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Introduction à l'Éthique et Morale

Le document présente un cours d'initiation à l'éthique, mettant en lumière l'importance des valeurs humaines et des principes qui régissent la conduite sociale. Il aborde la distinction entre éthique, morale et déontologie, ainsi que les différentes branches de l'éthique et leur rôle dans la société. Enfin, il traite des dilemmes éthiques, illustrant comment les conflits de valeurs peuvent influencer les décisions individuelles.

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Introduction à l'Éthique et Morale

Le document présente un cours d'initiation à l'éthique, mettant en lumière l'importance des valeurs humaines et des principes qui régissent la conduite sociale. Il aborde la distinction entre éthique, morale et déontologie, ainsi que les différentes branches de l'éthique et leur rôle dans la société. Enfin, il traite des dilemmes éthiques, illustrant comment les conflits de valeurs peuvent influencer les décisions individuelles.

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INSTITUT SUPERIEUR DE TECHNOLOGIE AVANCEE ET DE MANAGEMENT

B.P : 3223 Douala – Tel. (237) 33 42 57 – 33 41 19 92

GESTION 1 TRONC COMMUN

DROIT ET ETHIQUE
NGAMBEKET Emmanuel Latendresse

Docteur en Droit
Collaborateur d’Avocat
Chef de Département de Droit
Email : [email protected]

COURS D’INITIATION A L’ETHIQUE

DESCARTES disait au XVIIe siècle: « Le bon sens est la chose du monde la mieux
partagée »(…) « la puissance de bien juger et distinguer le vrai d’avec le faux, qui est
proprement ce qu’on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les
hommes. » Cela veut dire que chaque être humain quelle que soit sa situation géographique,
historique, sociopolitique et professionnelle en a reçu de façon équitable. Le contenu de la
raison a révélé progressivement un ensemble de valeurs intrinsèques qui, au fil du temps, ont
permis sans doute, de tendre, d’une certaine manière, à une perfection de la conduite humaine
dans la société. Ainsi, la société moderne semble être celle qui est dotée de plus de principes et
de lois.
Ces lois et ces principes ont pour objectif de réguler les actions humaines. Ce qui
suppose qu’en principe notre société devrait être exempte de tous les maux et les calamitées
qu’elle connaît aujourd’hui. Or, le tableau est tout autre. Les valeurs fondamentales ont disparu
de nos sociétés pour laisser libre cours à la dépravation des mœurs, à l’injustice, la guerre, aux
conflits sociaux, à la violation des droits de l’homme, et surtout, au non-respect de la dignité
humaine. La science par excellence qui étudie les valeurs a priori de l’être humain est l’éthique.
Actualisée, l’éthique se présente comme la science qui peut sans doute, redorer le blason des
valeurs humaines perdues. Elle pose, à la fois les critères et le but de l’action humaine qui
pourraient diverger d’une conception à une autre et d’une société à une autre.
Mais qu’est-ce que l’Ethique et quel est le vocabulaire lié à cette thématique ? Y’a t’il
démarcation entre Ethique et morale ? Quels sont les champs de l’Ethique et son rapport à la
déontologie ? Qu’est-ce que un dilemme Ethique et comment l’aborder ? L’Ethique a-t-elle sa
place dans la société ? Ce sont autant de questions auxquelles notre étude s’évertuera de
répondre.

I- LES SOURCES DE L’EDUCATION CIVIQUE ET DE L’ETHIQUE

Il existe diverses sources d’une bonne conduite sociale :


 La règle religieuse (fondée sur la Bible pour les chrétiens, le coran pour les musulmans,
les usages ancestraux pour les animistes) ;
 La règle morale (dont le non-respect est sanctionné par le juge intérieur qu’est la
conscience humaine) ;
 La règle de bienséance (règles de politesse, de courtoisie, de jeu) ;
 La règle de droit (qui, à la différence de toutes les autres règles, peut donner lieu à la
sanction de l’autorité étatique en cas de non-respect).
Dans le cadre de ce cours, la règle de droit, encore appelée droit objectif ou règle
juridique est la source principale du comportement à adopter dans la société. Pour savoir ce qui
est permis et ce qui est interdit à un citoyen de faire, nous nous référerons aux lois nationales et
internationales applicables au Cameroun :
 La Constitution du 18 janvier 1996 modifiée en 2008, qui crée l’État, la Nation ;
consacre les emblèmes, les libertés et les droits du citoyen ;
 Les Conventions internationales dûment ratifiées ;
 Les lois et ordonnances ayant force de lois (exemple des lois de 1990 sur les libertés,
l’ordonnance sur le grand banditisme) ;
 Les règlements.
Au-delà de la règle juridique, les règles morales codifiées pour mener à bien une activité
professionnelle et appelées déontologie seront utilisées. Le Code d’éthique de l’Administration
publique camerounaise est cependant encore en cours d’élaboration. Mais les codes déjà
adoptés dans certains corps de métier1 ou ceux prescrivant la bonne gouvernance et l’éthique
d’entreprise inspireront la réflexion.

II- DEFINITION DU TERME ETHIQUE

Le mot éthique vient du Grec « Ethos » qui signifie usage (coutume), manière de vivre.
C’est une branche de la philosophie qui s’intéresse aux comportements humains et, plus
précisément, à la conduite des individus en société. Pierre REVERDY (1889-1960, Le livre de
mon bord, 1948) arrive à dire que : « l’éthique est l’esthétique du dedans ». L’éthique renvoie
dès lors aux valeurs et aux principes moraux qui sont à la base du comportement humain. Elle
ne se confond toutefois pas à plusieurs notions voisines.

1
Exemple : Code de déontologie des fonctionnaires de la sûreté nationale (décret n° 2012/546 du 19 novembre
2012) ; Code d’éthique et de déontologie de la Cameroon Civil Aviation Authority ; Code d’éthique et de
déontologie des personnels en service dans les stations ; Code de déontologie des pharmaciens ; Code de
déontologie des médecins (décret n° 83/166 du 1 avril 1983).
A- DISTINCTION ÉTHIQUE ET MORALE

Le mot éthique se confond le plus souvent avec la morale. En effet, l’étymologie


« ethikos » signifie moral. Cependant, l’éthique a de nos jours une connotation moins péjorative
que le terme « morale », car plus théorique ou philosophique. Tandis que la morale est un
ensemble de règles ayant un caractère universel, irréductible voire éternel, l’éthique s’attache
aux valeurs et se détermine de manière relative dans le temps et dans l’espace, en fonction de
la communauté humaine à laquelle elle s’intéresse.

La morale est ce que l’on fait par devoir (en mettant en œuvre la volonté) et l’éthique
est ce que l’on fait par amour (en mettant en œuvre les sentiments), André COMTE-
SPONVILLE, dans le livre d’Albin MICHEL, Le capitalisme est-il moral ?

B- DISTINCTION ÉTHIQUE ET DEONTOLOGIE


La déontologie est l’ensemble des règles établies par les membres d’une profession pour
mener à bien leurs activités. C’est en d’autres termes l’éthique professionnelle. Tandis que la
déontologie est obligatoire dans la mesure où les codes de déontologie peuvent prévoir des
sanctions étatiques (généralement les sanctions disciplinaires et/ou pénales) pour leurs
membres qui violent les règles établies, l’éthique en général n’est pas assortie de sanction
étatique.

1- La déontologie
Le terme « déontologie » vient du grec (deontos) qui veut dire « devoir ». Dans son sens
courant, il renvoie aux obligations que des personnes sont tenues de respecter dans leur
travail. Il peut s’agir de travailleurs d’une même profession, de personnes au service d’un
même employeur ; de gens exerçant des fonctions professionnelles semblables ; ou encore
de travailleurs d’un même secteur.
Les obligations partagées par un groupe reflètent des valeurs ou des principes jugés
fondamentaux. On les consigne parfois en code de déontologie. Aussi appelé « la morale
professionnelle ». Bien que très présente dans divers milieux professionnels, beaucoup de
travailleurs ne sont pas encadrés par des codes.
2- Les fonctions de la déontologie
Les codes, généralement fixés par les ordres professionnels, exercent deux
fonctions principales : - Protéger le public - Préserver la réputation des travailleurs. Ces
deux valeurs sont menacées lors d’une effraction à un code. Mais lors d’une effraction
nous nous trouvons dans un cas de dilemme éthique. Celui-ci peut être tranché par le
code de déontologie, mais ce n’est pas toujours le cas. Alors c’est quoi un cas de
dilemme éthique et comment l’aborder ?
III- REGLES GENERALES SUR L’ÉTHIQUE
A- LES DIFFERENTES BRANCHES DE L’ETHIQUE
 La métaéthique. Étudier l’origine, la signification et les caractéristiques des principes
éthiques et des jugements moraux. Certains des problèmes fréquents de la métaéthique
sont le problème de l’être et du devoir être, l’existence ou non du libre arbitre, etc.

 L’éthique normative. Étudiez les critères normatifs de la morale. Cela fonctionne avec
ces préceptes qui déterminent quand un comportement est éthique et ce qui est bien et
mal. En général, elle se développe à partir de trois approches différentes : le
conséquentialisme, la déontologie et l’éthique de la vertu.

 L’éthique appliquée. Étudier les principes de l’éthique appliqués aux problèmes et


intérêts quotidiens et concrets, c’est-à-dire réfléchir aux problèmes spécifiques de la
société d’un point de vue éthique.

B- LES PRINCIPES DE L’ETHIQUE

Les principes peuvent varier en fonction de la culture et sont divisés en quatre catégories :

 Le respect de la dignité humaine et des droits fondamentaux : fait référence au


respect de la vie, de la liberté et de la sécurité d’une personne, ainsi que le respect des
droits fondamentaux tels que la liberté d'expression.

 La responsabilité et l’intégrité : fait référence à la prise de décisions justes et


équitables; d'être honnête et transparent dans ses actions.

 La bienfaisance nous oblige à éviter de faire du mal à autrui, par conséquent, d’agir
pour le bien-être d’autrui.

 La justice et l'équité exige que nous traitions tout le monde de manière juste et
équitable, sans distinction de sexe, de race, de classe, de capacité, etc.

C- ROLE ET IMPORTANCE DE L’ETHIQUE


L'éthique joue un rôle fondamental dans notre vie quotidienne en nous aidant
à déterminer ce qui est juste et moralement correct. C'est une boussole qui nous guide dans
nos actions et nos décisions instantanées, en veillant à ce que nous traitions les autres avec
respect et dignité. L'éthique nous permet de construire des relations positives et durables avec
les autres, et de vivre en harmonie avec nous-mêmes et notre environnement.

Mais ce n'est pas seulement une question de relations personnelles. L'éthique est
également importante dans les milieux professionnels, où elle aide à établir des normes
équitables et éthiques pour les employeurs et les employés. Cela peut inclure des questions
telles que la protection des droits des travailleurs, la prévention des conflits d'intérêts et la
promotion de la transparence et de la responsabilité.

L'éthique est un outil indispensable pour éduquer et transporter les individus et les
sociétés vers un avenir plus juste et équitable. C'est une source de paix intérieure et de
satisfaction personnelle, ainsi qu'une garantie de relations positives et durables avec les autres.
IV- LE DILEMME ÉTHIQUE
A- QU’EST-CE QU’UN CAS DE DILEMME ETHIQUE ?
Un cas de dilemme éthique est une situation spécifique ou des individus se trouvent face
à un « conflit de valeurs ». Il s’agit de situations ou les valeurs et les principes entrent en
opposition et rendent les décisions difficiles. Dans un dilemme éthique l’individu se trouve
divisé entre de principes ou des valeurs auxquels il accorde de l’importance. Les dilemmes
éthiques comportent en elles des enjeux éthiques.
B- ETUDE DE QUELQUES CAS DE DILEMMES ETHIQUES
CAS PRATIQUE
Si je cache à ma conjointe que j’ai eu une aventure, j’agirai de façon malhonnête ; mais
si je lui avoue, elle risque de me quitter et le divorce brisera notre famille.
TRAITEMENT DU CAS

 Présenter les valeurs en conflit et faire ressortir les choix qui s’offrent.
Dans ce cas les valeurs d’honnêteté et de solidarité familiale entrent en conflit parce
qu’elles suggèrent d’agir de deux façons différentes : si l’époux adultérin agit en fonction de
l’honnêteté, il avouera son adultère ; mais s’il agit en fonction de la valeur de solidarité
familiale, il ne l’avouera pas.

 Faire ressortir les bonnes choses à faire en fonction des valeurs qui pourront être
d’éventuelles possibilités.
Si l’honnêteté l’emporte sur la solidarité familiale, la bonne chose à faire est d’avouer
son adultère. Si la solidarité familiale prime sur l’honnêteté, ne pas avouer serai la conduite à
suivre.

CONCLUSION
« Le droit décide, la morale commande, l'éthique recommande ». Cette pensée du
philosophe Marc-Alain Descamps a le mérite de distinguer les trois facteurs qui déterminent la
légitimité d'une action.
 Le Droit décide : Le droit a force de loi ultime. Quels que soient les deux seconds
facteurs, c'est le droit qui déterminera la légitimité ou non d'une action.

 La morale commande : Elle constitue la force de ce qui est considéré comme le bien
par la collectivité et son poids historique. Elle porte le poids du « groupe ».

 L'éthique recommande : Elle représente ce que l’individu pense être juste.

Elle dessine la morale personnelle de l’individu conforme à ses propres valeurs. Elle n'a
de valeur qu'à titre personnel et pour ceux qui les partageraient. L’éthique intègre le mobile des
activités humaines et trouve son fondement dans l’intériorité de l’être.
Elle repose sur des valeurs qui sont de l’ordre de l’être et du bien et elle induit des idéaux
à poursuivre, des principes désignant une orientation fondamentale. L’éthique renvoie à une
réflexion philosophique par rapport à nos valeurs.

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