RESEAU LIBRE SAVOIR / FONDATION POUR L’EDUCATION
BACCALAUREAT / SESSION 2024
COURS DE RENFORCEMENT DES CAPACITES METHODOLOGIQUES
PRESENTIELS ET EN LIGNE / NIVEAU BACCALAUREAT
COORDONNATEUR NATIONAL / MONSIEUR NDOUR
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LEÇON 2
LES RELATIONS EST/OUEST, DE LA GUERRE FROIDE A LA CHUTE DU MUR DE BERLIN
INTRODUCTION
A la fin de la Seconde Guerre mondiale, une situation originale se met en place. Les Etats-Unis et
l’URSS apparaissent comme deux superpuissances qui se regardent avec méfiance. Leur opposition
prend d’abord la forme d’une guerre froide. Sans jamais s’affronter directement, chacun des deux
grands se proclame le modèle politique, économique et culturel de référence et pousse les autres
Etats à entrer dans cette logique bipolaire. De 1947 à 1953, on assiste à la formation de deux camps
hostiles, à de multiples conflits et rivalités. Puis, à partir de 1953, apparaît un nouveau contexte,
fruit de la décolonisation, du redressement de l’Europe et des fissures à l’intérieur des blocs qui ne
sont plus homogènes. Les deux Grands établissent alors de nouvelles règles : la coexistence
pacifique. Toutefois, les rivalités continuent avec des conflits périphériques. La guerre froide ne
prend fin qu’avec la chute du Mur de Berlin et l’implosion du bloc soviétique.
I-) LES ASPECTS DE LA GUERRE FROIDE
1-) La formation des blocs
A la Conférence de Potsdam, déjà, les anciens membres de la Grande Alliance étalaient au grand
jour leurs divergences. A partir de 1947 commence la guerre froide, conflit d’un type nouveau, qui
divise le monde en deux blocs opposés idéologiquement, économiquement et militairement. (Le
journaliste américain Walter Lippmann popularisa le terme de guerre froide dans un livre portant
ce nom).
a-) Sur le plan idéologique
On assiste à l’opposition idéologique entre deux systèmes : l’américain et le soviétique. Tous les
deux prétendent à l’universel et chacun perçoit l’autre comme le mal absolu.
➢ Dans le camp occidental
Dirigé par les Etats-Unis, le Président Harry Truman (1884-1972, 33e président des Etats-Unis,
1945-1953) annonce, le 12 mars 1947, une politique dont le but est de lutter contre l’expansion du
communisme et de l’URSS dans le monde. Cette politique a pris le nom de «containment » ou
« politique de l’endiguement » ou encore « doctrine Truman ». Cette politique a guidé toute
l’action des Etats-Unis jusqu’à la fin de la confrontation Est/Ouest en 1990. A l’intérieur même des
Etats-Unis, le sénateur du Wisconsin, Joseph Raymond McCarthy (1908-1957), est l’initiateur, à
partir de février 1950, d’une violente campagne anticommuniste : le maccarthysme.
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➢ Dans le bloc socialiste
L’URSS et les pays d’Europe centrale et orientale fondent, en septembre 1947, le Kominform,
organe de liaison et d’information des partis communistes. Ce cadre permettait à l’URSS de
renforcer son contrôle sur les partis communistes des pays de l’Est voire même de France et d’Italie.
En réplique à la « doctrine Truman », la « doctrine Jdanov » dénonce le camp occidental dirigé
par les Etats-unis comme « antidémocratique et impérialiste » et considère que le camp oriental
dirigé par l’URSS est « pacifique, démocratique et anti-impérialiste ».
Toutes ces théories traduisaient nettement la violence des idéologies de la guerre froide. Entre ces
deux mondes, l’affrontement était donc inéluctable.
b) Sur le plan économique
Dans le cadre de l’endiguement économique, les Etats-Unis, sur proposition du général George
Catlett Marshall (1880-1959) le 5 juin 1947, décident d’attribuer une aide financière et matérielle à
tous les pays d’Europe qui en feraient la demande. 16 pays européens bénéficient de cette aide de
12,5 milliards de dollars établie sur la période 1948-1952. Deux objectifs justifiaient cette aide
américaine qui prit le nom de « European Recovery Program » :
➢ Accélérer la reconstruction de l’Europe et remédier au « dollar gap » (manque de capitaux) ;
➢ Endiguer l’expansion du communisme.
La mise en exécution du « plan Marshall » a été le point de départ de la construction européenne
avec la création de l’Organisation européenne de Coopération économique (O.E.C.E., avril
1948), de la Communauté européenne du Charbon et de l’Acier (C.E.C.A., 18 avril 1952), puis
de la Communauté économique européenne (C.E.E., 25 mars 1957). Dans le camp oriental,
l’URSS et ses alliés refusent l’aide du « plan Marshall ». En réaction, la mobilisation économique
des pays de l’Est aboutit à la création du Marché commun des pays de l’Est, le Conseil d’Assistance
économique mutuelle (C.A.E.M.) ou Council for Mutual Economic Assistance (COMECON), pour
promouvoir le développement économique de ses membres.
c) Sur le plan militaire
Dans le camp occidental, de nombreux pactes et alliances ont vu le jour sous l’influence de la
« pactomanie » américaine. Ainsi, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (O.T.A.N.) est
créée le 4 avril 1949. Elle regroupe les pays de l’Europe de l’Ouest sous le commandement des
Etats-Unis et s’élargit à la Grèce et à la Turquie en 1952 puis à la République fédérale
d’Allemagne (R.F.A.) en 1955. D’autres alliances militaires du même genre sont mises sur pied en
Asie du Sud-Est avec l’Organisation du Traité de l’Asie du Sud-Est (O.T.A.S.E., 1954), au Moyen-
Orient avec le Pacte de Bagdad (24 février 1955), dans le Pacifique avec le Conseil du Pacifique ou
ANZUS (1952) et enfin le traité de paix avec le Japon en 1952.
Dans le camp communiste, le réseau des alliances n’a pas une ampleur mondiale. L’URSS édifie un
bloc continental. L’unique alliance militaire englobant l’URSS et les sept démocraties populaires est
le Pacte de Varsovie fondé le 14 mai 1955. En plus d’être une alliance militaire, le Pacte de
Varsovie était chargé de jouer le rôle de gendarme idéologique si un pays du bloc de l’Est remettait
en cause le socialisme ou la suprématie de Moscou.
2-) Les principaux points chauds de la guerre froide
Deux Allemagnes, deux Corées, deux Chines, deux Vietnams : de part et d’autre de ces frontières,
s’organisent les deux blocs, deux systèmes stratégiques qui s’étendent au monde entier. La guerre
froide apparaît comme un conflit entre les deux superpuissances pour l’hégémonie dans le monde.
Comment cet affrontement par alliés interposés évolue-t-il ?
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a-) En Europe, la question allemande
Parmi les points chauds de la Guerre froide en Europe, on peut citer :
➢ La guerre civile en Grèce qui opposait la résistance communiste et la résistance royaliste qui est
sortie victorieuse en 1949 grâce au soutien des Américains (250 millions de dollars) ;
➢ Le « Coup de Prague » en Tchécoslovaquie qui finit à la prise du pouvoir en février 1948 par
les communistes et la transformation de ce pays en une démocratie populaire. Les autres Etats de
l’Europe de l’Est font de même. Seule la Yougoslavie du maréchal Tito (Josip Broz, 1892-1980)
s’éloigne d’où son exclusion du Kominform ;
➢ Et, surtout, la question allemande. C’est sans doute la question allemande qui est le plus grand
point de désaccord marquant la guerre froide en Europe, avec notamment la première crise de
Berlin aboutissant au blocus de la ville. Devant l’impossibilité de s’entendre sur un statut définitif de
l’Allemagne, les pays occidentaux décident de fusionner leurs zones d’occupation (la « trizone ») en
vue de créer un Etat allemand et une nouvelle monnaie, le deutsche mark. L’URSS considère cette
décision comme une violation flagrante des accords de Yalta et de Potsdam sur l’Allemagne. Ainsi,
le 24 juin 1948, Staline décrète le blocus de Berlin, de toutes les voies terrestres permettant
d’accéder à Berlin-Ouest. Pendant 322 jours, 2,2 millions de personnes sont isolées et survivent
grâce à un vaste pont aérien anglo-américain. En 10 mois, 275 000 vols ont été organisés,
transportant 2,5 millions de tonnes de marchandises. Le blocus de Berlin n’a donc pas atteint son
objectif. Par conséquent, Staline décide de le lever le 12 mai 1949. L’intégration de l’Allemagne de
l’Ouest dans le camp occidental s’accélère avec la création de la République fédérale d’Allemagne
(RFA) le 23 mai 1949 avec Bonn pour capitale et Konrad Adenauer (1876-1967) comme premier
chancelier (1949-1963). Elle reste désarmée et sans politique étrangère autonome. Le 7 octobre
1949, la zone d’occupation soviétique devient la République démocratique allemande (RDA), une
démocratie populaire ayant pour capitale Berlin-Est et pour premier président Wilhelm Pieck (Otto
Grotewohl Premier ministre et Walter Ulbricht, Premier ministre adjoint).
b-) En Asie, la guerre de Corée
Les principaux points chauds de la guerre froide en Asie restent :
➢ La deuxième guerre civile en Chine (1946-1949) qui se termine par la victoire des troupes
communistes de Mao Zedong (Mao Tsé-Toung, 1893-1976) soutenues par l’URSS sur les
nationalistes de Tchag Kaï-Chek (Jiang Jieshi, 1887-1975) soutenus par les Etats-Unis ;
➢ La guerre de décolonisation d’Indochine (1946-1949) qui a opposé ma France, puissance
coloniale soutenue par les Etats-Unis, aux indépendantistes du Vietminh, d’obédience communiste,
soutenus par l’URSS et la Chine. C’est ce qui conduit les Etats-Unis à user de leur droit de veto
contre l’entrée de la Chine au Conseil de Sécurité de l’ONU comme membre permanent. En
réaction, l’URSS boycott le Conseil de Sécurité jusqu’en 1971 (politique de la « chaise vide ») ;
➢ Et, surtout, la guerre de Corée (1950-1953). En Corée, la capitulation japonaise a entraîné
l’occupation de la partie Nord par les Soviétiques et de la partie sud par les forces américaines. La
limite entre les deux zones était le 38e parallèle Nord. Comme en Allemagne, les deux zones sont
transformées en Etats : la Corée du Nord communiste dirigée par Kim Il Sung (1912-1994) et la
Corée du Sud pro américaine dirigée par Syngman Rhee (1875-1965). Pour réaliser l’unification
de la péninsule coréenne, les troupes de la Corée du Nord, soutenues par Staline, envahissent la
Corée du Sud le 25 juin 1950. Les Etats-Unis, profitant du boycott du Conseil de sécurité par
l’URSS, font condamner cette agression par l’ONU. Le général américain Douglas MacArthur
(1880-1964) dirige un corps expéditionnaire international de l’ONU à majorité américaine. Les
Américains repoussent les Nord-Coréens jusqu’aux frontières de la Chine qui envoie alors 700 000
volontaires à partir du 16 octobre 1950. En 1951, la guerre de Corée atteint des proportions
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dramatiques. L’armistice de Pan Mun Jom du 27 juillet 1953 met fin à une guerre meurtrière (2,5
millions de morts, blessées ou disparus).
Les années 1947-1953 ont donc été marquées par de violentes oppositions idéologiques et des
affrontements par alliés interposés orchestrés par les deux Grands. A partir de 1953, la guerre
froide diminuer d’intensité et les relations internationales entrent dans une phase de dégel.
II-) LA DETENTE DANS LES RELATIONS INTERNATIONALES ET SES LIMITES
1-) La détente dans les relations internationales
Les deux Grands éprouvent le besoin d’apaiser une guerre froide devenue trop dangereuse. Chaque
camp devait avoir à l’idée que l’existence de l’autre était une réalité et qu’une guerre pour le
détruire était aléatoire et impensable. Cette situation est bien illustrée par le sociologue français
Raymond Aron (1905-1983) : « paix impossible, guerre impensable ». Plusieurs facteurs
expliquent l’avènement de la détente :
➢ Staline (décédé le 5 mars 1953) et Truman quittent la scène politique. Ils sont remplacés
respectivement par Nikita Khrouchtchev (1894-1971 ; chef de l’URSS de 1953 à 1964) et
Dwight David Eisenhower (1890-1969, 34e président des Etats-Unis de 1953 à 1961) qui
mènent de politiques extérieures moins conflictuelles (armistice en Corée en 1953, accords de
Genève sur l’Indochine en juillet 1954, traité sur l’Autriche en 1955, rencontre Kennedy-
Khrouchtchev en 1961).
➢ Les crises au sein des blocs : dans le bloc de l’Ouest, il y a la contestation de la suprématie
américaine par la France du général De Gaulle (1890-1970, président français de 1959 à 1969) qui
reconnaît la Chine maoïste en 1964, se retire de l’OTAN en 1966 et condamne l’intervention des
Etats-Unis dans la guerre du Vietnam. Dans le bloc de l’Est, les fissures étaient plus nombreuses
[rupture sino-soviétique en 1960, initiatives réformatrices en Pologne avec Wladyslaw Gomulka
(1905-1982) et en Hongrie avec Imre Nagy (1896-1908), « Printemps de Prague » en
Tchécoslovaquie en 1968.
➢ L’émergence du Tiers Monde avec notamment les Conférences de Bandung (18-24 avril
1955) et de Belgrade (1er-6 septembre 1961, fondation du mouvement des « non alignés »).
➢ Le surarmement et la compétition pour la conquête de l’espace : L’URSS comble vite son
retard technologique sur les Etats-Unis en disposant de la bombe atomique en 1949 et de la bombe
H en 1953, en mettant au point le premier satellite artificiel, le Spoutnik en 1957 et en envoyant le
premier homme dans l’espace le 12 avril 1961 (Youri Alekseïevitch Gagarine, 1934-1968) Le
président John Fitzgerald Kennedy (1917-22 novembre 1963, 35e président des Etats-Unis de
1961 à 1963) réagit en chargeant la NASA (National Aeronautics and Space Administration, créée
en octobre 1958) de la mission Apollo, dont l’objectif est l’envoi d’un équipage sur la Lune (Neil
Alden Armstrong - né en 1930 - alunit le 21 juillet 1969). Les deux Grands se lancent dans une
véritable course aux armements avec la construction de missiles intercontinentaux, de sous-marins
nucléaires et de bombardiers stratégiques. Ils peuvent à la fois mener une guerre nucléaire graduée
ou s’anéantir dans un délai très court. Cet « équilibre de la terreur » pousse les deux Grands à
engager au début des années 1960 des négociations pour le désarmement d’autant plus que le
contexte international change : la Grande-Bretagne, la France puis la Chine détiennent l’arme
nucléaire. La logique bipolaire d’affrontements s’affaiblit alors. Mais la coexistence pacifique
repose sur des bases fragiles.
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2-) La crise des fusées de Cuba de 1962, illustration des limites de la détente
En dépit des bonnes intentions déclarées, les deux Grands continuent leur rivalité, avec notamment
la seconde crise de Berlin et surtout la crise des fusées de Cuba.
En Allemagne, Berlin-Ouest sert de tremplin pour l’émigration vers la RFA. C’est une contre-
propagande pour les Soviétiques. Ainsi les autorités de la RDA édifient, dans la nuit du 12 au 13
août 1961, un mur fortifié séparant les deux parties de la ville. Surnommé le « mur de la honte »,
le Mur coupe Berlin pendant 28 années et symbolise la division du monde en deux blocs séparés
par ce que Churchill appelait déjà (le 5 mars 1946) le « rideau de fer » (« Iron Curtain »). Mais
c’est surtout la crise des fusées de Cuba qui étale au grand jour les limites de la détente.
La crise des fusées de Cuba est déclenchée en 1962 par l’installation à Cuba de rampes de
lancement de missiles soviétiques révélée par l’avion espion U2. Le déploiement des fusées
soviétiques fait suite au débarquement de 1 500 commandos cubains formés et armés par la CIA
(débarquement de la Baie des Cochons du 17 avril 1961) pour renverser le régime de Fidel
Castro (né en 1927, dirigeant de Cuba depuis 1959, surnommé le « lider maximo »). Face à la
situation, le président américain Kennedy opte pour une riposte graduée : dans un discours télévisé
le 22 octobre 1962, il annonce un blocus autour de l’île de Cuba afin d’empêcher l’arrivée de
nouveaux missiles et se déclare prêt à employer l’arme nucléaire tout en ouvrant la porte à des
négociations. Le monde est soudain suspendu à la menace d’une possible guerre nucléaire. Les
deux grands négocient au-dessus de la tête de Castro. Le dirigeant soviétique Khrouchtchev
accepte, le 28 octobre 1962, de démanteler les missiles en échange de quoi les Etats-Unis
n’interviendraient pas dans les affaires de l’île de Cuba. L’accord final entre les deux chefs d’Etat
comporte une clause secrète par laquelle les Etats-Unis s’engagent à retirer les missiles installés en
Turquie. Les missiles soviétiques sont démantelés le 12 novembre 1962 et la quarantaine est levée
le 20 novembre. Le bras de fer psychologique auquel cette crise a donné lieu aboutit à un début de
détente relative dans la course aux armements.
III-) DU RAPPROCHEMENT ENTRE LES BLOCS A LA FIN DE LA GUERRE FROIDE
1-) Le rapprochement entre les blocs
A partir de 1962, on assiste à une pause dans la guerre froide due à deux facteurs :
➢ L’émergence du Tiers Monde ;
➢ La contestation au sein du bloc de l’Est (Chine maoïste, volonté d’autonomie des démocraties
populaires) et dans le bloc de l’Ouest (guerre du Vietnam contestée par la jeunesse américaine).
A partir de 1963, une liaison téléphonique directe (le « Téléphone rouge ») est mise en service
entre Washington et Moscou. Les deux Grands entament alors des négociations ayant permis la
signature de plusieurs accords :
➢ Interdiction des explosions atomiques (sauf les explosions souterraines) en 1963 ;
➢ Utilisation pacifique de l’espace en 1967 ;
➢ Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP) en 1968 ;
➢ Traité de non nucléarisation des fonds marins en 11 février 1971 ;
➢ Accords SALT 1 (26 mai 1972).
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2-) La reprise de la tension ou « guerre fraîche » (1975-1985)
Cette période est inaugurée par deux événements : le déclenchement de la bataille des euromissiles
et l’invasion de l’Afghanistan par les Soviétiques.
En déployant des missiles SS 20 à partir de 1976, l’Union soviétique rompt l’équilibre des forces en
Europe. Le 12 décembre 1979, les pays de l’OTAN décident de développer des programmes de
missiles équivalents, les Pershing. Les premiers Pershing sont installés en 1983 malgré un important
mouvement pacifiste en Europe de l’Ouest.
Les Soviétiques envahissent l’Afghanistan le 24 décembre 1979. En réponse, les Etats-Unis
adoptent une série de mesures de rétorsion : suspension des ventes de céréales à l’URSS, non
ratification des accords SALT 2 du 18 juin 1979 par le Congrès américain, boycott des Jeux
Olympiques de Moscou de 1980 par les Américains.
La tension s’accroît après l’élection de Ronald Reagan à la présidence des Etats-Unis en novembre
1980. Reagan (1911-2006, 40e président des Etats-Unis de 1981 à 1989) défend une politique
interventionniste (« révolution conservatrice ») concrétisée par le débarquement des forces
américaines dans l’île de Grenade (capitale : Saint Georges) pour contrer un coup d’Etat pro cubain
(23 octobre 1983) et le soutien militaire aux guérillas anticommunistes au Nicaragua (soutien
aux sandinistes contre les contras), en Afghanistan et en Angola (soutien à l’UNITA contre le
MPLA). La course aux armements reprend également. En mars 1983, Reagan lance l’Initiative de
défense stratégique (IDS) ou «Guerre des étoiles» visant à édifier un bouclier spatial contre les
armes nucléaires.
3-) La fin de la guerre froide (1985-1991)
En 1985, l’arrivée au pouvoir de Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev (né en 1931 et mort le 30
Août 2022) à la tête de l’URSS est le point de départ d’une évolution radicale des relations
Est/Ouest. D’abord, la situation intérieure de l’URSS est catastrophique : économie délabrée,
système politique corrompu, bureaucratie incompétente, niveau de vie très faible. Gorbatchev lance
alors un vaste programme de restructuration (« perestroïka ») et de transparence (« glasnost »).
Cette volonté de changement n’empêche pas l’effondrement du système soviétique. Ensuite, sur le
plan intérieur, la course aux armements absorbe 16 % du PNB soviétique et le soutien aux
nombreux pays satellites devient insupportable pour le budget de l’URSS. Les Etats-Unis sont aussi
aux prises avec une grave crise budgétaire et sociale. Dès lors, les deux Grands parlent d’un
« monde contradictoire mais interconnecté et interdépendant ». Cette nouvelle détente favorise la
reprise du dialogue Est/Ouest avec les accords mettant fin à la bataille des euromissiles la reprise
des négociations sur le désarmement et la résolution de plusieurs conflits (Nicaragua, Afghanistan,
Namibie, Cambodge).
L’effondrement des démocraties populaires entre 1989 et 1991 (Pologne, Hongrie,
Tchécoslovaquie), l’implosion de l’URSS à partir de 1990, la dissolution du Pacte de Varsovie et
du CAEM en 1991, la chute du Mur de Berlin le 9 novembre 1989 et la réunification de
l’Allemagne le 3 octobre 1990 entraînent la disparition du bloc de l’Est et la fin de la
bipolarisation du monde.
CONCLUSION
Les relations Est/Ouest ont été marquées par une guerre froide violente (1947-1953), une pause
relative (1953-1975), une reprise de la tension (1975-1985) et une détente (1985-1991). La fin de
la confrontation entre les deux blocs ouvre pour les relations internationales une nouvelle ère dans
laquelle dans laquelle les Etats-Unis entendent jouer un rôle de superpuissance et gendarme
planétaire. Mais l’effacement de la bipolarité Est/Ouest donne aussi une acuité nouvelle à la
question des rapports Nord-Sud.
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