Année 2005-2006 1ère S
Chap II : Vecteurs et barycentres
I. Vecteurs
1) Définitions
Définition 1 : Un vecteur →−
u est défini par une direction, un sens et une longueur (appelée norme).
−−→
La norme du vecteur
°−−→° AB est la longueur
°−− AB .
° →°
°
Elle est notée ° AB °. Ainsi ° AB ° = AB .
° °
B
A ×
×
Propriété 1 : Lorsque les points A , B , C et D , ne sont pas alignés, on a
−−→ −−→ ×
AB = DC ⇐⇒ ABC D est un parallèlogramme. × C
D
C
×
−−→C
B
→ +
−−→ −−→ −−→ −−A B
Définition 2 : Relation de Chasles : On a AB + BC = AC .
× ×
A B
C D
× ×
−−→
AC
→ +
−−→ −−→ −−→ −−A B
Remarque : (( Règle du parallélogramme )) : AB + AC = AD .
× ×
A B
→
−
u
Définition 3 : Dire que (x ; y) sont
³ les coordonnées (uniques) du point y M
→
− →
−´ −−→ →
− →
−
M dans le repère O ; i , j signifie que OM = x i + y j .
On note : M(x ; y). Les coordonnées d’un vecteur →−
u sont →
−
j
−−→ → − →
− ×
celles du point M tel que OM = u . On note : u (x ; y).
O →
−
i x
→
− → −
Remarque : Ainsi, dire que les coordonnées de →
−
³ ´
u dans le repère O ; i , j sont (x ; y) signifie
→
− →
− →
−
³que u´ = x i + y j . (On dit aussi que (x ; y) sont les coordonnées de →
−
u dans la base
→
− →−
i , j ).
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2) Colinéarité
Définition 4 : Lorsque le vecteur →
−
u et le nombre k sont non nuls, le vecteur k →
−
u a:
→
−
• même direction que u ,
→−
• même sens que u si k > 0° et °sens contraire si k < 0.
→
−
• pour norme le réel : |k| × ° u °.
−−→ −−→ −−→ −−→
Remarque : Les vecteurs AB et B A sont opposés : B A = − AB .
ATTENTION, la (( multiplication )) et la (( division )) entre vecteurs n’est pas définie.
→
−
−−→ −−→ A u B
Définition 5 : Dire que deux vecteurs non nuls AB et AC sont colinéaires × ×
signifie qu’ils ont la même direction, c’est-à-dire que les →
−
C v D
droites (AB) et (C D) sont parallèles. × ×
−−→ −−→
On peut également dire que deux vecteurs non nuls AB et C D sont colinéaires s’il existe un réel k
−−→ −−→
tel que AB = k C D .
Remarque : Par convention, le vecteur nul est colinéaire à tout autre vecteur.
Propriété 2 : • Dire que trois points distincts A , B et C sont alignés équivaut à dire qu’il existe
−−→ −−→
un nombre k tel que AB = k AC .
• Dire que deux droites (AB) et (C D) sont parallèles équivaut à dire qu’il existe un
−−→ −−→
nombre k tel que AB = k C D .
On peut caractériser la colinéarité avec les coordonnées.
Propriété 3 : Dire que →
−
u (x ; y) et →
−
v (x ′ ; y ′ ) sont colinéaires équivaut à dire que x y ′ − y x ′ = 0.
(Forme vectorielle du théorème de Thalès)
Théorème 1 : Soit ABC un triangle. M sur (AB) et N sur (AC ).
−−→ −−→ −−→ −−→
• Si (M N ) est parallèle à (BC ) soit k le nombre tel que AM = k AB . alors AN = k AC
−−−→ −−→
et M N = k BC .
M B
× ×
B
× N A
A ×
× C
×
× C N M
× ×
×
k >0 k <0
−−→ −−→ −−→ −−→
• (Réciproque) S’il existe un réel k tel que AM = k AB et AN = k AC , alors (M N )
et (BC ) sont parallèles.
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3) Vecteurs directeurs et équations de droites
Définition 6 : Un vecteur directeur d’une droite (D) est un vecteur dont la direction est celle de
(D).
−−→ ×
En particulier, AB est un vecteur directeur de la droite B
× F
(AB) et tous les vecteurs directeurs de cette droite sont les
−−→ ×
vecteurs k AB , où k est un réel non nul. A
u→
−
(D)
×
E
Propriété 4 : Toute droite (D) est caractérisée par une équation cartésienne de la forme ax +
by + c = 0, avec a 6= 0 ou b 6= 0, Le vecteur →
−
u (−b ; a) est alors un vecteur directeur
de (D).
Propriété 5 : Toute droite non parallèle à l’axe des ordonnées a une équation réduite de la
forme : y = mx + p .
Propriété 6 : • Dire que les droites d’équations y = mx +p et y = m ′ x +p ′ sont parallèles équivaut
à dire que m = m ′ .
• Dire que les droites d’équations ax + by + c = 0 et a ′ x + b ′ y + c ′ = 0 sont parallèles
équivaut à dire que ab ′ − a ′ b = 0.
II. Barycentre
1) Barycentre de deux points
La notion mathématique de barycentre est intuitivement très proche de la notion physique de centre
de gravité.
Théorème 2 : Soient A et B deux points du plan P , α et β deux réels.
Lorsque α + β 6= 0, il existe un unique point G tel que :
−−→ −−→ →−
α G A + β GB = 0 .
Ce point est appelé© barycentre
¡ ¢ª des deux points pondérés (A ; α) et (B ; β).
On note G = bar (A, α) ; B, β .
Si α = β 6= 0 (et notamment α = β = 1) , on dit que G est l’ isobarycentre de A et B .
−→ démonstration
−→ −→ →
−
Remarque : L’isobarycentre de A et B est le milieu de [AB], c’est le point I tel que I A + I B = 0 .
Théorème 3 : Soient α et β tels que α + β 6= 0 et soient A et B deux points du plan P ,
© ¡ ¢ª −−→ −−→ −−→
G = bar (A, α) ; B, β ⇐⇒ ∀M ∈ P , α M A + β MB = (α + β) MG .
−→ démonstration
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© ª
Propriété 7 : Le barycentre de (A ; α) ; (B ; β) est situé sur la droite (AB).
Remarque : Si α et β sont de même signe, G ∈ [AB].
Si α et β
¯ sont
¯ de signes contraires, G ∉ [AB].
Si |α| > β alors G est plus près de A que de B .
¯ ¯
−→ Penser à l’équilibre d’une barre avec une masse à chaque bout.
Remarque : ∀k ∈ R∗ : G = bar (A, α) ; B, β = bar (A, kα) ; B, kβ .
© ¡ ¢ª © ¡ ¢ª
© ª ³ →
− →
−´
Théorème 4 : Soit G le barycentre du système (A ; α) ; (B ; β) dans un repère O ; i , j .
Si A(x A ; y A ) et si B(xB ; y B ) alors les coordonnées de G dans ce repère sont :
µ ¶
αx A + βxB αy A + βy B
G ; .
α+β α+β
−→ démonstration
2) Barycentre de trois points
Théorème 5 : Soient A , B et C trois points du plan P , α, β et γ trois réels tels que α + β + γ 6= 0.
Il existe un unique point G tel que :
−−→ −−→ −−→ →−
α G A + β GB + γ GC = 0 .
Ce point est appelé© barycentre
¡ ¢ ¡ des ¢ª
trois points pondérés (A ; α), (B ; β) et (C ; γ).
On note G = bar (A, α) ; B, β ; C , γ .
Si α = β = γ 6= 0 , on dit que G est l’isobarycentre de A ; B et C .
Théorème 6 : Soient α, β et γ tels que α + β + γ 6= 0 et soient A , B et C trois points du plan P ,
© ¡ ¢ ¡ ¢ª −−→ −−→ −−→ −−→
G = bar (A, α) ; B, β ; C , γ ⇔ ∀M ∈ P , α M A + β MB + γ MC = (α + β + γ) MG .
Remarque : ∀k ∈ R∗ : G = bar (A, α) ; B, β ; C , γ = bar (A, kα) ; B, kβ ; C , kγ .
© ¡ ¢ ¡ ¢ª © ¡ ¢ ¡ ¢ª
Remarque : Par définition le centre de gravité G d’un triangle ABC est l’isobarycentre des points
−−→ −−→ −−→ → −
A , B et C . On a donc : G A + GB + GC = 0 .
Théorème 7 : (barycentre partiel)
© ¡ ¢ ¡ ¢ª
= bar ©(A, α) ; ¡B, β¢ª; C , γ
½
G ©¡ ¢ ¡ ¢ª
⇔ G = bar H, α + β ; C , γ .
H = bar (A, α) ; B, β
−→ Penser à l’équilibre d’une barre en T avec une masse à chaque bout.
−→ démonstration
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© ª ³ →
− →
−´
Théorème 8 : Soit G le barycentre du système (A ; α) ; (B ; β) ; (C ; γ) dans un repère O ; i , j .
Si A(x A ; y A ), B(xB ; y B ) et C (xC ; yC ) alors les coordonnées de G dans ce repère
sont : µ ¶
αx A + βxB + γxC αy A + βy B + γyC
G ; .
α+β+γ α+β+γ
−→ démonstration
3) Barycentre de n points (HP)
On peut généraliser à un nombre plus grand de points la notion de barycentre. Les propriétés
resteront alors similaires.
Dans toute la suite n est un entier naturel supérieur ou égal à 2.
Théorème 9 : Soient A 1 , A 2 , . . ., A n n points du plan P , α1 , α2 , . . ., αn n réels tels que α1 + α2 +
· · · + αn 6= 0. Il existe un unique point G tel que :
−−−→ −−−→ −−−→ → −
α1 G A 1 + α2 G A 2 + · · · + αn G A n = 0 .
Ce point est appelé
© barycentre des n points pondérés ª (A 1 ; α1 ), (A 2 ; α2 ), . . ., (A n ; αn ).
On note G = Bar (A 1 ; α1 ), (A 2 ; α2 ), . . . , (A n ; αn ) .
Théorème 10 : Soient α1 , α2 , . . ., αn tels que α1 +α2 +· · ·+αn 6= 0 et soient A 1 , A 2 , . . ., A n n points
du plan©P ,il y a équivalence entre ª
G = Bar (A 1 ; α1 ), (A 2 ; α2 ), . . . , (A n ; αn )
et
−−−→ −−−→ −−−→ −−→
∀M ∈ P , α1 M A 1 + α2 M A 2 + · · · + αn M A n = (α1 + α2 + · · · + αn ) MG .
© ª
Théorème 11 : Soit
³ → G le´ barycentre du système (A 1 ; α1 ), (A 2 ; α2 ), . . . , (A n ; αn ) dans un repère
− → −
O; i , j .
Si A 1 (x A 1 ; y A 1 ), A 2 (x A 2 ; y A 2 ), . . ., A n (x A n ; y A n ) alors les coordonnées de G dans ce
repère sont :
α1 x A 1 + α2 x A 2 + · · · + αn x A n α1 y A 1 + α2 y A 2 + · · · + αn y A n
µ ¶
G ; .
α1 + α2 + · · · + αn α1 + α2 + · · · + αn
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