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Travaux Neufs, Travaux D'entretien Et de Maintenance: Dans Les Établissements Relevant Du CTN E

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RECOMMANDATION R 448

Recommandation
de la CNAMTS adoptée
par le Comité technique
national de la chimie,
du caoutchouc et de
la plasturgie (CTN E)
le 25 novembre 2009.

Cette recommandation
annule et remplace
la recommandation R 165
adoptée le 8 juin 1979.

CNAMTS (Caisse nationale


de l’assurance maladie
des travailleurs salariés)
Direction des risques
professionnels

Travaux neufs, travaux d’entretien


et de maintenance
dans les établissements relevant du CTN E
SOMMAIRE 1.2. Domaines couverts
Les travaux d’entretien et les travaux neufs revêtent une grande
1. Préambule . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2 importance pour assurer un bon fonctionnement des installa-
1.1. Définitions (glossaire) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2 tions de production des établissements relevant des industries
1.2. Domaines couverts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2 chimiques. Par « travaux d’entretien », il ne faut pas seulement
entendre la maintenance proprement dite mais aussi toutes les
2. Champ d’application . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2 opérations de nettoyage des locaux et des matériels. Les formes
3. Intégration de la santé et la sécurité dès la conception . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2 actuelles d’organisation de la production dans l’industrie font que
4. Principes généraux concernant les opérations ces tâches sont dans la grande majorité des cas confiées à des
entreprises extérieures. La recommandation R 429, Recours aux
de maintenance et d’entretien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .3
entreprises extérieures, a rappelé l’importance que le CTN E accorde à
4.1. Rôle du CHSCT . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .3 ce que ces interventions aient lieu dans des conditions de travail
4.2. Formation du personnel de maintenance et d’entretien . . . . . . . . . . . . . . . . .3 respectueuses de la santé et de la sécurité de tous les personnels
4.3. Choix et utilisation des équipements de protection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .4 intervenant au cours de ces opérations.

4.4. Surveillance médicale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .4 Cette recommandation vient renforcer les textes réglementaires
concernant la problématique de l’intervention d’entreprises exté-
4.5. Cas particulier des espaces confinés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .4
rieures (valables également pour la présente recommandation) :
5. Travaux neufs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .4
les prescriptions particulières d’hygiène et de sécurité applicables
5.1. Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .4 aux travaux effectués dans un établissement par une entreprise
5.2. Construction d’une installation neuve isolée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .5 extérieure (art. L. 4511-1 et R. 4511-1 à R. 4515-11 du code du travail) ;
5.3. Travaux neufs réalisés dans une installation existante . . . . . . . . . . . . . . . . . . .5 lorsque les chantiers sont clos et indépendants, il y a lieu d’appli-
quer les dispositions relatives à la coordination lors des opérations
6. . Travaux d’entretien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .5
de bâtiment et de génie civil (art. L. 4532-1 à L. 4532-18 et R. 4532-1 à
Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .6 R. 4532-98 du code du travail).

2. CHAMP D’APPLICATION
1. PRÉAMBULE Il est recommandé aux chefs d’établissement des industries rele-
vant du Comité technique national des industries de la chimie, du
caoutchouc et de la plasturgie (CTN E), dont tout ou partie du per-
1.1. Définitions (glossaire) sonnel, soumis au régime général de la Sécurité sociale, participe,
même occasionnellement, à des travaux neufs ou à des travaux
Entreprise extérieure (EE) : d’entretien, d’appliquer les mesures de prévention suivantes.
Entreprise qui effectue des travaux ou des prestations de service
dans l’enceinte d’une entreprise utilisatrice.

Entreprise utilisatrice ou établissement utilisateur (EU) : 3. INTÉGRATION DE LA SANTÉ ET LA SÉCURITÉ


Entreprise qui utilise les services d’entreprises extérieures.
DÈS LA CONCEPTION
Maintenance (définitions extraites de la norme X 60 010) :
Pour être connexes à la production, les opérations de maintenance
La maintenance : et de nettoyage des locaux et des matériels n’en sont pas moins
« Ensemble des activités destinées à maintenir ou à rétablir un des éléments essentiels de l’efficacité des installations.
bien dans un état ou des conditions données de sûreté de fonc- Une bonne « maintenabilité » et une bonne « nettoyabilité » per-
tionnement, pour accomplir une fonction requise. Ces activités mettent d’optimiser le fonctionnement et de réduire les périodes
sont une combinaison d’activités techniques, administratives d’arrêts. Ce sont également des enjeux majeurs en termes de
et de management. » santé et de sécurité au travail. La prévention des accidents est
généralement intégrée lors de la conception des installations
La maintenance préventive :
mais des progrès restent à réaliser sur un certain nombre d’entre
« Maintenance ayant pour objet de réduire la probabilité de
elles de façon à faciliter les interventions, notamment en termes
défaillance ou de dégradation d’un bien ou d’un service rendu. »
d’accessibilité à travers une ergonomie des équipements adaptée.
La maintenance préventive peut être :
_ systématique, lorsque les activités correspondantes sont Compte tenu des formes actuelles d’organisation du travail les
déclenchées selon « un échéancier établi à partir d’un nombre plus répandues dans les établissements relevant des industries
prédéterminé d’unités d’usage » ; chimiques, ces opérations de travaux neufs, de maintenance et de
_ conditionnelle, lorsque les activités correspondantes sont nettoyage des installations existantes sont très souvent effec-
déclenchées selon des « critères prédéterminés significatifs de tuées par des entreprises extérieures. Au fil des années, ces der-
l’état de dégradation du bien ou du service » ; nières ont souvent acquis une réelle connaissance (théorique et
_ prévisionnelle, lorsque les activités correspondantes sont pratique) des matériels : il peut donc se révéler utile de les associer
subordonnées à « l’analyse de l’évolution surveillée de paramètres à la conception d’une installation nouvelle ou à l’adaptation
significatifs de la dégradation du bien ». d’équipements existants.
La maintenance corrective : La maintenance et parfois le nettoyage des installations néces-
« Ensemble des activités réalisées après la défaillance d’un bien, sitent souvent que soient déposés les dispositifs de protection
ou la dégradation de sa fonction, pour lui permettre d’accomplir collective (carters, dispositifs de ventilation et de captage de la
une fonction requise au moins provisoirement. » pollution, etc.). La seule solution de protection (outre les mesures

2 Recommandation R 448
organisationnelles comme la consignation) consiste souvent, 4. PRINCIPES GÉNÉRAUX CONCERNANT LES
alors, en l’utilisation d’équipements de protection individuelle. OPÉRATIONS DE MAINTENANCE ET D’ENTRETIEN
Pour certaines installations, sur lesquelles les interventions sont
fréquentes et/ou pour lesquelles les risques encourus peuvent En complément des préconisations de la recommandation R 429,
être significatifs et/ou les conditions d’interventions particuliè- Recours aux entreprises extérieures, il est rappelé que :
rement exigeantes d’un point de vue ergonomique, une
l’élaboration en commun, entre entreprise utilisatrice et entrepri-
réflexion doit être engagée en amont (au moment de la concep-
ses extérieures, des plans de prévention constitue un moment privi-
tion ou de l’adaptation) sur la possibilité de prévoir des disposi-
légié pour leur faire prendre conscience des risques encourus et de la
tifs de protection collective pour ces opérations de maintenance
nécessité de mettre en œuvre les mesures de prévention adaptées ;
et de nettoyage.
l’EU et l’EE veilleront, chacune dans son domaine de responsabi-
En conséquence, lors de la conception d’une nouvelle installation
lité, à ce que le personnel exécutant les travaux utilise effective-
ou de l’adaptation d’une installation existante :
ment et exclusivement l’outillage et les moyens techniques appro-
le service d’entretien et le service de sécurité seront associés au priés mis à sa disposition et maintenus en bon état ;
projet ;
il leur appartient de procéder à l’analyse des travaux prévus, des
dans un objectif de prévention des risques, il sera procédé à un modes opératoires correspondants, des risques propres aux tra-
examen approfondi de l’installation projetée, sur plans et/ou vaux ou à leur interférence avec ceux d’autres activités et de pré-
maquettes, portant, en particulier, sur les points suivants : voir les mesures de prévention adaptées.
1. qualité et disposition de l’éclairage,
2. moyens convenables et pratiques d’accès, notamment aux or- 4.1. Rôle du CHSCT
ganes de manœuvre couramment utilisés : passerelles, échelles,
escaliers, garde-corps…, et nécessaires à la conduite et à l’en- Le rôle du CHSCT est défini aux articles R. 4514-1 à R. 4514-10 du code
tretien, en toute sécurité, d’une installation, du travail :
3. manutention d’équipements lourds et encombrants : présence le rôle du CHSCT de l’entreprise utilisatrice : articles R. 4514-6 à
de points d’ancrage et mention de leur poids, par exemple, R. 4515-7-1 du code du travail ;
4. possibilités de consignation et repérage précis des installations
électriques sous tension pouvant faire courir aux intervenants le rôle du CHSCT de l’entreprise extérieure : articles R. 4514-8 à
un risque d’électrocution souvent inapparent, R. 4514-10 du code du travail ;
5. identification exhaustive des récipients et des canalisations et, pour les entreprises Seveso seuil haut, dans les articles L. 4523-1
contenant des produits dangereux, à L. 4523-17 et R. 4523-1 à R. 4523-17 du code du travail. Dans ces entre-
6. repérage des poches de produits dangereux, liquides, gaz, prises, la coopération entre les chefs de l’entreprise utilisatrice et des
vapeurs ou poussières, pouvant s’accumuler dans certaines entreprises extérieures doit être renforcée en matière d’évaluation et
parties des installations, d’organes ou dans des caniveaux, de gestion des risques si l’intervention prévue présente des risques
notamment aux points bas, le risque le plus important étant particuliers liés à la nature ou à la configuration de l’installation.
l’inflammation de ces produits,
7. évaluation des risques d’explosion par réaction chimique ou Le CHSCT de l’entreprise utilisatrice sera élargi à une représenta-
par inflammation de gaz, de vapeur, de liquides ou de solides tion des chefs d’entreprises extérieures et de leurs salariés et se
finement divisés, réunira au moins une fois par an et dès que s’est produit un acci-
8. évaluation des risques de brûlures thermiques par l’implanta- dent du travail dont la victime est une personne extérieure inter-
tion impropre ou l’isolation insuffisante de canalisations ou de venant dans l’établissement.
récipients véhiculant ou contenant des produits chauds, par
exemple, 4.2. Formation du personnel de maintenance
9. évaluation des risques de brûlures chimiques par des fuites et d’entretien
aux joints et aux accessoires, notamment aux vannes et aux
soupapes, La formation et l’information seront dispensées dans le respect des
10. nombre, répartition ou implantation et identification précise principes généraux de prévention :
des prises de fluides de service (courants électriques, air com- pour le personnel de l’établissement : articles L. 4141-1 à L. 4143-1.
primé, azote, vapeur…). L’attention est tout particulièrement et R. 4141-1 à R. 4141-20 du code du travail ;
attirée sur la différenciation desdites prises car, lorsqu’est pré-
vue une alimentation d’appareils de protection respiratoire à pour le personnel des entreprises extérieures intervenant au sein
adduction d’air, une confusion de raccordements peut être d’une entreprise utilisatrice : article R. 4512-15 du code du travail.
fatale. L’EU s’assurera que le personnel de l’EE amené à intervenir dans
l’EU a bien reçu, sous la responsabilité de son employeur, une for-
mation à la sécurité dont le niveau doit être adapté au contenu des
La qualité de l’air respirable fourni pour les appareils de protection missions confiées à ce personnel.
respiratoire à adduction d’air sera particulièrement contrôlée :
la norme EN 12021 précise notamment les teneurs acceptables en En complément de la formation qui a été dispensée aux salariés
huile, l’humidité, etc. L’intérêt d’utiliser des cadres mobiles de par l’EE, la personne chargée par l’EU de leur accueil assurera une
bouteilles d’air respirable livrables à proximité des installations information sur les risques inhérents aux missions à exécuter ainsi
à alimenter plutôt que des compresseurs d’air comprimé (ins- que sur les risques généraux liés à l’interférence des activités de
tallation centralisée ou compresseurs mobiles) est souligné. l’EU et de l’EE.
Dans le cas d’utilisation de compresseurs, la qualité de l’air
Les travailleurs temporaires et les stagiaires en entreprise bénéfi-
délivré sera vérifiée régulièrement (kits de contrôle, orga-
cient de la même formation que celle dispensée au personnel de
nismes de contrôle…). L’emplacement de ces compresseurs sera
l’entreprise qui les emploie (EE ou EU).
également étudié avec attention de façon à éviter que des
composés toxiques ne soient introduits dans l’air comprimé. La formation devra porter notamment sur tous les points identifiés
comme sensibles lors de l’évaluation des risques ; la liste non

Recommandation R 448 3
exhaustive figurant au chapitre 3 (« Conception ») peut servir de temps nécessaire à la réalisation des tâches, en fonction de ces
base en insistant sur : contraintes.
les risques liés aux appareillages nouveaux : l’évolution technique Le personnel devant utiliser des équipements de protection indivi-
entraîne la mise en œuvre d’appareils nouveaux, peu ou pas duelle bénéficie d’une information appropriée et d’une formation
connus du personnel d’entretien. Elle exige donc une formation et adéquate, renouvelée aussi souvent que nécessaire pour que
une information permanentes ; l’équipement soit utilisé conformément à la consigne d’utilisation.
les risques électriques, électrostatiques, atmosphères explo-
sives… : un exemple important est celui des risques électriques 4.3.3. Comme pour l’outillage, le maintien de l’équipement de pro-
et électrostatiques car tout le personnel occupé à des travaux tection, même le plus simple comme les gants ou les tabliers, en
d’entretien ou des travaux neufs, et pas seulement les électri- état permanent de propreté et d’efficacité doit faire l’objet de véri-
ciens, peut être confronté à ce type de risque. Les personnes res- fications périodiques.
ponsables des services Entretien et Sécurité et des entreprises
intervenantes devront veiller notamment au respect des disposi- 4.4. Surveillance médicale
1
tions du décret du 14 novembre 1988 lorsqu’il s’agit d’entretenir
ou de réparer les réseaux internes de distribution ou les appareils En fonction des résultats de l’évaluation des risques, le chef d’éta-
alimentés en énergie électrique. Dans le cadre de la réglementa- blissement détermine les postes de travail ou les tâches nécessi-
tion « ATEX » (atmosphères explosives), le chef de l’entreprise tant une surveillance médicale renforcée (SMR). Il transmet la liste
utilisatrice est responsable, entre autres, de la formation et de des personnes relevant d’une SMR au médecin du travail qui met
l’information de son personnel et de celui des entreprises exté- en place cette SMR.
rieures, notamment pour toute intervention dans une zone à La participation du médecin du travail de l’entreprise utilisatrice (EU)
risque d’explosion. Par ailleurs, il doit prendre toute disposition à la surveillance médicale du personnel d’une entreprise extérieure
pour que les matériels ATEX sur lesquels a lieu une intervention (EE) est prévue dans certaines conditions et fait l’objet du point 8 de
lui soient restitués dans la même catégorie que celle d’origine ; la recommandation R 429, Recours aux entreprises extérieures.
les chutes de hauteur : ce risque est toujours présent et peut être
mortel. Il s’agit par conséquent de rendre le personnel conscient 4.5. Cas particulier des espaces confinés
des dangers auxquels il peut être exposé et des mesures de préven-
tion à prendre ; Pour assurer convenablement cette protection, on appliquera les
dispositions de la recommandation R 435, Cuves et réservoirs.
les risques chimiques : le personnel de maintenance a générale-
ment au moins une connaissance de base des risques physiques 4.5.1. Le principe essentiel de sécurité consiste à donner la priorité
(mécaniques, électriques…). En revanche, sa connaissance des à l’intervention sur un appareillage arrêté, vidé et préalablement
risques chimiques est souvent lacunaire. Sur la base de l’évaluation nettoyé.
des risques qui aura été réalisée (cf. recommandation R 409,
Évaluation du risque chimique), il convient donc de sensibiliser ce 4.5.2. L’attention est attirée sur le fait que les conditions peuvent
personnel aux risques particuliers des lieux dans lesquels il inter- évoluer au cours des travaux. Il faut donc en tenir compte dans
viendra et de le former à l’utilisation ainsi qu’aux équipements de l’évaluation des risques.
prévention (collective et individuelle) qu’il devra mettre en œuvre
lors de ses interventions.

4.3. Choix et utilisation des équipements 5. TRAVAUX NEUFS


de protection
On donnera priorité aux équipements de protection collective. 5.1. Généralités
Dans la majorité des cas, l’aspect « sécurité » du projet est partie
4.3.1. Les équipements de travail et les équipements de protection intégrante du dossier d’investissement. Certaines sociétés possèdent
sont choisis, utilisés et maintenus en état de conformité dans le des règles ou règlements techniques de sécurité concernant l’élabo-
respect des dispositions du code du travail. ration d’un projet d’unité puis sa construction. Si tel n’est pas le cas,
On prêtera une attention particulière : on utilisera a minima les contraintes imposées par la réglementa-
tion, ainsi que les recommandations figurant dans ce document.
aux équipements de travail servant au levage des charges ;
Cet éclairage « sécurité » du projet doit couvrir non seulement le
aux équipements de travail mobiles ; futur procédé et les matériels et personnels qui y seront présents,
aux travaux temporaires en hauteur et aux équipements utilisés mais aussi toute la phase initiale de construction de la nouvelle
à cette fin, dont les échafaudages. installation, qu’il s’agisse d’une extension ou d’un procédé nouveau.
On rappelle ci-dessous quelques généralités importantes concer-
4.3.2. L’équipement de protection individuelle ne doit intervenir nant ce type de projet.
qu’en complément des équipements de protection collective. Dans
Pour la construction d’une nouvelle unité de production indus-
le cas d’intervention d’entreprises extérieures, son choix et son uti-
trielle, le choix du lieu d’implantation est primordial. En dehors des
lisation sont précisés dans le plan de prévention.
préoccupations habituelles liées aux contraintes économiques,
Les équipements de protection individuelle (EPI) doivent assurer un à l’approvisionnement en matières premières ou aux circuits de
confort et une liberté de mouvements suffisants. Mais quels que distribution des produits finis, il est important de bien analyser en
soient ce confort et cette liberté de mouvements relatifs, les équi- amont les contraintes pouvant survenir du fait de l’état des sols,
pements de protection individuelle constituent toujours une surtout dans le cas d’une exploitation industrielle antérieure.
contrainte (modification du champ de vision, sensation de chaleur, Il faut tenir compte également des conditions naturelles locales
par exemple). Il faut en tenir compte lors de l’établissement du (vent, risques d’inondation, voire risques sismiques) qui peuvent
plan de travail et donc, en particulier, évaluer correctement le entraîner des surcoûts importants, peser très fortement sur la

1. Ce décret est en cours de révision et sera remplacé par trois décrets, chacun avec son champ d’application.

Recommandation R 448 4
sûreté d’exploitation et par là sur la sécurité des futurs exploitants. Dans ce dernier cas, il est nécessaire d’anticiper les pannes ou les
incidents éventuels et de prévoir les moyens de pallier toute rup-
Dans le cas des travaux neufs, l’intégration de la sécurité dès la
ture d’alimentation pouvant entraîner des risques pour la sécurité
conception est plus aisée que pour des opérations de maintenance.
des personnels du chantier, ou inversement tout dysfonctionne-
On s’attachera donc à faire un examen le plus exhaustif possible
ment au sein du chantier qui pourrait entraîner des conséquences
des risques encourus lors du chantier et à déterminer les mesures
néfastes sur l’installation en exploitation.
de prévention nécessaires à la protection de la santé et de la sécu-
rité des intervenants. Si les travaux neufs sont réalisés à proximité d’une installation à
risque, le projet devra prévoir les systèmes d’alerte et de mise en
Pendant cette phase préalable à la réalisation, tous les services de
sécurité des personnels du chantier, en cas d’accident ou d’incident
l’entreprise concernés par le projet seront impliqués (Fabrication,
survenant sur l’installation en marche, par exemple fuites de gaz,
Sécurité, Maintenance, service médical, service Analyses,
2 incendie, etc.
Environnement…), par exemple lors de réunions « What-If » .
Il en sera de même en ce qui concerne les risques pour l’installation
Le CHSCT y sera associé conformément à la réglementation en
en exploitation pouvant survenir du fait de l’existence du chantier,
vigueur, ainsi que les entreprises extérieures sélectionnées pour la
notamment lors des phases délicates de démarrage.
construction.
Des visites régulières du chantier, au fur et à mesure de son avan-
cement, permettront de corriger immédiatement des anomalies
5.3. Travaux neufs réalisés dans une installation
qui n’auraient pas été remarquées lors de l’élaboration du projet.
existante
Si l’installation où s’effectuent les travaux neufs est à l’arrêt et en
La phase de construction pourra avantageusement être mise à
sécurité pendant toute la durée des travaux, on est ramenés à la
profit pour former les futurs personnels d’exploitation, de mainte-
configuration précédente et l’on pourra opérer comme s’il s’agis-
nance ou d’analyse et leur permettre d’acquérir une parfaite
sait d’un chantier clos et indépendant.
connaissance des lieux, des matériels et des procédures, limitant
ainsi les risques futurs. On utilisera pour cela les visites régulières Il n’en va bien évidemment pas de même si l’installation est en
en cours de chantier et les schémas, plans, maquettes si elles marche, même réduite, ou si la mise en sécurité totale de l’instal-
existent, ainsi que les procédures d’exploitation et d’intervention lation n’a pas pu être effectuée, quelles qu’en soient les raisons.
élaborées pour les exploitants, les personnels de maintenance ou Dans ces configurations, il y a lieu de tenir compte de la coactivité et
du service d’analyses. des risques réciproques dus à la juxtaposition chantier/installation.
Un contrôle des connaissances pourra être mis en place, ainsi Un examen complet d’évaluation objective des risques devra donc
éventuellement qu’une procédure d’habilitation du personnel si être réalisé très en amont et les moyens de prévention et de protec-
les contraintes de sécurité d’exploitation de la future installation tion mis en place préalablement au début du chantier.
le justifient.
Les contraintes de ce type de chantier sont analogues à celles qui
En sus des dispositions communes relatives aux travaux d’entre- existent pour les opérations importantes de maintenance effec-
tien et travaux neufs réalisés dans un établissement relevant du tuées dans des installations en fonctionnement, telles que décrites
CTN E, citées au chapitre 4, l’attention des entreprises est attirée dans le chapitre 6.
sur les spécificités suivantes concernant les travaux neufs.
Deux cas sont à considérer :
la construction d’une installation neuve, isolée d’installations
pouvant préexister sur le site, en plein air ou dans un bâtiment ; 6. TRAVAUX D’ENTRETIEN
l’adjonction à une installation existante d’un ensemble neuf, ou
Ce paragraphe vise exclusivement l’entretien des installations d’un
la mise en place dans une installation de nouvelles structures.
établissement et, en particulier, l’entretien préventif. Une interven-
tion du service Entretien est souvent demandée en urgence à la
5.2. Construction d’une installation neuve isolée suite d’une panne d’un équipement vital pour la production, ce qui
peut être source de risque supplémentaire ou d’accroissement du
Comme il a été précisé au chapitre 1, les textes réglementaires qui
risque.
s’appliquent dans ce cas concernent la coordination des opérations
de bâtiment ou de génie civil sur les chantiers clos et indépendants Pour cette raison, on s’efforcera de prévoir l’entretien préventif pro-
(art. L. 4532-1 à L. 4532-18 et R. 4532-1 à R. 4532-98 du code du travail). grammé et intégré dans la marche normale de l’établissement. Sa
planification, lorsqu’elle tient compte des caractéristiques de
Une attention toute particulière devra être apportée cependant à
chaque équipement devrait supprimer, ou au moins réduire les
la fourniture des fluides nécessaires à la bonne exécution du
pannes nécessitant une intervention d’urgence du service
chantier (eau, électricité…) selon que cette fourniture se fait direc-
Entretien.
tement via les réseaux des fournisseurs, solution qu’il importe de
privilégier, ou qu’elle provient d’une installation en fonctionne- Les dysfonctionnements à caractère répétitif nécessitent une
ment existant déjà sur le site. étude approfondie afin de les régler.

2. Traduction : simulation des conséquences de « Que se passe-t-il si ».

5 Recommandation R 448
La planification de l’entretien préventif, établie d’un commun accord le temps à consacrer aux travaux ;
avec le service Fabrication, permet de prévoir à moyenne échéance :
la suite rationnelle des opérations permettant de mener à bonne
les priorités à adopter ; fin et sans hésitation l’intervention envisagée.
les approvisionnements à déclencher ; L’ensemble de ces éléments, formant le fondement d’un entre-
la préparation minutieuse des travaux au moyen de la docu- tien préventif, constitue un facteur favorisant la sécurité du tra-
mentation technique des appareils et des plans de l’installation vail de l’équipe d’entretien et susceptible de réduire le nombre
dûment tenus à jour ; et la gravité des accidents.
les moyens techniques à mettre en œuvre, notamment les outils Enfin, l’ordre et la propreté sur les lieux de travail et sur les
et les instruments de contrôle spéciaux ; chantiers constituent un élément essentiel de la prévention des
l’effectif nécessaire aux travaux ; accidents du travail.

Bibliographie
Problèmes particuliers liés à la présence d’amiante
et de fibres céramiques réfractaires Norme EN 12021 « Appareils de protection respiratoire – Air
comprimé pour appareil de protection respiratoire isolant »,
L’amiante et dans une moindre mesure plus récemment les 1999
fibres céramiques réfractaires ont largement été utilisés dans
Norme X 60010 « Maintenance – Concepts et définitions des
les installations de l’industrie chimique, en particulier pour des
activités de maintenance », 1994
calorifugeages, dans des joints, etc. Malgré le soin apporté aux
différents recensements imposés par la réglementation, il est Décret n° 88-1056 du 14 novembre 1988 pris pour l’exécution
possible que certains matériaux contenant ces produits n’aient des dispositions du livre II du code du travail (titre III : Hygiène,
pas été identifiés. Avant toute intervention, il est impératif de sécurité et conditions de travail) en ce qui concerne la protection
réaliser un bilan des risques encourus liés à la présence avérée des travailleurs dans les établissements qui mettent en œuvre
ou non d’amiante et de fibres céramiques réfractaires. des courants électriques
Concernant les fibres céramiques réfractaires, sur la base de la Décret n° 2004-924 du 1er septembre 2004 relatif à l’utilisa-
réglementation actuelle, leur substitution par des laines d’iso- tion des équipements de travail mis à disposition pour des tra-
lation haute température doit être privilégiée, en tenant vaux temporaires en hauteur et modifiant le code du travail
compte des conditions d’exploitation (température et condi- (deuxième partie : Décrets en Conseil d’État) (articles R. 4141-15, 16,
tions de remplacement). 18-19, R. 4323-47 et 48, R. 4323-58 à R. 4323-90 du code du travail)
et décret n° 65-48 du 8 janvier 1965
Le traitement en place des fibres céramiques réfractaires sera
réalisé dans des conditions analogues à celui de l’amiante. Recommandation R 409, Évaluation du risque chimique
Pour cela, des équipements de protection individuelle seront Recommandation R 429, Recours aux entreprises extérieures
mis en œuvre. Concernant les appareils de protection respira-
Recommandation R 435, Cuves et réservoirs
toire, l’attention est attirée sur le fait que toute intervention
dépassant quelques dizaines de minutes et/ou impliquant une ATEX. Mise en œuvre de la réglementation relative aux
dépense physique significative ne peut être effectuée de façon atmosphères explosives. Guide méthodologique, INRS, ED 945
satisfaisante avec un appareil de protection respiratoire à ven-
tilation libre du type FFP3. Des masques à ventilation assistée
ou, mieux, à adduction d’air comprimé seront utilisés. Ils vien-
dront en complément des mesures de protection collective ou
de type organisationnel qui seront mises en œuvre : utilisation
de sacs à manches, humidification à cœur des matériaux avant
leur enlèvement, captage des émissions à la source, etc.

Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles
• • • •
30, rue Olivier-Noyer 75680 Paris cedex 14 Tél. 01 40 44 30 00 Fax 01 40 44 30 99 Internet : [Link] e-mail : info@[Link]

Recommandation R 448 1 édition • mars 2010 • 5 000 ex. • ISBN 978-2-7389-1845-1


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