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Chapitre 0 Rappels

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Quelques rappels d’Analyse 1

Ce chapitre de révision rassemble les principales notions déjà étudiées dans des modules antérieurs (notamment
le module d’Analyse 1) et qui joueront un rôle important dans les chapitres suivants. Dans la première section, on
rappelle la définition de majorant et minorant d’un ensemble, de maximum et minimum, et de borne supérieure
et inférieure. La section suivante est consacrée à quelques rappels sur les suites, à commencer par la définition
de limites. Certains théorèmes de convergence des suites sont énoncés et démontrés dans la section 3, où l’on
présente également le théorème de Bolzano-Weierstrass sans preuve. Ce résultat fondamental sera démontré
dans le chapitre suivant, où l’on présentera également certaines de ses applications importantes. Le présent
chapitre se conclut par une section intitulée Comparaison où l’on met notamment en avant les notations o et ∼
à la fois pour les suites et les fonctions. Ces outils seront incontournables dans le chapitre sur les séries et celui
sur les intégrales impropres.

1. Borne supérieure
1.1. Majorant et minorant
Définition 1.
Soit A une partie non vide de R. Un réel M est un majorant de A si pour tout x ∈ A, on a x 6 M .
Un réel m est un minorant de A si pour tout x ∈ A, on a x > m.

Si un majorant (resp. un minorant) de A existe, on dit que A est majorée (resp. minorée).
Il n’existe pas toujours de majorant ni de minorant. Et quand il en existe, il en existe une infinité.
Exemple 1.
Soit A = [0,1[.
1. les majorants de A sont exactement les éléments de [1, + ∞[,
2. les minorants de A sont exactement les éléments de ] − ∞,0].

1.2. Maximum et minimum


Définition 2.
Soit A une partie non vide de R.
1. Un réel α est un plus grand élément de A si : α ∈ A et ∀x ∈ A, x 6 α.
2. Un réel β est un plus petit élément de A si : β ∈ A et ∀x ∈ A, x > β.

S’il existe, le plus grand (resp. petit) élément est unique 1 , on le note alors max A (resp. min A).
On peut reformuler la définition précédente en disant que le plus grand (resp. petit) élément de A est un élément
de A qui est aussi un majorant (resp. minorant) de A.
Le plus grand élément s’appelle aussi le maximum et le plus petit élément, le minimum. Il faut bien garder à
l’esprit que le plus grand élément ou le plus petit élément n’existent pas toujours.

1. Le lecteur pourra démontrer cette affirmation à titre d’exercice.


Quelques rappels d’Analyse 1 1. Borne supérieure 2

Exemple 2.
• max[a,b] = b , min[a,b] = a.
• L’intervalle ]a,b[ n’a pas de plus grand élément, ni de plus petit élément.
• L’intervalle [0,1[ a pour plus petit élément 0 et n’a pas de plus grand élément.
Exemple 3.
Soit A = 1 − n1 | n ∈ N∗ .


Notons un = 1 − n1 pour n ∈ N∗ . Posons A = un | n ∈ N∗ . Voici une représentation graphique de A sur la




droite numérique :

0 = u1 1
= u2 u3 u4 u5 1
2

1. L’ensemble A n’a pas de plus grand élément. En effet, supposons par l’absurde qu’il existe un plus grand
élément α = max A. On aurait alors un 6 α, pour tout un . Ainsi 1 − n1 6 α. À la limite 2 lorsque n → +∞
cela implique α > 1. D’autre part, comme α est le plus grand élément de A alors α ∈ A. Il existe donc
n0 ∈ N∗ tel que α = un0 . Mais alors α = 1 − n10 < 1, ce qui est en contradiction avec α > 1. L’ensemble A
n’a donc pas de maximum.
2. Montrons que min A = 0. Il y a deux choses à vérifier : tout d’abord pour n = 1, u1 = 0 donc 0 ∈ A ; ensuite,
pour tout n > 1, un > 0. Ainsi, on a bien min A = 0.

1.3. Borne supérieure, borne inférieure


Définition 3.
Soit A une partie non vide de R et α un réel.
1. Un réel M est la borne supérieure de A si M est un majorant de A et s’il n’en existe pas de plus petit.
Si un tel réel existe, on le note sup A.
2. Un réel m est la borne inférieure de A si α est un minorant de A et s’il n’en existe pas de plus grand.
Si un tel réel existe, on le note inf A.

Autrement dit, la borne supérieure est le plus petit des majorants, alors que la borne inférieure est le plus grand
des minorants.
Exemple 4.
Soit A =]0,1].
1. sup A = 1 : en effet les majorants de A sont les éléments de [1, + ∞[. Donc le plus petit des majorants est 1.
2. inf A = 0 : les minorants sont les éléments de ] − ∞,0]. Donc le plus grand des minorants est 0.
Exemple 5.

• sup[a,b] = b, • ]0, + ∞[ n’admet pas de borne supérieure,


• inf[a,b] = a, • inf]0, + ∞[= 0.
• sup]a,b[= b,

On rappelle un des théorèmes fondamentaux de l’analyse (qui découle de la construction de l’ensemble des
réels) :

Théorème 1.
Toute partie de R non vide et majorée (resp. minorée) admet une borne supérieure (resp. inférieure).

Remarque.
C’est tout l’intérêt de la borne supérieure par rapport au maximum : dès qu’une partie non vide est bornée, elle
admet toujours une borne supérieure et une borne inférieure alors que ce n’est pas le cas pour le plus grand (ou
plus petit) élément. Gardez à l’esprit l’exemple A =]0,1[.
Mais quand le plus grand (resp. plus petit) élément existe, c’est également la borne supérieure (resp. inférieure).
La caractérisation suivante donne une méthode pour montrer qu’un nombre est la borne supérieure d’un ensemble.
2. Ce passage à la limite dans les inégalités est énoncé (et démontré) à la proposition 5 dans la section suivante.
Quelques rappels d’Analyse 1 1. Borne supérieure 3

Proposition 1 (Caractérisation de la borne supérieure).


Soient A une partie non vide et majorée de R et M un réel. On a l’équivalence suivante :
i) M est un majorant de A ;

M = sup A ⇐⇒
ii) Pour tout ε > 0, il existe un élément x de A tel que M − ε < x.

Remarque.
Une formulation adaptée pour la borne inférieure s’obtient de manière évidente.

Démonstration. Sens direct ( =⇒ ) Supposons que M soit la borne supérieure de l’ensemble A.


Alors par définition M est un majorant de A. Montrons ii).
Soit ε > 0. Comme M − ε < M , par définition de la borne supérieure (M est le plus petit majorant de A), le
nombre M − ε n’est donc pas un majorant de A. Ainsi il existe un élément x de A qui vérifie M − ε < x.
Sens réciproque ( ⇐= ) Supposons que M soit un majorant et que pour tout ε > 0, il existe un élement x de A
tel que M − ε < x.
Il faut montrer que M est le plus petit des majorants. Soit N ∈ R vérifiant N < M . Posons  = M − N > 0.
Comme N = M − ε, il existe, par hypothèse, x dans A tel que N < x. Ainsi N n’est pas un majorant de A. Il n’y
a donc pas de majorant de A qui soit plus petit que M . Autrement dit M est le plus petit majorant de A.

Exemple 6.
Reprenons l’exemple de la partie A = 1 − 1
| n ∈ N∗ .

n

1. Nous avions vu que min A = 0. Lorsque le plus petit élément d’une partie existe alors la borne inférieure
vaut ce plus petit élément donc inf A = min A = 0.
2. Première méthode pour sup A. Montrons que sup A = 1 en utilisant la définition de la borne supérieure. Soit
M un majorant de A. Alors M > 1 − n1 , pour tout n > 1, donc à la limite M > 1. Réciproquement si M > 1,
alors M est un majorant de A. Les majorants sont donc les éléments de [1, + ∞[. Ainsi le plus petit des
majorants est 1 et donc sup A = 1.
3. Deuxième méthode pour sup A. Montrons que sup A = 1 en utilisant la caractérisation de la borne supérieure :
(i) si x ∈ A, alors x 6 1 (1 est bien un majorant de A) ;
(ii) pour tout ε > 0, il existe x ∈ A tel que 1 − ε < x : en effet, n1 tend vers 0 donc il existe n tel que 0 < 1
n < ε.
Alors on a 1 − ε < 1 − n1 < 1, donc x = 1 − n1 ∈ A convient.
Par la caractérisation de la borne supérieure, sup A = 1.

La caractérisation suivante est également très pratique.

Proposition 2.
Soit A une partie non vide et majorée de R.
• M est un majorant de A ;

M = sup A ⇐⇒
• il existe une suite (xn )n∈N d’éléments de A qui converge vers M .

On parle de caractérisation séquentielle car elle fait intervenir des suites.


Remarque.
Une formulation adaptée pour la borne inférieure s’obtient de manière évidente.

Démonstration. On montre l’équivalence avec la première caractérisation :


i) M est un majorant de A ;


ii) pour tout ε > 0, il existe un élément x de A tel que M − ε < x.


⇐⇒
a) M est un majorant de A ;


b) il existe une suite (xn )n∈N d’éléments de A qui converge vers M .


Sens direct Supposons que i) et ii) soient vérifiés. Le point a) est donc vrai, montrons b).
Pour chaque n ∈ N, on applique ii) en choisissant  = n+1 1
. Pour chaque entier n ∈ N, il existe xn ∈ A tel que
M − n+1 < xn . Comme M est un majorant de A, la suite (xn )n∈N ainsi construite vérifie donc
1

1
∀n ∈ N, M− 6 xn 6 M.
n+1
Quelques rappels d’Analyse 1 1. Borne supérieure 4

Par encadrement, on a lim xn = M .


n→+∞
Sens réciproque Supposons que a) et b) soient vérifiés. Le point i) est vrai, montrons ii).
Soit ε > 0. D’après la définition de la limite, il existe un rang N ∈ N tel que pour tout n > N , on a |xn − M | < ε.
En particulier, |xN − M | < ε, donc M − ε < xN < M + ε. La première inégalité montre que xN satisfait la
condition ii).

On énonce quelques propriétés importantes des bornes supérieures et inférieures.

Proposition 3.
Soient A et B deux parties non vides et majorées de R. On a :
1. A ⊂ B =⇒ sup A 6 sup B.
2. L’ensemble A ∪ B est majoré et sup(A ∪ B) = max(sup(A), sup(B)).
3. Si A ∩ B 6= ∅ alors A ∩ B est majorée et sup(A ∩ B) 6 min(sup(A), sup(B)).

Démonstration. 1. Soit x ∈ A. Par hypothèse x ∈ B, donc x 6 sup B car sup B est un majorant de B. On a
montré que sup B est un majorant de A. Or sup A est le plus petit des majorants de A. Il est donc inférieur
à sup B.
2. Montrons d’abord que A∪B est majorée. Posons M = max(sup A, sup B) et montrons que M est un majorant
de A ∪ B.
Soit x ∈ A ∪ B, on a x ∈ A ou x ∈ B donc :
• si x ∈ A alors x 6 sup A donc x 6 M ;
• si x ∈ b alors x 6 sup B donc x 6 M .
On a donc bien x 6 M . Le nombre M est donc un majorant de A ∪ B, donc par définition
sup(A ∪ B) 6 max(sup A, sup B).
Montrons qu’il y a égalité en utilisant la caractérisation 1 de la borne supérieure.
Supposons sans perte de généralité que sup A = max(sup A, sup B). On se donne ε > 0 et y = sup A − ε.
D’après la caractérisation de la borne supérieure, il existe x ∈ A tel que x > y. Et comme x ∈ A, on a
x ∈ A ∪ B. Il existe donc un élément x de A ∪ B tel que x > y = sup A − ε, ce qui prouve que sup A est la
borne supérieure de A ∪ B. Ainsi,
sup(A ∪ B) = max(sup A, sup B).
3. Montrons que A ∩ B est majorée. Posons M = min(sup A, sup B) et montrons que M est un majorant de
A ∩ B.
Soit x ∈ A ∩ B, on a :
• x ∈ A d’où x 6 sup A,
• x ∈ b d’où x 6 sup B.
On a donc bien x 6 M = min(A,B). Le nombre M est un majorant de A ∩ B, donc par définition
sup(A ∩ B) 6 min(sup A, sup B).

Remarque.
Attention, dans la troisième assertion de l’énoncé précédent, il n’y a pas égalité en général. Prenons par exemple
A = [0,2] ∪ [4,5] et B = [1,3]. On a
sup(A ∩ B) = 2 < min(sup A, sup B) = 3
Au passage on pourrait avoir A∩B = ∅. En général on adopte la convention suivante : sup ∅ = −∞ et inf ∅ = +∞.

Définition 4.
Soient A et B deux parties de R. On définit les deux ensembles suivant
−A = {−a|a ∈ A} A + B = {a + b|(a,b) ∈ A × B}.
Autrement dit, l’ensemble −A est formé des éléments opposés aux éléments de A et A + B est l’ensemble des
éléments qui s’écrivent comme somme d’un élément de A et d’un élément de B.
Quelques rappels d’Analyse 1 2. Limites de suites 5

Exemple 7.
1. −R+ = R− 2. −[a,b] = [−b, − a]
3. [0,1] + {2} = [2,3] 4. [0,1] + [1,2] = [1,3]
5. −[0,1] + [0,1] = [−1,1] 6. −[−1,1] + [−1,1] = [−2,2]
On observe qu’une partie A est majorée si et seulement si −A est minorée 3 .

Proposition 4.
Soient A et B deux parties non vides majorées de R. On a
1. sup A = − inf(−A)
2. sup A + B = sup A + sup B

Démonstration. 1. Soit y ∈ −A. Alors il existe x ∈ A tel que y = −x. Comme x ∈ A on a x 6 sup A dont
il suit que −x > − sup A ou encore y > − sup A. Autrement dit, − sup A est un minorant de l’ensemble
−A. Montrons que c’est bien la borne inférieure en utilisant la caractérisation séquentielle. D’après la
caractérisation séquentielle de la borne supérieure, il existe une suite (un )n∈N d’éléments de A qui converge
vers sup A. La suite définie par yn = −un est donc une suite d’éléments de −A qui converge vers − sup A.
On peut conclure que − sup A = inf(−A) et finalement que sup A = − inf(−A).
2. Montrons tout d’abord que A + B est majoré.
Soit x ∈ A + B. Alors il existe (a,b) ∈ A × B tel que x = a + b. Comme a ∈ A, il vient a 6 sup A et comme
b ∈ B, on a b 6 sup B. Ainsi x = a + b 6 sup A + sup B. Le nombre sup A + sup B est donc bien un majorant
de l’ensemble A + B. Montrons maintenant que sup(A + B) = sup A + sup B. On va utiliser la caractérisation
(1) de la borne supérieure vue en cours.

• D’après ce qui précède, sup A + sup B est un majorant de A + B.


ε ε
• Soit ε > 0. Il existe donc a ∈ A tel que a > sup A − et b ∈ B tel que b > sup B − . Ainsi l’élément
2 2
a + b de A + B vérifie a + b > sup A + sup B − ε.
La caractérisation (1) de la borne supérieure implique alors que
sup(A + B) = sup A + sup B.

2. Limites de suites
2.1. Définition de la limite
Définition 5.
La suite (un )n∈N a pour limite ` ∈ R si :

∀ > 0 ∃N ∈ N ∀n ∈ N (n > N =⇒ |un − `| 6 ) .

Définition 6. 1. La suite (un )n∈N tend vers +∞ si :


∀A ∈ R ∃N ∈ N ∀n ∈ N (n > N =⇒ un > A) .
2. La suite (un )n∈N tend vers −∞ si :
∀A ∈ R ∃N ∈ N ∀n ∈ N (n > N =⇒ un 6 −A) .

Dans la suite de cette section, on utilisera les opérations (bien connues !) sur les limites (somme et produit de
suites convergentes notamment).
—————————————————–

3. Le lecteur pourra démontrer cette assertion à titre d’exercice.


Quelques rappels d’Analyse 1 2. Limites de suites 6

2.2. Limites et inégalités


Proposition 5.
1. Soient (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites convergentes telles que : ∀n ∈ N, un 6 vn . Alors
lim un 6 lim vn .
n→+∞ n→+∞

2. Soient (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites telles que limn→+∞ un = +∞ et ∀n ∈ N, vn > un . Alors
limn→+∞ vn = +∞.
3. Théorème des « gendarmes » : si (un )n∈N , (vn )n∈N et (wn )n∈N sont trois suites telles que
∀n ∈ N un 6 vn 6 wn
et limn→+∞ un = limn→+∞ wn , alors la suite (vn )n∈N converge aussi vers cette même limite.

Démonstration de la proposition 5.
1. En posant wn = vn − un , on se ramène à montrer que si une suite (wn )n∈N converge et vérifie ∀n ∈ N, wn > 0
alors limn→+∞ wn > 0. On procède par l’absurde en supposant que ` := limn→+∞ wn < 0. En prenant
 = | 2` | dans la définition de limite (définition 5), on obtient qu’il existe un entier naturel N tel que n > N
implique |wn − `| <  = − 2` . En particulier on a, pour n > N , que wn < ` − 2` = 2` < 0, en contradiction
avec l’hypothèse initiale.
2. Laissé en exercice.
3. En soustrayant la suite (un )n∈N , on se ramène à montrer l’énoncé suivant : si (un )n∈N et (vn )n∈N sont deux
suites telles que : ∀n ∈ N, 0 6 un 6 vn et limn→+∞ vn = 0, alors (un )n∈N converge et limn→+∞ un = 0.
Soit  > 0 et N un entier naturel tel que n > N implique |vn | < . Comme |un | = un 6 vn = |vn |, on a donc :
n > N implique |un | < . On a bien montré que limn→+∞ un = 0.

Séries géométriques

Proposition 6 (Série géométrique).


Pn
Soit a un réel , a 6= 1. En notant k=0 ak = 1 + a + a2 + · · · + an , on a :
n
X 1 − an+1
ak = .
1−a
k=0

Démonstration. En multipliant par 1 − a on fait apparaître une somme télescopique (presque tous les termes
s’annulent) :
(1 − a) 1 + a + a2 + · · · + an = 1 + a + a2 + · · · + an − a + a2 + · · · + an+1 = 1 − an+1 .
  

Corollaire 1.
n
X
Soit a un réel, Alors la suite de terme général Sn = ak vérifie :
k=0

si a>1,

lim S = +∞
 n→+∞ n


1
limn→+∞ Sn = si |a|<1,

 1−a
est divergente sinon.

un+1
Suites telles que un <`<1

Théorème 2.
Soit (un )n∈N une suite de réels non nuls. On suppose qu’il existe un réel ` tel que pour tout entier naturel
n ∈ N (ou seulement à partir d’un certain rang) on ait :
un+1
< ` < 1.
un
Quelques rappels d’Analyse 1 3. Théorèmes de convergence 7

Alors limn→+∞ un = 0.

Démonstration. On suppose que la propriété uun+1 n


< ` < 1 est vraie pour tout entier naturel n ∈ N (la preuve
dans le cas où cette propriété n’est vraie qu’à partir d’un certain rang n’est pas très différente). On écrit
un u1 u2 u3 un
= × × × ··· ×
u0 u0 u1 u2 un−1
ce dont on déduit
un
< ` × ` × ` × · · · × ×` = `n
u0
et donc |un | < |u0 |`n . Comme ` < 1, on a limn→+∞ `n = 0. On conclut que limn→+∞ un = 0.

3. Théorèmes de convergence
3.1. Suite monotone
Théorème 3 (théorème de convergence monotone).

i) Toute suite croissante et majorée est convergente.

ii) Toute suite décroissante et minorée est convergente.

iii) Une suite croissante et qui n’est pas majorée tend vers +∞.

iv) Une suite décroissante et qui n’est pas minorée tend vers −∞.

Démonstration du point i). Notons A = {un |n ∈ N} ⊂ R. Comme la suite (un )n∈N est majorée, disons par
le réel M , l’ensemble A est majoré par M , et de plus il est non vide. L’ensemble A admet donc une borne
supérieure : notons ` = sup A. Montrons que limn→+∞ un = `. Soit  > 0. Par la caractérisation de la borne
supérieure, il existe un élément uN de A tel que ` −  < uN 6 `. Mais alors pour n > N , on a
` −  < uN 6 un 6 `,
et donc |un − `| 6 . On peut conclure que limn→+∞ un = `.

Démonstration du point ii). Soit (un )n∈N une suite décroissante minorée (par m ∈ R). On considère la suite
(vn )n∈N définie par vn = −un . La suite (vn )n∈N est alors croissante (vn+1 = −un+1 6 −un = vn ) et majorée
(par −m). D’après i), la suite (vn )n∈N converge. D’après les opérations sur les limites la suite (un )n∈N converge
également.

Démonstration du point iii). Soit (un )n∈N une suite croissante non majorée.
Soit A ∈ R. Comme (un )n∈N n’est pas majorée, en particulier, A n’est pas un majorant et donc il existe N ∈ N
tel que uN > A. Or comme (un )n∈N est croissante on a pour tout n ∈ N,
n > N =⇒ un > uN > A.
Autrement dit, on vient de démontrer que lim un = +∞.
n→+∞

Démonstration du point iv). Soit (un )n∈N une suite décroissante et non minorée.
Alors la suite (−un )n∈N est croissante et non majorée d’où lim −un = +∞ et donc par opération sur les
n→+∞
limites, lim un = −∞.
n→+∞

Un corollaire intéressant (qu’on appellera le théorème de comparaison) :

Corollaire 2.
Si (un )n∈N et (vn )n∈N sont deux suites telles que

• Les suites (un )n∈N et (vn )n∈N sont croissantes.


Quelques rappels d’Analyse 1 3. Théorèmes de convergence 8

• Pour tout n ∈ N, on a un 6 vn .
• La suite (vn )n∈N est convergente.

Alors la suite (un )n∈N est convergente.

Démonstration. Comme (vn )n∈N converge elle est bornée, donc majorée donc (un )n∈N est également majorée
(tout majorant de (vn )n∈N est majorant de (un )n∈N ). Ainsi (un )n∈N est croissante et majorée, donc convergente
par le théorème précédent.

3.2. Suites adjacentes


Définition 7.
Les suites (un )n∈N et (vn )n∈N sont dites adjacentes si
1. (un )n∈N est croissante et (vn )n∈N est décroissante,
2. limn→+∞ (vn − un ) = 0.

Théorème 4.
Si les suites (un )n∈N et (vn )n∈N sont adjacentes, elles sont convergentes dans R vers la même limite.

Démonstration.
• Démontrons d’abord que
∀n ∈ N, un 6 vn .

On raisonne par l’absurde. Supposons qu’ il existe un entier n0 tel que vn0 < un0 . Alors comme (un )n∈N est
croissante et que (vn )n∈N est décroissante on a pour tout n > n0 , que vn 6 vn0 et un0 6 un . Ceci implique
donc que un − vn > un0 − vn0 , ce qui contredit le deuxième point car en passant à la limite dans cette
inégalité, on aurait lim (un − vn ) > un0 − vn0 > 0. Les termes de la suites sont donc ordonnées ainsi :
n→+∞
u0 6 u1 6 u2 6 · · · 6 un 6 · · · · · · 6 vn 6 · · · 6 v2 6 v1 6 v0
• La suite (un )n∈N est croissante et majorée par v0 , donc elle converge vers une limite `.
• La suite (vn )n∈N est décroissante et minorée par u0 , donc elle converge vers une limite `0 .
• 0 = limn→+∞ (vn − un ) = `0 − `, d’où `0 = `.

3.3. Suite extraite et valeur d’adhérence


Définition 8.
Soit (un )n∈N une suite. Une suite extraite ou sous-suite de (un )n∈N est une suite de la forme (uφ(n) )n∈N ,
où φ : N → N est une application strictement croissante.

Proposition 7.
Soit (un )n∈N une suite. Si limn→+∞ un = `, alors pour toute suite extraite (uφ(n) )n∈N , on a limn→+∞ uφ(n) =
`.

Démonstration. Soit  > 0. D’après la définition de limite (définition 5), il existe un entier naturel N tel que
n > N implique |un − `| < . Comme l’application φ est strictement croissante, pour tout n, on a φ(n) > n 4 .
Ceci implique en particulier que si n > N , alors on a aussi φ(n) > N , et donc |uφ(n) − `| < . Par la définition
de la limite (définition 5) appliquée cette fois à la suite extraite, on peut conclure que limn→+∞ uφ(n) = `.

Proposition 8.
Soient (un )n∈N une suite et ` ∈ R.
La suite (un )n∈N converge vers ` si et seulement si les deux sous-suites (u2n )n∈N et (u2n+1 )n∈N convergent
vers `.

La preuve de cette proposition fait l’objet d’un exercice dans la fiche de TD1.
4. Le lecteur est invité à le démontrer par récurrence.
Quelques rappels d’Analyse 1 4. Comparaison 9

Définition 9.
Soit (un )n∈N une suite. On dit que ` ∈ R est une valeur d’adhérence de (un )n∈N si il existe une sous-suite
(uφ(n) )n∈N qui a pour limite `.

Exemple 8. • La suite un = (−1)n a deux valeurs d’adhérence qui sont -1 et 1.


• Une suite convergente possède une seule valeur d’adhérence d’après la proposition 7.
• La réciproque est fausse : une suite n’ayant qu’une seule valeur
( d’adhérence finie n’est pas nécessairement
n si n est pair,
convergente. On peut considérer par exemple la suite : un =
0 sinon.

Théorème 5 (Théorème de Bolzano-Weierstrass).

Toute suite bornée admet une sous-suite convergente.

Le théorème, admis en Analyse 1, sera démontré dans le chapitre suivant.

4. Comparaison
Dans tout ce paragraphe, on désigne par (un )n∈N une suite de nombres complexes tandis que f : I → C est une
fonction définie sur un intervalle I supposé non vide et non réduit à un point. Dans la suite, la lettre b désigne
un point de I ou une extrémité de I, qui peut éventuellement être −∞ ou +∞.

4.1. Négligeabilité
Définition 10 (caractérisation du o).

1. Soit (un )n∈N une suite qui ne s’annule pas. On note o(un ) toute suite qui peut s’écrire sous la forme
(vn )n∈N = (εn un )n∈N où (εn )n∈N est une suite qui tend vers 0. On dit alors que (vn )n∈N est négligeable
devant (un )n∈N .
2. Soit f une fonction qui ne s’annule pas sur I sauf éventuellement en b. On note o(f ), x → b toute fonction
qui peut s’écrire sous la forme g : x ∈ I 7→ η(x)f (x) où η : I → C vérifie limx→b η(x) = 0. On dit alors
x6=b
que g est négligeable devant f .

La notion de négligeabilité ne dépend pas des premiers termes dans le cas des suites, et est une notion locale
dans le cas des fonctions (ce qui se passe pour x proche de b). On peut donc facilement généraliser la définition 1.
aux suites (un )n∈N qui peuvent s’annuler en demandant que la relation vn = εn un soit vraie seulement à partir
d’un certain rang au lieu d’être vraie pour tout n ∈ N. De même, on peut étendre la définition 2. aux fonctions
f qui s’annulent en demandant que la relation g(x) = η(x)f (x) soit vraie sur un voisinage 5 de b au lieu d’être
vraie sur tout I.

Proposition 9. 1. Lorsque (un )n∈N n’a aucun terme nul, on a l’équivalence :


vn
vn = o(un ) ⇐⇒ lim = 0.
n→+∞ un

2. Lorsque f ne s’annule pas sur I sauf éventuellement en b, on a l’équivalence :


g(x)
g(x) = o(f (x)), x → b ⇐⇒ lim = 0.
x→b f (x)
x6=b

5. Un voisinage de b est un intervalle de la forme ]b − ε,b + ε[∩I avec ε > 0, si b ∈ R, un intervalle de la forme [A, + ∞[ avec
A ∈ R si b = +∞, un intervalle de la forme ] − ∞,A] avec A ∈ R si b = −∞.
Quelques rappels d’Analyse 1 4. Comparaison 10

Remarque.
On rencontre aussi la notation o(1). Elle doit être comprise au sens de la définition précédente en considérant
que 1 désigne ici la suite dont tous les termes sont égaux à 1 dans le point 1 de la définition, ou la fonction
constante égale à 1 dans le point 2 de la définition. Par exemple, l’égalité vn = o(1) signifie simplement que la
suite (vn )n∈N tend vers 0.

Mini-exercices. 1. Montrer que pour tout x > 0, on a ln x 6 x.
2. En déduire que ln x = o(x), x → +∞.
3. Justifier également que ln n = o(n).

Solution :

1. Notons g : x ∈]0, + ∞[7→ x − ln x. La fonction g est dérivable, de dérivée g 0 : x 7→ 2√1
x
− x1 . Alors g 0 (x) > 0
si et seulement si x > 4. On en déduit que g est décroissante sur ]0,4] puis croissante sur [4, + ∞[ donc g est
minoré par g(4). De plus,
g(4) = 2 − ln 4 = 2 − ln 22 = 2(1 − ln 2) = 2(ln e − ln 2).
Comme e > 2 et ln est strictement croissante, on en déduit que g(4) > 0, donc que g ne prend que des valeurs

positives, ce qui implique que pour tout x > 0, on a ln x 6 x.
2. On en déduit que pour tout x > 1, √
ln x x 1
06 6 =√ .
x x x
Comme limx→+∞ √1
x
= 0, le théorème des gendarmes implique que
ln x
lim = 0.
x→+∞ x
On conclut alors que ln x = o(x).
3. Comme dans la question précédente, il suffit de montrer que limn→+∞ lnnn = 0. Pour cela, on peut invoquer
le critère séquentiel des limites de fonctions. Pour ceux qui l’auraient oublié, voici l’argument complet :
introduisons ε > 0 arbitraire. Comme limx→+∞ lnxx = 0, il existe x0 > 0 tel que pour tout x > x0 ,
ln x
6 ε.
x
Soit n0 un entier vérifiant n0 > x0 . Alors, pour tout n > n0 ,
ln n
6 ε.
n
Comme ε est arbitraire, cela montre que limn→+∞ ln n
n = 0.

Proposition 10 (Opérations valides sur les o).


Soient (un )n∈N , (vn )n∈N (wn )n∈N et (xn )n∈N quatre suites réelles, λ ∈ R, α ∈ R∗+ . On a

λo(vn ) = o(vn ) un o(vn ) = o(un vn ) o(vn ) + o(vn ) = o(vn ) o(o(un )) = o(un ) o(un )o(vn ) = o(un vn )

Le sens de cette proposition peut paraître mystérieux lorsqu’on n’est pas encore familier avec les o. Par exemple,
la première assertion signifie que pour n’importe quelle suite (wn )n∈N qui est négligeable devant la suite (vn )n∈N ,
on peut également dire que la suite (λwn )n∈N est encore négligeable devant (vn )n∈N .

Démonstration. Dans toute la preuve, on considère le cas de suites qui ne s’annulent pas. Si cette hypothèse
n’est pas vérifiée, les arguments qui suivent doivent être appliqués à partir d’un certain rang.
Pour démontrer les deux premières assertions, on se donne une suite (wn )n∈N négligeable devant la suite (vn )n∈N .
D’après la définition, il existe une suite (εn )n∈N qui tend vers 0 telle que
∀n ∈ N, w n = ε n vn . (1)
Montrons pour commencer que la suite (λwn )n∈N est négligeable devant la suite (vn )n∈N . Il suffit d’observer que
∀n ∈ N, λwn = λεn vn
et que la suite (λεn )n∈N tend vers 0.
Pour la deuxième assertion, on remarque que
∀n ∈ N, un wn = εn (un vn ),
Quelques rappels d’Analyse 1 4. Comparaison 11

ce qui montre bien que (un wn )n∈N est négligeable devant (un vn )n∈N .
Explicitons le sens de la troisième assertion : pour n’importe quelles suites (wn )n∈N et (wn0 )n∈N qui sont toutes
les deux négligeables devant (vn )n∈N , la suite (wn + wn0 )n∈N est aussi négligeable devant (vn )n∈N . En effet, par
hypothèse, il existe une suite (εn )n∈N qui tend vers 0 telle que
∀n ∈ N, w n = ε n vn . (2)
De même, il existe une suite (ε0n )n∈N qui tend vers 0 telle que
∀n ∈ N, wn0 = ε0n vn . (3)
Alors pour tout n ∈ N, les deux égalités précédentes sont vraies, et en les ajoutant, on obtient :
∀n ∈ N, wn + wn0 = (εn + ε0n )vn .
Comme limn→+∞ (εn + ε0n ) = 0, on peut conclure que wn + wn0 = o(vn ).
On en vient à la quatrième assertion. Commençons par en expliciter le sens : n’importe quelle suite négligeable
devant une suite négligeable devant (un )n∈N est encore négligeable devant (un )n∈N . Prenons donc une suite
quelconque (wn )n∈N négligeable devant (un )n∈N : il existe une suite (εn )n∈N qui tend vers 0 telle que
∀n ∈ N, wn = εn un . (4)
Prenons aussi une suite quelconque (tn )n∈N négligeable devant (wn )n∈N : il existe une suite (ηn )n∈N qui tend
vers 0 telle que
∀n ∈ N, tn = ηn wn . (5)
Alors, pour tout n ∈ N,
tn = ηn wn = ηn εn un .
Comme la suite (ηn εn )n∈N tend vers 0, on en déduit que tn = o(un ).
Montrons enfin la dernière assertion. Prenons une suite quelconque (wn )n∈N négligeable devant (un )n∈N : il
existe une suite (εn )n∈N qui tend vers 0 telle que
∀n ∈ N, wn = εn un . (6)
Prenons aussi une suite quelconque (tn )n∈N négligeable devant (vn )n∈N : il existe une suite (ηn )n∈N qui tend
vers 0 telle que
∀n ∈ N, t n = η n vn . (7)
Alors, pour tout n ∈ N,
wn tn = εn ηn un vn .
Comme la suite (εn ηn )n∈N tend vers 0, on en déduit que wn tn = o(un vn ).

En utilisant le théorème sur les croissances comparées, on peut établir la proposition suivante :

Proposition 11 (Comparaison sur les suites de références).

∀(α,β) ∈ R2 α < β =⇒ nα = o(nβ )

∀α > 0 ∀a > 1 nα = o(an )

∀a > 1 an = o(n!)

n! = o(nn )

∀a > 1 an = o(n!)

∀α > 0 ∀β > 0 (ln n)α = o(nβ )

On peut résumer la proposition précédente grâce à ce diagramme (dans le sens de la flèche chaque suite est
négligeable par rapport à la suivante).
Quelques rappels d’Analyse 1 4. Comparaison 12

Logarithmes  Puissances  Exponentielles

√ n1/2 1,1n
n!
Vitesse de ln n
n n
divergence 2
vers +∞, du ln n
plus lent au n2 en
plus rapide (ln n)2
10n nn
n10

Les résultats ci-dessus se transposent facilement au cas des fonctions.

4.2. Équivalence
Définition 11. 1. Soient (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites réelles qui ne s’annulent pas. La suite (un )n∈N est
équivalente à (vn )n∈N si un − vn = o(vn ). On note alors (un )n∈N ∼ (vn )n∈N .
2. Soient f et g deux fonctions définies sur I qui ne s’annulent pas sur I sauf éventuellement en b. La fonction
f est équivalente à g si f (x) − g(x) = o(g(x)), x → b. On note alors f (x) ∼ g(x), x → b.

La notion d’équivalence décrit un comportement asymptotique, c’est-à-dire lorsque n → +∞ pour les suites,
et lorsque x → b pour les fonctions. Il est possible d’étendre la définition 1. (resp. 2) à des suites (resp. des
fonctions) qui s’annulent en s’appuyant sur la définition de o pour des suites (resp. des fonctions) qui s’annulent.
Cependant, pour simplifier, on pourra considérer que toutes les suites considérées dans cette section ne s’annulent
pas.
Souvent, on simplifie la notation (un )n∈N ∼ (vn )n∈N en écrivant seulement un ∼ vn .
En revenant à la définition de la négligeabilité, il est facile de reformuler le concept d’équivalence en terme de
quotient :

Proposition 12.
Soit (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites réelles qui ne s’annulent pas. On a l’équivalence suivante
un
un ∼ vn ⇐⇒ lim = 1.
n→+∞ vn

Soient f et g deux fonctions qui ne s’annulent pas sauf éventuellement en b. On a l’équivalence suivante

f (x)
f (x) ∼ g(x), x → b ⇐⇒ limx→b = 1.
x6=b g(x)

Démonstration. Démontrons par exemple la deuxième partie de la proposition. Par définition, f (x) ∼ g(x), x → b
est équivalent à f (x) − g(x) = o(g(x)) qui, par la Proposition 9, est aussi équivalent à
f (x) − g(x)
lim = 0.
x→b g(x)
x6=b

Cette limite peut se reformuler en  


f (x)
lim −1 = 0,
x→b g(x)
x6=b
qui est équivalent à
f (x)
lim = 1.
x→b g(x)
x6=b

On déduit facilement de la proposition précédente que un ∼ vn si et seulement si vn ∼ un . On dit que l’équivalence


est une relation symétrique. Une remarque similaire est bien sûr vraie pour les fonctions.
Quelques rappels d’Analyse 1 4. Comparaison 13

Mini-exercices. 1. Montrer les équivalents suivants :


• ln(n) + 22 ∼ ln(n)
• 4n + 5n ∼ 5n
• en + n4 + 1 ∼ en
2. Pour toutes suites (un )n∈N ,(vn )n∈N et (wn )n∈N , on a
un ∼ vn et vn ∼ wn =⇒ un ∼ wn .

Proposition 13.
Soient (un )n∈N une suite et ` ∈ R∗ . On a l’équivalence :
un ∼ ` ⇐⇒ lim un = `.
n→+∞

Dans cet énoncé, à gauche du signe ⇐⇒, on a noté ` la suite constante dont tous les termes sont égaux à `.
Les équivalents sont très utiles pour calculer des limites. Si (un )n∈N admet un équivalent dont on connaît la
limite, alors on connaît la limite de (un )n∈N :

Proposition 14.
Soient (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites. Si un ∼ vn et lim vn = ` ∈ R, alors lim un = `.
n→+∞ n→+∞

On rappelle que R = R ∪ {−∞, + ∞}.

Proposition 15 (équivalent et puissances).


Soient (un )n∈N , (vn )n∈N deux suites réelles strictement positives et α un réel. On a
un ∼ vn =⇒ uα α
n ∼ vn .

uα un α
Démonstration. Il suffit d’observer que si un ∼ vn , alors lim n
α
= lim = 1.
n→+∞ vn n→+∞ vn

Remarque.
Attention, en général on ne peut pas composer des équivalents par une fonction f : un ∼ vn n’implique pas
f (un ) ∼ f (vn ). Voici un contre-exemple : on a n ∼ (n + 1) et pourtant en 6∼ en+1 puisque leur quotient tend
vers e−1 6= 1 ! En revanche, la proposition 15 montre qu’on peut composer des équivalents par les fonctions
puissances.
Remarque.
Il est important de comprendre que dans la proposition 15 le nombre α est un réel fixé indépendant de n. Par
exemple en général un ∼ vn n’implique pas que unn ∼ vnn (exemple : un = 1 et vn = 1 + n1 ...)
Remarque (On ne peut pas ajouter des équivalents en général).
En effet : posons pour tout n ∈ N, un = n + 1, wn = −n + 2, vn = n et xn = −n + 1.
On a bien un ∼ vn et wn ∼ xn mais un + wn = 3 6∼ −1 = vn + xn
En s’appuyant sur la Proposition 12, on obtient l’outil suivant :

Proposition 16 (On peut multiplier des équivalents).


Soient quatre suites (un )n∈N , (vn )n∈N (wn )n∈N et (xn )n∈N .
(
un ∼ vn
=⇒ un wn ∼ vn xn .
w n ∼ xn

La proposition suivante nous donne l’équivalent le plus simple d’un polynôme en n (resp. d’une fraction
rationnelle) : il suffit de garder le terme (resp. le quotient des termes) de plus haut degré.

Proposition 17 (polynôme et fraction rationnelle).


Soient P et Q deux polynômes de terme dominant respectif ap X p et bm X m . Alors
P (n) ap p−m
P (n) ∼ ap np et ∼ n
Q(n) bm

Exemple 9.
Quelques rappels d’Analyse 1 4. Comparaison 14

1. 2n3 − 4n2 + 6n + 17 ∼ 2n3 n4 + 1


2. ∼n
n3 − 6n2

4.3. Développement limités


On redonne ici brièvement les développement limités des fonctions usuelles au voisinage de 0. Tous les dévelop-
pements peuvent se retrouver à partir des deux qui sont encadrés.

x x2 x3 xn
exp x = 1 + 1! + 2! + 3! + ··· + n! + o(xn )

x2 x4 x2n
ch x = 1 + 2! + 4! + ··· + (2n)! + o(x2n+1 )
x x3 x5 x2n+1
sh x = 1! + 3! + 5! + ··· + (2n+1)! + o(x2n+2 )
x2 x4 x 2n
cos x = 1 − 2! + 4! − · · · + (−1)n (2n)! + o(x2n+1 )
x x3 x5 x 2n+1
sin x = 1! − 3! + 5! − · · · + (−1)n (2n+1)! + o(x2n+2 )

α(α−1) 2 α(α−1)...(α−n+1) n
(1 + x)α = 1 + αx + 2! x + ··· + n! x + o(xn )

1
= 1 + x + x2 + x3 + · · · + xn + o(xn )
1−x
1
= 1 − x + x2 − x3 + · · · + (−1)n xn + o(xn )
1+x
x2 3 n 1
ln(1 + x) = x − 2 + x3 − · · · + (−1)n−1 xn + o(xn ) = 1 + x + x2 + · · · + xn + o(xn )
1−x

1+x= 1+ x
2 − 18 x2 + · · · + (−1)n−1 1·1·3·5···(2n−3)
2n n! xn + o(xn )

On peut alors appliquer ces DL à des suites qui tendent vers 0 pour obtenir des équivalents plus ou moins fins
de certaines suites.
Pour ce cours, cet outil sera indispensable pour déterminer la nature de certaines séries ou intégrales.
Exemple 10.
Si lim un = 0 on a
n→+∞

1. eun = 1 + un + o(un ) ; 3. ln(1 + un ) = un + o(un ) ; 5. tan(un ) = un + o(un ) ;


u2n
2. (1 + un ) = 1 + αun + o(un ) ;
α
4. sin(un ) = un + o(un ) ; 6. cos(un ) = 1 − + o(u2n ).
2

... que l’on peut traduire avec des équivalents (on fera attention aux opérations sur les équivalents)...
Exemple 11.
Si lim un = 0 on a
n→+∞

1. eun − 1 ∼ un ; 3. ln(1 + un ) ∼ un ; 5. tan(un ) ∼ un ;


u2n
2. (1 + un ) − 1 ∼ αun ;
α
4. sin(un ) ∼ un ; 6. 1 − cos(un ) ∼ .
2

... mas rien empêche (et on devra souvent le faire) d’aller à un ordre plus grand...
Exemple 12.
Si lim un = 0 on a
n→+∞

u2n α(α − 1)(α − 2) 3 u3n u5


1. eun ∼ 1 + un + ; un ; 4. sin(un ) ∼ un − + n;
2 3! 3! 5!
u2 u3 u4 u 2
u4
2. (1+un )α ∼ 1+αun + α(α−1) u2n + 3. ln(1 + un ) ∼ un − n + n − n ; 5. cos(un ) ∼ 1 − n + n .
2 2 3 4 2 4!
Quelques rappels d’Analyse 1 5. Fonctions 15

5. Fonctions
On se contente de rappeler sans preuve trois théorèmes fondamentaux d’analyse qui sont indispensables pour ce
cours.

Théorème 6 (Théorème des bornes de Weierstrass).


Soit f : [a,b] → R une fonction continue sur un segment. Alors il existe deux réels m et M tels que
f ([a,b]) = [m,M ]. Autrement dit, l’image d’un segment par une fonction continue est un segment.

Le résultat précédent sera revu et démontré dans le chapitre suivant, comme corollaire du théorème de Bolzano-
Weierstrass.

Théorème 7 (Théorème des accroissements finis).


Soit f : [a,b] → R une fonction continue sur [a,b] et dérivable sur ]a,b[. Il existe c ∈]a,b[ tel que

f (b) − f (a) = f 0 (c) (b − a).

Théorème 8 (Formule de Taylor-Young).


Soit f : I → R une fonction de classe C n et soit a ∈ I. Alors pour tout x ∈ I on a :

f 00 (a)
f (x) = f (a) + f 0 (a)(x − a) + 2! (x − a)2 + · · ·
f (n) (a)
··· + n! (x − a)n + o((x − a)n ),

où o((x − a)n ) désigne une fonction de la forme (x − a)n (x) avec  une fonction définie sur I telle que
limx→a (x) = 0.

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