Figuier
DESCRIPTION
Famille : moracées
Genre/espèce: Ficus carica
Le genre Ficus comprend 700 espèces, toutes
reconnaissables par la présence de figues ou
sycones, et dont certaines sont à usage ornemental.
Ficus carica est la seule espèce du genre Ficus qui
soit cultivée pour ses fruits comestibles.
Ficus signifie « verrue », car le latex du figuier soigne
les verrues. Carica lui a été donné par les Grecs qui
pensaient que l’arbre venait de la région de Caria, un
ancien district d’Anatolie.
Origine : Le figuier a évolué à travers les âges d’une
plante sauvage à un arbre cultivé très apprécié pour
sa rusticité et ses valeurs nutritives. Il trouve ses
origines au Moyen-Orient et dans les régions du bord
de la Méditerranée. La culture du figuier était déjà
bien connue dès 3000 ans avant notre ère par les
Egyptiens qui voyaient dans la figue un présent des
dieux. Dans les jardins de Babylone, les figuiers
voisinaient avec les mûriers, palmiers, dattiers,
grenadiers et jujubiers. Les Grecs et les Romains étendirent l’aire du figuier en le plantant sur tout
le pourtour méditerranéen.
Avec la vigne et l’olivier, le figuier fait partie des plantes mythiques de notre civilisation.
La diffusion du figuier en France est très ancienne et a permis la sélection de multiples variétés
locales.
Culture actuelle :
Plus d’un million de tonnes de figues sont produites par an dans le monde. La Turquie est le
premier producteur, avec plus de 300 000 tonnes, puis viennent l’Egypte avec plus de 170 000
tonnes, l’Algérie avec plus de 130 000 tonnes et l’Iran avec 70 000 tonnes, suivi de près par le
Maroc et la Syrie.
La production française arrive bien loin derrière, avec 3000 tonnes. Bien que peu consommée en
volume, la figue est connue de tous les consommateurs français.
Réalisation : août 2022
Fiche réalisée dans le cadre du projet
DiversiGO 2021-2023
DESCRIPTION
On trouve des figuiers dans de très nombreux jardins au sud de la Loire, mais la culture
commerciale en vergers spécialisés n’est pas très développée, comparée à d’autres espèces
fruitières. Le Var est le département leader, avec la fameuse Figue de Solliès qui est protégée par
une AOP et qui couvre environ 120 hectares. Dans le reste de la région PACA, le figuier est une
culture de diversification, sur de toutes petites surfaces.
Présentation générale : Arbre rustique à bois mou, à feuilles vertes foncées, découpées,
plurilobées et caduques, atteignant généralement 3 à 5 mètres de hauteur et portant des fruits
charnus et très sucrées.
Sol : Le figuier s’adapte à une large variété de sols : lourds, argileux, sableux ; mais il a une
préférence pour les sols limono-argileux et les sols frais. En outre, il préfère les sols calcaires mais
s’adapte aux sols acides.
Climat/exposition : Le figuier est un arbre qui pousse
facilement mais il ne prospère qu’en situation chaude
et abritée. En Provence, on en trouve rarement au-
dessus de 500 mètres d’altitude.
-Résistance au froid : Lorsque la température
descend au-dessous de –12°C, le bois de l’année
peut geler entièrement. En dessous de –17°C, toute la
partie aérienne est concernée. Cependant, les
racines survivent jusqu’à –20°C et rejettent dès le
printemps suivant les gelées. Ensuite, comme tout
arbre fruitier, il est sensible aux gelées tardives
survenant généralement en avril et portant atteinte
aux bourgeons à fleur et à feuille de l'année en cours
de débourrement.
-Chaleur : Le figuier se développe dans des zones à
fort ensoleillement avec des étés chauds et secs. Les
températures de 32 à 37°C sont très favorables pour
le développement et la maturité des fruits.
Ci-dessus : dégâts de gel sur figuier le 6 mai 2021
-Eau : bonne résistance à la sécheresse une fois le dans le Vaucluse, suite au gel à -6°C de fin avril
système racinaire développé, mais plus il a d’eau Crédit photo Didier Legaré © Didier Legaré
plus il se développera et plus il donnera des fruits.
Taille adulte/ Port : 3 à 5 mètres de haut selon la variété, l'emplacement et l'importance des
interventions de taille.
Croissance : assez lente
Longévité : 50 ans en moyenne, avec certains spécimens atteignant plus de 100 ans
Mise à fruit : rapide, dès la deuxième année on obtient déjà quelques fruits à maturité
Floraison/Fertilité : Très particulière chez le figuier, les fleurs sont regroupées en inflorescences à
l’intérieur des réceptacles (sycones ou figues) dont elles tapissent la paroi interne. Les fleurs ne
sont donc visibles que si l’on ouvre les sycones (figues) et que l’on examine l’intérieur avec une
loupe. Elles sont toutes petites et sans ornementation. De sexes séparés, les fleurs femelles
tapissent toute la paroi interne de la figue tandis que les fleurs mâles se cantonnent à proximité
de l’ostiole (ouverture de la figue).
DESCRIPTION
La plupart des variétés communes de la région PACA sont autofertiles (parthénocarpiques) :
abicou, bécane, bellone, noire de Caromb, noire de Barbentane, grise St Jean, col de Dame, dorée,
dauphine, figue de Marseille, Marseillaise, sucre vert, ronde Bordeaux, pastillère, sultane,
bourjassotte, longue d’août, violette de Soliès pont, goutte d’or, etc…
Mais d’autres variétés nécessitent la présence de caprifiguiers (« figuiers mâles » ou « figuiers
sauvages ») et l’intervention du blastophage pour pouvoir être pollinisées et fructifier. On reconnaît
les caprifiguiers, l’hiver, à la présence de nombreuses figues, déjà formées au bout des rameaux.
Elles sont vertes, spongieuses, sèches à l’intérieur, et tombent sans jamais parvenir à maturité. Les
figues des caprifiguiers ne sont pas comestibles. Elles abritent durant l’hiver le blastophage,
Blastophaga psenes L., le fameux insecte responsable de leur pollinisation, un hyménoptère de
quelques millimètres. Le figuier ne peut être pollinisé que par le blastophage et le blastophage ne
peut se reproduire en dehors des fructifications du figuier.
Fructification :
D’un point de vue botanique, la figue n’est
donc pas un fruit mais d’abord une
inflorescence développée sur le
réceptacle des fleurs (appelée sycone)
qui se transforme après fécondation en
une infrutescence à l’intérieur de laquelle
se trouvent les vrais fruits, des akènes
(fruits secs indéhiscents) similaires à
ceux que l’on trouve sur la fraise.
Il existe deux grandes catégories de
figuiers : les unifères qui donnent une
récolte par an et les bifères qui fournissent
deux récoltes, avec deux types de figues :
-Les figues fleurs qui mûrissent aux mois
de juin/juillet, sur les branches de l’année
précédente et assurent selon les variétés
et selon les années de 10 à 50 % de la
récolte (en moyenne 20 à 25 %). Les
figues fleurs sont parthénocarpiques
(elles mûrissent sans avoir besoin de
pollinisation), rafraichissantes et peu
sucrées.
-Les figues d’automne ou figues fruits
Ci-dessus : détail de
souvent appelées aussi les « secondes » l'inflorescence de la figue
qui constituent le plus gros de la
production, se développent à l'aisselle des
feuilles, beaucoup plus sucrées et
mûrissent de façon échelonnée de la fin
du mois d’août jusqu’aux premières gelées
pour les plus tardives.
Ci-dessus : coupe d'une figue qui met à jour
l'infrutescence
GESTION
Densité de plantation : « En verger, les distances de plantation varient de 5 à 7 mètres entre les
rangs pour 4 à 6 mètres sur le rang (250 à 400 plants/ha). » (Pierre Baud - La culture du figuier -
[Link]
Période de plantation : « Planter de préférence tôt à l'automne (mi-octobre à fin novembre) ou
au printemps (mi-février à mi-avril). Une plantation d'automne a l'avantage de voir la plante
s'installer plus rapidement. Préférer, cependant, les plantations de printemps dans les zones les
plus froides ou quand les sols sont lourds, argileux, très humides. » (Pierre Baud - La culture du
figuier - [Link]
Conduite : « Naturellement, le figuier pousse en cépée. Les cépées permettent de maintenir des
arbres plus bas, facilitant la récolte des fruits, de renouveler les charpentières vieillissantes grâce
aux rejets de souche mais peuvent gêner le travail du sol. On peut, toutefois, par une taille
appropriée, lui donner une forme en gobelet avec un tronc unique. Il faudra alors éliminer
régulièrement les rejets de souche. Le figuier s'adapte aussi très bien au palissage. » (Pierre Baud
- La culture du figuier - [Link]
Verger commercial de figuiers conduits en cépée dans le Vaucluse. Crédit photo Didier Legaré
Taille :
Attention en taillant ou en récoltant, certaines personnes peuvent être allergiques au latex qui
s'écoule du figuier.
La taille du figuier est nécessaire d’une part pour limiter la croissance en hauteur, d’autre part
pour stimuler la production de nouvelles pousses qui vont porter les fruits l’été suivant la taille. La
taille a pour objectif d’accroître la production et le poids des fruits.
La taille consiste aussi à entretenir un puit de lumière au centre de l’arbre, pour y favoriser la
pousse et la fructification, tout en ne mettant pas complètement à nu cette zone pour protéger
l’écorce des brulures du soleil.
L’idéal est de tailler juste
à la fin de l’hiver (mars),
car ainsi la montée de
sève facilite la
cicatrisation des plaies
de taille. En effet le bois
du figuier est creux,
tendre et a une faible
aptitude à cicatriser.
Dans l’idéal il faut
mastiquer les grosses
plaies de taille.
Verger de figuiers en cours de taille - Crédit photo Didier Legaré
Attention à la taille des figuiers bifères : si l’on veut récolter des figues-fleurs en juillet, il faut garder
le bois de l’année précédente qui porte ces figues. On procède alors à la suppression des
bourgeons à bois de ces branches qui portent ces figues-fleurs (en mars-avril on les distingue
bien des bourgeons à figues), et une fois récoltées les figues-fleurs, fin juillet, on peut tailler les
branches ayant porté les fruits de juillet, juste au-dessus d’une ramification que l’on aura choisie de
manière à maintenir chaque branche à une hauteur acceptable.
Taille en vert : peut être réalisée en juin/juillet pour améliorer le grossissement des fruits. Consiste à
supprimer les gourmands qui ne serviront pas au renouvellement du bois.
Fertilisation : Le figuier est surtout exigeant en potasse (pour la fabrication de sucre) et ne requiert
pas de fortes doses de fumure azotée, celle-ci provoquant un développement végétatif trop
intense et un déséquilibre en végétation et fructification. Le ratio de ses besoins en NPK (azote,
phosphore et potasse) est de 1 ; 2 ; 2.5.
La fumure apportée doit tenir compte de ce ratio et de la richesse naturelle du sol.
Irrigation :
« Son système racinaire très développé l’aide à supporter des conditions très sèches. Il se plaît
cependant beaucoup en conditions plus humides. Ses besoins annuels sont de l’ordre de 600 à 700
mm, surtout au printemps et au début de l’été. » » (Pierre Baud - La culture du figuier -
[Link]
L'irrigation favorise incontestablement les rendements mais la qualité gustative et les capacités de
conservation du fruit s'en ressentent, aussi il convient de réduire l’irrigation à l’approche de la
maturité afin d’obtenir des fruits riches en sucre et entiers (les figues pouvant éclater ou pourrir par
excès d’eau).
Bioagresseurs :
Le figuier est un fruitier rustique qui a peu de bioagresseurs.
La principale difficulté pour la culture de la figue en agriculture biologique est la mouche de la
figue : Silba adipata (anciennement Lonchoea aristella) qui peut causer des pertes très
importantes les années où la pression est forte (de 40 % à 70 %). En région PACA, elle est
notamment très présente dans le Var.
Elle mesure 4,5 mm et est reconnaissable grâce à son
thorax brillant au soleil. Elle parasite les figues en déposant
ses oeufs au niveau de l’ostiole. Les oeufs donnent ensuite
naissance à la larve qui va ensuite se nourrir de
l’inflorescence puis s’attaquer au parenchyme de la figue.
Celle-ci finit par sortir de la figue pour poursuivre son
cycle au sol où elle entamera sa nymphose et donnera
lieu à la génération suivante. Il y a environ 6 générations
par an.
Aujourd’hui, il n’existe aucun produit bio homologué contre
cette mouche. Seule la prophylaxie, qui consiste à
récupérer les figues touchées puis les brûler, est possible.
C’est une tâche très chronophage dont l’efficacité est
controversée.
Des mesures préventives peuvent également être mises
en place telle que l’implantation de haies abritant des
prédateurs de la mouche de la figue (frêne, charme, Mouche de la figue "Silba adipata"
laurier-tin, lierre…). Les abords des cours d’eau sont des
lieux à proscrire pour les plantations de nouveaux figuiers
car ils attirent de nombreuses mouches.
Face à cette véritable impasse technique, le CIVAMBIO 66 a mené dès 2015 des essais dans
l’objectif de trouver un piège de contrôle du ravageur efficace. Cette première expérimentation a
permis d’identifier une bonne attractivité du Phosphate diammonique (PDA) dilué à 4 %. Il
constitue aujourd’hui la base des pièges mis en essais.
Nouvel ennemi de taille pour le figuier : le
charançon noir du figuier, Aclees foveatus, qui
inquiète fortement les producteurs de figues du sud
de la France depuis 2019. Cet insecte coléoptère de
2 cm environ, originaire d’Asie, attaque le bas des
troncs et fait dépérir les arbres. Différents essais de
lutte curative sont en cours (champignon Beauveria
bassiana…). En préventif il s’agit d’appliquer des
badigeons. Afin d'éviter de perdre des troncs entiers,
la conduite des figuiers en cépée est
recommandée.
Le figuier connait d’autres bioagresseurs mineurs et de faible impact :
-La cochenille Ceroplastes rusci, insecte piqueur suceur de sève. On l’évite en aérant bien les
arbres et en évitant les excès d’azote. En cas de forte pression, on applique des huiles blanches en
hiver.
-Différents chancres (champignons) qui entrent facilement par les blessures et plaies de taille. Les
chancres affaiblissent mais ne tuent pas. En cas de présence, couper et brûler les bois concernés.
En préventif, dans l’idéal, badigeonner les plaies de taille importantes.
-La teigne du figuier, Choreutis nemorana, papillon dont les chenilles vertes font des dégâts sur les
feuilles, généralement peu importants.
GESTION
Récolte : Obligatoirement à la main, directement en plateau ou barquette car les figues sont fragiles
et supportent le moins de manipulations possible. La cueillette fait couler du latex, très irritant pour la
peau. Par conséquent il faut se protéger les mains avec des gants, et les avant-bras avec un
vêtement long.
La récolte a lieu de fin juin à début novembre selon les variétés, les figues de juin/juillet étant des
figues fleurs de variétés bifères, et les variétés unifères précoces commençant à produire dès le
début du mois d’août. La récolte d’une même variété s’étale généralement sur deux mois (sans
compter la récolte des figues fleurs pour les variétés bifères). Les figues murissent au fur et à mesure
sur l’arbre, il faut passer presque tous les jours pour les ramasser à maturité optimale, sans quoi leur
qualité gustative sera médiocre (une fois cueillie, une figue ne murit presque plus, c’est un fruit
faiblement climactérique, comme le raisin, les framboises ou encore les fraises).
En choisissant bien les variétés plantées, on peut produire sans arrêter de début juillet à fin
novembre, avec le mois d‘août un peu pauvre en figue et les mois de septembre et début octobre
abondants, et ainsi servir ses clients le plus longtemps possible.
Productivité :
Le figuier alterne peu. Toutefois, la production de figues fleurs est soumise aux caprices du climat
(gelées tardives…)
En moyenne, des vergers cultivés extensivement produisent 5 à 7 tonnes par hectare, tandis qu’en
intensif le rendement oscille entre 12 et 20 tonnes / ha. Sur la zone d’appellation de la figue de Solliès,
le rendement moyen est de 8 tonnes/ha.
En Israël certains vergers en intensif donnent jusqu’à 40 tonnes !
Conservation : Les figues sont très fragiles. Elles ne se conservent en frigo que quelques jours.
Une fois séchées en revanche elles se conservent très longtemps !
Multiplication : Le figuier se multiplie par boutures ou marcottage. Les boutures s’enracinent
facilement et sont plantées dans un carré d’élevage avec un espacement de 20 à 30 cm sur la ligne
et 60 cm entre lignes.
La greffe n’a pas vraiment d’intérêt sur le figuier puisqu’il ne nécessite pas de porte-greffe.
« Le semis n’est pas utilisé, une graine ayant autant de chances de donner naissance à un figuier
domestique qu’à un caprifiguier… » (Pierre Baud - La culture du figuier - [Link]
[Link]/[Link])
UTILISATIONS
-Fraîches
-En cuisine (tartes, …)
-Transformées (jus de fruit, nectars, sirops, confiture, compote, chutney, vinaigres, figues au
vinaigres)
-Congelées : un marché industriel existe mais cela nécessite une organisation et des
investissements importants.
-Séchées : principalement pour les variétés à petit fruits très sucrés. « Les variétés les plus faciles à
sécher sont Grise de Saint-Jean et Ronde de Bordeaux. On peut aussi sécher entières : Figue de
Marseille, Marseillaise, Negronne, Tena, Sucrette et Néfiach. En ouvrant les figues en deux, on peut
obtenir de bons résultats avec Noire de Caromb, Abicou, Sultane, Bellone et même Col de Dame et
Sucre Vert dans les régions les plus chaudes. » Pierre Baud - La culture du figuier - [Link]
[Link]/[Link])
COMMERCIALISATION
Bon à savoir :
Dans le nord du bassin méditerranéen la plupart des consommateurs pensent qu’une figue
mûre est violette. Il y a donc un véritable travail de pédagogie à réaliser pour faire connaître et
apprécier les variétés d’autres couleurs.
Du fait de sa fragilité, la figue fraîche se commercialise préférentiellement en circuit court (direct
producteur ou un intermédiaire tel un magasin), mais elle supporte tout de même les circuits
longs (via les grossistes), on en trouve même en GMS.
Le prix payé au producteur de la figue fraîche biologique méditerranéenne conditionnée varie
entre 5 et 12 euros le kilo, selon la période et le type. Les figues blanches sont moins bien
rémunérées que les noires ou les vertes.
VARIÉTÉS ET PÉPINIÈRES
Variétés :
Il existe des centaines de variétés de figues dans le monde, 750 d’après un chercheur américain.
On trouve des figues vertes mais aussi des blanches, jaunes, violettes, grises ou rouges. Le
consommateur français est principalement attiré par les variétés violettes. A noter que les feuilles
varient selon les variétés mais aussi selon l’environnement et l’âge des arbres.
En région PACA :
-En 1821, dans des textes de Lardier, on compte 122 variétés de figuiers dans la région
-En 1880, Sauvaigo parle de 50 variétés régionales
-En 1945, on parle de 33 variétés
-Aujourd’hui il s’agit plutôt d’une vingtaine. A vrai dire, une même variété a souvent plusieurs noms,
d’un territoire à l’autre, voire sur un même territoire. Par exemple Grosse rouge de Bordeaux =
Abicou ; ou encore Bourjassote Noire = Figue ou Violette ou noire de Solliès = Parisienne
Quelques variétés les plus cultivées en PACA : (non exhaustif, vous trouverez beaucoup
d'informations sur les variétés sur les sites des pépiniéristes et autres sources citées en dernière
page de cette fiche) :
Les noires/violettes :
Figue de Solliès = noire ou violette de Solliès = bourjassote noire = parisienne
= barnissotte noire...
Origine lointaine, Afrique du Nord, Pline Le Jeune en parle comme étant "la
figue africaine" et décrite en France en 1651. Correspond à 75 % de la
production française commercialisé en figues. C'est une grosse figue très
sucrée, de bonne qualité gustative si cueillie à pleine maturité, unifère, très
productive et tardive (de mi août-début septembre à mi octobre-fin
novembre selon les terroirs). Sensible à l'éclatement. Très bonne tenue en
circuit long. Pas adaptée au séchage.
Noire de Caromb = Douqueira negra (Italie)= Perroquine = Noire bifère de
Caromb = Monginenco = Argusela
Originaire d'Italie mais arrivée à Caromb au XVIII ème siècle où elle y a été très
cultivée, d'où son nom ici. C'est une bifère dont les figues fleurs de juin/juillet
sont grosses et intéressantes et dont les figues d'automne
(septembre/octobre) sont plus abondantes et de très bonne qualité
gustative avec un goût particulier plutôt minéral. D'avantage destinée aux
magasins spécialisés. Adaptée au séchage une fois coupée en deux.
VARIÉTÉS ET PÉPINIÈRES
Pastilière = rouge de Bordeaux (à ne pas confondre avec ronde de
Bordeaux et figue de Bordeaux qui sont d'autres variétés) = Hirta du
Japon
Variété très répandue dans la région toulousaine. Son nom lui vient de la
teinte de son fruit qui rappelle la couleur que l'on extrait du pastel, elle
était déjà cultivée par les maraichers de la région toulousaine à la fin du
XIXe siècle.
Unifère stricte dont les figues, précoces, arrivent en août, c'est la seule
variété à produire de manière abondante en août. Arbres peu vigoureux,
de petite taille, très peu sensibles aux gelées de printemps. Figue pas
excessivement sucré, chair très fine, fruitée et charnue, très bonne qualité
gustative. Délicate à manipuler et transporter. Utilisation essentiellement
frais, éventuellement en confiture, mauvaise tenue à la cuisson.
Sultane = Bellone bifère = Noire de juillet = Noire de Bellone = Grosse de
Juillet
Très anciennement cultivée en provence, notamment dans les Alpes
Maritimes. Arbres moyens/grands, résistants au froid, buissonnants,
émettant facilement des rejets et dont les bourgeons terminaux sont d'un
rouge foncé caractéristique. Bifère, productif, avec une première récolte
de figues fleurs très précoce (juin) et une récolte d'automne tardive
(septembre à novembre). De bonne qualité gustative, les figues se
consomment en frais, confiture et peuvent être séchées une fois coupées Crédit photo : Saveurs du Quercy
en deux.
Négronne = Figue de Bordeaux = Violette de Bordeaux = Figue-poire =
Petite Ambique
Variété très ancienne, Jean Baptiste de la Quitinye la cultivait en 1692
dans les jardins du roi Louis XIV. Très anciennement cultivée en Provence,
particulièrement en bordure de champs et de vigne, ainsi qu'en région
parisienne et en Angleterre.
Arbres de taille moyenne, intéressants pour leur grande résistance au
froid. Variété bifère donnant des figues de taille moyenne, en juin-juillet
pour les figues fleurs et de fin août à mi octobre pour les figues
d'automne. Très bonne qualité gustative, très parfumée, y compris les Crédit photo : Pinterest
figues fleurs. Se consomme en frais, confiture, confiserie, bonne aptitude
au séchage (peut même sécher sur l'arbre), bonne tenue à la cuisson.
Bellone = Bellona = Figue de Nice = Noire de Nice
Sauvaigo en fin connaisseur et en véritable Niçois la décrivait à la fin XIXe
s comme la reine des figues, à ne pas confondre avec la sultane.
Très répandue dans les alpes maritimes en particulier la région niçoise.
Arbres vigoureux. Variété unifère, tardive (mi août à fin octobre)
Figues sucrées, de belle taille et de très bonne qualité gustative, à peau
épaisse, à consommer en frais, confiture, séchage possible, bonne tenue
à la cuisson. Crédit photo : Pinterest
VARIÉTÉS ET PÉPINIÈRES
Les blanches et dorées :
Marseillaise = figue d'Athènes = Petite grise = Petite Blanche = Blanche
marseillaise = Blanquette = Couilles du Pape
Décrite dès 1700, très cultivée dans le Var, et en provence généralement où
elle est utilisée pour la confiserie et séchée elle faisait partie des treize
desserts de Noël.
Arbres de taille moyenne, très buissonnant et résistant bien à la sécheresse.
Très productive, unifère, récolte de mi août à mi octobre.
Fruits très petits, très sucrés, à consommer en frais, confiture, confiserie,
Crédit photo : Pierre Baud
séchées (sèche sur l'arbre) et bonne tenue à la cuisson.
Figue de Marseille
Commune dans les corbières et le minervois, variété assez voisine de la
Dottato cultivée dans le sud de l'Italie. Attention ce nom est aussi utilisé pour la
marseillaise dans le var, grise de st jean à Marseille, une petite figue grise
dans le sud -ouest et une figue vert-jaune bifère dans les corbières.
Arbres de taille moyenne, résistants à la sécheresse. Variété bifère dont les
figues fleurs et les figues d'automne sont assez semblables.
Figue de taille moyenne, plus grosse que la Marseillaise. Très mielleuse et très
sucrée, excellente. En frais, confiture, bonne aptitude au séchage coupée en 2, Crédit photo : Pierre Baud
entière après une cuisson longue.
Dauphine = Boule d'or = Adam = Rouge d'Argenteuil = grise de tarascon = Crédit photo : Pierre Baud
grise de beaucaire = grosse de juillet = Mussega Negra = Cougourdon
Variété anciennement cultivée de façon intensive à Argenteuil au XIXe mais
avec une technique particulière pour la protéger du froid. Arbres vigoureux et
buissonnants. Variété bifère, productive, la seule variété à donner autant de
figues fleurs (juin-juillet) que de figues d'automne (septembre-octobre).
Figues fleurs très grosses (100 à 150 g), tenant bien au transport mais de
qualité gustative médiocre. Elles sont gorgées d'eau et sont avant tout
rafraichissantes. A consommer en frais ou très bien pour la confiture.
Longue d'août = Banane = Jérusalem = Smyrne (à tort selon Baud)
Arbres de faible vigueur, très buissonnant, très résistant au froid mais n'aiment
pas l'excès d'humidité. Variété bifère productive, de bonne qualité gustative en
sol bien drainé, moindre en conditions humides. Figues fleurs très grosses,
dorées et très allongées, en forme de banane, ces caractériqtiques sont
moins prononcées sur les figues d'automne.
Crédit photo : pinterest
Une grise :
Crédit photo : Pierre Baud
Grise de la Saint Jean = Cotignane = Cotignian (Alpes-Maritimes) = Grisette
(Soliès) = Cordelière = Grise de Montpellier = Coucourelle grise = Célestine =
Observantine = Capoutchin (Italie) = Mestisse grise = Figue fleur (en
Provence dans les vieux mas)
Très commune en Provence, décrite en 1702, elle est cultivée pour la qualité et
l'abondance de ses figues fleurs (début juillet). Arbre à très fort
développement, exigeant en eau et sensible au froid. Bifère, très bonne figue
pour le frais, confiture, très bon séchage (sèche sur l'arbre) et très bonne
tenue à la cuisson.
VARIÉTÉS ET PÉPINIÈRES
On trouve des vergers conservatoires de figuiers dans plusieurs lieux du sud de la France :
Le plus complet est sans doute
la collection de Porquerolles,
avec 269 variétés (qui ont été
génotypées), ensuite les
pépiniéristes vauclusiens Pierre
Baud à Vaison la Romaine (près
de 300 variétés), et Alain
Jabouin à Caromb, tous deux
spécialistes du figuier, ont de
très belles collections
également.
On trouve aussi des vergers
collection à Graveson dans les
Bouches du Rhône (Les
figuières, 150 variétés
[Link]
à Solliès-Pont dans le Var, à
Miremer dans le Var, à
Vézénobres dans le Gard, ou
encore à Nézignan l’Evêque Verger conservatoire Jabouin à Caromb
dans l’Hérault et au Mas d’Azil en Crédit photo Didier Legaré
Ariège.
Pépiniéristes spécialistes du figuier, que
nous avons rencontrés et qui produisent
eux-mêmes leurs plants :
Pépinière Pierre Baud
Lieu dit le Palis 84 110 Vaison la Romaine –
04 90 36 08 46 - [Link]
[Link]/
Pépinières Jabouin EARL du Clos de la
Payanne - 307 rue Payanne – 84330
Caromb –
06 12 93 08 54 – site web :
[Link]
[Link]/
Pépinières de Haute Provence (Monsieur
Bardouin) - Lieu dit Peynière - 04700 La
Brillane Pépinière Jabouin
04 92 74 95 99 - [Link] Crédit photo Didier Legaré
[Link]
SOURCES
Bibliographie :
- Compte rendus des visites effectuées par Laure Gicquel et Didier Legaré chez Pierre Baud, Alain
Jabouin, M. Bardouin (Pépinières de Haute Provence) et Laurent Navarret, au PNR de Porquerolles et
à la Tomassine (PNR Luberon), dans le cadre du projet DIVERSIGO (2021-2022)
-Le figuier, Pas à pas, de Pierre Baud, édition épisud, 2011
-Fruits Oubliés n°2-00 Eté aout 2000 : archives GRAB R.FO0005
-La conduite du figuier Ficus Carica Synthèse J,P, ROGER Conservatoire botanique national
méditerranéen de Porquerolles
-Fiche « Figue bio » Chambre d’agriculture du Var et AgribioVar (Rémi Pécout et Sophie Dragon)
Sites internet :
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
MERCI À À PIERRE BAUD, ALAIN JABOUIN, M. BARDOUIN, MICHEL NAVARRET ET À
MOHAMED NAHAL DE LA TOMASSINE QUI NOUS ONT COMMUNIQUÉ UNE GRANDE
PARTIE DES INFORMATIONS PERMETTANT DE RÉALISER CETTE FICHE.
…. A LAURE GICQUEL ET DIDIER LEGARE, QUI LES ONT COLLECTÉES AVEC SOIN
LIVRABLES
Cette fiche est évolutive en fonction des rencontres et découvertes, n’hésitez
pas à nous faire remonter toute information utile à son amélioration.
PLUS D'INFOS SUR LE PROJET :
Site de Bio de Provence :
[Link]
de-Provence-Alpes-Cote-d-Azur
Vous souhaitez participer au projet ? Contactez-nous !
CONTACT Région PACA :
Anne-Laure DOSSIN - Bio de PACA
04 90 84 43 64 - [Link]@[Link]
Réalisation : Août 2022
Rédaction et mise en page : Anne-Laure Dossin
Fiche réalisée dans le cadre du projet
DiversiGO 2021-2023