Soins Palliatifs
Soins Palliatifs
DEPARTEMENT : HOSPITALIERE
EDITION 2023
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O. INTRODUCTION
1. Historique
Le mouvement moderne des soins palliatifs a débuté en Angleterre dans les
années 1960. L’infirmière Cicely Mary Saunders, née le 22 juin 1918 à Barnet, Hertfordshire
(Angleterre) et morte le 14 juillet 2005 à Londres, est considérée comme fondatrice de ce
mouvement et pionnière des soins palliatifs. C’était une infirmière.
Au départ, les soins palliatifs concernaient essentiellement les patients atteints
de cancers et leurs proches. Cependant, le besoin est toujours plus grand dans les
environnements où les ressources sont limitées où la guérison est souvent impossible en
raison d’une prise en charge tardive et des traitements limités.
C’est l’épidémie de VIH/SIDA qui souligne le besoin des soins palliatifs à
l’heure actuelle. En effet, même quand des thérapies antivirales sont disponibles, les patients
souffrent de symptômes lourds. Le fait de voir de nombreux patients qu’ils ne peuvent aider
décourage et frustre les professionnels de santé.
Les soins palliatifs sont utiles à des personnes souffrant de différentes maladies
qui limitent l’espérance de vie, qu’elles soient à l’hôpital où à domicile, qu’elles soient jeunes
ou âgées, riches ou pauvres.
2. Justification
Le besoin d’une large offre des soins palliatifs n’a jamais été aussi grand. En
effet, le nombre de cancers augmente partout et, dans les environnements aux ressources
limitées, les soins palliatifs sont souvent l’axe principal du traitement.
En Afrique, le VIH affecte directement et indirectement presque toutes les
communautés. Cette situation devient de plus en plus vraie dans d’autres régions du monde.
Dans de nombreux pays, la proportion de la population âgée est en progression, ce qui
augmente le besoin des soins continus pour les personnes atteintes de maladies incurables et
évolutives.
Comme l’a dit Desmond TUTU en 2005, « il s’agit d’une question qui
concerne tout le monde. Nous aimerions tous que notre vie, et celle de nos proches, se
termine dans la sérénité et le bien-être ».
3. Contenu
0. Introduction
Chapitre I. Notions de soins palliatifs
Chapitre II. Parler des questions difficiles
Chapitre III. Contrôler la douleur et autres symptômes
Chapitre IV. Soins au moribond et à la dépouille mortelle
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3. Approche
Les soins palliatifs utilisent une approche holistique. Ils sont :
Physiques : douleur, fièvre, fatigue, toux et autres plaintes
Psychologiques : tristesse, angoisse, peur, colère…
Sociaux : besoins de la famille, problèmes d’alimentation, de travail, de logement et
de relations avec les autres.
Spirituels : questions sur le sens de la vie et de la mort, le besoin de sérénité.
4. Objectif
Le principal objectif de ma médecine moderne est de guérir les maladies au
moyen des médicaments, de la chirurgie et d’autres traitements. Il s’avère que la prévention
est meilleure que les traitements et il est mis en place des politiques de santé publique,
notamment des programmes de vaccination et d’éducation sanitaire.
La plupart des services de santé ont été conçus pour le traitement et la
prévention des maladies. Mais, après avoir travaillé dans ces services, de nombreux
professionnels de santé prennent conscience qu’un besoin important n’est pas satisfait : les
soins continus des malades qui ne guérissent pas.
L’objectif des soins palliatifs n’est pas de rallonger ou de raccourcir la vie des
patients, mais d’améliorer la qualité de leur vie pour que le reste de la vie (qu’il s’agisse de
jours, de semaines, de mois ou d’années) soit aussi serein et positif que possible.
5. Caractéristiques
a. Les soins palliatifs concernent la vie autant que la mort
Les soins palliatifs ne consistent pas seulement à prendre soin de quelqu’un
dans les derniers jours de sa vie ; mais en effet, il s’agit de soulager les souffrances et
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d’améliorer la qualité de la vie depuis le moment où une personne découvre qu’elle est
atteinte d’une maladie incurable.
b. Les soins palliatifs se prodiguent en parallèle et au sein d’autres programmes de
soins
Les soins palliatifs ne remplacent pas les autres soins. Ils peuvent être intégrés
à des programmes existant et doivent faire partie des soins prodigués à toute personne atteinte
d’une maladie qui limite l’espérance de vie.
De nombreux programmes hospitaliers offrent de bon traitements aux malades
(ex. les antirétroviraux pour les PVV, la chimiothérapie et radiothérapie pour les cancers)
mais ne savent pas aider les patients à régler leurs problèmes d’angoisse, de chagrin,
d’isolement et de stigmatisation. Les soins palliatifs peuvent être intégrés à ces différents
types de programmes et offrir ainsi des soins holistiques.
c. Avec les soins palliatif la réponse n’est jamais « on ne peut rien faire »
De nombreux patients souffrant d’une maladie qui limite la vie ont de
nombreux problèmes devant lesquels les professionnels de la santé et les aidants peuvent se
sentir désarmés et impuissants. Les gens sont souvent renvoyés chez eux après qu’on leur dit :
« on ne peut rien faire ». Par contre, les professionnels des soins palliatifs doivent s’attacher
à ce qu’ils peuvent faire, plutôt que se laisser décourager par ce qu’ils ne peuvent pas faire.
Par exemple :
Ils peuvent ne pas guérir les maladies incurables, mais peuvent contrôler de nombreux
symptômes sources de douleurs ;
Ils peuvent ne pas éliminer la douleur du deuil, mais peuvent accompagner ceux qui
portent le deuil et partager leur tristesse ;
Ils peuvent ne pas avoir toutes les réponses, mais peuvent écouter toutes les questions.
Un jeune clinicien en soins palliatifs au Malawi confie :
« Je me souviens de mon premier patient lorsque j’ai commencé à travailler dans un hôpital
public surchargé et sous financé : je suis entré dans une petite salle au service des enfants et
j’ai vu une adolescente allongée sur un matelas, à demi consciente, moribonde. Sa grand-
mère était assise dans un coin de la pièce. Je voulais m’en fuir. Je ne voyais pas ce que je
pouvais apporter dans une situation si désespérée. Mais j’ai décidé de considérer ce que je
pouvais faire plutôt que ce que je ne pouvais pas faire. J’ai donc montré à la grand-mère
comment lui laver la bouche et lui passer un peu de solution de violet de gentiane pour traiter
le muguet. J’ai trouvé un autre oreiller et utilisé l’un des pagnes de la grand-mère pour que
le lit soit plus confortable et s’a juste à sa position. J’ai expliqué qu’elle devait la tourner
régulièrement pour éviter les escarres. Je lui ai également donné une crème pour sa peau
sèche. J’ai encouragé la grand-mère à s’asseoir près de la patiente et à lui parler même si
elle ne répondait pas. De petites choses, mais elles montraient que je n’avais pas baissé les
bras et qu’elles n’étaient pas seules ».
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Ecouter activement
- Vous pouvez hocher la tête pour indiquer que vous comprenez
- Ou faire de petits commentaires du genre : « je vois », « oui », ou « ce doit être
difficile pour vous »
Accepter les silences ne pas interrompre. Une étude montre que les médecins
interrompent leurs patients après 18 secondes en moyenne.
Vérifiez que vous avez compris ce que le patient a dit, en disant par exemple :
- Vous voulez dire que ….
- Je pense que ce que vous dites c’est que ….
- Donc ce qui vous préoccupe plus c’est….
Lors que le patient parle des symptômes physiques, il faut poser de
nombreuses questions pour avoir une bonne idée du problème, par exemple :
- Depuis combien de temps toussez-vous ?
- La toux s’aggrave-t-elle, s’améliore-t-elle ou est-elle stable ?
- Votre bébé fait-il souvent des crises ? les fait-il chaque jour, une fois par jour, par
semaine ou une fois par mois ?
R (Relatives) : Proches
Il est généralement mieux de donner une mauvaise nouvelle au patient quand
un membre proche de sa famille est avec lui pour le soutenir et partager les informations. Il
est important de vérifier d’abord qui doit être présent pour recevoir la nouvelle. Ceci dépend
de la culture du patient et de son environnement.
Vous pouvez dire au patient : « nous devons parler des choses importantes ;
êtes-vous d’accord si votre mère reste ? « ou « qui aimeriez-vous être avec vous pendant que
nous discutons ? »
E (Expectations) : Attentes du patient
Qu’est-ce que le patient s’attend à entendre Informez-vous sur ce que le patient
sait déjà en lui demandant: « que savez-vous de votre maladie ? Comment pensez-vous que
les choses vont ? » Ceci est très important même si cela parait évident ou même si vous savez
que quelqu’un lui a déjà dit certaines choses. Ce qui a été dit et ce qu’il a entendu n’est pas
toujours la même chose. Ecouter les pensées du patient vous indiquera son niveau de
compréhension et le langage qu’il utilise pour parler de sa maladie.
A (Asses) : Evaluer ce qui est approprié
Essayez d’évaluer ce qu’il veut savoir en lui demandant : « vous êtes-vous
demandé ce que cela veut dire ? Voulez-vous que je vous dise ce qui, d’après moi, se
passe ? » Il n’est pas juste d’imposer des informations à quelqu’un qui n’est prêt à les
entendre.
Il n’est pas obligatoire de tout dire en une fois. Le patient sera peut-être prêt à
en savoir plus à la prochaine visite.
K (Knowledge) : Partager les informations
Partager ce que vous savez doucement, calmement en faisant attention à ne pas
utiliser des mots que le patient ne comprend pas. Il est souvent utile de dire au patient que
vous allez lui parler de quelque chose d’important. Vous pouvez le préparer en disant quelque
chose comme : « Nous devons nous arrêter quelques minutes pour parler, les choses sont
assez sérieuses ». Alors que vous parlez, laissez-lui le temps d’absorber ce que vous dites et à
la fin assurez-vous qu’il a compris.
Les gens veulent souvent savoir combien de temps il leur reste à vivre. Ils
peuvent vous demander directement : « combien de temps me reste-t-il ? » ou
indirectement : « Quand pourrai-je retourner au travail ? ». Il est généralement préférable de
ne pas donner une réponse précise car chaque personne réagit différemment et peut nous
surprendre. Toutefois, il est judicieux de donner une estimation grossière pour aider les gens à
planifier raisonnablement. Généralement, si la santé du patient se détériore de mois en mois, il
lui reste probablement quelques mois ; si elle change de semaine en semaine, il s’agit de
semaines ; et si elle détériore de jour en jour, il s’agit de jours.
N (Never) : Ne jamais dire « on ne peut rien faire »
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Il est important de présenter les aspects positifs ainsi que les aspects négatifs.
« Nous ne pouvons pas guérir le cancer mais nous avons des médicaments qui suppriment la
douleur », « Nous sommes toujours là s’il y a de nouveaux problèmes ».
E (Empathise) : Empathie
Il est parfois difficile de laisser le patient exprimer ses sentiments car nous ne
voulons pas qu’il soit triste ou que sa colère ou son désespoir soient inquiétants. Nous ne
pouvons pas supprimer ses sentiments mais nous pouvons faire preuve d’empathie. C’est-à-
dire essayer de comprendre ce que le patient ressent en nous mettant à sa place. Nous pouvons
dire des choses simples comme : « ce doit être très dur pour vous à entendre » ou « je
comprends que vous soyez en colère ». Empêcher la personne de pleurer n’apporte rien, il
s’agit d’une réaction normale et saine. Attendez patiemment. Le patient arrêtera de pleurer
quand il sera prêt.
W (Way) : Avenir
Il est important de parler de ce qui se passera après et de ce que vous pouvez
faire pour aider. Prenez rendez-vous pour votre prochaine visite. Assurez-vous que la
personne sait que vous ne l’abandonnez pas et dites-lui qu’elle peut obtenir de l’aide si des
problèmes surviennent avant votre prochaine visite.
S (Stop) : arrêtez-vous et méditez
Annoncer de mauvaises nouvelles est difficile pour nous comme pour le
patient. C’est une bonne idée de s’arrêter un moment avant de passer à notre prochaine tâche,
de méditer sur la conversation et nos sentiments.
e. Le soutient spirituel
Les questions spirituelles sont souvent très importantes pour les personnes qui
savent qu’elles approchent de la fin de leur vie. Une personne qui était croyante peut douter
de sa foi. Une autre qui n’a jamais été croyante peut se poser des questions comme :
- Que va-t-il se passer quand je vais mourir ?
- Y a-t-il une vie après la mort ?
- Pourquoi suis-je malade ? Est-ce un châtiment de Dieu ?
- Quelle a été la valeur de ma vie ?
Certaines personnes sont en proie à des sentiments de culpabilité, de colère ou
de désespoir. Certaines recherchent le pardon, la paix ou l’espoir.
Pour comprendre comment apporter au mieux un soutien spirituel, nous devons
en savoir plus sur les croyances et les interrogations du patient. Parfois, il nous semble
difficile de poser des questions à ce sujet, car nous ne voyons qu’une personne de confession
chrétienne, musulmane, hindoue… mais ne connaissons pas son parcours spirituel. Nous
pouvons découvrir le parcours spirituel du patient en lui posant quelques questions comme :
- Qu’est-ce qui est le plus important pour vous ?
- Qu’est-ce qui vous aide dans les moments difficiles ?
- Avez-vous la foi et vous aide-t-elle à comprendre le sens de la vie
- Vous arrive-t-il de prier ?
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Si le patient nous demande quelles sont nos croyances, il peut être utile de les
partager avec lui, amis nous ne devons jamais imposer nos opinions à quelqu’un. Si le patient
et l’aidant sont d’accord, priez avec un patient ou pour lui peut apporter un soulagement.
Il peut être important d’aider avec des questions pratiques comme la
préparation de la nourriture ou des vêtements adéquats, la toilette avant la prière et d’autres
exigences afin d’exécuter des rites sacrés. Prêter attention à ces détails peut faire la différence
pour un patient et lui permettre de pratiquer sa religion et de trouver la paix.
Il peut être judicieux que votre équipe compte une personne spécialisée dans le
soutien spirituel ou vous devez trouver des membres des communautés religieuses locales ou
leurs leaders qui pourront passer du temps avec les patients, exécuter des rites importants ou
vous conseiller sur les habitudes et pratiques autour de la mort.
f. Le deuil
Le processus de deuil a été étudié et différentes émotions ont été observées chez les personnes
en deuil. C’est par exemple :
Choc ou incrédulité
Angoisse ou détresse sévère
Recherche de la personne perdue
Dépression, fatigue, perte d’intérêt à la vie
Acceptation et planification de l’avenir
Chaque personne réagit différemment et passe d’un sentiment à l’autre de
différentes façons. Il est important que nous, les aidants, reconnaissions que le deuil est à
l’origine de différents sentiments qui peuvent évoluer avec le temps.
Nous ne devons pas paniquer face à ces émotions fortes, mais nous devons les
admettre et les accepter. Ceci est particulièrement important dans le cas de colère, car elle
peut retourner contre nous et nous pouvons nous sentir blessés ou nous mettre en colère en
réaction. Mais nous acceptons que la personne est en fait en colère en raison de sa perte, nous
pouvons faire la part des choses.
Il n’est pas juste de faire penser aux gens qu’ils ne doivent pas avoir les
sentiments qu’ils ont.il ne faut pas dire par exemple : « vous ne devriez pas être déprimés »
ou « vous ne devriez pas entre en colère comme ça, ce n’est pas de sa faute ». Ce genre de
commentaires ne va pas aider la personne à aller mieux, ça ne fera que la culpabiliser et
alourdir encore sa peine. Il plus utile de reconnaitre les sentiments et d’expliquer qu’ils sont
un élément normal du deuil.
Dans la plupart des cultures, des rites et des coutumes accompagnent le décès.
Ils sont généralement très utiles à la famille. Toutefois, nous ne devons pas penser qu’une fois
les obsèques terminées, le deuil est terminé. Certaines personnes ont besoin des mois avant de
pouvoir accepter leur perte et reconstruire leur vie. Les aider sur ce chemin fait partie des
soins palliatifs.
CHAPITER III. CONTROLER LA DOULEUR ET LES AUTRES SYMPTOMES
A. IMPORTANCE
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1. DOULEUR
Plus de 70% des personnes à un stade du cancer ou du VIH souffrent de
douleurs. Certains épisodes douloureux sont courts comme ceux causés par les infections
opportunistes liées au VIH. De nombreuses douleurs associées aux cancers et au VIH au stade
avancé sont de long terme et empirent avec le temps.
1. a. Evaluation de la douleur
Il est important de demander à chaque patient s’il a mal. Une personne qui souffre depuis
longtemps peut ne pas montrer les signes habituels de la douleur (expressions du visage,
transpiration, pâleur, et pouls rapide). Le patient peut être simplement silencieux ou
déprimé. Une évaluation précise de la douleur est essentielle pour en identifier les causes qui
peuvent être traitées et pour déterminer le type de douleur et comment soulager au mieux le
patient. Les questions à poser doivent inclure les suivantes :
- combien de douleurs différentes y a-t-il ?
- où se trouve la douleur et quelle est la sensation ressentie ?
- depuis combien de temps souffrez-vous ?
- qu’est-ce qui l’aggrave ou la soulage?
- Des médicaments l’ont-ils jamais soulagée ?
- La douleur est-elle pire lors de mouvements ?
- Les os ou les articulations sont-ils sensibles ? (ceci peut indiquer les métastases
osseuses chez les patients de cancer)
-
- Y a-t-il des changements de sensation au niveau de la peau à l’endroit de la douleur
(ceci peut indiquer des douleurs nerveuses)
- Les muscles sont-ils sensibles ou tendus ? (ceci peut indiquer des douleurs due à des
spasmes musculaires)
1. b. Traiter
les infections douloureuses : peau, bouche, voies respiratoires, voies urinaires,
méningite
les plaies
la constipation. Si la cause principale de la douleur est la constipation, donner des
opioïdes (morphine, codéine, méthadone, fentanyl) peut aggraver la situation
les métastases osseuses si un traitement par radiothérapie est possible
la douleur neuropathie liée à l’Isoniazide en donnant de la pyridoxine à tous les
patients sous isoniazide pour le traitement de la tuberculose
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1. c. Soins
Trouver la position la plus confortable pour le patient
S’assurer que le patient prend régulièrement ses analgésiques
Ecouter les inquiétudes du patient et lui expliquer ce qui se passe
Tenter des massages doux ou bercer le patient
Essayer des compresses chaudes ou froides
Encourager une respiration lente et profonde
Distraire le patient avec par exemple de la musique ou la radio
Le cas échéant, participer à une prière ou à d’autres pratiques religieuses ou culturelles
Prescrire
Les analgésiques
Les analgésiques se répartissent en deux groupes :
1. Les non-opioïdes : paracétamol et les AINS comme l’aspirine, l’ibuprofène et le
diclofénac. Leur principal effet secondaire est une irritation de l’estomac. Ils
doivent être pris avec la nourriture. Ils peuvent aussi provoquer une insuffisance
rénale et affecter la coagulation sanguine : ne pas les donner à un patient très
déshydraté. Les AINS servent à calmer les douleurs ostéo-articulaires.
2. Les opioïdes : morphine, codéine, tramadol. Leurs effets secondaires sont :
constipation (prescrire en association avec un laxatif), nausée, somnolence,
transpiration et démangeaisons
Les analgésiques doivent être donnés :
Par voie orale de préférence, sauf si le patient ne peut pas avaler. Ainsi, on peut les
donner en SC, en rectale, en buccale…
A des heures fixes : à intervalles réguliers
Par pallier ascendants en fonction de l’accroissement de l’intensité de la douleur.
Le tableau ci-après montre les doses et la durée de l’effet des différents analgésiques
Analgésiques non opioïdes Doses Durée de l’effet
Paracétamol 500 mg à 1g 4x/j 4 à 6 heures
Aspirine 300 mg à 600 mg 4x/j 6 heures
Ibuprofène 200 mg à 400 mg 4x/j 6 à 8 heures
Diclofénac 50 mg 3x/j 8 heures
Analgésiques opioïdes doses Durée de l’effet
Codéine (pallier 2) 30 mg à 60 mg 4x/j 4 à 6 heures
Tramadol (pallier 2) 50 à 100 mg 4x/j 6 heures
Morphine (pallier 3) Aucune limite de dose, mais
augmenter progressivement
Doses de départ
prolongée (MLP)
Les coanalgésiques
Ce sont des médicaments qui peuvent calmer certaines douleurs en
complément des analgésiques standards. Ils peuvent être utilisés à tous les paliers des
analgésiques :
Coanalgésiques Douleur qui peut être soulagée
Dexaméthasone (16 mg/j), prednisolone Douleur d’une inflammation ou une
grosseur importante
Antidépresseurs tricycliques : amitryptiline Douleur due à une lésion nerveuse
(12,5 à 25 mg au coucher, jusqu’à 50- 75 mg (fréquente en cas de cancer, zona ou VIH)
si le patient tolère), imipramine :
Anticovulsivants : diazépam 5 à 20 mg au Spasme des muscles squelettiques
coucher.
Anticholinergiques : scopolamine (aggrave Spasme des muscles lisses, ex : coliques
l’état du patient s’il est constipé) : 20 mg abdominales
4x/j
2. LA FIEVRE
La fièvre est couramment causée par des infections virales, le paludisme et de
nombreuses infections opportunistes associées au VIH. Il est important de rzechercher et de
traiter les infections.
Le cancer, en particulier les lymphomes peuvent également causer de la fièvre,
tout comme le VIH lui-même.
Traiter
Le paludisme
La TBC
Les IRA
Les infections des voies urinaires
La gastroentérite
La méningite
La septicémie
Les abcès
Si des infections spécifiques ne peuvent pas être identifiées, pensez au traitement en
« aveugle » du paludisme, de la TBC selon le protocole local
Soins
Cherchez des abcès, des infections cutanées
Posez des questions sur :
- La confusion mentale
- Les crises d’épilepsie
- Les vomissements
Vérifier si le patient est déshydraté
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Encourager la prise importante de liquides (au moins six à huit verres par jour si
possible)
Eponger ou laver le patient avec de l’eau tiède
Ouvrir les fenêtres pour faire circuler l’air (utiliser un ventilateur ou ventiler le patient
avec un livre ou un journal)
Encourager le port exclusif de vêtements légers
Prescrire
Du paracétamol (1 g 4x/j)
De l’ibuprofène (200 mg à 400 mg 3x/j) ou
De l’aspirine (300 mg à 600n mg 4x/j) (déconseillé aux enfants)
Prescrire
Crèmes locales
- Crème aqueuse à 1% de menthol pour soulager les démangeaisons
- Crème à base de corticoïdes comme l’hydrocortisone à 1% peut soulager les zones
d’inflammation
- De la solution de violet de gentiane appliquée sur les ampoules dues au zona prévient
les infections
- Si de nombreuses parties de la peau sont infectées, rincez-les avec une solution à 0,5%
de Chlorhexidine après la toilette.
Médicaments
Antihistaminiques : chlorphéniramine 4 mg 3x/j, prométhazine au coucher 10 à 25 mg
Prednisolone 30 mg 1x/j //5j ou 60mg en cas de réactions graves.
4. PLAIES
Traiter
Les infections bactériennes cutanées
Les infections fongiques cutanées
Les abcès (drainer avec une aiguille ou lame d’un scalpel)
Soins
Les patients qui sont alités la plupart du temps peuvent développer des escarres. Il est possible
de les prévenir en :
En encourageant le patient à se mouvoir ou s’asseoir s’il le peut
Changeant la position du patient alité toutes les deux heures
Utilisant un matelas en mousse si possible
Utilisant des oreillers pour maintenir une position, mettant un oreiller entre les jambes
du patient s’il est couché sur le côté
Soulevant le patient hors de son lit. Ne pas le tirer car cela pourrait lui écorcher la
peau
Maintenir les draps propres et secs. Si possible utiliser des tissus doux
Gardant la peau sujette aux escarres en bon état (le dos, le sacrum, les fesses, les
épaules, les coudes et les talons). Faire pénétrer de la vaseline ou de la crème à
l’oxyde de Zinc sur ces parties et les masser pour accroitre la circulation
Encourageant un régime alimentaire riche en protéines si possible
En cas de plaie
Noter la position et la taille des plaies sur une carte du corps. Evaluer si elle s’améliore
Rincer les plaies quotidiennement avec de l’eau salée. Si certaines plaies sont au
niveau du périnée, il peut être utile d’asseoir le patient dans une bassine d’eau salée
Changer les pansements tous les jours. Ils doivent être propres et peuvent être
fabriqués avec des matériaux locaux.
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De la papaye fraiche peut être utilisée comme pansement si la plaie contient beaucoup
de tissus morts. De la papaye verte râpée mélangée à un gel pour plaie est plus
efficace. Il faut cependant arrêter en cas de saignement.
Appliquer du sucre ou du miel avant de les couvrir avec un pansement et le laisser
pendant deux à trois jours peut être efficace sur des plaies qui sentent très mauvais.
Attention aux fourmis
Si la plaie contient des asticots :
Tremper une éponge ou un tissu dans de l’essence de térébenthine et
l’approcher de la plaie, mais sans la toucher
Retirer les asticots à la main alors qu’ils remontent à la surface de la plaie
Contrôler la douleur avec des analgésiques pris régulièrement
Prescrire
Pour les mauvaises plaies qui sentent mauvais, réduire les comprimés de
métronidazole en poudre et saupoudrer la plaie quotidiennement sous le pansement ;
De la solution de violet de gentiane permet de sécher les petites plaies
Les ulcères génitaux peuvent être traités avec de la solution de violet de gentiane ou la
préparation « Uganda miracle paint » qui se prépare comme suit :
Le contenu d’une capsule ouverte d’acyclovir (200 mg)
5 ml d’une suspension de Nystatine (500000 unités)
Métronidazole : deux comprimés de 200 mg écrasés
Des comprimés de 500 mg d’acide tranexamique ou des comprimés de 1g de
sucralfate réduits en poudre et saupoudrés quotidiennement sur la plaie sous le
pansement peuvent réduire les saignements d’une plaie
Tous les saignements peuvent être contenus par la prise per os de 500 mg à 1 g
d’acide tranexamique.
5. CRISES D’EPILEPSIE
Les crises (accès, convulsions) peuvent survenir de nombreuse façons. Les saccades
rythmiques sont les types le plus courant, mais il en existe d’autres comme le raidissement du
corps, des saccades isolées ou des épisodes d’absence.
Traiter
La fièvre (une cause courante de crises chez les enfants)
Le paludisme
La méningite
L’augmentation de la pression intracrânienne (voir page 30)
L’épilepsie
L’hypoglycémie
Le retrait soudain de médicaments comme les benzodiazépines ou les anticonvulsants.
Le manque d’alcool
Soins
Pendant la crise :
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Protégez les voies respiratoires du patient pour qu’il puisse respirer (desserrez les
vêtements, couchez le patient sur le coté)
Empêchez le patient de se blesser avec des objets coupants ou le feu.
Apres la crise :
Mettez le patient en position latérale de sécurité
Restez avec le patient observez-le tant qu’il est inconscient
Notez la durée des crises et leur fréquence
Renseignez le patient et ses aidants sur la cause de crises
Parlez avec le patient et ses aidants de leurs inquiétudes sur la signification spirituelle des
crises.
Prescrire
Pour arrêter les crises si elles durent plus de cinq minutes :
10 mg de diazépam IR ou IM, à répéter si nécessaire après 10 minutes
5 mg de midazoiam SC si possible ou par voie buccale (à l’intérieur de la joue)
5 à 10 ml de paraldéhyde dilué dans une solution physiologique salée pour un
lavement rectal
200 mg de phénobarbital IM pour les crises qui ne répondent pas au diazépam
Pour arrêter les crises ou en réduire la fréquence :
Suivre les recommandations locales pour le traitement de l’épilepsie et utilisez les
anticonvulsants disponibles
Soyez conscient que les anticonvulsants interagissent souvent avec d’autres
médicaments. Si le patient suit une TAR, alors le valproate (acide valproïque) est le
meilleur anticonvulsant.
6. CONFUSION MENTALE
La confusion est très courante dans des maladies graves et les causes
potentielles en sont nombreuses. Le délire est la confusion qui survient après une courte
période souvent due à une cause réversible comme une infection ou un nouveau médicament.
La confusion peut s’améliorer après quelques jours une fois la cause supprimée.
La démence est une confusion chronique qui se répète et qui est due à une
cause difficilement réversible comme la démence sénile ou une infection au VIH du cerveau
(elle peut être améliorée si des ARV sont disponibles).
Si un patient souffre soudainement de confusion, passez-vous toujours ces questions :
Prend-il de nouveaux médicaments ? Peuvent-ils être à l’origine de la confusion du
patient ?
Y a-t-il une infection qui peut être traitée ?
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Traiter
Les infections (voir fièvre p 32) en particulier :
Le paludisme
La méningite
La rétention urinaire
La déshydratation
L’hypoglycémie
La constipation (peut être à l’origine de la confusion chez les patients âgés)
L’insuffisance rénale (si un traitement est disponible)
L’insuffisance hépatique (si un traitement est disponible)
Arrêtez les nouveaux médicaments qui peuvent être la cause de la confusion
Soins
Essayez d’être aussi calme et rassurant que possible avec le patient
Un proche ou un ami du patient devrait rester avec lui
Réduisez le nombre de personnes (en particulier les inconnus) qui s’occupent du
patient
Evitez les contraintes physiques à moins que ce ne soit absolument nécessaire pour la
sécurité du patient (cela ne les rend généralement plus agités)
Maintenez autant que possible le patient dans un environnement familier
Rappeler régulièrement au patient où il se trouve, l’heure et qui est avec lui
Vérifiez que le patient n’est pas déshydraté et donnez si nécessaire des sels de
réhydratation orale (SRO)
Gérer la fièvre (voir page 32)
Prescrire
Les mesures ci-avant sont suffisantes dans de nombreux cas de confusion. Si le patient est très
agité ou agressif, les médicaments suivants peuvent apporter de l’aide :
1,5 à 5 mg d’halopéridol 1 à 3x/j et jusqu’à ce que le patient soit calme
25 à 50 mg de Chlorpromazine 1 à 3x/j et jusqu’à ce que le patient soit calme
Ajouter 5 à 10 mg de diazépam au coucher si nécessaire mais ne pas l’utiliser sans
halopéridol ou chlorpromazine sinon la confusion peut empirer
Dans le cas graves qui ne répondent pas à ces médicaments, envisagez 200 mg de
phénobarbital SC 4x/j
7. ANXIETE ET INSOMNIE
Les maladies graves sont souvent sources d’anxiété en raison des symptômes gênants et
des craintes liées à l’avenir qu’ils engendrent. L’insomnie peut être due à des problèmes
physiques comme la douleur, l’anxiété ou la dépression/
Traiter
Le patient souffre-il ? (voir page 26 pour la gestion de la douleur)
20
Prescrire
Avec une approche socio psychologique
2,5 à 10 mg de diazépam au coucher. Il s’agit pendant 24 heures chez certains
patients et peut causer une somnolence durant la journée (essayez de ne pas
l’utiliser pendant plus d’une semaine sauf si le patient est en phase terminale)
10 à 20 mg de témazépam au coucher. Il s’agit pendant huit heures et est
efficace contre l’insomnie (essayez de ne pas l’utiliser pendant plus d’une
semaine sauf si le patient est en phase terminale)
25 à 50 mg de trazadone au coucher. Il s’agit d’un sédatif et d’un antidépresseur
léger qui qui aide à combattre l’insomnie et l’angoisse.
8. DEPRESSION
Un certain niveau de tristesse et de dépression va presque toujours de
pair avec les maladies incurables à un stade avancé. La dépression peut devenir une
« maladie dépressive » qui peut être traitée avec des médicaments antidépresseurs. Le
diagnostic de maladie dépressive est difficile à poser dans le cadre de soins palliatifs. Les
symptômes comme le manque d’appétit, la perte de poids, le manque d’énergie, le
manque d’appétit sexuel et l’insomnie peuvent être causés par la maladie elle-même. Les
symptômes suivants peuvent aider à diagnostiquer une maladie dépressive chez une
personne atteinte d’une maladie incurable :
Plus de 50% du temps chaque jour
Perte de toute joie ou tout intérêt
Sentiment de culpabilité exagérée ou inopportun
21
Pensées suicidaires
Traiter
L’anxiété (voir ci-avant) car il s’agit souvent d’une grande part de la dépression
La douleur (voir p 26) une douleur chronique non soulagée est une cause majeure de
dépression chez les patients atteints d’une maladie incurable.
Traiter
Le VIH avec des ARV si vous y avez accès (suivez les recommandations locales)
La candidose de l’œsophage ou de la bouche
La diarrhée
La TBC
La nausée et vomissements
La constipation
22
La dépression
La malnutrition
Soins
Donner des repas légers et fréquents
Si le patient est en phase avancée de cancer ou de VIH, son corps ne pourra pas
pleinement profiter de la nourriture :
Expliquer à la famille que le fait de manger moins est un aspect normal de la
maladie et que forcer le patient à manger ne le fera pas vivre plus longtemps ni
ne le fera se sentir mieux ;
S’inquiéter du peu que le patient mange rend le moment des repas tendu et
difficile. Dans ce genre de situations donner au patient la quantité et le type de
nourriture qui lui fait plaisir
Si possible, donner des aliments très caloriques, à forte teneur en protéines, par
exemple du lait ou des yaourts
Encourager le patient à rester mobile et à faire des exercices simples pour maintenir la
force musculaire dans la mesure du possible, mais ne le laissez pas s’épuiser
Faites attention aux soins de la peau et aux zones de pression. La peau devient plus
fragile en raison de la perte de poids
Prescrire
Si le patient est rapidement rassasié, essayez 10 à 20 mg de métroclopramide une
demi-heure avant les repas jusqu’à trois fois par jour. Ceci peut aider l’estomac à se
vider plus rapidement. Arrêtez si aucune amélioration ne se manifeste
Les corticoïdes peuvent aider à accroitre l’appétit pendant quelques semaines. Sur le
long terme, ils ont des effets secondaires pénibles (voir page 30), c’est pourquoi ils
doivent être utilisés que lorsque l’espérance de vie du patient n’est que de quelques
mois voire moins.
Pour accroitre l’appétit, prescrivez :
2 à 4 mg de déxaméthaxone le matin.
15 à 30 mg de prednisolone le matin. Si ceci est efficace après une semaine
d’essai, réduisez la dose jusqu’à la plus faible dose efficace. Arrêtez si aucune
amélioration ne se manifeste.
Traiter
La candidose orale :
23
Soins
Vérifiez régulièrement que la bouche, les dents, les gencives, la langue et le palais
du patient ne présentent pas de sécheresse, d’inflammation, de candidose,
d’ulcères ni d’infection des dents ou des gencives.
Brossez les dents du patient avec un cure-dents ou une brosse à dent souple après
les repas les repas et avant de coucher. Utilisez de la pâte dentifrice si possible ou
un bain de bouche comme décrit ci-après (évitez le brossage s’il est douloureux).
Utilisez un bain de bouche après les repas et avant le coucher, par exemple :
Une pincée de sel ou de bicarbonate de soude dans une tasse d’eau bouillie
(refroidie)
Une cuillère à café de vinaigre ou de jus de citron dans un litre d’eau bouillie
(refroidie)
Pour la sècheresse de la bouche :
Humidifiez la bouche avec des gorgées régulières d’eau froide (ou de la glace
si possible) faites sucer des morceaux de fruit comme de l’ananas, du fruit de la
passion, du citron, etc.
Mettez de la vaseline sur les lèvres.
Sondes nasogastriques. Certains patients qui ont un cancer au niveau de la tête et
du cou peuvent être nourris par une sonde nasogastrique. Elle doit être insérée par
quelqu’un qui a été correctement formé et doit être régulièrement rincée avec de
l’eau salée pour éviter son obstruction.
Prescrire
Gérer la douleur en suivant l’échelle des analgésiques (voir p 27)
600 mg d’aspirine soluble 4x/j si la bouche est douloureuse. Dissolvez-la dans de
l’eau. Le patient s’en rince la bouche, fait des gargarismes et l’avale.
Le violet de gentiane est utile pour toutes sortes de plaies car il a des
antibiotiques, antivirales et antifongiques. A appliquer 3x/j
Un bain de bouche à la métronidazole pour les bouches malodorantes dues à un
cancer de la bouche : mélangez un cachet écrasé ou le liquide pour injection avec
du jus de fruit et rincez-en la bouche.
De la préparation « Uganda miracle paint » peut être utilisée pour les plaies de
la bouche (voir p 34)
24
Un demi-cachet de prednisolone peut être mis sur les ulcères aphteux (ulcères de
la bouche) pour soulager la douleur ou il peut être réduit en poudre et saupoudré
sur les ulcères.
Si d’autres actions n’ont pas eu l’effet escompté, de fortes doses de stéroïdes
peuvent être utilisées dans le cas d’inflammations graves de la bouche ou de
l’œsophage qui empêchent de déglutir : 8 à 12 mg de déxaméthasone 1x/j par voie
orale pendant une semaine. A toujours prescrire avec un antifongique car les
stéroïdes peuvent aggraver les infections fongiques (voir ci-avant pour les doses).
13. HOQUET
S’il n’est pas résolu rapidement ou s’il est fréquent, le hoquet peut être
perturbant et épuisant pour le patient. Il est généralement dû à la distension (dilatation) de
l’estomac mais peut aussi être dû à différentes causes allant d’une pression exercée sur le
diaphragme à une insuffisance rénale.
Traiter
La constipation
La rétention urinaire
Soins
Pour arrêter le hoquet, assurez-vous le patient :
Avale du pain sec ou de la glace pilée ou
Respire dans un sac à papier ou
Avale rapidement deux cuillers à café bien pleines de sucre
Essayez de soigner le patient alors qu’il est en position assise
Prescrire
Si le hoquet persiste :
- Métoclopramide 10 à 20 mg
- Holpéridol au couchrer 3 mg
- Chlorpromazine 25 à 50 mg au coucher
- Baclofène 5 à 10 mg
14. TOUX
Traiter
L’infection des voies respiratoires
La TBC
L’asthme
La bronchopneumonie chronique obstructive
La candidose de l’œsophage ou de la bouche
La sinusite
L’indigestion/reflux
Soins
Pour les patients sous traitement contre la TBC, assurez-vous qu’ils prennent leurs
cachets régulièrement et se rendent à la clinique pour suivre leur maladie
Eviter les fumées des points de cuisson et de cigarettes à proximité du patient
Aider le patient à expectorer des crachats en l’asseyant
Dites au patient de ne pas tousser en direction des aidants et à le faire dans un
récipient qui peut être couvert
Si les crachats sont épais et difficiles à expectorer, essayez :
Des inhalations de vapeur. Le patient s’assoie la tête au-dessus d’une casserole
remplie d’eau bouillante et respire profondément
26
Prescrire
Si la cause de l’essoufflement ne peut pas être traitée, les symptômes peuvent être améliorés
par :
2,5 à 5 mg de morphine toutes les 4 h
2,5 à 5 mg de diazépam jusqu’à 3x/j en particulier si le patient est anxieux ou panique.
Si le patient est mourant, les difficultés respiratoires, de plus en plus fortes, de plus
fortes doses peuvent être nécessaires
Si l’essoufflement est dû à un gonflement obstruant les voies respiratoires, une dose
moyenne de corticoïdes peut être donnée : 8 à 12 mg 1x/j de dexaméthasone
16. DIARRHEE
Des épisodes aigus de diarrhée ne nécessitent généralement pas de traitement
en dehors des apports de liquides. Mais la diarrhée accompagnée de saignements (dysenterie)
ou d’une forte fièvre peut nécessiter des ATB, comme la ciprofloxacine.
La diarrhée persistante, qui dure plus de deux semaines, est perturbante et
épuisante et doit être, si possible, contrôlée. Si une analyse des selles et une culture des selles
sont possibles, il est possible que la cause de la diarrhée soit identifiée.
Traiter
La déshydratation selon le degré
La constipation qui peut parfois causer des constipations ou s’il a souffert de
constipation, procédez à un examen rectal pour vérifier si un fécalome se trouve dans
le rectum
Vérifiez les médicaments (certains ARV et ATB peuvent provoquer une diarrhée)
Si aucun ATB n’a été tenté, un essai systématique de plus d’une semaine de
métronidazole à forte dose et finalement de deux semaines de d’albendazole devrait
éliminer les infections intestinales soignables liées au VIH, mais un traitement
symptomatique est souvent également nécessaire.
Soins
Donnez beaucoup de boissons et utilisez des SRO si la diarrhée est fréquente ou
importante. Vous pouvez aussi donner de l’eau de coco ou de l’eau du riz
Encourager le patient à avaler des gorgées de liquides très fréquemment plutôt que de
boire une grande quantité en une fois.
Encourager le patient à continuer à manger s’il a faim
Suggérez que le patient mange régulièrement de petites quantités plutôt des repas
copieux
Le riz, le pain ou les pommes de terre sont efficaces contre la diarrhée
Les bananes et les tomates permettent de remplacer le potassium
Les yaourts sont mieux tolérés que le lait ou le fromage
Encouragez une bonne hygiène, par exemple le lavage des mains, l’utilisation des
latrines si possible, le changement des draps souillés
28
17. CONSTIPATION
Si possible, le patient doit être examiné pour déterminer la raison pour laquelle
il ne va à selles. Un examen rectal déterminera si un obstacle obstrue le passage des selles, ou
si une concrétion des selles dures ne peut pas être évacuée. Si le rectum est vide, le problème
se situe plus en amont.
Lorsque les patients s’approchent de la phase terminale, leurs selles sont
souvent de faibles quantités en raison du peu d’aliments consommés. Ceci ne requiert pas de
traitement.
Traiter
Prévenez la constipation en prescrivant toujours un laxatif avec des opioïdes (par
exemple la morphine ou la codéine)
Vérifiez les médicaments qui peuvent causer une constipation (antidépresseurs
tricycliques par exemple l’amitryptiline et les anticholinergiques, comme la
scopolamine)
La déshydratation
Soins
Encourager le patient à boire beaucoup
Encourager l’ajout de fruits et de légumes dans l’alimentation
Donnez une cuillérée d’huile végétale avant le petit déjeuner
Si possible, des graines sèches de papaye peuvent être mâchées (cinq à trente graines
par nuit) ou écrasées et mélangées à de l’eau à boire
Si le patient a mal pour déféquer des selles dures, le fait de mettre de la vaseline dans
l’anus ou d’insérer un petit morceau de savon dans l’anus peut faciliter la défécation
Si le rectum est rempli de selles dures, un lavement savonneux peut apporter une
solution. Insérer délicatement un cathéter urinaire dans le rectum et verser de l’eau
savonneuse dans l’entonnoir.
Prescrire
5 mg de bysacodyl au coucher, puis augmenter à 15 mg si nécessaire
Un à deux cachets de séné, puis augmentez si nécessaire
29
Soins
Faites asseoir la patiente dans une bassine d’eau additionnée d’une pincée de sel deux
fois par jour
Utilisez des serviettes hygiéniques de coton faites de vieux vêtements
Des slips sn plastique peuvent être fabriqués localement
Assurez-vous que les serviettes hygiéniques et les draps souillés sont changés et lavés
régulièrement
Déconseillez l’introduction de corps étrangers dans le vagin
Prescrire : un cachet de métronidazole 200 mg à introduire quotidiennement dans le vagin ou
réduit en poudre puis appliqué
Dans certains hôpitaux, la religion du malade est connue dès son arrivée à
l’hôpital. L’infirmier doit penser au réconfort apporté au mourant par le secours spirituel de sa
religion, il doit répondre au désir du malade dans le respect de la liberté de conscience de
chacun. S’il est devenu subitement inconscient, se renseigner sur les dispositions auprès de la
famille.si le malade est musulman, se renseigner sur les rites très particuliers de
l’ensevelissement, généralement pratiqués par ses coreligionnaires.
4.2.2. Soins pendant les derniers jours
L’aggravation de l’état du malade est décelable par :
Modification de la courbe de température
Disparition de l’appétit
Difficulté de déglutition
Affaiblissement progressif
Affaiblissement du corps dans les coussins
Etat d’inconscience plus ou moins accentué
Une nouvelle phase s’annonce qui représente pour le malade :
o Un nouveau combat
o Peur de l’inconnu
o Doute, découragement, isolement
o Conscience plus aigüe de son attachement à la vie
Responsabilités de l’infirmier
Ne jamais laisser le malade seul, même s’il est isolé en chambre
Faire tout ce qui est possible pour adoucir les derniers jours et le dernier instant, ils
sont parfois durs pour le mourant
Tranquillité parfaite, silence
Aération de chambre (la présence de plusieurs personnes peut incommoder le malade)
Veiller à ce que le malade soit toujours installé le plus confortablement possible ;
Rafraichir bouche et lèvres :
33
4.2.3. Agonie
L’agonie est une période qui, normalement, précède la mort. La mort peut
subvenir parfois brutalement, sans agonie. Signes avant-coureurs de la mort :
Accélération, affaiblissement et irrégularité du pouls
Baisse de la tension artérielle
Modification de respiration :
Type cheyne-stocke : alternances de respiration, profonde rapide, lente, avec
intervalles d’arrêt quasi-total. C’est un symptôme très alarmant, provenant
surtout de manque d’oxygène.
Type kussmaul : respiration régulière, profonde, en général très lente
(acidose) caractéristique des états de coma
Vers la fin la respiration devient bruyante, ralentie ou stértoreuse
Modification du teint
Sueurs froides, peau moite
Traits tirés, nez pincé, battements des ailes du nez
Diminution de vitalité :
Mains flasques ou parfois contactions spastiques des mains ou relâchement des
sphincters : miction et défécation involontaires ou diminution de l’acuité
visuelle ; les yeux sont ternes, disparition des reflexes
Troubles de perception : le mourant, en général, se sent mieux : la sensation
douleur est atténuée
L’ouïe reste très longtemps intacte : mettre la famille en garde pour les
conversations
Diminution progressive et perte de conscience (certains malades conservent
toutefois leur lucidité jusqu’au bout)
4.2.4. Décès
La constatation du décès est faite par le médecin. Les signes probables de la mort sont :
Arrêt de la respiration et du pouls
Immobilité de la pupille et insensibilité de la cornée
34
Hypothermie
Immédiatement après la mort, il se produit un relâchement musculaire, après quelques
heures (3à6 heures) : la raideur cadavérique
Taches cadavériques (lividités) se présentent après 12 heures environ
4.2.5. Signes de la mort
Il peut arriver que l’infirmier se trouve dans un endroit éloigné du médecin,
dans un cas où il est difficile d’affirmer à la famille la réalité de la mort par le simple examen
courant. Pour qu’il puisse donner un avis autorisé, il est bon de connaitre les signes de la
mort. Pour cela, il faut les répartir en trois catégories :
a. Signes que le simple examen du corps suffit à faire constater
Arrêt de la respiration et de la circulation
Abolition de la sensibilité, perte de connaissance
Suppression du reflexe coméen, c’est-à-dire absence de réaction au contact du doigt,
affaiblissement et mollesse du globe oculaire avec apparition d’un voile glaireux,
dilatation de la pupille qui sera suivie de rétrécissement plus tard ;
Rigidité cadavérique qui débute 3-6 heures après la mort, devient complète en 24
heures, persiste un ou deux jours et disparait plus ou moins rapidement. Cette rigidité
débute par les muscles de la mâchoire inférieure
Le refroidissement cadavérique se fait progressivement. Dans certaines maladies
comme le tétanos, il peut y avoir une ascension thermique temporaire même après la
mort ;
Le relâchement des sphincters qui laissent écouler des déjections
Les lividités cadavériques, taches rougeâtres, violacées, sont dues à l’accumulation et
à l’extravasation du sang dans les parties déclives.
b. Matériel nécessaire
Le nécessaire pour une toilette ou bain du lit, soins des ongles
S’il s’agit d’un homme, le nécessaire pour le raser
Seau ou sac à linge sale
Eventuellement le nécessaire pour renouveler un pansement, prévoir largement
ouate ou cellulose
Un bassin réniforme
Une pince usagée, de l’ouate pour obstruer les orifices naturels
Lorsqu’on prévoit une grande déportation de liquide : linge usagé, cellulose,
bandage de corps. Actuellement, on utilise un grand sac plastique (maillot)
De quoi relever la mâchoire inférieure : bandeau, objet dur
Le nécessaire pour vêtir le défunt, suivant le désir de la famille le lendemain en
temps utile
Linge de lit propre (2 à 3 draps)
36
Mains
Si le défunt est un chrétien, lui joindre les mains et y glisser une petite croix
(éventuellement un chapelet).
S’il pratique un autre culte, s’informer des coutumes de ce culte. S’abstenir de
prosélytisme (zèle déployé pour faire des nouveaux adeptes)
S’il s’agit d’un incroyant ne pas lui joindre mains, disposer les bras le long du corps
Chambre
Mettre de l’ordre et enlever le superflu
Y déposer éventuellement crucifix, deux candélabres avec cierges, eau bénite et
branche de buis, un petit plateau sur lequel peuvent être déposées les cartes de
condoléances, (si nécessaire), fleurs (selon la culture)
Il est possible de disposer quelques fleurs, mais éviter l’excès
Quelques fleurs détachées avec une petite branche de verdure éventuellement être
disposées entre les plis du drap et au pied du lit
Les bouquets et couronnes seront placés contre le lit de parade
NB : la chambre sera fermée à clef et clef confiée à l’infirmier du service qui hhhh
le premier afin de vérifier si tout est en ordre, avant de laisser entrer la famille.
Transfert du corps à la mortuaire
Précautions
Si le corps doit être transféré dans une mortuaire, attacher au drap une carte
mentionnant le nom, le prénom, le numéro de la chambre, date et l’heure de décès.
Méthodes
Lit et brancard
N.B : il est indispensable d’avertir le portier de l’établissement. La clef du local sera
confiée au responsable. Le transfert et les soins effectués avec la discrétion et le tact
requis.
Prophylaxie, en cas de décès des malades contagieux
Prendre toutes les précautions nécessaires à l’ensevelissement :
Ne pas faire des grandes toilettes
Ne pas changer de linge, n’enlever que le linge fortement souillé
La cellulose et tous les objets de pansement seront imprégnés d’une solution
désinfectante, p.ex chloramine 5%
L’emploi d’un grand sac en matière plastique est à conseiller en raison du maximum
de sécurité qu’il représente
Parfois il sera indispensable d’employer un cercueil en zinc.
NB : il sera procédé le plus rapidement possible à la mise en bière en tenant compte des
mesures de prophylaxie imposée par la législation.
Lors d’un décès d’un enfant, la tâche de l’infirmier (e) est parfois difficile et délicate au point
de vue psychique, morale, religieux. Ici diverses situations peuvent se présenter :
a. Enfant venu au monde, corps intact
b. Mort peu avant, pendant ou immédiatement après l’accouchement :
Essuyez le sang et les mucosités, surtout de la figure des cheveux et des mains
Habiller le petit corps
Vêtements très propres et linge en ouate ou cellulose
Montrer l’enfant à la mère si celle-ci exprime le désir
c. Enfant venu au monde, corps macéré
De soins prophylactiques sont indispensables car :
La cause de la mort n’est pas connue
Le danger de contagion n’est pas exclu
Il faudra donc :
Se laver et se désinfecter les mains
Ne pas donner de soins de propriété au petit corps
Fermer les paupières et la bouche
Envelopper de cellulose et d’un petit linceul
Mettre rapidement dans le cercueil
Ne pas le montrer à la mère, sauf désir formel
Formalités administratives
Déclaration de décès :
Légalement obligatoire
Contrôler l’heure exacte du décès et la faire connaitre au médecin
Pièces requises
1. Certificat médical de décès établi par le médecin qui a constaté le décès
Le formulaire rempli par le médecin doit mentionner : nom, prénom, état-civil,
profession, âge, date, heure du décès, adresse, nationalité. On peut obtenir ces formulaires à
l’état-civil.
NB : la déclaration d’un enfant mort-né est obligatoire à partir du moment où l’enfant est
viable.
Il n’y a pas de délai fixé pour la déclaration de décès ; mais elle doit se faire avant
l’enterrement.
Désinfection après le décès
Si le malade n’était pas contagieux, mettre tous les linges à la lessive. Porter le
matelas à l’air, le brosser avec de l’eau additionnée d’un peu du formol. Laver le
fer du lit, surtout le sommier, avec une solution antiseptique, ainsi que la table de
nuit. Laver le bassin, le crachoir et tous les autres objets utilisés par le malade
avec une solution d’eau de javel ou de crésyl.
S’il s’agit d’un contagieux : désinfection de la literie et de la chambre (voir le
cours de prophylaxie).
CONCLUSION
Les derniers soins donnés à un défunt sont, pour la famille d’une importance capitale.
C’est pourquoi l’infirmier doit veiller à ce que la dernière impression soit toute faite de paix
sereine et de dévouement chrétien.
L’infirmier aura accompli ainsi sa mission, en assurant aide et consolation aux affligés
et aux éprouvés :
Disponibilité totale
Délicatesse et douceur des soins données
Charité fraternelle vraie et dévouement sans limites
Rayonnement de bonté intérieure.
« l’infirmier est une personne qui, ayant suivi un enseignement infirmier de base, est
apte et habilité à assumer dans son pays la responsabilité de l’ensemble des soins infirmiers
que requièrent la promotion de la santé, la prévention de la maladie et les soins aux
maladies ». (conseil international des infirmiers).