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Operation Canape

Le document est un avertissement concernant les droits d'auteur liés à un recueil de sketches intitulé 'Opération Canapé', qui doit être représenté avec l'autorisation des auteurs. Il présente également les caractéristiques des sketches, les auteurs impliqués, et souligne l'importance du respect des droits d'auteur pour permettre la création de nouveaux textes. Les sketches, centrés autour d'un canapé, sont destinés à un public tout public et doivent respecter certaines contraintes de durée et de mise en scène.

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Le document est un avertissement concernant les droits d'auteur liés à un recueil de sketches intitulé 'Opération Canapé', qui doit être représenté avec l'autorisation des auteurs. Il présente également les caractéristiques des sketches, les auteurs impliqués, et souligne l'importance du respect des droits d'auteur pour permettre la création de nouveaux textes. Les sketches, centrés autour d'un canapé, sont destinés à un public tout public et doivent respecter certaines contraintes de durée et de mise en scène.

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de l’organisme qui gère ses droits (la SACD par exemple pour la
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Pour les textes des auteurs membres de la SACD, la SACD peut


faire interdire la représentation le soir même si l'autorisation de
jouer n'a pas été obtenue par la troupe.

Le réseau national des représentants de la SACD (et leurs


homologues à l'étranger) veille au respect des droits des auteurs et
vérifie que les autorisations ont été obtenues, même a posteriori.

Lors de sa représentation la structure de représentation (théâtre,


MJC, festival…) doit s’acquitter des droits d’auteur et la troupe doit
produire le justificatif d’autorisation de jouer. Le non respect de ces
règles entraine des sanctions (financières entre autres) pour la
troupe et pour la structure de représentation.

Ceci n’est pas une recommandation, mais une


obligation, y compris pour les troupes amateurs.
Merci de respecter les droits des auteurs afin que les troupes et le
public puissent toujours profiter de nouveaux textes.
Opération Canapé
Comédie à sketches
Textes de
Jean-Marie CAUET
Christophe USSEL
Alain DUMAS-NOËL
Xavier LEFLOCH
Philippe ABSOUS
Richard DESGAGNE
Bernard LANCOURT
Fred VALLADARES
Claude SORET
Pascal MARTIN
Yve BRESSANDE
GAYA
Alfred TECKEL
Pascal GUICHERD

Opération Canapé 2/42


CARACTERISTIQUES ...................................................................................................................4
LES AUTEURS .............................................................................................................................5
J EAN-MARIE CAUET....................................................................................................................5
CHRISTOPHE USSEL ...................................................................................................................5
ALAIN DUMAS-NOËL..................................................................................................................5
XAVIER LEFLOCH.......................................................................................................................5
PHILIPPE ABSOUS ......................................................................................................................5
R ICHARD DESGAGNE .................................................................................................................5
BERNARD LANCOURT ................................................................................................................5
FRED VALLADARES...................................................................................................................5
CLAUDE SORET .........................................................................................................................5
PASCAL MARTIN ........................................................................................................................5
YVE BRESSANDE .........................................................................................................................5
GAYA .........................................................................................................................................6
ALFRED TECKEL ..........................................................................................................................6
PASCAL GUICHERD ......................................................................................................................6
L ‘HERITAGE DE JEAN-MARIE CAUET ........................................................................................7
QUI DORT DIVAN ! DE CHRISTOPHE USSEL ...............................................................................9
L’ATTAQUE DU CLIC-CLAC DE ALAIN DUMAS-NOËL ............................................................... 11
REALITE ! DE XAVIER LEFLOCH............................................................................................... 13
L’OBSEDE SEXUEL DE PHILIPPE ABSOUS ............................................................................... 14
SACRE CHARLES ! DE JEAN-MARIE CAUET ............................................................................ 16
SUR UN CANAPE DE RICHARD DESGAGNE ............................................................................. 18
LA CAUSEUSE DE BERNARD LANCOURT ................................................................................ 20
LE CANAPE-METRE DE FRED VALLADARES............................................................................ 22
L’AUTODAFE DE CANAPE DE CLAUDE SORET ....................................................................... 24
UN CANAPE ATTACHANT DE CLAUDE SORET ......................................................................... 26
LE CANAPE ECHOUE DE CLAUDE SORET................................................................................ 30
CANAPE DES MENAGES DE PASCAL MARTIN ......................................................................... 33
REVELATIONS DE YVE BRESSANDE ........................................................................................ 36
POIDS LOURD POUR CANAPE FRAGILE DE GAYA .................................................................. 38
CE SOIR, ON DEMENAGE ! (JEU CRUEL) D’ALFRED TECKEL .................................................. 40
LA VÉRITÉ SORT DU CANAPÉ DE PASCAL GUICHERD............................................................ 41

Opération Canapé 3/42


Caractéristiques
Distribution : En fonction des sketches
Décor : Un canapé et des accessoires en fonction des sketches.
Costumes : En fonction des sketches
Public: Tout public
Synopsis : Le fil conducteur est le canapé qui est un élément de décor imposé pour tous ces textes.
Ces textes ont été écrits par des auteurs publiant leurs textes sur le site :
[Link] : bibliothèque de textes à jouer francophones
L’objectif était de proposer aux troupes la matière d’un spectacle dans l’esprit d’un exercice de style
autour d’un élément de décor : le canapé.
Les contraintes étaient les suivantes :
?? L'élément de décor principal doit être un canapé, mais surtout il doit y avoir du jeu avec le canapé.
Il ne s'agit pas simplement que la scène se passe dans un salon et et les personnages soient
assis dessus. Le canapé doit être un élément important voire principal de l'histoire.
?? La saynète doit durer au maximum 15 minutes
?? La mise en place doit être réduite (afin de pouvoir enchaîner plusieurs saynètes rapidement)
?? Le texte doit être tous publics
?? Le genre, le thème et la distribution sont libres
?? Les contributions sont acceptées jusqu’en septembre 2004

Droits d'exploitation
Ce texte est déposé sur [Link] sous le numéro 36146 et son certificat de
dépôt peut être consulté à l’adresse suivante :
[Link]

Suite à la pubication de ces textes sur le site Le Proscenium, l’éditeur ABS Editions a été
séduit et a décidé de publier le recueil des 16 sketches. Nous présentons ici un extrait de
chaque sketch.
L’ouvrage peut être commandé chez ABS Edition.

ABS Editions
La Sexalio
46230 Belfort de Quercy
05 65 24 11
[Link]@[Link]

Opération Canapé 4/42


Les auteurs
Les autres textes des auteurs des auteurs peuvent être lus sur le site [Link]

Jean-Marie CAUET
Courriel : [Link]@[Link]
Ses autres textes : [Link]

Christophe USSEL
Courriel : [Link]@[Link]
Ses autres textes : [Link]

Alain DUMAS-NOËL
Courriel : anoel75@[Link]
Ses autres textes : [Link]

Xavier LEFLOCH
Courriel : xavierlefloch@[Link]
Ses autres textes : [Link]

Philippe ABSOUS
Courriel : [Link]@[Link]
Ses autres textes : [Link]

Richard DESGAGNE
Courriel : erdes@[Link]
Ses autres textes : [Link]

Bernard LANCOURT
Courriel : lancourt@[Link]
Ses autres textes : [Link]

Fred VALLADARES
Courriel : [Link]@[Link]
Ses autres textes : [Link]

Claude SORET
Courriel : csoret@[Link]
Ses autres textes : [Link]

Pascal MARTIN
Courriel : [Link]@[Link]
Ses autres textes : [Link]

Yve Bressande
Courriel : [Link]@[Link]
Ses autres textes : [Link]

Opération Canapé 5/42


Gaya
Courriel : gaya33@[Link]
Ses autres textes : [Link]

Alfred Teckel
Courriel : [Link]@[Link]
Ses autres textes : [Link]

Pascal Guicherd
Courriel : pmg@[Link]
Ses autres textes : [Link]

Opération Canapé 6/42


L ‘héritage de Jean-Marie Cauet
Personnages :
Le mari la quarantaine
La femme idem
Louis Le fils (ado)
Claire La fille idem
L’ensemble de la scène est dans le noir. Les projecteurs éclairent un cercle de 4 à 5 mètres, au milieu
duquel se trouve un canapé sur lequel sont posés deux coussins.
Le mari et la femme arrivent, chacun de son côté, s’arrêtent et regardent le canapé, les mains derrière
le dos, l’air triste.
Mari : Ben voilà !
Femme : Eh oui ! Le voilà, ton héritage. Elle s’est bien fichue de nous !
Mari : (agacé) Ne dis pas une chose pareille. Ma mère était une sainte femme. Elle ne se doutait pas
que tu attendais sa mort pour pouvoir profiter de son argent !
Femme : (ricanant) De quel argent ? (montrant le canapé) Tu appelles ça de l’argent ? Cet infâme
machin ? Divan le terrible ! (elle lui donne un coup de pied) Et ne dis pas que j’attendais la mort de ta
mère. Je savais qu’elle était condamnée, comme toi. J’ai fait des projets en y pensant, comme toi.
C’est normal que je sois déçue, non ?
Mari : (menaçant) Je t’interdis de frapper cet objet. Tu peux être déçue sans être méchante. La
situation est ce qu’elle est.
Femme : Et inversement !
Mari : Et nous n’y pouvons rien. Il faut faire contre mauvaise fortune bon cœur.
Femme : Mauvaise fortune… L’expression est bien trouvée !… Mais qu’est-ce qu’elle a bien pu faire
de son argent, cette… ta mère ?
Ils vont tous les deux, lentement, s’asseoir sur le canapé.
Femme : Parce qu’elle en avait, de l’argent, ne me dis pas le contraire !
Mari : Elle en a eu, en tous cas, quand elle a vendu sa maison.
Femme : Pourquoi n’en aurait-elle plus ? Si elle l’avait dépensé, on l’aurait su. Elle a continué à vivre
chichement, comme une minable !
Mari : Ne soit pas désagréable avec elle, tu vas me mettre en colère.
Femme : Il y a longtemps que tes colères ne m’impressionnent plus. J’y suis tellement habituée !
Encore heureux que les enfants ne soient jamais arrivés au moment où ça te prend !
Mari : J’y fais attention. Je ne veux pas qu’ils soient témoins de la dérive de notre vie de couple. Ils
ont assez de problèmes comme ça.
Femme : Tu appelles ça une vie de couple ? C’est de la cohabitation, tout au plus ! Et ne me dis pas
que les enfants ont des problèmes. A leur âge, on n’en a pas vraiment…
Mari : Ils en ont, comme tout le monde, mais à leur niveau. Il faut qu’ils terminent leurs études…
Femme : De ce côté-là, ça ne va pas si mal.
Mari : Dieu merci ! Mais ça leur cause quand même des soucis. Et puis Louis est très ennuyé en ce
moment à cause de son club de foot.
Femme : Oh, le foot… C’est secondaire !
Mari : Peut-être, mais le sport c’est important. Pour la santé, d’abord, et pour l’équilibre.
Femme : Alors, tu devrais y aller !

Opération Canapé 7/42


Mari : Où ça ?
Femme : Te faire foot.
Mari : (s’énervant) Ah, ça suffit, ça va mal finir !… Tu voudrais que Louis passe toute sa jeunesse le
nez dans les bouquins et devienne mou comme… Comme…
Femme : Comme son père ? Sûrement pas !
Le mari se lève, excédé, une main levée.
Mari : Le jour où je te flanquerai une baffe, elle ne sera pas molle ! Et tu sauras que tu l’as cherchée !
Femme : Assieds-toi, tu sais bien que tu ne frapperas pas. Tu as beaucoup de défauts, mais pas
celui-là.
Le mari se rassoit.
Femme : Non, je n’ai rien contre le football. Mais pourquoi notre fils se fait-il tant de soucis ? Il n’est
pas dirigeant ni entraîneur, il n’a pas de responsabilités dans cette affaire !
Mari : Non, bien sûr, mais le club a de gros problèmes financiers, et il va disparaître si son président
ne trouve pas de solution. Pour Louis, ce serait terrible. C’est qu’il y a pris goût ! … Et il s’est fait des
copains…
Femme : Bon, je veux bien… Mais ce n’est pas tellement grave. Pour Claire, c’est plus important !
Mari : Tu dis ça pour soutenir ta fille. C’est exactement pareil !
Femme : Ma fille ? C’est aussi la tienne, on dirait que tu ne le sais pas. Je me souviens très bien que
tu étais présent le jour où on l’a faite !… Pour elle aussi, c’est un problème de fric. La troupe dans
laquelle elle joue est déficitaire et son administrateur pense à mettre la clé sous la porte.
Mari : (dédaigneux) Oh, le théâtre ! …
Femme : Ca vaut bien le football, c’est une occupation comme une autre ! Si Claire devait arrêter, elle
aurait du mal à s’en remettre et ça nuirait à ses études.
Mari : (ricanant) Tu dis cela, mais quand tu espérais hériter de l’argent de ma mère, il ne t’est jamais
venu à l’idée de renoncer à notre voyage au Mexique !
Femme : Ni toi de renoncer à acheter une nouvelle voiture !
Le mari se lève et fait le tour du canapé en parlant.
Mari : N’empêche, c’est curieux qu’à part ça (il montre le canapé) elle n’ait rien laissé. Ce canapé est
le seul meuble qu’elle possédait, puisque qu’elle habitait dans un appartement meublé…
Femme : Et elle n’a jamais voulu s’en séparer. Je me souviens que, quand elle a emménagé, la
directrice de la maison de retraite ne voulait pas qu’elle l’amène dans sa chambre. Il a fallu que tu
interviennes et que tu joues les avocats…
L’ambiance, agressive au début, devient peu à peu plus calme et plus sereine.
Mari : (souriant) Sacrée maman ! C’était une originale, mais une brave femme !
Femme : Je reconnais. Je l’aimais bien, dans le fond !
Mari : (fait le geste de creuser) Tu aurais dû aller dans le fond plus souvent !
Femme : Mais je ne comprends toujours pas. Elle a dû vider son compte avant son décès…
Quelques secondes de silence. La femme se lève, commence à faire le tour du canapé, mais s’arrête
brusquement, frappée par une idée.
Femme : Non d’un chien !
Mari : Qu’est-ce qui t’arrive ?
Femme : Le canapé !
Mari : Quoi, le canapé ?
Fin de l’extrait

Opération Canapé 8/42


Qui dort divan ! de Christophe Ussel
Personnages :
Elise, la pupuce.
Bruno, le roudoudou.
Un jeune couple d’une vingtaine d’années.
Décors :
Un canapé flambant neuf et un vieux fauteuil non assortis sur un tapis : un guéridon où repose un
magazine télé et une télécommande : une télévision sur un petit meuble en osier : le reste du décor
correspond à un jeune couple installé depuis deux ans.
Tard, le soir.
Elise et Bruno regardent la télé ; Elise est étendue sur le canapé au milieu de trois coussins, un
qu’elle tient contre son ventre, un écrasé sous sa tête, le dernier entre ses jambes ; Bruno est assis
dans le fauteuil.
C’est la fin du film, (on entend le générique de fin) : Elise s’étire pendant que Bruno d’un coup de
télécommande éteint la télé.
Bruno : Ce soir ca te dirait de dormir dans le canapé ?
Elise : Pourquoi faire ?
Bruno : Je viens de te le dire : dormir.
Elise : Peut-être, mais pourquoi faire ?
Bruno : Pour dormir, ma pupuce ! Pour dormir... ronfler, je ne sais pas, moi.
Elise : Pourquoi veux-tu ronfler, dormir dans le canapé ? Tu peux aussi bien le faire dans ton lit ! Toi,
tu as quelques chose derrière la tête.
Bruno : Non, non, ma pupuce, ne fantasme pas. Nous avons acheté un canapé c’est aussi pour y
dormir, non ?
Elise : Pas nécessairement. Et si ce canapé ne faisait pas lit, qu’aurais-tu dit ce soir ?
Bruno : Le problème ne se serait pas posé. Déjà, cela n’aurait pas été un canapé, mais un divan.
Elise : Quelle différence ça fait ?
Bruno : Un divan, c’est pour s’allonger, un canapé c’est pour dormir.
Elise : Je vois.
Bruno : Tu vois quoi ?
Elise : Monsieur joue sur les mots. Cela dit un divan et un canapé sont avant tout faits pour s’y
asseoir, non ?
Bruno : Vrai, mais le canapé offre une option non négligeable, il fait lit.
Elise : Certains canapés font lit, comme celui-ci qui est un convertible.
Bruno : Puisque nous sommes sur la même fréquence, je répète ma question : pourquoi ne
dormirions-nous pas ce soir dans ce canapé ?
Elise : Et moi je réponds : pourquoi faire ?
Bruno (se lève) : Pour dormir ma pupuce, pour dormir, pour dormir ! Tout simplement ! Comme dans
un lit.
Elise : J’entends bien, mon roudoudou.
Bruno : Si tu entends bien, allons nous coucher dans le canapé.
Elise : Pourquoi faire ? Nous avons un lit.

Opération Canapé 9/42


Bruno : Avec le canapé, nous avons deux lits.
Elise : Nous avons un canapé qui fait lit occasionnellement et un lit à demeure.
Bruno : Dans ce cas, nous pouvons dormir occasionnellement dans le canapé. Ce canapé est neuf,
nous pourrions y dormir, non ?
Elise : J’entends bien, mais pourquoi faire ? Quel intérêt de dormir dans le canapé puisque nous
avons un lit ?!
Bruno : Quel intérêt d’avoir un canapé qui fait lit si ce n’est pas pour dormir dedans ?
Elise : Nous n’en n’avons pas l’occasion.
Bruno : Je t’en donne l’occasion, ma pupuce.
Elise : Pourquoi faire ? Nous avons un lit qui nous en donne l’occasion tous les soirs. C’est sa
fonction principale, même.
Bruno : Dans ce cas, quel intérêt d’avoir un canapé qui fait lit ? Il ne sert à rien ce lit ?
Elise : Si, à dormir tous les soirs et à se réveiller tous les matins dedans.
Bruno : Je parlais du lit du canapé, ma pupuce.
Elise : Oui et alors ?
Bruno : Je disais : quel intérêt d’avoir un canapé qui fait lit si on ne s’en sert pas ?
Elise : De quoi, du canapé ?
Bruno : Du lit.
Elise : On s’en sert tous les soirs, mon roudoudou, du lit.
Bruno (soupire et arpente le salon) : Du lit dans le canapé, ma pupuce ! Ce canapé fait lit, alors à
quoi il sert ce lit dans le canapé si on ne s’en sert pas ?
Elise : Pour le cas où. Quand nous aurons du monde.
Bruno : Ma pupuce, le monde se limite à la famille ; elle est éloignée et vient peu souvent.
Elise : Eh bien à ce moment -là, nous dormirons dans le canapé.
Bruno : Pourquoi attendre ? Moi, je te propose de dormir dans le canapé dès ce soir.
Elise : Pourquoi, tu attends du monde ?
Bruno : Mais personne ne vient !
Elise (se redresse pour s’asseoir) : Tant mieux, si ta mère débarque, elle inaugurera le canapé. Elle
est toujours en transit, ça vaut pas le coup de lui passer notre lit pour une nuit… (répartit les coussins
à ses côtés).
Bruno : Mais personne ne débarque !
Elise : Alors le problème ne se pose pas.
Bruno : Le problème c’est que ce canapé ne sert à rien. Mieux valait acheter un divan.
Elise : Pourquoi faire ?
Bruno : Comme ça, on ne serait pas tenté de dormir dans un canapé, voyons !
Elise : Toi, tu es tenté de dormir, pas moi. Avoir un canapé n’implique pas nécessairement d’y dormir.
Bruno (s’assoit près d’Elise et frappe le canapé) : Il fait lit ce canapé, tu comprends ça ? Je te
propose de dormir ce soir dans notre canapé-lit. C’est aussi simple que ça.
Elise : Non, ce n’est pas si simple. Nous avons un lit. Pourquoi se compliquer la nuit ?
Bruno : Bien... Je vais procéder autrement... (lui prend ses mains entre les siennes)... Pourquoi
t’allonges-tu quand tu regardes un film ?
Elise : Parce que tu préfères le fauteuil. J’en profite pour détendre mes jambes.
Fin de l’extrait

Opération Canapé 10/42


L’attaque du clic-clac de Alain DUMAS-NOËL
Personnages :
ELLE
LUI
Le Clic-Clac
La pièce principale d’un appartement. Au milieu, contre le mur, un canapé convertible, ouvert. La
porte s’ouvre, un jeune couple entre
LUI : Voilà, c’est ici !
ELLE : C’est là… ?
LUI : Eh oui : ici, c’est là !
ELLE (Emue) : C’est…
LUI : C’est chez nous, mais oui : chez toi, chez moi : chez nous, quoi, mon amour !
ELLE (Exaltation retombée) : Ah…
LUI : Ca ne te plaît pas… ?
ELLE : Si, si : mais si… !
LUI : Je ne sais pas, d’un seul coup, tu as l’air… comme déçue ?
ELLE (Mollement) : Non : mais non, pas du tout !
LUI (L’entourant d’un bras) : C’est trop haut, peut-être ?
ELLE : Non, le troisième, cela peut aller, quand même !
LUI : C’est trop loin du centre… ! : Mais tu as vu, dans la rue, il y a plein de commerces !
ELLE : Oui, et pas seulement de l’alimentation, d’ailleurs !
LUI : Et le marché le mercredi et le samedi, juste sur le boulevard !
ELLE : Exactement…
LUI : Ah ! C’est le métro, peut-être, qui te gêne ? Pour aller, disons chez ta sœur, tu risques d’avoir au
moins deux changements, c’est cela qui t’effraie ?
ELLE : Non, elle n’habite pas si loin que ça, on peut y aller à pied !
LUI : Alors, tout va bien ?
ELLE : Oui… (Elle se lance : ) Mais cela aurait été bien qu’on le choisisse ensemble, notre premier
appartement, voilà !
LUI : Je suis bien d’accord avec toi, seulement tu sais bien que cela n’était pas possible ! Tu connais
l’état du marché, il ne se loue pratiquement plus rien, des deux-pièces en tout cas, il y en a très peu !
ELLE : Oui, je sais bien…
LUI : Non, je t’assure, c’était à saisir : c’est du reste exactement ce que le type de l’agence m’a dit…
ELLE : Et on n’aurait pu attendre un jour ou deux, pour le saisir ensemble ?
LUI : On risquait de le voir filer, dans ce quartier en plus, il paraît…
ELLE (Un peu lasse, mais compréhensive) : Bon, alors tu as bien fait ! (Un temps ; Soupir, elle
l’embrasse : ) Excuse-moi, je suis bête, bien sûr que tu as eu raison ! C’est vrai que c’est très, très,
bien, ici – Tu verras comme on y sera heureux…
LUI : Tous les deux… !
ELLE : Mais je veux ma revanche : la déco, c’est moi qui m’en occupe !
LUI : Bon, mais je veux une voix consultative, quand même !

Opération Canapé 11/42


ELLE : Accordé… ! (Yeux à demi fermés, elle voit le décor : )
Des grands rideaux de couleur pâle, un peu écrus, tu vois ? Là, deux fauteuils face à face, ici derrière
la bibliothèque d’un mur à l’autre… Et là, le lit, notre grand lit à deux places, sur son socle… (Elle
sursaute : ) Mais qu’est-ce que c’est que ce machin ?
LUI : Tu vois bien, un canapé, ce qu’on appelle un clic-clac : c’est hyper-commode, pendant le jour tu
le replies, ça gagne de la place, du coup dans la chambre on fait un bureau atelier, tu pourras
dessiner tout à ton aise, en plus tu auras une vue superbe !
ELLE : Oh ! Non : tu aurais pu m’en parler, au moins ! : Ou alors, c’était à saisir, aussi ?
LUI : C’est mon frère qui nous le donne, avec la naissance de leur troisième ils n’ont plus la place –ça
leur servait de lit d’appoint…
ELLE (Prenant sur elle) : Bon, bon, bon… (Pour se calmer, elle va sur le balcon)
LUI (Se dirigeant vers la cuisine) :
Allez, je nous sers à boire ! Quand je suis passé, hier, j’ai mis un peu de liquide au frais !
ELLE (Rentrant) : Ca, par contre, c’est une excellente idée !
LUI (Revenant dans le salon) :
Tiens, tu l’as bougé ?
ELLE : Quoi donc ?
LUI : Le canapé….
ELLE : Non…
LUI : Mais si, je le vois bien, enfin : il était davantage au centre…
ELLE : Je n’y ai pas touché, je ne l’ai même pas regardé !
LUI : Ah… Il m’avait semblé… : Bon, à notre santé ! A nos amours ! (Ils boivent). Tout de même, je ne
vois pas pourquoi tu refuses d’admettre que tu as poussé le clic-clac de cinquante centimètres, ce
n’est pas une affaire !
ELLE : Mais enfin, puisque je te dis que je n’y ai pas touché, je n’ai d’ailleurs touché à rien, tout le
temps que tu étais dans la cuisine, je n’ai fait que regarder dans la rue !
LUI (Badin) : On dit ça, et puis…
ELLE : Puisque je te dis…
LUI : Mais ce n’est pas un reproche que je te fais…
ELLE : Il ne manquerait plus que cela, tiens !
LUI : … Simplement, il a changé de place, oh ! pas de beaucoup, mais quand même, je ne suis pas
fou !
ELLE : Je t’assure que je ne m’en suis occupée à aucun moment, de ton machin, là : je le trouve
tellement laid !
LUI : Laid ? Il vient de chez un fabricant spécialisé, ils l’ont payé je ne sais pas combien, c’est un
designer qui l’a créé…
ELLE : Tu sais bien que j’ai horreur du vert : en particulier de ce vert-là, ça me fait penser à je ne sais
même pas quoi, mais je trouve ça horrible…
LUI : Sérieusement ? C’est à ce point-là ?
ELLE : Sans rire !
LUI : Alors, tu sais ce qu’on va faire pour arranger le problème ?
ELLE : Je n’ai pas dit que c’était un problème, j’ai simplement exprimé mon opinion sur ce meuble…
Fin de l’extrait

Opération Canapé 12/42


Réalité ! de Xavier LEFLOCH
Personnages :
Bob
Sam
Bob est affalé sur son canapé devant son poste de télévision. Un paquet sur le ventre, il pioche de
temps en temps une poignée de chips pour les mâcher bruyamment. Une canette est posée sur le sol
à ses pieds. Il fixe l’écran d’un air béat…
On frappe à la porte.
Bob (Sans même tourner la tête) : Ouais !... Entre !...
Sam (Ouvre la porte) Salut Bob !
Bob : …lut !
Sam : Ça va ?
Bob : Ouais…
Sam : Cool !... (Sam s’assoit au bord du canapé.) Qu’est-ce que tu regardes ?
Bob : Ça…
Sam : C’est quoi ?
Bob : Ça !
Sam : Une nouvelle émission ?
Bob : Ouais…
Sam : Deux mecs sur un canapé en train de regarder la télé, c’est un concept super cool !
Bob : Ouais ! La réelle-télé-réalité !
Sam : Cool ! (Il s’enfonce dans le canapé et prend une poignée de chips. Les deux amis regardent
l’émission sans rien dire. C’est cool la télé sans son ! (Il reprend des chips et adopte l’air béat de Bob)
Pourquoi les visages sont-ils floutés ?
Bob : Pour respecter l’anonymat…
Sam : Ah, oui ! J’ai lu dans le programme qu’un tirage au sort détermine qui sera filmé grâce à la
caméra miniature qui équipe tous les nouveaux décodeurs. C’est cool !
Bob : Ouais…Les deux amis mâchent des chips…
Sam : Ils ont vraiment l’air de deux crétins ceux-là !
Bob : Ouais !
Sam éclate de rire.
Sam : Ah, la honte ! On dirait deux vaches affalées en train de brouter des chips. La méga honte !
Fin de l’extrait

Opération Canapé 13/42


L’obsédé sexuel de Philippe ABSOUS
Personnages :
Docteur obsédé
Patient obsédé
Ginette Secrétaire résignée
Décor :
Le divan, une chaise et un bureau
Docteur – Bonjour jeune homme, asseyez-vous.
Patient – Je ne m’allonge pas ?
Docteur – Pas aujourd’hui, j’ai mal dormi, je prends la place.
Patient – Ah bon !
Docteur s’allonge, patient s’assoit dan le fauteuil du psy
Docteur – Si je m’endors, réveillez -moi à 55, j’ai un cocktail.
Patient – Bien !
Docteur – Bon. Je vous écoute. Ne parlez pas trop fort, c’est très mauvais pendant le premier
sommeil.
Patient – Très bien.
Silence
Docteur – Eh bien dites quelque chose ! Vous êtes là pour ça.
Patient – Je ne sais pas quoi dire.
Docteur – Au prix exorbitant que je vous demande, vous devriez… Ou alors, vous êtes malade !
Patient – Oui, docteur, je suis malade.
Docteur – Ah ! Ca va déjà mieux. Continuez !
Patient – Quand j’étais petit, j’imaginais que j’étais une espadrille !
Docteur – Oui !
Patient – Au chocolat !
Docteur – hum !
Patient au public – Il n’écoute pas. Ils n’écoutent jamais ce qu’on leur dit. Une espadrille au chocolat !
Enfin, celui-là, il ne cache pas son jeu, il prend ma place. Revenant à l’aplomb du Docteur qui
somnole : Je suis obsédé !
Docteur – Hum !
Patient – Obsédé, docteur !
Docteur – Oui, j’entends bien.
Patient – Obsédé, oui.
Docteur se lève brusquement : Sexuel ?
Patient – Oui, bien sûr, sexuel.
Docteur se recouche calmement – Ah ! Bon ! Continuez !
Patient – Comment ça, ? Ah ! Bon ?
Docteur – Ce n’est pas une maladie !
Patient – Ah bon !

Opération Canapé 14/42


Docteur – L’homme est obsédé sexuel, comme la mante est religieuse, l’avocat pourri et le notaire
véreux ! C’est dieu, Vishnu ou Bill Gates qui en a décidé ainsi… S’il fallait enfermer tous les obsédés
sexuels, il n’y aurait plus que des femmes en liberté.
Patient – Oh ! Tous les hommes… ?
Docteur – Tous !
Patient – Et aucune femme ?
Docteur – Je n’ai pas dit ça. J’ai dit qu’il ne resterait dans les rues que des femmes, … pas toutes les
femmes !
Patient – Evidemment !
Docteur – A part ça ?
Patient – A part ça, moi, quand je vois une femme, je n’écoute pas ce qu’elle dit, je ne pense qu’à ça !
Immédiatement je commence l’inventaire, je suppute la salope, j’envisage des escalades par la fesse
Nord, le butinage, telle une abeille besogneuse sur les seins familiers.
J’imagine une capote anglaise, une compagne de Russie, une guerre de Troie avec son mari, sa fille,
son grand-père, …
Docteur – Ah ! Vous êtes un bon, vous. Moi, je suis plus individualiste. Il appelle – Ginette !
Patient – Qu’est-ce que vous faites ?
Docteur – Une démonstration !
Ginette – Monsieur désire ?
Docteur – Toi !
Ginette – Mais monsieur, ce n’est pas l’heure, et puis c’est pas mon jour.
Docteur – Ah ! Bon. C’est à qui ?
Ginette – La femme du sous-préfet. Elle est arrivée. Je l’introduis ?
Docteur – Non ! Je le ferai moi-même !
Ginette – Je peux disposer ?
Docteur – Ginette, vous avez de belles citrouilles !
Ginette – Monsieur me l’a déjà dit !
Patient – Je m’excuse ! Qu'est-ce que vous entendez par citrouille ? …
Ginette – C’est un nouveau celui-là !
Patient – Mais docteur, vous voulez dire que, vous et madame… Et la femme du sous -préfet…
Docteur – Mais oui ! Qu’est-ce que vous imaginez ? Magistrats, curés, moralistes, notables, tous
passent derrière le paravent.
Patient – Le paravent ?
Docteur – Vous êtes un peu naïf, vous !
Patient – Oui, sans doute
Ginette – Les cocus se cachent derrière le paravent pour voir leur femme avec d’autres males, de
préférence des clochards, des minables… moi !
Patient – Ils sont fous !
Docteur – C’est mon invention. La thérapie du paravent. 100 € pour m’offrir leurs femmes devant
leurs yeux congestionnés ! Et pas déclarés à la Sécu !
Patient – Mais dites donc, c’est bien légal votre affaire ?
Fin de l’extrait

Opération Canapé 15/42


Sacré Charles ! de Jean-Marie CAUET
Personnages :
Albert Déménageur. Blagueur, pas très malin.
Henri Déménageur. Hargneux, plus costaud.
Fleur La voisine.
Mamie La dame âgée.
L’huissier Etriqué, lunettes, serviette sous le bras.
Le décor représente un grenier. On peut donc y mettre n’importe quels objets hétéroclites, dont un
sabot. Une ouverture, dans le mur, sur le côté, est censée donner sur un escalier. Au milieu, sur le
mur du fond, un grand portrait d’ancêtre.
Albert et Henri arrivent sur scène, sortant de l’escalier, en portant un vieux canapé.
Henri : Fais attention, bougre d’idiot ! … Doucement … Là !
Albert : Tu vas trop vite ! Où on le met ?
Ils vont le poser juste sous le portrait, à côté du sabot.
Henri : Pose-le. Il sera très bien là.
Albert : Tu crois ?
Henri : De toutes façons, on n’en a rien à cirer. La vieille a dit « dans le grenier », il est dans le
grenier, alors basta ! C’est que c’est drôlement lourd, ces vieux meubles.
Albert : T’as raison. D’ailleurs, je suis crevé ! Je vais m’asseoir puisqu’on a un siège maintenant !
Henri : Tu veux t‘asseoir là-dessus ? T’es gonflé !
Albert : (s’asseyant) Ah, non ! Réfléchis un pneu : je ne peux pas être gonflé puisque je suis crevé !
(rire bête)
Henri : Imbécile ! Tu trouves ça drôle ?
Albert : (ramassant le sabot, le montrant et riant de plus belle) Drôle, non, mais je trouve ça beau !
Henri : (faisant les cent pas devant le canapé) On a rempli un camion avec une partie des meubles
de la vieille, qui nous a dit de monter ce machin au grenier. Pourquoi qu’elle nous l’a pas laissé mettre
dans le camion avec le reste, tu as compris, toi ?
Albert : Moi je fais mon boulot, je ne cherche pas à comprendre. Mais c’est vrai que si elle
déménage et qu’elle ne veut plus du canapé, elle aurait pu le laisser où il était ! D’autant plus que cet
escalier n’est pas commode du tout. Il est vachement étroit. Dommage qu’on ne soit pas comme lui !
Henri : Qu’est-ce que tu veux dire ?
Albert : Si on était trois, ce serait plus facile (rire bête)
Henri : (s’énervant) T’as pas bientôt fini tes conneries ? … Avoue que c’est bizarre ce qu’on nous fait
faire. D’abord, c’est pas la vieille qui a choisi les meubles et qui nous a dit de les mettre dans le
camion, c’est un petit pète-sec qui n’avait pas l’air d’être chez lui. Et elle, elle nous a pris à part pour
nous demander de monter un canapé au grenier, en mettant un doigt devant la bouche pour qu’on
dise rien.
Albert : Qu’est-ce que t’en as à faire ? (tapant sur le siège à côté de lui) Cette saleté t’a fait souffrir,
alors rends-lui la pareille, assied-toi dessus !
Henri : Après tout, tu as raison, on n’est pas en retard !
Il se laisse tomber lourdement sur le canapé, à côté d’Albert. On entend un craquement. Il se relève
aussitôt.
Albert : Ben dis donc, tu t’es assis sur un ressort !
Henri : T’as pas entendu un craquement ?

Opération Canapé 16/42


Albert : Si. C’est pas un bruit de ressort, ça !
Henri : Laisse-moi tranquille avec ton ressort, mon problème, c’est le craquement.
Albert : (riant) Maintenant, tu as deux problèmes mais tu vas venir, en dernier ressort, à bout d’un !
Il se lève et va aider Henri qui soulève un côté du canapé pour regarder dessous.
Henri : C’est une planche qui est cassée. Zut alors !
Albert : Regarde… Il y a quelque chose qui est tombé de l’intérieur.
Henri : Ramasse-le, qu’est-ce que tu attends ?
Albert allonge le bras sous le canapé et ramène un petit sac. Ils reposent le canapé, s’assoyent
dessus délicatement. Albert ouvre le sac et en sort une poignée de pièces jaunes.
Albert : Non d’un chien ! On dirait …
Henri : (lui prenant le sac) On dirait des pièces d’or.
Albert : C’est pas possible !
Henri : Mais si, je t’assure, des pièces d’or ! Il y en a pour une fortune !
Albert : (se levant et mimant une bataille au sabre) Le trésor du canapé !… Les pirates du grenier !…
Qu’est-ce qu’on va en faire ?
Henri : On va les vendre. (exultant) On va être riche mon vieux. Fini de se fatiguer à déménager les
autres, on va pouvoir se reposer !
Albert : Mais ce n’est pas à nous !
Henri : C’est à celui qui l’a trouvé.
Albert : Après tout, tu as raison, personne ne sait que ça existe, alors on ne vole personne !
A ce moment, Mamie arrive. Albert cache précipitamment le sac dans ses vêtements pendant que
Henri se lève et se dirige vers elle.
Henri : On a fini m’dame. On se reposait un peu avant de redescendre.
Mamie : Vous avez raison. Ca doit être très fatiguant votre métier ! (Albert fait mine de se lever) Non,
restez encore un peu, vous avez le temps. D’ailleurs, je suis contente de vous. Je vois que vous avez
mis le canapé sous le portrait de Charles. C’est très bien : c’est lui qui me l’a légué.
Albert : (montrant le portrait) C’est lui, Charles ? C’est un parent à vous ?
Mamie : C’est … Ou plutôt c’était mon grand-père. Mon père est mort très jeune, alors c’est lui qui
m’a élevée.
Henri : C’est triste !
Mamie : J’ai été très triste quand il est mort, mais depuis j’ai toujours l’impression qu’il est resté, à
veiller sur moi. Je ressens sa présence. Tenez, ici, par exemple, autour de nous. (mimique d’Albert
qui cherche autour de lui). Je suis sûre qu’il nous regarde. Chaque fois que j’ai des ennuis, Charles
vient à mon secours. Un jour, un pot de fleurs est tombé d’une fenêtre. J’aurais dû le recevoir sur la
tête, mais au même moment j’ai trébuché et je suis tombée. J’ai seulement eu un bleu, alors que si
j’avais reçu le pot de fleurs je serais morte… Eh bien je suis certaine que c’est Charles qui m’a
poussée !
Albert : (admiratif, regardant le tableau) Sacré Charles !
Henri : ( id ) C’est pas croyable !
Mamie : Et pourtant ! … Et c’est son canapé, c’est pourquoi j’y tiens tant… Bon, c’est pas tout ça, je
vais demander à Fleur de vous monter un peu de café. Fleur, c’est ma voisine. On est amies depuis
longtemps. Elle vient m’aider de temps en temps parce je commence à me faire vieille et je ne tiens
plus le coup comme avant. Alors, elle fait des commissions pour moi ou des fois un peu de ménage.
Albert : C’est drôlement gentil de sa part !
Fin de l’extrait

Opération Canapé 17/42


Sur un canapé de Richard Desgagné
Adrien est assis sur un canapé et lit son journal. Entre Hortense qui se plante devant lui.
Hortense : Tu es assis, bien assis ?
Adrien : Comme tu vois. (Temps.) Tu as l’air chamboulé, ma chère.
Hortense : Je t’annonce, mon cher, que je suis engagée dans un renouvellement de ma personnalité.
Adrien : Ah ! Qu’est-ce à dire ?
Hortense : Tout est dit.
Adrien : C’est vague, Hortense. Trop vague pour moi. (Il continue de lire. Temps.) Tu vois un psi ?
Hortense : Ce que tu peux être convenu parfois !
Adrien : Mais c’est que je veux savoir ! C’est un psi, un curé ou un gourou. Et c’est la même chose.
Au fond, donc, ça n’a pas d’importance. Tu t’es engagée, ma fille. Et pas qu’un peu.
Hortense : D’abord, ne m’appelle plus ta fille. Je n’aime pas, tu le sais. (Elle s’assied à ses côtés.) Et
puis, tu ne changeras jamais. C’est un peu pour ça aussi…
Adrien : Je suis absolument conventionnel et je ne suis pas engagé dans un renouvellement de ma
personnalité, moi ! C’est comme ça. Je prends la vie comme elle vient. (Il lui donne un petit bec sur le
museau.)
Hortense : Tout ça, c’est très convenu
Adrien : Bon, que comptes-tu faire ? On ne s’engage pas dans une telle entreprise sans prendre des
mesures radicales.
Hortense : Tu es d’une ironie à couper au couteau.
Adrien : Et d’une mauvaise foi absolue. Je sais. Je n’y peux rien. Mais il me semble que tu n’as pas
besoin de renouveler ta personnalité. Je t’aime bien comme tu es.
Hortense : Moi, je ne m’aime pas tout à fait. Je veux dire que ma vie ne me comble pas.
Adrien : Ah ! Voilà où je commence à être concerné.
Hortense : Tu n’y es pas du tout.
Adrien : Non ? Pourtant, si tu n’es pas entièrement comblée, c’est que ta vie et notre vie à deux ne
sont pas tout à fait enrichissantes. Logique, non ? Donc, je suis concerné. Simple comme bonjour,
même si tu le cherches à le nier.
Hortense : Je ne cherche pas à le nier. C’est de la mauvaise foi ! Il faut toujours que tu ramènes tout
vers toi-même. C’est exaspérant.
Adrien : Pas du tout. Je constate. C’est l’évidence.
Hortense : Je cherche simplement un but à ma vie.
Adrien : (Il se lève avec fougue.) Jésus ! Pas ça !
Hortense : (Elle s’étend sur le canapé.) C’est tout à fait légitime et laisse ton Jésus en-dehors de ça.
Je veux arriver au bout de mon existence les bras chargés et la conscience tranquille. (Avec une
grande ironie.) Tu connais les mots existence et conscience, je présume ?
Adrien : Je connais, oui. Ce sont des mots comme les autres. Où veux-tu en venir ?
Hortense : À ceci. Tu es devenu un type qui vit sans méditer sur ce qu’il a vécu et ta conscience est
un seau troué. Voilà. Je crois avoir dit ce que je ressens profondément quand je te vois. Moi, je veux
plus. Je veux tout.
Adrien : (Il s’agenouille près du canapé et parle à Hortense face à face.) Qu’est-ce qui se passe ? Je
ne comprends plus. Tu es absolument inquiétante. (Avec lenteur.) J’aimerais que tu m’expliques ce
que tu comptes faire pour renouveler ta personnalité. Et comprends que j’ai tenté de ne pas mettre
d’ironie dans ce que je viens de te dire. C’est clair, Hortense ?

Opération Canapé 18/42


Hortense : Tout n’est jamais aussi clair que tu le prétends. D’abord, tu t’éloignes un brin. (Elle le
repousse avec délicatesse.) Et puis, tu m’écoutes. (Il revient sur elle.) Adrien, je veux te parler !
Adrien : Parle, bon Dieu, parle !
Hortense : Tu es trop près de moi, ça me gêne. (Elle le repousse encore une fois. Il résiste. Elle
change de position sur le canapé et s’assied.) C’est toujours si compliqué !
Assieds-toi.
Adrien : Je n’ai pas du tout l’intention de m’asseoir ! Je t’écoute.
Hortense : Assieds-toi.
Adrien : Hortense ! C’est un jeu idiot ! C’est carrément surréaliste et ridicule ! On dirait que tu vas
m’avouer que tu t’envoleras dans les nuages dans la seconde qui vient. Je ne peux pas accepter ce
jeu-là.
Hortense : Tu ne veux pas m’écouter. (Un temps.) Viens t’asseoir.
Adrien : Ce que tu peux être obtuse ! Je ne veux pas m’asseoir.
Hortense : Alors, tu veux être au-dessus de moi pour me juger.
Adrien : Ah bon ! Une autre accusation.
Hortense : Plutôt un constat. Je n’y arriverai pas. C’est impossible.
Adrien : J’ai plutôt l’impression que tu y arriveras et que tu briseras tout.
Hortense : Je ne briserai rien de ce qui n’a pas été construit !
Adrien : Nous y voilà donc !
Hortense : Hé oui ! Nous y voilà !
Adrien : C’est terminé ?
Hortense : Quoi ?
Adrien : Entre nous ?
Hortense : Tu es extrêmement conventionnel.
Adrien : Vas-tu le dire à la fin ?
Hortense : Je dirai quoi, à ton avis ? Que l’amour, c’est terminé ? Que je te quitte pour un autre ?
Que je me retire dans mes appartements ?
Adrien : Ah ! Je m’attendais à tout, mais pas à ça. À ce rien que tu ne dis pas.
Hortense : Tu aurais pu comprendre. Tu aurais pu au moins faire l’effort de comprendre. Il me semble
que la personne avec qui je vis aurait pu saisir ce que je suis encore incapable d’avouer.
Adrien : Tout revient encore une fois sur moi ! (Il se rapproche d’Hortense, lui prend la main.) Je ne
suis pas le bon Dieu. Je ne sais pas où tu veux en venir.
Fin de l’extrait

Opération Canapé 19/42


La Causeuse de Bernard Lancourt
Durée approximative : 15 minutes
Distribution :
Sofia : Vieux canapé, rapiécé et tâché.
Marcel : Homme de soixante ans. Veuf.
Madeleine : Fiancée de Marcel
Décor : Un vieil appartement avec une salle à manger sans chaises. En avant, un canapé avec une
table basse.
Costumes : de ville.
Public : Tous.
Synopsis : Marcel reçoit sa fiancée pour la première fois. Dès le lever du rideau, il est évident que
cette visite sera une tragédie.
Le rideau se lève sur le salon d'un appartement. En avant de la scène se trouve un vieux canapé
rapiécé et tâché. Le bois de la traverse supérieure du dossier, du piètement et des accotoirs est
vermoulu et perd son verni. Le tissu du dossier et du siège est usé jusqu'à la trame. Devant le canapé,
une table basse. Cette table assez large est servie pour le thé. Derrière, dans le fond de la pièce, une
petite salle à manger qui, étrangement, ne contient pas de chaises.… Le reste du mobilier contient,
entre autre, une haute pendule.
Apparaît Marcel M., un homme d'environ soixante ans, chauve, de taille moyenne, encore droit. Il est
vêtu d'un vieux costume trop étroit. Il se dirige vers la table basse, y arrange les chandeliers. Ceci fait,
il fait un pas en arrière et contemple le tout, satisfait.
Scène 1. Marcel, Sofia
Marcel - (S'arrangeant la cravate, il s'adresse au canapé) Comment me trouves-tu, Sofia ?
Sofia - …
Marcel - Merci. C'est que je veux être très séduisant pour la première visite de Madeleine. Tu es sûre
que ça va ? Tu ne dis pas ça pour me faire plaisir ?
Sofia - …
Marcel : Alors c'est parfait !
Sofia : …
Marcel : Toi aussi, bien sûr ! Veux -tu que je te donne un petit coup d'aspirateur ?
Sofia : …
Marcel : Non ? Comme tu voudras.
Sofia : …
Marcel : Comment qu'elle est Madeleine ? Voyons. Elle ne voit pas très bien…Oh ! Elle voit ! Mais sa
vue est un peu faible… Elle n'entend plus beaucoup… Pourtant il reste encore en elle de la jeunesse.
De la vie ! De l'amour ! Du moins, je l'espère. Elle est érudite. Elle lit et parle bien. Elle est aussi très
élégante, tu sais ? Elle fume des cigarettes à bout doré.
Sofia : …
Marcel : Oui, oui ! Je sais ! Ne t'en fais pas ! Tu vois, je n'ai même pas sorti le cendrier.
Sofia : …
Marcel : (Avec impatience) Très bien ! Si tu veux ! Je lui dirai de ne pas fumer. Madeleine sera
compréhensive.
Sofia : …

Opération Canapé 20/42


Marcel : Moi aussi, Sofia, j'ai beaucoup souffert de tes brûlures, figure-toi ! Tu sais, si je ne me suis
pas remarié après la mort de Marie, c'est à cause de cet horrible accident. Les remords ne m'ont pas
lâché… Si je t'avais écoutée ce soir-là, et avais demandé à Marie d'éteindre sa cigarette, comme tu
m'en avais prié, elle ne t'aurait pas mis le feu en s'endormant… Et toi, tu n'aurais pas eu à subir, ces
piqûres, ces retouches, ces altérations, enfin toutes ces opérations qui t'ont marquée.
Sofia : …
Marcel : Je sais que tu ne m'en a jamais voulu.
Sofia : …
Marcel : Oui. Tu as raison. La pauvre Marie a payé bien cher sa négligence. Je suis persuadé que la
présence du clou qui lui a percé la nuque fut le résultat de l'oubli criminel de l'ébéniste qui t'avait mal
rafistolée. Ceci ne serait pas arrivé si elle n'avait pas fumé et si tu n'avais pas été brûlé. Pauvre fille !
Je me revois encore, rentrant du bureau. Et soudain, je l'aperçois là, la tête rejetée en arrière sur ton
dossier. Immobile. Rigide. Glacée. Littéralement clouée. Crucifiée. Un vrai Christ sur canapé. Ah !
C'est horrible !
Sofia : …
Marcel : Évidemment que personne n'est responsable. Juste une série de malheureux accidents.
Sofia : …
Marcel : Tu as raison. N'en parlons plus. Et puis, aujourd'hui, je ne veux pas être triste ! Tu sais,
Sofia, cette fois, je crois que c'est sérieux…Je suis amoureux… Alors, je voudrais tant que Madeleine
te plaise…
Sofia : …
Marcel : Oui. Je sais. Ce que j'en dis, c'est que j'aimerais que toi et elle… enfin… elle et toi … que
vous vous entendiez bien…Parce que… tu sais… tôt ou tard… elle et moi… et toi… Enfin, tu
comprends…
Sofia : …
Marcel : Ce que je veux dire c'est que chaque fois que j'invite ici une amie, tu arrives toujours à
t'arranger pour qu'elle ne soit pas à son aise. La dernière fois avec Solange, tu n'as pas cessé
d'émettre tout un tas de sons et de craquements qui ont fini par la persuader que la maison était
hantée.
Sofia : …
Marcel : (Ironique et impatient) Oui, je sais, ce n'est pas toi. Alors qui est-ce ? La pendule peut-être ?
Sofia : …
Marcel : Bon. Passons. Et Jeannette, la dactylo ? Te souviens-tu ? La petite brune avec les grosses
lunettes noires. Chaque fois qu'elle s'asseyait tu lui foutais des coups d'accotoir…. Elle a fini par se
sauver.
Sofia : …
Marcel : Sofia, ne mens pas ! Tu en es parfaitement capable ! Si tu sais me parler, ce que certains
trouvent déjà bizarre, tu peux certainement t'arranger pour bouger tes bras et même tes pieds.
Sofia : …
Marcel : Ah ! Bon ! Parce que tu vas encore me dire que tu n'y es pour rien dans l'accident de la
veuve Pinsot !?
Sofia : …
Marcel : Ce n'est pas toi qui lui a fait un croche-pied !?
Sofia : …
Marcel : Pourquoi ? Parce qu'elle m'avait reproché d'avoir un vieux canapé brûlé et mal rebouté, en
l'occurrence, toi !
Fin de l’extrait

Opération Canapé 21/42


Le Canapé-mètre de Fred VALLADARES
Sur scène, un canapé équipé d’un parcmètre. C’est le seul endroit à des kilomètres où il est autorisé
de s’asseoir. Et ce n’est qu’une fois assis que l’on a l’autorisation de lire et de parler. Un gardien est là
pour contrôler le bon déroulement de l’utilisation du canapé.
Pour avoir l’usage du canapé, il faut mettre des pièces de monnaie et présenter son postérieur face
au parcmètre, ce qui délivre un code barre, une « reconnaissance magnétique fessale ».
Le contrôleur possède un lecteur de code barre. Lorsqu’il y a une infraction, il fait appel à un super flic,
style Robocop, qui est là pour verbaliser, arrêter, voire éliminer les fraudeurs.
Deux personnes, Tic et Tac, sont assises sur le canapé. Le contrôleur surveille. De temps en temps,
sur scène, passent des personnages qui attendent leur tour. Ils sont visiblement harassés, épuisés.
Tic : Vous rendez-vous compte que cela fait trois jours que j’attends mon tour pour enfin profiter du
canapé ?
Tac : Pour ma part, j’ai bien peur que ce soient les dernières minutes. J’en avais pris pour une heure
et demie en espérant au moins discuter avec quelqu’un… personne. Alors j’ai dormi. Vous avouerez
que c’est jouer de malcha..
Contrôleur : Stop !!... Monsieur, levez -vous ( il passe le lecteur magnétique sur les fesses de Tac)
votre temps est épuisé, allez ouste !
Tac : Je…
Contrôleur : Un mot de plus et je verbalise !
Tac : Mais…
Contrôleur : Vous l’aurez cherché ! (fort) Sécurité !
Flic : (il entre) – Vous m’avez appelé ?
Contrôleur : Cet énergumène continue de parler alors qu’il a épuisé son temps de parole !
Tac : C’est tout de…
Flic : (sort son arme, tire sur Tac qui reste statufié) -La loi c’est la loi. Encore un de ces
révolutionnaires fauteurs de trouble !
Contrôleur : Cela devient de plus en plus difficile de faire respecter la loi ces temps-ci !
Flic : Oui, et bien avec moi, elle va être respectée, croyez-le !... Encore deux et j’ai ma prime. (il sort
Tac en le portant ) Allez, au générateur d’énergie !
Contrôleur : C’est toujours ça de gagné pour recharger les accumulateurs du canapé… (fort) Une
place s’est libérée !
Arrive un personnage, Pic, qui a une béquille. Il a beaucoup de difficultés pour avancer. Un autre,
Pac, le dépasse et met des pièces dans le parcmètre, colle ses fesses et s’assoit.
Pic : Salaud, j’étais là avant vous !... Contrôleur, faites quelque chose !

Contrôleur : -Monsieur, je vous rappelle que vous n’êtes pas assis, donc vous n’avez pas
l’autorisation de parler. Un mot de plus et j’alerte la sécurité !

Pic : Quoi ? C’est trop…

Contrôleur : (fort) Sécurité ! Alerte !!!

Flic : (entre l’arme au poing)Handicapé et fraudeur, de mieux en mieux ! Vous êtes en état
d’arrestation !
Pic : Merde c’est la …Ah! Ah ! Ah ! (il tombe, portant la main à son cœur. Il tombe raide mort )

Opération Canapé 22/42


Flic : (vérifie s’il est mort)Il aurait pu attendre que je tire, le con, ma prime est calculée en fonction des
coups tirés !
Pac : Moi, je n’y suis pour rien.
Tic : (à Pac)Vous n’avez pas à vous en faire, vu son état, ses jours étaient comptés.
Contrôleur : Vous n’avez qu’à tirer un coup en l’air !
Flic : Vous croyez que ça marche comme ça vous ? Il faut justifier chaque tir. Alors vous comprenez
bien que si je n’ai pas le même nombre de corps que de coups tirés, on ne me compte pas de points.
Contrôleur : N’importe comment, il faut nous débarrasser du corps. Avec cette chaleur, en quelques
heures il va sentir.
Flic : -Voilà à quoi je suis réduit, technicien de surface. Si c’est pas malheureux ! ( il sort le corps)
Tic : Il y a longtemps que vous attendiez ?
Pac : Non, je viens juste d’arriver. A vrai dire, je suivais ce monsieur. Avec sa béquille, je me doutais
bien qu’il m’amènerait jusqu’au canapé… Dites donc, on y est drôlement bien dedans, et climatisé en
plus !
Tic : Quelle idée il a eu de vouloir traverser avec ce handicap. Déjà pour une personne en bonne
santé c’est difficile, alors !
Pac : Et c’est la seule étape à des kilomètres ! Sinon vous allez où ?
Tic : -J’ai entendu parler d’une région plus au sud, où il est permis de parler et de se reposer
n’importe où, sans aucune interdiction. Le problème, c’est qu’il n’y a que deux étapes canapé pour
faire la traversée.
Pac : Oui, il faut bien calculer son coup !
Tic : -C’est sûr, en plus le prochain canapé se trouve à trois jours de marche.
Pac : La liberté a un prix !
Contrôleur : (s’adressant à Tic)Et le temps de monsieur aussi a un prix. Veuillez vous lever ( il passe
le lecteur magnétique sur les fesses) Il ne vous reste que quelques secondes !
Pac : Vous êtes là aussi pour écouter la conversation des autres ?
Contrôleur : Ici, je fais ce que bon me semble, et je vous emmerde mon cher !
Tic : (à Pac) Allez, bonne chance ! (il se lève et s’en va, avant de sortir il fait un bras d’honneur au
contrôleur)
Pac : C’est à vous qu’il faut dire bonne chance… ( au contrôleur) -Là, vous ne pouvez pas intervenir, il
n’a pas parlé !
Arrivée de monsieur Ouf
Ouf : (mes des pièces dans le parcmètre et s’assoit) Ah, tout de même, ah !!!! (long soupir de
soulagement. Il enlève ses chaussures, se met à l’aise) Ca fait du bien ! Bonjour monsieur. Dites, j’ai
entendu parler d’une région où tout était permis, où l’on pouvait s’asseoir quand bon nous semble et
aussi parler n’importe où n’importe quand, une totale liberté si vous voulez ?
Pac : Justement, le monsieur qui vient de laisser la place se rend dans cette région.
Ouf : Vous y croyez vous ?
Pac : Ce sont des « on dit ». Moi, tant que je n’ai pas la preuve !
Ouf : Il est pas mal ce canapé. Cela fait deux jours que je marche, j’ai dû perdre quatre kilos !
Fin de l’extrait

Opération Canapé 23/42


L’autodafé de canapé de Claude SORET
Durée approximative : 15 minutes
Distribution : Elle et Lui
Décor : Aucune indication
Costumes : Aucune indication.
Public : Tous.
Synopsis : Un couple transporte un canapé pour qu'il soit détruit, ordre du gouvernement !.
Un couple entre sur scène côté cour en portant un canapé.
L'homme est devant et tourne le dos à sa compagne qui apparemment a bien du mal à porter la
charge.
Lui : Allez ! Avance !
Elle : Doucement ! Je n'en peux plus !
Lui : Dépêche-toi on nous regarde !
Elle : Où ça ? J'vois personne !
Lui : Mais si ! Regarde aux fenêtres ! Ils sont tous derrière leurs rideaux !
Elle : Et alors on ne fait rien de mal !
Lui : Comment ça on ne fait rien de mal !
Elle : Ben quoi, il est à nous ce canapé !
Lui : Justement ! Allez ! Avance !
La femme s'arrête.
Elle : Ah je n'en peux plus ! Il faut que je m'arrête une seconde pour souffler !
Lui : Pas question ! Je ne veux pas que la milice nous tombe dessus !
Elle : Qu'est-ce qu'elle pourrait nous reprocher ! On fait ce que le CSA demande !
Lui : Oui mais avec un jour de retard. Je te rappelle que l'ultimatum du Comité de Sanction de
l'Audience était fixé à hier minuit.
Elle : Ce n'est pas pour quelques heures de retard que le CSA va nous punir.
Lui : On voit que tu ne les as pas encore vu à l'œuvre !
Elle : Ah ! Tant pis ! Je n'en peux plus !
Elle laisse tomber l'extrémité du canapé.
Lui : Si on se fait choper ça sera de ta faute !
Elle : J'm'en fiche ! J'en peux plus ! Ils n'ont qu'à le porter eux-mêmes après tout ! Moi je l'aime bien
ce canapé ! Je n'ai aucune envie de le foutre en l'air !
Lui : Chut ! Tais toi ! Tu es folle ! On pourrait nous entendre !
Regarde leurs visages ! Ils meurent tous d'envie de nous dénoncer !
Elle : Ils meurent de jalousie oui ! Regarde le petit vieux là-haut, on lit de la tristesse et de la
compassion sur son visage !
Lui : De la compassion tu parles ! Des envies de délation, oui plutôt ! Pour la prime, tout le monde est
prêt à tout ! Comment crois-tu qu'ils ont su que le boucher avait gardé ses fauteuils !
Elle : Garder ses fauteuils ! T'avoueras quand même que c'était complètement insensé !
Lui : Il paraît que c'était un membre des [Link] !
Elle : Des Brigades Anti-Télé… le boucher !

Opération Canapé 24/42


Lui : Chut plus bas ! Décidément tu veux finir au poste.
Elle : Après l'épuration du mois dernier, tu crois qu'il reste encore des gens assez fous pour résister
au CSA ?
Lui : Tu sais, des fous il y en a toujours eu et il y en aura toujours !
Elle s'assoit sur l'accoudoir du canapé.
Lui : Tu es folle, qu'est-ce que tu fais ?
Elle : Oh mais rien de mal, je me repose deux minutes ! C'est pas interdit tout de même !
Lui : De se reposer non ! Mais sur un canapé, oui !
Elle : A les entendre, il faudra qu'on dorme sur des planches à clous comme les fakirs !
Lui : Dormir, dormir ! Tu parles d'un mot ! Il y a bien longtemps que je ne sais plus ce que ça veut dire
! Avec les cachets qu'ils nous donnent pour nous maintenir éveillés.
Elle : Ah une bonne nuit de sommeil de trois heures ! Je n'ose même plus en rêver.
Lui : Ah malheureuse ! Tais-toi ! Tu veux qu'on en prenne pour perpette.
Elle : Quoi qu'est-ce que j'ai dit encore !
Lui : Tu sais bien qu'il y a des mots qu'on n'a plus le droit de dire !
Elle : Ah leur foutue liste ! Je n'arrive jamais à la retenir ! (plus bas) Lequel j'ai dit ?
Il regarde autour de lui et lui chuchote à l'oreille.
Lui : "Rêver" !
Elle : Quoi ! Il est aussi dans la liste !
Lui : Oui ! Avec tous les autres !
Elle : Ah je tombe de fatigue. Dire qu'on a encore cinq heures de programme à regarder avant d'aller
au lit.
Lui : Moi aussi j'ai une de ces envies de dormir.
Elle : Dis chéri !
Lui : Oui !
Elle : "Dormir" : il n'est pas non plus sur leur liste !
Lui : Ah mon dieu ! Il faut vite y aller ! Quelqu'un a dû nous entendre !
Elle : Encore une minute, s'il te plait ! De toute manière, arrêtés pour arrêtés, autant profiter encore
un peu de notre canapé ! On ne sait pas quand on va le retrouver !
Lui : Moi je sais ! Jamais !
Elle : Mais qu'est-ce qu'ils en font de tous ces canapés ?
Lui : La plupart sont détruits.
Elle : Quel gâchis tout de même !
Lui : D'après ce qu'on m'a dit les convertibles sont brûlés sur le champ !
Elle : Ah ! J'avais raison quand on l'a acheté, un canapé fixe, c'est mieux ! Toi tu voulais absolument
un convertible !
Tu vois même le CSA est de mon avis !
Lui : Oui c'est sûr qu'aujourd'hui, il ne vaut mieux pas se faire prendre avec un convertible dans son
salon ! Pauvre voisin !
Elle : Pourquoi tu dis ça !
Fin de l’extrait

Opération Canapé 25/42


Un canapé attachant de Claude SORET
Durée approximative : 15 minutes
Distribution : Elle, Lui et le Docteur
Décor : Aucune indication
Costumes : Aucune indication.
Public : Tous.
Synopsis : Les canapés de nos jours sont des êtres si fragiles !
Un couple entre sur scène. Un canapé fait office d’unique décor.
Elle : Voilà tout le monde est parti.
Lui : C’était vraiment une bonne idée de faire ce petit apéritif. On a passé un bon moment.
Elle : C’est sûr que pour toi, tout c’est bien passé. Tu n’as rien fait de la soirée. T’es resté le derrière
enfoncé dans le canapé et pendant ce temps bobonne les tartinait elle, les canapés.
Lui : J’ai servi le champagne.
Elle : Ah Monsieur a servi le champagne, la belle affaire ! Heureusement que Gisèle est venue
m’aider en cuisine pour faire un peu de rangement sinon je crois que je t’aurais étranglé devant tout le
monde !
Lui : C’est ta sœur qui a insisté pour t’aider. Avec le plateau de petits fours qu’elle s’est enfournée,
elle pouvait bien te donner un coup de main. Et puis il fallait bien que l’un de nous deux reste avec
nos invités.
Elle : Nos invités : mon frère et ma sœur ! Nos invités ! On aura tout entendu ! Je n’ai pas dû rester
assise plus de cinq minutes avec ma famille ! Tu parles d’un plaisir !
Lui : Il faudrait savoir ce que tu veux, tu dis toujours que je fais la gueule quand ton frère et ta sœur
viennent à la maison !
Elle : Oui il faut reconnaître que là tu t’es surpassé !
Lui : J’ai fait la conversation !
Elle : Oui surtout avec la fiancée de mon frère !
Lui : Oh cette Caroline, quel numéro ! Je l’ai vraiment trouvée sympa !
Elle : Le contraire m’aurait étonné. Tu n’as eu d’yeux pour elle !
Lui : Voilà c’est reparti. Avec toi on ne peut vraiment rien dire.
Elle : Tu crois peut-être que je n’ai pas vu ton petit manège ! Caroline par-ci, Caroline par-là !
Lui : Cela m’aurait étonné que tu ne fasses pas la tête à un moment de la soirée !
Elle : Non mais tu as vu comment tu l’as regardée. On aurait dit un coq qui a trouvé un ver ! Ah
Monsieur est discret ! Tu as de la chance que mon frère ne voit jamais rien sinon bonjour les
histoires !
Lui : Et toi tu vois tout ! Qu’est-ce qu’il y a de mal à trouver sa future belle-sœur sympathique ?
Elle : Sympathique et mignonne. Tu crois sans doute que je ne t’ai pas vu reluquer ses cuisses. Faut
dire aussi que c’est pas une jupe qu’elle portait c’était un mouchoir de Cholet. Et Monsieur n’a rien
perdu du spectacle, il s’est installé sur son canapé, bien en face de Mademoiselle la pin-up, les yeux
collés au hublot.
Lui : Désolé mais entre les jambes de Caroline et les jambons de Gisèle, c’est vrai, il y a pas photo.
De toute façon, pour parler à une personne c’est quand même plus facile et plus poli d’être assis en
face d’elle !

Opération Canapé 26/42


Elle : Surtout quand on prend soin de l’installer sur le pouf bien mou. Comme ça on est certain d’avoir
la meilleure vue. Et toi non plus tu n’en as pas perdu une miette du mouchoir de Cholet.
Lui : Elle est jeune, elle s’habille jeune. Tu ne vas tout de même pas me mettre sur le dos la mini-jupe
de Caroline. Ce n’est pas moi qui fait la mode. En plus ça lui va bien ! C’est sûr que toi…
Elle : Quoi moi ?
Lui : Eh bien rien, tu ne t’habilles pas à Cholet c’est tout !
Elle : Non chez Chanel !
Lui : Inutile de me le rappeler. Je vois encore l’étiquette du prix.
Elle : Ca m’aurait étonné que je n’en entende pas parler. Pour une fois que je me fais plaisir en
achetant un tailleur de marque !
Lui : Ce n’est pas le tailleur qui fait les belles jambes !
Elle : Ah !
Lui : ….
Elle : Ah qu’est-ce c’est que ça ? C’est pas vrai ! Non c’est pas possible !
Lui : Quoi !
Elle : Là !
Lui : Quoi là!
Elle : Là sur mon canapé !
Lui : …
Elle : Une tâche !
Lui : Où çà !
Elle : Mais là sur l’accoudoir !
Lui : …
Elle : C’est pas possible ! Mon canapé ! Il est foutu !
Lui : Mais non, n’exagère pas ! Un coup de détachant et ça sera parti !
Elle : Un coup de détachant ! Tu m’en fais un beau coup de détachant ! Ca va faire une auréole ! Non
mais quel est le sagouin qui m’a fait une tâche là ! C’est gras ! C’est vert ! C’est du guacamole ! Quel
imbécile a écrasé son canapé au guacamole sur mon canapé !
Lui : …
Elle : C’est toi ! Mais c’est toi !
Lui : Pourquoi moi ?
Elle : C’est toi qu’était assis là ! Tu ne peux pas faire attention, non !
Lui : J’étais assis là moi ?
Elle : Oui c’est bien toi qui était là, en face de Miss culotte à l’air !
Lui : Elle date peut-être pas d’aujourd’hui cette tâche !
Elle : Et toi tu dates d’aujourd’hui ! Non c’est toi avec tes gros doigts boudinés et graisseux ! T’aurais
pas pu les essuyer sur ton pantalon, comme tu fais d’habitude ! En plus j’avais pris soin de mettre des
serviettes en papier. C’était pas fait pour se moucher dedans !
Lui : C’est pas moi qui ai tâché le canapé ! Pourquoi toujours moi ?
Elle : Parce que c’est toujours toi !
Lui : Ben voyons !

Opération Canapé 27/42


Elle : Non mais tu as vu ! Il est foutu ! C’est bien la peine que je me donne du mal à faire attention à
tout pour avoir une maison impeccable, toi tu fous toujours tout en l’air ! Mais regarde moi cette tâche.
Ah tu n’aurais pas pu la faire sur ta chemise. Alors là on ne peut pas la louper.
Lui : Je vais y mettre un coup d’eau !
Elle : C’est ça, pour bien l’étaler partout. T’as pas de meilleure idée !
Lui : Du sel, j’ai entendu dire…
Elle : …
Lui : De la lessive..
Elle : …
Lui : Avec du diluant, j’en ai à la cave !…
Elle : Si c’est pour dire des bêtises, tu ferais mieux de te taire. T’en as assez fait !
Lui : Qu’est-ce que j’ai fait !
Elle : La tâche, c’est bien toi qu’il l’a faite !
Lui : Prouve-le !
Elle : T’étais assis là !
Lui : Et alors !
Elle : C’est toi ! De toute façon, des tâches, c’est tout ce que tu sais faire ! Ah tu ne pouvais pas la
faire ailleurs. En plein sur l’accoudoir, pour que tout le monde la voit ! C’est fichu !
Lui : On pourrait peut-être mettre un napperon !
Elle : Et pourquoi pas y coudre aussi un écusson de ton club de foot ! Ca ferait joli non !
Lui : Il doit exister des bons détachants. Tu veux que j’aille à la quincaillerie d’en bas ?
Elle : Toi à la quincaillerie, tu serais encore capable de me ramener une clef à molette ou un
débouche bidet .
Lui : N’exagère pas !
Elle : Du guacamole ! Il n’y a pas plus gras, c’est de l’avocat, et l’avocat sur le tissu, c’est sans issue.
Lui : Quelle idée aussi de servir du guacamole sur des toasts ! Ca se mange avec des nachos !
Elle : Des quoi ?
Lui : Des nac…des chips !
Elle : Gisèle en tout cas, elle les a bien aimé mes toasts au guacamole !
Lui : Oh Gisèle !
Elle : Quoi Gisèle !
Lui : Non rien ! En tout cas si tu avais fait des toasts au Tarama ça ce serait moins vu.
Elle : T’as raison, c’est de ma faute, la prochaine fois je ferai des canapés au Tarama, et pourquoi
pas au beurre de crevette. Tiens après tout pourquoi pas ! On va badigeonner tout le canapé de
guacamole, comme ça on ne verra plus la tâche !
Lui : N’exagère pas tout de même ! C’est qu’une petite tâche de rien du tout !
Elle : De rien du tout, de rien du tout, sur un canapé à ce prix-là ! Ah ! !
Lui : Quoi ?
Elle : Il y a en une autre là !
Lui : Où çà !
Elle : Mais là !
Lui : Tu as raison !

Opération Canapé 28/42


Elle : Elle n’y était pas tout à l’heure ! Tu as encore tes doigts plein de graisse.
Lui : Mais non !
Elle : Si, tu viens de refaire une tâche à l’instant !
Lui : Mais non ! J’ai les mains propres !
Elle : Montre !
….
Lui : Alors tu vois !
Elle : Tourne toi !
Lui : Pourquoi ?
Elle : T’as peut-être un canapé de collé aux fesses et du coup t’en mets partout !
Lui : …
Elle : Y a rien !
Lui : Ah tu vois c’est pas moi !
Elle : Mais cette tâche elle n’est quand même pas venue toute seule !
Lui : Non, mais c’est pas moi !
Elle : C’est ça c’est le pape !
Lui : C’est peut être Gisèle, gourmande comme elle est ?
Elle : N’accuse pas ma sœur ! Avec toi, c’est toujours les autres ! De toutes manières, elle n’était pas
assise là !
Lui : C’est peut-être bien toi ! Quand j’ai servi le champagne tu as bien pris ma place !
Elle : A peine trente secondes. Parlons-en, tu as eu vite fait de la reprendre ta place en première loge.
Ah ça oui aussi, j’ai apprécié !
Lui : Alors tu vois, c’est peut-être toi !
Elle : Ca suffit de m’accuser sans savoir !
Lui : Et alors toi qu’est-ce que tu fais depuis le début !
Elle : Rien, moi je dis ce qui est ! Tu fais des tâches partout ! Depuis que je te connais t’es un homme
à tâches. Non mais comment je vais faire maintenant pour retirer ces deux… Ah
Lui : Quoi encore ah ?
Elle : Regarde !
Lui : Qu’est-ce qu’il y a ?
Elle : Y en a quatre maintenant !
Lui : Quatre ! Où ça ?
Elle : Mon dieu ! C’est une catastrophe ! Ne touche plus à rien ! Remontre moi tes mains !
Lui : Ah mais ça suffit ! Je n’y ai pas touché à ton canapé ! Ca ne peut pas être moi !
Elle : Elle viennent d’où ces tâches alors ? Du plafond ?
Ils lèvent les yeux en l’air le regard hébété.
Lui : Du canapé…
Elle : Quoi du canapé …
Lui : Et bien, ces tâches, elles viennent peut-être du canapé !
Fin de l’extrait

Opération Canapé 29/42


LE CANAPE ECHOUE de Claude SORET
Une femme regarde tristement un canapé mal en point. Il n’y a rien d’autre sur scène. Un homme
arrive du fond de scène et s’approche de la femme.
Mr Voltaire : Ca fait de la peine à voir, n’est-ce pas ?
Mlle Bergère : Oh Monsieur Voltaire, vous m’avez surprise !
Mr Voltaire : J’en suis navré Mlle Bergère ! Je ne voulais pas vous … !
Mlle Bergère : Oh je vous en prie ! Ce n’est rien ! Vous avez vu il y en a encore un ce matin !
Mr Voltaire : Oui c’est vraiment triste à voir ! Vous avez prévenu les gardes côtes ?
Mlle Bergère : Non pas encore, je viens juste de le découvrir !
Mr Voltaire : Cela doit bien déjà faire le troisième ce mois-ci !
Mlle Bergère : J’ai beau être habituée, je n’arrive pas à m’y faire. Je vais finir par ne plus oser me
promener sur la plage.
Mr Voltaire : Je vous comprends. Comment peut-on rester insensible à un tel spectacle ! Dire que
certains voudraient que l’on cesse d’en parler ! C’est vrai que l’on finit par s’habituer à tout !
Mlle Bergère : Oh moi je ne peux pas ! C’est toujours le même choc, je crois même que c’est pire à
chaque fois car je me dis que ça ne cessera jamais !
Mr Voltaire : Pour les journaux en tout cas c’est devenu trop banal. Vous verrez demain, personne ne
parlera de lui ! Mais croyez-moi Mlle Bergère, ce n’est pas de lui qu’il faut avoir peur, c’est de nous !
Mlle Bergère : De nous ?
Mr Voltaire : Oui de nous ! De notre indifférence ! L'indifférence voilà Mlle Bergère le pire que nous
devons craindre ! Et tant qu’il restera des gens comme vous et moi pour s’indigner de la mort de
pauvres malheureux comme lui, vous n’aurez rien à craindre !
Mlle Bergère : Je pensais pourtant que cela finirait par s’arrêter surtout après le terrible exode de
l’été dernier !
Mr Voltaire : Il faut se réjouir au contraire que cela ne cesse pas. Ces nouvelles victimes que l'on
retrouve chaque jour échouées sur la plage, sont le signe réconfortant qu'il y a encore de la résistance
de l’autre côté.
Mlle Bergère : Vous trouvez ce cadavre réconfortant, Monsieur Voltaire ?
Mr Voltaire : En quelque sorte oui ! Il me réconforte en m'apportant la preuve que la tyrannie n'est
pas encore entièrement victorieuse et que de l'autre côté, on résiste encore !
Mlle Bergère : Pour combien de temps encore, Monsieur Voltaire ?
Mr Voltaire : Je l’ignore mais tant qu’il y a de la résistance, il y a de la vie, et comme on dit : tant qu’il
y a de la vie, il y a …
Mlle Bergère : De l’espoir. Je sais ! Pourtant jusqu’à présent, c’est plutôt du désespoir qu’il y a.
Aucun de tous ceux qui ont tenté de fuir, ne s’en est sorti vivant et ce n'est pas avec des cadavres que
l'on sauve des vies. Son sacrifice n'aura servi à rien !
Mr Voltaire : Un jour, je vous promets qu’il y en aura un qui réussira. Et ce jour-là tout le monde
prendra conscience de ce qui se passe là-bas.
Mlle Bergère : On sait tous ce qui se passe de l’autre côté.
Mr Voltaire : Savoir c’est une chose mais c’est si facile de faire comme si cela n’existait pas. L'opinion
a besoin qu'on lui mette des preuves sous les yeux. Que ce drame ne soit pas une simple idée ou
rumeur mais une réalité !
Mlle Bergère : Et cette réalité que nous avons là, devant les yeux n’est-elle pas suffisante ?
Mr Voltaire : Ma pauvre, vous le savez aussi bien que moi, cette réalité n’est pas puisqu’elle n’est
plus. Ce canapé n’est pas un témoin, mais à présent un vulgaire cadavre ! Ce pauvre bougre a tenté
sa chance, comme tant d’autres, et il a échoué. Il en est mort. Hier ce séant était un frère persécuté

Opération Canapé 30/42


en fuite, aujourd’hui c’est un pauvre canapé échoué sur une plage ! Après le passage des gardes
côtes, ça ne sera plus rien. Plus rien ! Néant ! Inexistant ! In-existé ! Un séant retombé dans le néant !
Mlle Bergère : Tout de même un beau canapé comme cela, c’est triste !
Mr Voltaire : Beau mais trop lourd ! Beaucoup trop lourd ! Un convertible certainement ! Il n’avait
aucune chance ! Pour une telle traversée, il faut se préparer. Un jour, oui un jour il y en a un qui
réussira et ce jour-là tout le monde saura !
Mlle Bergère : C’est si difficile que ça de traverser !
Mr Voltaire : Terrible. Les courants sont traîtres et les vents contraires. Pour réussir il ne suffit pas
d’être bon nageur. Il faut être futé ! Savoir économiser ses forces et surtout il faut avoir de la chance,
beaucoup de chance !
Mlle Bergère : Plus que ce malheureux, sans doute en effet !
Mr Voltaire : Oh pour lui, c’était pure folie ! Un convertible, vous pensez ! D’ailleurs, je ne serais pas
surpris d’apprendre qu’il était lui-même parfaitement conscient que sa tentative était vouée à l’échec.
Mlle Bergère : Selon vous ce serait un suicide !
Mr Voltaire : Oui j'en ai bien peur, comme d'ailleurs sans doute pour la plupart de ceux que l’on
retrouve morts sur notre plage. Qu’est-ce qu’un suicide en effet sinon une fuite sans espoir, de soi et
des autres !
Mlle Bergère : C'est horrible ! Mais quelle terreur ou quel désespoir peut conduire à une telle
extrémité ? A quoi bon choisir de mourir noyé ? Est-ce la peur des flammes ? Cette mort par noyade
vaut-elle mieux qu’une autre ?
Mr Voltaire : Nulle mort n’est préférable à une autre. Il n’y a pas de belles morts pour un canapé, et
souvent les plus douces ne sont en réalité que de longues agonies ! De simples décrépitudes qui
nous font mordre la poussière et tomber dans l’oubli !
Mlle Bergère : Alors pourquoi fuir cette fatalité et tenter cette traversée insensée si ce n’est dans
l’espoir même vain d’y survivre ?
Mr Voltaire : C’est mal connaître la nature du monde du séant. Le séant est né pour tout supporter, le
maigre comme le gras, le bon comme l’ingrat. Le suicide n’est pas une mort ordinaire en cela qu’elle
est volontaire. La majorité de ceux qui échouent là, n’ont pas préféré la noyade aux flammes de leurs
bourreaux, ne se sont pas jetés dans cette folle traversée convaincus de réussir là où tous ont péri !
Non leur seule motivation a été de mourir comme ils l’ont décidé, en canapés libres !
Mlle Bergère : Je comprends ! Pensez-vous que certains survivront à cet holocauste !
Mr Voltaire : Je l’ignore, de mémoire de séant, nul n’a vécu sous le joug d’une telle dictature !
Mlle Bergère : Dire que l’on aperçoit la côte en face. Comment peut-on imaginer qu’il se passe de si
terribles choses de l’autre côté de ce bras de mer !
Mr Voltaire : Heureusement que ce bras de mer existe, il nous protège d’une telle tyrannie !
Mlle Bergère : Jusqu’à quand Monsieur Voltaire ?
Mr Voltaire : Tant qu’il y aura des êtres comme vous Mlle Bergère, et que le monde du vivant
préférera le confort de son séant au néant de l'inculture !
Mlle Bergère : Ah regardez qui vient par ici ?
Mr Voltaire : Oh il ne manquait que lui !
Mlle Bergère : C’est vrai tout ce qu’on dit sur ce séant ?
Mr Voltaire : J’ai bien peur que oui et surtout qu’on en ignore encore le pire !
Mr Tabouret : Bonjour tout le monde ! Alors il y en a encore un ce matin. Décidément ça barde bien
de l’autre côté.
Mlle Bergère : Oui encore un Monsieur Tabouret ! Quelle tristesse n’est-ce pas ?
Mr Tabouret : En effet Mlle Bergère ! C’est une honte !
Ce n'est pas bon pour notre tourisme.

Opération Canapé 31/42


Mlle Bergère : Les autorités pourraient tout de même essayer de faire quelque chose pour empêcher
cela !
Mr Tabouret : Vous avez parfaitement raison, le citoyen a des droits mais on ne peut tout de même
pas surveiller les côtes jour et nuit !
Mlle Bergère : Enfin on ne va pas rester les bras croisés à ne rien faire et se contenter de guetter
chaque matin s’il y a de nouveaux infortunés sur notre plage.
Mr Tabouret : Que voulez-vous qu’on y fasse ? C’est au gouvernement d’en face de surveiller leurs
citoyens et de faire respecter l’ordre. Mais chez nous aussi il existe des lois pour le respect d’autrui. Il
suffit de savoir les faire appliquer.
Mr Voltaire : Et vous Monsieur Tabouret, vous sauriez ?
Mr Tabouret : Parfaitement, l’ordre et la rigueur en effet, cela me connaît ! Chez les Tabouret, on n’a
pas l’habitude de se laisser marcher sur les pieds et monter dessus par n’importe qui. Nous ne
sommes comme certains qui s’avachissent devant le poids de leur mission ou se décapitonnent sous
le fardeau de leur fonction.
Mlle Bergère : Mr Tabouret a raison. Il faut réagir ! Faire une pétition, écrire au gouvernement,
alerter l’Organisation des Canapés Unis !
Mr Tabouret : Je suis avec vous Mlle Bergère ! Ce gouvernement est trop laxiste ! Cela n’a que trop
duré ! Il faut que des êtres tels que nous prennent les choses en main.
Mlle Bergère : Vous avez raison ! Il faut que quelqu’un protège les pauvres gens et que cessent ces
atrocités ! Par où commence t’on ?
Mr Tabouret : Avez-vous prévenus les gardes-côtes ?
Mlle Bergère : Non pas encore, nous venons juste de le découvrir !
Mr Tabouret : Ah ceux-là, ils ne sont jamais là quand on n’a besoin d’eux ! De véritables bons à rien,
sûrement encore en train de jouer au relax sous le soleil, les quatre pieds en éventail. C’est par eux
que passe le respect de l’ordre ! Si la base chancelle, c’est tout l’édifice qui s’écroule ! Un état ça se
gouverne avec une poigne de fer, sinon c’est l’anarchie.
Mr Voltaire : Vous semblez avoir des idées bien précises sur la question, cher Mr Tabouret ?
Mr Tabouret : Précises et efficaces Mr Voltaire ! Efficaces ! Pas seulement de beaux discours pour
faire banquette dans les salons, comme ces soi-disant philosophes qui ne font que théoriser dans le
vent !
Mr Voltaire : Quel est donc selon vous le remède à ce désastre ?
Mr Tabouret : Primo : Obliger les gardes côtes à faire leur travail correctement !
Mlle Bergè re : Parfaitement, ils sont de même là pour éviter les noyades !
Mr Tabouret : Oui et surtout veiller au bien-être des braves gens ! On ne peut pas continuer de
laisser nos plages être polluées par des déchets pareils !
Mlle Bergère : Des déchets …
Mr Tabouret : Secundo : Obliger le gouvernement à installer des filets de protection tout autour de
nos côtes pour décourager les immigrants et nos futurs émigrants…
Mlle Bergère : Des filets…nos futurs émigrants…
Mr Tabouret : Et tertio : Faire voter le décret des 4 heures de TV obligatoires par jour auprès du
Comité de Sanction de l’Audience !
Mlle Bergère : Le décret des 4 heures… mais !
Mr Tabouret : Voilà Monsieur Voltaire comment on stoppera définitivement cette gabegie !
Mr Voltaire : Vous voyez Mlle Bergère, qu’est-ce que je vous disais, Monsieur Tabouret maîtrise
parfaitement la situation et ses mesures, pour le moins radicales, vont résoudre vos tourments
moraux du petit matin et vous donner bonne conscience !
Fin de l’extrait

Opération Canapé 32/42


Canapé des ménages de Pascal MARTIN
Personnages
La Capitaine : Isabelle
Le Sergent : Eric
Décor
Un salon dévasté par la guerre, un canapé dans un coin. Poussière, débris, fumée. Bruit de guerre
urbaine, cris, ordres, explosions, tirs. La scène est dans la pénombre. On entend en coulisse des
bruits de pas précipités. La Capitaine (une femme) et le sergent (un homme) entrent en scène
précipitamment. Ils sont en tenue de combat dépenaillée avec un reste d’équipement et de barda.
Note de l’auteur : L’auteur étant peu au fait des coutumes langagières au sein de l’armée, il a pris la
liberté d’écrire LA capitaine afin de bien insister sur le caractère féminin du personnage. En ces temps
de féminisation des métiers et du vocabulaire, l’auteur pense que l’armée se devait de donner
l’exemple. Toutefois, l’auteur conscient qu’un bouleversement trop brutal des habitudes de l’armée
n ‘était pas souhaitable, il n’est pas allé jusqu’à faire dire au sergent MA capitaine. Faut quand même
pas pousser.

La Capitaine : A couvert, à couvert. Sergent, bougez-vous un peu, vous voulez qu’on se fasse tous
repérer ou quoi.
Le Sergent : Non mon Capitaine.
La Capitaine : Alors avancez plus vite que ça et mettez-vous à couvert. Merde !
Le Sergent : Mais où mon Capitaine ?
La Capitaine : Tenez prenez ce canapé et retournez -le, ça fera l’affaire pour l’instant.
Le Sergent : Oui mon Capitaine.
Le sergent va chercher le canapé en rampant. On entend la fusillade, il se protège comme il peut pour
éviter les balles. Il a beaucoup de mal à manœuvrer le canapé.
La Capitaine : Alors ce canapé, sergent, c’est pour aujourd’hui ou vous attendez la fin de la guerre ?
Le Sergent : C’est qu’il est lourd mon Capitaine.
La Capitaine : Vous faisiez quoi dans le civil Sergent ?
Le Sergent : Consultant en ressources humaines.
La Capitaine :C’est bien ma chance ça !
Elle se dirige vers le canapé, et le tire sans effort au centre de la scène et le retourne. Les pieds du
canapé sont vers le fond de scène, le dossier en haut formant un abri de fortune. Le sergent n’a pas
bougé.
La Capitaine : Qu’est-ce que vous foutez là-bas Sergent ? Vous attendez que je vous envoie un
bristol pour venir vous mettre à l’abri ?
Le Sergent : Non, mon Capitaine, j’arrive.
Le sergent s’installe avec bien du mal, en bousculant le capitaine. Jeu burlesque visuel. Il s’installe à
la gauche du capitaine.
La Capitaine : Ca va Sergent ? Vous êtes bien installé ?
Le Sergent : Ca va à peu près…
La Capitaine : Ravie de l’apprendre.
On comprend que le sergent n’est pas tout à fait à son aise.
La Capitaine : Qu’est ce qu’il y a Sergent ? Ca n’a pas l’air d’aller ?

Opération Canapé 33/42


Le Sergent : C'est-à-dire… (il n’ose pas finir sa phrase)
La Capitaine : Quoi ?
Le Sergent : Est-ce qu’on ne pourrait pas… (il n’ose pas finir sa phrase)
La Capitaine : Bon, vous allez me le dire oui ?
Le Sergent : Est-ce qu’on pourrait changer de côté ?
La Capitaine : Comment ça changer de côté ?
Le Sergent : Je préfère être droite.
La Capitaine : A droite de quoi ?
Le Sergent : A votre droite, mon Capitaine.
La Capitaine : Mais qu’est que ça peut bien vous faire d’être à ma droite ?
Le Sergent : C’est que, à la maison, je dors à droite dans le lit, mon Capitaine.
La Capitaine : Et vous croyez qu’on est là pour dormir Sergent ?
Le Sergent : En quatre jours on a dû dormir 6 heures mon Capitaine, ça m’étonnerait pas qu’on
s’assoupisse un peu si ça se calme en face.
La Capitaine : Eh bien n’y pensez pas Sergent, on va organiser des quarts pour veiller. Pas question
de s’endormir.
Un temps.
Le Sergent : Mon Capitaine, ça vous gêne vraiment qu’on échange nos places ? Moi, je serais plus à
l’aise… même pour veiller.
La Capitaine : Sergent, vous êtes d’un pénible !
Ils changent de place.
Le Sergent : Merci mon Capitaine.
Il s’installe confortablement.
La Capitaine : Ca va vous êtes bien installé Sergent ?
Le Serge nt : Oui, merci mon Capitaine.
La Capitaine : Bon, alors organisons les quarts de veille. Il nous reste qui de la compagnie ?
Le Sergent : Alors il y a vous et il y a moi…
La Capitaine : Oui, ça je sais, merci, mais les autres.
Le Sergent : Ils sont morts mon Capitaine.
La Capitaine : Comment ça ils sont morts ?
Le Sergent : C’est une guerre assez meurtrière dans l’ensemble mon Capitaine, enfin surtout pour
nous.
La Capitaine : Mais qu’est ce qui s’est passé ? Ce matin nous étions encore une cinquantaine.
Le Sergent : D’abord il y a eu l’embuscade au pied de la falaise, après on s’est fait bloqué à l’entrée
du pont, après on a été pris à revers à la sortie du pont, et puis surtout il y a eu la traversée de la
clairière à découvert. Ca c’était le pire mon Capitaine.
La Capitaine : Et vous vous en êtes sorti vous ? Comment vous avez fait ?
Le Sergent : Je suis resté à côté de vous mon Capitaine.
La Capitaine (gênée) : Oui, bon très bien. Très bonne tactique Sergent, je vous félicite. Un temps.
Alors quelle est la situation ?
Le Sergent : Pas brillante mon Capitaine. Pas brillante. Enfin, nous sommes toujours vivants, c’est
déjà pas si mal. Enfin, si on compare aux autres qui étaient avec nous ce matin, ce n’est pas si mal,
parce que eux, ils sont morts.

Opération Canapé 34/42


La Capitaine : Oui, bon ça va, ça je sais. La radio ?
Le Sergent : Morte aussi mon Capitaine.
La Capitaine : Les renforts.
Le Sergent : Ca m’étonnerait qu’ils viennent par ici mon Capitaine.
La Capitaine : Et pourquoi ça je vous prie Sergent ?
Le Sergent : Personne ne sait que nous sommes ici mon Capitaine.
La Capitaine : Comment ça personne ne sait où nous sommes ? Ce matin on a fait le point avec
l’état-major, il était bien convenu que nous nous dirigerions vers l’ouest pour prendre ce foutu pont
non ?
Le Sergent : Oui, en effet, mais nous sommes partis vers l’est, pas vers l’ouest.
La Capitaine : Et c’est maintenant que vous me dîtes ça ? Ce n’est pas vous qui vous occupiez du
GPS Sergent ?
Le Sergent : Oui, en effet, mais il semblerait que l’ennemi se doit doté un dispositif de brouillage du
GPS, d’où notre tragique méprise. Donc nous nous sommes retrouvés comme qui dirait en sens
opposé et personne ne viendra nous chercher ici. C’est bien trop dangereux. D’ailleurs tout le monde
est mort à part nous, c’est un signe que c’est dangereux ça. Et puis personne n’imaginera qu’on ait pu
survivre à tout ça.
La Capitaine : Mais enfin quand on ne nous verra pas arriver là où on nous attend quelqu’un enverra
bien une patrouille pour nous retrouver non ?.
Le Sergent : Alors ça, ça m’étonnerait, mon Capitaine.
La Capitaine : Et pourquoi s’il vous plait Sergent ? Vous croyez vraiment que la situation de notre
armée est telle qu’elle puisse se passer de ses soldats encore en état de combattre ?
Le Sergent : Je crains que l’état major considère qu’une compagnie qui confond l’est et l’ouest ne soit
pas un élément stratégique décisif pour remporter une victoire militaire, mon Capitaine, si je puis me
permettre.
La Capitaine : Si l’ennemi dispose d’un armement plus sophistiqué que le nôtre, ce n’est quand
même pas de notre faute ! Et ça ne vous a pas paru bizarre que nous ayons le soleil en face de nous
depuis ce matin alors que nous étions censés allez vers l’ouest ?
Le Sergent : C’est à dire, que je regardais le GPS, j’avais assez peu l’occasion de regarder le ciel
mon Capitaine.
La Capitaine : Je ne vous demande pas de faire de l’astronomie, mais de faire preuve de bon sens
Sergent.
Le Sergent : J’entends bien mon Capitaine, mais j’ai appliqué scrupuleusement la procédure mon
Capitaine. La procédure dit de suivre le tracé GPS validé par l’état-major, et le tracé…
La Capitaine : Ca va, j’ai compris ! Qu’est-ce que vous m’avez dit que vous faisiez dans le civil déjà ?
Consultant qualité c’est ça ?
Le Sergent : Non mon Capitaine, consultant en ressources humaines. Pour la qualité, j’avais pas le
niveau.
La Capitaine : Merci, de me le préciser, j’avais cru comprendre. Un temps. On peut tenir combien de
temps ici ?
Le Sergent : Comme la nuit est tombée, je pense qu’ils ne nous ont pas vu entrer ici. Ils ne vont pas
prendre le risque de fouiller la maison maintenant. On peut passer la nuit ici tranquille, il faudrait partir
avant l’aube.
La Capitaine fouille dans son barda et sort des barres de céréales qu’elle partage en deux.
La Capitaine : Tenez, c’est tout ce qu’il me reste.
Le Sergent : Merci mon Capitaine.
Fin de l’extrait

Opération Canapé 35/42


Révélations de Yve Bressande
Pour son anniversaire Dominique reçoit un appareil photo numérique et propose de faire une photo de
famille. Un canapé trois places (on ne peut passer derrière). Une table basse devant, un vase avec
fleurs sur la table.
Dominique : Enfant de père et mère
Le père : Papa
La mère : Maman/Madeleine
La grand-mère : Mémé /Judith
Le grand-père : Lazare
La grande sœur : Juliette
Le plus jeune enfant de la famille : Claude
Le petit ami de Juliette : Antoine
L’Homme : Louis
Le début de la scène en voix Off.
Tous : Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire... (sur l’air de)
Dom’ : Aaah ! gééénial, c’est exactement celui que je voulais.
Mère : C’est vrai, il te plaît ?
Dom’ : Oui, merci à tous, il faut que je vous embrasse.
Père : Claude attention ne l’esquinte pas tout de suite.
Claude : Papa, c’est bon, je sais m’en servir.
Dom’ : Venez tous, on va faire la photo de famille, pour inaugurer l’appareil, sur le canapé de
Napoléon. Si, allez, venez !
La famille entre, Dominique en tête avec l’appareil photo dans les mains.
Dom’ : Là, sur le canapé. Ensuite, on pourra mettre la photo dans l’Album.
Mère : Mais on ne tiendra pas tous.
Antoine : Je ne suis pas vraiment de la famille…
Juliette : Ah bon, tu es quoi alors ?
Antoine’ : Ben, ton…
Dom’ : Il n’y a qu’à tirer le canapé. Aidez-moi.
Père et Antoine aide à avancer le canapé.
Mère : Attention, vous allez renverser les fleurs !
Dom’ : Ne t’inquiète pas, prends le vase. Voilà, tu vois c’était facile. Bon, installez-vous. Mémé-Judith
tu t’assoies au milieu, maman à gauche, Juliette à droite. Derrière, papa, Claude et… euuu, Antoine
ça ne t’embête pas de faire la photo ?
Juliette : Antoine a le droit d’être sur la photo !
Dom’ : Oui, mais moi…
Antoine : Je fais la première, et toi tu feras la deuxième ?
Dom’ : Oui c’est bien, merci Antoine, je me mets à côté de papa, Claude tu te places de l’autre côté.
Comme ça, c’est bien. Attend !
Dominique explique à Antoine comment faire la photo.
Mémé-Judith : Êtes-vous sûr que les fleurs ne gênent pas ?

Opération Canapé 36/42


Claude : Je fais un peu piquet, si on pousse la table, je pourrais m’asseoir devant ? Comme ça.
Claude passe devant, tire la table et s’assoit devant sa sœur, un peu de biais.
Claude : C’est mieux, non ?
Dom’ : Moui, si tu veux… enfin, en tailleur, sinon tu auras les jambes coupées. Voilà, tout le monde
est prêt ? Attend Antoine, je m’installe.
Antoine : Ne bougez plus… trois, deux… ben quoi Mémé Judith, souriez !
Mémé Judith : Oui, excuse-moi, c’est que, vous comprenez, les souvenirs, ce canapé… c’était en…
Dom’ : C’est bien Mémé, tu nous raconteras après. Allez Antoine, vas y.
Antoine : Ne bougez plus… trois, deux, un, clic. C’est fait.
Dom’ : Restez en place, je regarde si c’est bon.
Mémé : Qu’est-ce qu’ils regardent ? La photo est déjà développée ?
Claude : C’est un appareil numérique. Dom’, montre à Mémé.
Dom’ et Antoine regardent la photo, Dom’ manipule des boutons l’air intrigué.
Père : Il y a un problème ? Il est sous garantie, tu n’as pas déchiré l’emballage au moins ?
Dom’ : Non c’est pas ça, enfin y a un truc bizarre…
Claude : Quoi ? Fais voir.
Juliette : On peut bouger, je me sens toute… je crois que j’ai…
Elle se lève et sort une main devant la bouche.
Mémé Judith : Elle a dû manger trop d’escargots.
Claude : Mince, qui c’est ?
Père : Qui est qui ?
Antoine : Y a un type en plus sur la photo, il a une drôle de tête.
Mère : Comment ça ? Faites voir.
Dom’ s’assoit à la place de Juliette et montre l’appareil. Mère et Mémé regardent. Mère étouffe un cri,
Mémé hurle un prénom. Au même moment un coup de sonnette.
Mémé : Lazare !
Le Père penché voit aussi.
Père : Lazare ? Merde, qu’est-ce qu’il fout là ! ?
La sonnette sonne. Claude sort.
Claude : Je vais voir.
Dom’ : Il faut refaire la photo. Lazare, c’est le prénom de pépé ? Celui qui est mort à la guerre ?
Mémé : Oh mon Dieu, mon Dieu…
Elle se saisit de l’appareil.
Mémé : C’est un engin du diable ! C’est le diable !
Le Père s'occupe de sa femme moitié évanouie. Dom’ reprend l’appareil.
Mère : Papa, papa…
Bruit en coulisse, voix de Juliette.
Juliette Off : Ça va, non, ça va aller…
Antoine sort. Claude entre, suivi d’un homme.
Claude : Il dit qu’il veut être sur la photo.
Fin de l’extrait

Opération Canapé 37/42


Poids lourd pour canapé fragile de Gaya

Synopsis
Viviane Dupont a acheté un nouveau canapé. Elle est fière de son acquisition. Hélas ! L’exubérance
et la fougue de sa fille et de son fiancé abrègent la vie du beau canapé !
Comment expliquer leur forfaiture ? Une idée géniale germe dans le cerveau du fiancé et c’est le
pauvre mari de Viviane qui va en payer les pots cassés ! Ou… le divan cassé !

Personnages
Les 2 livreurs
Viviane DUPONT : c’est la maîtresse de maison. Elle est soucieuse de son apparence
Robert DUPONT : Le mari de Viviane. Il a une passion immodérée pour la bonne chère comme en
témoigne son important embonpoint !
Sophie DUPONT : La fille. Elle est amoureuse et craint sa mère par dessus tout.
Le Fiancé : Il est fougueux, mais très … malin !

Décor
La scène est vide, à l’exception d’un petit meuble sur lequel est posé un bouquet de fleurs. Du fond
des coulisses, on entend la voix de Viviane Dupont.

Viviane Dupont : Doucement, doucement messieurs. Allez-y, passez. Tout droit. Voilà.
Deux livreurs portent un canapé, ils hésitent pour le poser
Viviane : Attention ! ne le posez pas brusquement !, (elle désigne un emplacement), là ! mettez-le là !
(les deux livreurs s’apprêtent à le poser). Non ! attendez ! mettez le plutôt là ! (les deux livreurs sont
de nouveau prêt à le déposer) non finalement il sera mieux là ! (elle désigne le premier emplacement
choisi).
er
1 livreur : Faut vous décider ma petite dame !
ème
2 livreur : C’est pas léger, léger la chose !
Viviane : (autoritaire) Eh ! bien posez-le donc où je vous ai indiqué !.
Les livreurs déposent le canapé sans trop de douceur
Viviane : (énervée) Doucement bon sang !
er
1 livreur : C’est pas si fragile !
ème
2 livreur : C’est du robuste ! j’en avais plein les bras.
Viviane : Oui ! Mais quand même. Il est neuf et je ne tiens pas à ce qu’on l’abîme déjà.
er
1 livreur : Pas de danger, on a l’habitude.
Ils enlevèrent le plastique le protégeant.
ème
2 livreur : Eh ! Bien voilà ! Ca vous convient ?
Viviane Dupont l’inspecte sous toutes les coutures, apparemment satisfaite, elle congédie les livreurs.
Viviane : Merci messieurs.

Opération Canapé 38/42


Les livreurs : Au revoir Madame.
Restée seule, elle s’assoit avec délicatesse sur le bord du canapé, le tapote doucement. Deux jeunes
gens entrent en chahutant joyeusement.
Viviane : (se relevant ):Ah ! Mes enfants, regardez ma nouvelle acquisition. Qu’en pensez-vous ?
Sophie : (S’en moquant complètement)Très joli !
Le fiancé : (également indifférent )Très beau.
Viviane : N’est-ce pas? Je suis fière de mon achat. (à Sophie) je vais chercher ton père, il faut qu’il
voit cette merveille !
elle sort
Sophie : Il est banal son canapé, elle en fait tout un plat !
Fiancé : On ne peut pas dire qu’il brille par son originalité. (Coquin) Mais peut -être est-il confortable ?
Et si on la testait cette merveille ?
Il veut l’attraper, elle s’enfuit en courant, il la rattrape, et tous les deux tombent dans le canapé. Là,
catastrophe. On entend un craquement sinistre, le canapé vient de se casser en deux. Cessant net de
rire, ils se relèvent affolés.
Le fiancé : Oh ! Misère !
Sophie : Qu’est-ce qui s’est passé ?
Le fiancé : (se penchant pour regarder sous le canapé). Il est cassé en deux.
Sophie: Non ?
Le fiancé : Si.
Sophie : Oh ! Seigneur! Et ma mère qui va revenir. On ne peut pas le réparer ? Fais quelque chose.
Le fiancé : Qu’est ce que tu veux que je fasse ? A moins d’être magicien ….
Sophie : (affolée) Trouve une idée, vite ! Vite ! Elle va revenir.. Si elle voit ça, s’en est fini de nous
deux.
Le fiancé : Tiens ! Comme si c’était de notre faute !
Sophie : Mais ç’est de ta faute !
Le fiancé : ( vexé) Merci. Vous êtes bien toutes les mêmes, je préfère m’en aller
Il se dirige vers la sortie, elle lui court après.
Sophie : Attends ! Pardon !Pardon ! Oh ! s’il te plait Chéri, trouve vite une solution !
Le fiancé : ( réfléchissant) Il nous faudrait des couvertures, tu crois que tu peux dénicher cela ?
Sophie : Oui, je sais où maman les range. Je vais les chercher.
Elle sort. Pendant ce temps il soulève le canapé, se gratte la tête perplexe et ennuyé , Sophie revient
les bras chargés d’une pile de couverture
Sophie : Aide-moi !
Le fiancé : Tu vas essayer de les glisser sous le canapé quand je vais le soulever, ainsi la barre
cassée reposera dessus. Tu es prête ?
Sophie : Oui.
Ils glissent les couvertures sous le canapé
Sophie : Ca ne va pas résoudre le problème
Le fiancé : Pour le moment il s’agit de sauver les apparences pour faire face à ta mère.
Sophie : (affolée) La voilà !
Le fiancé : Assoie toi et ne bouge plus !
Fin de l’extrait

Opération Canapé 39/42


Ce soir, on déménage ! (jeu cruel) d’Alfred Teckel
Personnages
Antoine, dit Toni
Elisabeth, dite Lili (fiancée de Antoine)
François, dit Franz (ex-fiancé d’Elisabeth)

Décor absent ou abstrait. Une pièce vide, avec au centre un canapé.

Scène I
Antoine est assis sur un vieux canapé. Il semble attendre quelque chose.
Antoine : Bon, elle se magne Lili ? J’ai pas que ça à faire moi. Depuis deux heures que je l’attends.
J’espère qu’elle aura trouvé quelqu’un pour me déménager ce machin encombrant. Saleté de vieux
canapé. Pourquoi j’ai récupéré ce truc immonde. Regardez-moi ça, il est plein de trous, rafistolé de
partout. De la mousse pend par tous les côtés. Je ne comprends pas pourquoi Lili s’est attachée à
cette horreur. Je t’aurais viré cela depuis belle lurette moi ! Enfin, essayer de comprendre les femmes,
voilà bien une cause perdue.
On entend sonner. Antoine va ouvrir.
Scène II
Entrent Elisabeth et François.
Antoine : Bonjour Franz. Salut mon amour.
Les deux autres : Salut Toni !
Antoine : Ben, installez-vous. On va boire le coup avant de déménager le canapé.
François (en s’asseyant) : Ce machin ! C’est plus ce que j’appelle un canapé, c’est une relique.
Attends, même ma grand-mère est en meilleur état !
Les deux autres s’assoient à leur tour. Lili se retrouve entre les deux garçons. Toni a passé une main
autour de la taille de la jeune femme.
Lili : Oui, bon, ben c’est pas la question. On a besoin de toi pour déménager le canapé. Il est
beaucoup trop lourd pour nous deux. Ce n’est pas moi, frêle femme, et celui-là, musclé comme mes
torchons de cuisine, qui allons déménager ce bordel énorme.
François : Enorme, énorme, il ne faut rien exagérer.
Antoine : Oui enfin, on avait besoin de toi. Et puis, comme tu connais bien la maison. Combien de
temps tu as vécu avec Lili ici ?
François (sombre) : Deux ans. Merci de me le rappeler.
Antoine : Oh, ne le prend pas en mauvaise part. C’est oublié maintenant toute cette histoire ? Nous
sommes tous réconciliés désormais ! Et puis, tu as retrouvé quelqu’un, non ?
François : Non, tu le sais très bien. J’ai fait trois tentatives de suicides. Aucune femme ne veut d’un
raté absolu, même pas capable de réussir son suicide. Les femmes n’aiment pas les types moroses.
Antoine (riant) : Ah oui ! C’est vrai ! C’est d’ailleurs pour cela que Lili t’avait quitté, non ? Tu étais triste
comme un plat de lentilles ! Qu’est-ce qu’on a rigolé ! Hein Lili ?
Elisabeth : Oh oui ! Je me souviens, tu avais l’air malheureux, mais alors. Tu faisais peine à voir mon
pauvre vieux.
François : C’est cela, riez ! Mais vous voulez que je me casse, c’est ça ?

Fin de l’extrait

Opération Canapé 40/42


LA VÉRITÉ SORT DU CANAPÉ de Pascal GUICHERD

La journaliste est un peu cruche mais riante, la comédienne un peu prétentieuse, pincée,
pleine de mépris poli et sobre. La journaliste est assise sur un tabouret assez haut, l’invitée
est dans un canapé.

La présentatrice : Bienvenue à “La vérité sort du canapé”, l’émission qui dit toute la vérité ! Nous
avons pris du retard en raison de l’actualité, nous prions nos téléspectateurs de bien vouloir nous
excuser… Aujourd’hui nous recevons… Isabella Pagliari ! Isabella, bonjour !
L’invitée : Euh, bonjour, mais je ne… Et merci d’avoir eu la patience d’attendre… Euh, non, pas du
tout. Si si, dites, c’est très gentil à vous… déjà moi, je suis hyper à la bourre… (Sourire caméra)
La présentatrice : Isabella Pagliari, vous êtes donc la vedette de “Jusqu’au bout du destin”, un film de
Igor…
L’invitée : Non, pas du tout…
La présentatrice : Ce n’est pas un film de Igor Chauveausky ? Oh ! la boulette ! J’en rate pas une !
En direct en plus ! Oh la la ! Vraiment j’aurais juré que… Enfin… Vous êtes sûre que c’est pas de lui ?
L’invitée : Si, peut-être… ce que j’essaie de vous faire comprendre depuis un petit moment déjà c’est
que je ne suis pas Isabella Pagliari !
La présentatrice : Ah ! Il me semblait bien que c’était Igor Chauveausky qui avait fait “Jusqu’au bout
du destin”. Je commençais à douter de mon intelligence !
L’invitée : (A mi-voix) Nous aurons au moins ce point commun…
La présentatrice : Elle se tortille sur sa chaise, et aussi au cours des répliques suivantes. Vous
m’avez fait une de ces peurs ! Vous imaginez ? Je vous interviewe sur le dernier film de Igor
Chauveausky, et c’est pas un film de Igor Chauveausky ! Hou ! Ils m’auraient vraiment pris pour une
gourde !
Ah ! cette jupe !
- Alors le film de Igor Chauveausky …
- Euh, non non… Aïe ! le bêtisier !
Bon, allez, sérieux.
Nous recevons donc Isabella Pagliari pour son rôle dans le magnifique film d’Igor Chauveausky
“Jusqu’au bout du destin”
L’invitée : Non, pas du tout…
La présentatrice : Si si, c’est un film magnifique ! Vous êtes difficile, vous !
L’invitée : Non, d’accord, mais c’est pas ça…
La présentatrice : Bon, vous me laissez parler un peu ? Comment voulez -vous que je fasse mon
interview si vous parlez ! (Ton appuyé, pour ne pas être coupée)
Nous recevons donc Isabella Pagliari
L’invitée : (Explosant) Mais il faut vous le dire comment ? Je ne suis pas Isabella Pagliari !
La présentatrice : Oui, c’est ç… (Réalisant) Qu’est-ce que vous dites ? Vous n’êtes pas Isabella
Pagliari ?
L’invitée : (Soulagée) Enfin !
La présentatrice : Oh la la… Vous êtes sûre ?
L’invitée : (Excédée) Enfin !
La présentatrice : Et j’imagine : vous avez pas tourné non plus dans “Jusqu’au bout du destin” ?

Opération Canapé 41/42


L’invitée : Eh bien non.
La présentatrice : Vous auriez dû, c’était vachement bien…
L’invitée : Oh ! Ecoutez, il me semble que je suis assez connue pour m’éviter ce genre de
malentendu…
La présentatrice : Elle écoute à peine ses réponses. Bon, mais vous êtes qui alors ?
L’invitée : Je suis quand même Anne-Virginie de la Triboule…
La présentatrice : Ah ! oui ! …Pfft, connais pas. Ça fait rien, on va continuer l’interview. De toute
façon, je pose toujours les mêmes questions, alors… (Sourire caméra) Nous recevons donc ce soir…
euh… qui c’est vous, déjà ?
L’invitée : (Soupirant) Anne-Virginie de la Triboule…
La présentatrice : Ah oui… Anne-Virginie de la Triboule qui triomphe en ce moment dans “Jusqu’au
bout du destin”
L’invitée : Mais je vous dis que je n’ai pas tourné dans ce film !
La présentatrice : Ah ! oui, c’est vrai… Même un petit rôle ?

L’invitée : Vous apprendrez, mademoiselle, qu’on ne me dérange jamais pour un “petit rôle” comme
vous dites… Et même si ce n’est pas moi qui joue le personnage principal, sachez qu’un rôle n’est
plus petit dès lors que c’est moi qui en suis l’incarnation !
La présentatrice : (Regard bref vers le ciel) Ouais… Vous ne pouvez pas nous dire deux mots du film
quand même ?
L’invitée : Non !
La présentatrice : Vous l’avez même pas vu je parie ? (La comédienne souffle de colère, par le nez).
Vous voulez vraiment me fusiller mon interview, vous !
L’invitée : Je n’ai pas eu le temps d’aller au cinéma ces derniers temps, j’étais moi-même sur le
tournage de “La tulipe brisée”, un film douloureux sur le…
La journaliste continue à se tortiller.
La présentatrice : Vraiment là, j’en peux plus…
L’invitée : Pourriez-vous cesser cette… chorégraphie je vous prie ? C’est extrêmement
désagréable…
La présentatrice : Ben oui, mais j’ai le pli de ma jupe qui me rentre dans le cul… ça vous fait pas ça,
les jupes neuves ?
L’invitée : Oh !
La présentatrice : Toujours, moi. Elle regarde comment la comédienne est habillée, manifestement
ça ne lui plaît pas. Ouais, bref.
L’invitée : Non mademoiselle, rien ne me rentre jamais dans le… (elle se tait, comprenant ce qu’elle
allait dire)
Un temps. La journaliste comprend le double sens, elle est d’abord surprise puis s’amuse. Jeu de
mimiques “ping-pong” avec la comédienne mi-outrée, mi-gênée.
La présentatrice : (Pouffant, prenant le parti de la rigolade) Vous êtes lesbienne ?
L’invitée : (Figée un moment puis outrée et hautaine) Écoutez, je ne vois pas l’intérêt d’aborder le
chapitre de ma vie personnelle…
La présentatrice : Vous savez, il y a pas de honte ! Il y a plein d’homosexuels aujourd’hui !
L’invitée : Mais quelle horreur ! Comment pouvez -vous imaginer une chose pareille ?
La présentatrice : Ben quoi ? C’est pas si terrible que ça !
L’invitée : Dois-je comprendre que vous êtes vous-même… homosexuelle ?
Fin de l’extrait

Opération Canapé 42/42

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