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Philosophie médiévale : Augustin à Scolastique

La philosophie médiévale se caractérise par une tentative de concilier la foi chrétienne et la raison, avec des figures clés comme saint Augustin, qui établit une doctrine influencée par le platonisme, et saint Thomas d'Aquin, qui intègre la science aristotélicienne à la théologie. Le développement de la scolastique au XIe siècle, avec des penseurs tels qu'Avicenne et Averroès, marque un renouveau de la pensée philosophique, tandis que les critiques de la philosophie thomiste par John Duns Scot et Guillaume d'Occam ouvrent la voie à des débats sur la nature de la vérité et des universaux. Enfin, des philosophes comme Nicolas de Cuse et Giordano Bruno préparent le terrain pour la révolution scientifique et la réforme religieuse en remettant en question les conceptions traditionnelles de l'univers et de Dieu.

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Philosophie médiévale : Augustin à Scolastique

La philosophie médiévale se caractérise par une tentative de concilier la foi chrétienne et la raison, avec des figures clés comme saint Augustin, qui établit une doctrine influencée par le platonisme, et saint Thomas d'Aquin, qui intègre la science aristotélicienne à la théologie. Le développement de la scolastique au XIe siècle, avec des penseurs tels qu'Avicenne et Averroès, marque un renouveau de la pensée philosophique, tandis que les critiques de la philosophie thomiste par John Duns Scot et Guillaume d'Occam ouvrent la voie à des débats sur la nature de la vérité et des universaux. Enfin, des philosophes comme Nicolas de Cuse et Giordano Bruno préparent le terrain pour la révolution scientifique et la réforme religieuse en remettant en question les conceptions traditionnelles de l'univers et de Dieu.

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PHILOSOPHIE MÉDIÉVALE

Pendant le déclin de la civilisation gréco-romaine, les philosophes occidentaux abandonnent l’investigation scientifique de la
nature et la recherche du bonheur terrestre pour se tourner vers le problème du salut dans un monde autre et meilleur. Au IIIe siècle apr. J.-
C., le christianisme s’est répandu parmi les classes cultivées de l’Empire romain. Les enseignements religieux des Évangiles sont alors
associés par les Pères de l’Église à plusieurs conceptions philosophiques des écoles grecques et romaines.
Philosophie augustinienne
Les écrits de saint Augustin illustrent la tentative de concilier le rôle de la raison mis en valeur par les Grecs et le sentiment
religieux enseigné par Jésus-Christ. Saint Augustin construit un système qui, au travers de modifications et d’élaborations ultérieures,
devient finalement la doctrine officielle du christianisme. Son influence explique largement que la pensée chrétienne relève d’une
inspiration platonicienne jusqu’au XIIIe siècle, date à laquelle la philosophie aristotélicienne devient dominante.
Saint Augustin affirme que la foi religieuse et la compréhension philosophique sont complémentaires plutôt que contraires, et que
l’on doit « croire pour comprendre et comprendre pour croire ». À l’instar des néoplatoniciens, il tient l’âme pour une forme d’existence
supérieure au corps et enseigne que la connaissance consiste dans la contemplation des Idées platoniciennes purifiées à la fois de la
sensation et du langage imagé.
La philosophie platonicienne est associée à la conception chrétienne d’un Dieu personnel, qui crée le monde et détermine son
évolution, et à la doctrine de la chute de l’homme, nécessitant l’incarnation de Dieu dans la personne du Christ. Saint Augustin tente
d’apporter des solutions rationnelles aux problèmes du libre arbitre et de la prédestination, de l’existence du mal dans un monde créé par un
Dieu parfait et tout-puissant, et de la triple nature attribuée à Dieu dans la doctrine de la Trinité.
Saint Augustin conçoit l’histoire comme le combat dramatique entre le bien dans l’humanité, exprimé dans la loyauté à la « cité
de Dieu » ou communauté des saints, et le mal incarné dans la cité terrestre et ses valeurs matérielles. Sa vision de la vie humaine est
profondément pessimiste : il affirme que le bonheur est impossible dans le monde des êtres vivants où, même pour les rares êtres favorisés
par la fortune, la conscience de l’approche de la mort compromet toute satisfaction. De plus, selon lui, sans les vertus religieuses,
l’espérance et la charité qui présupposent la grâce divine, une personne ne peut développer les vertus naturelles telles que le courage, la
justice, la modération et la sagesse. Ses analyses du temps, de la mémoire et de l’expérience intérieure de la religion ont constitué une
source d’inspiration majeure pour la pensée métaphysique et mystique.
Durant les trois siècles qui suivent la mort de saint Augustin, le seul apport majeur à la philosophie occidentale est dû à l’homme
politique romain du VIe siècle Boèce, qui ravive l’intérêt pour la philosophie grecque et latine, en particulier pour la logique et la
métaphysique d’Aristote. Au IXe siècle, le moine irlandais Jean Scot Érigène élabore une interprétation panthéiste du christianisme,
identifiant la divine Trinité à l’Un, le logos et « l’Âme du Monde » du néoplatonisme et soutenant que la foi et la raison sont nécessaires
pour atteindre l’union extatique avec Dieu.
Scolastique
a- Méthode
Le XIe siècle est caractérisé par un renouveau de la pensée philosophique grâce à l’accroissement des contacts entre les différentes
parties du monde occidental et à l’intérêt renouvelé pour la culture, qui va culminer à la Renaissance. Les ouvrages de Platon, d’Aristote et
d’autres penseurs grecs sont traduits par des érudits arabes. Philosophes islamiques, juifs et chrétiens interprètent et clarifient ces écrits
dans un effort pour concilier la philosophie et la foi religieuse, et pour fournir des fondements rationnels à leurs convictions religieuses.
Leurs travaux jettent les bases de la scolastique. La pensée scolastique s’attache moins à découvrir des faits et des principes nouveaux qu’à
démontrer la vérité de convictions existantes. Sa méthode est donc dialectique. Les recherches sur le raisonnement conduisent à
d’importants développements tant en logique qu’en théologie.
b- Réalisme, nominalisme et conceptualisme
Le médecin arabe du XIIe siècle Avicenne intègre des notions néoplatoniciennes et aristotéliciennes dans la doctrine religieuse de
l’islam, tandis le poète juif Aviceron réalise une synthèse similaire entre la pensée grecque et le judaïsme.
Pour sa part, l’archevêque de Canterbury, saint Anselme, reprend la position de saint Augustin sur la relation entre la foi et la
raison, et associe le platonisme à la théologie chrétienne. Adepte de la théorie platonicienne des Idées, il défend l’existence séparée des
« universaux », ou propriétés communes des choses : c’est le réalisme.
La position opposée, le nominalisme, est formulée par le philosophe Roscelin, qui soutient que seuls les objets individuels et
concrets existent, et que les universaux, les formes et les idées sous lesquelles sont subsumées les choses particulières ne sont que de
simples vocables ou des étiquettes, et non des substances intangibles. Il affirme que la Trinité doit comprendre trois êtres séparés : ses
positions sont jugées hérétiques et il doit se rétracter en 1092.
Le théologien français Pierre Abélard, connu pour sa tragique aventure amoureuse avec Héloïse au XIIe siècle, propose un
compromis entre le réalisme et le nominalisme : selon le conceptualisme, les universaux existent dans les choses particulières en tant que
propriétés et hors des choses en tant que concepts dans l’esprit. Pierre Abélard soutient que la religion révélée doit être justifiée par la
raison. Il élabore une éthique fondée sur la conscience personnelle, qui annonce la pensée protestante.
c- Science et religion
Le juriste et médecin hispano-arabe Averroès, le plus illustre des philosophes musulmans du Moyen Âge, fait de la science et de
la philosophie aristotélicienne une composante majeure de la pensée médiévale. Ses savants commentaires des ouvrages d’Aristote lui
valent d’être appelé le « Commentateur » par les nombreux scolastiques qui considèrent Aristote comme le « Philosophe ». Averroès tente
de surmonter les contradictions entre la philosophie aristotélicienne et la religion révélée en distinguant deux systèmes distincts de vérité :
un corps de vérités scientifiques, bâti sur la raison, et un corps de vérités religieuses, fondé sur la révélation. Affirmant que la raison
prévaut sur la religion, il doit s’exiler en 1195. La doctrine de la « double vérité » d’Averroès influence de nombreux philosophes
musulmans, juifs et chrétiens, mais elle est rejetée par plusieurs autres et fait l’objet de débats dans la philosophie médiévale.
Le rabbin et physicien Maïmonide, une des plus éminentes figures de la pensée juive, suit l’exemple d’Averroès, unissant la
science aristotélicienne à la religion, mais il rejette l’idée que deux systèmes conceptuels incompatibles puissent être également vrais. Dans
son Guide des égarés (1180), il tente de donner un fondement rationnel au judaïsme et défend certaines croyances religieuses (comme la
croyance en la création du monde) en contradiction avec la science aristotélicienne, car il est convaincu que des preuves concluantes
manquent des deux côtés.
Le théologien anglais Alexandre de Hales et le philosophe italien saint Bonaventure, tous deux philosophes du XIIIe siècle,
combinent des principes platoniciens et aristotéliciens, et introduisent le concept de la forme substantielle, ou substance immatérielle, pour
expliquer l’immortalité de l’âme. La conception de saint Bonaventure tend vers la mystique panthéiste et fait de l’union extatique avec
Dieu le but ultime de la philosophie.
L’Allemand saint Albert le Grand est le premier philosophe chrétien à approuver et interpréter le système d’Aristote dans son
ensemble. Il étudie les écrits des aristotéliciens musulmans et juifs et rédige des commentaires encyclopédiques sur Aristote et sur les
sciences naturelles de son époque. Le moine anglais Roger Bacon est l’un des premiers scolastiques à s’intéresser aux sciences
expérimentales. Il est persuadé qu’il reste encore beaucoup à apprendre sur la nature, et critique la méthode déductive de ses contemporains
et leur confiance dans les autorités du passé ; il préconise donc une nouvelle méthode de recherche scientifique fondée sur l’observation
contrôlée.
Saint Thomas d’Aquin
La figure intellectuelle la plus éminente de l’époque médiévale est saint Thomas d’Aquin. Moine dominicain, il étudie sous la
direction d'Albert le Grand et le suit à Cologne en 1248. Saint Thomas d’Aquin intègre la science aristotélicienne et la théologie
augustinienne en un vaste système de pensée qui va devenir la philosophie officielle de l’Église catholique. Il traite de tous les sujets de la
philosophie et des sciences, et ses ouvrages principaux, Somme théologique (Summa theologica) et Somme contre les gentils (Summa
contra gentiles), dans lesquels il présente une somme systématique des thèses théologiques, exercent toujours une influence considérable
sur la pensée occidentale. Ses écrits reflètent le regain d’intérêt de son époque pour la raison, pour la nature et pour le bonheur terrestre, de
même que pour la foi religieuse et l’aspiration au salut.
Saint Thomas d’Aquin affirme contre les averroïstes que les vérités de la foi et les vérités de la raison ne peuvent se contredire,
car elles s’appliquent à des domaines différents. C’est en se penchant sur les faits observables que les sciences et la philosophie découvrent
les vérités, alors que les articles de la religion révélée, comme la Trinité, la création du monde et autres articles du dogme chrétien,
dépassent les capacités de la raison humaine, bien qu’ils ne soient pas contraires à la raison, et doivent par conséquent être acceptés par la
foi. La métaphysique, la théorie de la connaissance, l’éthique et la théorie politique de saint Thomas d’Aquin procèdent en grande partie
d’Aristote, mais il ajoute à l’éthique naturaliste d'Aristote, dont le but est le bonheur en ce monde, les vertus pauliniennes (énoncées par
saint Paul) de la foi, de l’espérance et de la charité, ainsi que l’objectif du salut éternel par la grâce.
Philosophie médiévale après saint Thomas d’Aquin
Les plus importants critiques de la philosophie thomiste sont John Duns Scot et Guillaume d’Occam.
a- John Duns Scot
John Duns Scot, qui élabore un système de logique et de métaphysique subtil et hautement technique, rejette la tentative de saint
Thomas de concilier la philosophie rationnelle et la religion révélée. Modifiant la doctrine de la « double vérité » d’Averroès, il soutient
que toutes les croyances religieuses sont une question de foi, exception faite de la croyance en l’existence de Dieu, qu’il estime
logiquement démontrable. Contre la position de saint Thomas, selon laquelle Dieu agit conformément à sa nature rationnelle, John Duns
Scot affirme que la volonté divine prévaut sur l’intellect divin et crée les lois de la nature et de la morale plutôt qu’elle ne les observe ; il se
démarque ainsi de la conception du libre arbitre de saint Thomas. Sur la question des universaux, John Duns Scot développe un nouveau
compromis entre le réalisme et le nominalisme, considérant que la différence entre les objets individuels et les formes que ces objets
réalisent est une distinction plutôt logique que réelle.
b- Guillaume d’Occam
Le scolastique anglais Guillaume d’Occam formule la critique nominaliste la plus radicale de la croyance scolastique en des
entités invisibles et intangibles telles que les formes, les essences et les universaux. Il affirme que de telles entités abstraites ne sont que des
mots se référant à d’autres mots. Son principe célèbre, nommé le « rasoir d’Occam », selon lequel « il faut éviter de supposer l’existence de
plus de choses qu’il n’est logiquement nécessaire », est devenu un principe fondamental de la science et de la philosophie modernes.
c- Nicolas de Cuse
Aux XVe et XVIe siècles, le renouveau de l’intérêt scientifique pour la nature s’accompagne d’une tendance à la mystique
panthéiste. Le prélat catholique Nicolas de Cuse prépare l’œuvre de l’astronome polonais Nicolas Copernic, en avançant l’idée que la Terre
tourne autour du Soleil, ce qui ôte à l’humanité la place centrale dans l’Univers. De plus, il affirme que l’Univers est infini et identique à
Dieu.
d- Giordano Bruno
Le philosophe italien Giordano Bruno, qui identifie de façon semblable l’Univers à Dieu, développe les conséquences
philosophiques de la théorie copernicienne et aboutit à un humanisme panthéiste qui lui vaut d’être condamné au bûcher par l’Inquisition.
Sa philosophie marque les esprits et contribue à l’essor de la science et à la naissance de la Réforme.

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