IRM
Rédigé par M. MEKOALE DJAME Cédric
Plan
Introduction
I. Historique
II. Principe
[Link]
[Link] et traitement des images
Conclusion
Objectifs
✓Décrire le principe de l’IRM
✓Connaitre l’appareillage en IRM
✓Connaitre les indications et contre-indications de l’IRM
✓Connaitre les avantages et risques de l’IRM
INTRODUCTION
L'IRM occupe la principale place dans
l'exploration du système nerveux sauf quelques
cas où le scanner peut être réalisé à la place ;
notamment en cas de contre-indication à l'IRM, de
traumatisme et d'inaccessibilité à l'IRM.
L’IRM est une technique diagnostique récente de
la radiologie, non invasive, basée sur le phénomène
physique de résonance magnétique nucléaire (RMN)
des protons de l’eau contenu dans l’organisme.
L’IRM permet une étude morphologique et
fonctionnelle des organes ainsi de connaitre leur
organisation.
I. HISTORIQUE
L’histoire de l’Imagerie par Résonance Magnétique est
fascinante et riche en découvertes scientifiques.
Ces étapes montrent comment l'IRM est passée d'une
simple idée théorique à une technologie médicale essentielle,
avec des améliorations constantes pour fournir des images de
plus en plus détaillées et précises.
❑1938 : Isidor Isaac Rabi découvre le phénomène de Résonance
Magnétique Nucléaire (RMN) ; Origines de la Résonance
Magnétique
❑1940-1950 : Felix Bloch et Edward Mills Purcell développent
des techniques de RMN, ce qui ouvre la voie à l'utilisation
médicale
❑1969 : Raymond Vahan Damadian propose d'utiliser la RMN
pour détecter les tumeurs ; Applications médicales
❑1971 : Paul Lauterbur invente un mécanisme permettant
d'encoder des informations spatiales dans un signal RMN à
l'aide de gradients de champ magnétique
❑1976 : Peter Mansfield perfectionne les techniques
d'acquisition et produit la première image d'un doigt
❑1980 : Adoption clinique, Les premiers appareils IRM
cliniques sont installés et principalement pour l'étude du
corps humain
❑1981 : Introduction des produits de contraste à base de
gadolinium pour améliorer la qualité des images
❑2010-2020 : Les avancées technologiques continuent avec
des champs magnétiques plus puissants, des techniques
d'acquisition plus rapides, et l'intégration de l'intelligence
artificielle pour l'analyse des images
II. PRINCIPES
Le principe de l’Imagerie par Résonance
Magnétique (IRM) repose sur les propriétés
magnétiques des noyaux atomiques, notamment
les protons d’hydrogène présents en grande
quantité dans le corps humain (eau).
▪ Consiste à réaliser des images du corps humain grâce aux
nombreux atomes d'hydrogène qu'il contient .
▪ Placés dans un puissant champ magnétique , tous les
atomes d'hydrogènes s'orientent dans la même direction :
▪ Ils sont alors excités par des Radio-Fréquences (ondes)
produites par l’appareil durant une très courte période .
▪ Émission de Signaux : A l'arrêt de cette stimulation les atomes
reviennent à leur alignement initial en restituant l’énergie
accumulée ; émettant des signaux Radio-Fréquence qui sont
captés par des récepteurs dans l’IRM
▪ Formation d’image : Captés et transformés en images grâce à
un ordinateur.
Il existe trois étapes dans la RMN
❑Magnétisation
❑Résonnance
❑Relaxation
III. APPAREILLAGE
L'appareillage IRM est composé de plusieurs éléments clés qui travaillent
ensemble pour produire des images détaillées des structures internes du corps.
1. Cage de Faraday
2. Aimant Supraconducteur
3. Bobines de Gradients de Champ Magnétique
4. Antenne de Radiofréquence (RF)
5. Tunnel IRM
6. Ordinateur
1. Cage de Faraday
L’aimant est placé dans une pièce
strictement hermétique dont les parois sont
recouvertes de plaques de cuivre soudés, appelée
la Cage de Faraday ; afin d’éviter les
perturbations liées aux ondes électromagnétiques
ambiantes.
2. Aimant
Il crée un champ magnétique très puissant
et stable, généralement entre 0,5 et 3 Tesla. Ce
champ magnétique aligne les protons des atomes
d'hydrogène dans le corps. L'aimant est au cœur
du fonctionnement de l'appareil IRM.
L'unité de mesure de l'intensité du champ
magnétique est le tesla, dont le symbole est T. Cette
valeur fait référence à l'intensité de ce champ principal.
En 2007, dans le domaine de l'imagerie médicale de
routine, les intensités du champ magnétique utilisé sont
comprises entre 0,1 et 7 teslas,
On distingue selon l'intensité :
•Bas champ : < à 0,5 T ;
•Moyen champ : entre 0,5 T et 1 T ;
•Haut champ : > à 1 T.
Les principales qualités pour un aimant sont :
▪ Un champ magnétique d'intensité élevée afin
d'améliorer le rapport signal sur bruit
▪ Une bonne stabilité temporelle (le champ magnétique
doit être le plus permanent possible)
Ces qualités sont recherchées parmi les trois types
d'aimants disponibles sur le marché :
❑Aimant permanent
❑Aimant résistif
❑L’Electro-aimant supraconducteur.
Aujourd'hui, c'est l'électro-aimant supraconducteur
qui est le plus répandu.
Aimant permanent
Constitué d'une structure ferromagnétique.
Autrefois très lourds (avec les ferrites), ils se sont
allégés avec l'arrivée des alliages à base de terres
rares (Bore-néodyme-fer).
Aimant résistif
L'aimant résistif est un électro-aimant
constitué d'un bobinage de cuivre traversé par un
courant électrique produisant un champ
magnétique en son centre. Ce type d'aimant est
assez peu utilisé depuis l'apparition des électro-
aimants supraconducteurs.
Peu coûteux à la fabrication et ne nécessitant pas de
liquide cryogénique de refroidissement contrairement aux
électroaimants supraconducteurs afin de compenser l'effet
Joule provoqué par la résistivité de la bobine. Avec une
consommation électrique très importante pour alimenter
la bobine en courant et pour alimenter les compresseurs
du circuit de refroidissement.
Electro-aimant supraconducteur.
C’est le type d'aimant le plus répandu, il
utilise le principe de supraconductivité ; il est
constitué d’un bobinage de Niobium-Titane baigné
constamment dans de l’Hélium liquide (près de -
269°C) qui en assure l’état supraconducteur.
Il existe deux types d'IRM en fonction de la
géométrie de l’aimant :
❑L'IRM à champ fermé
❑L'IRM à champ ouvert.
IRM Champ fermé
Configuration la plus répandue et la plus connue ;
il s ’agit d’un tunnel de 60cm de diamètre pour de
2m de long pour les plus anciens et 75cm de
diamètre pour 1,60m pour les récents.
IRM champ ouvert
Apparue après l'IRM fermée, avantageux avec :
• Individus obèses ;
• Individus claustrophobes ;
• Enfants ne pouvant rester seuls ++ minutes sans bouger ;
• Femmes enceintes.
Toutefois, les capacités d'intensité de champ
magnétique offertes par ce type d'IRM restent
habituellement inférieures 0,3 à 0,4T pour les aimants
permanents.
Cependant, il existe actuellement plusieurs systèmes
ouverts utilisant une technologie à supraconducteur, ayant
des champs à 1 et 1,2T. Ces systèmes haut champ ouverts
sont plus difficiles à fabriquer et donc plus chers.
3. Bobine de Gradients
Ces champs magnétiques variables sont
utilisés pour encoder les informations spatiales
dans le signal RMN. Ils permettent de localiser
précisément l'origine des signaux émis par les
protons.
Il s'agit de trois bobines métalliques
enfermées dans un cylindre en fibres de verre et
placées autour du tunnel de l'aimant. On les
nomme respectivement : Bobine X, Bobine Y et
Bobine Z.
En fonction de sa géométrie, chaque bobine fait
varier le champ magnétique selon un axe spécifique :
❑Bobine X selon l'axe droite-gauche
❑Bobine Y selon l'axe avant-arrière
❑Bobine Z selon l'axe haut-bas
4. Antenne de Radiofréquence (RF)
Cette antenne envoie des impulsions de
radiofréquence qui perturbent l'alignement des
protons. Lorsque l'impulsion est arrêtée, les
protons émettent des signaux radio en retournant
à leur position alignée.
Ce sont des bobinages de cuivre, de formes
variables, qui entourent le patient ou la partie du corps à
explorer. Le principe de mesure est le même que pour les
capteurs inductifs, à savoir la mesure d'une tension
induite par la variation du flux. Elles sont capables de
produire et/ou capter le signal de radiofréquence (R.F.).
Ce qui donne dans le cas du noyau de l'hydrogène (proton) :
•Champ de 0,5 T : onde R.F. de 21,3 MHz ;
•Champ de 1 T : onde R.F. de 42,6 MHz ;
•Champ de 1,5 T : onde R.F. de 63,9 MHz.
Les antennes sont très variables et peuvent être
catégorisées de trois manières différentes :
❑Géométrie : volumique et surfacique
❑Mode de fonctionnement : émettrice-réceptrice ou réceptrice
seule (on parle aussi de réceptrice pure)
❑Association ou non de différents éléments d'antennes : linéaire,
en quadrature de phase ou en réseau phasé.
Antennes volumiques
C’est une antenne au centre de laquelle est positionné le
segment à examiner. Elle est soit Emettrice-réceptrice, soit
réceptrice simple.
▪ Antenne corps : située autour du tunnel de l'aimant, Diamètre
70cm, étude des régions allant jusqu’à 50cm de long
▪ Antenne Tète : modulaire de diamètre de 25-30cm
▪ Antenne Genou : modulaire de 22 cm
Antennes surfaciques
Antenne plane positionnée au contact de la
région à explorer, elle est réceptrice simple. En
tant qu'antenne linéaire (utilisée seule), elle ne
permet l'examen que de petits champs
d'exploration.
Association d’antennes
Comme nous l'avons vu précédemment, les
antennes peuvent être utilisées seules ou en
association afin d'avoir un rendu optimum et
permettre le diagnostic :
5. Tunnel IRM
L'appareil IRM se présente sous la forme
d'un large tunnel ouvert des deux côtés, dans
lequel le patient est allongé ou assis pendant
l'examen. Son diamètre varie très légèrement en
fonction des constructeurs et des modèles mais est
approximativement de 70 cm.
Il a des fonctions de confort (comme l'éclairage et la
ventilation) et des moyens de communication entre le
personnel soignant et le patient (microphone et haut-
parleurs).
6. Ordinateur
L'ordinateur traite les signaux reçus et les
transforme en images détaillées grâce à des
algorithmes complexes.
IV. Acquisition et Traitement
La formation de l’image IRM repose sur l’interaction d’un
champ magnétique Bo et d’une radiofréquence RF sur
l’orientation des atomes d’hydrogène (Protons).
▪ L’aimant oriente tous les protons dans une même direction
▪ L’onde RF écarte ces protons de cette direction
A l’arrèt de l’émission de cette onde RF, les protons
reprennent leur position d’équilibre dans le champ
magnétique (Relaxation) ; en redonnant de l’énergie qui est
analysée dans un axe parallèle au champ magnétique
(Relaxation Longitudinale ou T1) ou un axe
perpendiculaire au champ magnétique (Relaxation
Transversale ou T2)
Le processus d'acquisition et de traitement
des images par IRM est une combinaison
sophistiquée de techniques physiques et
informatiques.
❑Préparation du Patient
Positionné sur une table mobile qui se déplace dans le
tunnel d’IRM.
❑Application du Champ Magnétique Aimant
Aligne les protons principalement les atomes
d'hydrogène dans le corps du patient.
❑Impulsion de Radiofréquence (RF)
Une antenne envoie des impulsions RF qui perturbent
l'alignement des protons,; lorsque ces impulsions s'arrêtent,
les protons retournent à leur alignement initial émettant des
signaux RF.
❑Bobines de Gradient du Champ Magnétique
Peuvent être placées autour de la zone du corps à imager
pour améliorer la qualité des signaux permettant de coder
spatialement les signaux, aidant à localiser leur origine précise
dans le corps.
❑Réception des Signaux
Emis par les protons, captés par des récepteurs et
transmis à un ordinateur.
Traitement des Images
❑Transformation de Fourier
Les signaux captés, qui sont des données
brutes, subissent une transformation de Fourier
pour convertir les signaux de fréquence en images
spatiales.
❑Reconstruction des Images
Les données transformées sont reconstruites en
images 2D ou 3D des structures internes.
❑Post-Traitement
Les images peuvent être traitées pour améliorer la
clarté, ajuster les contrastes, ou effectuer des mesures
précises des structures anatomiques.
❑Analyse et Diagnostic
Les images produites sont analysées par des
radiologues et d'autres spécialistes pour diagnostiquer,
surveiller des maladies, et planifier des traitements.
Différentes séquences d'IRM (T1, T2, diffusion, etc.)
peuvent être utilisées pour mettre en évidence divers types
de tissus et anomalies.
Séquences élémentaires d’IRM
❑T1
❑T2
❑FLAIR
❑STIR
❑Diffusion
❑Perfusion
❑Séquence T1
Elle donne une image anatomique
La SG est grise, la SB est blanche, le LCS est noir, la
graisse est blanche.
L'injection d'agent de contraste se fait sur la séquence
pondérée en T1, permettant de rechercher une prise de
contraste anormale
❑Séquence T2
Le contraste est inversé par rapport à la séquence
T1
La SG est blanche, la SB est grise, le LCS est blanc,
la graisse est blanche
❑Séquence FLAIR (Fluid Attenuated Inversion Recovery)
C'est une séquence pondérée en T2, obtenue par
inversion récupération (IR) avec annulation du signal de l'eau
pure, les espaces sous-arachnoïdiens, et le contenu des
ventricules est noir.
Elle permet une bonne différenciation entre tissus sain
et pathologique, surtout dans les régions périventriculaires
❑STIR (Short T1 Inversion Recovery)
C'est une technique ajoutée à la séquence de base T1/T2,
permettant d'annuler l'hypersignal de la graisse qui apparaît
en hyposignal.
Elle devient inopérante en présence de corps métallique.
❑Séquence de Diffusion
C'est une séquence très intéressante, reflétant le
mouvement de l'eau qui peut être altéré dans les œdèmes
cytotoxiques, en particulier en cas d'accident vasculaire cérébral
ischémique (AVCI) récent, responsable d'une restriction de la
mobilité et de la diffusion des molécules d'eau à l'origine d'un
hypersignal à l'imagerie.
❑Séquence de Perfusion
Technique utilisée essentiellement en cas de pathologie
ischémique artérielle aiguë. Elle nécessite l'utilisation de
séquences pondérées en T2 EG avec injection de gadolinium en
bolus.
Elle permet l'analyse du volume sanguin, du flux sanguin,
du temps de transit moyen et du temps d'arrivée du bolus. La
comparaison se fait avec une zone saine.
Artéfacts
L'IRM comme toutes les autres techniques d'imagerie
médicale, n'échappe pas à la constitution de fausses images : les
artéfacts qui sont des images observables qui n'ont, pour la
plupart, pas à proprement parler de réalité anatomique. Ils
peuvent être évités ou minimisés en modifiant certains
paramètres d'acquisitions ou de reconstructions.
❑Artéfacts de mouvement
Les plus fréquemment rencontrés, il y a deux types de
mouvements rencontrés :
▪ Les mouvements périodiques : Respiration, BDC et Flux sanguins
▪ Les mouvements apériodiques : Mouvements du patient,
Mouvements oculaires, Déglutition, le péristaltisme digestif etc.
Ils ont pour conséquence la dispersion du signal : image floue
de la structure en mouvement.
❑Artéfacts de reconstruction
Liés au problème de numérisation du signal
(échantillonnage). Ainsi, si un pixel intersecte plusieurs
objets, son niveau de gris sera une combinaison des
niveaux de gris issus de chacun des objets traversés.
❑Artefacts de champ magnétique
❑Artéfacts d’impulsions de radiofréquence
Indications et Contre-Indications
❑Indications
▪ Pathologies tumorales
▪ Pathologies infectieuses
▪ Pathologies inflammatoires
▪ Pathologies vasculaires
▪ Pathologies malformatives
❑Contre-indications
❖Absolues
✓Pacemaker
✓Valves cardiaques
✓Corps étrangers occulaires
❖Relatives
✓Prothèses auditives
✓Clips vasculaires
❖Autres
✓Artéfacts (prothèses ostéoarticulaires)
✓Claustrophobie
✓Obésité +++140Kgs
✓Etat du patient
Avantages et Risques
❑Avantages
▪ Images morphologiques et fonctionnelles
Fournit des images détaillées des tissus
mous, des organes, et des structures internes sans
besoin de chirurgie.
▪ Absence d’irradiation
Utilise des champs magnétiques et des ondes
radio au lieu de radiations ionisantes,
contrairement aux rayons X ou aux scans CT.
▪ Diagnostic Précoce et Précis
Très efficace pour détecter et diagnostiquer
des anomalies et des maladies, comme les
tumeurs, les lésions cérébrales, et les maladies
cardiaques.
❑Risques
▪ Implants Médicaux
Les patients avec des implants métalliques
(comme des pacemakers) peuvent être à risque car
le champ magnétique puissant peut interagir avec
ces dispositifs.
▪ Claustrophobie
Certaines personnes peuvent se sentir anxieuses ou
claustrophobes à l'intérieur du tunnel étroit de l'IRM.
▪ Bruyant
L'IRM peut être bruyante, bien que des bouchons
d'oreille ou des écouteurs soient généralement fournis.
▪ Coût et Accessibilité
L'IRM peut être coûteuse et n'est pas
toujours rapidement disponible, surtout dans les
régions avec des ressources médicales limitées.
Conclusion
L’IRM est une technique diagnostique récente de
radiologie médicale qui repose principalement sur les
propriétés magnétiques des atomes d’hydrogène.
L’IRM permet une étude morphologique et fonctionnelle
des organes ainsi de connaitre leur organisation tissulaire.
C’est un examen anodin si on respecte les contre-
indications