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Théâtre Musset Acte I sc.3

Le texte analyse la scène de retrouvailles entre Perdican et Camille dans la pièce 'On ne badine pas avec l'amour' d'Alfred de Musset, mettant en lumière leurs attitudes opposées et les attentes du Baron concernant leur mariage. La première partie souligne l'inquiétude du Baron face à l'indifférence des jeunes gens, tandis que la seconde partie révèle le déséquilibre émotionnel entre Perdican, nostalgique, et Camille, désintéressée. La conclusion indique que la pièce illustre les discordances entre leurs passés et sentiments, rendant l'amour impossible.

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Théâtre Musset Acte I sc.3

Le texte analyse la scène de retrouvailles entre Perdican et Camille dans la pièce 'On ne badine pas avec l'amour' d'Alfred de Musset, mettant en lumière leurs attitudes opposées et les attentes du Baron concernant leur mariage. La première partie souligne l'inquiétude du Baron face à l'indifférence des jeunes gens, tandis que la seconde partie révèle le déséquilibre émotionnel entre Perdican, nostalgique, et Camille, désintéressée. La conclusion indique que la pièce illustre les discordances entre leurs passés et sentiments, rendant l'amour impossible.

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Objet d’étude : Le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle

Texte 1 : Alfred De Musset, On ne badine pas avec l’amour, 1834 Acte I, scène 3
LE BARON. Vénérable Pluche, je suis peiné.
DAME PLUCHE. Est-il possible, Monseigneur ?
LE BARON. Oui, Pluche, cela est possible. J'avais compté depuis longtemps, - j'avais même écrit,
noté, sur mes tablettes de poche, que ce jour devait être le plus agréable de mes jours, - oui, bonne
dame, le plus agréable. - Vous n'ignorez pas que mon dessein était de marier mon fils avec ma nièce
; - cela était résolu, convenu, j'en avais parlé à Bridaine, - et je vois, je crois voir, que ces enfants se
parlent froidement ; ils ne se sont pas dit un mot.
DAME PLUCHE. Les voilà qui viennent, monseigneur. Sont-ils prévenus de vos projets ?
LE BARON. Je leur en ai touché quelques mots en particulier. Je crois qu'il serait bon, puisque les voilà
réunis, de nous asseoir sous cet ombrage propice, et de les laisser ensemble un instant.
Il se retire avec Dame Pluche. - Entrent Camille et Perdican.
PERDICAN. Sais-tu que cela n'a rien de beau, Camille, de m'avoir refusé un baiser ?
CAMILLE. Je suis comme cela ; c'est ma manière.
PERDICAN. Veux-tu mon bras pour faire un tour dans le village ?
CAMILLE. Non, je suis lasse.
PERDICAN. Cela ne te ferait pas plaisir de revoir la prairie ? Te souviens-tu de nos parties sur le
bateau ? Viens, nous descendrons jusqu'aux moulins ; je tiendrai les rames, et toi le gouvernail.
CAMILLE. Je n'en ai nulle envie.
PERDICAN.Tu me fends l'âme. Quoi ! Pas un souvenir, Camille ? pas un battement de coeur pour
notre enfance, pour tout ce pauvre temps passé, si bon, si doux, si plein de niaiseries délicieuses ? Tu
ne veux pas venir voir le sentier par où nous allions à la ferme ?
CAMILLE. Non, pas ce soir.
PERDICAN. Pas ce soir ! Et quand donc ? Toute notre vie est là.
CAMILLE. Je ne suis pas assez jeune pour m'amuser de mes poupées, ni assez vieille pour aimer le
passé.
PERDICAN. Comment dis-tu cela ?
CAMILLE. Je dis que les souvenirs d'enfance ne sont pas de mon goût.
PERDICAN. Cela t'ennuie ?
CAMILLE. Oui, cela m'ennuie.
PERDICAN. Pauvre enfant ! Je te plains sincèrement.
Ils sortent chacun de leur côté.
Introduction :
La rédaction mouvementée de la pièce On ne badine pas avec l’amour peut se comparer à la vie de
son auteur Alfred de Musset. Commencée avant son départ à Venise avec George Sand en 1833,
cette pièce est publiée en 1834 avant de paraître dans Un spectacle dans un fauteuil. Après
l’exposition qui informe sur la situation et sur l’arrivée simultanée de Perdican, fils du baron, et de
Camille, sa cousine, le premier acte marque les retrouvailles entre Perdican et Camille. On retrouve
dans cet extrait deux personnages à l’attitude diamétralement opposée. Cette rencontre confirme
cet écart, déploré d’abord par le baron, puis par Perdican lui-même.
Problématiques :
Comment Musset présente-t-il différentes visions du monde ?
Mouvements :
Mouvement 1 : début → l. 10 : L’inquiétude du Baron face à la relation des deux jeunes gens
Mouvement 2 : l. 11 → fin : le face à face discordant de Perdican et Camille.

Mouvement 1 : L’inquiétude du Baron face à la relation des deux jeunes gens


Dans la première réplique, Le Baron s’adresse à Dame Pluche en la qualifiant par l’adjectif
mélioratif « Vénérable » afin de lui témoigner son respect. Il exprime aussi son chagrin, « je
suis peiné », face à l’attitude des deux jeunes gens. En effet, le baron déclare : « mon dessein
était de marier mon fils avec ma nièce », respectant ainsi la règle au XIXème siècle où les
pères arrangent le mariage de leurs enfants.
Dans sa deuxième réplique, le baron répond à l’interrogation de Dame Pluche dans une
phrase, scandée par les tirets et par une intonation qui marque ses émotions, et met en
évidence la satisfaction égoïste de sa propre volonté. L’emploi des verbes d’action « écrit,
noté » ainsi que les participes passés « résolu, convenu » dont croire que le Baron était sur le
point de réaliser une affaire.
« J’avais compté depuis longtemps, — j’avais même écrit, noté, sur mes tablettes de poche,
que ce jour devait être le plus agréable de mes jours, — oui bonne dame, le plus agréable […]
; cela était résolu, convenu ». L’indice temporel « depuis longtemps », l’adverbe « même »
ainsi que la répétition hyperbolique insistent sur ce « dessein » tant désiré et espéré : marier
les deux jeunes gens
Par ailleurs, l’utilisation de l’adjectif superlatif « le plus agréable » insiste sur le rêve que le
Baron espère se réaliser. Ses doutes sont confirmés à la fin de la réplique par la répétition du
verbe « voir » : ainsi que par l’adverbe « froidement » et la négation « ne
…pas » qui attestent que les deux jeunes gens ne s’entendent pas.
Dans sa réplique, Dame Pluche utilise la tournure interro-passive « sont-ils prévenus », elle
sous-entend que le Baron n’a peut-être pas eu le courage de parler à son fils et
à sa nièce de ce projet de mariage. L’interrogation porte sur la conscience des deux jeunes gens quant
au destin qui les attend.
La réponse du Baron « je leur en ai touché quelques mots en particuliers» demeure évasive.
Le groupe prépositionnel « en particulier » révèle qu’il n’a peut-être pas eu le courage de les
affronter ensemble. L’utilisation du verbe « je crois » ainsi que du conditionnel présent «
qu’il serait bon » indique qu’il veut leur laisser la place afin de donner libre cours à leurs
sentiments. La cause de leur éclipse, mise en relief par la conjonction « puisque » et le
présentatif « voilà » représente un espoir pour le baron de les voir enfin réunis.
Transition : le face à face, tant attendu, des deux futurs mariés montrera la discordance
entre le projet du baron et la réalité.

Mouvement 2 : le face à face discordant de Perdican et Camille.


Au début de ce mouvement, nous assistons à un changement de personnage sans
changement de scène. Lorsqu’ils entrent sur scène, Perdican et Camille entretiennent un
dialogue qui apparaît d’emblée déséquilibré.
Perdican prend l’initiative de cette conversation, et mène le dialogue en multipliant les
questions. Ses répliques sont plus longues que celles de Camille.
Le mouvement s’ouvre sur une question qui contient toute l’amertume ressentie par
Perdican, rejeté. La litote employée dans « Sais-tu que cela n’a rien de beau, Camille, de
m’avoir refusé un baiser ? » est un reproche qui décrit la froideur de Camille.
La réponse de Camille marque un refus du dialogue : la répétition du verbe être à la forme
affirmative « je suis », « c’est », l’utilisation de la première personne du singulier « je », « ma
manière » marquent un repli sur soi.
Perdican multiplie les tentatives pour se rapprocher physiquement de Camille et passer du
temps avec elle. Avec sa question, il tente un rapprochement « Veux-tu mon bras pour faire
un tour dans le village ? » et met en évidence la fierté qu’il pense ressentir.
Camille formule un refus catégorique en utilisant un adjectif pour justifier son refus par un
alibi physique : « Non, je suis lasse ».
Perdican multiplie les propositions et tâche d’obtenir des réponses positives : « Viens, nous
descendrons jusqu’aux moulins ; je tiendrai les rames, et toi le gouvernail. » Avec l’emploi de
la première personne du pluriel, il essaie de construire une relation de connivence en
faisant émerger des souvenirs partagés.
Le second refus de Camille est plus violent car, par sa négation absolue, « Je n’en ai nulle
envie », elle refuse de recréer ce couple.
A la froideur de Camille, s’oppose la sensibilité exprimée avec émotion par Perdican : « Tu
me fends l’âme. Quoi ! pas un souvenir, Camille ? », le registre lyrique est omniprésent dans
les propos de Perdican. L’accumulation des interrogations montre à quel point il idéalise
l’enfance en en faisant le symbole d’une innocence insouciante.
Perdican ne comprend pas les refus de Camille. Ainsi, lorsqu’il reprend : « Pas ce soir », il
ajoute aussitôt une interrogation qui traduit son désarroi « et quand donc ? » sans
comprendre qu’il s’agit implicitement d’un non catégorique. Ceci permet de mesurer la
distance qui sépare les deux personnages. Alors que lui est rattaché aux souvenirs, elle
s’inscrit dans la vérité du présent : « Je ne suis pas assez jeune pour m’amuser de mes
poupées, ni assez vieille pour aimer le passé ».
Par ce parallélisme de construction, elle s’extrait de la conversation en montrant qu’elle ne
se situe pas sur le même plan que Perdican. La double négation (ni, ni) et l’antithèse « jeune
» / « vieille » affirme son refus de tout lyrisme
Pas une seule fois elle ne s’adresse à Perdican à la deuxième personne du singulier : Camille
s’affirme mais ne dialogue pas.
La scène s’achève sur un constat d’ennui qui en arrive à une forme de mépris de la part de
Camille (« Oui, cela m’ennuie »).
Mais la réponse de Perdican lui renvoie ce mépris, car par sa pitié il affiche sa propre
supériorité, sa certitude d’avoir raison : « Pauvre enfant ! je te plains sincèrement.
». La précision dans la didascalie finale, « Ils sortent chacun de leur côté », achève de nouer
l'action : l’intrigue amoureuse semble impossible.

Conclusion
La scène de retrouvailles prévue de longue date entre Perdican et Camille témoigne de
discordances nettes : entre leurs passés respectifs, d’abord, car Camille a reçu une éducation
religieuse stricte contrairement à Perdican ; entre leurs sentiments, ensuite, car l’amour
ressenti par Perdican n’est pas partagé. Le nœud de la pièce est donc fait
Traditionnellement, – comme chez Molière, par exemple – une "comédie" se dénoue par un
mariage qui, même imposé par un père, finit par correspondre aux sentiments des deux
jeunes gens.

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