Numériser Les Archives
Numériser Les Archives
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les archives
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2013
vade-mecum à l’usage
des personnels des musées
n u m é r i s e r l e s a r c h i v e s AM
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Questions-réponses
1. Pourquoi numériser ? ........................................................................................ 6
1. Pourquoi numériser ?
Cette question, dont les réponses peuvent sembler évidentes, mérite cependant une attention particulière.
En effet, les réponses auront nécessairement un impact sur le coût et sur les choix techniques de la réalisation.
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La conservation préventive est un moteur mais la légitimité économique de la numérisation est plutôt liée à
l’accessibilité aux documents, par le plus grand nombre. Pourtant, dans la plupart des cas, il est rarement
possible de tout numériser, par manque de crédits et de moyens humains. Aussi, définir les priorités se
révèle être une étape primordiale afin de ne pas numériser des documents qui ne seront jamais ou peu
demandés du fait de leur spécificité, ou au contraire « d’oublier » des documents à la fragilité réelle.
Cependant, une seule exception au droit d’auteur a été introduite au profit des musées, comme pour les
bibliothèques et services d’archives : la reproduction d'une œuvre et sa représentation effectuées à des
fins de conservation ou destinées à préserver les conditions de sa consultation à des fins de recherche
ou d'études privées par des particuliers, dans les locaux de l'établissement et sur des terminaux dédiés
par des bibliothèques accessibles au public, par des musées ou par des services d'archives, sous
réserve que ceux-ci ne recherchent aucun avantage économique ou commercial (CPI, art. L 122-5, 8°).
Il est ainsi de la responsabilité des établissements et des services d’introduire une clause dite, clause
de « copie privée » dans leurs règlements de salle de consultation et/ou sur les formulaires d’inscription,
afin d’être en conformité avec la diffusion des copies numériques en salle de lecture. Cette disposition
ne concerne que le droit d’auteur, mais en rien les règles de communicabilité et le droit à l’image.
Dans le cas de la mise en ligne à plus grande échelle, il convient alors de respecter l’ensemble des dispo-
sitions du code de la propriété intellectuelle (voir 9 . Comment communiquer les archives numérisées ? )
Pour des fonds d’archives privées, il est impératif de respecter les dispositions des contrats de don,
de dépôt ou d’acquisition. Si les dispositions d’utilisation et de diffusion de ces fonds sont imprécises,
il conviendra alors de demander l’avis aux ayants droits et de signer un avenant au contrat (voir le
vade-mecum Gérer les archives privées).
La présentation sous forme de test permet d’amorcer le processus et de sensibiliser les acteurs aux
questions préliminaires à poser avant de se lancer dans un plan de numérisation. Exemples : Les docu-
ments appartiennent-ils tous à l’institution ? oui/non - Sont-ils des fonds de nature privée ou publique ?
Contiennent-ils des photographies ? Contiennent-ils des coupures de presse ? Etc.
Une fois les contours du projet définis, une série d’opérations préparatoires est
incontournable :
• évaluer l’état de conservation des documents : poussière, moisissures, rayures sont autant
d’indices de problèmes éventuels et de la nécessité d’un dépoussiérage ou d’un nettoyage ;
• évaluer le volume des collections à numériser et les contraintes techniques des pièces : noter
les différents types de papier, les formats, l’existence de reliure ou toute forme de lien solidarisant
les feuillets, les contrastes des écritures, les encres utilisées, etc. L’ensemble des paramètres
pouvant influencer le résultat de l’acquisition numérique est à prendre en compte : tous ces
éléments ont une incidence sur la manipulation des pièces lors de l’opération de numérisation,
sur la durée de numérisation et sur la qualité technique et visuelle des fichiers numériques que
l’on obtiendra ;
• adapter le conditionnement à la forme des documents : pour le transport, si la numérisation est
externalisée, les candidats doivent faire preuve d’un transport adapté à la fragilité et au caractère
exceptionnel des fonds (sécurité et sûreté des fonds restant indispensables) ;
• trier par format, support et par polarité avec discernement : le principe archivistique de l’intégrité
des fonds n’est pas à oublier. Si des pièces d’archives sont extraites du fonds pour en faciliter la
numérisation, il sera nécessaire de les réintégrer après la numérisation à leur place d’origine ce
qui nécessite une grande vigilance sur la traçabilité des pièces extraites d’un fonds ;
• établir un inventaire détaillé des pièces d’archives à numériser : appelé dans le cas d’une utilisa-
tion pour une numérisation « fichier de récolement », de préférence dans un format électronique
facilement exportable ou importable dans une base de données (excel ou xml). Le nombre de
pages et de rectos sera à indiquer ainsi que le format.
Souvent, les plans de numérisation s’effectuent de façon sérielle regroupant une même typologie
de document (contraintes techniques et graphiques) pour faciliter la préparation, l’opération de
numérisation et homogénéiser l’impression visuelle à la lecture des copies numériques.
Ces premières évaluations permettront d’élaborer le cahier des charges. Dans le cadre d’un marché
public, le cahier des charges est indispensable pour des raisons commerciales et juridiques mais
il peut être également très utile pour le suivi des procédures, la bonne qualité et la continuité d’un
plan de numérisation réalisé par le service lui-même. Le cahier des charges reprendra ainsi les élé-
ments énumérés ci-dessus. Ces informations sont fondamentales pour les prestataires susceptibles de
répondre à un appel d’offre.
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Les liens suivants vous donneront des exemples de cahier des charges :
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La méthode de l’échantillonnage est effectivement à retenir pour tous ces contrôles. Le découpage
et la combinaison de ces phases sont à définir en fonction :
• de l’importance volumétrique des fonds
• de l’objectif et du niveau d’exigence souhaité en termes de qualité et de service
• du nombre de personnes pouvant participer à un plan de numérisation : administrateur de base
de données, agent de magasinage, pilote du prestataire, etc.
Concernant les contrôles relatifs à la chaîne de numérisation, les outils de gestion documentaire (type
workflow) sont souvent utilisés. Ils permettent de diffuser et de maîtriser les documents utiles à la
production et la gestion du projet. À titre d’exemple le Centre Pompidou va utiliser SharePoint, plateforme
de gestion de l'information et de collaboration professionnelle, pour sa prochaine campagne de numérisation.
Dans ce cas précis, il est également possible de demander aux prestataires d’effectuer la numérisation
dans les locaux de conservation de l’institution. Cette numérisation sur site requiert de la place mais
évite les phases de conditionnement et de transport. Elle nécessite bien sûr que le prestataire puisse
déplacer et stocker le matériel de numérisation le temps de l’opération.
Les phases :
1 - traçabilité des mouvements internes ;
2 - intégration au fil des acquisitions de fichiers ou en une seule fois et de manière régulière selon
la disponibilité et le niveau de compétences des équipes en charge de l’intégration des images
(sous-direction des systèmes d’information ou service selon le mode d’organisation de l’institution) ;
3 - coût : il peut s’avérer parfois plus cher que l’externalisation. Tout dépend du volume,
du nombre de personnes affectées à ces taches, de l’espace mobilisé, du temps disponible…
Voir également :
Initier et piloter une campagne de numérisation
[Link]
[consulté le 14 janvier 2013]
Sur les prestataires de numérisation
[Link]
[consulté le 14 janvier 2013]
5. Numériser comment ?
Se lancer dans un projet de numérisation rend indispensable la maîtrise de quelques aspects
techniques : pixel, acquisition, métadonnées, nommage, jpg., iptc, etc.
La plupart des fiches conseils propose désormais des glossaires et/ou des focus très précis sur
ces aspects techniques :
[Link]
[consulté le 14 janvier 2013]
[Link]
pa=200 [consulté le 14 janvier 2013]
[Link]
[consulté le 14 janvier 2013]
Concernant la diffusion des copies numériques, il sera nécessaire de prendre l’attache très rapidement
avec l’administrateur de la base de données ou un interlocuteur du service informatique afin de préciser
l’outil de diffusion et ses possibilités de liens avec les copies numériques : base de données, xml, etc.
Selon le système de diffusion des copies numériques, les questions suivantes seront à prendre en
compte pour la bonne intégration des images au système et dans le planning de mise à disposition des
copies numériques :
• quel interlocuteur s’occupe du chargement des images et de la réalisation des liens (lancement
manuel de script, découpage d’images, lancement automatique des scripts, etc.) pour obtenir
l’image à l’écran ?
• qui vérifie la bonne intégration des images dans le système ?
6. Combien ça coûte ?
Le coût de la numérisation se calcule généralement au recto (1 page = 1 recto, 1 feuillet = 2 rectos)
et selon le format d’origine (+A3, A4, etc.).
Certaines opérations, directement liées à la numérisation, doivent être explicitement décrites dans le
cahier des charges pour ensuite être intégrées dans le Bordereau de Prix Unitaire (BPU). L’opération
fréquente d’Optical Character Recognition (OCR) réalisée sur les documents imprimés représente un
coût supplémentaire à prendre en compte.
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Dans le cas de la passation d’un marché public, deux cas de figures peuvent se présenter :
• vous disposez d’un budget annuel qui a de forte chance d’être reconduit d’année en année :
un marché à bon de commande vous permettra de réaliser tout au long de l’année vos
opérations de numérisations en plusieurs envois. Le BPU que vous aurez proposé sera
rempli par le candidat, parfois avec des remises selon le volume. C’est sur le BPU du candidat
retenu que vous établirez, par la suite, vos bons de commandes ;
• vous avez une dotation exceptionnelle : peut-être qu’une Décomposition du Prix Global et
Forfaitaire (DPGF) sera alors le meilleur moyen d’obtenir un prix intéressant de la part
des candidats et votre opération sera réalisée en 1 seule fois.
Le service informatique et/ou l’administrateur des bases de données peuvent vous aider à réfléchir à tous
ces paramètres. Le vade-mecum sur les archives électroniques vous apportera également quelques
réponses à ces questions.
Voir aussi :
[Link]
[consulté le 14 janvier 2013]
[Link]
[consulté le 14 janvier 2013]
Le catalogue en ligne du patrimoine culturel numérisé décrit les collections numérisées et les
productions multimédia associées (site internet, dévédérom, cédérom...). Il recense les institutions à
l'origine de projets de numérisation en France. Le catalogue est le volet national du projet européen
MICHAEL : 643 institutions et 1870 collections.
[Link]
[consulté le 14 janvier 2013]
Grâce au service multilingue MICHAEL vous avez la possibilité d'explorer les collections numériques des
musées, services d'archives, bibliothèques et autres institutions culturelles de toute l'Europe. Que vous
soyez amateur d'art, d'archéologie, de généalogie, ou bien intéressé par l'histoire romaine ou moderne
ou encore par des projets de vacances, MICHAEL peut vous aider à trouver les ressources accessibles.
[Link]
[consulté le 14 janvier 2013]
Europeana a été lancé en 2008, dans le but de rendre le patrimoine culturel et scientifique de l'Europe
accessible au grand public. Ce projet est financé par la Commission européenne et est basé à la
Bibliothèque nationale des Pays-Bas, la Koninklijke Bibliotheek.
[Link]
[consulté le 14 janvier 2013]
L'observatoire critique se nourrit de la veille du Web qui concerne la discipline de l'histoire de l'art.
Ses objet et orientation sont parties prenantes de la démarche des Digital Humanities ; la mise en réseau
des documents numériques et l'adoption progressive des outils de traitement, de communication et de
partage y sont abordés comme autant d'interrogations sur de nouvelles pratiques pour l'enseignement
et la recherche dans la discipline. Il s'agit de rendre compte et d'analyser les formes et les enjeux des
transformations à l'œuvre, en relation avec les changements profonds engagés plus généralement par
la culture numérique.
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Nous avons détaillé ci-dessous la législation en vigueur selon les différents cas de figure mais vous
trouverez également des ressources sur :
• le site Joconde du Service des musées de France (bureau de la diffusion numérique) qui donne
quelques conseils sommaires, surtout axés sur les photographies d’œuvres et donc orientés
vers la numérisation des images :
[Link]
htm#droits
[consulté le 14 janvier 2013]
• le site de la Mission recherches et technologie (MRT) qui offre une fiche juridique beaucoup
plus développée mais davantage orientée vers la numérisation des textes, notamment dans
le contexte des bibliothèques :
[Link]
[consulté le 14 janvier 2013]
Pour un modèle de contrat de cession, à titre gracieux, de droits patrimoniaux (dont droits photogra-
phiques) pour la base Joconde, le moteur de recherches Collections et Europeana :
[Link]
[consulté le 14 janvier 2013]
La mise à disposition sur des bornes ou des postes informatiques en salle de lecture peut être l’objectif d’une
politique de numérisation. Le document numérisé remplace alors le microfilm qui jouait jusqu’ici ce rôle.
Pour vérifier ce qui peut être consulté sur des bornes en salle de lecture, voir : 2. Ai-je le droit de tout
numériser ? Il semble que dans le cas de ce type de bornes, on puisse considérer qu’il ne s’agit pas d’une
« diffusion publique » mais d’une communication d’archives (contrairement à des bornes en accès libre dans
les salles d’un musée qui seraient sans doute considérées comme assurant une « diffusion publique »).
Dans ce cas de figure, certains services d’archives ont recours au filigrane pour protéger leurs images
numériques, dans la mesure où ils autorisent la photographie (le plus souvent numérique) des écrans.
Il n’y a pas de droit de propriété intellectuelle sur les images de documents numérisés car elles ont été produites
par un pur procédé technique qui vise à reproduire à l’identique le document initial, sans aucun apport original
(cf. [Link] [consulté le 14 janvier 2013] ).
Le recours au filigrane sur la numérisation d’archives publiques se justifie plutôt dans le cadre du droit à la
réutilisation des données publiques, fixé par la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 (portant diverses mesures
d'amélioration des relations entre l'administration et le public…) modifiée par l’ordonnance n° 2005-650 du
6 juin 2005, transposant dans le droit français la directive européenne 2003/98/CE du 17 novembre 2003.
L’article 12 de la loi précise en effet que « sauf accord de l’administration, la réutilisation des informations
publiques est soumise à la condition que ces dernières ne soient pas altérées, que leur sens ne soit pas
dénaturé et que leurs sources et la date de leur dernière mise à jour soient mentionnées ». Le filigrane est
donc de nature à identifier la source.
Pour vérifier ce qui peut être mis à disposition en ligne, voir : 2. Ai-je le droit de tout numériser ?
Pour la question du filigrane sur les images, voir le point ci-dessus.
Toutefois, la CADA « estime que lorsque le support ou le format utilisés pour cette diffusion ne per-
met pas la réutilisation des informations publiques qu'ils comportent, la demande de communication
des mêmes documents sur un autre support ou sous un autre format détenus par l'administration et
permettant la réutilisation n'est pas sans objet et doit être satisfaite, si le document est communicable,
selon les modalités prévues à l'article 4 de cette loi. » (CADA, avis n°20112919, séance du 26/07/2011).
Donc si la mise en ligne, même d’accès libre et gratuit, de documents administratifs dispense d’en assurer la
communication ponctuelle, elle n’épargne toujours pas de fournir les données numériques dans le cas d’une
demande de réutilisation légitime, si la mise en ligne ne permet pas la récupération idoine des données.
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Pour des musées relevant de collectivités territoriales, quand bien même l’État aurait participé financière-
ment à la numérisation des fonds d’archives, il ne peut pour autant imposer la mise en ligne gratuite des
données. Seuls les élus concernés peuvent prendre cette décision quant à l’accès gratuit ou payant. En
revanche, il est habituel que l’État subordonne son aide financière pour la numérisation à l’engagement
préalable d’une mise en ligne dans un délai d’un an.
Depuis la loi 2008-696 du 15 juillet 2008, l’accès aux archives publiques s’exerce dans les conditions
définies pour les documents administratifs à l’art. 4 de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978, c’est-à-dire :
Cette dernière possibilité a été introduite dans la loi par l’ordonnance n° 2005-650 du 6 juin 2005, mais
elle avait déjà était introduite par le décret d’application n°2001-493, du 6 juin 2001 :
« Art. 1er. - Toute personne demandant copie d'un document administratif dans les conditions prévues
à l'article 4 de la loi du 17 juillet 1978 susvisée peut obtenir cette copie :
• soit sur papier ;
• soit sur un support informatique identique à celui utilisé par l'administration ;
• soit par messagerie électronique.
Le demandeur souhaitant obtenir copie d'un document sur support informatique ou par messagerie
électronique est avisé du système et du logiciel utilisés par l'administration.
Art. 3. - Les frais mentionnés à l'article 2 autres que le coût de l'envoi postal ne peuvent excéder des
montants définis par arrêté du Premier ministre. L'intéressé est avisé du montant total des frais à acquitter,
dont l'administration peut exiger le paiement préalable. »
L’arrêté du Premier ministre susvisé, en date du 1er octobre 2001, a fixé le tarif maximum de la copie sur
disquette (hors frais d’envoi) à 1,83 €. Étant donné la faible capacité de ce support (1,44 Mo) au regard
du poids d’une image numérique de qualité et surtout en raison de l’obsolescence de ce support, il est
probable qu’il sera de moins en moins sollicité.
En revanche, l’usager peut aussi demander, toujours sans avoir nécessairement à se déplacer, l’envoi
par courrier électronique de toute numérisation de documents d’archives publiques (évidemment ceux
qui sont communicables), la seule limite légalement admise étant technique.
9-3-2. La copie en masse : par gravure de Cédérom ou de DVD, par copie sur clé
USB ou sur disque dur externe
Le même arrêté a fixé également le tarif maximum de la gravure sur cédérom (hors frais d’envoi) à 2,75 €.
La capacité de ce support est déjà beaucoup plus conséquente (environ 700 Mo) mais elle est encore
dépassée par le DVD (environ 4,5 Go) support plus récent qui n’a pas été pris en compte dans ledit arrêté
de 2001, non remis à jour pour l’instant.
Des archives publiques numérisées peuvent donc être sollicitées en masse et à distance, au seul coût
réel - et strictement plafonné - de leur transfert sur un support physique, évidemment sans aucune
commune mesure avec le coût de la numérisation initiale qu’il n’est pas permis de répercuter.
L’usager peut encore réduire ces maigres frais en se déplaçant (pas d’envoi postal à rembourser,
ni à payer d’avance) et en fournissant son propre support physique : clé USB, disque dur externe.
Il n’y pas non plus de limite au nombre de documents numérisés qui peuvent être sollicités car, si la
loi n°78-753 du 17 juillet 1978 précise dans son art. 2 : « L’administration n’est pas tenue de donner
suite aux demandes abusives, en particulier par leur nombre, leur caractère répétitif ou systématique »,
la CADA mais aussi la jurisprudence ont bien précisé que l’intention de nuire devait être caractérisée et
l’ampleur éventuelle de la tâche pour l’administration ne suffit pas à remplir ce critère (« Parmi les critères
pouvant conduire la commission à déclarer la demande manifestement abusive et, par voie de consé-
quence, à émettre un avis défavorable, figurent le nombre même des demandes et le souci de nuire
à l'administration, s'il ressort clairement des pièces du dossier. Une seconde hypothèse de demande
abusive, qui n'est pas exclusive de la première, est celle où l'administration est saisie d'une demande
portant sur des pièces dont le demandeur a déjà eu accès ou dont il est établi qu'il en a eu connais-
sance par un moyen autre que ceux prévus par la loi du 17 juillet 1978 », Cada, avis n°20071013,
séance du : 08/03/2007 ; ou plus précisément encore : « la commission rappelle en premier lieu que
pour qualifier d'abusive une demande, celle-ci doit porter sur un grand nombre de documents, ce qui
est le cas en l'espèce, mais également révéler de la part de son auteur un souci de nuire à l'adminis-
tration, en tentant de perturber de façon délibérée son fonctionnement. Le seul critère du volume des
documents demandés ne peut suffire pour qualifier d'abusive la demande. », (Cada, avis n°20061160,
séance du : 16/03/2006).
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Il faut encore rappeler que, même pour les documents contenant des informations non communicables
en vertu du Code du Patrimoine (art. L 213-1), les documents eux-mêmes le deviennent dès « qu’il est
possible d’occulter ou de disjoindre » des mentions non encore communicables (art. 6 de la loi n°78-
753 du 17 juillet 1978).
Il appartient au service d’archives concerné de rappeler au lecteur que ces copies sont néanmoins
fournies à usage individuel et que leur réutilisation, gratuite ou payante, peut être soumise à des
conditions particulières.
En effet, les services d’archives publics constituent des « établissements, organismes ou services cultu-
rels » au sens de l’art. 11 de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978. Ils peuvent donc théoriquement fixer les
conditions dans lesquelles les informations contenues dans les documents qu’ils conservent peuvent
être réutilisées (par dérogation au principe général de la libre réutilisation des informations publiques
fixée à l’art. 10, qui lui même connaît déjà des limites posées par le même article).
Les avis de la CADA, aussi bien que la jurisprudence (par exemple TA de Clermont-Ferrand, 13/7/2011,
[Link] c/ département du Cantal) précisent toutefois que les services d’archives publics ne
disposent pas pour autant d’un pouvoir discrétionnaire qui leur permettrait d’apprécier l’opportunité de
faire droit, ou non, à une demande de réutilisation. Ils ne peuvent s’opposer à la réutilisation, commer-
ciale autant que gratuite, mais seulement l’encadrer « par des conditions dérogatoires au droit commun
afin de sécuriser toutes les formes de réutilisation », par un règlement ou une licence. L’absence de tels
règlement ou licence ne peut en aucun cas motiver un refus de réutilisation.
[Link]
[consulté le 14 janvier 2013]
[Link]
[consulté le 14 janvier 2013]
Il est manifeste que la CADA, comme la CNIL, se réfèrent plutôt aux limites générales fixées par l’art. 10
et l’art. 13 de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 qu’à « l’exception culturelle » de l’art. 11, dont certains,
en conséquence, doutent de l’utilité.
Ne sont pas considérées comme des informations publiques, pour l'application du présent chapitre,
les informations contenues dans des documents :
L'échange d'informations publiques entre les autorités mentionnées à l'article 1er, aux fins de l'exercice
de leur mission de service public, ne constitue pas une réutilisation au sens du présent chapitre. »
Donc la diffusion par un tiers de documents administratifs communicables n’implique pas réutilisation
et ne relève pas nécessairement d’une licence de réutilisation.
Rien n’impose à un service d’archives d’opérer une numérisation. Celle-ci n’est exigible qu’à partir
du moment où elle existe.
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Glossaire
Une image numérique est composée d'une matrice de points appelés pixels, la structure de cette
image est appelée bitmap.
Trois valeurs essentielles définissent les caractéristiques de ces images numériques : la résolution,
la définition et le mode chromatique.
RÉSOLUTION : la résolution définit le nombre de pixels par pouce (1 pouce = 2,54 cm), Cette
information est régulièrement indiquée avec comme unité le ppp (pixel par pouce) mais aussi
souvent en ppi (pixel per inch) ou dpi (dot per inch).
Les résolutions les plus fréquentes sont le 72 ou 96 dpi pour la basse résolution et le 300 dpi
pour la haute résolution. La résolution courante des écrans est 72 dpi.
DÉFINITION : la définition des images numériques exprime le nombre de pixels dans la hauteur et
la largeur de l'image. Exemple pour une image destinée à un affichage écran :
• Images au trait. Le pixel a deux valeurs possibles : noir ou blanc. Cette possibilité corres-
pond aux valeurs minimums ( 0 ou 1) que l'on est capable de mémoriser en informatique :
1 bit (binary digit)
• Images à niveaux de gris. elles sont constituées de différentes valeurs de gris entre le
blanc et le [Link] codage de ces images est sur 8 bits ce qui permet 256 niveau de gris.
• Images couleur RVB. Ces images sont constituées de trois couches qui correspondent
aux trois lumières primaires (rouge , vert et bleu). Elles sont codées en 3 x 8 soit 24 bits.
• Images CMJN. Ce mode d'image Cyan , Magenta, Jaune et Noir est utilisée
pour l'impression.
Numérisation et Patrimoine
Premières rencontres, La Rochelle, 21-23 juin 2004, 2 tomes, 80 et 70p. Programmes, projets et réa-
lisations dans le domaine de la numérisation du patrimoine écrit.
BROCHU Danièle, DETOURBET Christelle, « Numériser les images : planifier, décider et mettre en
oeuvre. L’expérience de l'OCIM », In « La lettre de l'OCIM, n°72, 2000, p.38 33
BURESI Charlotte et CÉDELLE Laure sous la direction de, Conduire un projet de numérisation, Lyon :
Presses de l'ENSSIB, 2002, 326 p. (La Boîte à outils)
ISBN2-910227-43-X.
CHIROLLET, Jean-Claude. Numériser, reproduire, archiver les images d'art, Paris, L'Harmattan, 2005, 292 p.
DHÉRENT, Catherine. « La Numérisation dans les archives de France », in : Les Documents anciens. Sous
la dir. de Jacques ANDRÉ et Marie-Anne CHABIN. Paris, Hermes Science Publications, 1999, p. 13-27.
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Rédacteurs
contributeurs
Rédacteurs
Sandra Boujot (musée Rodin)
Stéphanie Dargaud (musée du quai Branly)
Isabelle Loutrel (musée d’Orsay)
Alain Prévet (SBADG/Archives des Musées nationaux)
Jean-Christophe Ton-That (musée national du Moyen Âge)
Contributeurs
Catherine Adam-Sigas (musée Eugène Delacroix)
Jean-André Assié (musée du quai Branly)
Natalia Bauer (Les Arts Décoratifs)
Françoise Bérard (musée d’Archéologie nationale et domaine de Saint-Germain-en-Laye)
Jean-Philippe Bonilli (Centre national d’art contemporain-Georges Pompidou)
Élisabeth Caude (musée des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau)
Laure Collignon (musée national Picasso)
Coralie Coscino (Sèvres-Cité de la céramique)
Cristina Cramerotti (musée national des arts asiatiques Guimet)
Patricia Da Costa (musée et domaine national du château de Fontainebleau)
Sophie Daënens (musée et domaine national du château de Fontainebleau)
Brigitte Donon (musée du Louvre)
Catherine Granger (SBADG/Archives des Musées nationaux)
Corinne Jouys Barbelin (Mission des archives, pilote du groupe Archives en musées)
Marie-Solange Le Gouill (musée d’Orsay)
Karine Mc Grath (Château de Versailles)
Philippe Mariot (musée d’Orsay)
Brice Mathieu (musée du Louvre)
Carole Pilarz (Les Arts Décoratifs)
Stéphanie Rivoire (Centre national d’art contemporain-Georges Pompidou, Bibliothèque
Kandinsky)
Vanessa Szollosi (musée du Louvre)