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Cyclique

Le document traite des endomorphismes cycliques et des matrices compagnons dans le cadre de l'algèbre linéaire. Il présente des notations, des définitions et des résultats théoriques concernant les propriétés des matrices et des endomorphismes, notamment la diagonalisabilité et les polynômes caractéristiques. Les questions posées permettent d'explorer ces concepts à travers des démonstrations et des exemples concrets.

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LYCÉE H ENRI P OINCARÉ , N ANCY M ATHÉMATIQUE MPI-MPI* 2324

E NDOMORPHISMES CYCLIQUES C ORRIGÉ DM

par David Blottière, le 6 novembre 2023 à 17h40 6

Extrait du sujet CentraleSupélec 1 MP 2019.

Notations et définitions

Dans tout le problème, K désigne R ou C, N désigne l’ensemble des entiers naturels et n est un entier naturel.

On note Kn [X ] le sous-espace vectoriel de K[X ] des polynômes de degré inférieur ou égal à n à coefficients dans K et,
pour n ⩾ 1, Mn (K) la K-algèbre des matrices carrées de taille n à coefficients dans K. La matrice unité est notée I n et on
désigne par GL n (K) le groupe des matrices inversibles de Mn (K).

Pour toute matrice A de Mn (K), on note A ⊤ la transposée de la matrice A, rg(A) son rang, tr(A) sa trace, χ A =
det(X I n − A) son polynôme caractéristique, π A son polynôme minimal et sp(A) l’ensemble de ses valeurs propres dans
K.

Dans tout le problème, E désigne un espace vectoriel sur le corps K de dimension finie n supérieure ou égale à 2, et
L (E ) est l’algèbre des endomorphismes de E . On note f un endomorphisme de E .

On note f 0 = IdE et ∀k ∈ N, f k+1 = f k ◦ f .

Si Q ∈ K[X ] avec Q(X ) = a 0 + a 1 X + · · · + a m X m , Q( f ) désigne l’endomorphisme a 0 IdE + a 1 f + · · · + a m f m . On note


K[ f ] la sous-algèbre commutative de L (E ) constituée des endomorphismes Q( f ) quand Q décrit K[X ].

De même, on utilise les notations suivantes, similaires à celles des matrices, pour un endomorphisme f de E :
rg( f ), tr( f ), χ f , π f et sp( f ).

Enfin, on dit que f est cyclique si et seulement s’il existe un vecteur x 0 dans E tel que (x 0 , f (x 0 ), . . . , f n−1 (x 0 )) soit une
base de E .

I — Matrices compagnons

Soit M ∈ Mn (K).

Q1. — Montrer que M et M ⊤ ont même spectre.

On a :
χM = det(X I n − M ) = det (X I n − M )⊤ = det X I n − M ⊤ = χM ⊤
¡ ¢ ¡ ¢

donc, pour tout λ ∈ K,


λ ∈ sp(M ) ⇔ χM (λ) = 0
⇔ χM ⊤ (λ)
¡ = 0¢
⇔ λ ∈ sp M ⊤

Ainsi sp(M ) = sp M ⊤ .
¡ ¢
g

Q2. — Montrer que M ⊤ est diagonalisable si et seulement si M est diagonalisable.

1
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=⇒. On suppose que M est diagonalisable, ce qui nous fournit P ∈ GL n (K) et D ∈ Mn (K) diagonale telles que
M = P DP −1 . Donc : ¢⊤ ¡ ¢−1
M ⊤ = P −1 D ⊤ P ⊤ = P ⊤ DP ⊤
¡

d’où M ⊤ est diagonalisable.

⇐=. On suppose que M ⊤ est diagonalisable. Pour montrer que M est diagonalisable, on utilise l’implication
¢⊤
précédente en remarquant que M = M ⊤ .
¡
g

Q3. — Soit (a 0 , a 1 , . . . , a n−1 ) ∈ Kn et Q(X ) = X n + a n−1 X n−1 + · · · + a 0 . On considère la matrice

0 ... ... ... 0 −a 0


 
1 0 ... ... 0 −a 1 
 
 .. .. 
0
 1 . . −a 2 
CQ = 
 .. .. .. .. .. .. 
. . . . . . 

 ..
 
.. 
. . 1 0 −a n−2 
0 ... ... 0 1 −a n−1

Déterminer en fonction de Q le polynôme caractéristique de CQ .

On montre que χCQ = Q par récurrence sur deg(Q) = n ⩾ 2.


µ ¶
0 −a 0
Initialisation. On suppose que deg(Q) = 2 ainsi Q = X 2 + a 1 X + a 0 et CQ = ∈ M2 (K). On a χCQ =
1 −a 1
X 2 − trCQ )X + det(CQ ) = X 2 + a 1 X + a 0 ce qui prouve l’initialisation.

Hérédité. Soit un entier n ⩾ 2. On suppose la propriété vraie pour tout polynôme unitaire de degré n. On
considère Q(X ) = X n+1 + a n X n + · · · + a 0 où les a i ∈ K. On a en développant par rapport à la première ligne :

¯X ... ... ... 0 a0


¯ ¯
¯
¯ ¯
¯−1
¯ X ... ... 0 a1 ¯
¯
¯ .. .. ¯
¯0 −1 . . a 2 ¯¯
χCQ
¯
= ¯ .
¯ . .. .. .. .. .. ¯¯
¯ . . . . . . ¯
¯ ..
¯ ¯
.. ¯
¯ .
¯ . −1 X a n−1 ¯¯
¯0 ... ... 0 −1 X + a n ¯[n+1]
.
¯ ¯ ¯ ¯
¯−X
¯ ... ... 0 a 1 ¯¯ ¯−1
¯ X ... ... 0 ¯
¯
¯ .. .. ¯ ¯ .. .. ¯
¯ −1
¯ . . a2 ¯ ¯ ¯0
¯ −1 . . ¯
¯
.. .. ¯ ¯ . ..
X ¯¯ . . . .. .. n+2 .. .. ..
¯ ¯ ¯
= . . . . ¯ + (−1) a 0 ¯¯ .. . . . .
¯
¯
¯ ..
¯ ¯ ¯ ¯
¯ .. ¯ .. ¯
¯
¯ . −1 X a n−1 ¯¯ ¯ .
¯ . −1 X ¯
¯
¯ ... ... 0 −1 X + a n ¯[n] ¯0 ... ... 0 −1 ¯
[n]
n 2n+2
On note R = X + a n X −1
+ · · · + a 1 et on a χCQ = X χC R + a 0 (−1) Par hypothèse, on a χC R = R donc χCQ =
X R + a0 = Q

Conclusion. On a montré par récurrence que la propriété était vraie pour tout polynôme unitaire de degré
⩾ 2. g

Q4. — Soit λ une valeur propre de CQ⊤ . Déterminer la dimension et une base du sous-espace propre associé.

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 
0 1 0 ... 0
 .. .. 
 0 0 1 . . 
¡ ¢⊤  
On a CQ =  .. .. ..  et χC ⊤ = χCQ = Q. Ainsi Q(λ) = 0.
 
 . . . 0  Q
 
 0 ... 0 1 
−a 0 −a 1 . . . −a n−1
 
x1
x 
 2
 ..  ∈ Mn,1 (K). Alors :
Soit X =  
 . 
xn

λx 1


 x2 =
x3 λx 2



 =
..
¡ ¢⊤ 
CQ X = λ · X ⇐⇒ .

λx n−1



 xn =
λx n

−a 0 x 1 − . . . − a n−1 x n =

λx 1


 x2 =
x3 λ2 x 1



 =
..

⇐⇒ .

λn−1 x 1



 xn =
n−1
(−a 0 − a 1 λ − . . . − a n−1 λ λn x 1

)x 1 =

Ainsi :
∀i ∈ J2, n K, x i = λi −1 x 1
½
¡ ¢⊤
CQ X = λ · X ⇐⇒
Q(λ)x 1 = 0.
  
1
³ ³ ´´ ³ ´   λ 
Comme λ est racine de Q, alors dim E λ CQ⊤ = 1 et E λ CQ⊤ = vect 
  
 X λ :=  ..
 . g
 .

 
λn−1

II — Endomorphismes cycliques

Q5. — Montrer que f est cyclique si et seulement s’il existe une base B de E dans laquelle la matrice de f est de la
forme CQ , où Q est un polynôme unitaire de degré n.

=⇒. On suppose que f est cyclique. Ceci nous fournit x 0 ∈ E tel que B = x 0 , f (x 0 ), . . . , f n−1 (x 0 ) soit une base
¡ ¢

de E Il existe alors (λ0 , λ1 , . . . , λn−1 ) ∈ Kn tel que :

n−1
f n (x 0 ) = λi · f i (x 0 ).
X
i =0

n−1
On pose alors Q = X n + (−λi )X i ∈ K[X ] de sorte que Q est unitaire de degré n et MatB ( f ) = CQ .
X
i =0

⇐=. On suppose qu’il existe une base B = (e 0 , e 1 , . . . e n−1 ) de E dans laquelle la matrice de f est de la
forme CQ , où Q est un polynôme unitaire de degré n. Ainsi, pour tout i ∈ J0, n − 2K, f (e i ) = e i +1 . Donc
(e 0 , f (e 0 ), f 2 (e 0 ), . . . , f n−1 (e 0 )) est une base de E et f est cyclique. g

Q6. — Soit f un endomorphisme cyclique. Montrer que f est diagonalisable si et seulement si χ f est scindé sur K et
a toutes ses racines simples.

3
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⇐=. On suppose que χ f est scindé sur K et a toutes ses racines simples. Ainsi :

|sp( f )| = deg(χ f ) = dim E

et f est diagonalisable d’après le cours.

=⇒. On suppose que f est diagonalisable. Comme f est cyclique, ceci nous fournit B une base de E et
Q ∈ K[X ] unitaire de degré n tel que MatB ( f ) = CQ d’après 5. Ainsi CQ est diagonalisable et il en est de même
pour CQ⊤ d’après 2. Ainsi :
³ ´
Kn = E λ CQ⊤
M
λ∈sp( f )

d’où : ³ ³ ´´
dim E λ CQ⊤
X
n=
³ ´
λ∈sp CQ

³ ´ ³ ³ ´´
or on a, pour tout λ ∈ sp CQ⊤ , dim E λ CQ⊤ = 1 d’après 4 donc :
¯ ³ ´¯
¯sp CQ⊤ ¯ = n
¯ ¯

Or d’après 1 : ³ ´
sp CQ⊤ = sp CQ = sp f
¡ ¢ ¡ ¢

donc f admet n valeurs propres distinctes dans K. Par suite, χ f est scindé sur K et a toutes ses racines simples.
g

Q7. — Montrer que si f est cyclique, alors (Id, f , f 2 , . . . , f n−1 ) est libre dans L (E ) et le polynôme minimal de f est de
degré n.

On suppose que f est cyclique.

Liberté de (Id, f , f 2 , . . . , f n−1 ). Soit (λ0 , . . . , λn−1 ) ∈ Kn tel que :


n
λi · f i = 0L(E ) .
X
i =0

Montrons que, pour tout i ∈ J0, n − 1K, λi = 0.


Comme f est cyclique, il existe x ∈ E tel que B = (x, f (x), . . . , f n−1 (x)) soit une base de E donc :
n
λi · f i (x) = 0L(E ) (x) = 0E .
X
i =0

Ainsi, pour tout i ∈ J0, n − 1K, λi = 0 car B est libre.

Polynôme minimal de f . On note d le degré de π f . D’après le cours on a d = dim K[ f ] . Or (Id, f , f 2 , . . . , f n−1 )


¡ ¢

¡ ¢on a χ f est annulateur de f , d’où π f | χ f . Or


est libre dans K[ f ] donc d ⩾ n. De plus d’après Cayley-Hamilton,
ce sont des polynômes non nuls ainsi on a d = deg π f ⩽ deg χ f = n ainsi n = d .
¡ ¢

N.B. : Le résultat de cette question ne sera heureusement pas appliqué dans la partie suivante.
g

III — Application à une démonstration du théorème de Cayley-Hamilton

Q8. — Soit x un vecteur non nul de E . Montrer qu’il existe un entier p strictement positif tel que la famille :

(x, f (x), f 2 (x), . . . , f p−1 (x))

4
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soit libre et qu’il existe (α0 , α1 , . . . , αp−1 ) ∈ Kp tel que :

α0 · x + α1 · f (x) + · · · + αp−1 · f p−1 (x) + f p (x) = 0.

On note : ½ ³ ´ ¾
N x = m ∈ N∗ : f i (x) libre .
0⩽i ⩽m−1

On sait que 1 ∈ N x car x ̸= 0E et que, pour tout m ⩾ n, m ̸∈ N x car dim E = n. Ainsi N x est une partie de

¢ vide majorée par n − 1, donc
¡ i non
N ¡ N x admet un plus grand élément p ∈ N∗ (bon ordre). Ainsi la famille
f (x) 0⩽i ⩽p−1 est libre et la famille f (x) 0⩽i ⩽p est liée, d’où l’existence de (α0 , α1 , . . . , αp−1 ) ∈ Kp tel que :
i
¢

α0 · x + α1 · f (x) + · · · + αp−1 · f p−1 (x) + f p (x) = 0.

Q9. — Justifier que Vect(x, f (x), f 2 (x), . . . , f p−1 (x)) est stable par f .

On a :
f Vect(x, f (x), f 2 (x), . . . , f p−1 (x)) = Vect( f (x), f 2 (x), f 3 (x), . . . , f p (x))
¡ ¢

car f linéaire. Or :

f p (x) = −α0 · x − α1 · f (x) + · · · − αp−1 · f p−1 (x) ∈ Vect(x, f (x), f 2 (x), . . . , f p−1 (x))

d’où :
f Vect(x, f (x), f 2 (x), . . . , f p−1 (x)) ⊂ Vect(x, f (x), f 2 (x), . . . , f p−1 (x)).
¡ ¢

Q10. — Montrer que X p + αp−1 X p−1 + · · · + α0 divise le polynôme χ f .

On note alors f˜ l’endomorphisme induit par f sur Vect(x, f (x), f 2 (x), . . . , f p−1 (x)). D’après ce qui précède :

B = x, f (x), f 2 (x), . . . , f p−1 (x)


¡ ¢

est une base de Vect(x, f (x), f 2 (x), . . . , f p−1 (x)). On remarque que :

MatB f˜ = CQ
¡ ¢

où Q = α0 + α1 X + · · · + αp−1 X p−1 + X p . Ainsi χ f˜ = Q. On conclut avec χ f˜ | χ f , car f˜ est induit par f . g

Q11. — Démontrer que χ f ( f ) est l’endomorphisme nul.

En reprenant les notations précédentes, on a Q( f )(x) = 0 et il existe P ∈ K[X ] tel que PQ = χ f . Ainsi χ f ( f ) =
P ( f ) ◦ Q( f ) donc :
χ( f )(x) = P ( f ) Q( f )(x) = P ( f )(0) = 0
¡ ¢

car P ( f ) linéaire. On a ainsi montré que, pour tout x ∈ E , χ( f )(x) = 0. Par suite χ( f ) = 0L (E ) . g

IV — Endomorphismes cycliques nilpotents


Dans cette sous-partie, on suppose que f est un endomorphisme nilpotent de E . On note r le plus petit entier naturel
tel que f r = 0.

Q12. — Montrer que f est cyclique si et seulement si r = n. Préciser alors la matrice compagnon.

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=⇒. On suppose f cyclique alors deg π f = n d’après 7. De plus d’après le cours, χ f = X n car f nilpotente.
¡ ¢

Or π f | χ f selon Cayley-Hamilton et π f est unitaire par définition. Donc π f = X n . On en déduit f n = 0 et, pour
tout i ∈ J0, n − 1K, f i ̸= 0. D’où r = n.

⇐=. On suppose que r = n donc f n = 0 et f n−1 ̸= 0. Ceci nous fournit x ∈ E tel que f n−1 (x) ̸= 0. Soit
λ0 , . . . , λn−1 ∈ K tels que :
n−1
λi f i (x) = 0.
X
i =0

On montre que, pour tout i ∈ J0, n − 1K, λi = 0. On suppose, par l’absurde, que la propriété est fausse et on
note alors j le minimum de :
i ∈ J0, n − 1K : λi ̸= 0 .
© ª

Ainsi : Ã ! Ã !
n−1 n−1 n−1
n−1− j i n−1− j
λi · f (x) = f λi · f (x) = λ j · f n−1 (x) +
i
λi · f n−1+i − j (x)
X X X
0= f
i =0 i=j i=j

i n−1 n−1
Or, pour tout i ⩾ p, f (x) = 0 donc λ j · f (x) = 0 et λ j ̸= 0. D’où f (x) = 0 ce qui est absurde. Ainsi
(x, f (x), . . . , f n−1 (x)) est une famille libre composée de n vecteurs de E et dim E = n. Donc (x, f (x), . . . , f n−1 (x))
est une base de E et f est cyclique.

Matrice compagnon. Supposons f cyclique et considérons x ∈ E tel que f n−1 (x) ̸= 0. La matrice de f dans la
base (x, f (x), . . . , f n−1 (x)) de E est :

0 ... ... ... 0 0


 
1 0 ... ... 0 0
 
 .. .. 
0
 1 . . 0 
CX n =
 .. .. .. .. .. .
.. 
. . . . . .
 ..
 
.. 
. . 1 0 0
0 ... ... 0 1 0

V — Un critère de cyclicité

Dans cette partie on suppose K = C. On suppose que (Id, f , f 2 , . . . , f n−1 ) est libre et on se propose de montrer que f
est cyclique. On factorise le polynôme caractéristique de f sous la forme
p
χ f (X ) = (X − λk )mk
Y
k=1

où les λk sont les p valeurs propres deux à deux distinctes de f et les m k de N∗ leurs ordres de multiplicité respectifs.
Pour k ∈ J1, p K, on pose F k = ker ( f − λk · IdE )mk .
¡ ¢

Q13. — Montrer que les sous-espaces vectoriels F k sont stables et que E = F 1 ⊕ · · · ⊕ F p .

Stabilité des F k . Pour k ∈ J1, p K, ( f − λk · IdE )mk et f commutent car C[ f ] est une algèbre commutative. Donc
F k = ker(( f − λk · IdE )mk ) est stable par f .

p
Décomposition de E en somme directe des F k . On a χ f (X ) = (X − λk )mk et les polynômes (X − λk )mk sont
Y
k=1
deux à deux premiers entre eux. Alors selon le lemme de décomposition des noyaux, on a :

ker χ( f ) = ker(( f − λ1 · IdE )m1 ) ⊕ · · · ⊕ ker(( f − λp · IdE )m p ) = F 1 ⊕ · · · ⊕ F p .


¡ ¢

De plus, selon Cayley-Hamilton, χ f ( f ) = 0 et donc ker χ( f ) = E . Il vient E = F 1 ⊕ · · · ⊕ F p .


¡ ¢
g

6
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Pour k ∈ J1, p K, on note ϕk l’endomorphisme induit par f − λk · Id sur le sous-espace vectoriel F k :


¯
¯ F −→ Fk
ϕk ¯¯ k
x 7−→ f (x) − λk · x.

Q14. — Justifier que ϕk est un endomorphisme nilpotent de F k .

Soit x ∈ F k . On a ( f − λk · Id)mk (x) = 0. Pour tout y ∈ F k , on a ( f − λk Id)(y) = ϕk (y) ∈ F k . Ainsi pour tout p ∈ N :
p
( f − λk Id)p (x) = ϕk (x)
£ ¤
récurrence immédiate sur p
m
donc ϕk k (x) = 0. Comme c’est vrai pour tout x ∈ F k , on conclut que ϕk est un endomorphisme nilpotent de
Fk . g

ν
On note νk le plus petit entier naturel tel que ϕk k = 0.

Q15. — Pourquoi a-t-on νk ⩽ dim(F k ) ?

D’après le cours, l’indice de nilpotence de ϕk , endomorphisme de F k est majoré par dim F k . Ainci
νk ⩽ dim(F k ). g

Q16. — Montrer, avec l’hypothèse proposée, que pour tout k ∈ J1, p K, on a νk = m k .

p
(X − λi )νi . Soit k ∈ J1, p K. Soit x ∈ F k . On a :
Y
On note P =
i =1
 
p
P ( f ) =  (X − λi )νi ( f ) ◦ ( f − λk · Id)νk
 Y 
i =1
i ̸=k

donc :    
p p
¡ ν
P ( f )(x) =  (X − λi )νi ( f ) ϕk k (x) =  (X − λi )νi ( f ) (0) = 0.
 Y ¢  Y 
i =1 i =1
i ̸=k i ̸=k

Donc P ( f ) coïncide avec l’endomorphisme nul sur chaque F k et comme E = F 1 ⊕ · · · ⊕ F p d’après 13, P ( f ) = 0.
On note d le degré de P . Comme P est unitaire, (Id, f , f 2 , . . . , f d ) est liée donc d ⩾ n car (Id, f , f 2 , . . . , f n−1 ) est
libre.
Or
p
νi
X
d=
i =0
p
νi . On remarque, à l’aide de la question 14, que νk ⩽ m k , pour tout k ∈ J1, p K.
X
d’où n ⩽
i =0
Donc :
p p
νk ⩽
X X
n⩽ mk = n
k=0 i =0

et les inégalités sont des égalités, i.e., pour tout k ∈ J1, p K, on a νk = m k . g

Q17. — Expliciter la dimension de F k pour k ∈ J1, p K, puis en déduire l’existence d’une base B = (u 1 , . . . , u n ) de E

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dans laquelle f a une matrice diagonale par blocs, ces blocs appartenant à Mmk (C) et étant de la forme :

λk
 
0 ... ... ... 0
 .. ..

1 λk . .
 

.. ..
 
λk
 
0 1 . .
 .
 . .. .. .. .. ..
 ..

 . . . . . 

 .
.. ..

 .
 . . . λk 0

0 ... ... 0 1 λk

Dimension des F k . Comme E = F 1 ⊕ · · · ⊕ F p d’après 13 et, pour tout k ∈ J1, p K, νk ⩽ dim(F k ) d’après 15. On a
donc avec la question précédente :
p p
νk ⩽
X X
n= dim(F k ) = n.
k=1 k=1

Comme à la question précédente, on obtient, pour tout k ∈ J1, p K, νk = m k = dim (F k ).

Existence d’une base idoine. ϕk est un endomorphisme nilpotent de F k d’indice νk = m k = dim (F k ) donc
selon 12, ϕk est nilpotent et cyclique. Ceci nous fournit une base Bk de F k tel que :
 
0 0 ... ... ... 0
 .. .. 
1 0
 . .

.. .. 
 

0 1 0 . .  ∈ Mm (C).

MatBk (ϕk ) = 
. .
 .. .. . .. . .. . .
. . .. 
 k
 
.
.. ..

.
. . . 0 0

0 ... ... 0 1 0

En notant f k l’endomorphisme induit par f sur F k , on a alors :

λk
 
0 ... ... ... 0
 ..  ..
 1 λk . .
 

.. ..
 
1 λk
 
0 . .
 ∈ Mm (C).

MatBk ( f k ) = 
 .
 .. . .. . .. . .. ...
 .. k


 .
 .
.. ..

 .
 . . . λk 0

0 ... ... 0 1 λk

En concaténant les bases Bk pour k allant de 1 à p. On obtient une base B adaptée à la décomposition en
somme directe E = F 1 ⊕· · ·⊕F p . Ainsi B = (u 1 , . . . , u n ) est une base de E dans laquelle f a une matrice diagonale
par blocs de formes voulues.

Remarque. Pour la suite on peut démontrer que pour une telle base on a nécessairement :

∀k ∈ J1, p K, ( f − λk · Id)mk (u m1 +···+mk−1 +1 ) = 0

puis :
∀k ∈ J1, p K, ∀i ∈ J1, m k K, u m1 +···+mk−1 +i ∈ F k .
On peut aussi supposer que l’on travaille avec la base choisie.
g

On pose x 0 = u 1 + u m1 +1 + · · · + u m1 +···+m p−1 +1 .

Q18. — Déterminer les polynômes Q ∈ C[X ] tels que Q( f )(x 0 ) = 0.

8
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Pour k ∈ J1, p K, on a u m1 +···+mk−1 +1 ∈ F k . Ainsi, pour tout i ∈ N ;

f i (u m1 +···+mk−1 +1 ) ∈ F k

car F k stable par f puis, pour tout P ∈ C[X ], on a :

P ( f )(u m1 +···+mk−1 +1 ) ∈ F k

car F k est stable par combinaison linéaire. Et ainsi :


p
X
P ( f )(x 0 ) = P ( f )(u m1 +···+mk−1 +1 )
k=1

est la décomposition de P ( f )(x 0 ) sur F 1 ⊕ · · · ⊕ F p .


Soit Q ∈ C[X ]. On a donc :
Q( f )(x 0 ) = 0 ⇐⇒ ∀k ∈ J1, p K, Q( f )(e k ) = 0.
On note e k = u m1 +···+mk−1 +1 et on a :
³ ´
m −1
Bk = e k , ϕk (e k ), . . . , ϕk k (e k )

est une base de F k . On a vu que la matrice de ϕk dans cette base est C X mk . Donc πϕk = X mk car ϕk est cyclique,
nilpotent et dim(F k ) = m k selon 12.

∀k ∈ J1, p K, ( f − λk Id)mk (u m1 +···+mk−1 +1 ) = 0

puis :
∀k ∈ J1, p K, ∀i ∈ J1, m k K, u m1 +···+mk−1 +i ∈ F k .
Par ailleurs, on montre facilement que :

∀P ∈ C[X ], P (ϕk ) = 0 ⇐⇒ P (ϕk )(e k ) = 0

car P (ϕk ) commute avec tout ϕik et que ϕik (e k ) 0⩽i <m est une base de F k .
¡ ¢
k
De plus, Q(ϕk ) = 0 si et seulement si X mk | Q (ϕk nilpotent et cyclique) donc :

Q( f )(e k ) = 0 ⇐⇒ Q(ϕk + λk · IdFk )(e k ) = 0


⇐⇒ X mk | Q(X + λk )
⇐⇒ (X − λk )mk | Q(X ).

Comme les (X − λk )mk sont deux à deux premiers entre eux, on a finalement :
p
(X − λk )mk | Q.
Y
Q( f )(x 0 ) = 0 ⇐⇒
k=1

Q19. — Justifier que f est cyclique.

Soit (λi )0⩽i ⩽n−1 ∈ Kn tel que :


n−1
λi · f i (x 0 ) = 0.
X
i =0
n−1
λi X i de sorte que Q( f )(x 0 ) = 0. Ainsi :
X
On note Q =
i =0

p
(X − λk )mk | Q
Y
k=1

9
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d’après la question précédente. Ot


à !
p
mk
(X − λk )
Y
deg(Q) ⩽ n − 1 < n = deg
k=1

donc Q est le polynôme nul et ainsi, pour tout i ∈ J0, n − 1K, λi = 0. Donc f i (x 0 ) 0⩽i ⩽n−1 est une famille libre
¡ ¢

de n vecteurs de E et n = dim E , d’où f i (x 0 ) 0⩽i ⩽n−1 est une base de E . Ceci justifie que f est cyclique.
¡ ¢
g

VI — Commutant d’un endomorphisme cyclique


On appelle commutant de f l’ensemble C ( f ) = g ∈ L (E ) : f ◦ g = g ◦ f .
© ª

Q20. — Montrer que C ( f ) est une sous-algèbre de L (E ).

L’application :
¯ L (E ) L (E )
¯
¯ −→
¯ g 7−→ f ◦g −g ◦ f
est un endomorphisme de L (E ) dont le noyau est C ( f ). Ainsi C ( f ) est un sous-espace vectoriel de L (E ).
De plus, soit g et h ∈ C ( f ). On a (g ◦ h) ◦ f = g ◦ f ◦ h = f ◦ (g ◦ h). Ainsi C ( f ) est stable par ◦ et il est clair que
Id ∈ C ( f ). g

On suppose que f est cyclique et on choisit un vecteur x 0 dans E tel que (x 0 , f (x 0 ), . . . , f n−1 (x 0 )) est une base de E .
Soit g ∈ C ( f ), un endomorphisme qui commute avec f .

Q21. — Justifier l’existence de λ0 , λ1 , . . . , λn−1 de K tels que


n−1
λk · f k (x 0 ).
X
g (x 0 ) =
k=0

On a g (x 0 ) ∈ E et (x 0 , f (x 0 ), . . . , f n−1 (x 0 )) est une base de E . D’où l’existence de λ0 , λ1 , . . . , λn−1 de K tels que :

n−1
λk · f k (x 0 ).
X
g (x 0 ) =
k=0

Q22. — Montrer alors que g ∈ K[ f ].

n−1
λk · f k coïncident sur la base (x 0 , f (x 0 ), . . . , f n−1 (x 0 )). On
X
Il suffit d’établir que les applications linéaires g et
k=0
montre par récurrence immédiate que : ³ ´
∀i ∈ N, g ∈C f i .

Soit i ∈ J0, n − 1K. En utilisant 21 et le fait que l’algèbre K[ f ] est commutative :


à !
³ ´ n−1 n−1 ³ ´
i i i k
λk · f (x 0 ) = λk · f k f i (x 0 )
¡ ¢ X X
g f (x 0 ) = f g (x 0 ) = f
k=0 k=0

n−1
λk · f k . Ainsi g ∈ K[ f ].
X
donc g = g
k=0

Q23. — Établir que g ∈ C ( f ) si et seulement s’il existe un polynôme R ∈ Kn−1 [X ] tel que g = R( f ).

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On vient d’établir le sens direct (avec un polynôme de degré ⩽ n − 1). La réciproque vient du fait que K[ f ] est
une algèbre commutative. g

VII — Décomposition de Frobenius

On se propose de démontrer le théorème de décomposition de Frobenius : toute matrice est semblable à une matrice
diagonale par blocs, ces blocs étant des matrices compagnons.

Q24. — Montrer que si la réunion d’un nombre fini de sous-espaces vectoriels F 1 , . . . , F r de E est un sous-espace
vectoriel, alors l’un des sous-espaces F i contient tous les autres.

On suppose que G = F 1 ∪· · ·∪F r est un sous espace de E . Par l’absurde, on suppose qu’aucun des sous-espaces
F i ne contient tous les autres. Ainsi r ⩾ 2 et G ̸= {0}.
Quitte à réduire le nombre, on peut supposer qu’aucun F i n’est inclus dans la réunion des autres. Cela nous
fournit x 1 ∈ F 1 qui n’est dans aucun des F i pour i ⩾ 2. Comme, F 1 ̸= G et on peut aussi trouver y ∈ G \ F 1 .
Pour tout scalaire λ, on a y + λx 1 ̸∈ F 1 (car sinon y ∈ F 1 ) et ainsi y + λx 1 ∈ F 2 ∪ · · · ∪ F r . La droite affine y + Kx 1
est donc incluse dans F 2 ∪ · · · ∪ F r et contient une infinité d’éléments car K est infini et :
¯
¯ K −→ F 2 ∪ · · · ∪ F r
¯
¯ t 7−→ y + t · x1

est injective car x 1 ̸= 0. Ceci nous fournit j ∈ J2, r K et λ1 ̸= λ2 dans K tels que y + λ1 · x 1 ∈ F j et y + λ2 · x 1 ∈ F j .
Donc x 1 ∈ F j (par combinaison linéaire). Ce qui est absurde.

Cas r = 2. Pour r = 2, il existe une preuve classique purement algébrique.

Corps finis. Pour le cas général, la preuve doit utiliser le fait que K infini. En effet, si je prend K = F2 , E = K2 ,
SestS
F 1 = Vect ((1, 0)), F 2 = Vect ((0, 1)) et F 3 = Vect ((1, 1)). On a E = F 1 F 2 F 3 et pourtant aucun des sous-espaces
F i ne contient tous les autres. g

On note d le degré de π f .

Q25. — Justifier l’existence d’un vecteur x 1 de E tel que (x 1 , f (x 1 ), . . . , f ©d −1 (x 1 )) est libre. ª


Indication : pour tout x non nul de E , on pourra remarquer que I x = P ∈ K[X ] : P ( f )(x) = 0 est un idéal de K[X ]
engendré par un polynôme unitaire π f ,x diviseur de π f et considérer les sous-espaces vectoriels ker(π f ,x ( f )).

Soit x ∈ E . On considère l’application :


¯
¯ K[X ] −→ E
ϕx ¯¯
P 7−→ P ( f )(x).

Comme : © ª
I x = P ∈ K[X ] : P ( f )(x) = 0
est le noyau de l’application linéaire ϕx , I x un sous-groupe de (K[X ], +). Pour P ∈ I x et Q ∈ K[X ], on a QP ∈ I x
car : ¡ ¢ ¡ ¢
(QP )( f )(x) = Q( f ) ◦ P ( f ) (x) = Q( f ) P ( f )(x) = 0
car Q( f ) ∈ L (E ), d’où I x est un idéal de K[X ]. Comme π f ∈ I x , cet idéal est non réduit à {0}, ce qui nous fournit
π f ,x ∈ K[X ] unitaire (donc non nul) tel que :

I x = π f ,x K[X ] = π f ,x P : P ∈ K[X ] .
© ª

On remarque que :
∀x ∈ E , π f ,x | π f .
N
α
Si on écrit π f =
Y
P i i décomposition en facteurs irréductibles, où N ∈ N∗ , les P i sont irréductibles unitaires
k=1
et distincts deux-à-deux et enfin les αi ∈ N∗ .

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N
Alors le nombre de diviseurs unitaires de π f est (αi + 1). Ainsi l’ensemble π f ,x : x ∈ E est fini de cardinal
Y © ª
k=1
N
Y
noté r , où 1 ⩽ r ⩽ (αi + 1). On peut donc choisir u 1 , . . . u r ∈ E , tel que :
k=1

π f ,x : x ∈ E = π f ,ui : i ∈ J1, r K .
© ª © ª

Ainsi :
r
[
E= ker(π f ,ui ( f ))
i =1

car, pour tout x ∈ E , x ∈ ker(π f ,x ( f )). La question 24 nous fournit i 0 ∈ J1, r K tel que ker(π f ,ui 0 ( f )) = E . On note
x 1 = u i 0 et on a ker(π f ,x1 ( f )) = E .
On remarque que π f ,x1 ( f ) = 0L (E ) donc π f | π f ,x1 . Or π f ,x1 | π f et ce sont des polynômes unitaires donc
π f ,x1 = π f .
Finalement :
⇐⇒ π f | P
¡ ¢
∀P ∈ K[X ], P ( f )(x 1 ) = 0

en faisant comme en 19, on montre que (x 1 , f (x 1 ), . . . , f d −1 (x 1 )) est libre. g

On pose e 1 = x 1 , e 2 = f (x 1 ), . . ., e d = f d −1 (x 1 ) et E 1 = Vect(e 1 , e 2 , . . . , e d ).
© ª
Q26. — Montrer que E 1 est stable par f et que E 1 = P ( f )(x 1 ) : P ∈ K[X ] .

En faisant comme en 9, on montre que E 1 est stable par f . De plus, on a :


© ª © ª
E 1 = P ( f )(x 1 ) : P ∈ Kd −1 [X ] ⊂ P ( f )(x 1 ) : P ∈ K[X ] .

Soit P ∈ K[X ]. Comme π f ̸= 0, le théorème de la division euclidienne nous fournit Q et R ∈ K[X ] tels que

P = Qπ f + R et deg(R) < d = deg(π f ).

On a alors :

P ( f )(x 1 ) = Q( f ) ◦ π f ( f ) (x 1 ) + R( f )(x 1 ) = R( f )(x 1 ) ∈ T ( f )(x 1 ) : T ∈ Kd −1 [X ] .


£ ¤ © ª

© ª
On conclut que E 1 = P ( f )(x 1 ) : P ∈ K[X ] . g

On note ψ1 l’endomorphisme induit par f sur le sous-espace vectoriel E 1 :


¯
¯ E 1 −→ E1
ψ1 ¯¯
x 7−→ f (x).

Q27. — Justifier que ψ1 est cyclique.

D’après ce qui précède B = (e 1 , e 2 , . . . , e d ) est une base de E 1 . De plus on a :

MatB (ψ1 ) = C π f

qui est la matrice compagnon du π f polynôme unitaire de degré d = dim(E 1 ). D’après 5, ψ1 est cyclique. g

On complète, si nécessaire, (e 1 , e 2 , . . . , e d ) en une base (e 1 , e 2 , . . . , e n ) de E . Soit Φ la d -ième forme coordonnée qui à


tout vecteur x de E associe sa coordonnée suivant e d . On note :
n ³ ´ o
F = x ∈ E : ∀ i ∈ N, Φ f i (x) = 0 .

Q28. — Montrer que F est stable par f et que E 1 et F sont en somme directe.

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Pour i ∈ N, on note : ³ ´
F i = ker Φ ◦ f i
\
ainsi F = F i est bien un sous-espace de E . De plus, on a pour i ⩾ 1, f (F i ) ⊂ F i −1 donc :
i ∈N
à !
\ \ \
f (F ) ⊂ f Fi ⊂ f (F i ) ⊂ F i −1 = F
i ∈N∗ i ∈N∗ i ∈N∗

d’où F est stable par f .


Soit u ∈ E 1 ∩ F . Comme u ∈ E 1 , cela nous fournit λ1 , . . . , λd ∈ K tels que :

d
λk · e k
X
u=
k=1

or Φ(x) = λd et Φ( f 0 (x)) = 0 car u ∈ F , donc λd = 0 d’où :

dX
−1
u= λk · e k
k=1

puis :
dX
−1
f (u) = λk · e k+1
k=1

et donc λd −1 = 0. Ainsi :
dX
−2
f (u) = λk · e k+1 .
k=1

En réitérant le procédé, on trouve λd −2 = . . . = λ1 = 0, donc u = 0.


L’autre inclusion étant évidente, on a E 1 ∩ F = {0} d’où E 1 et F sont en somme directe. g

Soit Ψ l’application linéaire définie par :


¯
¯ E −→ Kd
Ψ ¯
¯
¯ x 7−→ Φ f (x) 0⩽i ⩽d −1 = Φ(x), Φ( f (x)), . . . , Φ f d −1 (x) .
¡ ¡ i ¢¢ ¡ ¡ ¢¢

Q29. — Montrer que Ψ induit un isomorphisme entre E 1 et Kd .

On note Ψ1 l’application linéaire induite par Ψ entre E 1 et Kd . Soit x ∈ ker(Ψ1 ). On a x ∈ E 1 et :


³ ´
Φ(x) = Φ( f (x)) = · · · = Φ f d −1 (x) = 0.

En faisant comme à la question précédente, on obtient x = 0. L’autre inclusion étant évidente, on a ker(Ψ1 ) =
{0}. Ainsi Ψ1 est une application linéaire injective entre E 1 et Kd .
Or dim(E 1 ) = d = dim(Kd ). En utilisant le théorème du rang, on obtient que Ψ1 est surjective puis bijective. g

Q30. — Montrer que E = E 1 ⊕ F .

De la question précédente, on déduit que Ψ est surjective de E vers Kd et que ker(Ψ) E 1 = {0}. Ainsi :
T

dim (E 1 ) = d = rg (Ψ)

et :
dim(E ) = dim (ker(Ψ)) + rg(Ψ) = dim (ker(Ψ)) + dim (E 1 )
donc E = E 1 ⊕ ker(Ψ).

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d\
−1
On a ker(Ψ) = F i (les F i sont introduits en 28) on a donc F ⊂ ker(Ψ).
i =0
Soit x ∈ ker(Ψ). Montrons que x ∈ F Soit i ∈ N. Il suffit d’établir que Φ( f i (x)) = 0. Le théorème de la division
dX−1
euclidienne nous fournit Q et R ∈ K[X ] tel que deg(R) < d et X i = Q π f + R. On peut écrire R = a k X k . On a
k=0
comme en 26 et car Φ est linéaire :
dX
−1 ³ ´
Φ( f i (x)) = Φ (0) + Φ R( f )(x) = 0 + a k Φ f k (x) = 0
¡ ¢
k=0

ainsi F ⊃ ker(Ψ) d’où F = ker(Ψ). On conclut que E = E 1 ⊕ F . g

Q31. — En déduire qu’il existe r sous-espaces vectoriels de E , notés E 1 , . . . , E r , tous stables par f , tels que :
(a) E = E 1 ⊕ · · · ⊕ E r ;
(b) pour tout 1 ⩽ i ⩽ r , l’endomorphisme ψi induit par f sur le sous-espace vectoriel E i est cyclique ;
(c) si on note P i le polynôme minimal de ψi , alors P i +1 divise P i pour tout entier i tel que 1 ⩽ i ⩽ r − 1.

Préambule. Avant de commencer la construction par récurrence, on remarque que dans ce qui précède le
polynôme minimal de f est celui de ψ1 et donc que :

∀x ∈ F, πψ1 ( f )(x) = 0.

Initialisation. On prend E 1 , F et ψ1 comme ci dessus. On a E 1 stable par F et ψ1 cyclique. On pose P 1 = π f =


πψ1 , G 1 = F de sorte que E 1 ⊕G 1 = E . On a :

∀ x ∈ G1, P 1 ( f )(x) = 0.

Hérédité. Soit k ∈ N∗ . On suppose avoir l’existence de k sous-espaces vectoriels de E , notés E 1 , . . . , E k et G k


tous stables par f , tels que :
(a) E = E 1 ⊕ · · · ⊕ E k ⊕G k ;
(b) pour tout 1 ⩽ i ⩽ k, l’endomorphisme ψk induit par f sur le sous-espace vectoriel E i est cyclique ;
(c) si on note P i le polynôme minimal de ψi , alors P i +1 divise P i pour tout entier i tel que 1 ⩽ i ⩽ k − 1 ;
(d) pour tout x ∈ G k ,P k ( f )(x) = 0.
Si dimG k = 0, on s’arrête et on pose r = k. Sinon, on applique 24 à 30 à l’endomorphisme induit par f sur G k .
On obtient alors E k+1 , G k+1 sous espaces stables par f et le polynôme P k+1 tels que :
(a) E = E 1 ⊕ · · · ⊕ E k+1 ⊕G k+1 ;
(b) l’endomorphisme ψk+1 induit par f sur le sous-espace vectoriel E k+1 est cyclique ;
(c) si on note P k+1 le polynôme minimal de ψk+1 , alors P k+1 divise P k ;
(d) pour tout x ∈ G k+1 , P k+1 ( f )(x) = 0.
On a ainsi la construction voulue au rang k + 1.

Conclusion. Cette construction algorithmique s’arrête car à chaque étape dim(E k ) ⩽ 1 et donc r ⩽ dim(E ). g

VIII — Commutant d’un endomorphisme quelconque

Q32. — Montrer que la dimension de C ( f ) est supérieure ou égale à n.

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On reprend les notations de la questions précédente pour la décomposition de Frobenius de f .


On note Λ l’application définie par :
¯
¯ L (E 1 ) × · · · × L (E r ) −→ L (E )
¯
¯ E −→ E
¯ ¯
Λ ¯
¯
r
7−→ Λ(g 1 , . . . , g r ) ¯
¯
(g 1 , . . . , g r ) ¯ X
x −
7 → g (x ) + · · · g (x ) où x = x k et les x k ∈ E k .
¯
¯ ¯ 1 1 r r
k=1
¯

Ainsi définie, Λ est linéaire de L (E 1 ) × · · · × L (E r ) à valeurs dans L (E ). De plus on montre facilement que Λ
est injective et que :
Λ C (ψ1 ) × · · · ×C (ψr ) ⊂ C ( f ).
¡ ¢

Ainsi : ¡ ¢ ¡ ¢ ¡ ¢ ¡ ¢
dim C ( f ) ⩾ dim C (ψ1 ) × · · · ×C (ψr ) = dim C (ψ1 ) + · · · + dim C (ψr )
³ ´
n −1
or pour i ∈ J1, r K, en notant n i = dim(E i ), on a C (ψi ) = Vect ψ0i , ψ1i , . . . , ψi i d’après 23. Comme ψi est
³ ´
0 1 n i −1
cyclique alors ψi , ψi , . . . , ψi est libre d’après 7. Donc :
¡ ¢
dim C (ψi ) = n i = dim (E i )

d’où ¡ ¢ ¡ ¢
dim C (ψ1 ) + · · · + dim C (ψr ) = dim (E 1 ) + · · · + dim (E r ) = dim (E 1 ⊕ · · · ⊕ E r ) = dim(E ) = n.
Ainsi la dimension de C ( f ) est supérieure ou égale à n. g

Q33. — On suppose que f est un endomorphisme tel que l’algèbre C ( f ) est égale à K[ f ]. Montrer que f est cyclique.

On note d = deg π f . D’après le cours, on a dim K[ f ] = d .


¡ ¢ ¡ ¢

Or K[ f ] = C ( f ) et dimC ( f ) ⩾ n donc d ⩾ n. On a π f | χ f comme conséquence de Cayley-Hamilton ainsi


d ⩽ n. Finalement d = n
Or en reprenant les notations précédentes, on a dim(E 1 ) = d = n. Donc E 1 = E et ψ1 = f est cyclique. g

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