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Soins Palliatifs

Le document présente une introduction aux soins palliatifs, leur historique, leur importance croissante, notamment en raison de l'augmentation des cancers et de l'impact du VIH/SIDA. Il définit les soins palliatifs selon l'OMS comme une approche visant à améliorer la qualité de vie des patients et de leurs familles en soulageant la souffrance. Le document aborde également les compétences de communication nécessaires pour discuter des questions difficiles avec les patients et leurs familles.

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Soins Palliatifs

Le document présente une introduction aux soins palliatifs, leur historique, leur importance croissante, notamment en raison de l'augmentation des cancers et de l'impact du VIH/SIDA. Il définit les soins palliatifs selon l'OMS comme une approche visant à améliorer la qualité de vie des patients et de leurs familles en soulageant la souffrance. Le document aborde également les compétences de communication nécessaires pour discuter des questions difficiles avec les patients et leurs familles.

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1

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO


MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET
UNIVERSITAIRE

INSTITUT SUPERIEUR TECHNIQUE DE LUBUMBASHI


ISTL

DEPARTEMENT : HOSPITALIERE

ELEMENTS DE SOINS PALLIATIFS


DESTINES AUX ETUDIANTS DE BAC2

ASSISTANT Bienvenu N. MAYALA

EDITION 2023
2

O. INTRODUCTION
1. Historique
Le mouvement moderne des soins palliatifs a débuté en Angleterre dans les
années 1960. L’infirmière Cicely Mary Saunders, née le 22 juin 1918 à Barnet, Hertfordshire
(Angleterre) et morte le 14 juillet 2005 à Londres, est considérée comme fondatrice de ce
mouvement et pionnière des soins palliatifs. C’était une infirmière.
Au départ, les soins palliatifs concernaient essentiellement les patients atteints
de cancers et leurs proches. Cependant, le besoin est toujours plus grand dans les
environnements où les ressources sont limitées où la guérison est souvent impossible en
raison d’une prise en charge tardive et des traitements limités.
C’est l’épidémie de VIH/SIDA qui souligne le besoin des soins palliatifs à
l’heure actuelle. En effet, même quand des thérapies antivirales sont disponibles, les patients
souffrent de symptômes lourds. Le fait de voir de nombreux patients qu’ils ne peuvent aider
décourage et frustre les professionnels de santé.
Les soins palliatifs sont utiles à des personnes souffrant de différentes maladies
qui limitent l’espérance de vie, qu’elles soient à l’hôpital où à domicile, qu’elles soient jeunes
ou âgées, riches ou pauvres.
2. Justification
Le besoin d’une large offre des soins palliatifs n’a jamais été aussi grand. En
effet, le nombre de cancers augmente partout et, dans les environnements aux ressources
limitées, les soins palliatifs sont souvent l’axe principal du traitement.
En Afrique, le VIH affecte directement et indirectement presque toutes les
communautés. Cette situation devient de plus en plus vraie dans d’autres régions du monde.
Dans de nombreux pays, la proportion de la population âgée est en progression, ce qui
augmente le besoin des soins continus pour les personnes atteintes de maladies incurables et
évolutives.
Comme l’a dit Desmond TUTU en 2005, « il s’agit d’une question qui
concerne tout le monde. Nous aimerions tous que notre vie, et celle de nos proches, se
termine dans la sérénité et le bien-être ».
3. Contenu
0. Introduction
Chapitre I. Notions de soins palliatifs
Chapitre II. Parler des questions difficiles
Chapitre III. Contrôler la douleur et autres symptômes
Chapitre IV. Soins au moribond et à la dépouille mortelle
3

CHAPITRE I. NOTIONS DE SOINS PALLIATIFS


1. Définition
Selon l’OMS, les soins palliatifs sont une approche qui améliore la qualité de la
vie des patients et de leurs familles qui sont confrontés aux problèmes liés à des maladies
critiques, grâce à la prévention et au soulagement de la souffrance, en identifiant tôt les
symptômes et en évaluant exactement ainsi qu’en traitant la douleur et d’autres problèmes
d’ordre physique, psychologique, social et spirituel.
2. Pourquoi les soins palliatifs ? (Importance)
Pour aider les personnes qui souffrent de :
- Cancer ;
- VIH ;
- Maladies neurologiques évolutives ;
- Insuffisance rénale ou cardiaque grave
- Maladies pulmonaires en phase terminale ;
- Autres affections qui limitent l’espérance de vie.

3. Approche
Les soins palliatifs utilisent une approche holistique. Ils sont :
 Physiques : douleur, fièvre, fatigue, toux et autres plaintes
 Psychologiques : tristesse, angoisse, peur, colère…
 Sociaux : besoins de la famille, problèmes d’alimentation, de travail, de logement et
de relations avec les autres.
 Spirituels : questions sur le sens de la vie et de la mort, le besoin de sérénité.

4. Objectif
Le principal objectif de ma médecine moderne est de guérir les maladies au
moyen des médicaments, de la chirurgie et d’autres traitements. Il s’avère que la prévention
est meilleure que les traitements et il est mis en place des politiques de santé publique,
notamment des programmes de vaccination et d’éducation sanitaire.
La plupart des services de santé ont été conçus pour le traitement et la
prévention des maladies. Mais, après avoir travaillé dans ces services, de nombreux
professionnels de santé prennent conscience qu’un besoin important n’est pas satisfait : les
soins continus des malades qui ne guérissent pas.
L’objectif des soins palliatifs n’est pas de rallonger ou de raccourcir la vie des
patients, mais d’améliorer la qualité de leur vie pour que le reste de la vie (qu’il s’agisse de
jours, de semaines, de mois ou d’années) soit aussi serein et positif que possible.
5. Caractéristiques
a. Les soins palliatifs concernent la vie autant que la mort
Les soins palliatifs ne consistent pas seulement à prendre soin de quelqu’un
dans les derniers jours de sa vie ; mais en effet, il s’agit de soulager les souffrances et
4

d’améliorer la qualité de la vie depuis le moment où une personne découvre qu’elle est
atteinte d’une maladie incurable.
b. Les soins palliatifs se prodiguent en parallèle et au sein d’autres programmes de
soins
Les soins palliatifs ne remplacent pas les autres soins. Ils peuvent être intégrés
à des programmes existant et doivent faire partie des soins prodigués à toute personne atteinte
d’une maladie qui limite l’espérance de vie.
De nombreux programmes hospitaliers offrent de bon traitements aux malades
(ex. les antirétroviraux pour les PVV, la chimiothérapie et radiothérapie pour les cancers)
mais ne savent pas aider les patients à régler leurs problèmes d’angoisse, de chagrin,
d’isolement et de stigmatisation. Les soins palliatifs peuvent être intégrés à ces différents
types de programmes et offrir ainsi des soins holistiques.

Contrôle de la douleur et d’autres symptômes + soutien psychologique ₌ soins palliatifs

c. Avec les soins palliatif la réponse n’est jamais « on ne peut rien faire »
De nombreux patients souffrant d’une maladie qui limite la vie ont de
nombreux problèmes devant lesquels les professionnels de la santé et les aidants peuvent se
sentir désarmés et impuissants. Les gens sont souvent renvoyés chez eux après qu’on leur dit :
« on ne peut rien faire ». Par contre, les professionnels des soins palliatifs doivent s’attacher
à ce qu’ils peuvent faire, plutôt que se laisser décourager par ce qu’ils ne peuvent pas faire.
Par exemple :
 Ils peuvent ne pas guérir les maladies incurables, mais peuvent contrôler de nombreux
symptômes sources de douleurs ;
 Ils peuvent ne pas éliminer la douleur du deuil, mais peuvent accompagner ceux qui
portent le deuil et partager leur tristesse ;
 Ils peuvent ne pas avoir toutes les réponses, mais peuvent écouter toutes les questions.
Un jeune clinicien en soins palliatifs au Malawi confie :
« Je me souviens de mon premier patient lorsque j’ai commencé à travailler dans un hôpital
public surchargé et sous financé : je suis entré dans une petite salle au service des enfants et
j’ai vu une adolescente allongée sur un matelas, à demi consciente, moribonde. Sa grand-
mère était assise dans un coin de la pièce. Je voulais m’en fuir. Je ne voyais pas ce que je
pouvais apporter dans une situation si désespérée. Mais j’ai décidé de considérer ce que je
pouvais faire plutôt que ce que je ne pouvais pas faire. J’ai donc montré à la grand-mère
comment lui laver la bouche et lui passer un peu de solution de violet de gentiane pour traiter
le muguet. J’ai trouvé un autre oreiller et utilisé l’un des pagnes de la grand-mère pour que
le lit soit plus confortable et s’a juste à sa position. J’ai expliqué qu’elle devait la tourner
régulièrement pour éviter les escarres. Je lui ai également donné une crème pour sa peau
sèche. J’ai encouragé la grand-mère à s’asseoir près de la patiente et à lui parler même si
elle ne répondait pas. De petites choses, mais elles montraient que je n’avais pas baissé les
bras et qu’elles n’étaient pas seules ».
5

CHAPITRE II. PARLER DE QUESTIONS DIFFICILES


Parler avec les patients et leurs familles est un aspect très important des soins
palliatifs. La bonne nouvelle est que ceci ne requiert ni médicament ni locaux particuliers.
Toutefois, des compétences de base, que les travailleurs de santé n’ont pas toujours apprises
lors de leur formation, sont requises. Pour certaines personnes communiquer est plus facile
que pour d’autres. Mais ces compétences peuvent être acquises et mises en pratique par tous.
a. Savoir communiquer : parler
 Soyez toujours respectueux et poli. Le patient se sent valorisé
 Evitez les termes médicaux que le patient peut ne pas comprendre
 Donnez des informations plutôt que des conseils. Le patient peut ensuite décider de ce
qu’il faut faire
 Ne donnez que des informations exactes. Vous ne pouvez dire que ce que vous savez
 C’est une bonne idée de vérifier que le patient vous a compris. Si vous avez donné des
instructions, demandez au patient de vous expliquer ce qu’il va faire et comment il
l’expliquera aux membres de sa famille. Vérifiez s’il a d’autres questions à vous poser.
Combien peut-on en dire ?
Dans de nombreuses cultures, la maladie n’est pas un sujet de discussion aisé.
Mais avec le développement des soins palliatifs dans le monde, les choses évoluent.
Les gens pensent que souvent que dire à un patient qu’il souffre d’une maladie
incurable ne fera qu’empirer son état. Les familles veulent protéger leurs proches des
mauvaises nouvelles et demandent au travailleur de la santé de ne rien leur dire. Mais les
études menées dans différents environnements ont montré que généralement les gens veulent
savoir la vérité et qu’ils réagissent lieux quand ils la connaissent. Il faut parfois passer du
temps à conseiller les familles sur ce sujet, leur expliquer pourquoi il est important que le
patient sache, et leur offre notre aide et notre soutien dans les conversations difficiles.
Il peut être tentant de donner de faux espoirs : « Ne t’inquiète pas «, « Ça va
aller », mais généralement le patient sait au fond de lui que ça ne va pas aller et qu’il doit
affronter seul des doutes, ses peurs et ses questions.
b. Savoir communiquer : écouter
Ecouter les patients est aussi important que leur parler. Non seulement cela
permet d’en savoir plus sur eux, mais les gens se sentent valorisés nous écoutons ce qu’ils ont
à nous dire. Etre capable de verbaliser leurs questions et leurs inquiétudes peut largement
soulager les malades, réduire le sentiment de peur qu’ils ont et sortir en partie de leur
isolement.
 Compétence d’écoute
 Si possible, trouver un endroit calme
 S’asseoir au niveau du patient :
- S’asseoir ensemble est une meilleure idée que se tenir debout devant un patient alité ;
- Mettez-vous à son niveau s’il ne peut pas s’asseoir ;
- Vous devez peut-être vous agenouiller pu vous accroupir près du lit
 Prêter attention et regarder le patient dans les yeux
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 Ecouter activement
- Vous pouvez hocher la tête pour indiquer que vous comprenez
- Ou faire de petits commentaires du genre : « je vois », « oui », ou « ce doit être
difficile pour vous »
 Accepter les silences ne pas interrompre. Une étude montre que les médecins
interrompent leurs patients après 18 secondes en moyenne.
 Vérifiez que vous avez compris ce que le patient a dit, en disant par exemple :
- Vous voulez dire que ….
- Je pense que ce que vous dites c’est que ….
- Donc ce qui vous préoccupe plus c’est….
Lors que le patient parle des symptômes physiques, il faut poser de
nombreuses questions pour avoir une bonne idée du problème, par exemple :
- Depuis combien de temps toussez-vous ?
- La toux s’aggrave-t-elle, s’améliore-t-elle ou est-elle stable ?
- Votre bébé fait-il souvent des crises ? les fait-il chaque jour, une fois par jour, par
semaine ou une fois par mois ?

c. Pourquoi est-ce une bonne chose de dire la vérité


 Pour conserver une relation basée sur la confiance : mentir détruit la confiance
 Pour limiter les incertitudes. Les gens gèrent généralement mieux la vérité que les
incertitudes, même si la vérité est douloureuse
 Pour empêcher les espoirs irréalistes. Parfois les gens passent beaucoup de temps et
d’argent à aller de traitement en traitement car personne n’a eu le courage de leur dire
que la maladie est incurable.
 Pour donner une chance de renouer des relations difficiles ou d’explorer des questions
d’ordre spirituel
 Pour permettre aux patients et à leurs familles de se préparer pour l’avenir. Ceci peut
impliquer la rédaction d’un testament, le déplacement dans une maison de famille, la
préparation des obsèques ou bien d’autres choses que les personnes veulent faire avant
de mourir et qu’elles ne feraient peut-être pas si on ne leur avait pas dit la vérité.

d. Annoncer de mauvaises nouvelles


Ce n’est facile pour personne. Dire à quelqu’un qu’il a un cancer ou le VIH ou
que sa maladie est incurable peut être une expérience traumatisante car la personne ne veut
causer de souffrance à la personne. Nous pouvons penser que nous ne saurons pas comment
nous comporter face à la réaction de la personne. Cependant, l’aspect positif est que nous
pouvons acquérir cette compétence. Il y a des différences selon les cultures, mais il y a des
grandes lignes à suivre. Vous pouvez vous en rappeler en reprenant les éléments de BREAK
NEWS :
 B (be prepared) : soyez prêt
Assurez-vous d’avoir lu ou entendu toutes les informations disponibles sur le
patient. Assurez-vous que vous avez suffisamment de temps. Ne commencez pas à donner de
mauvaises nouvelles si vous n’avez que quelques minutes. Essayez de prévenir les
interruptions. Si vous avez un téléphone, débranchez-le.
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 R (Relatives) : Proches
Il est généralement mieux de donner une mauvaise nouvelle au patient quand
un membre proche de sa famille est avec lui pour le soutenir et partager les informations. Il
est important de vérifier d’abord qui doit être présent pour recevoir la nouvelle. Ceci dépend
de la culture du patient et de son environnement.
Vous pouvez dire au patient : « nous devons parler des choses importantes ;
êtes-vous d’accord si votre mère reste ? « ou « qui aimeriez-vous être avec vous pendant que
nous discutons ? »
 E (Expectations) : Attentes du patient
Qu’est-ce que le patient s’attend à entendre Informez-vous sur ce que le patient
sait déjà en lui demandant: « que savez-vous de votre maladie ? Comment pensez-vous que
les choses vont ? » Ceci est très important même si cela parait évident ou même si vous savez
que quelqu’un lui a déjà dit certaines choses. Ce qui a été dit et ce qu’il a entendu n’est pas
toujours la même chose. Ecouter les pensées du patient vous indiquera son niveau de
compréhension et le langage qu’il utilise pour parler de sa maladie.
 A (Asses) : Evaluer ce qui est approprié
Essayez d’évaluer ce qu’il veut savoir en lui demandant : « vous êtes-vous
demandé ce que cela veut dire ? Voulez-vous que je vous dise ce qui, d’après moi, se
passe ? » Il n’est pas juste d’imposer des informations à quelqu’un qui n’est prêt à les
entendre.
Il n’est pas obligatoire de tout dire en une fois. Le patient sera peut-être prêt à
en savoir plus à la prochaine visite.
 K (Knowledge) : Partager les informations
Partager ce que vous savez doucement, calmement en faisant attention à ne pas
utiliser des mots que le patient ne comprend pas. Il est souvent utile de dire au patient que
vous allez lui parler de quelque chose d’important. Vous pouvez le préparer en disant quelque
chose comme : « Nous devons nous arrêter quelques minutes pour parler, les choses sont
assez sérieuses ». Alors que vous parlez, laissez-lui le temps d’absorber ce que vous dites et à
la fin assurez-vous qu’il a compris.
Les gens veulent souvent savoir combien de temps il leur reste à vivre. Ils
peuvent vous demander directement : « combien de temps me reste-t-il ? » ou
indirectement : « Quand pourrai-je retourner au travail ? ». Il est généralement préférable de
ne pas donner une réponse précise car chaque personne réagit différemment et peut nous
surprendre. Toutefois, il est judicieux de donner une estimation grossière pour aider les gens à
planifier raisonnablement. Généralement, si la santé du patient se détériore de mois en mois, il
lui reste probablement quelques mois ; si elle change de semaine en semaine, il s’agit de
semaines ; et si elle détériore de jour en jour, il s’agit de jours.
 N (Never) : Ne jamais dire « on ne peut rien faire »
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Il est important de présenter les aspects positifs ainsi que les aspects négatifs.
« Nous ne pouvons pas guérir le cancer mais nous avons des médicaments qui suppriment la
douleur », « Nous sommes toujours là s’il y a de nouveaux problèmes ».
 E (Empathise) : Empathie
Il est parfois difficile de laisser le patient exprimer ses sentiments car nous ne
voulons pas qu’il soit triste ou que sa colère ou son désespoir soient inquiétants. Nous ne
pouvons pas supprimer ses sentiments mais nous pouvons faire preuve d’empathie. C’est-à-
dire essayer de comprendre ce que le patient ressent en nous mettant à sa place. Nous pouvons
dire des choses simples comme : « ce doit être très dur pour vous à entendre » ou « je
comprends que vous soyez en colère ». Empêcher la personne de pleurer n’apporte rien, il
s’agit d’une réaction normale et saine. Attendez patiemment. Le patient arrêtera de pleurer
quand il sera prêt.
 W (Way) : Avenir
Il est important de parler de ce qui se passera après et de ce que vous pouvez
faire pour aider. Prenez rendez-vous pour votre prochaine visite. Assurez-vous que la
personne sait que vous ne l’abandonnez pas et dites-lui qu’elle peut obtenir de l’aide si des
problèmes surviennent avant votre prochaine visite.
 S (Stop) : arrêtez-vous et méditez
Annoncer de mauvaises nouvelles est difficile pour nous comme pour le
patient. C’est une bonne idée de s’arrêter un moment avant de passer à notre prochaine tâche,
de méditer sur la conversation et nos sentiments.
e. Le soutient spirituel
Les questions spirituelles sont souvent très importantes pour les personnes qui
savent qu’elles approchent de la fin de leur vie. Une personne qui était croyante peut douter
de sa foi. Une autre qui n’a jamais été croyante peut se poser des questions comme :
- Que va-t-il se passer quand je vais mourir ?
- Y a-t-il une vie après la mort ?
- Pourquoi suis-je malade ? Est-ce un châtiment de Dieu ?
- Quelle a été la valeur de ma vie ?
Certaines personnes sont en proie à des sentiments de culpabilité, de colère ou
de désespoir. Certaines recherchent le pardon, la paix ou l’espoir.
Pour comprendre comment apporter au mieux un soutien spirituel, nous devons
en savoir plus sur les croyances et les interrogations du patient. Parfois, il nous semble
difficile de poser des questions à ce sujet, car nous ne voyons qu’une personne de confession
chrétienne, musulmane, hindoue… mais ne connaissons pas son parcours spirituel. Nous
pouvons découvrir le parcours spirituel du patient en lui posant quelques questions comme :
- Qu’est-ce qui est le plus important pour vous ?
- Qu’est-ce qui vous aide dans les moments difficiles ?
- Avez-vous la foi et vous aide-t-elle à comprendre le sens de la vie
- Vous arrive-t-il de prier ?
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Si le patient nous demande quelles sont nos croyances, il peut être utile de les
partager avec lui, amis nous ne devons jamais imposer nos opinions à quelqu’un. Si le patient
et l’aidant sont d’accord, priez avec un patient ou pour lui peut apporter un soulagement.
Il peut être important d’aider avec des questions pratiques comme la
préparation de la nourriture ou des vêtements adéquats, la toilette avant la prière et d’autres
exigences afin d’exécuter des rites sacrés. Prêter attention à ces détails peut faire la différence
pour un patient et lui permettre de pratiquer sa religion et de trouver la paix.
Il peut être judicieux que votre équipe compte une personne spécialisée dans le
soutien spirituel ou vous devez trouver des membres des communautés religieuses locales ou
leurs leaders qui pourront passer du temps avec les patients, exécuter des rites importants ou
vous conseiller sur les habitudes et pratiques autour de la mort.
f. Le deuil
Le processus de deuil a été étudié et différentes émotions ont été observées chez les personnes
en deuil. C’est par exemple :
 Choc ou incrédulité
 Angoisse ou détresse sévère
 Recherche de la personne perdue
 Dépression, fatigue, perte d’intérêt à la vie
 Acceptation et planification de l’avenir
Chaque personne réagit différemment et passe d’un sentiment à l’autre de
différentes façons. Il est important que nous, les aidants, reconnaissions que le deuil est à
l’origine de différents sentiments qui peuvent évoluer avec le temps.
Nous ne devons pas paniquer face à ces émotions fortes, mais nous devons les
admettre et les accepter. Ceci est particulièrement important dans le cas de colère, car elle
peut retourner contre nous et nous pouvons nous sentir blessés ou nous mettre en colère en
réaction. Mais nous acceptons que la personne est en fait en colère en raison de sa perte, nous
pouvons faire la part des choses.
Il n’est pas juste de faire penser aux gens qu’ils ne doivent pas avoir les
sentiments qu’ils ont.il ne faut pas dire par exemple : « vous ne devriez pas être déprimés »
ou « vous ne devriez pas entre en colère comme ça, ce n’est pas de sa faute ». Ce genre de
commentaires ne va pas aider la personne à aller mieux, ça ne fera que la culpabiliser et
alourdir encore sa peine. Il plus utile de reconnaitre les sentiments et d’expliquer qu’ils sont
un élément normal du deuil.
Dans la plupart des cultures, des rites et des coutumes accompagnent le décès.
Ils sont généralement très utiles à la famille. Toutefois, nous ne devons pas penser qu’une fois
les obsèques terminées, le deuil est terminé. Certaines personnes ont besoin des mois avant de
pouvoir accepter leur perte et reconstruire leur vie. Les aider sur ce chemin fait partie des
soins palliatifs.
CHAPITER III. CONTROLER LA DOULEUR ET LES AUTRES SYMPTOMES
A. IMPORTANCE
10

Le soulagement de la douleur et le contrôle des symptômes sont extrêmement


importants. Sans gestion de la douleur et des symptômes, un excellent soutien psychologique
ne constitue pas des soins palliatifs. Ceci peut être réalisé par avec de bons soins infirmiers et
des médicaments bon marché.
B. ORGANISATION DE LA PRISE EN CHARGE ET PRINCIPES GENERAUX
Pour chaque symptôme, la prise en charge est organisée en trois rubriques :
- Traiter ce qui est traitable
- Soigner le patient
- Prescrire des médicaments palliatifs
 Traiter ce qui est traitable
L’objectif des soins palliatifs est de soulager les symptômes pénibles d’une
maladie. La première chose à faire est de commencer par la maladie elle-même. Si vous
pouvez traiter la maladie, ses symptômes seront moindres.
Si vous y avez accès, les ARV doivent être utilisés pour traiter le VIH. Ils
amélioreront l’état du malade et réduiront ses symptômes même s’ils ne guérissent pas le
VIH. Si nécessaire, d’autres mesures de contrôle des symptômes peuvent être utilisées en
parallèle.
Si vous y avez accès, la chimiothérapie ou la radiothérapie pour le traitement
du cancer, peuvent s’avérer être la meilleure façon d’améliorer l’état du patient ; même si
elles ne peuvent pas guérir le cancer.
Certaines complications d’une maladie peuvent être traitées. Par exemple le
traitement de la pneumonie avec des antibiotiques pour soulager la toux d’un patient, ou le
traitement de la constipation pour soulager les douleurs abdominales.
A chaque fois que l’on s’occupe d’un symptôme, il faut se demander si sa
cause peut être traitée.
 Soins du patient
Cette rubrique souligne les soins pratiques et offre des conseils qui peuvent
aider le patient. De bons soins infirmiers sont vitaux et peuvent contrôler certains symptômes
sans aucun médicament. Il s’agit souvent de « bien faire les choses simples » et de faire
attention aux détails des soins qui font le plus de différence pour le patient.
Chaque patient a ses propres besoins qui doivent être évalués et discutés entre
les personnes qui s’occupent du patient. Une façon de le faire de manière efficace est
d’utiliser un dossier du patient qui détaille les besoins et peut être complété par chaque
personne qui dispense les soins au patient.
Dans certaines situations, les symptômes sont difficiles à contrôler et vous
pouvez avoir le sentiment que vous ne pouvez pas faire grand-chose. Dans ces situations, ne
sous-estimez jamais la valeur de la présence humaine : le toucher, des paroles honnêtes et
compréhensibles et une écoute attentive du patient.
Chez le patient, les soins infirmiers peuvent être dispensés par :
11

 Des membres de la famille ou des amis


 Des professionnels de la santé de l’équipe principale de soins
 Des bénévoles qui travaillent dans le cadre d’un programme de soins palliatifs ou de
soins à domicile.
L’équipe de soins palliatifs ne peut pas dispenser la totalité des soins
infirmiers, donc une partie de notre travail est de former la famille et les bénévoles. Ils
peuvent apprendre à faire tout ce qui est suggéré dans les rubriques des soins. Nous voulons
également les encourager à penser qu’il y a toujours quelque chose qu’ils peuvent faire pour
aider le patient.
 Prescrire les médicaments palliatifs
Il s’agit des médicaments qui peuvent aider à soulager les symptômes et de la
manière dont ils doivent être utilisés. Un nombre relativement restreint de médicaments
permet de contrôler les symptômes les plus courants.
Principes
Les quatre principes suivants sont essentiels pour l’utilisation sure et efficace
des médicaments :
1. Ne donner que des médicaments qui ont un effet positif
Presque tous les médicaments ont des effets secondaires indésirables. Les
effets positifs d’un médicament doivent être plus importants que les effets indésirables. Si ce
n’est pas le cas, le médicament sera néfaste au patient.
2. Informer le patient et ses aidants sur les médicaments
Les patients sont plus susceptibles de continuer à prendre un médicament s’ils
comprennent pourquoi ils le prennent. Il est important de leur dire à quoi servent leurs
médicaments et les points suivants doivent être discutés :
 Les effets indésirables
 Les effets secondaires possibles et comment les gérer
 Comment prendre le médicament : fréquence, horaire, avec ou sans aliment
 La période avant laquelle le médicament peut être bénéfique (il arrive que les effets
secondaires apparaissent avant les effets souhaités)
 Pendant combien de temps ils doivent prendre le médicament

3. Maintenir le nombre des médicaments au strict minimum


Prendre des médicaments est parfois un fardeau pour le patient. Les patients
dont la maladie est à un stade avancé doivent parfois prendre un grand nombre de
médicaments différents par jour. Il est très important d’arrêter les médicaments qui ne sont
pas nécessaires.
4. Réévaluer régulièrement les symptômes et les médicaments
Les symptômes évoluent avec le temps :
12

- Si les symptômes s’améliorent, les doses de médicaments peuvent souvent être


réduites ou le médicament arrêté
- Si les symptômes empirent, il peut être nécessaire d’augmenter les doses ou de tester
un nouveau médicament
- En cas d’effets secondaires, il peut être nécessaire de réduire un médicament ou de
l’arrêter
C. GUIDE DE LA TETE AUX PIEDS DE LA PRISE EN CHARGE DES
SYMPTOMES

1. DOULEUR
Plus de 70% des personnes à un stade du cancer ou du VIH souffrent de
douleurs. Certains épisodes douloureux sont courts comme ceux causés par les infections
opportunistes liées au VIH. De nombreuses douleurs associées aux cancers et au VIH au stade
avancé sont de long terme et empirent avec le temps.
1. a. Evaluation de la douleur
Il est important de demander à chaque patient s’il a mal. Une personne qui souffre depuis
longtemps peut ne pas montrer les signes habituels de la douleur (expressions du visage,
transpiration, pâleur, et pouls rapide). Le patient peut être simplement silencieux ou
déprimé. Une évaluation précise de la douleur est essentielle pour en identifier les causes qui
peuvent être traitées et pour déterminer le type de douleur et comment soulager au mieux le
patient. Les questions à poser doivent inclure les suivantes :
- combien de douleurs différentes y a-t-il ?
- où se trouve la douleur et quelle est la sensation ressentie ?
- depuis combien de temps souffrez-vous ?
- qu’est-ce qui l’aggrave ou la soulage?
- Des médicaments l’ont-ils jamais soulagée ?
- La douleur est-elle pire lors de mouvements ?
- Les os ou les articulations sont-ils sensibles ? (ceci peut indiquer les métastases
osseuses chez les patients de cancer)
-
- Y a-t-il des changements de sensation au niveau de la peau à l’endroit de la douleur
(ceci peut indiquer des douleurs nerveuses)
- Les muscles sont-ils sensibles ou tendus ? (ceci peut indiquer des douleurs due à des
spasmes musculaires)

1. b. Traiter
 les infections douloureuses : peau, bouche, voies respiratoires, voies urinaires,
méningite
 les plaies
 la constipation. Si la cause principale de la douleur est la constipation, donner des
opioïdes (morphine, codéine, méthadone, fentanyl) peut aggraver la situation
 les métastases osseuses si un traitement par radiothérapie est possible
 la douleur neuropathie liée à l’Isoniazide en donnant de la pyridoxine à tous les
patients sous isoniazide pour le traitement de la tuberculose
13

1. c. Soins
 Trouver la position la plus confortable pour le patient
 S’assurer que le patient prend régulièrement ses analgésiques
 Ecouter les inquiétudes du patient et lui expliquer ce qui se passe
 Tenter des massages doux ou bercer le patient
 Essayer des compresses chaudes ou froides
 Encourager une respiration lente et profonde
 Distraire le patient avec par exemple de la musique ou la radio
 Le cas échéant, participer à une prière ou à d’autres pratiques religieuses ou culturelles
Prescrire
 Les analgésiques
Les analgésiques se répartissent en deux groupes :
1. Les non-opioïdes : paracétamol et les AINS comme l’aspirine, l’ibuprofène et le
diclofénac. Leur principal effet secondaire est une irritation de l’estomac. Ils
doivent être pris avec la nourriture. Ils peuvent aussi provoquer une insuffisance
rénale et affecter la coagulation sanguine : ne pas les donner à un patient très
déshydraté. Les AINS servent à calmer les douleurs ostéo-articulaires.
2. Les opioïdes : morphine, codéine, tramadol. Leurs effets secondaires sont :
constipation (prescrire en association avec un laxatif), nausée, somnolence,
transpiration et démangeaisons
Les analgésiques doivent être donnés :
 Par voie orale de préférence, sauf si le patient ne peut pas avaler. Ainsi, on peut les
donner en SC, en rectale, en buccale…
 A des heures fixes : à intervalles réguliers
 Par pallier ascendants en fonction de l’accroissement de l’intensité de la douleur.
Le tableau ci-après montre les doses et la durée de l’effet des différents analgésiques
Analgésiques non opioïdes Doses Durée de l’effet
Paracétamol 500 mg à 1g 4x/j 4 à 6 heures
Aspirine 300 mg à 600 mg 4x/j 6 heures
Ibuprofène 200 mg à 400 mg 4x/j 6 à 8 heures
Diclofénac 50 mg 3x/j 8 heures
Analgésiques opioïdes doses Durée de l’effet
Codéine (pallier 2) 30 mg à 60 mg 4x/j 4 à 6 heures
Tramadol (pallier 2) 50 à 100 mg 4x/j 6 heures
Morphine (pallier 3) Aucune limite de dose, mais
augmenter progressivement
Doses de départ

Morphine à libération lente 2,5 à 5 mg toutes les 4 h 4h


(LI)

Morphine à libération 10 à 20 mg toutes les 12 h 12 h


14

prolongée (MLP)

 Les coanalgésiques
Ce sont des médicaments qui peuvent calmer certaines douleurs en
complément des analgésiques standards. Ils peuvent être utilisés à tous les paliers des
analgésiques :
Coanalgésiques Douleur qui peut être soulagée
Dexaméthasone (16 mg/j), prednisolone Douleur d’une inflammation ou une
grosseur importante
Antidépresseurs tricycliques : amitryptiline Douleur due à une lésion nerveuse
(12,5 à 25 mg au coucher, jusqu’à 50- 75 mg (fréquente en cas de cancer, zona ou VIH)
si le patient tolère), imipramine :
Anticovulsivants : diazépam 5 à 20 mg au Spasme des muscles squelettiques
coucher.
Anticholinergiques : scopolamine (aggrave Spasme des muscles lisses, ex : coliques
l’état du patient s’il est constipé) : 20 mg abdominales
4x/j

2. LA FIEVRE
La fièvre est couramment causée par des infections virales, le paludisme et de
nombreuses infections opportunistes associées au VIH. Il est important de rzechercher et de
traiter les infections.
Le cancer, en particulier les lymphomes peuvent également causer de la fièvre,
tout comme le VIH lui-même.
Traiter
 Le paludisme
 La TBC
 Les IRA
 Les infections des voies urinaires
 La gastroentérite
 La méningite
 La septicémie
 Les abcès
 Si des infections spécifiques ne peuvent pas être identifiées, pensez au traitement en
« aveugle » du paludisme, de la TBC selon le protocole local
Soins
 Cherchez des abcès, des infections cutanées
 Posez des questions sur :
- La confusion mentale
- Les crises d’épilepsie
- Les vomissements
 Vérifier si le patient est déshydraté
15

 Encourager la prise importante de liquides (au moins six à huit verres par jour si
possible)
 Eponger ou laver le patient avec de l’eau tiède
 Ouvrir les fenêtres pour faire circuler l’air (utiliser un ventilateur ou ventiler le patient
avec un livre ou un journal)
 Encourager le port exclusif de vêtements légers

Prescrire
 Du paracétamol (1 g 4x/j)
 De l’ibuprofène (200 mg à 400 mg 3x/j) ou
 De l’aspirine (300 mg à 600n mg 4x/j) (déconseillé aux enfants)

3. ERUPTIONS CUTANNES ET DEMANGEAISONS


Les éruptions cutanées et les problèmes de peau sont courants chez les malades
du VIH et peuvent occasionner des douleurs, des démangeaisons et de la gêne. Certaines sont
dues à des infections opportunistes, d’autre dont partie de l’infection à VIH (peau sèche et
éruptions papuleuses prurigineuses. Il est difficile de poser un diagnostic et vous devriez
peut-être essayer plusieurs traitements avant de trouver celui qui convient.
Les démangeaisons peuvent perturber le sommeil.
Traiter
 La gale. une solution de benzoate de benzyle appliquée sur l’ensemble du corps deux
soirs consécutifs. Répétez éventuellement après une semaine.
 Les infections fongiques cutanées (pommade de Whitfield, le Niconazole, le
Clotrimazole crème peuvent soigner la teigne)
 Les infections bactériennes cutanées : solution orale de violet de gentiane, un ATB
per os si l’infection est étendue ;
 Le zona : Acyclovir 200 mg 5x/j //5j
 Les réactions des médicaments : antihistaminiques : Chlorphéniramine 4mg 3x/j
Soins
 Appliquer une crème hydratante ou de la vaseline sur la peau sèche
 Eviter de trop laver le patient au savon : utiliser plutôt un produit hydratant comme
une crème aqueuse ou ajouter une cuiller à soupe d’huile végétale dans cinq litres
d’eau lors de la toilette
 La toilette avec une solution de bicarbonate de soude (une cuiller à soupe dans un bol
d’eau) peut être efficace contre des démangeaisons généralisées
 Utiliser de l’eau tiède plutôt que de l’eau chaude lors de la toilette
 Ventiler la zone de la lésion avec de l’air frais
 Le peroxyde de Zinc peut soulager les démangeaisons
 Si le patient se gratte, lui tailler les ongles court et les limer
 La lumière solaire peut soulager certaines maladies de peau et en aggraver
d’autres
16

Prescrire
 Crèmes locales
- Crème aqueuse à 1% de menthol pour soulager les démangeaisons
- Crème à base de corticoïdes comme l’hydrocortisone à 1% peut soulager les zones
d’inflammation
- De la solution de violet de gentiane appliquée sur les ampoules dues au zona prévient
les infections
- Si de nombreuses parties de la peau sont infectées, rincez-les avec une solution à 0,5%
de Chlorhexidine après la toilette.
Médicaments
 Antihistaminiques : chlorphéniramine 4 mg 3x/j, prométhazine au coucher 10 à 25 mg
 Prednisolone 30 mg 1x/j //5j ou 60mg en cas de réactions graves.

4. PLAIES
Traiter
 Les infections bactériennes cutanées
 Les infections fongiques cutanées
 Les abcès (drainer avec une aiguille ou lame d’un scalpel)
Soins
Les patients qui sont alités la plupart du temps peuvent développer des escarres. Il est possible
de les prévenir en :
 En encourageant le patient à se mouvoir ou s’asseoir s’il le peut
 Changeant la position du patient alité toutes les deux heures
 Utilisant un matelas en mousse si possible
 Utilisant des oreillers pour maintenir une position, mettant un oreiller entre les jambes
du patient s’il est couché sur le côté
 Soulevant le patient hors de son lit. Ne pas le tirer car cela pourrait lui écorcher la
peau
 Maintenir les draps propres et secs. Si possible utiliser des tissus doux
 Gardant la peau sujette aux escarres en bon état (le dos, le sacrum, les fesses, les
épaules, les coudes et les talons). Faire pénétrer de la vaseline ou de la crème à
l’oxyde de Zinc sur ces parties et les masser pour accroitre la circulation
 Encourageant un régime alimentaire riche en protéines si possible
En cas de plaie
 Noter la position et la taille des plaies sur une carte du corps. Evaluer si elle s’améliore
 Rincer les plaies quotidiennement avec de l’eau salée. Si certaines plaies sont au
niveau du périnée, il peut être utile d’asseoir le patient dans une bassine d’eau salée
 Changer les pansements tous les jours. Ils doivent être propres et peuvent être
fabriqués avec des matériaux locaux.
17

 De la papaye fraiche peut être utilisée comme pansement si la plaie contient beaucoup
de tissus morts. De la papaye verte râpée mélangée à un gel pour plaie est plus
efficace. Il faut cependant arrêter en cas de saignement.
 Appliquer du sucre ou du miel avant de les couvrir avec un pansement et le laisser
pendant deux à trois jours peut être efficace sur des plaies qui sentent très mauvais.
Attention aux fourmis
 Si la plaie contient des asticots :
 Tremper une éponge ou un tissu dans de l’essence de térébenthine et
l’approcher de la plaie, mais sans la toucher
 Retirer les asticots à la main alors qu’ils remontent à la surface de la plaie
 Contrôler la douleur avec des analgésiques pris régulièrement
Prescrire
 Pour les mauvaises plaies qui sentent mauvais, réduire les comprimés de
métronidazole en poudre et saupoudrer la plaie quotidiennement sous le pansement ;
 De la solution de violet de gentiane permet de sécher les petites plaies
 Les ulcères génitaux peuvent être traités avec de la solution de violet de gentiane ou la
préparation « Uganda miracle paint » qui se prépare comme suit :
 Le contenu d’une capsule ouverte d’acyclovir (200 mg)
 5 ml d’une suspension de Nystatine (500000 unités)
 Métronidazole : deux comprimés de 200 mg écrasés
 Des comprimés de 500 mg d’acide tranexamique ou des comprimés de 1g de
sucralfate réduits en poudre et saupoudrés quotidiennement sur la plaie sous le
pansement peuvent réduire les saignements d’une plaie
 Tous les saignements peuvent être contenus par la prise per os de 500 mg à 1 g
d’acide tranexamique.

5. CRISES D’EPILEPSIE
Les crises (accès, convulsions) peuvent survenir de nombreuse façons. Les saccades
rythmiques sont les types le plus courant, mais il en existe d’autres comme le raidissement du
corps, des saccades isolées ou des épisodes d’absence.
Traiter
 La fièvre (une cause courante de crises chez les enfants)
 Le paludisme
 La méningite
 L’augmentation de la pression intracrânienne (voir page 30)
 L’épilepsie
 L’hypoglycémie
 Le retrait soudain de médicaments comme les benzodiazépines ou les anticonvulsants.
 Le manque d’alcool
Soins
Pendant la crise :
18

 Protégez les voies respiratoires du patient pour qu’il puisse respirer (desserrez les
vêtements, couchez le patient sur le coté)
 Empêchez le patient de se blesser avec des objets coupants ou le feu.
Apres la crise :
 Mettez le patient en position latérale de sécurité
 Restez avec le patient observez-le tant qu’il est inconscient
Notez la durée des crises et leur fréquence
Renseignez le patient et ses aidants sur la cause de crises
Parlez avec le patient et ses aidants de leurs inquiétudes sur la signification spirituelle des
crises.
Prescrire
Pour arrêter les crises si elles durent plus de cinq minutes :
 10 mg de diazépam IR ou IM, à répéter si nécessaire après 10 minutes
 5 mg de midazoiam SC si possible ou par voie buccale (à l’intérieur de la joue)
 5 à 10 ml de paraldéhyde dilué dans une solution physiologique salée pour un
lavement rectal
 200 mg de phénobarbital IM pour les crises qui ne répondent pas au diazépam
Pour arrêter les crises ou en réduire la fréquence :
 Suivre les recommandations locales pour le traitement de l’épilepsie et utilisez les
anticonvulsants disponibles
 Soyez conscient que les anticonvulsants interagissent souvent avec d’autres
médicaments. Si le patient suit une TAR, alors le valproate (acide valproïque) est le
meilleur anticonvulsant.

6. CONFUSION MENTALE
La confusion est très courante dans des maladies graves et les causes
potentielles en sont nombreuses. Le délire est la confusion qui survient après une courte
période souvent due à une cause réversible comme une infection ou un nouveau médicament.
La confusion peut s’améliorer après quelques jours une fois la cause supprimée.
La démence est une confusion chronique qui se répète et qui est due à une
cause difficilement réversible comme la démence sénile ou une infection au VIH du cerveau
(elle peut être améliorée si des ARV sont disponibles).
Si un patient souffre soudainement de confusion, passez-vous toujours ces questions :
 Prend-il de nouveaux médicaments ? Peuvent-ils être à l’origine de la confusion du
patient ?
 Y a-t-il une infection qui peut être traitée ?
19

Traiter
 Les infections (voir fièvre p 32) en particulier :
 Le paludisme
 La méningite
 La rétention urinaire
 La déshydratation
 L’hypoglycémie
 La constipation (peut être à l’origine de la confusion chez les patients âgés)
 L’insuffisance rénale (si un traitement est disponible)
 L’insuffisance hépatique (si un traitement est disponible)
 Arrêtez les nouveaux médicaments qui peuvent être la cause de la confusion

Soins
 Essayez d’être aussi calme et rassurant que possible avec le patient
 Un proche ou un ami du patient devrait rester avec lui
 Réduisez le nombre de personnes (en particulier les inconnus) qui s’occupent du
patient
 Evitez les contraintes physiques à moins que ce ne soit absolument nécessaire pour la
sécurité du patient (cela ne les rend généralement plus agités)
 Maintenez autant que possible le patient dans un environnement familier
 Rappeler régulièrement au patient où il se trouve, l’heure et qui est avec lui
 Vérifiez que le patient n’est pas déshydraté et donnez si nécessaire des sels de
réhydratation orale (SRO)
 Gérer la fièvre (voir page 32)
Prescrire
Les mesures ci-avant sont suffisantes dans de nombreux cas de confusion. Si le patient est très
agité ou agressif, les médicaments suivants peuvent apporter de l’aide :
 1,5 à 5 mg d’halopéridol 1 à 3x/j et jusqu’à ce que le patient soit calme
 25 à 50 mg de Chlorpromazine 1 à 3x/j et jusqu’à ce que le patient soit calme
 Ajouter 5 à 10 mg de diazépam au coucher si nécessaire mais ne pas l’utiliser sans
halopéridol ou chlorpromazine sinon la confusion peut empirer
 Dans le cas graves qui ne répondent pas à ces médicaments, envisagez 200 mg de
phénobarbital SC 4x/j

7. ANXIETE ET INSOMNIE
Les maladies graves sont souvent sources d’anxiété en raison des symptômes gênants et
des craintes liées à l’avenir qu’ils engendrent. L’insomnie peut être due à des problèmes
physiques comme la douleur, l’anxiété ou la dépression/
Traiter
 Le patient souffre-il ? (voir page 26 pour la gestion de la douleur)
20

 Les problèmes urinaires (voir p 47 et 48)


 La dépression (voir ci-après)
Soins
Encourager le patient à parler de ses inquiétudes ou de ses craintes (voir chapitre 4) :
 Le patient a-t-il des questions ou des angoisses à propos de sa maladie ?
 Les relations sont-elles difficiles au sein de la famille ?
 Y a-t-il des inquiétudes d’ordre financier ou alimentaire ?
 Y-t-il des angoisses d’ordre religieux ou spirituel ?
 Il est possible que vous n’ayez pas toutes les réponses aux angoisses du patient
mais et le soutenir peuvent l’aider.
 Respectez la vie privée du patient et de sa famille
 Abordez toute incompréhension que le patient peut avoir à propos de sa maladie
 Apprenez au patient à ralentir et contrôler sa respiration (voir p 44)
 Est-il approprié de prier avec le patient ou de demander à un membre de sa
communauté religieuse de lui rendre visite ?
 Serait-il utile que vous ou un autre membre de l’équipe vienne à nouveau lui
rendre visite ?

Prescrire
Avec une approche socio psychologique
 2,5 à 10 mg de diazépam au coucher. Il s’agit pendant 24 heures chez certains
patients et peut causer une somnolence durant la journée (essayez de ne pas
l’utiliser pendant plus d’une semaine sauf si le patient est en phase terminale)
 10 à 20 mg de témazépam au coucher. Il s’agit pendant huit heures et est
efficace contre l’insomnie (essayez de ne pas l’utiliser pendant plus d’une
semaine sauf si le patient est en phase terminale)
 25 à 50 mg de trazadone au coucher. Il s’agit d’un sédatif et d’un antidépresseur
léger qui qui aide à combattre l’insomnie et l’angoisse.

8. DEPRESSION
Un certain niveau de tristesse et de dépression va presque toujours de
pair avec les maladies incurables à un stade avancé. La dépression peut devenir une
« maladie dépressive » qui peut être traitée avec des médicaments antidépresseurs. Le
diagnostic de maladie dépressive est difficile à poser dans le cadre de soins palliatifs. Les
symptômes comme le manque d’appétit, la perte de poids, le manque d’énergie, le
manque d’appétit sexuel et l’insomnie peuvent être causés par la maladie elle-même. Les
symptômes suivants peuvent aider à diagnostiquer une maladie dépressive chez une
personne atteinte d’une maladie incurable :
 Plus de 50% du temps chaque jour
 Perte de toute joie ou tout intérêt
 Sentiment de culpabilité exagérée ou inopportun
21

 Pensées suicidaires

Traiter
 L’anxiété (voir ci-avant) car il s’agit souvent d’une grande part de la dépression
 La douleur (voir p 26) une douleur chronique non soulagée est une cause majeure de
dépression chez les patients atteints d’une maladie incurable.

Soins (voir les soins de l’anxiété p 37)


 Assurez-vous que le patient n’est pas en situation inconfortable et qu’il ne souffre pas
 Demandez au patient s’il a d’autres symptômes physiques qui le perturbent
 Si le patient est submergé par la dépression ou l’anxiété :
 Suggérez-lui d’identifier de petites choses qu’il peut faire pour régler certains de
ses problèmes et de planifier des choses qui peuvent lui faire plaisir
 Le fait de consacrer une partie de la journée à parler de leurs inquiétudes aide
certains patients à ne pas y penser tout le temps
 Si le patient est croyant, des visites des membres de sa communauté religieuse
peuvent l’aider.
 Si le patient a des idées suicidaires
 N’hésitez pas à en parler. Vous n’aggraverez pas les choses, par exemple « vous
êtes-vous déjà senti si triste que vous avez pensé à vous faire du mal ? « vous est-
il arrivé de souhaiter que vous ne soyez plus en vie ? »
 Le patient peut se sentir plus en sécurité si quelqu’un est avec lui tout le temps
 Vous devrez peut-être décider avec lui que quelqu’un d’autre supervise ses
médicaments
 Encourager les aidants à rapidement demander de l’aide s’ils sont inquiets.
Prescrire (seulement en cas de maladie dépressive qui ne répond pas à une approche socio
psychologique)
 De l’amitriptyline. Commencez avec 25 mg au coucher et augmentez la dose
graduellement jusqu’à 75 à 100 mg. Principaux effets indésirables : somnolence,
bouche sèche, constipation.
 De l’imipramine et de la dosulépine (dothiépine) sont des alternatives dont l’effet
sédatif est moindre.
 Prévenez le patient et les aidants qu’il faut jusqu’à deux semaines pour que les
antidépresseurs commencent à faire effet.

9. MANQUE D’APPETIT ET PERTE DE POIDS

Traiter
 Le VIH avec des ARV si vous y avez accès (suivez les recommandations locales)
 La candidose de l’œsophage ou de la bouche
 La diarrhée
 La TBC
 La nausée et vomissements
 La constipation
22

 La dépression
 La malnutrition
Soins
 Donner des repas légers et fréquents
 Si le patient est en phase avancée de cancer ou de VIH, son corps ne pourra pas
pleinement profiter de la nourriture :
 Expliquer à la famille que le fait de manger moins est un aspect normal de la
maladie et que forcer le patient à manger ne le fera pas vivre plus longtemps ni
ne le fera se sentir mieux ;
 S’inquiéter du peu que le patient mange rend le moment des repas tendu et
difficile. Dans ce genre de situations donner au patient la quantité et le type de
nourriture qui lui fait plaisir
 Si possible, donner des aliments très caloriques, à forte teneur en protéines, par
exemple du lait ou des yaourts
 Encourager le patient à rester mobile et à faire des exercices simples pour maintenir la
force musculaire dans la mesure du possible, mais ne le laissez pas s’épuiser
 Faites attention aux soins de la peau et aux zones de pression. La peau devient plus
fragile en raison de la perte de poids
Prescrire
 Si le patient est rapidement rassasié, essayez 10 à 20 mg de métroclopramide une
demi-heure avant les repas jusqu’à trois fois par jour. Ceci peut aider l’estomac à se
vider plus rapidement. Arrêtez si aucune amélioration ne se manifeste
 Les corticoïdes peuvent aider à accroitre l’appétit pendant quelques semaines. Sur le
long terme, ils ont des effets secondaires pénibles (voir page 30), c’est pourquoi ils
doivent être utilisés que lorsque l’espérance de vie du patient n’est que de quelques
mois voire moins.
 Pour accroitre l’appétit, prescrivez :
 2 à 4 mg de déxaméthaxone le matin.
 15 à 30 mg de prednisolone le matin. Si ceci est efficace après une semaine
d’essai, réduisez la dose jusqu’à la plus faible dose efficace. Arrêtez si aucune
amélioration ne se manifeste.

10.BOUCHE IRRITEE ET DIFFICULTE A AVALER

Les infections et les ulcérations de la bouche sont courantes et très perturbantes


pour les patients atteints de cancer ou de VIH en stade avancé. La candidose (muguet) ne
produit pas toujours une pellicule blanche sur la langue ou le palais. Le seul signe peut en
être des zones irritées ou un changement de goût. Si le patient a des difficultés à avaler, il
est possible qu’il ait une candidose de l’œsophage même s’il n’y en a aucun signe dans la.
De nombreux problèmes au niveau de la bouche peuvent être prévenus par une bonne
hygiène buccale, en maintenant la bouche humide et en traitant rapidement les infections.

Traiter
 La candidose orale :
23

 Badigeonnez les zones affectées avec du violet de gentiane 3x/j


 1 à 2 ml de nystatine en gouttes à avaler 4x/j après les repas
 Des pessaires de clotrimazole et de nystatine sont efficaces s’ils sont sucés
comme des pastilles quotidiennement pendant cinq jours
 50 mg de fluconazole 1x/j pendant cinq jours ou 200 mg par voie orale 1x/j
pendant trois jours
 La candidose de l’œsophage ou candidose orale récurrente :
 200 mg de fluconazole par voie orale 1x/j pendant deux semaines
 200 mg de kétoconazolz par voie orale 2x/j pendant deux semaines
 L’infection (pénicilline plus métronidazole)
 L’herpès (200 mg d’aciclovir par voie orale cinq fois par jour si possible).

Soins
 Vérifiez régulièrement que la bouche, les dents, les gencives, la langue et le palais
du patient ne présentent pas de sécheresse, d’inflammation, de candidose,
d’ulcères ni d’infection des dents ou des gencives.
 Brossez les dents du patient avec un cure-dents ou une brosse à dent souple après
les repas les repas et avant de coucher. Utilisez de la pâte dentifrice si possible ou
un bain de bouche comme décrit ci-après (évitez le brossage s’il est douloureux).
 Utilisez un bain de bouche après les repas et avant le coucher, par exemple :
 Une pincée de sel ou de bicarbonate de soude dans une tasse d’eau bouillie
(refroidie)
 Une cuillère à café de vinaigre ou de jus de citron dans un litre d’eau bouillie
(refroidie)
 Pour la sècheresse de la bouche :
 Humidifiez la bouche avec des gorgées régulières d’eau froide (ou de la glace
si possible) faites sucer des morceaux de fruit comme de l’ananas, du fruit de la
passion, du citron, etc.
 Mettez de la vaseline sur les lèvres.
 Sondes nasogastriques. Certains patients qui ont un cancer au niveau de la tête et
du cou peuvent être nourris par une sonde nasogastrique. Elle doit être insérée par
quelqu’un qui a été correctement formé et doit être régulièrement rincée avec de
l’eau salée pour éviter son obstruction.
Prescrire
 Gérer la douleur en suivant l’échelle des analgésiques (voir p 27)
 600 mg d’aspirine soluble 4x/j si la bouche est douloureuse. Dissolvez-la dans de
l’eau. Le patient s’en rince la bouche, fait des gargarismes et l’avale.
 Le violet de gentiane est utile pour toutes sortes de plaies car il a des
antibiotiques, antivirales et antifongiques. A appliquer 3x/j
 Un bain de bouche à la métronidazole pour les bouches malodorantes dues à un
cancer de la bouche : mélangez un cachet écrasé ou le liquide pour injection avec
du jus de fruit et rincez-en la bouche.
 De la préparation « Uganda miracle paint » peut être utilisée pour les plaies de
la bouche (voir p 34)
24

 Un demi-cachet de prednisolone peut être mis sur les ulcères aphteux (ulcères de
la bouche) pour soulager la douleur ou il peut être réduit en poudre et saupoudré
sur les ulcères.
 Si d’autres actions n’ont pas eu l’effet escompté, de fortes doses de stéroïdes
peuvent être utilisées dans le cas d’inflammations graves de la bouche ou de
l’œsophage qui empêchent de déglutir : 8 à 12 mg de déxaméthasone 1x/j par voie
orale pendant une semaine. A toujours prescrire avec un antifongique car les
stéroïdes peuvent aggraver les infections fongiques (voir ci-avant pour les doses).

11. NAUSEES ET VOMISSEMENTS


Traiter
 Candidose de l’œsophage ou candidose orale
 Constipation
 Infections : palu, gastro-entérite, infections des vois urinaires
 Pression intracrânienne accrue par les corticoïdes
 Indigestion/brulure d’estomac
Soins
 Vérifiez si un nouveau médicament peut être la cause des vomissements
 Encourager la prise de liquides, de petites gorgées régulières sont mieux absorbées
 Si le patient est déshydraté, donnez-lui des liquides sous forme de SRO si possible.
Une alternative est l’eau de coco ou l’eau de riz
 Des boissons fraiches et des aliments froids sont souvent les meilleurs
 Encourager les aidants à préparer de petits repas appétissants et à éviter les aliments
gras
 Préparer les repas loin du patient
 Mâcher du gingembre ou en boire une infusion peut soulager
Prescrire
- Traitement spécifique de la cause
- Antiémétiques

12. INDIGESTION/REFLUX GASTRO-OESOPHAGIEN


Il est courant qu’une tumeur abdominale, des ascites ou une maladie neurologique soient à
l’origine de pressions sur le diaphragme.
Traiter
 Penser à arrêter les AINS ou l’aspirine car ils pourraient être la cause
Soins
 Soignez le patient qui est en position assise
 Donnez les médicaments après les repas
 Essayez de donner du lait
Prescrire un antiacide
25

13. HOQUET
S’il n’est pas résolu rapidement ou s’il est fréquent, le hoquet peut être
perturbant et épuisant pour le patient. Il est généralement dû à la distension (dilatation) de
l’estomac mais peut aussi être dû à différentes causes allant d’une pression exercée sur le
diaphragme à une insuffisance rénale.
Traiter
 La constipation
 La rétention urinaire
Soins
 Pour arrêter le hoquet, assurez-vous le patient :
 Avale du pain sec ou de la glace pilée ou
 Respire dans un sac à papier ou
 Avale rapidement deux cuillers à café bien pleines de sucre
 Essayez de soigner le patient alors qu’il est en position assise
Prescrire
Si le hoquet persiste :
- Métoclopramide 10 à 20 mg
- Holpéridol au couchrer 3 mg
- Chlorpromazine 25 à 50 mg au coucher
- Baclofène 5 à 10 mg

14. TOUX
Traiter
 L’infection des voies respiratoires
 La TBC
 L’asthme
 La bronchopneumonie chronique obstructive
 La candidose de l’œsophage ou de la bouche
 La sinusite
 L’indigestion/reflux
Soins
 Pour les patients sous traitement contre la TBC, assurez-vous qu’ils prennent leurs
cachets régulièrement et se rendent à la clinique pour suivre leur maladie
 Eviter les fumées des points de cuisson et de cigarettes à proximité du patient
 Aider le patient à expectorer des crachats en l’asseyant
 Dites au patient de ne pas tousser en direction des aidants et à le faire dans un
récipient qui peut être couvert
 Si les crachats sont épais et difficiles à expectorer, essayez :
 Des inhalations de vapeur. Le patient s’assoie la tête au-dessus d’une casserole
remplie d’eau bouillante et respire profondément
26

 De taper dans le dos du patient avec le creux de la main


 Le drainage postural : le patient est mis dans différentes positions pour faciliter
le drainage des crachats des différentes parties des poumons
 Des boissons chaudes à base de miel, de cannelle et gingembre qui peuvent soulager la
toux sèche
Prescrire
 Si la toux sèche ne disparait pas, essayez :
 30 mg de codéine
 2,5 à 5 mg de morphine toutes les 4 h
 De grandes quantités de crachats liquides peuvent être contrôlées par les
anticholinergiques :
 Amitriptyline au coucher 10 à 20 mg
 15 mg 3x/j de propanthéline
 20 mg 4x/j de scopolamine bromobylate
 1 mg 3x/j d’atropine

15. DIFFICULTES RESPIRATOIRES


La difficulté à respirer est un symptôme effrayant des maladies en phase
avancée et angoissent presque toujours le patient et sa famille. L’angoisse doit être gérée tout
autant que les difficultés respiratoires.
Traiter
 L’infection des voies respiratoires : TBC, pneumonie bactérienne pu pneumocystose
 L’anémie
 L’asthme
 L’insuffisance cardiaque
 L’épanchement pleural
 La toux
Soins
 Mettez le patient dans la position la plus confortable (généralement assise)
 Ouvrez les fenêtres pour faire circuler l’air et, si possible, utilisez un ventilateur ou
ventilez le patient avec un livre ou un journal
 Apprenez au patient à se déplacer lentement et avec précaution pour éviter que ses
difficultés à respirer ne s’aggravent
 Si le patient est anxieux ou s’il panique :
 Expliquez-lui que sa situation va s’améliorer s’il la ralentit. Montrez-lui
comment la ralentir en pinçant les lèvres comme pour siffler lorsqu’il expire
 Apprenez au patient à respirer avec diaphragme plutôt qu’avec le haut du torse
en mettant une main sur son torse et l’autre au-dessus de son abdomen pour
qu’il sente d’où vient la respiration. La main sur l’abdomen doit plus bouger
s’il respire avec son diaphragme
 Gérer l’anxiété
27

Prescrire
Si la cause de l’essoufflement ne peut pas être traitée, les symptômes peuvent être améliorés
par :
 2,5 à 5 mg de morphine toutes les 4 h
 2,5 à 5 mg de diazépam jusqu’à 3x/j en particulier si le patient est anxieux ou panique.
Si le patient est mourant, les difficultés respiratoires, de plus en plus fortes, de plus
fortes doses peuvent être nécessaires
 Si l’essoufflement est dû à un gonflement obstruant les voies respiratoires, une dose
moyenne de corticoïdes peut être donnée : 8 à 12 mg 1x/j de dexaméthasone

16. DIARRHEE
Des épisodes aigus de diarrhée ne nécessitent généralement pas de traitement
en dehors des apports de liquides. Mais la diarrhée accompagnée de saignements (dysenterie)
ou d’une forte fièvre peut nécessiter des ATB, comme la ciprofloxacine.
La diarrhée persistante, qui dure plus de deux semaines, est perturbante et
épuisante et doit être, si possible, contrôlée. Si une analyse des selles et une culture des selles
sont possibles, il est possible que la cause de la diarrhée soit identifiée.
Traiter
 La déshydratation selon le degré
 La constipation qui peut parfois causer des constipations ou s’il a souffert de
constipation, procédez à un examen rectal pour vérifier si un fécalome se trouve dans
le rectum
 Vérifiez les médicaments (certains ARV et ATB peuvent provoquer une diarrhée)
 Si aucun ATB n’a été tenté, un essai systématique de plus d’une semaine de
métronidazole à forte dose et finalement de deux semaines de d’albendazole devrait
éliminer les infections intestinales soignables liées au VIH, mais un traitement
symptomatique est souvent également nécessaire.
Soins
 Donnez beaucoup de boissons et utilisez des SRO si la diarrhée est fréquente ou
importante. Vous pouvez aussi donner de l’eau de coco ou de l’eau du riz
 Encourager le patient à avaler des gorgées de liquides très fréquemment plutôt que de
boire une grande quantité en une fois.
 Encourager le patient à continuer à manger s’il a faim
 Suggérez que le patient mange régulièrement de petites quantités plutôt des repas
copieux
 Le riz, le pain ou les pommes de terre sont efficaces contre la diarrhée
 Les bananes et les tomates permettent de remplacer le potassium
 Les yaourts sont mieux tolérés que le lait ou le fromage
 Encouragez une bonne hygiène, par exemple le lavage des mains, l’utilisation des
latrines si possible, le changement des draps souillés
28

 Protégez la peau autour de l’anus avec de la vaseline


 Une chaise percée peut être faite en découpant un trou dans une chaise et en plaçant un
seau en dessous
Prescrire
 Si la diarrhée devient chronique et n’est pas améliorée par les mesures ci-dessus, des
médicaments peuvent être prescrits pour l’arrêter. Ils ne doivent pas être utilisés en cas
de fièvre ou de sang dans les selles (ce qui suggère une infection qui doit être traitée
avec des ATB) et doivent être évités chez les enfants de moins d’un an
 2 mg de Lopéramide à chaque défécation des selles molles : 2 mg 3x/j jusqu’à 16 mg/j
 2,5 mg de Codéine 10 à 30 mg toutes les 4 heures
 2,5 à 5 mg toutes les 4 heures de morphine orale si la diarrhée est grave

17. CONSTIPATION
Si possible, le patient doit être examiné pour déterminer la raison pour laquelle
il ne va à selles. Un examen rectal déterminera si un obstacle obstrue le passage des selles, ou
si une concrétion des selles dures ne peut pas être évacuée. Si le rectum est vide, le problème
se situe plus en amont.
Lorsque les patients s’approchent de la phase terminale, leurs selles sont
souvent de faibles quantités en raison du peu d’aliments consommés. Ceci ne requiert pas de
traitement.
Traiter
 Prévenez la constipation en prescrivant toujours un laxatif avec des opioïdes (par
exemple la morphine ou la codéine)
 Vérifiez les médicaments qui peuvent causer une constipation (antidépresseurs
tricycliques par exemple l’amitryptiline et les anticholinergiques, comme la
scopolamine)
 La déshydratation
Soins
 Encourager le patient à boire beaucoup
 Encourager l’ajout de fruits et de légumes dans l’alimentation
 Donnez une cuillérée d’huile végétale avant le petit déjeuner
 Si possible, des graines sèches de papaye peuvent être mâchées (cinq à trente graines
par nuit) ou écrasées et mélangées à de l’eau à boire
 Si le patient a mal pour déféquer des selles dures, le fait de mettre de la vaseline dans
l’anus ou d’insérer un petit morceau de savon dans l’anus peut faciliter la défécation
 Si le rectum est rempli de selles dures, un lavement savonneux peut apporter une
solution. Insérer délicatement un cathéter urinaire dans le rectum et verser de l’eau
savonneuse dans l’entonnoir.
Prescrire
 5 mg de bysacodyl au coucher, puis augmenter à 15 mg si nécessaire
 Un à deux cachets de séné, puis augmentez si nécessaire
29

 S’ils sont disponibles, des suppositoires de glycérol ou de bysacodyl sont efficaces.

18. PERTES BLANCHES


Les pertes blanches sont un symptôme courant du cancer du col et de l’utérus.
Elles sont généralement malodorantes et sont source de gêne, de détresse et de
stigmatisation. Mais elles peuvent être gérées de façon efficace.
Traiter
 Les maladies MST
 La candidose vulvo-vaginale (muguet) avec des pessaires antifongiques comme le
miconazole ou une dose unique par voie orale de 150 mg de fluconazole.

Soins
 Faites asseoir la patiente dans une bassine d’eau additionnée d’une pincée de sel deux
fois par jour
 Utilisez des serviettes hygiéniques de coton faites de vieux vêtements
 Des slips sn plastique peuvent être fabriqués localement
 Assurez-vous que les serviettes hygiéniques et les draps souillés sont changés et lavés
régulièrement
 Déconseillez l’introduction de corps étrangers dans le vagin
Prescrire : un cachet de métronidazole 200 mg à introduire quotidiennement dans le vagin ou
réduit en poudre puis appliqué

19. INCONTINENCE URINAIRE


Traiter
 L’IVU
 Incontinence par regorgement
 Compression de la moelle épinière
Soins
 Pour les hommes et les garçons, placez le pénis dans une bouteille en plastique
 Des serviettes hygiéniques en coton pour les femmes (faites à partir de vieux
vêtements) avec port de slips en plastique si possible
 Changez et lavez les serviettes hygiéniques et draps régulièrement afin de garder le
patient sec
 Protéger la peau avec de la vaseline
 Encouragez la prise de liquides. Parfois les patients arrêtent de boire par peur d’être
incontinent. Mais la déshydratation ne ferait qu’empirer l’état général
Prescrire : si vous y avez accès, placez un cathéter vésical
30

20. RETENTION URINAIRE


Traiter
 Les stercolithes dus à la constipation
 Les infectionsdes voies urinaires
 Les effets secondaires dus à des médicaments (antidépresseurs come l’amitriptyline ou
les opioïdes)
 La compression de la moelle épinière
Soins
 La cathétérisation remédiera à la rétention. Si la cause sous-jacente peut être traitée, le
problème peut se résoudre une fois et le cathéter peut être retiré.
 Il arrrive qu’un cathéter soit nécessaire sur le long terme. Il peut s’obstruer (par
exemple un caillot de sang dans le cas de cancer de la vessie). Le fait d’injecter 50 ml
d’eau bouillie et salée dans la vessie au moyen d’une seringue peut le débloquer.
Changer le cathéter toutes les 4 semaines, si possible
Prescrire
 Des antidouleurs selon l’échelle des analgésiques
 10 mg 3x/j de codéine jusqu’à 30 mg toutes les 4 heures
 2,5 à 5 mg de morphine toutes les 4 heures si la rétention est grave

21. SPASMES DE LA VESSIE


Des douleurs soudaines, fortes peuvent être ressenties dans la vessie et l’urètre en
particulier chez les patients atteints de cancer de la vessie ou de la prostate. C’est
également le cas après une cathétérisation ou une infection.
Traiter
 L’IVU
Soins : encourager la prise de liquides
Prescrire
 Des médicaments anticholinergiques comme 25 à 50 mg d’amitriptyline au coucher
ou 10 à 20 mg 4x/j de scopolamine bromobulate ou 15 mg 3x/j de propanthéline
 Echelle des analgésiques

22. PROBLEME DE MOBILITE


Traiter
 La compression de la moelle épinière. Cela arrive quand une masse cancéreuse appuie
sur la moelle épinière. Le premier signe est une douleur dans le dos au niveau de la
tumeur. Le patient ressent une ceinture autour du corps et la douleur peut descendre
dans les jambes. Les deux jambes deviennent plus faibles et le patient peut perdre en
partie le sens du toucher en dessous de la tumeur. La compression de la moelle
31

épinière peut également causer des changements au niveau de la vessie et du transit


intestinal, accompagnés d’incontinence ou de rétention.
 Des soupçons de CME doivent etre considérés comme une utgence dans le cadre des
soins palliatifs et une forte dose de stéroides doit etre prescrite dès le début des
symptomes. Ceci permettra de mainytenir kl’usage des jambes jusqu’à ce qu’un
traitement soit disponible (comme la radiothérapie) ou, pour améliorer la qualité de la
vie pour une période limité, 16 mg 1x/j de Dexaméthasone
Soins
 Si le patient ne peut pas bouger dans le lit, il risque de développer des escarres et
décubitus. Prévenez-les par des soins attentifs des zones sujettes aux pressions
 Les membres qui ne sont pas utilisés deviennent rigides et développent des
contractures :
 Encourager le patient à se mouvoir autant que possible, aidez-le à changer
fréquemment de position
 Si le patient est immobile, faites-lui faire des exercices passifs au moins deux
fois par jour. Maintenez les articulations flexibles par des mouvements souples
de flexion et d’extension des poignets, des coudes, des épaules, des chevilles,
des genoux, des hanches et du cou. Protégez l’articulation en supportant le
membre en amont et en aval alors que vous la bougez
 Massez les membres, les dos et le cou si le patient trouve que cela l’aide
Prescrire
 L’analgésique peut améliorer la mobilité
 Des adjuvants pour spasmes musculaires
CHAPITRE IV. SOIS AUX MORIBONS ET A LA DEPUILLE MORTELLE
La tâche de l’infirmier est très étendue. Il est appelé à donner des soins aux
bien portants, aux nouveau-nés, aux jeunes mamans et surtout aux malades et cela à chaque
fois époque de vie : enfants, adolescents, adultes, personnes âgées et aussi aux moribonds.
C’est ici spécialement, près du mourant que son action est de toute importance et qu’il doit
être conscient de ses responsabilités.
4.1. Obligations de l’infirmier
a. Envers le médecin
 Avertir immédiatement le médecin de toute aggravation de l’état du malade
 Se conformer exactement à ses indications jusqu’à son arrivée
b. Envers sa famille
 Avertir la famille avec tact, pour autant que le médecin n’ait pu le faire
 Sauf en cas d’extrême urgence, éviter d’avertir par téléphone ou télégramme
ou de faire appel à une tierce personne
 Etre partiellement prévenant envers la famille en ces moments si pénibles,
comprendre et compatir à leur douleur
c. Envers le malade
Il est très difficile de savoir si le malade a réellement perdu connaissance. Se
méfier des paroles imprudentes prononcées près de lui, il peut très bien les entendre.
32

 Avertir le malade en temps utile, avec prudence et tact, de l’aggravation de son


état, sans lui enlever l’espoir de guérison. Il est souvent difficile pour le malade
d’admettre la gravité de son état et ce d’autant plus qu’il ne faut jamais exclure
la possibilité d’une amélioration. D’autre part, il désirera peut être prendre
certaines dispositions.
 Attirer son attention sur la grâce et la force du sacrement des malades pour le
lui faire désirer (catholique)
 Veiller à l’entourer d’une atmosphère apaisante
 Ne pas se contenter d’observer le secret professionnel, mais également
témoigner la discrétion la plus délicate

4.2. Assistance et soins


4.2.1. Attitude de l’infirmier au sujet des secours spirituels

Dans certains hôpitaux, la religion du malade est connue dès son arrivée à
l’hôpital. L’infirmier doit penser au réconfort apporté au mourant par le secours spirituel de sa
religion, il doit répondre au désir du malade dans le respect de la liberté de conscience de
chacun. S’il est devenu subitement inconscient, se renseigner sur les dispositions auprès de la
famille.si le malade est musulman, se renseigner sur les rites très particuliers de
l’ensevelissement, généralement pratiqués par ses coreligionnaires.
4.2.2. Soins pendant les derniers jours
L’aggravation de l’état du malade est décelable par :
 Modification de la courbe de température
 Disparition de l’appétit
 Difficulté de déglutition
 Affaiblissement progressif
 Affaiblissement du corps dans les coussins
 Etat d’inconscience plus ou moins accentué
 Une nouvelle phase s’annonce qui représente pour le malade :
o Un nouveau combat
o Peur de l’inconnu
o Doute, découragement, isolement
o Conscience plus aigüe de son attachement à la vie
 Responsabilités de l’infirmier
 Ne jamais laisser le malade seul, même s’il est isolé en chambre
 Faire tout ce qui est possible pour adoucir les derniers jours et le dernier instant, ils
sont parfois durs pour le mourant
 Tranquillité parfaite, silence
 Aération de chambre (la présence de plusieurs personnes peut incommoder le malade)
 Veiller à ce que le malade soit toujours installé le plus confortablement possible ;
 Rafraichir bouche et lèvres :
33

 Faire boire à petites gorgées


 Humidifier (tampon gaze humide) les lèvres
 Petits morceaux de glace
 Débarrasser la bouche des mucosités
 Eponger la sueur froide
 Suivre jusqu’au bout toutes les prescriptions médicales
 Si le malade se souille et doit être changé de linge, ne faire que le strict nécessaire et
toujours avec l’aide d’un deuxième infirmier. Ne pas trop éloigner la famille pendant
les soins, ils peuvent entrainer une mort subite
 Savoir créer un atmosphère de sérénité chrétienne, encourager le malade, prier avec lui
et pour lui.
NB. Si la famille est présente, lui confier les petits soins mentionnés ci-dessus

4.2.3. Agonie
L’agonie est une période qui, normalement, précède la mort. La mort peut
subvenir parfois brutalement, sans agonie. Signes avant-coureurs de la mort :
 Accélération, affaiblissement et irrégularité du pouls
 Baisse de la tension artérielle
 Modification de respiration :
 Type cheyne-stocke : alternances de respiration, profonde rapide, lente, avec
intervalles d’arrêt quasi-total. C’est un symptôme très alarmant, provenant
surtout de manque d’oxygène.
 Type kussmaul : respiration régulière, profonde, en général très lente
(acidose) caractéristique des états de coma
 Vers la fin la respiration devient bruyante, ralentie ou stértoreuse
 Modification du teint
 Sueurs froides, peau moite
 Traits tirés, nez pincé, battements des ailes du nez
 Diminution de vitalité :
 Mains flasques ou parfois contactions spastiques des mains ou relâchement des
sphincters : miction et défécation involontaires ou diminution de l’acuité
visuelle ; les yeux sont ternes, disparition des reflexes
 Troubles de perception : le mourant, en général, se sent mieux : la sensation
douleur est atténuée
 L’ouïe reste très longtemps intacte : mettre la famille en garde pour les
conversations
 Diminution progressive et perte de conscience (certains malades conservent
toutefois leur lucidité jusqu’au bout)

4.2.4. Décès
La constatation du décès est faite par le médecin. Les signes probables de la mort sont :
 Arrêt de la respiration et du pouls
 Immobilité de la pupille et insensibilité de la cornée
34

 Hypothermie
 Immédiatement après la mort, il se produit un relâchement musculaire, après quelques
heures (3à6 heures) : la raideur cadavérique
 Taches cadavériques (lividités) se présentent après 12 heures environ
4.2.5. Signes de la mort
Il peut arriver que l’infirmier se trouve dans un endroit éloigné du médecin,
dans un cas où il est difficile d’affirmer à la famille la réalité de la mort par le simple examen
courant. Pour qu’il puisse donner un avis autorisé, il est bon de connaitre les signes de la
mort. Pour cela, il faut les répartir en trois catégories :
a. Signes que le simple examen du corps suffit à faire constater
 Arrêt de la respiration et de la circulation
 Abolition de la sensibilité, perte de connaissance
 Suppression du reflexe coméen, c’est-à-dire absence de réaction au contact du doigt,
affaiblissement et mollesse du globe oculaire avec apparition d’un voile glaireux,
dilatation de la pupille qui sera suivie de rétrécissement plus tard ;
 Rigidité cadavérique qui débute 3-6 heures après la mort, devient complète en 24
heures, persiste un ou deux jours et disparait plus ou moins rapidement. Cette rigidité
débute par les muscles de la mâchoire inférieure
 Le refroidissement cadavérique se fait progressivement. Dans certaines maladies
comme le tétanos, il peut y avoir une ascension thermique temporaire même après la
mort ;
 Le relâchement des sphincters qui laissent écouler des déjections
 Les lividités cadavériques, taches rougeâtres, violacées, sont dues à l’accumulation et
à l’extravasation du sang dans les parties déclives.

b. Procédés sans danger à la portée de l’infirmier


 Procédé du miroir : on maintient cinq minutes un miroir à quelques centimètres à
peine de la bouche et des narines du sujet en évitant les courants d’air.
L’apparition d’une légère buée serait l’indice révélateur d’une respiration ralentie
 Signe de carrière : on place la main du sujet devant une lumière, chez le vivant : le
bord du doigt est rosé, il ne l’est pas chez le cadavre
 Signe de Magnus : un fil serré à la base du doigt donne chez le vivant un doigt
violacé, aucun changement d’aspect ne se produit chez le cadavre
 Procédé de la ventouse : sur le vivant, la pose de la ventouse amène une
coloration violacée, il n’y a aucune tache sur le cadavre, l’infirmier placera la
ventouse de préférence dans la région ombilicale (dans le cas de choléra où la
circulation est très ralentie, il n’y a pas de réaction chez le vivant).
Si les signes de mort sont nombreux, ils ne sont pas tous de valeur légalement
absolue. Donc l’infirmier doit toujours recourir au jugement du médecin.
c. Signes que peuvent mettre en évidence des preuves que seul le médecin a le droit
de tenter
 Artériotomie : le médecin dénue l’artère radiale (ou une autre artère). S’il n’v y a
pas d’écoulement sanguin c’est que le cours de la circulation est suspendu et la vie
est devenue impossible
35

 Injection sous-cutanée de 2 ml d’éther : ce dernier procédé prouve que la mort


est apparente si l’éther reste sous la peau. Au contraire, si l’éther ressort en jet, la
mort est réelle et on peut, dans ce cas seulement procéder à l’autopsie ou au
prélèvement de greffons, ce qui devient une pratique courante particulièrement en
ophtalmologie pour les greffes de la cornée.

4.2.6. Soins post mortem


4.2.6.1. Rôle de l’infirmier
 Noter l’heure du décès : très important
 Fermer les paupières ou le laisser faire par un membre de la famille, si nécessaire
appliquer un peu d’ouate humide
 Laisser la famille quelques instants dans la chambre, puis l’éloigner avec tact, afin
de pouvoir procéder à la toilette funèbre
 Si possible, arrêter le mouvement de la montre
 Avertir le médecin et le service administratif de l’établissement
 Remettre à la famille ou au bureau administratif les objets de valeur appartenant au
défunt

 Mort subite (cause inconnue ou suspecte)


En cas de mort suspecte, accident, mort brutale :
 L’infirmier s’abstiendra de toucher au corps et aux objets
 Ne pas donner de soins avant l’arrivée du médecin légiste
 La plus petite modification, si minime soit-elle, peut être lourde d’importance

4.2.6.2. Toilette funèbre


a. Moment
 Habituellement une demi-heure environ après le décès
 De toute façon la toilette funèbre doit être faite avant l’apparition de la rigidité
cadavérique
 Entre –temps, débarrasser la chambre et préparer les nécessaires

b. Matériel nécessaire
 Le nécessaire pour une toilette ou bain du lit, soins des ongles
 S’il s’agit d’un homme, le nécessaire pour le raser
 Seau ou sac à linge sale
 Eventuellement le nécessaire pour renouveler un pansement, prévoir largement
ouate ou cellulose
 Un bassin réniforme
 Une pince usagée, de l’ouate pour obstruer les orifices naturels
 Lorsqu’on prévoit une grande déportation de liquide : linge usagé, cellulose,
bandage de corps. Actuellement, on utilise un grand sac plastique (maillot)
 De quoi relever la mâchoire inférieure : bandeau, objet dur
 Le nécessaire pour vêtir le défunt, suivant le désir de la famille le lendemain en
temps utile
 Linge de lit propre (2 à 3 draps)
36

 Grande toile imperméable pour protéger le lit


c. Technique de l’ensevelissement
 Avant tout, placer à la porte de la chambre une affiche « occupée »
 Revêtir d’une blouse tablier qu’on mettra ensuite à la lessive
 Agir avec autant de respect que s’il s’agit d’un vivant
 Déborder le lit tout autour, enlever les couvertures et les oreillers, mettre le
couvre-lit dans le sac à linge
 Placer la couverture individuelle ou déshabiller le mort sous le drap
 Toilette ordinaire
 Eventuellement sondage vésical
 Ne pas oublier la toilette des ongles
 Bourrer les orifices naturels (anus, vagin d’ouate au moyen de la pince usagée)
 Renouveler le pansement : enlever mèche, sonde, drain, bourrer rapidement la
plaie avec de l’ouate et fixer le pansement avec du vieux linge. Un éventuel
pansement à la tête sera refait très soigneusement et très proprement.
 Pendant la toilette, recouvrir la bouche du défunt
Méthodes
 Emploi d’un second lit ou brancard
 Y déposer d’abord la garniture inférieure et un coussin plat
 Ensuite y déposer le corps habillé
 Recouvrir d’un beau drap, soit bien tiré, avec large bord, soit plissé en larges plis plats
jusque sous les bras
Sur le lit du défunt
 Disposer une garniture inférieure propre, bien tirée et rentée
 Ensuite habiller le corps
 Terminer par le drap de dessus
Emploi d’un linceul
 Le déposer sur le lit
 Envelopper le corps depuis le tronc dans la partie inférieure du linceul en laissant dans
le haut un très large rebord qui, lors de la mise en bière sera replié pour envelopper la
partie supérieure du corps et la tête
 La partie supérieure est disposée en plis réguliers jusque sous les aisselles
Uniforme ou vêtements civiles
 Veiller à bien achever le garniture inférieure du lit
 Si le corps est complètement habillé on ne ie recouvre pas d’un drap
Figure et chevelure
 Aspect soigné
 Si on emploie un bandeau pour fixer la mâchoire inférieure, il faut arranger les
cheveux après enlèvement du bandeau, les rides qui se serraient formées seront
effacées au moyen d’un linge
 Recouvrir éventuellement tête et figure d’un voile transparent
37

Mains
 Si le défunt est un chrétien, lui joindre les mains et y glisser une petite croix
(éventuellement un chapelet).
 S’il pratique un autre culte, s’informer des coutumes de ce culte. S’abstenir de
prosélytisme (zèle déployé pour faire des nouveaux adeptes)
 S’il s’agit d’un incroyant ne pas lui joindre mains, disposer les bras le long du corps
Chambre
 Mettre de l’ordre et enlever le superflu
 Y déposer éventuellement crucifix, deux candélabres avec cierges, eau bénite et
branche de buis, un petit plateau sur lequel peuvent être déposées les cartes de
condoléances, (si nécessaire), fleurs (selon la culture)
 Il est possible de disposer quelques fleurs, mais éviter l’excès
 Quelques fleurs détachées avec une petite branche de verdure éventuellement être
disposées entre les plis du drap et au pied du lit
 Les bouquets et couronnes seront placés contre le lit de parade

NB : la chambre sera fermée à clef et clef confiée à l’infirmier du service qui hhhh
le premier afin de vérifier si tout est en ordre, avant de laisser entrer la famille.
 Transfert du corps à la mortuaire
 Précautions
 Si le corps doit être transféré dans une mortuaire, attacher au drap une carte
mentionnant le nom, le prénom, le numéro de la chambre, date et l’heure de décès.
Méthodes
Lit et brancard
N.B : il est indispensable d’avertir le portier de l’établissement. La clef du local sera
confiée au responsable. Le transfert et les soins effectués avec la discrétion et le tact
requis.
Prophylaxie, en cas de décès des malades contagieux
Prendre toutes les précautions nécessaires à l’ensevelissement :
 Ne pas faire des grandes toilettes
 Ne pas changer de linge, n’enlever que le linge fortement souillé
 La cellulose et tous les objets de pansement seront imprégnés d’une solution
désinfectante, p.ex chloramine 5%
 L’emploi d’un grand sac en matière plastique est à conseiller en raison du maximum
de sécurité qu’il représente
 Parfois il sera indispensable d’employer un cercueil en zinc.

NB : il sera procédé le plus rapidement possible à la mise en bière en tenant compte des
mesures de prophylaxie imposée par la législation.

Soins à la dépouille mortelle d’un enfant


38

Lors d’un décès d’un enfant, la tâche de l’infirmier (e) est parfois difficile et délicate au point
de vue psychique, morale, religieux. Ici diverses situations peuvent se présenter :
a. Enfant venu au monde, corps intact
b. Mort peu avant, pendant ou immédiatement après l’accouchement :
 Essuyez le sang et les mucosités, surtout de la figure des cheveux et des mains
 Habiller le petit corps
 Vêtements très propres et linge en ouate ou cellulose
 Montrer l’enfant à la mère si celle-ci exprime le désir
c. Enfant venu au monde, corps macéré
De soins prophylactiques sont indispensables car :
 La cause de la mort n’est pas connue
 Le danger de contagion n’est pas exclu
Il faudra donc :
 Se laver et se désinfecter les mains
 Ne pas donner de soins de propriété au petit corps
 Fermer les paupières et la bouche
 Envelopper de cellulose et d’un petit linceul
 Mettre rapidement dans le cercueil
 Ne pas le montrer à la mère, sauf désir formel
Formalités administratives
Déclaration de décès :
Légalement obligatoire
Contrôler l’heure exacte du décès et la faire connaitre au médecin
Pièces requises
1. Certificat médical de décès établi par le médecin qui a constaté le décès
Le formulaire rempli par le médecin doit mentionner : nom, prénom, état-civil,
profession, âge, date, heure du décès, adresse, nationalité. On peut obtenir ces formulaires à
l’état-civil.

Le médecin doit déclarer (déclaration manuscrite) :


 Maladie principale ou accident avec la cause
 En cas de mort violente ou d’accident, le formulaire est rempli par le médecin qui a
été appelé à faire le constat et le procès-verbal est dressé par la police.

2. Carte d’identité du défunt. Il prévient l’administration de l’hôpital


3. Acte de décès : est établi par l’officier de l’état civil d’après les déclarations de deux
témoins majeurs, de préférence membres de la famille ou voisins.
4. Permis d’inhumer : est délivré par l’officier de l’état civil, en cas de mort violente,
pas avant la descente du parquet
39

NB : la déclaration d’un enfant mort-né est obligatoire à partir du moment où l’enfant est
viable.
Il n’y a pas de délai fixé pour la déclaration de décès ; mais elle doit se faire avant
l’enterrement.
Désinfection après le décès
 Si le malade n’était pas contagieux, mettre tous les linges à la lessive. Porter le
matelas à l’air, le brosser avec de l’eau additionnée d’un peu du formol. Laver le
fer du lit, surtout le sommier, avec une solution antiseptique, ainsi que la table de
nuit. Laver le bassin, le crachoir et tous les autres objets utilisés par le malade
avec une solution d’eau de javel ou de crésyl.
 S’il s’agit d’un contagieux : désinfection de la literie et de la chambre (voir le
cours de prophylaxie).
CONCLUSION
Les derniers soins donnés à un défunt sont, pour la famille d’une importance capitale.
C’est pourquoi l’infirmier doit veiller à ce que la dernière impression soit toute faite de paix
sereine et de dévouement chrétien.
L’infirmier aura accompli ainsi sa mission, en assurant aide et consolation aux affligés
et aux éprouvés :
 Disponibilité totale
 Délicatesse et douceur des soins données
 Charité fraternelle vraie et dévouement sans limites
 Rayonnement de bonté intérieure.

L’infirmier chrétien doit avoir des convictions religieuses et morales fortement


ancrées, non seulement formées au point de vue technique, mais humain et chrétien.

« l’infirmier est une personne qui, ayant suivi un enseignement infirmier de base, est
apte et habilité à assumer dans son pays la responsabilité de l’ensemble des soins infirmiers
que requièrent la promotion de la santé, la prévention de la maladie et les soins aux
maladies ». (conseil international des infirmiers).

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