Cyclique
Cyclique
Notations et définitions
Dans tout le problème, K désigne R ou C, N désigne l’ensemble des entiers naturels et n est un entier naturel.
On note Kn [X ] le sous-espace vectoriel de K[X ] des polynômes de degré inférieur ou égal à n à coefficients dans K et,
pour n ⩾ 1, Mn (K) la K-algèbre des matrices carrées de taille n à coefficients dans K. La matrice unité est notée I n et on
désigne par GL n (K) le groupe des matrices inversibles de Mn (K).
Pour toute matrice A de Mn (K), on note A ⊤ la transposée de la matrice A, rg(A) son rang, tr(A) sa trace, χ A =
det(X I n − A) son polynôme caractéristique, π A son polynôme minimal et sp(A) l’ensemble de ses valeurs propres dans
K.
Dans tout le problème, E désigne un espace vectoriel sur le corps K de dimension finie n supérieure ou égale à 2, et
L (E ) est l’algèbre des endomorphismes de E . On note f un endomorphisme de E .
De même, on utilise les notations suivantes, similaires à celles des matrices, pour un endomorphisme f de E :
rg( f ), tr( f ), χ f , π f et sp( f ).
Enfin, on dit que f est cyclique si et seulement s’il existe un vecteur x 0 dans E tel que (x 0 , f (x 0 ), . . . , f n−1 (x 0 )) soit une
base de E .
I — Matrices compagnons
Soit M ∈ Mn (K).
On a :
χM = det(X I n − M ) = det (X I n − M )⊤ = det X I n − M ⊤ = χM ⊤
¡ ¢ ¡ ¢
Ainsi sp(M ) = sp M ⊤ .
¡ ¢
g
1
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=⇒. On suppose que M est diagonalisable, ce qui nous fournit P ∈ GL n (K) et D ∈ Mn (K) diagonale telles que
M = P DP −1 . Donc : ¢⊤ ¡ ¢−1
M ⊤ = P −1 D ⊤ P ⊤ = P ⊤ DP ⊤
¡
⇐=. On suppose que M ⊤ est diagonalisable. Pour montrer que M est diagonalisable, on utilise l’implication
¢⊤
précédente en remarquant que M = M ⊤ .
¡
g
Hérédité. Soit un entier n ⩾ 2. On suppose la propriété vraie pour tout polynôme unitaire de degré n. On
considère Q(X ) = X n+1 + a n X n + · · · + a 0 où les a i ∈ K. On a en développant par rapport à la première ligne :
Conclusion. On a montré par récurrence que la propriété était vraie pour tout polynôme unitaire de degré
⩾ 2. g
Q4. — Soit λ une valeur propre de CQ⊤ . Déterminer la dimension et une base du sous-espace propre associé.
2
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0 1 0 ... 0
.. ..
0 0 1 . .
¡ ¢⊤
On a CQ = .. .. .. et χC ⊤ = χCQ = Q. Ainsi Q(λ) = 0.
. . . 0 Q
0 ... 0 1
−a 0 −a 1 . . . −a n−1
x1
x
2
.. ∈ Mn,1 (K). Alors :
Soit X =
.
xn
λx 1
x2 =
x3 λx 2
=
..
¡ ¢⊤
CQ X = λ · X ⇐⇒ .
λx n−1
xn =
λx n
−a 0 x 1 − . . . − a n−1 x n =
λx 1
x2 =
x3 λ2 x 1
=
..
⇐⇒ .
λn−1 x 1
xn =
n−1
(−a 0 − a 1 λ − . . . − a n−1 λ λn x 1
)x 1 =
Ainsi :
∀i ∈ J2, n K, x i = λi −1 x 1
½
¡ ¢⊤
CQ X = λ · X ⇐⇒
Q(λ)x 1 = 0.
1
³ ³ ´´ ³ ´ λ
Comme λ est racine de Q, alors dim E λ CQ⊤ = 1 et E λ CQ⊤ = vect
X λ := ..
. g
.
λn−1
II — Endomorphismes cycliques
Q5. — Montrer que f est cyclique si et seulement s’il existe une base B de E dans laquelle la matrice de f est de la
forme CQ , où Q est un polynôme unitaire de degré n.
=⇒. On suppose que f est cyclique. Ceci nous fournit x 0 ∈ E tel que B = x 0 , f (x 0 ), . . . , f n−1 (x 0 ) soit une base
¡ ¢
n−1
f n (x 0 ) = λi · f i (x 0 ).
X
i =0
n−1
On pose alors Q = X n + (−λi )X i ∈ K[X ] de sorte que Q est unitaire de degré n et MatB ( f ) = CQ .
X
i =0
⇐=. On suppose qu’il existe une base B = (e 0 , e 1 , . . . e n−1 ) de E dans laquelle la matrice de f est de la
forme CQ , où Q est un polynôme unitaire de degré n. Ainsi, pour tout i ∈ J0, n − 2K, f (e i ) = e i +1 . Donc
(e 0 , f (e 0 ), f 2 (e 0 ), . . . , f n−1 (e 0 )) est une base de E et f est cyclique. g
Q6. — Soit f un endomorphisme cyclique. Montrer que f est diagonalisable si et seulement si χ f est scindé sur K et
a toutes ses racines simples.
3
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⇐=. On suppose que χ f est scindé sur K et a toutes ses racines simples. Ainsi :
=⇒. On suppose que f est diagonalisable. Comme f est cyclique, ceci nous fournit B une base de E et
Q ∈ K[X ] unitaire de degré n tel que MatB ( f ) = CQ d’après 5. Ainsi CQ est diagonalisable et il en est de même
pour CQ⊤ d’après 2. Ainsi :
³ ´
Kn = E λ CQ⊤
M
λ∈sp( f )
d’où : ³ ³ ´´
dim E λ CQ⊤
X
n=
³ ´
λ∈sp CQ
⊤
³ ´ ³ ³ ´´
or on a, pour tout λ ∈ sp CQ⊤ , dim E λ CQ⊤ = 1 d’après 4 donc :
¯ ³ ´¯
¯sp CQ⊤ ¯ = n
¯ ¯
Or d’après 1 : ³ ´
sp CQ⊤ = sp CQ = sp f
¡ ¢ ¡ ¢
donc f admet n valeurs propres distinctes dans K. Par suite, χ f est scindé sur K et a toutes ses racines simples.
g
Q7. — Montrer que si f est cyclique, alors (Id, f , f 2 , . . . , f n−1 ) est libre dans L (E ) et le polynôme minimal de f est de
degré n.
N.B. : Le résultat de cette question ne sera heureusement pas appliqué dans la partie suivante.
g
Q8. — Soit x un vecteur non nul de E . Montrer qu’il existe un entier p strictement positif tel que la famille :
4
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On note : ½ ³ ´ ¾
N x = m ∈ N∗ : f i (x) libre .
0⩽i ⩽m−1
On sait que 1 ∈ N x car x ̸= 0E et que, pour tout m ⩾ n, m ̸∈ N x car dim E = n. Ainsi N x est une partie de
∗
¢ vide majorée par n − 1, donc
¡ i non
N ¡ N x admet un plus grand élément p ∈ N∗ (bon ordre). Ainsi la famille
f (x) 0⩽i ⩽p−1 est libre et la famille f (x) 0⩽i ⩽p est liée, d’où l’existence de (α0 , α1 , . . . , αp−1 ) ∈ Kp tel que :
i
¢
Q9. — Justifier que Vect(x, f (x), f 2 (x), . . . , f p−1 (x)) est stable par f .
On a :
f Vect(x, f (x), f 2 (x), . . . , f p−1 (x)) = Vect( f (x), f 2 (x), f 3 (x), . . . , f p (x))
¡ ¢
car f linéaire. Or :
f p (x) = −α0 · x − α1 · f (x) + · · · − αp−1 · f p−1 (x) ∈ Vect(x, f (x), f 2 (x), . . . , f p−1 (x))
d’où :
f Vect(x, f (x), f 2 (x), . . . , f p−1 (x)) ⊂ Vect(x, f (x), f 2 (x), . . . , f p−1 (x)).
¡ ¢
On note alors f˜ l’endomorphisme induit par f sur Vect(x, f (x), f 2 (x), . . . , f p−1 (x)). D’après ce qui précède :
est une base de Vect(x, f (x), f 2 (x), . . . , f p−1 (x)). On remarque que :
MatB f˜ = CQ
¡ ¢
En reprenant les notations précédentes, on a Q( f )(x) = 0 et il existe P ∈ K[X ] tel que PQ = χ f . Ainsi χ f ( f ) =
P ( f ) ◦ Q( f ) donc :
χ( f )(x) = P ( f ) Q( f )(x) = P ( f )(0) = 0
¡ ¢
car P ( f ) linéaire. On a ainsi montré que, pour tout x ∈ E , χ( f )(x) = 0. Par suite χ( f ) = 0L (E ) . g
Q12. — Montrer que f est cyclique si et seulement si r = n. Préciser alors la matrice compagnon.
5
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=⇒. On suppose f cyclique alors deg π f = n d’après 7. De plus d’après le cours, χ f = X n car f nilpotente.
¡ ¢
Or π f | χ f selon Cayley-Hamilton et π f est unitaire par définition. Donc π f = X n . On en déduit f n = 0 et, pour
tout i ∈ J0, n − 1K, f i ̸= 0. D’où r = n.
⇐=. On suppose que r = n donc f n = 0 et f n−1 ̸= 0. Ceci nous fournit x ∈ E tel que f n−1 (x) ̸= 0. Soit
λ0 , . . . , λn−1 ∈ K tels que :
n−1
λi f i (x) = 0.
X
i =0
On montre que, pour tout i ∈ J0, n − 1K, λi = 0. On suppose, par l’absurde, que la propriété est fausse et on
note alors j le minimum de :
i ∈ J0, n − 1K : λi ̸= 0 .
© ª
Ainsi : Ã ! Ã !
n−1 n−1 n−1
n−1− j i n−1− j
λi · f (x) = f λi · f (x) = λ j · f n−1 (x) +
i
λi · f n−1+i − j (x)
X X X
0= f
i =0 i=j i=j
i n−1 n−1
Or, pour tout i ⩾ p, f (x) = 0 donc λ j · f (x) = 0 et λ j ̸= 0. D’où f (x) = 0 ce qui est absurde. Ainsi
(x, f (x), . . . , f n−1 (x)) est une famille libre composée de n vecteurs de E et dim E = n. Donc (x, f (x), . . . , f n−1 (x))
est une base de E et f est cyclique.
Matrice compagnon. Supposons f cyclique et considérons x ∈ E tel que f n−1 (x) ̸= 0. La matrice de f dans la
base (x, f (x), . . . , f n−1 (x)) de E est :
V — Un critère de cyclicité
Dans cette partie on suppose K = C. On suppose que (Id, f , f 2 , . . . , f n−1 ) est libre et on se propose de montrer que f
est cyclique. On factorise le polynôme caractéristique de f sous la forme
p
χ f (X ) = (X − λk )mk
Y
k=1
où les λk sont les p valeurs propres deux à deux distinctes de f et les m k de N∗ leurs ordres de multiplicité respectifs.
Pour k ∈ J1, p K, on pose F k = ker ( f − λk · IdE )mk .
¡ ¢
Stabilité des F k . Pour k ∈ J1, p K, ( f − λk · IdE )mk et f commutent car C[ f ] est une algèbre commutative. Donc
F k = ker(( f − λk · IdE )mk ) est stable par f .
p
Décomposition de E en somme directe des F k . On a χ f (X ) = (X − λk )mk et les polynômes (X − λk )mk sont
Y
k=1
deux à deux premiers entre eux. Alors selon le lemme de décomposition des noyaux, on a :
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Soit x ∈ F k . On a ( f − λk · Id)mk (x) = 0. Pour tout y ∈ F k , on a ( f − λk Id)(y) = ϕk (y) ∈ F k . Ainsi pour tout p ∈ N :
p
( f − λk Id)p (x) = ϕk (x)
£ ¤
récurrence immédiate sur p
m
donc ϕk k (x) = 0. Comme c’est vrai pour tout x ∈ F k , on conclut que ϕk est un endomorphisme nilpotent de
Fk . g
ν
On note νk le plus petit entier naturel tel que ϕk k = 0.
D’après le cours, l’indice de nilpotence de ϕk , endomorphisme de F k est majoré par dim F k . Ainci
νk ⩽ dim(F k ). g
p
(X − λi )νi . Soit k ∈ J1, p K. Soit x ∈ F k . On a :
Y
On note P =
i =1
p
P ( f ) = (X − λi )νi ( f ) ◦ ( f − λk · Id)νk
Y
i =1
i ̸=k
donc :
p p
¡ ν
P ( f )(x) = (X − λi )νi ( f ) ϕk k (x) = (X − λi )νi ( f ) (0) = 0.
Y ¢ Y
i =1 i =1
i ̸=k i ̸=k
Donc P ( f ) coïncide avec l’endomorphisme nul sur chaque F k et comme E = F 1 ⊕ · · · ⊕ F p d’après 13, P ( f ) = 0.
On note d le degré de P . Comme P est unitaire, (Id, f , f 2 , . . . , f d ) est liée donc d ⩾ n car (Id, f , f 2 , . . . , f n−1 ) est
libre.
Or
p
νi
X
d=
i =0
p
νi . On remarque, à l’aide de la question 14, que νk ⩽ m k , pour tout k ∈ J1, p K.
X
d’où n ⩽
i =0
Donc :
p p
νk ⩽
X X
n⩽ mk = n
k=0 i =0
Q17. — Expliciter la dimension de F k pour k ∈ J1, p K, puis en déduire l’existence d’une base B = (u 1 , . . . , u n ) de E
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dans laquelle f a une matrice diagonale par blocs, ces blocs appartenant à Mmk (C) et étant de la forme :
λk
0 ... ... ... 0
.. ..
1 λk . .
.. ..
λk
0 1 . .
.
. .. .. .. .. ..
..
. . . . .
.
.. ..
.
. . . λk 0
0 ... ... 0 1 λk
Dimension des F k . Comme E = F 1 ⊕ · · · ⊕ F p d’après 13 et, pour tout k ∈ J1, p K, νk ⩽ dim(F k ) d’après 15. On a
donc avec la question précédente :
p p
νk ⩽
X X
n= dim(F k ) = n.
k=1 k=1
Existence d’une base idoine. ϕk est un endomorphisme nilpotent de F k d’indice νk = m k = dim (F k ) donc
selon 12, ϕk est nilpotent et cyclique. Ceci nous fournit une base Bk de F k tel que :
0 0 ... ... ... 0
.. ..
1 0
. .
.. ..
0 1 0 . . ∈ Mm (C).
MatBk (ϕk ) =
. .
.. .. . .. . .. . .
. . ..
k
.
.. ..
.
. . . 0 0
0 ... ... 0 1 0
λk
0 ... ... ... 0
.. ..
1 λk . .
.. ..
1 λk
0 . .
∈ Mm (C).
MatBk ( f k ) =
.
.. . .. . .. . .. ...
.. k
.
.
.. ..
.
. . . λk 0
0 ... ... 0 1 λk
En concaténant les bases Bk pour k allant de 1 à p. On obtient une base B adaptée à la décomposition en
somme directe E = F 1 ⊕· · ·⊕F p . Ainsi B = (u 1 , . . . , u n ) est une base de E dans laquelle f a une matrice diagonale
par blocs de formes voulues.
Remarque. Pour la suite on peut démontrer que pour une telle base on a nécessairement :
puis :
∀k ∈ J1, p K, ∀i ∈ J1, m k K, u m1 +···+mk−1 +i ∈ F k .
On peut aussi supposer que l’on travaille avec la base choisie.
g
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f i (u m1 +···+mk−1 +1 ) ∈ F k
P ( f )(u m1 +···+mk−1 +1 ) ∈ F k
est une base de F k . On a vu que la matrice de ϕk dans cette base est C X mk . Donc πϕk = X mk car ϕk est cyclique,
nilpotent et dim(F k ) = m k selon 12.
puis :
∀k ∈ J1, p K, ∀i ∈ J1, m k K, u m1 +···+mk−1 +i ∈ F k .
Par ailleurs, on montre facilement que :
car P (ϕk ) commute avec tout ϕik et que ϕik (e k ) 0⩽i <m est une base de F k .
¡ ¢
k
De plus, Q(ϕk ) = 0 si et seulement si X mk | Q (ϕk nilpotent et cyclique) donc :
Comme les (X − λk )mk sont deux à deux premiers entre eux, on a finalement :
p
(X − λk )mk | Q.
Y
Q( f )(x 0 ) = 0 ⇐⇒
k=1
p
(X − λk )mk | Q
Y
k=1
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donc Q est le polynôme nul et ainsi, pour tout i ∈ J0, n − 1K, λi = 0. Donc f i (x 0 ) 0⩽i ⩽n−1 est une famille libre
¡ ¢
de n vecteurs de E et n = dim E , d’où f i (x 0 ) 0⩽i ⩽n−1 est une base de E . Ceci justifie que f est cyclique.
¡ ¢
g
L’application :
¯ L (E ) L (E )
¯
¯ −→
¯ g 7−→ f ◦g −g ◦ f
est un endomorphisme de L (E ) dont le noyau est C ( f ). Ainsi C ( f ) est un sous-espace vectoriel de L (E ).
De plus, soit g et h ∈ C ( f ). On a (g ◦ h) ◦ f = g ◦ f ◦ h = f ◦ (g ◦ h). Ainsi C ( f ) est stable par ◦ et il est clair que
Id ∈ C ( f ). g
On suppose que f est cyclique et on choisit un vecteur x 0 dans E tel que (x 0 , f (x 0 ), . . . , f n−1 (x 0 )) est une base de E .
Soit g ∈ C ( f ), un endomorphisme qui commute avec f .
n−1
λk · f k (x 0 ).
X
g (x 0 ) =
k=0
n−1
λk · f k coïncident sur la base (x 0 , f (x 0 ), . . . , f n−1 (x 0 )). On
X
Il suffit d’établir que les applications linéaires g et
k=0
montre par récurrence immédiate que : ³ ´
∀i ∈ N, g ∈C f i .
n−1
λk · f k . Ainsi g ∈ K[ f ].
X
donc g = g
k=0
Q23. — Établir que g ∈ C ( f ) si et seulement s’il existe un polynôme R ∈ Kn−1 [X ] tel que g = R( f ).
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On vient d’établir le sens direct (avec un polynôme de degré ⩽ n − 1). La réciproque vient du fait que K[ f ] est
une algèbre commutative. g
On se propose de démontrer le théorème de décomposition de Frobenius : toute matrice est semblable à une matrice
diagonale par blocs, ces blocs étant des matrices compagnons.
Q24. — Montrer que si la réunion d’un nombre fini de sous-espaces vectoriels F 1 , . . . , F r de E est un sous-espace
vectoriel, alors l’un des sous-espaces F i contient tous les autres.
On suppose que G = F 1 ∪· · ·∪F r est un sous espace de E . Par l’absurde, on suppose qu’aucun des sous-espaces
F i ne contient tous les autres. Ainsi r ⩾ 2 et G ̸= {0}.
Quitte à réduire le nombre, on peut supposer qu’aucun F i n’est inclus dans la réunion des autres. Cela nous
fournit x 1 ∈ F 1 qui n’est dans aucun des F i pour i ⩾ 2. Comme, F 1 ̸= G et on peut aussi trouver y ∈ G \ F 1 .
Pour tout scalaire λ, on a y + λx 1 ̸∈ F 1 (car sinon y ∈ F 1 ) et ainsi y + λx 1 ∈ F 2 ∪ · · · ∪ F r . La droite affine y + Kx 1
est donc incluse dans F 2 ∪ · · · ∪ F r et contient une infinité d’éléments car K est infini et :
¯
¯ K −→ F 2 ∪ · · · ∪ F r
¯
¯ t 7−→ y + t · x1
est injective car x 1 ̸= 0. Ceci nous fournit j ∈ J2, r K et λ1 ̸= λ2 dans K tels que y + λ1 · x 1 ∈ F j et y + λ2 · x 1 ∈ F j .
Donc x 1 ∈ F j (par combinaison linéaire). Ce qui est absurde.
Corps finis. Pour le cas général, la preuve doit utiliser le fait que K infini. En effet, si je prend K = F2 , E = K2 ,
SestS
F 1 = Vect ((1, 0)), F 2 = Vect ((0, 1)) et F 3 = Vect ((1, 1)). On a E = F 1 F 2 F 3 et pourtant aucun des sous-espaces
F i ne contient tous les autres. g
On note d le degré de π f .
Comme : © ª
I x = P ∈ K[X ] : P ( f )(x) = 0
est le noyau de l’application linéaire ϕx , I x un sous-groupe de (K[X ], +). Pour P ∈ I x et Q ∈ K[X ], on a QP ∈ I x
car : ¡ ¢ ¡ ¢
(QP )( f )(x) = Q( f ) ◦ P ( f ) (x) = Q( f ) P ( f )(x) = 0
car Q( f ) ∈ L (E ), d’où I x est un idéal de K[X ]. Comme π f ∈ I x , cet idéal est non réduit à {0}, ce qui nous fournit
π f ,x ∈ K[X ] unitaire (donc non nul) tel que :
I x = π f ,x K[X ] = π f ,x P : P ∈ K[X ] .
© ª
On remarque que :
∀x ∈ E , π f ,x | π f .
N
α
Si on écrit π f =
Y
P i i décomposition en facteurs irréductibles, où N ∈ N∗ , les P i sont irréductibles unitaires
k=1
et distincts deux-à-deux et enfin les αi ∈ N∗ .
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N
Alors le nombre de diviseurs unitaires de π f est (αi + 1). Ainsi l’ensemble π f ,x : x ∈ E est fini de cardinal
Y © ª
k=1
N
Y
noté r , où 1 ⩽ r ⩽ (αi + 1). On peut donc choisir u 1 , . . . u r ∈ E , tel que :
k=1
π f ,x : x ∈ E = π f ,ui : i ∈ J1, r K .
© ª © ª
Ainsi :
r
[
E= ker(π f ,ui ( f ))
i =1
car, pour tout x ∈ E , x ∈ ker(π f ,x ( f )). La question 24 nous fournit i 0 ∈ J1, r K tel que ker(π f ,ui 0 ( f )) = E . On note
x 1 = u i 0 et on a ker(π f ,x1 ( f )) = E .
On remarque que π f ,x1 ( f ) = 0L (E ) donc π f | π f ,x1 . Or π f ,x1 | π f et ce sont des polynômes unitaires donc
π f ,x1 = π f .
Finalement :
⇐⇒ π f | P
¡ ¢
∀P ∈ K[X ], P ( f )(x 1 ) = 0
On pose e 1 = x 1 , e 2 = f (x 1 ), . . ., e d = f d −1 (x 1 ) et E 1 = Vect(e 1 , e 2 , . . . , e d ).
© ª
Q26. — Montrer que E 1 est stable par f et que E 1 = P ( f )(x 1 ) : P ∈ K[X ] .
Soit P ∈ K[X ]. Comme π f ̸= 0, le théorème de la division euclidienne nous fournit Q et R ∈ K[X ] tels que
On a alors :
© ª
On conclut que E 1 = P ( f )(x 1 ) : P ∈ K[X ] . g
MatB (ψ1 ) = C π f
qui est la matrice compagnon du π f polynôme unitaire de degré d = dim(E 1 ). D’après 5, ψ1 est cyclique. g
Q28. — Montrer que F est stable par f et que E 1 et F sont en somme directe.
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Pour i ∈ N, on note : ³ ´
F i = ker Φ ◦ f i
\
ainsi F = F i est bien un sous-espace de E . De plus, on a pour i ⩾ 1, f (F i ) ⊂ F i −1 donc :
i ∈N
à !
\ \ \
f (F ) ⊂ f Fi ⊂ f (F i ) ⊂ F i −1 = F
i ∈N∗ i ∈N∗ i ∈N∗
d
λk · e k
X
u=
k=1
dX
−1
u= λk · e k
k=1
puis :
dX
−1
f (u) = λk · e k+1
k=1
et donc λd −1 = 0. Ainsi :
dX
−2
f (u) = λk · e k+1 .
k=1
En faisant comme à la question précédente, on obtient x = 0. L’autre inclusion étant évidente, on a ker(Ψ1 ) =
{0}. Ainsi Ψ1 est une application linéaire injective entre E 1 et Kd .
Or dim(E 1 ) = d = dim(Kd ). En utilisant le théorème du rang, on obtient que Ψ1 est surjective puis bijective. g
De la question précédente, on déduit que Ψ est surjective de E vers Kd et que ker(Ψ) E 1 = {0}. Ainsi :
T
dim (E 1 ) = d = rg (Ψ)
et :
dim(E ) = dim (ker(Ψ)) + rg(Ψ) = dim (ker(Ψ)) + dim (E 1 )
donc E = E 1 ⊕ ker(Ψ).
13
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d\
−1
On a ker(Ψ) = F i (les F i sont introduits en 28) on a donc F ⊂ ker(Ψ).
i =0
Soit x ∈ ker(Ψ). Montrons que x ∈ F Soit i ∈ N. Il suffit d’établir que Φ( f i (x)) = 0. Le théorème de la division
dX−1
euclidienne nous fournit Q et R ∈ K[X ] tel que deg(R) < d et X i = Q π f + R. On peut écrire R = a k X k . On a
k=0
comme en 26 et car Φ est linéaire :
dX
−1 ³ ´
Φ( f i (x)) = Φ (0) + Φ R( f )(x) = 0 + a k Φ f k (x) = 0
¡ ¢
k=0
Q31. — En déduire qu’il existe r sous-espaces vectoriels de E , notés E 1 , . . . , E r , tous stables par f , tels que :
(a) E = E 1 ⊕ · · · ⊕ E r ;
(b) pour tout 1 ⩽ i ⩽ r , l’endomorphisme ψi induit par f sur le sous-espace vectoriel E i est cyclique ;
(c) si on note P i le polynôme minimal de ψi , alors P i +1 divise P i pour tout entier i tel que 1 ⩽ i ⩽ r − 1.
Préambule. Avant de commencer la construction par récurrence, on remarque que dans ce qui précède le
polynôme minimal de f est celui de ψ1 et donc que :
∀x ∈ F, πψ1 ( f )(x) = 0.
∀ x ∈ G1, P 1 ( f )(x) = 0.
Conclusion. Cette construction algorithmique s’arrête car à chaque étape dim(E k ) ⩽ 1 et donc r ⩽ dim(E ). g
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LYCÉE H ENRI P OINCARÉ , N ANCY M ATHÉMATIQUE MPI-MPI* 2324
Ainsi définie, Λ est linéaire de L (E 1 ) × · · · × L (E r ) à valeurs dans L (E ). De plus on montre facilement que Λ
est injective et que :
Λ C (ψ1 ) × · · · ×C (ψr ) ⊂ C ( f ).
¡ ¢
Ainsi : ¡ ¢ ¡ ¢ ¡ ¢ ¡ ¢
dim C ( f ) ⩾ dim C (ψ1 ) × · · · ×C (ψr ) = dim C (ψ1 ) + · · · + dim C (ψr )
³ ´
n −1
or pour i ∈ J1, r K, en notant n i = dim(E i ), on a C (ψi ) = Vect ψ0i , ψ1i , . . . , ψi i d’après 23. Comme ψi est
³ ´
0 1 n i −1
cyclique alors ψi , ψi , . . . , ψi est libre d’après 7. Donc :
¡ ¢
dim C (ψi ) = n i = dim (E i )
d’où ¡ ¢ ¡ ¢
dim C (ψ1 ) + · · · + dim C (ψr ) = dim (E 1 ) + · · · + dim (E r ) = dim (E 1 ⊕ · · · ⊕ E r ) = dim(E ) = n.
Ainsi la dimension de C ( f ) est supérieure ou égale à n. g
Q33. — On suppose que f est un endomorphisme tel que l’algèbre C ( f ) est égale à K[ f ]. Montrer que f est cyclique.
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