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Allaitement

En Casamance, la poudre de feuilles de Moringa oleifera est utilisée par de nombreuses mères pour lutter contre la malnutrition des enfants de moins de cinq ans, apportant des bénéfices nutritionnels significatifs. Des initiatives de formation sur la transformation des feuilles en poudre sont mises en place pour permettre aux mères de nourrir leurs enfants sans recourir aux soins médicaux. Malgré les défis liés à la malnutrition et aux conflits dans la région, le Moringa est perçu comme une solution prometteuse pour améliorer la santé des populations locales.

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En Casamance, la poudre de feuilles de Moringa oleifera est utilisée par de nombreuses mères pour lutter contre la malnutrition des enfants de moins de cinq ans, apportant des bénéfices nutritionnels significatifs. Des initiatives de formation sur la transformation des feuilles en poudre sont mises en place pour permettre aux mères de nourrir leurs enfants sans recourir aux soins médicaux. Malgré les défis liés à la malnutrition et aux conflits dans la région, le Moringa est perçu comme une solution prometteuse pour améliorer la santé des populations locales.

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Sénégal

Moringa, l'arbre qui allaite


(Syfia Sénégal) En Casamance, où plus de la moitié des enfants de moins de cinq ans souffrent de
malnutrition, la poudre de feuilles de Moringa est une bénédiction. Riche en vitamines et en oligo-
éléments, elle aide les mères à mieux nourrir leurs bébés et leurs jeunes enfants.

En Casamance, de plus en plus de mères ont recours à la poudre de feuilles de Moringa oleifera pour nourrir leurs
enfants. Les témoignages ne manquent pas sur la richesse nutritionnelle de cet arbre miracle déjà connu pour ses
graines capables de purifier l'eau. Aminata Manga habitant à Ziguinchor, la capitale provinciale, raconte : « Après
mon accouchement, en 1999, mon bébé était très petit et pesait à peine 1,3 kg. J'avais des vertiges et mes seins
manquaient de lait. Le médecin m'a conseillé de prendre trois cuillérées à café par jour de poudre de Moringa. Au
bout de 15 jours, je n'avais plus de vertiges et mes seins étaient abondamment remplis de lait. Mon enfant avait
pris du poids » A Belfort, un quartier défavorisé de Ziguinchor, Fanta Badji, elle aussi, ne tarit pas d'éloges : «
Après chaque accouchement, je souffrais beaucoup pendant la période d'allaitement. Mais depuis que j'utilise
cette poudre, je ne sens plus de douleurs ».

Poudre de feuilles

La poudre peut être mélangée à toutes sortes de plats ou de boissons locales (bouillie de mil, riz, couscous, sirop
de bissap, etc.) dont elle n'altère pas le goût. La saveur des feuilles fraîches de Moringa est même appréciée en
Afrique dans la sauce de couscous, en salade ou en thé. Elles ne présentent aucune toxicité selon les
responsables de l'Ong Catholic relief service qui dirige ce programme de nutrition, comme l'ont montré des
analyses effectuées aux Etats-Unis, en France et en Angleterre. Attention toutefois à ne pas consommer l'amande
sèche et la racine, avertit Martin Mané, secrétaire exécutif de l'Ong locale « Agir autrement pour le développement
en Afrique » (Agada) car « elles contiennent une substance toxique qui peut entraîner une paralysie des nerfs »
Dans les villes et villages de Casamance, des cours sur la transformation en poudre des feuilles de Moringa sont
dispensés aux médecins de brousse et aux femmes regroupées pour la plupart en associations. Le Crs et l'Agada
utilisent même des bandes dessinées pour vulgariser cette technique qui permet aux mères de traiter leurs
enfants sans recourir aux services d'un infirmier ou aux médicaments. Le Moringa a si bien réussi sa percée que
la plupart des ménages disposent maintenant de stocks de poudre. Il suffit qu'un enfant de 1 à 3 ans consomme
une cuillerée à soupe de cette poudre trois fois par jour, pour échapper aux effets de la malnutrition Depuis 2001 ;
des parcelles de Moringa sont également exploitées dans le cadre d'un projet du Crs au nord du Sénégal, à
Ndimb Fall sur le lac de Guiers, à 260 km au nord de Dakar. « En janvier 2002, nous avons récolté et transformé
plus d'une tonne de poudre », révèle Caroline Olivier, en montrant des sachets de poudre de feuilles de Moringa
destinés aux populations du Sud Sénégal mais aussi du Ghana. « Un gros projet de recherche scientifique pour
améliorer l'état de santé des personnes atteintes du sida est en cours au Ghana », poursuit-elle.

Les malheurs de la Casamance

En Casamance, les feuilles de cet arbre miracle sont comme une manne tombée du ciel. Pour les techniciens de
la santé travaillant dans la région, la rébellion qui dure depuis vingt ans et ses corollaires (personnes déplacées et
afflux de réfugiés) reste la principale cause de la malnutrition. Selon les services provinciaux de la santé, 68 %
environ des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition en Casamance où le taux de mortalité infantile
est de 115 pour 1000 contre 70 la moyenne nationale. Il atteint 112 pour 1000 en moyenne en Afrique de l'Ouest
selon le bureau de l'Unicef à Dakar. Autre malheur pour la région, l'arrêt en 2001 des distributions gratuites de
sucre, niébé, lait en poudre, farine de mil, marquant la fin du projet de la Banque mondiale pour l'amélioration de
l'alimentation des populations. L'idée du Crs d'introduire le Moringa dans l'alimentation des mères et des enfants
remonte à une dizaine d'années.
On disait alors la maternité de Belfort hantée tant
les décès y étaient nombreux. Ignorantes et fatalistes, les femmes ne
soupçonnaient pas que la malnutrition, notamment les carences en sels
minéraux et en vitamines, pouvait être mortelle. Prises de panique, les mères
désertèrent l'établissement pour se tourner vers les guérisseurs traditionnels tout aussi impuissants face au
scorbut, au béribéri et au goitre endémique. Venus du Niger, du Burkina Faso, du Ghana, de la Gambie et de la
Guinée Bissau, plusieurs experts se sont rencontrés en août à Ziguinchor pour échanger leurs expériences et
tenter une vulgarisation à grande échelle de cet arbre dont on espère des miracles.

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