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Champ Magnétique Terrestre et Inversions

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MÉMO D

Le champ terrestre, faible mais vital


L a Terre possède son propre champ
magnétique, se comportant comme un
énorme aimant. Son étude relève du géo-
et Neptune), la Terre possède ainsi une
magnétosphère qui protège sa surface du
vent solaire mais ce dernier déforme les
ver cette orientation. Les sédiments qui se
déposent dans les fonds océaniques
contiennent des minéraux magnétiques
magnétisme. Ce champ peut, en première lignes de son champ magnétique. dont le plus facile à détecter est la célèbre
approximation, être assimilé à celui d’un Le champ magnétique terrestre est loin magnétite. Cette aimantation est propor-
dipôle centré dont l’axe ne coïncide d’être uniforme. Il présente des anoma- tionnelle à l’intensité du champ et n’évo-
d’ailleurs pas avec celui de la rotation de lies magnétiques, déviations de la force du lue pas à la température ordinaire. Mais
la Terre puisqu’ils forment actuellement champ constatées par rapport au modèle d’autres facteurs influent sur l’aimanta-
un angle de 11,5 °, valeur qui évolue au global, qui peuvent être importantes à tion rémanente : l’action continuelle du
cours du temps en fonction des mouve- l’échelle de toute une région. C’est le cas champ terrestre, les champs intenses
ments du noyau de la planète (figure). de l’anomalie de l’Atlantique Sud, qui n’est ponctuels (dus par exemple à la foudre) et
pas sans conséquence sur la dose de la cristallisation qui peut en modifier l’in-
rayons cosmiques reçue par les équipa- tensité ou la direction.
ges et les passagers des avions et des vais-
NM NG seaux spatiaux qui la traversent. Renversements et excursions
D’autres composantes plus faibles du du champ
champ magnétique terrestre, dites non Le champ magnétique terrestre connaît
S dipolaires, se superposent au dipôle prin- deux types d’instabilités, les renversements
N cipal et ont des constantes de temps beau- et les excursions. Les renversements cor-
coup plus courtes que celles du dipôle ; respondent à des inversions des pôles Sud
elles n’ont pas d’effet significatif au-delà et Nord magnétiques, dont la plus récente
SG SM de la surface terrestre. a eu lieu il y a environ 790 000 ans. Ce type
Au cours des temps géologiques, le champ d’inversions a été mis en évidence pour la
magnétique de la Terre a subi de fortes première fois en 1906 en France par
fluctuations, vécu des périodes d’instabi- Bernard Bruhnes, mais il a fallu attendre
lité importantes dont aucune n’est vérita- les années 1960 pour que les études se
L’angle formé entre la direction du pôle blement périodique, et connu plusieurs multiplient et établissent que ces phéno-
nord magnétique et celle du pôle nord géo- inversions de ses pôles magnétiques. En mènes d’inversion sont vraiment une
graphique, ou déclinaison magnétique, témoignent les empilements de coulées caractéristique globale du champ magné-
varie d’un point de la surface du Globe à de lave ou les séquences sédimentaires tique terrestre. Elles ont surtout montré
l’autre. L’angle formé par le vecteur du qui s’accumulent au fond des océans. Ces qu’ils se produisaient de façon erratique
champ magnétique et la surface terrestre deux types de roches ont, en effet, la capa- et imprédictible, avec une alternance
est l’inclinaison magnétique. cité de rester magnétisées dans la direc- de polarité stable pendant de longues pério-
Au dipôle centré sont associées des lignes tion du champ magnétique existant lors de des (plusieurs centaines de milliers d’an-
de champ magnétique qui relient le pôle leur refroidissement à la température de nées) et de renversements rapides
Sud au pôle Nord. Les deux points où les Curie (point de Curie), un peu en dessous (quelques milliers d’années) et que le taux
lignes de champ convergent et sont verti- de 500 °C, et donc de garder la mémoire de renversement avait augmenté au cours
cales à la surface du globe correspondent du champ magnétique régnant à la sur- de la dernière centaine de millions d’an-
aux pôles magnétiques, respectivement face du Globe pendant ce refroidissement nées, passant de un, au début de cette
situés aujourd’hui au Canada et en Terre (ou pendant leur dépôt via les petits grains période, à quatre renversements par million
Adélie. Le pôle Nord magnétique (qui cor- magnétiques qui les composent). C’est le d’années pendant les cinq derniers millions
respond au pôle Sud de l’aimant que cons- phénomène de rémanence magnétique d’années, la période “normale” actuelle
titue la planète) est celui sur lequel s’ali- qui a permis le développement du paléo- semblant donc “anormalement” longue.
gne l’aiguille des boussoles. magnétisme. La direction du champ réma- Les excursions géomagnétiques sont
Le champ magnétique terrestre est un nent, qui peut être complètement diffé- des instabilités de plus courte durée.
champ relativement faible, de l’ordre de rente de la direction du champ local actuel, Si, comme pour les inversions, la polarité
0,5 gauss, soit 5·10-5 tesla (valeur à Paris, est caractéristique du champ local lors de s’inverse complètement, la polarité initiale
par exemple). Il est créé par l’effet dynamo la formation de la roche. Les roches vol- se rétablit aussitôt. Les études menées
engendré par les mouvements du noyau caniques, après avoir traversé l’écorce ter- au Laboratoire des Sciences du Climat
de la planète. Le pôle Nord magnétique se restre à une température supérieure au et de l’Environnement (LSCE/CEA-CNRS-
déplace d’une centaine de kilomètres par point de Curie des minéraux qui les com- université de Versailles-Saint-Quentin-en-
an. Même si l’intensité du dipôle n’est pas posent, se refroidissent et s’aimantent sous Yvelines) ont montré que la durée d’une
très forte, les lignes du champ dipolaire l’effet du champ terrestre au passage de excursion est de l’ordre de 1500 ans, appor-
forment un écran vis-à-vis de toute par- ce point dans le sens inverse. Moins sen- tant une première vérification de la théorie
ticule chargée et mettent les Terriens à sibles au phénomène, les roches sédi- du géophysicien anglais David Gubbins selon
l’abri des rayonnements cosmiques. mentaires voient les particules magné- laquelle les excursions ne se produisent que
Comme d’autres planètes du système tiques s’orienter dans la direction du champ dans le noyau externe fluide de la Terre et
solaire (Mercure, Jupiter, Saturne, Uranus terrestre lors de la sédimentation et conser- non pas dans le noyau solide.
MÉMO A

Les différentes formes de magnétisme


L e magnétisme trouve essentiellement
son origine dans les propriétés des
électrons telles qu’elles sont expliquées
dans la même direction. Ces régions de
l’espace sont séparées entre elles par des
parois. Rassemblés, ces domaines peu-
B
S
par la physique quantique. Leur état quan- vent eux-mêmes constituer un aimant à s
tique de spin est responsable d’une pre- l’échelle macroscopique (figure E1). +BR
mière partie du magnétisme (magnétisme De l’organisation de ces constituants élé-
de spin). Une deuxième partie est imputa- mentaires dépend la manifestation de dif-
ble au mouvement orbital des électrons férents types de magnétisme, associés tra- -HS -HC
autour du noyau de l’atome (magnétisme ditionnellement à trois grandes familles O +HC +HS H
orbital) et également au magnétisme du de matériaux: ferromagnétiques, parama-
noyau lui-même (magnétisme nucléaire), gnétiques et diamagnétiques. -BR
notamment mis à profit dans les techniques Tous les matériaux qui ne sont pas dia-
d’imagerie médicale par résonance magné- magnétiques sont par définition parama-
S’
tique nucléaire. Le magnétisme est donc gnétiques, dans la mesure où leur sus-
produit par des charges électriques en ceptibilité magnétique est positive, mais
mouvement. La force agissant sur ces char- cette susceptibilité est particulièrement Figure E2.
ges, dite force de Lorentz, traduit la pré- élevée dans les ferromagnétiques, qui cons- L’induction B d’un matériau magnétique
sence d’un champ magnétique. tituent donc en eux-mêmes une famille. par une bobine n’est pas proportionnelle
à l’excitation magnétique (champ H).
L’électron possède un moment magné- 1. Les matériaux ferromagnétiques sont
Si la première aimantation dessine
tique élémentaire (le quantum magnétique constitués de petits domaines à l’intérieur une courbe de type OsS en bleu sur la figure,
étant le magnéton imaginé par Bohr) qui desquels les atomes, présentant une elle manifeste à partir de s une saturation.
peut être associé à l’image de son mouve- aimantation parallèle, tendent à s’aligner L’induction n’est conservée qu’en partie
si le champ tend vers zéro ; cette induction
ment de rotation du spin sur lui-même comme autant de dipôles élémentaires rémanente ne peut être annulée que par
dans un sens ou dans l’autre, orienté vers dans la direction d’un champ magnétique une inversion du champ magnétique jusqu’à
le haut ou vers le bas. Le nombre quantique extérieur. Les moments magnétiques de une valeur de champ “coercitif”. Le cycle
d’hystérésis traduit des pertes “par frottement”
de spin (un des quatre nombres qui “quan- chaque atome peuvent s’aligner sponta-
entre les domaines magnétiques. Ces pertes
tifient” les propriétés de l’électron) est égal nément dans ces domaines, même en l’ab- sont représentées par la surface que délimitent
à 1/2 (+ 1/2 ou - 1/2). Une paire d’électrons sence de champ extérieur. En présence les courbes d’aimantation et de désaimantation.
ne peut occuper la même orbitale que si d’un tel champ, les parois se déplacent et
l’un et l’autre sont de moments magné- tendent à renforcer le champ appliqué. Si ou courbe d’hystérésis dont la surface repré-
tiques opposés. celui-ci dépasse une certaine valeur, le sente l’énergie perdue dans la partie irré-
Chaque atome peut être assimilé à un petit principal domaine orienté dans la direc- versible de ce processus (figure E2). Pour
aimant porteur d’un moment magnétique tion du champ tendra à occuper tout le annuler le champ induit, il faut appliquer
élémentaire. Le spin du noyau (neutron et volume du matériau. Si le champ diminue, un champ coercitif: les matériaux avec les-
proton ont eux-mêmes un spin demi-entier) les parois se déplacent, mais pas de façon quels les aimants permanents artificiels
est demi-entier si le nombre de masse est symétrique, une partie du mouvement sont réalisés présentent une valeur élevée
impair ; nul si le nombre de masse et la “aller” des parois étant irréversible: il sub- de champ coercitif.
charge sont pairs, et entier si le nombre siste donc une magnétisation rémanente, En général, le moment magnétique total
de masse est pair et la charge impaire. importante dans les aimants proprement des matériaux ferromagnétiques est nul,
De nombreux moments magnétiques peu- dits ou la magnétite naturelle. les différents domaines ayant des orien-
vent, à une échelle plus importante, cons- L’ensemble du processus constitue un cycle tations différentes. Le ferromagnétisme
tituer des domaines magnétiques dans d’hystérésis, la relation du champ induit disparaît si on dépasse une certaine tem-
lesquels tous ces moments sont orientés au champ extérieur dessinant une boucle pérature appelée point de Curie.
Le couplage collectif des spins entre cen-
a b c tres métalliques du matériau ou d’un com-
plexe de métaux de transition explique les
propriétés magnétiques du matériau, les
moments de tous les spins se trouvant tous
orientés de manière identique.
Les matériaux dont les atomes sont éloi-
gnés les uns des autres dans leur structure
cristalline favorisent un alignement de ces
aimants élémentaires par couplage. Le fer,
mais aussi le cobalt, le nickel et leurs allia-
ges, en particulier les aciers, et certains de
Figure E1. leurs composés appartiennent à cette caté-
Les moments magnétiques élémentaires sont de même sens dans les substances
ferromagnétiques (a), de sens opposés mais de somme nulle dans les antiferromagnétiques (b) gorie caractérisée par une susceptibilité
et de sens opposé et de grandeur différente dans les ferrimagnétiques (c). magnétique positive et très élevée, ainsi que,
Stoiber Productions, München
Arrivée à la gare routière de Long Yang, à Shanghai (Chine), d’un train à sustentation magnétique
du type Transrapid, d’origine allemande, mis en service en 2004 pour relier la ville
à l’aéroport international de Pudong.

plus faiblement, certains métaux de la famille tent une susceptibilité magnétique néga-
des terres rares, quelques alliages dont les tive et extrêmement faible (de l’ordre de
mailles sont grandes et certaines combinai- 10-5). La magnétisation induite par un champ
sons d’éléments n’appartenant pas eux- magnétique s’opère dans la direction oppo-
mêmes à cette famille. sée à ce dernier : ils ont donc tendance à
Dans les matériaux ferrimagnétiques, les s’éloigner le long de ses lignes de champ
domaines magnétiques constituent des vers les zones de faible champ. Un diama-
ensembles pouvant être alignés dans des gnétique parfait offrirait une résistance
sens opposés (anti-parallèles), mais leur maximale au passage du champ magné-
moment magnétique résultant diffère de tique et présenterait une perméabilité nulle.
zéro alors que le champ extérieur est nul Les métaux comme l’argent, l’or, le cuivre,
(exemples de la magnétite, de l’ilménite ou le mercure ou le plomb, le quartz, le gra- Vue de détail des aimants pour le guidage
des oxydes de fer). Le ferrimagnétisme s’ob- phite, les gaz rares ainsi qu’une grande et la propulsion du train.
serve dans des matériaux comportant deux majorité des composés organiques se ran-
types d’atomes se comportant comme des gent dans cette catégorie. électrique, les deux composantes de
aimants de force différente et orientés en En fait, tous les corps présentent peu ou l’électromagnétisme. Des ondes peuvent
sens contraire. Si la somme des moments prou ce phénomène de diamagnétisme, se propager librement dans l’espace, et
parallèles et anti-parallèles est nulle, il s’a- imputable à la déformation des orbitales dans la plupart des matériaux, dans tous
git d’anti-ferromagnétisme (exemple du électroniques des atomes sous l’action d’un les domaines de longueur d’onde (ondes
chrome ou de l’hématite). En effet, si les ato- champ extérieur, phénomène réversible radio, micro-ondes, infrarouge, visible,
mes sont plus rapprochés, la disposition la avec la disparation du champ extérieur. ultraviolet, rayons X et rayons gamma). Les
plus stable est celle d’aimants antiparallè- Comme Michael Faraday l’a montré en son champs électromagnétiques sont donc une
les, chacun compensant en quelque sorte temps, toute substance est donc plus ou combinaison de champs de force élec-
son voisin (figure E1). moins “magnétisable” pour autant qu’elle triques et magnétiques naturelle (le champ
2. Les matériaux paramagnétiques pré- soit placée dans un champ magnétique suf- magnétique terrestre) ou non (de basses
sentent un comportement de même nature fisamment intense. fréquences comme les lignes et les câbla-
que les ferromagnétiques, bien que beau- ges électriques, ou de plus haute fréquence
coup moins intense (leur susceptibilité L’électromagnétisme comme les ondes radio (téléphone cellu-
magnétique est positive mais très faible, de C’est le Danois Hans Christian Ørsted, pro- laire compris) ou de télévision.
l’ordre de 10- 3). Chaque atome d’un tel maté- fesseur à l’Université de Copenhague qui, le Mathématiquement, les lois de base de
riau a un moment magnétique non-nul. Sous premier, a fait autour de1820 le lien entre l’électromagnétisme sont résumées dans
l’action d’un champ extérieur, les moments les deux domaines jusqu’alors complète- les quatre équations de Maxwell (ou de
magnétiques s’orientent et augmentent ce ment séparés de l’électricité et du magné- Maxwell-Lorentz) qui permettent de
champ, qui décroît cependant avec la tem- tisme. Il a mis en évidence la déviation de décrire l’ensemble des phénomènes
pérature, l’agitation thermique désorientant l’aiguille d’une boussole à proximité d’un fil électromagnétiques de manière cohérente,
les dipôles élémentaires. Les matériaux parcouru par un courant électrique, avant de l’électrostatique et la magnétostatique
paramagnétiques perdent leur aimantation que Faraday n’énonce la loi qui porte son à la propagation des ondes. James Clerk
dès qu’ils ne sont plus soumis au champ nom: le champ magnétique produit est d’au- Maxwell les a formulées en 1873, trente-
magnétique. La plupart des métaux, y com- tant plus fort que l’intensité du courant est deux ans avant qu’Albert Einstein ne place
pris des alliages d’éléments ferromagné- importante. La discipline qui étudie les la théorie de l’électromagnétisme dans le
tiques, font partie de cette famille, ainsi que champs magnétiques statiques (ne dépen- cadre de la relativité restreinte, qui expli-
des minéraux comme la pegmatite. dant pas du temps) est la magnétostatique. quait ses incompatibilités avec les lois de
3. Les matériaux diamagnétiques présen- Le champ magnétique forme, avec le champ la physique classique.

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