
charme, les femmes y apparaissent comme de dangereuses éminences grises, « le
gouvernement français […] [ayant] dépendu, pendant des siècles, de l'administration nocturne
des femmes ».
En peignant les femmes sous les traits de manipulatrices et de meurtrières, Olympe de
Gouges reprend des clichés répandus dans la société quant à la « nature » des femmes. Mais
elle ne les reprend que pour mieux en dénoncer le caractère culturel : « Une femme n'avait
besoin que d'être belle ou aimable ; quand elle possédait ces deux avantages, elle voyait cent
fortunes à ses pieds. Si elle n'en profitait pas, elle avait un caractère bizarre ou une
philosophie peu commune […] ; alors elle n'était plus considérée que comme une mauvaise
tête ; la plus indécente se faisait respecter avec de l'or ; le commerce des femmes était une
espèce d'industrie reçue dans la première classe, qui, désormais, n'aura plus de crédit. »
Autrement dit, dans une société corrompue, les femmes ne pouvaient qu'être elles-mêmes
corrompues si elles désiraient survivre et être respectées.
Éduquer les femmes (autrement)
Avec cette Déclaration, Olympe de Gouges exprime l'urgence de se pencher sur la question
de l'éducation des femmes : « puisqu'il est question, en ce moment, d'une éducation nationale,
voyons si nos sages législateurs penseront sainement sur l'éducation des femmes ».
Dépassant le cadre stricto sensu d'une déclaration de droits, Olympe de Gouges ébauche déjà
la perspective dans laquelle devra s'inscrire un projet d'éducation des femmes : il s'agit de
faire d'elles des êtres libres de leurs pensées et de leurs actes, ce qui coïncide avec la réforme
du statut civil des femmes et des « conventions conjugales ».

Le droit à la parole pour combattre les inégalités

AU BROUILLON, UN PLAN DÉTAILLÉ (CARTE MENTALE, LISTE HIÉRARCHISÉE, ETC.)


I. Oui, le droit à la parole est fondamental
1. Les femmes de milieux populaires, sous l'Ancien Régime, n'ont pas voix au chapitre. Manon
Lescaut, par exemple, reste silencieuse. Elle paraît rester captive, du début à la fin du roman. Elle n'a
pas de voix. L'Abbé Prévost montre dans ses romans que les femmes n'ont pas la possibilité de
parler.
2. De la même façon, les esclaves, natifs des colonies, sont privés de voix. Heureusement, des
écrivains comme Voltaire, ou Olympe de Gouges leur donnent la parole dans leurs oeuvres. Exemple
d'Olympe de Gouges, qui donne la parole aux esclaves dans ses pièces de théâtre. Zamore et Mirza
ou l'Esclavage des Noirs : histoire et témoignage de deux esclaves en fuite.
II. Mais il n'est pas suffisant
1. Face au pouvoir, à la force, la parole ne suffit pas. Exemple du Loup et de l'Agneau. Ce dernier a
beau parler, c'est le loup qui finit par avoir raison, parce qu'il a la force de son côté.
2. La parole seule ne suffit pas. Exemple de Rosa Parks et Claudette Colvin (Noire de Tania de
Montaigne, 2015). Elles n'ont pas parlé. Elles ont agi : refus de céder sa place. Et surtout, la première
a été une image, une icône, un symbole. Force de l'image, par rapport à la parole.

Éloge politique qui s’appuie sur les valeurs des lumières

Une réflexion politique qui s'appuie sur les valeurs des Lumières
1. La critique des temps passés. L'Ancien Régime, une époque de "de préjugés, de fanatisme, de superstition
et de mensonges."Accumulation, champ lexical de l'erreur et de la tromperie. "Dans les siècles de corruption
vous n'avez régné que sur la faiblesse des hommes."
2. L'éloge de la pensée des Lumières. Diffusion des connaissances, bouleversement social et politique. "Le
flambeau de la vérité a dissipé tous les nuages de la sottise et de l'usurpation". Champ lexical de la raison : "la
force de la raison", "les étendards de la philosophie"
3. Un idéal utopique d'égalité. Éloge de la nature. Une égalité parfaite. "vous verrez bientôt ces orgueilleux,
non serviles adorateurs rampants à vos pieds, mais fiers de partager avec vous les trésors de l'Être Suprême."

Style Olympe de gouges


L'écriture riche d'Olympe de Gouges rappelle que chaque tonalité est une arme différente,
pour mener le combat.
Elle allie solennité du texte de loi,
Structure d un texte juridique, vocabulaire juridique,

tonalité polémique pour s'en prendre à ses concitoyens (exhortation)


Postambule (polémique pour appeler les femmes à la révolte, polémique pour critiquer la
religion JC (le législateur de Cana mis en parallèle avec le
Législateur de l assemblée tous deux affichent un dédain aux femmes), l assemblée, les
femmes (Elles ont fait plus de mal que de biens)

On retrouve ainsi chez Olympe de Gouges la même ironie que chez Voltaire ou Montesquieu
(voir par exemple « De l'esclavage des nègres » dans L'esprit des Lois). Ainsi, dans l'article 9
de la Déclaration, elle semble instituer une présomption de culpabilité: « Toute femme étant
déclarée coupable, toute rigueur est exercée par la loi«.
Ironie ; L'auteure ironise quant à ses prétentions à changer la société dans le Postambule a la
fin : «Si tenter de donner à mon sexe une consistance honorable et juste, est considéré dans
ce moment comme un paradoxe de ma part, et comme tenter l'impossible».
Ironie : au sujet de l éducation « nos sages législateurs » auront ils penser à inclure les
femmes en matière de éducation (Postambule)

Dans le Postambule, elle adopte un style romanesque « l'ingrat la laissera après quelques
années... »).

Le recours au registre pathétique permet de susciter l'empathie du lecteur quand elle dresse
le tableau de la condition féminine sous l ancien régime au Postambule : la femme était
“méprisable”, elle compare la situation de la femme à celle de l esclave, elle dépeint un mari
cruel
• Dans le Postambule, on retrouve le style emphatique des révolutionnaires : « Femme,
réveille toi ! » qui vise à galvaniser l'auditoire.

Tonalité lyrique : par son appel à la révolte « ô femmes »

tonalité didactique et raisonnement logique pour leur enseigner la marche à suivre.

Elle s'appuie également sur son expérience personnelle.

Le postambule s'achève par une période oratoire : Phrase longue et ample aux rythmes et aux
sonorités soignées.
Cette période oratoire permet à Olympe de Gouges de déployer ses talents rhétoriques et de
démontrer ainsi que les femmes disposent de l'intelligence que les hommes tendent à leur dénier.

•••

Olympe de Gouges utilise-t-elle la conviction ou la persuasion ?

Ce sont deux termes techniques littéraires associés à l’argumentation.


La conviction est l’art de faire changer l’opinion de quelqu’un en utilisant la raison (arguments
rationnels).
La persuasion est l’art de faire changer l’opinion de quelqu’un en jouant sur ses sentiments, ses
émotions.
Ces deux stratégies peuvent être complémentaires.
Dans le préambule, elle interpelle les hommes et utilise plutôt la persuasion avec le registre de
l’invective et de la colère pour les accuser. C’est un registre argumentatif qu’ont dit judiciaire et qui
joue sur la culpabilité, la honte, le remords pour essayer de faire changer d’avis quelqu’un.
Elle utilise la conviction dans ses articles de lois, écrits de façon neutre avec un présent de vérité
générale. Elle utilise le registre de la raison pour démontrer que si on est logique, il faut inclure les
femmes qui sont des êtres humains comme les hommes.

Le genre d’écrit qu’est la Déclaration est-il efficace, selon vous ?

En politique, on peut penser au manifeste, au pamphlet, à un tract, à un discours à la tribune d’une


assemblée qui peuvent aider à faire changer d’avis quelqu’un. Ici il s’agit d’une déclaration qu’elle
n’a pas pu prononcer à l’oral à la tribune car les femmes n’ont pas le droit de siéger. Il est donc
paradoxal qu’elle écrive directement un texte de loi alors qu’elle n’a pas le droit de vote, ni le droit
de proposer de lois.
Vous devez argumenter à partir de votre opinion personnelle. Demandez-vous si cela a été efficace.
Dans la réalité, cela ne l’a pas été, personne n’a adopté ses lois pendant la Révolution. Le droit de
vote des femmes n’a été obtenu qu’en 1944. Ce genre d’écrit est efficace après que les articles ont
été votés pour certifier une loi.

Sujet #1

D’abord, un sujet sur le parcours lui-même, qui inscrit le texte implicitement dans une tradition
littéraire :
🔥 En quoi la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est-elle une œuvre de
littérature engagée pour l’égalité des droits ?
Littérature engagée :dans
lesquels les auteurs prennent position et défendent
leur point de vue sur la politique, sur la morale, sur la société, sur la
religion, etc. On parle alors d'écrivains engagés.

Définition d une œuvre engagée :


bien que dans un sens étroit, la littérature engagée ne désigne qu’une étape de
l’histoire littéraire où écrivains et philosophes firent de leurs mots les porte-voix
d’une lutte politique, la littérature tout entière ne doit son histoire qu’à des
transgressions, à la critique des limites qu’on lui pose. La littérature engagée suscite
un questionnement autant d’ordre politique que d’ordre poétique.

Arguments 1 la DDFC est une œuvre de combat. ODJ prend position pour La Défense des
droits de la femme qui rejoint le combat pour l égalité homme femme
- Un engagement qui se traduit par l implication de sa personne, elle s exprime comme
dans un discours prononcé devant une assemblée : apostrophes répétées (exhortation
: “Homme, es tu capable d être juste?” Postambule “Réveilles toi !”).
- Dans les articles aussi :
Article X :
“la femme a le droit de monter sur l'échafaud, elle doit également avoir celui de monter à la tribune, “
- montre l'implication d'Olympe de Gouge dans un combat qui lui tient à cœur
- si elle a le droit de monter à l'échafaud elle doit également avoir le droit de monter à l'Assemblée
national, elle a le droit de se faire entendre autant que le droit de mourir
- Elle plaide pour l'égalité des sexes ce qui inclut le droit de vote + l'éligibilité
- Elle revendique la permission de monter à la tribune en tant que député
- Si la femme est responsable de ses crimes, elle peut aussi faire de la politique.
( La parallélisme de la construction des propositions centrales « renforce l'évidence.
« la femme » ll « elle », « de monter sur l'échafaud » (métonymie qui désigne la
guillotine) // « de monter à la tribune » (métonymie qui désigne le lieu où les orateurs parlent à
l'Assemblée)
- Sa cause : les droits des femmes qui est soutenu par le titre de son œuvre : la DDFC; l
ensemble des articles à non seulement été féminisés mais le sens détourné pour servir
le combat, la lutte contre l oppression masculine qui est la source de l inégalité (article
1 : La femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits” : Olympe de Gouges a modifié
le début du premier article : la liberté et l’égalité de tous passe d’abord par l’égalité
entre hommes et femmes.
- Pour cela il lui faut définir son adversaire :
Les hommes dans l exhortation font l objet de blâmes de la part de l auteure. (Reprendre en
partie le paragraphe) sous le titre « Les droits de la femme », trois paragraphes
interpellent violemment celui qui fait figure d’adversaire : « Homme, es-tu capable
d’être juste ? »
Le texte du préambule marque nettement la volonté polémique d’Olympe de Gouges, par la
comparaison établie entre les deux sexes.
Mais son adversaire n est pas seulement les hommes, ce sont aussi l’Ancien Régime (tout est
vice tout est obscur tout est ) l église catholique (législateur de Cana et législateur de l
assemblée)
Un pamphlet

Argument 2 un écrit engagé cherche à convaincre, à montrer et donc à inviter le lecteur à


prendre partie dans les idées dégagées par l'auteur :
1. cherche à convaincre et à persuader
Comment ?

Le discours argumentatif s'appuie aussi bien sur les arguments rationnels que sur les
arguments émotionnels.

À) Argument d un registre judiciaire :


Dans l exhortation, elle interpelle les hommes “homme es tu capable” et utilise plutôt la persuasion
avec le registre de l’invective “ta force ? Ton talent ?” et de la colère pour les accuser. C’est un
registre argumentatif qu’ont dit judiciaire et qui joue sur la culpabilité “qui t as donné le souverain
empire d opprimer mon sexe ?”, la honte “si tu l oses” le remords “le créateur dans sa sagesse”
pour essayer de faire changer d’avis quelqu’un.

B) Arguments rationnels :
Démonstration scientifique de l égalité naturelle des hommes et des femmmes.
(Développee dans l exhortation: observation “remonte aux animaux”, expérience “cherche,
fouille, distingue” , conclusion “partout tu les trouveras confondus”)
Elle utilise la conviction dans ses articles de lois, écrits de façon neutre avec un présent de vérité
générale. “ Article 3 Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation,” Elle utilise le registre
de la raison pour démontrer que si on est logique, il faut inclure les femmes qui sont des êtres
humains comme les hommes.

C) Argument émotionnels
S appuie sur des anecdotes et exemple précis dans le Postambule : mobilise le discours
direct (elle est pauvre et vieille, dit on, pourquoi n a t elle pas su faire fortune ?). Récit dans le
registre pathétique d’une jeune femme “sans expérience”, allégorie de la fragilité féminine,
“séduite par un homme qu’elle aime”.
Elle veut les imposer par la raison et non par la force afin qu'ils soient les fondements solides
d'une nouvelle société. Le combat d'Olympe de Gouges pour l'égalité entre les hommes et
les femmes estdonc à la fois un combat féministe et un combatcitoyen.

2. La tonalité :
L exhortation et le Postambule sont des textes , fortement modalisés par les exclamations, les
interrogations rhétoriques et le lexique péjoratif.
Les tournures théâtrales emphatique “c est une femme qui t en fait la question” dans l
exhortation)
Le mode impératif rappelle sa puissance “rends toi à l évidence”

Dans l exhortation ODG a plutôt recours à l enchaînement d interrogations rhétoriques : dis


moi ? Qui t a donné le souverain empire d’opprimer mon sexe ? Ta force ? Ton talent ? Dont l
objet est de blâmer pour culpabiliser.

Dans le Postambule, il s agit pour Olympe de Gouges d’appeler les femmes à reprendre la
lutte. Le ton de ce postambule est, en effet, injonctif, déjà à travers l’interpellation initiale de
la destinatrice, d’abord au singulier et familièrement avec le tutoiement : « Femme, réveille-toi
». Mais très vite l’appel s’élargit, avec le pluriel, et devient enflammé : « Ô femmes, femmes…
» Ajoutons à cela le rôle de l’impératif, qui parcourt le texte : « réveille-toi », « reconnais tes
droits », « opposez courageusement », « réunissez-vous », « déployez toute l’énergie de
votre caractère ». L’appel gagne donc en énergie, et, dès le début, nous comprenons qu’il
s’agit d’une véritable guerre à mener, dont sonne l’alarme : « le tocsin de la raison sonne
dans tout l’univers ».

Égalité des droits à l égalité


Et au-delà
Dernière partie : œuvre esthétique aussi ?

Sujet #2

Ensuite, un sujet qui fait ressortir l’ensemble des enjeux du combat d’Olympe de Gouges :
🔥 Que souhaite réussir Olympe de Gouges lorsqu’elle écrit sa Déclaration des doits de la
femme et de la citoyenne ?

Sujet #3

Certains sujets vous donneront plus spontanément une première partie, à dépasser bien sûr,
pour montrer l’ampleur de l’ambition d’Olympe de Gouges :
🔥 La déclaration des droits de la femme n’est-elle qu’une dénonciation des injustices subies
par les femmes ?
Dénonciation
Proposition : nouvelles disposition légale, réforme du mariage, indépendance financière (droit
d accéder à la propriété,de détenir un bien, d accéder à des emplois publics, d être autorisée à
travailler autres que les tâches domestique, reconnaissance de la paternité, statut des enfants
batards et mère célibataire)
Projet plus large à venir : relais de la voie des femmes, combats porter par des générations à
venir, d autres ouvrages
Représente une figure féministe majeure pour la postérité

Sujet #4

Un sujet qui permet de montrer le retentissement du travail d’Olympe de Gouges dans la


pensée féministe :
🔥 Olympe de Gouges cherche-t-elle seulement à éveiller une prise de conscience

chez les femmes ?


Chez les femmes
Chez les hommes
Les révolutionnaires
Universalité

Sujet #5

Et enfin, un sujet qui inscrit cette déclaration dans le grand mouvement du siècle :
🔥 En quoi le combat d’Olympe de Gouges pour l’égalité participe-t-il au mouvement des
Lumières ?

Éloge politique qui s’appuie sur les valeurs des lumières

Une réflexion politique qui s'appuie sur les valeurs des Lumières
1. La critique des temps passés. L'Ancien Régime, une époque de "de préjugés, de fanatisme, de superstition
et de mensonges."Accumulation, champ lexical de l'erreur et de la tromperie. "Dans les siècles de corruption
vous n'avez régné que sur la faiblesse des hommes."
2. L'éloge de la pensée des Lumières. Diffusion des connaissances, bouleversement social et politique. "Le
flambeau de la vérité a dissipé tous les nuages de la sottise et de l'usurpation". Champ lexical de la raison : "la
force de la raison", "les étendards de la philosophie"
3. Un idéal utopique d'égalité. Éloge de la nature. Une égalité parfaite. "vous verrez bientôt ces orgueilleux,
non serviles adorateurs rampants à vos pieds, mais fiers de partager avec vous les trésors de l'Être Suprême."

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