Exploration minière : Tome 4
Exploration minière : Tome 4
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Exploration minière
Tome 4
Février 2017
Réseau d’Excellence Mine & Société (Mines ParisTech, Mines Nancy, Ecole Nationale
Supérieure de Géologie, Mines d’Alès)
Coordination : Philippe Kister
Rédacteurs : Hossein Ahmadzadeh, Jean-Alain Fleurisson, Damien Goetz, Philippe Kister,
Yann Gunzburger, Michel Jébrak, Brice Laurent, Jack-Pierre Piguet, David Salze.
Charles N., Bailly L., Urien P., Labbé J.-F. (2017) – Exploration minière. Collection « La mine en
France ». Tome 4, 35 p., 10 fig., 2 tabl., 1 ann.
Sommaire
1. Généralités ...............................................................................................................................7
1. Généralités
Tableau 1 : Les différents stades et les différentes techniques d’investigation de l’exploration minière. Les
valeurs exprimées en mètres pour les sondages correspondent à des longueurs cumulées.
2. Méthodes et techniques
Dans les zones où les données géologiques et minières sont peu abondantes, une première
étape d’exploration régionale (100 à 1000 km²) dite stratégique sera réalisée afin de mieux
connaître le contexte géologique et d’identifier les indices de surface pouvant permettre de
focaliser les travaux. Dans de nombreux cas, les données existantes sont suffisamment
précises pour se focaliser directement sur des zones de dimensions plus réduites. Au cours de
cette étape, des techniques essentiellement non invasives, seront mise en œuvre à la fois au
sol et dans les airs :
La cartographie géologique consiste à représenter sur un plan (2D) l’ensemble des formations
géologiques présentes et leurs relations les unes avec les autres. Ce travail de terrain est
également l’occasion de prélever des échantillons de roches afin de les analyser pour connaître
leur composition chimique. Une première caractérisation chimique peut être acquise
directement sur le terrain à partir d’outils portables. En effet, le sol en surface est souvent
l’image de son sous-sol, comme en témoignent les éléments chimiques (notamment
métalliques) présents dans les premières dizaines de centimètres, et donnant une indication sur
la nature plus profonde du sous-sol. Ces études peuvent être complétées au laboratoire par un
examen au microscope de fines tranches de roche (lame mince) afin de caractériser les
minéraux présents.
Il est également possible de prélever des sédiments de ruisseaux, des sols, des eaux et de
déterminer leur composition chimique (analyses géochimiques). En effet, certains éléments
chimiques sont susceptibles de voyager dans le sol et dans les eaux et constituent des témoins
indirects d’objets cachés en profondeur. Il est alors possible de dessiner des cartes d’anomalies
géochimiques qui reflètent, dans les cas favorables, la position en profondeur de la substance
recherchée. La prospection géochimique sur sédiments de ruisseaux consiste à prélever des
échantillons d'environ 1 kg d'alluvions fines (boue) dans des lits de ruisseaux. L’échantillon est
séché et tamisé puis envoyé dans un laboratoire pour analyse. Pour les sols, un échantillon
d'environ 1 kg est prélevé entre 10 et 30 cm de profondeur, soit manuellement soit à l’aide
d’une moto-tarière (Figure 1), souvent à intervalles réguliers (maille carrée large 200 x 200 m ou
plus) ou le long de layons régulièrement espacés (typiquement 100 m). L’échantillon est séché,
tamisé puis envoyé dans un laboratoire pour analyses. Ces dernières permettent d’identifier des
Figure 1 : P
Prospection géochimique e à la tarière
e à main en n Vendée (CCliché à gaucche : BRGM M) ou à la
moto-tarière
e sur le perm
mis de Saint-P
Pierre-Montliimart, en Fra
ance (Cliché à droite : Vaariscan Mines
s).
Collection « L
La mine en Frrance » – Tom
me 4 10
Exploration minière
sédiments de ruisseau ou dans des sols sur alluvions ou en fond de vallon. Les mêmes sites ont fait
l’objet d’un prélèvement de la récupération des concentrés de batée pour étude minéralogique des
minéraux lourds. Lambert, A. (1991). Prospection géochimique et alluvionnaire des feuilles de Brice,
Argentat et Saint-Céré, Rapport BRGM DAM/DEX/T2M INV n°319, 203 p.
La caractérisation des minéraux dits lourds peut être également utilisée en prospection dans la
mesure où ces minéraux, peuvent être de bons indicateurs de la nature des roches ou des
gisements dont ils dérivent. En raison de leur densité élevée, de leur résistance au transport et
à l’altération, ces minéraux sont capables d’être transportés par les cours d’eau et de former
des concentrations secondaires ou placers*. La technique consiste à prélever quelques litres (le
plus souvent 8 litres) d'alluvions graveleuses de ruisseaux, et d'en concentrer sur place les
minéraux lourds, à l’aide d’une batée (Figure 3). L’identification des minéraux présents sera
réalisée soit sur place, soit sous un microscope en laboratoire. Les gisements d’or sont
fréquemment explorés avec cette technique. La cassitérite, oxyde d’étain (SnO2), peut former
par ce mécanisme des concentrations économiquement exploitables. Il en est de même de
certains gisements d’ilménite (FeTiO3, minerai de titane), de zircon (ZrSiO4, principal minerai de
zirconium et de hafnium utilisés dans les réacteurs nucléaires), de monazite (phosphate de
terres rares légères).
Les levers géophysiques actifs, qui mesurent les champs électromagnétiques induits par
le sol et le sous-sol en réponse à une excitation électromagnétique. Le dispositif
consiste le plus souvent en une spire qui émet un champ électromagnétique et un
détecteur. Plus coûteux à réaliser que les levers passifs, ils permettent de reconnaître
une superficie plus réduite avec un espacement entre les lignes de vol compris entre
250 à 500 m.
Ces vols sont soumis à la réglementation de l’aviation civile. Souvent réalisés à basse altitude,
ils font l’objet d’un encadrement spécifique (dérogation pour vols rasants) traitant des aspects
de sécurité et de nuisance sonores.
Aucune de ces techniques ne peut à elle seule, donner une réponse unique permettant de
rapidement localiser l’objet recherché. Ce n’est que la combinaison de plusieurs techniques et
l’interprétation des résultats obtenus avec chacune d’elle qui permet de proposer un modèle
géologique.
Dans le cas où des zones intéressantes ont été détectées au cours de la phase d’exploration
stratégique, les travaux d’exploration vont se focaliser sur ces dernières de manière à mieux
comprendre leur origine et leur nature. Cette phase d’identification des cibles de surface, dite
tactique, n’utilise là encore que des techniques non invasives de surface donnant également
une vision en 2D de la zone explorée (1 à 10 km²). Les techniques classiquement utilisées
sont très comparables à celles utilisées dans le stade d’exploration précédent mais vont être
plus détaillées. Les prélèvements en surface de roche, de sol, de sédiments vont être réalisés
suivant une grille régulière avant envoi au laboratoire pour analyses. La distance entre deux
points de prélèvement, relativement importante au départ, va être progressivement réduite de
façon à mieux contraindre les anomalies géochimiques, et augmenter le degré de connaissance
et la confiance dans l’interprétation des résultats.
Si nécessaire, des études géophysiques au sol pourront être réalisées de façon à mieux
visualiser les terrains profonds. Elles sont basées sur le même principe que les études
aéroportées décrites plus haut mais offrent une sensibilité beaucoup plus grande permettant de
détecter des variations beaucoup plus fines. Là encore, il peut s’agir d’enregistrer des
paramètres naturels des terrains (magnétisme, gravimétrie, radioactivité) ou alors de générer
une réponse des terrains suite à une excitation provoquée par des courants électriques ou des
ondes sismiques (Figure 5). Ces mesures sont réalisées à intervalles réguliers (ex. 50 m) le
long de layons (i.e. sentiers rectilignes) régulièrement espacés (ex. 100 m). Ces techniques
sont généralement mises en œuvre sur des surfaces relativement réduites, autours des
anomalies géochimiques par exemple ou encore à travers des structures géologiques plus ou
moins linéaires comme des filons ou des failles potentiellement minéralisées.
Figure 4 : Levé géophysique aéroporté avec le système VTEMTM plus (Versatile Time-Domain
Electromagnetic geophysical system) de Geotech Airborne Lld, avec un hélicoptère de Airwalser.
PER Merléac, en Bretagne (Cliché : Variscan Mines).
Ce stade, qualifié de travaux de subsurface (2,5D), utilise des outils superficiels de la phase
tactique, éventuellement plus en détail, mais également des investigations en sous-sol
immédiat (par tranchées, sondages à la tarière ou puits). Lorsqu'une cible d'exploration a été
identifiée, au moyen d’anomalies géochimiques et/ou géophysiques, il est nécessaire de
connaître sa nature (toutes les anomalies géophysiques ne correspondent pas nécessairement
à un gisement caché), et sa dimension en profondeur. Dans le cas de gisements cachés
proches de la surface (1 à 2 m), des tranchées pourront être réalisées à l’aide d’excavateurs
hydrauliques, comme ceux utilisés pour les tranchées de travaux publics. Des puits
d’exploration de 1 à 1,5 m de largeur ou de diamètre et jusqu'à une dizaine de mètres de
profondeur pourront également être réalisés dans le cas de gisements présentant une faible
épaisseur ou extension verticale. C’est le cas par exemple des gisements de bauxite, minerai
principal d’aluminium, qui se forme généralement sur des surfaces horizontales et dont la
profondeur moyenne est de l’ordre de la dizaine de mètres. Des échantillons peuvent être
prélevés dans les tranchées ou les puits (grand volume, plusieurs tonnes) afin de réaliser des
essais de traitement minéralurgiques en pilote.
-50 N S
Depth (m )
-100
Resistivity (Ohm.m)
-150 H6 50 100
Anomaly ID Abscissa along the line
-0.1 2.4 5.6 13.2 31.2 73.8 174.6 412.7 1500.1 Outcrop on the line Mn intersection in drill hole
Dipole-dipole array D= 25 & 50m Extrapolated outcrop Water level in drill hole
Induced polarization
L1 L2 L3 L4 L5 L6 L7
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500 550 600 650 700 750 800
0
-50
N S
Depth (m )
-100
Polarization (mV/V)
-150
-1 2 4 6 8 10.75 15 21.25 30
Figure 5 : Exemple d’imagerie électrique acquise en exploration : résistivité (en haut) et polarisation
induite (en bas) acquise au cours de l’exploration d’un gisement de manganèse (Source : BRGM). Un
courant électrique est injecté dans les électrodes régulièrement espacées (ici 25 et 50 m) afin de
remonter la résistivité apparente des terrains situés au droit de la zone d’étude. Le profil de résistivité
permet de caractériser la disposition des terrains en profondeur. La polarisation induite permet
l’identification des masses métalliques en profondeur (anomalies rouges et violettes).
Figure 6 : Sondage carotté sur le permis d’Antully (Saône-et-Loire, France) pour le compte de la société
Garrot-Chaillac et carotte de sondage (Cliché : M. Gigoux, Univ.d’Orsay-BRGM).
Figure 7 : Carotte à minerai aurifère issue d’un sondage carotté, en Côte d'Ivoire (Cliché : P. Urien,
BRGM).
Figure 8 : Exemple de sondeuse utilisée pour les sondages destructifs et équipement de récupération
des échantillons (à droite) (Cliché : L. Bailly, BRGM).
La combinaison de l’ensemble des informations acquises à toutes les échelles tout au long de
la phase d’exploration sont combinées afin d’aboutir à un modèle du gisement caché qui intègre
un maximum, sinon la totalité, de ces données. De puissants logiciels informatiques
permettent :
D’estimer, à partir de l’analyse chimique préliminaire des minerais, le tonnage et les teneurs en
éléments valorisants en chaque point de ce volume. En d’autres termes de calculer les
ressources* voire les réserves* de ce gisement.
- la caractérisation de ces cibles par des techniques et analyses fines permettant de délimiter
spatialement l’objet recherché, d’identifier la nature des éléments valorisants et pénalisants
présents, de proposer un modèle de gisement. Les techniques mises en œuvre sont
comparables aux précédentes avec en plus l’acquisition de données géophysiques au sol et la
réalisation de sondages selon une maille régulière centrée sur l’objet recherché. La diminution
de la taille de la maille de forage permet une meilleure connaissance et caractérisation de cet
objet. Les impacts en lien avec cette étape concernent principalement la réalisation de pistes si
elles n’existent pas et le passage d’engins de forage, et de plateformes pour ces derniers.
Au cours de ces travaux d’exploration on assiste à une réduction progressive des surfaces investiguées,
à une augmentation des informations recueillies sur les cibles intéressantes. Les techniques utilisées au
cours de ces travaux sont complémentaires dans la mesure où aucune d’entre elle, prise séparément,
ne fournit une solution unique. Seul le croisement des différents résultats permet d’accroitre la confiance
dans le modèle proposé. Ces résultats permettent de décider si les travaux plus précis de
caractérisation doivent être poursuivis ou si les conditions ne sont pas réunies pour envisager une
exploitation future.
Les travaux ont lieu sur des propriétés privées, après négociation financière avec le propriétaire et ou les
organes collectifs de la profession agricole en vue d’indemniser la perte de production ou la gêne
occasionnée. L’accès au foncier ne peut se faire sans avoir demandé l’accord du propriétaire et informé
les maires.
Les travaux ne peuvent être entrepris, sauf cas particulier, que si l’opérateur dispose d’un permis
exclusif de recherches. Ce droit d’engager concrètement les travaux sur le terrain est obtenu après avoir
satisfait aux processus de déclaration ou d’autorisation. Les demandes sont systématiquement
accompagnées de documents permettant d’apprécier l’impact des travaux. Si les travaux envisagés
relèvent de l’autorisation, une enquête publique préalable est réalisée. Dans tous les cas, le préfet a la
possibilité de réglementer et de refuser les travaux.
3. Impacts socio-économico-environnementaux de la
phase d’exploration
Les levés géophysiques passifs au sol n’ont pas d’impacts environnementaux sauf s'ils
nécessitent l’aménagement de pistes pour le transport du matériel et la réalisation des
mesures le long de layons rectilignes. Cela peut conduire à la fragmentation temporaire
d’habitats végétaux ou animaux ou altérer temporairement d’éventuelles espèces
endémiques ou rares. Lors des levés géophysiques actifs au sol, les courants
électriques ou champs magnétiques provoqués sont minimes, ponctuels et temporaires
et n'ont pas d'impacts observés sur la flore et la faune du sol et du sous-sol.
Les prospections par géochimie en sédiments de ruisseaux et en concentrés
alluvionnaires n’ont aucun impact environnemental significatif : l’impact sera
éventuellement limité à une turbidité très localisée et très temporaire au moment du
prélèvement.
o Les impacts environnementaux liés à la méthode géochimie sol consistent en :
Pour les tranchées et les puits, les impacts environnementaux seront les mêmes que
ceux de travaux publics (perturbation locale et temporaire du paysage, bruit de l'engin
de chantier, consommation temporaire d’espace voire de terrains arables). Les
tranchées sont généralement réalisées à la pelle hydraulique qui peut selon les
configurations du terrain nécessiter la réalisation de pistes d’accès pouvant perturber
temporairement la faune et la flore. La terre végétale sera stockée à l’écart de la partie
profonde et remise en place après les levés géologiques et l’échantillonnage ce qui
annihilera les impacts indésirables. Il conviendra de protéger le chantier et d'en interdire
l'accès aux personnes non-autorisées.
Les techniques de sondages miniers ne sont pas très différentes des techniques de
forage pour eau, leur impact environnemental éventuel est similaire, à condition que la
profondeur d’investigation reste du même ordre de grandeur (<100-200 m). Au-delà, il
peut s’agir d’opérations de plus longue durée, nécessitant le transport de gros matériels
et la présence de plusieurs personnes pendant plusieurs jours, d’où un impact
potentiellement significatif sur l’environnement. En outre, un forage profond est
susceptible de générer un volume significatif (~2 m3 par tranche de 100 m de
profondeur) de cuttings. Les sondages peuvent se faire de façon isolé ou à maille
rapprochée. Les impacts d’un sondage minier sont décrits plus en détail dans le Tome
11.
L'impact environnemental commun à tous les types de sondages est (Cf. Tome 11) :
L’impact sociétal de l’exploration minière revêt différents types : social, économique et culturel.
En France, il s’agira principalement d’impact :
Au-delà de ces dispositions légales, tout un ensemble de bonnes pratiques peuvent être mises
en œuvre afin de réduire au maximum les impacts environnementaux et sociaux des travaux
d’exploration. Il existe divers recueils de bonnes pratiques environnementales en exploration
minière. Un exemple spécifique au contexte australien est fourni par le Conseil de l’industrie
minérale de l’État de la Nouvelle-Galles du Sud (www.nswmining.com.au). De même, le projet
européen I²MINE, qui se termine en 2015, vise à créer une base de données de bonnes
pratiques en matière d’exploration et d’exploitation minière (Green Mining), en synthétisant des
exemples internationaux (www.i2mine.eu).
Après obtention du permis exclusif de recherche, il peut être bienvenu, avant d’entreprendre
tous travaux d’exploration proprement dit, de réaliser un « état de référence » du permis. Cette
étude, réalisée proportionnellement aux enjeux, sera plus approfondie sur les zones
concernées par les travaux miniers. Ce travail a pour objectif de recenser par exemple :
- Les pollutions anthropiques qu’elles soient liées à d’anciens travaux miniers, à des
industries existantes ou passées, des décharges. Les anciens travaux miniers ont pu
générer un certain nombre d’impacts (anciennes installations et équipements, déchets
miniers et autres, résidus de traitement, excavations non condamnées/sécurisés). Les
données de la littérature permettent dans un premier temps de dresser un historique des
différentes activités humaines. Les activités agricoles et l’utilisation d’engrais ou de
produits phytosanitaires peuvent être à l’origine de teneurs anormales en certains
éléments dans les sols (ex : le cuivre en domaine viticole). De même les zones de
chasse peuvent être à l’origine de teneurs anormales en plomb dans les sols ;
- Les « pollutions naturelles » - certaines formations géologiques, riches en sulfures,
peuvent générer des eaux acides par attaque de ces sulfures par les eaux de pluies. Il
est intéressant de faire des analyses des eaux de sources afin de connaître leur
chimisme (présence d’éléments polluants) ;
Cet état de référence pourra être intégré à la notice d’impact qui accompagne
systématiquement le dossier de demande de permis exclusif de recherche. Cette notice indique
les incidences éventuelles des travaux projetés sur l’environnement et les conditions dans
lesquelles l’opération projetée satisfait aux préoccupations environnementales.
A ce stade, il importe que l’opérateur minier améliore sa connaissance du territoire, des acteurs
et des enjeux environnementaux, sociaux et économiques en réalisant des états de référence.
Les travaux d’exploration sont l’occasion de créer et d’entretenir un dialogue et des relations de
confiance avec les propriétaires, les riverains et les maires, ce qui suppose la capacité de
présenter clairement un projet, le respect des réglementations et des engagements pris. L’issue
incertaine du projet est un facteur de complication dans la création de ce dialogue. Les
informations techniques (géologie, milieu naturel, paysage, urbanisme, infrastructures,
possibilités de logement, potentiels de recrutement d’employés, etc.) seront précieuses en cas
de poursuite du projet. En cas d’arrêt des travaux, ces informations viennent enrichir les bases
de connaissance du territoire à un coût nul pour les pouvoirs publics locaux.
Optimiser, lors des phases de reconnaissance amont notamment, le ratio entre les
méthodes d’investigation non invasives (télédétection, géophysique, géochimie, etc.) et
les méthodes d’exploration de terrain plus impactantes (tranchées, sondages, travaux
miniers) ;
Concertation
Prévoir un mécanisme de concertation approprié avec les populations locales (réunions
publiques d’information, presse locale, visites de chantier,….) pour présenter et discuter
chaque phase de la démarche d’exploration dans le contexte global du projet minier
ainsi que les possibles impacts en lien avec ces activités ;
Les travaux d’exploration à réaliser dans des propriétés privées doivent nécessairement
se faire après contact et accord avec le propriétaire.
Société
Etablir, avec les spécialistes locaux ou nationaux, des calendriers et horaires de travaux
pour limiter les inconvénients dans et à proximité des zones sensibles pour la faune et
les populations locales ;
Intégrer la population locale (ex. main d’œuvre, séance d’information publique) aux
premières phases de travaux de terrain ;
Prévoir des mesures d’atténuation des impacts probables avant le démarrage des
stades de reconnaissance ciblées lourdes (tranchées, sondages) ;
Sélectionner les zones à explorer tout en assurant un équilibre entre tous les facteurs
d’ordre économique, environnemental et sociétal. Ainsi, orienter les recherches vers les
gisements au potentiel économique avéré disposant dans le même temps du meilleur
potentiel d’acceptation sociale et environnementale.
Environnement
Limiter le défrichement au strict besoin et respecter le cycle des cultures ;
Identifier très tôt et préserver les atouts exceptionnels d’ordre écologique, paysager et
architectural d’intérêt local ou national ;
Identifier à l’avance et préserver les éléments importants (habitats de faune, flore, zone
de reproduction,...) du milieu biologique ;
Sécurité
Former et sensibiliser tout le personnel sur les risques et dangers liés aux situations
particulières et aux produits utilisés lors des opérations d’exploration minière ;
Annexe 1