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SESSION 2: ENDOMMAGEMENT DE LA

LIAISON COUCHE-TROU
Introduction

CHAPITRE 1
INTRODUCTION

1.1 Forer : pourquoi ?


Il ne faut pas perdre de vue que forer un trou n'est pas un but en soit.

Ce n'est :
 ni pour le plaisir,
 ni pour avoir un appareil de forage en service,
 ni pour faire progresser la technique,
 ni pour dépenser de l'argent,
 ni pour…

Mais c'est pour atteindre une couche réservoir et :


 obtenir des informations sur celle-ci (cas des puits d'exploration et d'appréciation),
 ou l'exploiter (cas des puits de développement),

et cela :
 dans les meilleures conditions possibles,
 au moindre coût.

A ce propos le terme américain "pay zone" utilisé pour appeler cette couche réservoir met
bien en valeur que c'est là que réside l'intérêt.

En conséquence un puits doit être pensé et conçu en partant du bas, à savoir de cette
couche, de ses caractéristiques et des problèmes d'exploitation qu'elle posera.

1.2 Domaine couvert par la complétion


Le mot complétion de par son origine (de l'anglais "to complete") signifie achèvement et,
plus particulièrement dans le cas qui nous concerne, achèvement du puits qui vient d'être foré.
Introduction

La complétion est donc le maillon entre le forage proprement dit du puits et l'exploitation
de celui-ci, maillon qui doit aussi prendre en compte les considérations relatives au gisement.

De ce fait, la complétion englobe l'ensemble des opérations destinées à la mise en service


du puits et, en particulier, la réalisation de la liaison couche-trou (y compris le forage
proprement dit de la couche productrice), les traitements éventuels de la couche, l'équipement
du puits, sa mise en production et son évaluation (par couche, il faut entendre une zone
constituée de roches réservoirs contenant des hydrocarbures récupérables).

D'une façon générale on considère habituellement que certaines opérations de mesure et


d'entretien dans le puits ainsi que les opérations de reconditionnement ou de reprise
(workover) qui pourraient se révéler nécessaires sont aussi du domaine de la complétion.

La complétion est fortement dépendante et souvent même imbriquée avec les phases qui la
précèdent et celles qui la suivent. Aussi peut-on dire qu'elle commence dès l'implantation du
puits et qu'elle ne finit qu'avec l'abandon de ce puits.

D'une manière plus spécifique, il faut considérer que la complétion commence dès que
l'outil de forage atteint la couche productrice même si dans certains cas il se peut que l'entité
en charge du forage de la couche soit différente de celle en charge des opérations ultérieures
de complétion.

C'est ainsi que, quelle que soit l'entité chargée de réaliser la complétion et le
reconditionnement des puits, celle-ci est concernée au premier chef par la façon dont
l'ouvrage a été préalablement réalisé et par les problèmes d'exploitation que pose ou posera le
gisement (appelé aussi réservoir). Le compléteur aura donc à travailler très étroitement avec
le foreur (les deux pouvant d'ailleurs être réunis au sein d'une même entité) et ce en liaison
avec les gens de gisement et les exploitants.
CHAPITRE 2
NOTIONS ESSENTIELLES DE RÉSERVOIR
RELATIVES À LA COUCHE PRODUCTRICE

2.1 Caractérisation du réservoir

2.1.1 Principaux paramètres (cf. paragraphes suivants pour l'explication des


différents termes utilisés)

2.1.1.1 Capacité de stockage du réservoir

Pour une structure réservoir donnée (dont le volume extérieur a été déterminé en
particulier à l'aide d'études géologiques et géophysiques), le volume de fluide en place dépend
de la porosité de la roche.

2.1.1.2 Capacité du fluide à s'écouler dans la roche

Elle est caractérisée par la mobilité qui est liée d'une part à la perméabilité de la roche et
d'autre part à la viscosité du fluide.

2.1.1.3 Nature des fluides présents dans le réservoir et implications

En pratique, il n'y a pas un seul fluide, présent dans les pores de la roche, mais plusieurs
dont les proportions sont caractérisées par les saturations.

Du fait de la présence de différents fluides, se posent les problèmes de mouillabilité, de


pression capillaire, de perméabilités effectives et relatives (manière de caractériser la
perméabilité à chacun des fluides présents) et d'interface entre les fluides.

La composition des fluides produits est aussi un paramètre important en ce qui concerne
les problèmes d'exploitation tant au niveau du puits qu'en surface (centre de production).
Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

2.1.1.4 Nature des roches réservoir

De la nature des roches réservoir, essentiellement réservoirs carbonatés ou réservoirs


gréseux, va dépendre un bon nombre des problèmes rencontrés au niveau de la liaison
couche-trou (endommagement, venue de sable) ainsi que les méthodes de prévention ou les
remèdes qui pourront être mis en œuvre.

2.1.1.5 Nombre de niveaux réservoirs

Si le forage traverse plusieurs niveaux réservoirs, cela va influencer le type de liaison


couche-trou et plus particulièrement l'équipement de production qui sera mis en place, en
particulier s'il est nécessaire d'exploiter séparément plusieurs niveaux par un seul et même
puits.

2.1.1.6 Énergie initiale du réservoir et son évolution

L'énergie du réservoir correspond à la pression des fluides dans le réservoir, appelée aussi
pression du réservoir. Cette pression évolue dans le temps depuis sa valeur initiale en
fonction de la quantité produite (production cumulée) et des mécanismes de drainage
existant naturellement ou mis en œuvre.

2.1.2 Porosité

2.1.2.1 Définition

Considérons un échantillon de roche. Son volume apparent, ou volume total VT, est
constitué d'un volume solide VS et d'un volume de pores Vp. On appelle porosité  :

Vpores
 exprimée en % avec Vtotal = Vsolide + Vpore
VTotal

La porosité, qui intéresse le spécialiste gisement, est celle qui permet la circulation des
fluides se trouvant dans les pores. C'est la porosité utile u qui correspond aux pores reliés
entre eux et avec l'extérieur.

On définit aussi la porosité totale t, correspondant à tous les pores, reliés ou non entre
eux, et la porosité résiduelle r qui ne tient compte que des pores isolés (figure 1) :

t = u + r
Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

FIG. 1 Milieu poreux

La porosité utile des roches varie entre < 1 % et > 40 %.

On dit souvent que la porosité est :


 faible si  < 5 %,
 médiocre si 5 % <  < 10 %,
 moyenne si 10 % <  < 20 %,
 bonne si 20 % <  < 30 %,
 excellente si  > 30 %.

En pratique beaucoup de réservoirs exploités ont une porosité comprise entre 10 et 20 %.

On distingue entre la porosité intergranulaire, la porosité de dissolution (par exemple pour


les calcaires) et la porosité de fissures. Pour les roches fissurées, la porosité des fissures
rapportée au volume de roche est souvent très inférieure à 1 %.

De façon générale, la porosité est une fonction décroissante de la profondeur.

A titre d'exemple, si l'on considère que l'on a affaire à un réservoir gréseux où tous les
grains de sable seraient parfaitement ronds et de taille identique, la porosité serait environ de :
 50 % si l'empilement est à maille cubique (figure 2a),
 25 % si l'empilement est à maille rhomboédrique (figure 2b).

Si le grès était constitué de deux tailles de grains dont la plus petite vient juste s'inscrire
dans l'interstice laissé libre par les grains les plus gros disposés en mailles cubiques, la
porosité ne serait plus que de l'ordre de 12 % (figure 2c).
Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

FIG. 2 Porosité en fonction du type de maille


(a : maille cubique) (b : maille rhomboédrique) (c : maille cubique avec 2 tailles de grains)

2.1.2.2 Effet de la pression

Les roches sont compressibles. Dans le gisement, elles sont soumises à la pression
géostatique et à la pression des fluides présents dans les pores. Quand cette dernière baisse
par suite de la production, la roche se comprime jusqu'à ce qu'un nouvel équilibre soit atteint ;
cela se traduit par une réduction de la porosité.

La valeur de la compressibilité des pores cp varie avec la pression, le type de roche et la


-4 -4 -1
porosité. Elle va de : 0,3 . 10 < cp < 3 . 10 (bar) .

2.1.3 Perméabilité, viscosité, mobilité

2.1.3.1 Définitions. Loi de Darcy élémentaire

La perméabilité intrinsèque ou absolue d'une roche est l'aptitude de cette roche à laisser
circuler à travers ses pores un fluide dont elle est saturée. Elle peut être chiffrée grâce à la loi
de Darcy, loi expérimentale.

Considérons un échantillon de longueur dx et de section A, saturé d'un liquide de viscosité


dynamique , traversé horizontalement par un débit Q (mesuré dans les conditions de la
tranche dx) ; en régime permanent, la pression amont est P, la pression aval est P-dP.
L'étanchéité est faite sur les faces latérales. S'il n'y a pas de réaction du fluide avec la roche,
ce qui est le cas général, on a (figure 3) :

k dP
Q  A. .
 dx
Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

FIG. 3 Loi de Darcy pour un liquide en écoulement linéaire

Le coefficient k est dit coefficient de perméabilité. En première approximation, il est


indépendant du fluide considéré. C'est la perméabilité absolue ou intrinsèque de l'échantillon
dans la direction considérée.

La perméabilité absolue d'une roche est fonction de la direction considérée (les roches ne
sont pas isotropes). On définit en particulier les perméabilités horizontales kh (écoulement
parallèle et vers les puits) et verticales kv (problèmes de ségrégation de fluides de masses
volumiques différentes). Par suite de la stratification, en règle générale, les kv sont nettement
plus faibles que les kh (rapport de 1 à 10 par exemple).

La mobilité m, qui caractérise la facilité d'écoulement d'un fluide donné dans une roche
donnée est le rapport entre la perméabilité de la roche divisée par la viscosité dynamique du
fluide qui s'écoule :

k
m 

2.1.3.2 Perméabilités effectives et relatives

En pratique, dans les gisements d'hydrocarbures, il y a toujours au moins deux fluides


présents (eau + hydrocarbures). La loi de Darcy permet alors de définir, pour chacun des
fluides, une perméabilité effective. Pour deux fluides 1 et 2 :
k d P1 k d P2
Q1  A . 1 . et Q2  A . 2 .
1 dx 2 dx

k1 et k2 sont appelées perméabilités effectives aux fluides 1 et 2. Elles dépendent de la


perméabilité spécifique au milieu et des proportions des fluides en présence (cf.
paragraphe 2.1.4.3).
Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

On introduit de façon générale les perméabilités relatives kr1 et kr2 qui dépendent
seulement de la saturation :
k
k ri  i
k
avec k = perméabilité absolue (écoulement monophasique).

On note en pratique :
k k kg
Eau : k rw  w Huile : k ro  o Gaz : k rg 
k k k

Les valeurs des perméabilités relatives sont comprises entre 0 et 1.

2.1.3.3 Ordre de grandeur de la perméabilité absolue

La perméabilité a la dimension d'une surface.

Dans le système international S.I., on a k en mètres carrés : c'est une unité énorme !
 S.I. :
A (m 2 ) dP(pascals)
Q (m 3 /s)  k (m 2 ) . .
 (pascals.s) dx (m)

 Système pratique (utilisé couramment dans la profession) :


A (cm 2 ) dP(atmosphère)
Q (cm 3 /s)  k (darcys) . .
 (cP) dx (cm)
L'unité usuelle est le millidarcy :
-15 2
1 mD = 0,987 x 10 m
En pratique :
-15 2 2
1 mD = 10 m 1 darcy = 1 (m)

La gamme des perméabilités rencontrées est très étendue ; elle varie depuis 0,1 mD jusqu'à
plus de 10 D. On peut employer les termes suivants pour spécifier la valeur de la
perméabilité :
< 1 mD : très faible
1 à 10 mD : faible
10 à 50 mD : médiocre
50 à 200 mD : moyenne
200 à 500 mD : bonne
> 500 mD : excellente

En pratique beaucoup de réservoirs exploités ont une perméabilité comprise entre 10 mD


et 300 à 500 mD.
Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

2.1.3.4 Relation porosité - perméabilité

D'un point de vue théorique il n'y a pas de relation directe entre la porosité et la
perméabilité.

Cependant, dans certains cas, on a pu établir une corrélation pour un sédiment donné entre
porosité et perméabilité (figure 4). On cherche à écrire une relation du type :

log k = a  + b

FIG. 4 Statistique établie sur 610 échantillons de grès (d'après Chilingar)

2.1.3.5 Ordre de grandeur de la viscosité dynamique des fluides

a) Viscosité de l'eau

Dans les conditions ambiantes (pression atmosphérique, 15 °C) la valeur de la viscosité


-3
dynamique de l'eau est 1 cP (10 Pa.s).

Dans les conditions de fond, les eaux de gisement ont une viscosité dynamique de l'ordre
-4 -4
de : w = 0,3 à 0,7 cP (3 . 10 à 7 . 10 Pa.s).
Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

b) Viscosité de l'huile

Elle évolue avec la pression, la température et la quantité de gaz dissous. Dans le gisement,
on a comme ordre de grandeur pour la phase liquide hydrocarbure :
-4 -1
 depuis 0,2 cP (huile très légère) jusqu'à 1 P (2.10 à 10 Pa.s),
 à partir de 1 P, on parlera d'huile lourde, jusqu'à 100 P environ (10 Pa.s).

c) Viscosité d'un gaz

Aux faibles pressions (voisines de la pression atmosphérique), la viscosité d'un gaz croît
avec la température (augmentation de l'agitation des molécules).

Aux autres pressions, elle croît quand la pression croît et quand la température décroît.
-5
Ordre de grandeur : de 0,01 à 0,03 cP (1 à 3.10 Pa.s).

2.1.4 Nature des fluides présents dans le réservoir et implications

2.1.4.1 Définition des saturations

Dans le volume de pores Vp se trouvent un volume VW d'eau, un volume VO d'huile et un


volume VG de gaz (VW + VO + VG = Vp).

Les saturations en huile, eau et gaz sont :


V V V
SW  W , SO  O , SG  G exprimés en pourcents
Vp Vp Vp

avec SW + SO + SG = 100 %.

La connaissance des volumes d'huile et de gaz en place dans un gisement nécessite la


connaissance des saturations en tout point, ou au moins une approche satisfaisante.
Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

2.1.4.2 Phénomènes capillaires

a) Mouillabilité

Considérons une surface solide en présence de deux fluides. On constate que l'un de ces
derniers a tendance à s'étaler sur le solide. L'angle  de raccordement de l'interface avec le

solide, compté dans ce fluide, est inférieur à ; compté dans l'autre fluide, il est supérieur à
2

. On dit que le fluide qui a tendance à s'étaler mouille mieux la surface que l'autre fluide ;
2
on dit aussi qu'il est mouillant, l'autre étant non mouillant.

Par exemple :

 Si on laisse tomber une goutte d'eau sur une


plaque de verre propre, l'eau s'étale. L'eau est
mouillante (figure 5a).
FIG. 5a Fluide mouillant = eau
 Si on laisse tomber une gouttelette de
mercure sur une plaque de verre propre, le
mercure reste sous forme sphérique. L'air est le
fluide mouillant (figure 5b). FIG. 5b Fluide mouillant = air
FIG. 5 Fluides mouillant et non mouillant

Dans les gisements, on estime que, pour la majorité des cas, le fluide mouillant huile est
l'eau (couples eau-huile et eau-gaz) ; dans quelques cas cependant, l'huile peut être mouillante
préférentiellement à l'eau, notamment pour certains calcaires.

La figure 6 montre la répartition de l'huile


(fluide non mouillant) à l'intérieur des pores
d'une roche remplie d'eau (fluide mouillant).

FIG. 6 Répartition fluide mouillant (eau)


et fluide non mouillant (huile)
dans les pores d'une roche

Ces phénomènes correspondent à des attractions et à des répulsions moléculaires qui


s'exercent entre chaque fluide et le solide en présence.

La présence d'agents tensio-actifs, dit surfactants, peut modifier la mouillabilité d'une


roche ainsi que la valeur de la tension superficielle au niveau du contact fluide-solide
(cf. annexe 1).
Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

b) Tension interfaciale

A l'interface de deux fluides non miscibles, les forces agissant sur les molécules de chacun
de ces deux fluides ne sont pas les mêmes qu'au sein de chaque phase et tout se passe comme
s'il existait une membrane séparant celles-ci.

La tension interfaciale  peut être définie comme étant la force par unité de longueur
nécessaire pour maintenir en contact les deux lèvres d'une incision supposée dans l'interface.

c) Pression capillaire (figure 7)

Considérons un tube cylindrique capillaire de rayon r, plongé dans un récipient de grand


diamètre contenant de l'eau. On constate que l'eau monte dans ce tube d'une hauteur h au-
dessus de l'interface dans le récipient. On constate aussi que l'interface eau-air est sphérique,
le centre de courbure étant dans l'air ; ce simple fait implique que, au voisinage de l'interface,
la pression de l'air est supérieure à celle de l'eau (qui est le fluide mouillant puisqu'elle tend à
s'étaler).

On appelle pression capillaire PC la différence de pression existant entre deux points A et


B infiniment voisins et situés de part et d'autre de l'interface :
PC = PA - PB
A étant dans le fluide non mouillant.

A l'équilibre, la résultante verticale des forces de tension superficielle est compensée par
l'action de la pression capillaire sur la section du tube. La pression capillaire est d'autant plus
grande que le rayon du tube capillaire est petit.

FIG. 7 Phénomène capillaire

La hauteur h à laquelle la phase mouillante (l'eau) s'élève dans le tube capillaire par
rapport au niveau dans le récipient de grand diamètre sera d'autant plus grande que la force
capillaire est grande et donc que le rayon du capillaire est petit :
PC
h 
 w -  air  g
w et air étant les masses volumiques de l'eau et de l'air.
Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

Si la phase mouillante était moins dense que celle non mouillante, le niveau de l'interface
dans les tubes capillaires serait plus bas que celui dans le récipient et l'on aurait :
PC
h 
fnm - fm  g
fnm – fm étant les masses volumiques des phases non mouillante et mouillante
respectivement.

2.1.4.3 Variation de la perméabilité relative en fonction de la saturation

a) Couple huile-eau (ou gaz-eau)

Considérons un échantillon saturé en huile avec de l'eau interstitielle (Sw = Swi) ; injectons
lentement de l'eau (fluide mouillant). Ce type de déplacement est appelé "déplacement par
imbibition".

On constate que (figure 8) :


 La perméabilité à l'huile décroît
constamment. Elle n'est pas trop affectée par
la présence d'eau, alors que celle à l'eau l'est
plus par la présence d'huile. Ceci peut
s'expliquer, à prime abord, en remarquant
que l'eau tapisse les parois des pores et
emplit les petits pores, laissant passer l'huile
surtout par les centres des gros pores.
 L'huile s'arrête de circuler pour une
saturation minimale qui est la saturation
résiduelle en huile Sor.
 L'eau ne circule qu'à partir de la
saturation interstitielle Swi. Ensuite, la
perméabilité à l'eau croît constamment
jusqu'à la saturation maximale en eau : SWM
= 1 – Sor.

 kro + krw < 1, ce qui montre que les deux


fluides se gênent mutuellement pendant leur
déplacement simultané : la capacité totale
d'écoulement est réduite.
FIG. 8 Courbe de perméabilités relatives
huile-eau (roche mouillable à l'eau)
Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

b) Couple huile-gaz

Les observations sont du même type, mais avec une différence en ce qui concerne la phase
gaz. Il faut une saturation en gaz minimale pour que celui-ci s'écoule, appelée saturation
critique en gaz Sgc. En effet, si par exemple nous décomprimons un échantillon sous pression
de façon à ce que la pression descende sous le point de bulle, il y a apparition de bulles de
gaz. Mais celles-ci ne se déplaceront pas en même temps que l'huile, vers une face de
l'échantillon soumise à une pression plus faible, tant qu'il n'existera pas une saturation en gaz
suffisante pour former une phase gaz continue dans le milieu poreux (sinon les bulles de gaz
resteront bloquées). Les valeurs de Sgc sont généralement de quelques pourcents.

Les courbes de perméabilités relatives se présentent ainsi par exemple (figure 9) :

FIG. 9 Courbe de perméabilités relatives huile-gaz

2.1.4.4 Répartition des différents fluides dans un gisement vierge

Initialement, les gisements ne contenaient que de l'eau. Les hydrocarbures, en migrant


depuis les roches mères où ils se sont formés, ont déplacé une partie de cette eau pour s'y
accumuler. Les dimensions transversales des pores étant très faibles (de l'ordre du micron à
quelques dizaines de microns), l'équilibre d'un gisement vierge est donc régi par les
phénomènes capillaires.

Considérons un gisement homogène qui vient d'être découvert par un forage, contenant
huile (ou gaz) monophasique et eau, mouillable à l'eau. Il n'y a pas d'hydrodynamisme.

Ce premier puits a été foré jusque dans la zone aquifère, tubé et perforé sur toute la hauteur
de la couche. Après dégorgement, on ferme le puits en tête.
Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

Par analogie avec ce qui a été vu pour le couple air-eau, on constate que (figure 10) :
 La séparation des zones oléifère et aquifère se fait par une zone de transition d'une
certaine épaisseur.
Cela peut se voir en imaginant que le gisement est constitué de plusieurs tubes
capillaires de dimensions variables juxtaposés. On peut aussi dire que, plus on s'élève
au-dessus de la base de l'accumulation d'huile, plus le terme "h (W - O) g" est
important (O : masse volumique de l'huile), et donc aussi la différence (pression huile -
pression eau) permettant à l'huile de pénétrer dans des pores de plus en plus petits.
 L'interface eau-huile dans le puits est plus bas que dans le gisement, ou au même niveau
si la couche comporte des macropores ou de grosses fissures. En effet, le puits ayant un gros
diamètre, il n'y a pratiquement pas de phénomènes capillaires.

Le niveau dans le puits matérialise la cote du "plan de capillarité nulle". Un tel puits est un
puits témoin (ou d'observation). Il permet de suivre l'évolution de l'aquifère pendant la
production du gisement, mais pas nécessairement la montée de l'eau dans les pores
(frottements importants).

L'évolution de la saturation en eau avec la cote peut être représentée par la figure 10.

FIG. 10 Évolution de la saturation en eau avec la cote

A une cote inférieure à la base de la zone d'accumulation continue d'huile, la saturation en


eau est de 100 % (sauf sur le chemin de migration de l'huile depuis la roche mère) : c'est la
zone aquifère.

Au-dessus de la zone de transition, il reste une certaine saturation en eau interstitielle Swi,
correspondant à l'eau le long des parois des pores et dans les petits pores ou interstices. Cette
eau ne peut circuler, elle est irréductible.
Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

2.1.4.5 Évolution de la répartition des fluides avec la production (puits en débit)

a) Évolution globale des interfaces en fonction des volumes produits


Considérons le cas où un seul des fluides présents dans le gisement est produit (la
communication entre le réservoir et les puits producteurs se faisant dans des zones où, pour
les autres fluides présents, les saturations correspondantes sont égales ou inférieures aux
saturations irréductibles).
En association avec le soutirage du fluide produit ; il va y avoir un déplacement global
vertical du ou des interfaces avec le ou les autres fluides présents, par exemple :
 la montée du plan d'eau, en cas de présence d'un aquifère plus ou moins actif,
 ou, dans le cas de l'exploitation d'un gisement d'huile avec gas-cap, la descente de
l'interface huile-gaz.

b) Déformation des interfaces : langue, digitation, cône


En fonction de l'épaisseur du gisement, on ne peut négliger la composante verticale des
vitesses, et l'étude des forces en présence dans le milieu poreux montre que les interfaces et
les "fronts" de façon générale vont se déformer.

Ces déformations se produisent à l'échelle du front, c'est le phénomène de langue, mais


aussi à une échelle plus petite (métrique ou décamétrique) : ce sont les digitations ; à
proximité d'un puits producteur, on parlera de cône (coning).

Rapport de mobilité
Il ressort des nombreuses expériences faites dans l'industrie que ces instabilités sont
fonction notamment du rapport de mobilité (M) :
k * k ro *
M  rd
D o

La mobilité du fluide déplacé (huile ou gaz) dépendant de kro/o (cas de l'huile) et celle
du fluide déplaçant de krD/D, les perméabilités relatives krD* et kro* sont définies en deux
endroits distincts du réservoir (figure 11) :

FIG. 11 Déplacement de l'interface

† k
La mobilité d'un fluide i s'écrit : M i  k . ri
i
Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

kro* est la perméabilité relative au fluide déplacé dans la zone saturée par ce dernier et non
atteinte par l'eau, c'est-à-dire en avant du front, soit en pratique kro (Swi). Quant à krD*, c'est
la perméabilité relative au fluide déplaçant en arrière du front et pour la valeur moyenne de la
saturation en fluide déplaçant dans la zone envahie SDm.

k rD SDm   o
D'où : M  .
k ro S wi   D

La stabilité du déplacement est en général d'autant meilleure que le rapport de mobilité est
plus faible. Plus précisément, des instabilités (langues, digitations) peuvent le plus souvent
apparaître si le rapport de mobilité M est supérieur à 1.

Le rapport de mobilité est favorable (M < 1) seulement lorsqu'il s'agit de gaz ou d'huile
légère déplacés par de l'eau. Le déplacement par le gaz donne toujours un rapport de mobilité
M >> 1 défavorable (la viscosité du gaz étant très faible).

Langue

L'analyse des forces en présence (viscosité et gravité), en négligeant les forces capillaires,
permet de mettre en évidence une vitesse critique et donc un débit critique au-delà de laquelle
existe le phénomène de langue (figure 12).

Les phénomènes d'instabilité auront lieu pour M > 1 et pour Qo > Qc. Ces deux conditions
sont nécessaires pour la formation de la langue. Celle-ci va s'étirer en fonction du temps et va
donc provoquer une percée prématurée du fluide déplaçant, ce qui a un effet nuisible pour la
production.

FIG. 12 Formation de langue


Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

Digitations

Les digitations, qui se forment au départ à petite échelle, sont rendues possibles par
l'hétérogénéité de la roche (variations de la perméabilité) et se développent à l'échelle
métrique ou décamétrique dans le cas où le rapport de mobilité M > 1. Par contre, dans le cas
où M < 1, ces digitations naissantes se résorbent.

FIG. 13 Phénomène de digitation

Ces digitations sont d'autant plus développées que M est plus grand et que les
hétérogénéités du réservoir sont plus marquées. Elles vont se superposer au phénomène de
langue décrit précédemment.

Phénomène de cône (coning)

Un exemple important de déformation d'interface est constitué par le phénomène


représenté par une déformation locale de l'interface (G/H ou H/E) proche d'un puits en
production. Le soutirage est lié à une différence de pression entre le puits et l'interface, et ce
dernier a tendance à se déformer et à se rapprocher du puits.

Lorsque le puits est en production, il y a un écoulement possédant la symétrie de


révolution si le milieu est homogène et isotrope, mais cet écoulement n'est pas exactement
radial-circulaire si le puits n'est pas perforé sur toute la hauteur de la couche, car les lignes de
courant de la partie basse de la couche se redressent pour atteindre la base du puits. Ce
mouvement ascendant de l'huile et de l'eau déforme la surface de contact eau-huile qui reste
de révolution et prend une forme grossièrement conique.

La figure 14 montre un sondage qui pénètre d'une profondeur hp dans une couche
d'épaisseur H occupée par de l'huile sur la hauteur ho et par de l'eau sur une hauteur (H-ho).
Le rapport hp/ho est la pénétration du sondage. Le "cône" est d'autant plus haut que l'effet de
soutirage du puits se fait plus sentir, c'est-à-dire que la pénétration et le débit sont plus élevés,
alors qu'à l'inverse, les forces de gravité ont un effet stabilisateur.

Pour une valeur donnée de ces paramètres, et si en particulier le débit est suffisamment
petit compte tenu de la pénétration, le cône constitue une surface fixe dans l'espace : il est
stable et il n'atteint pas la base des perforations ; il n'y aura pas irruption d'eau dans le puits
(figure 14). C'est le débit infra-critique.
Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

Pour les débits plus élevés que le débit critique Qc caractéristique du puits, le cône atteint
les perforations et il y aura éruption d'eau dans le puits : c'est le régime supercritique. Bien
entendu, il peut s'agir aussi d'un cône de gaz avec de l'huile ou d'un cône d'eau avec du gaz
(figure 15).

FIG. 14 Cône stable FIG. 15 Irruption de gaz


dans le puits par coning

Libération du gaz dissous


Soit un gisement d'huile dont la pression initiale est supérieure au point de bulle (voir
annexe 2).

Tant que la pression en fond de puits restera supérieure à cette pression de bulle,
l'écoulement dans le réservoir restera monophasique huile.

Lorsque, suite à la déplétion liée à la production, la pression aux abords du puits et dans le
puits deviendra inférieure à la pression de bulle, du gaz initialement dissous dans l'huile
apparaîtra sous forme de gaz libre dans le gisement.

Dès que la saturation en gaz dans cette zone dépassera la saturation en gaz irréductible au-
dessous de laquelle le gaz n'est pas mobile, il y aura écoulement vers le puits d'huile et de gaz
(figure 16) et, du fait de la grande mobilité du gaz par rapport à l'huile (due à la très faible
viscosité du gaz par rapport à celle de l'huile), la proportion de gaz arrivant dans le puits
risque d'être très importante.

FIG. 16 Libération de gaz dissous aux abords du puits


Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

2.1.4.6 Composition des fluides produits

Outre l'importance de la composition des hydrocarbures présents dans le gisement en ce


qui concerne l'aspect gisement (comportement PVT du fluide, cf. annexe 2) et l'aspect process
en surface, la composition des fluides produits est un paramètre important quant à
l'exploitation du puits par exemple en ce qui concerne :
 les problèmes de dépôt aux abords du puits ou dans le tubing (liés à la présence de
paraffines, d'asphaltène, de carbonate, de sulfure, …) ;
 les problèmes d'érosion (liés aux solides qui peuvent être entraînés, grains de sable de la
formation par exemple, et à la vitesse des fluides) ;

 les problèmes de corrosion et de fragilisation (liés à la présence de CO2, H2S, …) ;

 les problèmes de toxicité (liés à la présence d'H2S, …) ;


 les problèmes de viscosité et/ou de tendance à former des émulsions plus ou moins stables
;
 …

2.1.5 Nature des roches réservoirs

L'écorce terrestre est constitué de différents éléments dont huit d'entre eux représentent à
eux seuls 99,9 % de son volume, à savoir :
 l'oxygène O et la silice Si qui sont les éléments principaux (respectivement environ 47 %
et 28 %) ;
 l'aluminium Al, le fer Fe, le calcium C (respectivement environ 8 %, 5 % et 4 %) ;
 le sodium Na, le potassium K, le magnésium Mg (respectivement environ 3 %, 2,5 % et 2
%).

Comme indiqué précédemment, de la nature des roches réservoirs va dépendre un bon


nombre des problèmes rencontrés au niveau de la liaison couche-trou (endommagement,
venue de sable) ainsi que les méthodes de prévention ou les remèdes qui pourront être mis en
œuvre.

Les principales roches réservoirs sont constituées de grès et/ou de carbonates (99 % au
total). Ce sont des roches sédimentaires, c'est-à-dire formées à partir de sédiments constitués
en surface par des débris (minéraux, animaux ou végétaux) ou des précipitations chimiques.
Elles sont stratifiées en lits successifs.
Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

2.1.5.1 Réservoirs gréseux

Ce sont de loin les plus répandus : ils représentent 80 % des réservoirs et 60 % des
réserves d'huile.

La roche est formée de grains de quartz (silice Si02). Si les grains sont libres, il s'agit de
sable. Si les grains sont cimentés entre eux, il s'agit de grès. Il existe aussi des grès argileux,
des grès carbonatés, etc. (figure 17).

FIG. 17 Grès à ciment argileux


Quartz et feldspaths avec un ciment argileux

Les grès sont très souvent stratifiés soit de façon simplement superposée, ou bien avec des
lits entrecroisés, ceci provenant de dépôts successifs soit en bordure de mer, soit sous forme
d'alluvions fluviatiles ou deltaïques.

Sur une coupe verticale, on obtient en général des alternances de dépôts de sables, sables
argileux, silts, argiles qui constituent un "ensemble argilo-gréseux".

La minéralogie des grès est souvent complexe (cf. tableau 1).

Les grès sont constitués essentiellement :


 de silice et en particulier de quartz (SiO2) pour 50 % (grès "sale") à 90 % (grès propre) ;

 de silicates et plus particulièrement de silicoaluminates tels que :


- des argiles et des micas, pour 5 à 30 %, qui se présentent généralement sous la forme
de feuillets qui peuvent avoir des tailles très variables (de quelques microns à
beaucoup plus),
- des feldspaths, pour 0 à 10 %, qui ont une forme tridimensionnelle (prisme, …) ;
 des carbonates tels que les calcaires (calcite) ou les dolomies pour 0 à 10 % voire plus ;
 de diverses impuretés telles que les sulfures ou sulfates pour  (traces) à 3 %.
Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

COMPOSITION SOLUBILITÉ dans


% MINÉRAUX
CHIMIQUE HCl 15 % RMA
50 à 1 - SILICE SiO2 0 4
90
 QUARTZ
2 - SILICATES
FELDSPATHS (tridimensionnel)
0 - ALCALIN (potassiques)
à  ORTHOSE 

 KAlSi3O8 1-2 50-60
 MICROCLINE 

10
- PLAGIOCLASES (calco-sodique)
 ALBITE NaAlSi3O8 1-2 50-60
 ANORTHITE CaAl2Si2O8

MICAS (en feuillet)


 MUSCOVITE (blanc) KAl2Si3AlO10(OH)2 4 30
 BIOTITE (noir) K(Mg,Fe)3AlSi3O10(OH)2 20-25 70
5 ARGILES (en feuillet)
† Al2Si2O5(OH)4 1 83
 KAOLINITE
à †
 ILLITE K1-1,5Al4(Si7-6,5Al1-1,5)O20(OH)4 5 85
30  CHLORITE (Mg,Al,Fe)6(Si,Al)4O10(OH)8 1-4 45
‡ 7-11 96
 MONTMORILLONITE 
 (Ca, Na) 0.7(Al, Mg, Fe)4(Si, Al)8
(dont : bentonite) 

 O20(OH) 4, n(H 2O)
3 - CARBONATES
0
 CALCITE (calcaire) CaCO3 90-100 90-100
à
 DOLOMIE CaMg(CO3)2 90-100 90-100
10
 SIDÉRITE FeCO3 90-100 90-100
et plus
 ANKÉRITE Ca(Fe,Mg,Mn)(CO3)2 90-100 90-100

4 - SULFURES
 PYRITE FeS2 5 4

 5 - SULFATES
 ANHYDRITE CaSO4
à  GYPSE CaSO4(H2O)2
 BARYTE BaSO4
3
6 - CHLORURES
 HALITE NaCl
7 - OXYDES
 HÉMATITE Fe2O3 17 9

TABLEAU 1 Minéraux des roches gréseuses et solubilité dans l'acide


minéral susceptible de bouger

minéral susceptible de gonfler
Nota : les ions Ca, Fe, K, Na présentent un danger potentiel lors de l'acidification d'un grès
Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

Les grès présentent des porosités et des perméabilités très variables, sont généralement peu
fissurés naturellement et posent le problème de leur compatibilité, en relation avec leur
minéralogie souvent complexe, avec les différents fluides avec lesquels ils peuvent être ou
rentrer en contact.

Les grès peuvent être roche mère, roche réservoir ou roche couverture.

2.1.5.2 Réservoirs carbonatés

Les roches carbonatées sont d'origine variée :


 détritiques : formées de débris (grains de calcaires, coquilles, etc.),
 construites : du type récif,
 chimiques : formées par précipitation de bicarbonate et ayant pour origine des boues
marines.

Elles sont constituées de calcaire (C03Ca) et/ou de dolomie (C03Ca, C03Mg) et présentent
souvent des qualités de réservoir. Il existe aussi des carbonates argileux. Mais les "marnes"
qui contiennent entre 35 % et 65 % d'argile ne sont plus des réservoirs ; en effet, une petite
proportion d'argile, liant les grains, diminue considérablement la perméabilité (figure 18).

FIG. 18 Calcaire à débris


Débris de nature variée (~ clasts)
noyés dans un ciment de calcite

La craie et le karst sont deux cas particuliers :


 La craie : a pour origine l'entassement de petites algues monocellulaires (coccolithes). La
porosité est forte, mais la perméabilité faible ou très faible (ordre du millidarcy), les pores
étant très petits (0,2 à 2 m).
 Le karst : a pour origine un massif calcaire émergé soumis à l'érosion. Les eaux de pluie
provoquent des dissolutions formant un réseau de "poches" très discontinu. Très poreux et
perméable, mais par zones très variables.

La diagénèse des calcaires a un rôle très important en ce qui concerne la porosité (porosité
utile, porosité résiduelle, vacuoles) et la perméabilité. De plus il est relativement fréquent que
ces roches soient naturellement fissurées.

Les calcaires peuvent être, eux aussi, roche mère, roche réservoir ou roche couverture
Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

2.1.6 Nombre de niveau réservoir

Lorsque un même puits traverse plusieurs niveaux réservoir, se pose alors le problème de
la manière de les produire.

Dans certains cas, on peut les produire ensemble par le même puits et en mélangeant les
différents productions mais cela est rarement possible :
 fluides contenus dans les différents niveaux de nature très différente (huile et gaz par
exemple) ;
 pressions initiales et/ou évolution de ces pressions dans le temps avec la production (en
fonction des mécanismes de drainage existant naturellement ou mis en place, cf. paragraphe
2.1.7), et ou perméabilités de ces différents niveaux très différentes, d'où difficulté pour être
maître du débit de chaque niveau, … ;
 réglementation ;
 …

Aussi le plus souvent, on sera obligé de les produire séparément :


 soit en ne produisant qu'un seul niveau par puits,
 soit en produisant plusieurs niveaux par puits mais par des conduits séparés.

Cela influence le choix de la configuration de la complétion retenue tant au niveau de


liaison couche-trou (cf chapitre 3) que de l'équipement retenu (cf. annexe 4).

2.1.7 Énergie du réservoir

Le réservoir peut être en communication avec la surface. Dans ce cas, la pression sera de
type hydrostatique. La pression initiale à la base du réservoir correspondra à la pression
hydrostatique due à une colonne d'eau (figure 19). En cours de production, la pression de
gisement dépendra entre autres de la "qualité" de cette communication avec la surface
(distance, perméabilité, ...) et des autres mécanismes de drainage éventuels (cf. annexe 3).

Inversement, le réservoir peut être totalement isolé, telle une lentille gréseuse au milieu
d'une formation argileuse et donc non perméable (figure 20). Dans ce cas, la pression sera très
variable et peut aller jusqu'à la pression géostatique c'est-à-dire la pression due au poids des
sédiments qui se trouvent au-dessus du réservoir.

L'évolution de la pression en cours de production dépendra des mécanismes de drainage


existants naturellement ou mis en œuvre (cf. annexe 3).
Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

FIG. 19 Réservoir "communicant" FIG. 20 Réservoir isolé


avec la surface

2.2 Écoulement d'un fluide en radial circulaire et régime


permanent
Sous réserve en particulier que la formation soit homogène et que la déviation du puits ne
soit pas trop importante (ce qui exclut en particulier le cas des puits horizontaux), on peut
souvent considérer que l'écoulement dans le gisement vers le puits est plus ou moins de type
radial circulaire.

Parmi les différentes loi d'écoulement utilisées pour caractériser l'écoulement et plus
particulièrement la relation entre le débit produit et l'énergie de pression consommée dans le
gisement, on se réfère souvent à la loi de Darcy.

2.2.1 Hypothèses de base pour la loi de Darcy

L'écriture de la loi de Darcy suppose en particulier les hypothèses suivantes :


 Paramètres stabilisés, c'est-à-dire en particulier que le débit et la pression sont
indépendants du temps
 Milieu de longueur finie, homogène et isotrope, et en particulier :
- porosité Ø constante 
 cela, avec l' hypothèse suivante, signifie que l' écoulement
- perméabili té k constante  peut effectivem ent être considéré comme radial circulaire
- hauteur h de la couche constante

 Puits foré perpendiculairement à la couche et ouvert sur toute la hauteur de la couche
 Fluide :
- 1 seul mobile 
 †
- viscosité  constante  En particulier par rapport à la pression
- compressibilité c faible et constante 

 Gradient de pression suffisamment faible pour que l'écoulement reste laminaire
Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

2.2.2 Loi de Darcy pour un liquide en écoulement permanent radial


circulaire dans un milieu homogène

2.2.2.1 Formule de base

La loi de Darcy, pour un écoulement radial circulaire entre les rayons r1 et r2 où règnent
les pressions P1 et P2 d'un fluide de viscosité  à un débit q à travers une couche de
perméabilité k et de hauteur h est la suivante :

2  h k P1 - P2
q 
 r
Ln 1
r2

En régime permanent, le débit est le même dans toute couronne axée sur le puits. La
vitesse du fluide décroît donc quand on s'éloigne de celui-ci et donc aussi le gradient de perte
de charge. A partir de la distance R, il n'y a pratiquement plus de perte de charge et l'on
retrouve la pression de gisement Pg. Tout se passe comme si le puits drainait une portion de
cylindre de hauteur h, limitée par les rayons rw (rayon du puits) et R.

Dans le cas d'un puits implanté loin des limites d'une couche, on aura donc, en particulier
(cf. figure 21) :

FIG. 21 Ecoulement radial circulaire dans le gisement


2  h k Pg - Pf
Q  IP . P
B R
Ln
rw
ou
Q 2hk 1
P  avec IP 
IP B R
Ln
rw
Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

avec Q = débit d'huile (conditions de stockage)


B (oil bulk volume) = FVF (formation volume factor)
volume de l' huile aux conditions de gisement
=
volume de l' huile aux conditions de stockage
q = Q B = débit d'huile dans les conditons de gisement
h = hauteur de la couche
k = perméabilité du réservoir
 = viscosité du fluide (aux conditions de gisement)
Pg = pression pour r = R
Pf = pression en fond de puits et en débit au débit de fond q, c'est-à-dire
pour r = rw
Pg - Pf = P = perte de charge dans le réservoir
Ln = logarithme népérien
R = rayon de drainage du puits
rw = rayon du puits (well)
IP = indice ou index de productivité

Attention, la loi de Darcy n'est pas applicable aux essais de puits de courte durée. En effet,
dans ce cas, l'hypothèse "écoulement permanent" ne peut être considérée comme respectée.

2.2.2.2 Formules en unités pratiques

En unités pratiques, la loi de Darcy pour un liquide devient :


h (m) k (mD) Pg (bar) - Pf (bar)
Q sto (sto m 3 /d) 
18,7 B o  (cPo) R (m)
Ln
rw (m)
ou
h (ft) k (mD) Pg (psi) - Pf (psi)
Q sto (sto bbl/d) 
141 B o  (cPo) R (ft)
Ln
rw (ft)

Très souvent, à défaut d'autres éléments, on prend pour Ln(R/r w) une valeur forfaitaire
comprise entre 7, 4 et 7,8 soit par exemple 7,6 ce qui correspond, pour un puits de rayon
rw = 0,1 m (forage en 8"1/2), à un rayon de drainage de 200 m. On peut alors dans les
formules précédentes remplacer 18,7 Ln(R/rw) par 142 et 141 Ln(R/rw) par 1 075.
Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

2.2.3 Cas d'un gaz en écoulement permanent radial circulaire dans un


milieu homogène

En fait, la loi élémentaire de perte de charge en milieu poreux n'est pas la loi de Darcy
élémentaire (cf. paragraphe 2.1.3.1), mais une loi plus générale de la forme :
 Qm  u Qm 
dp  1   dx
Ak  A 
où: Qm débit massique
 masse volumique du fluide dans les conditions de pression et
température de la tranche dx considérée

-5
u paramètre de forme caractérisant la forme des pores (de l'ordre de 10 à
-4
10 m).

u Qm
Pour les liquides, le terme est généralement négligeable devant 1 (sauf pour les
A
écoulements à vitesse élevée).

En outre, les liquides étant peu compressibles et les variations de pression usuelles étant
limitées, on retrouve bien la loi de Darcy élémentaire :

te Qm Q
#C et  Q # C te soit dp  . dx
 Ak

u Qm
Pour les gaz, on ne peut négliger le terme , la viscosité des gaz étant faible et les
A
débits massiques généralement élevés.
 D'une manière générale, la relation est du type :
Pg2 - Pf2  A' Q m  B' Q 2m
ou
Pg2 - Pf2  A Qstd  B Qstd
2

avec : Qm = débit massique de gaz = Qstd x std


Qstd = débit volumétrique de gaz ramené aux conditions standard
Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

 Dans le cas particulier où la loi de Darcy s'appliquerait :


2 2
2  h k Pg - Pf
Q fond 
 R
2 P Ln
rw
avec : Qfond = débit volumétrique mesuré à la pression P et à la température de
l'écoulement dans le gisement

2.2.4 Skin

2.2.4.1 Notion de skin

Par rapport aux hypothèses, les abords du puits sont perturbés par différents phénomènes
tels que :
 du "colmatage" :
La perméabilité aux abords du trou peut être différente de la perméabilité naturelle du
réservoir. En particulier, elle peut être :
- inférieure suite à un colmatage initié par exemple par la filtration du fluide de forage,
de complétion ou de workover sous l'action de la surpression (qui existe durant ces
phases-là) entre la pression en fond de puits et la pression de gisement ; cela générera
des pertes de charge supérieures à celles où la perméabilité aux abords du trou
resterait inchangée par rapport à la perméabilité initiale du réservoir ;
- supérieure suite par exemple à une acidification des abords du trou (sous réserve la
formation ait réagit positivement à ce traitement) ; dans ce cas là les pertes de charge
seront alors inférieures.
 des perforations :
En considérant que l'on a perforé la couche à produire sur toute sa hauteur, et que les
perforations sont idéales (pas de restriction de perméabilité suite à un colmatage, une
zone broyée [crushed zone], …), les pertes de charge lorsque l'on produit une couche à
travers des perforations seront, par rapport à celles que l'on aurait si l'on produisait
directement à travers le trou foré (complétion de type "trou ouvert") supérieures, égales
ou inférieures selon :
- la "géométrie" de perforation (pénétration des perforations dans la formation, nombre
de perforations par pied, nombre de direction de tir, diamètre des perforations, …) ;
- l'anisotropie du réservoir (rapport de la perméabilité verticale sur la perméabilité
horizontale, la perméabilité verticale étant en pratique souvent bien plus faible que la
perméabilité horizontale).
Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

 une pénétration partielle :


En réalité si l'on choisit une liaison couche-trou de type "trou cuvelé, cimenté, perforé"
c'est pour des raisons de sélectivité, ce qui conduit à ne perforer la couche que sur une
partie de la hauteur. La hauteur d'écoulement aux abords du puits sera donc plus faible
que dans le gisement proprement dit, ce qui implique qu'il y aura un resserrement des
veines fluides dans le plan vertical et donc des pertes de charge supplémentaires. Elles
seront d'autant plus importante que :
- le rapport entre la hauteur perforé et la hauteur de la couche est faible ;
- le rapport entre la perméabilité verticale et la perméabilité horizontale est faible.
 une inclinaison du puits :
En pratique, très souvent le puits pénètre la couche à produire non pas
perpendiculairement mais selon une déviation qui peut être importante. La surface de
contact entre le puits et la formation est donc plus importante et, en conséquence les
pertes de charge s'en trouveront diminuées. Toutefois cet effet est généralement assez
faible et sera d'autant plus faible que le rapport entre la perméabilité verticale et la
perméabilité horizontale est faible.
 un écoulement turbulent :
La formule de Darcy suppose que l'écoulement est laminaire. C'est généralement le cas
pour les puits à huile, y compris aux abords immédiat du puits. Dans le cas où
l'écoulement serait turbulent les pertes de charge seraient plus élevées.

Ces effets sont regroupés dans le "skin" (effet de peau, ces perturbations étant concentrées
aux abords immédiats du puits).

Le skin traduit la qualité de la liaison entre le réservoir et le puits, c'est-à-dire l'écart aux
abords du puits entre :
 la situation réelle,
 les hypothèses de départ (en particulier perméabilité aux abords du puits égale à celle du
gisement, puits en communication avec le réservoir sur toute la hauteur de celui-ci, ...).

2.2.4.2 Définition du skin (skin global)

Par définition, le Pskin est le P supplémentaire dû à l'ensemble des perturbations aux


abords du puits.

Q B R
Par analogie à la loi de Darcy en écoulement radial circulaire P  Ln , on
2hk rw
caractérise l'effet de l'ensemble de ces perturbations par le skin global :

Q B
S tel que : Pskin  S
2hk
Si S > 0 : restriction (par rapport aux hypothèses de base, cf. § 2.2.1)
Si S < 0 : amélioration (par rapport aux hypothèses de base, cf. § 2.2.1)
Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

2.2.4.3 Moyens d'évaluation des différents skins

Le skin global "S" est obtenu directement à partir d'essais de puits.

Les skins partiels tels que les skins de perforation "Sp", de pénétration partielle "Spp" (dit
aussi d'étranglement "Se"), d'inclinaison "Si" (dit aussi de déviation "Sd" ou "S") sont
obtenus à partir d'abaques ou de formules en fonction de la géométrie du système et du
rapport de la perméabilité verticale sur la perméabilité horizontale.

Le skin de colmatage "Sc" est déduit du skin global en tenant compte de l'effet des autres
skins partiels.

Il ne faut donc surtout pas confondre le skin global avec le skin de colmatage.

2.2.5 Loi de Darcy généralisée (pour S  0) et rendement d'écoulement "R"

2.2.5.1 Loi de Darcy généralisée (pour S  0)

La loi de Darcy généralisée (pour S  0) est obtenu en appliquant la loi de Darcy en milieu
homogène et la définition du skin :
Q B R Q B
P  Ln  S
2hk rw 2  h k
Q B  R 
P   Ln  S
2hk  rw 
2hk P 2hk 1
soit Q  et IP 
B R B R
Ln S Ln S
rw rw

2.2.5.2 Rendement d'écoulement

Le rendement d'écoulement "R" est le rapport entre le débit réel Q pour S  0 et le débit
théorique Qth pour S = 0, le tout pour un même P sur la couche.
Notions essentielles de réservoir relatives à la couche productrice

Dans la mesure où la loi de Darcy est applicable :

2hk P
B R R
Ln S Ln
Q rw rw
R  
Q th 2hk P R
Ln S
B R rw
Ln
rw

R
En écoulement permanent et pour une valeur forfaitaire de 7,6 pour Ln correspond à
rw
un puits de rayon 0,1 m (Ø = 8 1/2") et à un rayon de drainage de 200 m, la courbe donnant la
correspondance entre "S" et "R" est la suivante (figure 22).

FIG. 22 Relation entre le skin S et le rendement d'écoulement R

Attention, avant d'utiliser la loi de Darcy ou les formules d'IP et de rendement


d'écoulement tirés de la loi de Darcy, il faut être bien sûr que les conditions effectives
d'écoulement permettent de considérer que les hypothèses qui ont permis d'établir la loi de
Darcy généralisée sont respectées.
Problèmes potentiels au niveau de la liaison couche-trou et remèdes correspondants

CHAPITRE 3
PROBLÈMES POTENTIELS AU NIVEAU
DE LA LIAISON COUCHE-TROU
ET REMÈDES CORRESPONDANTS
Les problèmes sont dus à une interaction entre :
 la roche elle-même et ses composants,
 les fluides initialement en place dans le réservoir,
 les fluides et les solides qui pénétreront dans le réservoir,
 les paramètres d'exploitation.

3.1 Sources potentielles de problème


Les problèmes peuvent trouver leur source dans des conditions initiales du gisement ou
dans les opérations qui seront réalisées (forage, complétion, exploitation).

a) Sources potentielles de problème existant initialement


 perméabilité absolue faible,
 consolidation insuffisante (grès) ou particules libres,
 minéralogie : présence d'argiles, d'impuretés, …
 comportement du fluide : viscosité, composants lourds ayant tendance à se déposer
(asphaltène, paraffines, …),
 présence d'interférence(s),
 …

b) Sources potentielles de problème induites par les opérations de forage


 filtrat de la boue ou du laitier de ciment,
 solides de base de la boue ou du laitier de ciment,
 fines particules provenant du broyage de la roche (lors du forage, du carottage, …),
Problèmes potentiels au niveau de la liaison couche-trou et remèdes correspondants

 surpression sur la couche, de type hydrostatique ou hydrodynamique (circulation,


manœuvre, contrôle des venues, …),
 pertes,
 produits colmatants
 qualité de la cimentation,
 …

c) Sources potentielles de problème induites lors des opérations de complétion ou de


reconditionnement du puits (workover)
 restauration de la cimentation,
 squeeze de ciment,
 fluide de complétion ou de workover,
 agents colmatants temporaires, agents de diversion,
 perforation,
 acidification,
 fracturation,
 contrôle des sables,
 état du matériel : graisse, rouille, …
 …

d) Sources potentielles de problème induites lors de l'exploitation

Puits producteur
 migration de fines,
 débit,
 augmentation du pourcentage d'eau,
 production en dessous du point de bulle,
 chute de la pression de gisement,
 dépôts organiques, minéraux,
 évolution des interfaces,
 tenue du trou dans le temps (écaillage, …)
 détérioration des équipements,
 …
Problèmes potentiels au niveau de la liaison couche-trou et remèdes correspondants

Puits injecteur
 teneur en solide de l'eau injecté,
 incompatibilité des eaux,
 bactéries,
 produits de corrosion,
 lubrifiant des pompes ou des compresseurs,
 …

3.2 Conséquences principales


En général on se retrouve confronté à l'un ou plusieurs des problèmes suivants :
 Diminution du rendement d'écoulement (et donc pour un puits à huile de l'indice de
productivité) du fait principalement :
- d'une diminution de la perméabilité absolue,
- et/ou d'une diminution de la perméabilité relative au fluide que l'on désire produire (et
augmentation à celui ou ceux que l'on ne souhaite pas produire),
- et/ou d'une augmentation de la viscosité du fluide,
- et/ou d'une hauteur de communication partielle entre le puits et la zone à produire
(effet d'étranglement).
 Augmentation de la contre pression en fond de puits du fait :
- d'une augmentation de la pression hydrostatique dans le tubing (suite à une
augmentation du pourcentage d'eau produit par exemple),
- et/ou d'une augmentation des pertes de charge dans le tubing (suite à un bouchage
partiel du tubing par des dépôts par exemple).
 Venue de fluides indésirables.

Dans ce qui suit on s'intéressera plus particulièrement à ce qui influe sur le rendement
d'écoulement.
Problèmes potentiels au niveau de la liaison couche-trou et remèdes correspondants


3.2.1 Conséquences liées à la pénétration de solides dans la formation

L'origine de ces "solides" peut être très diverse (cf. paragraphe 4.1 : solides du fluide de
forage, broyage de la roche forée, fluide de complétion ou de workover non filtré, eau
d'injection, laitier de ciment, agents colmatants temporaires, rouille, bactérie, …).

Du fait des passages tortueux, des parois de pores accidentées, la roche réservoir est un
milieu très propice aux piégeages de ces particules solides, ce qui conduira à une chute de la
perméabilité absolue qui peut être très importante compte tenue des tailles respectives.

A titre de comparaison, rappelons les tailles de divers éléments. Celles-ci sont, en


moyenne, les suivantes : pores de 10 à 20, voire 100 microns (sauf exception), particules
d'argiles de quelques microns seulement, fleur de silice de 25 à 70 microns, particules du
ciment utilisé dans le puits de 20 à 100 microns.


3.2.2 Conséquences liées à la pénétration d'eau dans la roche réservoir

Cette eau peut être le filtrat des fluides utilisés dans le puits (fluide de forage, de
complétion ou de workover ; laitier de ciment) ou l'eau d'injection (dans le cas d'un puits
injecteur ; voir alors aussi le paragraphe 4.2.8).

Les fluides qui pénètrent dans la roche réservoir rencontrent des conditions très critiques
telles que : passages tortueux, parois de pores accidentées, minéraux divers susceptibles de
réagir, surface de contact importante. Ce milieu est très propice aux réactions chimiques entre
les minéraux en place et les fluides qui envahissent le réservoir ainsi, comme nous l'avons vu
précédemment, qu'au piégeage des particules solides, qui se trouveraient libérées suite à ces
réactions chimiques.

Les principales réactions auxquelles on peut être confronté sont les suivantes :
 gonflement et dispersion de certaines argiles, et ce d'autant plus que l'eau injectée est
douce ;
 dissolution du ciment intergranulaires, et ce aussi d'autant plus que si l'eau injectée est au
départ peu chargée en sel en solution, ce qui peut libérer des particules ;
 des changements de salinité peuvent amorcer la libération d'éléments faiblement attachés
aux parois, comme des argiles, micas, feldspaths, voire d'autres minéraux ;
 dépôts de précipités si les sels en solution dans le filtrat sont incompatibles avec les sels
en solution dans l'eau de gisement.
Problèmes potentiels au niveau de la liaison couche-trou et remèdes correspondants

Tout cela conduit à une diminution de la perméabilité absolue du fait du bouchage plus ou
moins important des pores ou des communications entre les pores par les argiles qui ont
gonflé, les précipités qui se sont formés ou par les particules (argileuses ou autres) qui ont été
libérées.

Par ailleurs :
 l'eau qui pénètre aux abords du puits va augmenter la saturation en eau dans cette zone ce
qui va conduire à une augmentation de la perméabilité relative à l'eau et à une diminution de
la perméabilité relative à l'hydrocarbure présent.
 Cette eau peut aussi former une émulsion avec l'huile en place ou une mousse avec le gaz
en place, d'où une augmentation de la viscosité.

3.2.3 Conséquences liées à la perforation



Les conditions dans lesquelles les perforations seront réalisées (tir en surpression avant
équipement, tir en dépression après équipement, nature du fluide dans le puits au moment du
tir) et la méthode de nettoyage éventuellement mis en œuvre auront une grande influence sur
le degré de colmatage des perforations proprement dites. En particulier l'endommagement
sera d'autant plus grave si l'on perfore en présence d'un fluide contenant des solides et en
surpression du fait de l'invasion des solides et/ou de fluides avec tous les problèmes associés
qui ont été vus précédemment.

Rappelons aussi les perturbations entraînées par la géométrie des perforations et par le
rapport entre la hauteur perforée et la hauteur effective de la zone à produire, respectivement
pris en compte à travers le skin de perforation et le skin de pénétration partielle (cf.
paragraphe 2.2.3.1).

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que si le trou a été tubé, cimenté et perforé, c'est dans le
but d'assurer une certaine sélectivité et que cela nécessite, entre autres, que la cimentation soit
étanche.
Problèmes potentiels au niveau de la liaison couche-trou et remèdes correspondants

3.2.4 Conséquences liées à l'acidification des abords du puits

L'acidification dont le rôle premier est d'éliminer les conséquences d'un colmatage aux
abords du puits (soit en attaquant la matrice proprement dite pour contourner le colmatage,
soit en détruisant les agents générant le colmatage) peut générer de nombreux problèmes† tels
que :
 une attaque du ciment intergranulaire libérant des particules fines ou des grains de sable
(cf. les problèmes déjà vu avec les solides) ;
 des réactions secondaires pouvant conduire à la formation de précipités ou de produits
visqueux (en fonction de la composition des minéraux, de l'acide, des hydrocarbures, …) d'où
bouchage des pores et augmentation de la viscosité ; ces réactions secondaires apparaissent
souvent d'autant plus que temps de contact augmente, que l'acide est usé et qu'il est immobile
;
 tous les problèmes déjà vus précédemment liés la présence d'eau ou à l'augmentation de la
teneur en eau, la réaction d'attaque de l'acide sur les minéraux donnant entre autres de l'eau ;
 tous les problèmes qui peuvent être générés par les surfactants (dispersion des argiles,
inversion de mouillabilité, formation d'émulsion, … [se reporter à l'annexe 1]) ;
 établissement d'une communication préférentielle avec une zone contenant un fluide
indésiré soit à travers le réservoir lui-même (décolmatage de fissures naturelles, réaction
préférentielle dans une direction, …) soit à travers la gaine de ciment du trou cuvelé
(mauvaise étanchéité de celle-ci soit initialement, soit suite une attaque du cake résiduel qui
aurait mal été déplacé par le laitier lors de la cimentation, d'où l'importance là aussi d'avoir
une bonne cimentation initiale).

De plus on a constaté que des inversions de sens d'écoulement (ce qui est le cas lorsqu'il y
a alternance entre production et injection, injection d'acide par exemple) peut conduire à une
chute importante de perméabilité par un effet de type clapet anti-retour généré par les solides
mis en mouvement.

3.2.5 Conséquences liées à la fracturation‡

Outre les problèmes liés à la filtration à travers les faces de la fracture (cf. paragraphe
4.2.2 en particulier), le risque majeur est un développement vertical de la fracture qui mettrait
le puits en communication avec une zone contenant un fluide que l'on ne souhaite pas
produire (à noter ici encore l'importance d'avoir une cimentation étanche pour ne pas initier
une fracture dans une zone indésirée).
Problèmes potentiels au niveau de la liaison couche-trou et remèdes correspondants

3.2.6 Conséquences liées à la mise en place d'un contrôle des solides

Le problème majeur sera de préserver la perméabilité du filtre (crépine seule,


gravillonage, …) mis en place en fond de puits :
 lors de la mise en place de ce filtre,
 lors de la phase de production.

Les facteurs essentiels† seront :


 le choix de la méthode de contrôle,
 le dimensionnement du filtre,
 la procédure de mise en place de ce filtre,
 la propreté de tout ce qui servira à la mise en place de ce filtre (bac, tubulaire, fluide
porteur, …),
 le rythme de mise en production du filtre,
 certaines conséquences de la mise en production (cf. paragraphe suivant).

3.2.7Conséquences liées à la mise en production du puits

Plus le débit sera important et plus les changements de débit seront brutaux, plus les effets
d'arrachement de solide (avec ces conséquences) seront importants.

Le passage sous le point de bulle, et donc le fait que des constituants légers (qui se
trouvaient jusqu'alors en solution d'huile) vont sortir de l'huile pour se retrouver sous la forme
de gaz libre, peut générer ou amplifier un certain nombre de problèmes :
 apparition d'une saturation en gaz avec en corollaire, si cela se passe dans le gisement,
apparition d'une perméabilité au gaz et une diminution de la perméabilité à l'huile ;
 concentration des éléments lourds dans l'huile d'où possibilité accrue de dépôts (paraffine,
asphaltène) dans le gisement et/ou le tubing ; ce phénomène de dépôt est amplifié par la chute
de température lors de la remontée du fluide dans le tubing, chute de température qui diminue
le seuil de solubilité des produits lourds ;
 vaporisation d'une partie de l'eau produite pour saturer en vapeur d'eau ce gaz qui se
forme, d'où augmentation de la concentration en sel dissous dans l'eau restante et risque accru
de dépôt dans le gisement et/ou le tubing ; là encore le problème de dépôt est amplifié par la
chute de température lors de la remontée du fluide dans le tubing, chute de température qui
diminue le seuil de solubilité des sels dans l'eau.
Problèmes potentiels au niveau de la liaison couche-trou et remèdes correspondants

Le déclin de la pression de gisement, lié au volume de fluide qui aura été soutiré du
gisement va induire un certain nombre de problèmes :
 passage du point de bulle plus en amont (par exemple non plus dans le tubing mais dans
le réservoir) avec les problèmes vus précédemment ;
 transfert d'une partie du poids des sédiments au dessus du réservoir (partie du poids qui
était supporté par la pression dans les pores du réservoir) à la matrice, d'où risque de casser
les liaisons intergranulaires et de libérer des fines.

Pour un réservoir gréseux, s'il y a entraînement de grain de sable, le problème majeur en


fond de puits est :
 dans le cas où il n'y a pas de dispositif de contrôle des sables, l'accumulation de sable en
fond de puits, réduisant la hauteur de communication entre le puits et la zone à produire d'où
un effet de pénétration partielle (à cela se rajoute tous les problèmes d'érosion et de dépôts
dans le circuit de production : tubing, tête de puits, collecte, séparateurs, …) ;
 ou dans le cas où il y a un contrôle des sables, l'encrassement du filtre par les fines
entraînées.

Toute venue d'eau (eau de gisement, mais surtout eau qui aurait été injectée dans le
gisement pour balayer le gisement et/ou maintenir la pression du gisement) risque de
déstabiliser ou de dissoudre le ciment intergranulaire et donc favorise la migration de
particules avec les inconvénients déjà vus.

3.2.8 Conséquences liées à l'injection d'eau (puits injecteur)

On retrouve tous les problèmes liés à la pénétration d'eau ou de solides dans la formation,
éventuellement amplifiés par une inversion du sens d'écoulement si le puits était
précédemment utilisé comme puits producteur. En particulier la propreté du fluide injecté
(solide contenu initialement dans l'eau d'injection, bactéries, résidus de corrosion, …) et la
nature des sels en solution dans l'eau d'injection (incompatibilité avec ceux contenus dans
l'eau d'injection et/ou avec les minéraux en place) seront des paramètres très importants.

L'injection d'eau va aussi abaisser la température, ce qui peut favoriser la formation :


 de précipité ou de dépôts (paraffine, asphaltène, …) suite à la baisse des seuils de
solubilité,
 d'émulsion.

Les lubrifiants des pompes et des compresseurs d'injection, s'ils ne sont pas interceptés
avant de pénétrer dans le puits, peuvent favoriser la formation d'émulsion ou de mousse (et
rendre les abords du puits mouillable à l'eau).
Problèmes potentiels au niveau de la liaison couche-trou et remèdes correspondants

3.3 En conclusion

Une liste exhaustive de toutes les possibilités de problème au niveau de la liaison couche-
trou serait très longue. Ceux qui ont été explicités rapidement ci-dessus sont parmi les plus
significatifs.

Les tableaux 2a à 2d présentent une synthèse des principales conséquences en fonction des
différentes sources de problèmes.

En tout état de cause il existe bien une double origine possible pour ces problèmes, à
savoir :
 ceux en provenance du gisement lui-même,
 ceux qui sont générés par les diverses opérations réalisées sur les puits.

En conséquence, pour éviter ou réduire au maximum les effets néfastes il est nécessaire :
 de bien connaître les caractéristiques initiales,
 d'apporter un soin extrême pour toutes les opérations qui seront réalisées sur le puits et ce
dès le départ c'est–à-dire dès le forage de la couche productrice,
 et en particulier d'être très attentif à la propreté et à la qualité des fluides, additifs et
équipements utilisés.
Problèmes potentiels au niveau de la liaison couche-trou et remèdes correspondants

CONSÉQUENCES PRINCIPALES CODE

- DIMINUTION DU RENDEMENT D'ÉCOULEMENT du fait d'une :

 diminution de la perméabilité absolue.................................................. A

 diminution de la perméabilité relative au fluide désiré ........................ B

 augmentation de la viscosité du fluide ................................................. C

 effet d'étranglement et/ou pertes de charges dues aux perforations


elles-même ............................................................................................ D

- AUGMENTATION DE Pf du fait d'une :

 augmentation Ph tbg.............................................................................................. E

 augmentation Ptbg.............................................................................................. F

- VENUE DE FLUIDES INDÉSIRÉES...................................................... G

- DIVERS .................................................................................................... H

TABLEAU 2a Signification des codes A à G utilisés dans les tableaux suivants (2b à 2d)
Problèmes potentiels au niveau de la liaison couche-trou et remèdes correspondants

CODES
CONSÉQUENCES LIÉES À (1/3) : †
CONSÉQUENCES

 pénétration de "solides" dans la formation1 (solides du fluide de forage, broyage de la roche forée, fluide de complétion ou de workover non
filtré, eau d'injection, laitier de ciment, agents colmatants temporaires, rouille, bactérie, …)

 bouchage des pores (taille des pores : 10 à 20 microns, voire 100 ; particules d'argile : quelques microns ; particules ciment : 20 à 100 microns) ...  A
 pénétration d'eau dans la formation1 (filtrat, … ; voir aussi en fin des tableaux le cas "puits injecteur")
si eau " fraîche" :  gonflement et dispersion des argiles 
 dissolution du ciment intergranu laires  libération de particules 
 ................................................................  A
 choc de salinité  libération s de particules (argiles, micas, feldspaths , ...) 
 dépôts de précipités (si sels en solution incompatibles) 

 augmentation de la saturation en eau ...........................................................................................................................................  B


 émulsion, mousse .........................................................................................................................................................................  C
 perforation2
- perforation sous fluide contenant des solides 
  invasion par des solides et/ou des fluides .......................................................... A+B+C
- surpression 
 Sp (skin de perforation) .....................................................................................................................................................................  D
 Spp (skin de pénétration partielle) .......................................................................................................................................................  D
1 Les conditions de réalisation du forage ont une influence sur la quantité de solide ou de filtrat susceptible de pénétrer dans la formation (qualité du cake ; si gros débit de
circulation  érosion du cake ; surpression statique ou dynamique ; temps de contact ; …).
2 Par rapport au risque d'avoir une communication avec une zone indésirée (manque de sélectivité), importance d'avoir une cimentation étanche.

TABLEAU 2b Principales conséquences en fonction des différentes sources de problèmes (1/3)


voir tableau 2a pour la signification des codes
Problèmes potentiels au niveau de la liaison couche-trou et remèdes correspondants

CODES
CONSÉQUENCES LIÉES À (2/3) : †
CONSÉQUENCES

 acidification3
- acide : . attaque du ciment intergranulaire  libération de particules .......................................................................................  A
. si création d'une communication avec une zone indésirée ............................................................................................  G
- acide usé :  réactions secondaires (précipités, sludge, …) ..........................................................................................................  A+C
 eau (voir précédemment) ......................................................................................................................................... A+B+C
- surfactants :  dispersion des argiles .........................................................................................................................................  A
 inversion de mouillabilité, augmentation des tensions superficielles ................................................................  B
 formation d'émulsion .........................................................................................................................................  C
- inversion du sens d'écoulement  libération de particules ..........................................................................................................  A
 fracturation4
- filtration à travers les faces de la fracture  eau (voir précédemment) ............................................................................................ A+B+C
- si création d'une communication avec une zone indésirée .............................................................................................................  G
 contrôle des sables (mise en place)
- méthode de contrôle, dimensionn ement 
- procédure mise en place, propreté(fluide porteur, équipement , ...)  invasion du filtre par des solides ............................................

- rythmede mise en production   A
3 Par rapport au risque d'ouverture d'une communication avec une zone indésirée, importance d'avoir une cimentation étanche.
4 Par rapport au risque d'ouverture d'une communication avec une zone indésirée, importance d'avoir une cimentation étanche.
TABLEAU 2c Principales conséquences en fonction des différentes sources de problèmes (2/3)


voir tableau 2a pour la signification des codes
Problèmes potentiels au niveau de la liaison couche-trou et remèdes correspondants

CODES
CONSÉQUENCES LIÉES À (3/3) : †
CONSÉQUENCES

 production5
- débit & changement de débit  force d'arrachement  libération de particules ....................................................................... A
- passage sous le point de bulle :  Sg  et Sh  ...................................................................................................................... B
 dépôts (paraffines, asphaltènes, …) ......................................................................................... A + C + F
 vaporisation d'eau  dépôts ............................................................................................ A + F
- déclin de la pression de gisement :  passage du point de bulle plus en amont (cf. ci-dessus) ................................................. A+ B + C + F
 augmentation des efforts sur les liaisons intergranulaires  libération de  A
particules
- production de sable :
a) si pas de filtre  bouchage du fond de puits ..................................................................................................................... D
 érosion, dépôt en surface ........................................................................................................................ H
b) si présence d'un filtre  encrassage du filtre .......................................................................................................................... A + D
- venue d'eau  dissolution du ciment intergranulaire  libération de particules ....................................................................... A
 encrassage du filtre............................................................................. A + D
 injection (d'eau)
 pénétration d' eau et de " solides" 
(voir précédemment) ................................................................................................................. A + B + C
 inversion du sens d' écoulement 
 chute de température  précipité, émulsion ou mousse............................................................................................................. A + C
 lubrifiants  émulsion ou mousse.............................................................................................................................................. C
5 Lors de la remontée de l'effluent dans le tubing, accroissement du risque de dépôt dans le tubing suite à la chute de température.
TABLEAU 2d Principales conséquences en fonction des différentes sources de problèmes (3/3)


voir tableau 2a pour la signification des codes
Problèmes potentiels au niveau de la liaison couche-trou et remèdes correspondants

4.2 "Outils" de diagnostique


Avant de chercher à résoudre un problème, il est fondamental de connaître sa
cause. Pour cela on dispose d'un certain nombre "d'outils" dont il ne faut surtout pas
faire l'économie.

En fait ces outils doivent être utilisés, quand cela est possible, avant même que l'on
soit confronté au problème. En effet, il faut être conscient des problèmes qui
pourraient apparaître au cours des opérations que l'on a à réaliser sur le puits afin de
prendre préventivement toutes les mesures nécessaires pour :
 soit éviter ces problèmes,
 soit en limiter leurs conséquences.

a) Étude des carottes

L'échantillonnage de la roche (carotte) et les analyses de laboratoire de ces carottes


sont de précieux auxiliaires auxquels il faut se référer :
 caractéristiques pétrophysiques,
 minéralogie,
 sensibilité à différents fluides (hydrocarbures, filtrat des fluides utilisés dans le
puits, fluides de traitement et leurs additifs).

b) Étude des fluides de gisement

Il en est de même pour les fluides de gisement :


 étude PVT : pression de bulle, … (cf. annexe 2),
 autres études de laboratoire : formation d'émulsion, de dépôts de paraffines ou
d'asphaltène, …

c) Essais des puits

Ils permettent en particulier :


 de se procurer des échantillons "représentatifs" des fluides présents dans le
gisement,
 de connaître la perméabilité naturelle du réservoir et l'effet partiel (skin factor) et
de ce fait de connaître, en cas d'une productivité insuffisante, la part relative de ces
deux éléments,
 de connaître la pression actuelle du gisement (et donc de suivre son évolution avec
la production cumulée).
Problèmes potentiels au niveau de la liaison couche-trou et remèdes correspondants

d) Historique du puits

Il doit constituer l'une des sources privilégiées de recherche et donne souvent des
informations décisives.

Cela concerne :
 la phase de forage du réservoir bien entendu ;
et aussi le cas échéant,
 les opérations de complétion,
 les traitements déjà effectués,
 les conditions de production : débit, variation de débit, …
 les opérations éventuelles de reconditionnement ou de reprise.

e) Autres outils

En fonction du problème auquel on se trouve confronté, il peut être nécessaire de


faire appel à d'autres outils avant d'arrêter sa décision quand au remède à apporter.

Diagraphies de production
Il peut s'agir en particulier de débitmètrie, gradiomanométrie, thermométrie, …
pour bien connaître les conditions actuelles de production ou d'injection en fond de
puits.

Essais en laboratoire avec les fluides de traitement envisagés


Par exemple ces essais doivent systématiquement être réalisés avant de finaliser un

traitement d'acidification d'un grès .

4.3 Influence des variations de perméabilité aux abords du


puits sur l'indice de productivité
Cet effet est illustré figure 25.

On y constate que :
 Un colmatage, même peu profond, peut conduire à une réduction de productivité
considérable ; par exemple une perméabilité résiduelle aux abords du puits qui ne
serait que de 10 % de la perméabilité naturelle de la formation et ce sur une
profondeur de 10 cm conduit à une productivité divisée par deux (par référence à la
productivité sans aucun colmatage).
Problèmes potentiels au niveau de la liaison couche-trou et remèdes correspondants

 Par conséquence, rétablir la perméabilité de cette zone colmatée proche du trou à


la valeur de la perméabilité naturelle du réservoir permet, par rapport à la productivité
avant traitement, d'augmenter considérablement la productivité ; dans le cas pris en
exemple ci-dessus la productivité serait multipliée par deux.
 Par contre, continuer à accroître la perméabilité aux abords du puits au delà de la
perméabilité naturelle n'apporte qu'un très faible supplément de productivité (sauf si
l'on était capable de le faire sur une profondeur suffisamment grande).

Légende : km/ko = rapport de la perméabilité de la zone modifiée sur la perméabilité originelle


Em = épaisseur de la zone modifiée à partir de la paroi du trou (forage en 8"1/2)

FIG. 25 Influence des variations de perméabilité aux abords du puits


sur l'indice de productivité (en écoulement radial circulaire)

Il ne faut pas oublier qu'en pratique :


 compte tenu de la taille initiale des pores, des différents solides qui peuvent venir
s'y coincer et de tous les autres problèmes auxquels on peut se retrouver confronté ;
 il est malheureusement facile de réduire considérablement la perméabilité aux
abords du puits ;
Problèmes potentiels au niveau de la liaison couche-trou et remèdes correspondants

 il est souvent difficile d'accroître notablement la perméabilité d'une roche au-delà


de sa perméabilité naturelle (c'est déjà très beau si on arrive à la multiplier par 2 à 3)
et de toute façon cela ne le sera possible que sur une faible profondeur (de quelques
dizaines de centimètre à sans doute moins d'un mètre).

4.4 Principaux remèdes


Les traitement recommandés dépendent fondamentalement du problème rencontré
et sont résumés dans le tableau 3.

PROBLÈME REMÈDE RECOMMANDÉ

Endommagement : Traitement de matrice :


 dû aux solides du fluide de forage et/ou  acidification
aux argiles (gonflement/dispersion)
 dû à des dépôts de minéraux  solvants appropriés (s'ils existent)
†  solvants aromatiques
 dû à des paraffines, asphaltènes, sludges
 dû à une inversion de mouillabilité  solvants mutuels ou surfactants
Perméabilité naturelle faible Fracturation hydraulique (traitement profond)
Venue de sable Contrôle des sables

Huile très visqueuse Méthodes thermiques :


 injection de vapeur
 …

TABLEAU 3 Remèdes recommandés en fonction de l'origine du problème

Dans certains cas on peut être amené à faire appel à d'autres techniques :
 Reperforation
Ce peut être le cas par exemple si :
- perforations initiales colmatées car effectuées dans de mauvaises conditions
de tir (en présence d'un fluide chargé en solide, …) ;
- hauteur perforée insuffisante (suite à une "mauvaise" interprétation des log,
suite à un tir partiel [misfire], …).


composé très visqueux résultant du "figeage" de composant lourd de l'huile en présence d'acide
chlorhydrique par exemple.
Problèmes potentiels au niveau de la liaison couche-trou et remèdes correspondants

 Nettoyage des perforations


Si le colmatage ne concerne que la perforation elle-même, la roche réservoir aux
abords du puits n'étant pas elle-même colmatée, un "simple" nettoyage des
perforations peut suffire. Selon le contexte on peut être amené à utiliser l'une des
techniques suivantes :
- dégorgement (en espérant que le débit pourra ressortir les agents colmatants
présent dans la perforation sans mettre en mouvement des particules solides
dans la formation avec le risque qu'elles se coincent dans les restrictions entre
pore) ;
- lavage à l'acide (en fait il s'agit d'une acidification avec un volume d'acide
utilisé réduit) ;

- utilisation d'outils ou de techniques telles que washing tool, chambre à
dépression ou back surging, …

Mais surtout il faut bien garder à l'esprit que la plupart des opérations menées dans
un puits sont des sources potentielles d'endommagement de la productivité et que la
restauration de celle-ci est parfois difficile (quand elle est possible) et de toute façon
coûteuse. Aussi il faut toujours privilégier la prévention. Celle-ci doit être globale et
concerner à la fois des phases de forage, complétion et exploitation sous les différents
aspects de leur préparation, exécution et suivi ultérieur. Une simple négligence dans
cette chaîne est susceptible de compromettre le résultat.


Pour plus de détails, se référer au chapitre "Perforation" du document "Réalisation de la liaison
couche-trou".

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